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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 13:55

Le Crucifix est comme une seconde édition de l'Évangile, parce qu'il est le livre du même amour…

La fête de l'Exaltation de la sainte Croix, bien qu'elle rappelle un sujet de joie, ne laisse pas de susciter des ré­flexions tristes. L'armée des Perses, triom­phant, dans une bataille, de l'armée chrétienne, emporta, comme trophée de son succès, le bois de la vraie Croix. Grande fut la douleur de toute la chré­tienté jusqu'au jour où Dieu, ramenant la victoire de notre côté, remit entre nos mains le trésor perdu.

Hélas ! Le siècle présent nous a pris la croix. Entre elle et nous il a mis tout un monde de faux principes, d'erreurs dan­gereuses, d'accommodements et de faci­lités de mœurs, si bien que le mystère sanglant n'a plus les mêmes attractions ni la même puissance pour donner à notre christianisme sa vraie forme. D'un seul coup on a ruiné en nous deux choses, qui sont entre elles ce que la fleur est à la tige, « le sens du christ » et le culte de sa divine effigie.

Si le temps laisse aux ennemis de Dieu d'achever leur victoire, l'enfant ne verra plus le crucifix suspendu à la mu­raille de son école, car dans son cœur il ne doit rien avoir, de jésus-christ. Rien de Jésus-Christ dans l'enfance et dans la jeunesse pour les guider ; rien de Jésus-Christ dans l'âge mûr pour le sanctifier ; rien de Jésus-Christ dans la vieillesse pour lui dire qu'elle est la veille ou le samedi saint d'une fête éternelle.

Les barbares modernes sont plus im­pies que Luther, qui louait l'Église ca­tholique d'avoir conservé « l'image du crucifix et en même temps le ressouvenir de là passion et de la mort du christ ». Ils sont plus impies qu'Elisabeth d'An­gleterre ; elle ne souffrit pas qu'on arra­chât le crucifix de la chapelle royale.

Et que nous restera-t-il pour faire face aux difficultés de l'heure présente, si ce principe militant dont la croix est la formule, nous devient de plus en plus étranger?

Ce que l'on opposa à la barbarie pour la dompter, ne faut-il pas l'appliquer à notre civilisation pour en arrêter les excès? Aussi l'effort de toute âme qui a le souci de sa vie religieuse doit être de prendre la revanche sur le siècle et de reconquérir les trésors perdus, le Calvaire et son dogme d'amour, le crucifix et ses enseignements. Comme un illustre saint, il faudrait s'écrier : Sauvons le christ ! Sauvons aussi notre crucifix de l'oubli et de l'indifférence, car son culte importe beaucoup à la réforme de notre christia­nisme.

Où sont-ils, et quand viendront-ils, les prédicateurs de cette sainte croi­sade ?...

Pour moi, impuissant à prendre une large part dans cette mission, je présen­terai seulement aux âmes simples et pieuses ce Crucifix, ou recueil de ré­flexions, qui laisseront voir leur double origine : la prière et le contact quotidien avec des membres de Jésus-Christ, cru­cifiés comme lui et avec lui.

Je leur dirai : Goûtez et voyez; le crucifix participe de tous les sacrements à la fois, et en ravive les effets pour tous ceux qui l'aiment. Il nous baptise dans le sang du Calvaire ; — il nous est une communion et un viatique ;il nous est une onc­tion ; il nous initie au sacerdoce de la souffrance ; — il nous confirme dans un intrépide amour ; — il est comme le mi­nistre de l'alliance d'une âme avec jésus-christ. Tout ce qui veut être honnête et loyal, tout ce qui lutte pour être humble et pur, est avec lui. Tout ce qui s'en va à la matière et à la chair est contre lui : tout ce qui veut s'en relever doit se mettre en communication avec lui.

« Voilà bien, sous cette image, l'ado­rable Jésus avec sa force, sa sagesse et sa douceur éternelles. Voici ses mains, qui ont guéri toutes les douleurs des hommes ; voilà ses pieds, sur lesquels nul ne pleura jamais sans se relever fort et consolé ; voilà son cœur, source de toute grande inspiration, de toute généreuse pensée, de tout dévouement, de tout sacrifice ; règle et force, modèle et soutien, asile et refuge, et le seul point de l'univers où il est doux à certaines heures de repo­ser sa tête ».

Je leur dirai : Prenez et lisez; le Crucifix est comme une seconde édition de l'Évangile, parce qu'il est le livre du même amour. Qui les a étudiés tous les deux, l'Évangile avec respect et soumission, le Crucifix avec humilité et repentir, et a été trompé dans tout ce qui intéresse l'âme et son éternité? L'un et l'autre expliquent le passé, sanctifient le présent et éclairent l'avenir. Ils donnent la solution de tous les problèmes de la vie sociale et de la vie privée, et enseignent simultanément que le christianisme n'est pas autre chose qu'une plantation de croix au centre du paganisme perpétuel de notre nature. Pour mieux triompher des résistances de ma volonté, ils se prêtent un mutuel appui ; je cesse de me soustraire à la sévérité d'un texte de l'Évangile, dès que je le regarde à travers mon crucifix. Enfin ces deux livres, quand j'ai pris l'habitude de les lire, me -retracent si vivement la grande et douce figure de jésus que je me sens comme transformé en apôtre et favorisé des apparitions du divin Ressuscité : Le cœur est ardent : c'est le Seigneur!

Heureux celui qui n'a pas de livre plus cher et plus étudié que son Crucifix : « C'est là que jésus-christ, étendant les bras, nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l'ordre des secrets de Dieu, toute l'économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos juge­ments, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs ; en un mot, un mystérieux abrégé de l'Évangile et de toute la théologie chré­tienne... O croix, que vous donnez de grandes leçons ! O mon crucifix, que vous répandez de vives lumières ! Mais elles sont cachées aux sages du siècle. Nul ne vous pénètre qu'il ne vous révère ; nul ne vous entend qu'il ne vous adore ».

O Crux, ave.

(A suivre)

Extrait de : LES CRUCIFIX de l’abbé Chaffanjon. (1925)

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 18:24

Le jeudi après la fête de la très sainte Trinité on célèbre la solennité du Très Saint Sacrement, appelée fête du Corpus Domini ou Fête-Dieu.

Ne célèbre-t-on pas l'institution du Très Saint-Sacrement le jeudi saint ?

L'Eglise célèbre le jeudi saint l'institution du Très Saint-Sacrement ; mais parce qu'alors elle est surtout occupée en des cérémonies de deuil par la Passion de Jésus-Christ, elle a estimé bon d'instituer une autre fête particulière pour honorer ce mystère avec une entière allégresse.

Comment pourrons-nous honorer le mystère qu'on célèbre le jour de la Fête-Dieu ?

Pour honorer le mystère qu'on célèbre le jour de la Fête Dieu nous devons : 1° nous approcher avec une dévotion et une ferveur particulières de la très sainte communion et remercier avec toute l'ardeur de notre cœur Jésus-Christ qui a voulu se donner à chacun de nous dans ce sacrement ; assister en cette solennité et pendant toute l'octave, si on le peut, aux offices et particulièrement au saint sacrifice de, la Messe, et faire de fréquentes visites à Jésus voilé sous les espèces sacramentelles.

Pourquoi le jour de la Fête-Dieu porte-t-on solennelle­ment la très sainte Eucharistie en procession ?

Le jour de la Fête-Dieu on portait solennellement la très sainte Eucharistie en procession : pour honorer la très sainte Humanité de Notre-Seigneur cachée sous les espèces sacramentelles ; pour raviver la foi et accroître la dévo­tion des fidèles envers ce mystère ; pour célébrer la victoire qu'il a donnée à son Eglise sur les ennemis de son Sacrement ; pour réparer en quelque façon les injures qui lui sont faites par les ennemis de notre religion.

Comment faut-il assister à la procession de la Fête-Dieu ?

Il faut assister à la procession de la Fête-Dieu : avec un grand recueillement et une grande modestie, ne regardant ni à droite ni à gauche et ne parlant pas sans nécessite ; 2° avec l'intention d'honorer par ses adorations le triomphe de Jésus-Christ ; en lui demandant humblement pardon des communions indignes et de toutes les profanations qui sont faites de ce divin sacrement ; avec des sentiments de foi, de confiance, d'amour et de reconnaissance envers Jésus-Christ présent dans l'hostie consacrée.

Extrait de : Catéchisme de Saint Pie X, édition Itinéraire. (1967) No 116

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 17:24

Quand est-ce que l'Eglise célèbre la fête de la très sainte Trinité ?

L'Eglise honore la très sainte Trinité tous les jours de l'année et principalement les dimanches ; mais elle lui consacre une fête particulière le premier dimanche après la Pentecôte.

Pourquoi le premier dimanche après la Pentecôte l'Eglise célèbre-t-elle cette fête particulière de la très sainte Tri­nité ?

L'Eglise célèbre, le premier dimanche après la Pentecôte, la fête de la très sainte Trinité, afin que nous comprenions que la fin des mystères de Jésus-Christ et de la descente du Saint-Esprit a été de nous amener à connaître la très sainte Trinité et à l'honorer en esprit et en vérité.

Que veut dire : très sainte Trinité ?

Très sainte Trinité veut dire Dieu un en trois Personnes réellement distinctes : Père, Fils et Saint-Esprit.

Dieu est un pur esprit : pourquoi donc représente-t-on la très sainte Trinité sous une forme visible ?

Dieu est un pur esprit ; on représente cependant les trois Personnes divines par certaines images pour nous faire connaître quelques-unes des propriétés ou actions qu'on leur attribue, et la manière dont quelquefois elles sont apparues.

Pourquoi Dieu le Père est-il représenté sous la forme d'un vieillard ?

Dieu le Père est représenté sous la forme d'un vieillard pour signifier ainsi l'éternité divine, et parce qu'il est la première Personne de la très sainte Trinité et le principe des deux autres Personnes.

Pourquoi le Fils de Dieu est-il représenté sous la forme d'un homme ?

Le Fils de Dieu est représenté sous la forme d'un homme, parce qu'il est vraiment homme, ayant pris la nature hu­maine pour notre salut.

Pourquoi le Saint-Esprit est-il représenté sous la forme d'une colombe ?

Le Saint-Esprit est représenté sous la forme d'une colombe, parce que c'est sous cette forme qu'il descendit sur Jésus-Christ lors de son Baptême par saint Jean.

Que devons-nous faire en la fête de la très sainte Tri­nité ?

En la fête de la très sainte Trinité, nous devons faire cinq choses : adorer le mystère de Dieu en trois Person­nes ; remercier la très sainte Trinité de tous les bienfaits temporels et spirituels que nous recevons ; nous consa­crer tout entiers à Dieu et nous soumettre entièrement à sa divine providence ; penser qu'au Baptême nous sommes entrés dans l'Eglise et devenus membres de Jésus-Christ par l'invocation et la vertu du nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; prendre la résolution de faire toujours avec dévotion le signe de la Croix qui exprime ce mystère, et de réciter avec une foi vive et avec l'intention de glorifier la très sainte Trinité ces paroles que l'Eglise répète si sou­vent :

Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Extrait de : Catéchisme de Saint Pie X, édition Itinéraire. (1967) No 116

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 11:27

Dieu était profondément oublié et le démon était adoré par­tout sous différentes formes. Ce culte impie s'était affermi pendant une longue suite de siècles ; toutes les passions, auxquelles il était si favorable, lui avait servi d'appui et il semblait qu'on ne devait jamais revenir d'une erreur aussi ancienne, aussi universelle et aussi accréditée. Cependant Dieu avait résolu de détruire l'empire du démon, comme il 'avait promis à Adam, et de rappeler les hommes à la con­naissance de la vérité.

Un aussi grand renouvellement devait être l'ouvrage du Messie, et un des caractères les plus sensibles de sa venue, c'était qu'en éclairant tous les peuples il devait aussi les convertir. Dieu n'avait cessé de faire annoncer cet événe­ment si favorable à la gentilité : tous les prophètes l'avaient vu par une lumière divine et l'avaient prédit en mille manières bien des siècles avant qu'il s'accomplît et dans le temps même où il paraissait incroyable.

Ils ont tous annoncé que le Messie dissiperait les ténè­bres qui couvraient, avant lui, toute la terre ; qu'il éclai­rerait les gentils, qu'il en serait le libérateur aussi bien, que des Juifs et qu'il ne formerait des uns et des autres qu'un seul peuple, adorateur du vrai Dieu. Ces prophètes étaient les avant-coureurs que le grand roi envoyait devant son Fils pour tenir les hommes dans l'attente de son avènement.

Dieu marqua tous les caractères qui devaient se réunir dans la personne du Sauveur. Il fit prédire toutes les cir­constances qui accompagneraient sa naissance, sa vie, sa mort et sa résurrection : l'histoire du Sauveur était déjà faite d'avance quand il vint au monde. David, ce saint roi ins­piré de Dieu, est un de ceux qui en ont parlé le plus claire­ment. Il appelle le Messie son Seigneur et il le reconnaît pour le fils de Dieu ; il prédit que son règne s'étendra sur toutes les nations et n'aura point d'autres bornes que celles de l'univers. Il annonce ses ignominies, sa mort cruelle et le genre de supplice qu'on lui fera souffrir : il voit ses mains est ses pieds percés, son corps violemment suspendu, sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, ses habits partagés et sa robe tirée au sort; mais il annonce en même temps qu'il n'éprouvera point la corruption du tombeau et qu'il en sortira victorieux. Cette prédiction est d'autant plus remarquable qu'elle a été faite plus de mille ans avant son accomplissement.

Isaïe a parlé du Messie avec autant de clarté. Il le voit sortir du sang de Jessé, naître d'une mère vierge ; il l'ap­pelle un enfant admirable, Père du siècle futur, le Prince de la paix : enfin il le nomme Emmanuel, qui veut dire dieu avec nous. Son règne sera éternel dit encore le même prophète ; toutes les nations se prosterneront devant lui ; à sa parole les boiteux seront redressés, les sourds enten­dront, les muets parleront, les aveugles verront, les morts ressusciteront.

Après avoir parlé de la gloire du Messie, il parle de ses humiliations ; il le représente défiguré, mécon­nu, méprisé comme le dernier des hommes ; il l'ap­pelle l'homme de douleurs, chargé d'infirmités, parce qu'il a pris sur lui nos iniquités, qu'il expie par ses souffrances. " On lui crachera au visage, dit-il ; il sera traité comme un criminel, mené au supplice avec des méchants et il se livrera lui-même à la mort et l'endurera aussi paisiblement qu'un agneau." Le Prophète ajoute que par sa mort il deviendra le chef d'une postérité nombreuse et il assure que les gentils accourront de toutes parts à sa suite, tandis que les Juifs, à la réserve d'un petit nombre, seront rejetés à cau­se de leur incrédulité. Que peut-on voir de plus détaillé, si ce n'est l'évangile et l'histoire même du Sauveur ?

Ce pendant cette prédiction a été faite plus de sept cents ans avant la venue de Notre Seigneur.

Les autres Prophètes n'ont pas vu moins clairement le mystère du Messie.

L'un prédit que Bethléem, l'a plus petite ville de Juda, sera illustrée par sa naissance ; un autre assure qu'il sera vendu par un de ses disciples pour trente pièces d'argent et il voit jusqu'au champ du potier à l'achat duquel cet ar­gent sera employé. Le même prophète nous le représente comme un roi, mais un roi pauvre : une ânesse lui servira de monture à son entrée dans Jérusalem.

Le prophète Aggée publie la gloire du second temple, parce que le Messie, le Désiré des nations, le sanctifiera par sa présence.

Le prophète Daniel détermine l'époque précise de sa venue ; pendant que ce prophète est occupé de la captivité de son peuple et des soixante-dix ans qu'elle devait durer, tout à coup il est élevé par l'esprit de Dieu à des pensées plus hautes; il prédit qu'après soixante-dix semaines d'an­nées, c'est-à-dire après quatre cent quatre-vingt-dix ans, arrivera la fin d'une captivité bien plus funeste, dont le genre humain sera affranchi par la mort du Christ, déli­vrance qui consiste dans la rémission des péchés et dans le règne éternel de la justice. Il annonce que dans la dernière semaine le Christ sera mis à mort ; qu'une nouvelle alliance sera confirmée et que les anciens sacrifices seront abolis. « Après la mort du Christ, ajoute le Prophète, il n'y aura plus qu'horreur et confusion; la Cité sainte et le sanctuaire seront détruits; le peuple qui l'aura méconnu ne sera plus son peuple ; on verra l'abomination dans le Temple et une désolation qui n'aura point de terme.»

Enfin Malachie, le dernier des prophètes, prédit qu'à la place des sacrifices anciens une offrande pure sera présen­tée au Seigneur, non plus seulement dans le temple de Jéru­salem, mais en tous lieux depuis l'Orient jusqu'à l'Occident; non plus par les Juifs, mais par les Gentils, parmi lesquels le nom de Dieu sera grand. Ces prophéties sont toutes con­tenues dans les livres saints, dont l'authenticité est attestée par le témoignage non suspect de tout un peuple ; c'est le peuple juif, ennemi déclaré des Chrétiens, qui ne peut s'empêcher de les respecter, quoiqu'il y trouve sa condamnation. C'est de lui que nous les avons reçus et il semble que Dieu ait conservé ce peuple au milieu de la ruine de tous les autres pour le forcer de rendre à ces saints livres un témoi­gnage éclatant et au-dessus de tout soupçon d'infidélité et d'altération.

Pour convaincre l'esprit le plus incrédule sur la divinité de Jésus-Christ et lui prouver que ce divin Sauveur est vé­ritablement le Messie promis par les prophètes, il n'y a plus qu'à comparer les traits qui devaient caractériser le DÉSIRÉ DES NATIONS avec les événements qui ont eu lieu à la venue de Jésus-Christ sur la terre, rapprocher les prédications des faits, tenir d'une main l'Ancien Testament et de l'autre le Nouveau : le tableau sera si exact, qu'il sera impossible de s'y méprendre. D'abord il est constant qu'à l'époque de la naissance de Jésus-Christ, l'attente du Messie était géné­ralement répandue, non seulement dans la Judée, mais encore dans tout l'Orient. C'est un fait attesté par les auteurs païens eux-mêmes. "C'était, dit Suétone, une opinion ancienne et constante dans tout l'Orient, «qu'en ce temps-là des conquérants sortis de la Judée seraient les maîtres du monde. » Tacite rapporte la même chose. " Plusieurs, dit cet historien, étaient persuadés qu'en ce temps-là des hommes sortis de la Judée seraient les maîtres du monde." Cette attente générale était fondée sur la célèbre prophétie de Jacob, qui avait prédit que le Messie viendrait quand les Juifs cesseraient d'être gouvernés par des chefs de la race de Juda ; et sur celle de Daniel, qui avait fixé l'époque de la venue du Messie au terme de qua­tre cent quatre-vingt-dix ans. Les Juifs charnels et les païens prenaient les expressions à la lettre et confondaient l'empire spirituel du Messie avec la domination d'un con­quérant ; mais la prophétie n'est pas moins réelle et les faits attestent que les apôtres, sortis de la Judée, ont soumis les nations à la loi de Jésus-Christ.

L'Évangile nous marque l'accomplissement littéral de toutes les prophéties qui devaient caractériser la venue du Messie : il est né à Bethléem, il a donné une nouvelle loi, il a fait les miracles les plus éclatants, il a sanctifié le Tem­ple par sa présence, il est mort dans les douleurs et les igno­minies de la Croix, il est ressuscité le troisième jour, etc.

Histoire : La connaissance du vrai Dieu se conservait dans le royaume d'Éthiopie ; Candace, qui en était reine du temps des apôtres, envoya un de ses officiers pour offrir ses présents dans le temple de Jérusalem et y adorer le Seigneur. Ce sage ministre, ayant accompli son message, s'en retournait, lisant le prophète Isaïe, lorsque le Seigneur ordonna à saint Philippe, diacre, de courir après lui. L'officier lisait cet endroit du Pro­phète : Il a été mené comme une brebis à la boucherie. "Com­prenez-vous ce que vous lisez ? Lui dit l'homme de Dieu. Et comment le comprendrai-je si personne ne me l'ex­plique ? Lui répondit l'officier. Et ayant engagé Philippe à monter sur son char, il le pria de lui dire si le Prophète parlait de lui-même ou d'un autre. Philippe prit de là occasion de lui annoncer Jésus-Christ et la nécessité du baptême. L'officier crut à la parole du Seigneur, et le char étant parvenu à un en­droit où il y avait de l'eau, il le fit arrêter et demanda ce qui pourrait empêcher qu'il ne fût baptisé. Philippe lui ayant ré­pondu que rien ne l'en empêcherait, s'il croyait de tout son coeur, l'officier fit sa profession de foi en ces termes : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Alors ils descendirent dans l'eau et Philippe le baptisa. Lorsqu'il fut baptisé, Philippe disparut et l'officier continua son chemin, admirant ce qui lui était arrivé et glorifiant le Seigneur pour la grâce qu'il venait de recevoir. On présume, avec raison, que cet officier fit con­naître Jésus-Christ il ceux de sa nation et qu'il en devint ainsi l'apôtre.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 06:34

L'homme était perdu sans ressource, si Dieu n'avait eu pitié de lui ; il avait offensé une majesté infinie et par conséquent il était incapable de réparer son péché, puis­qu'il ne pouvait offrir une satisfaction égale à l'offense.

Mais, par une miséricorde toute gratuite et dont les effets sont aussi incompréhensibles que ceux de sa justice, Dieu, avant même de prononcer contre Adam l'arrêt de sa condamnation, lui donna l'espoir d'un médiateur en maudissant le serpent dont le démon s'était servi pour tromper nos premiers parents : «Je mettrai, dit-il au serpent, l'inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne ; elle t'écrasera la tête. » D'où nos premiers pa­rents comprirent qu'il naîtrait d'eux un libérateur qui dé­truirait la puissance de satan.

Cette promesse ne fut exécutée qu'au bout de quatre mille ans. Dieu se réservait de la développer pendant ce long intervalle et de la réitérer avec plus de clarté et plus d'étendue. En effet, la promesse que Dieu avait faite à Adam fut confirmée dans la suite par celle qu'il fit à Abraham destiné à être la tige et le père d'un peuple tout spécialement consacré au culte de Dieu. «Sortez, lui dit le Seigneur, sortez de votre patrie, et venez dans le pays que je vous montrerai. Je ferai naître de vous un peuple nombreux et toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui naîtra de vous.» La promesse fut renouvelée dans les mêmes termes à Isaac et à Jacob. Ce dernier, éclairé d'une lumière divine, prédit plus clairement la venue du libérateur promis dès le commencement du monde. Il en désigna le temps, lorsque étant au lit de la mort et an­nonçant, par l'Esprit de Dieu, à ses douze enfants assemblés ce qui devait arriver à leur postérité dans la suite des siè­cles, il adressa à Jacob, le quatrième de ses fils, ces paroles remarquables : «Juda, tes frères te combleront de louanges et ils se prosterneront devant toi ; le sceptre ne sortira point de Juda et il y aura toujours un chef de la race jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé et qui sera l'attente et le désiré des nations. » Ainsi se déve­loppe et s'éclaircit la promesse faite d'abord à Adam, puis à Abraham.

Le Seigneur naîtra de la famille de Juda. Le temps de son arrivée est marqué, c'est lorsque le sceptre, c'est-à-dire la prééminence, la principale autorité sera ôtée à la maison de Judas.

Trois cents ans après la mort de Jacob, Dieu, voulant délivrer son peuple du joug des Égyptiens qui l'opprimaient, suscita Moïse, qu'il remplit de son esprit et lui donna le don des miracles.

Ce saint homme ayant conduit le peuple jusqu'à l'en­trée du pays qu'il devait posséder et se sentant près de mourir, assembla les Hébreux et leur renouvela les pro­messes de la venue d'un libérateur bien plus puissant que lui et seul capable de les introduire dans la véritable terre promise, dont celle de Chanaan n'était que la figure. Ainsi Dieu les tenait-il dans l'attente du messie promis.

Ce prophète plus grand que Moïse, sauveur de son peu­ple et auteur d'une nouvelle loi, médiateur d'une nouvelle alliance, devant qui Moïse lui-même doit se taire, et qui doit seul être écouté quand il commencera à parler, c'est le Sauveur du monde, dont la doctrine devait un jour éclairer l'univers et dont Dieu lui-même devait dire : «Celui-ci est mon Fils bien aimé écoutez-le

Jusqu'à lui, il ne devait point paraître dans tout Israël un prophète semblable à Moïse, à qui Dieu parlât face à face et qui donnât une loi à son peuple.

histoire : Un jour que Daniel répandait son âme devant le Seigneur, qu'il lui adressait des prières ferventes pour son peu­ple, l'ange Gabriel vint par l'ordre de Dieu vers ce prophète et l'instruisit où le Messie, qu'il appela justice ÉTERNELLE et le saint des saints, devait, selon les décrets de Dieu, paraître sur la terre, et du temps où ce Christ, promis et attendu depuis si longtemps, serait mis à mort. Il lui dit que Dieu lui accordait cette insigne faveur parce qu'il était un homme de désirs.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:59

L'homme, au sortir des mains de son créateur, était juste saint, heureux et orné de dons excellents : son esprit était éclairé d'une lumière divine, qui lui montrait tout ce qu'il devait connaître. Il n'avait besoin, pour s'instruire, ni de livres ni de maîtres, sa volonté était droite et sans aucun penchant vers le mal ; rien ne troublait la tranquillité de son âme; il ne souffrait dans son corps ni douleur ni incommodité, et il ne devait point mourir.

Cependant, Dieu devait à sa majesté d'exiger de l'homme le dévouement de son coeur et des preuves de son amour et de son obéissance : c'est pourquoi, en le plaçant dans le paradis terrestre, il lui défendit de toucher à un fruit particulier, en lui accordant l'usage de tous les autres. Ce com­mandement, facile à observer, surtout en ce moment où l'homme innocent était naturellement porté au bien, fut accompagné de la plus terrible menace, qui est la peine de mort ; mais, malgré les bienfaits de Dieu et ses menaces, la femme se laissa séduire pur le démon, qui avait pris la forme d'un serpent ; et, après avoir mangé du fruit défen­du, elle en présenta à Adam et l'entraîna dans sa désobéissance.

A ce moment, tout fut changé pour eux ; ils perdirent tous les avantages que Dieu leur avait accordés en les créant. D'épaisses ténèbres se répandirent dans leur es­prit; leur volonté se dérégla, leurs passions obscurcirent les lumières de leur raison ; leurs penchants se corrom­pirent et les portèrent vers le mal. En perdant la justice et en se séparant de Dieu, ils devinrent sujets à la damna­tion éternelle. Leur corps fut assujetti à la douleur, aux maladies, à la mort.

Ces suites affreuses du péché d'Adam ont passé à toute sa postérité, pace que son péché même a passé à tous les hommes, qui sont nés de lui. En désobéissant à Dieu, il s'est perdu lui-même, et avec lui tout le genre humain, dont il est le père. Nous sommes les héritiers de sa faute et de sa disgrâce, comme nous l'aurions été de son innocence et de son bonheur.

Tous ont péché dans le premier homme, tous ont déso­béi en lui; son péché, étant ainsi devenu le nôtre, fait que nous sommes tous coupables même avant que de naître. Vérité incompréhensible, mais dont la Religion ne nous permet pas de douter : c'est le dogme fondamen­tal de la religion, chrétienne ; c'est à ce dogme qu'elle se rapporte toute entière, puisque ce péché, qui est la source de tous les maux, est aussi la première cause du besoin que nous avions d'un médiateur et d'un sauveur qui nous réconciliât avec Dieu, qui expiât nos péchés et qui nous rachetât de la servitude.

C'est un des dogmes qui sont le plus clairement conte­nus dans la sainte Écriture.

Le saint roi David dit lui-même qu'il a été formé dans l'iniquité et que sa mère l'a conçu dans le péché.

L'apôtre saint Paul dit que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché et qu'ainsi tous les hommes ont été assujettis à la mort, parce que tous ont péché dans un seul.

Nous naissons tous coupables et enfants de colère : c'est pour cela qu'on appelle ce péché le péché d'origine ou de transmission.

Les philosophes païens eux-mêmes sont parvenus, par le secours de la religion seul, non pas à connaître cette vérité, mais à soupçonner que l'homme naissait coupable de quelque crime. La vue des misères auxquelles il est assujetti dès le berceau les avait conduits jusque-là. En effet, sans la foi du péché originel, l'homme est lui-même un mystère encore plus incompréhensible ; car, comment expliquer toutes les contradictions qui se trouvent en lui ? Tant de grandeur et tant de bassesse tout à la fois, tant de lumières et tant de ténèbres, un penchant si vif pour le bonheur et une si profonde misère. Il approuve le bien et ne le fait pas : il condamne le mal et il le commet.

Il n'y a que la foi du péché originel qui puisse expliquer ces difficultés et concilier ces contradictions.

Ce qu'il y a de l'homme de bonté et de lumière vient de Dieu et de la première institution de la nature : ce sont de beaux restes d'un grand édifice tombé en ruine. L'ignorance et les vices viennent du péché, qui a gâté l'ouvrage de Dieu et défiguré son image jusqu'à la rendre mécon­naissable.

Nous voyons un exemple de cette justice rigoureuse dans la conduite d'un roi qui punit un sujet rebelle en le dégradant lui et toute sa postérité ; mais les comparaisons tirées des choses humaines sont toujours imparfaites ; les règles de la justice des hommes ne sont qu'une ombre de celles de la justice divine; elles peuvent aider notre foi, mais elles ne peuvent pas découvrir le fond de ce mystère impénétrable.

Dieu avait créé l'homme pour le rendre éternellement heureux avec toute sa postérité. Il était juste et saint quand il sortit de ses mains : il ne tenait qu'à lui de conserver ces précieux avantages et de les faire passer à ses enfants ; il ne fallait pour cela que lui demeurer fidèle. S'il eût persévéré dans la justice, il aurait communiqué le même bonheur à tous ses descendants et leur aurait assuré une félicité éternelle ; mais sa désobéissance a tout perdu et les suites de son péché, c'est-à-dire l'ignorance, l'inclination au mal, les misères de la vie, la mort du corps et la perte de l'âme, ont passé jusqu'à nous. Ainsi, nous étions exclus du ciel, si Dieu, par une infinie miséricorde, n'avait préparé un remède à nos maux en envoyant un rédempteur.

Histoire : Le Seigneur appela Adam et lui dit : "Adam, où êtes-vous ?" Adam répondit : "Seigneur, j'ai entendu votre voix et j'ai craint de me présenter devant vous parce que j'étais nu et je me suis caché." Le Seigneur dit : "Qui est-ce qui vous a fait connaître que vous étiez nu, sinon parce que vous avez mangé du fruit défendu ? " Adam répondit : "C'est la femme que vous m'avez donnée pour compagne qui m'en a présenté et l'en ai mangé. " Dieu dit à la femme : " Pourquoi avez-vous fait cela ? " Elle répondit : "C'est le serpent qui m'a trompée et j'ai mangé de ce fruit" Le Seigneur dit au serpent : " Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux, tu te traîneras sur ta poitrine, tu mangeras la terre toute ta vie ; je mettrai une éternelle inimitié entre la femme et toi et en­tre sa postérité et la tienne ; elle t'écrasera la tête et tu tendras des embûches à ses pieds. " Puis il dit à la femme : "Je multi­plierai tes chagrins et tes maux ; tu enfanteras avec douleur et tu seras sous la puissance de ton mari, qui dominera sur toi." Enfin, adressant la parole à Adam, il lui dit : «Parce que, trop docile à la voix de ton épouse, tu as mangé du fruit défendu, la terre sera maudite en tes ouvrages ; tu ne pourras te nourrir de ses productions que par un pénible travail...

La terre produira des ronces et des épines, tu mangeras l’herbe de la terre et ton pain à la sueur de ton front, jusqu'à ce qu'enfin tu retournes dans la terre d'où tu es sorti ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière.» Gen, III.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:50

Le dogme de la vie future, et de l'immorta­lité de l'âme, fut-il toujours un des articles fondamentaux de la religion primitive …

Dieu, voulant distinguer l'homme du reste des créatures visibles, sembla se recueillir en lui-même avant de le créer : Faisons l'homme, dit-il, à notre image et à notre t es semblance. Il forma son corps de terre et le rendit vivant et animé en lui donnant une âme intelligente capable d'aimer, de vouloir et de penser ; et c'est en cela que l'homme est fait à l'image de Dieu et capable de le possé­der éternellement, s'il se rend digne de ce bonheur par la pratique des vertus qui lui sont commandées.

Il fallait au premier homme une compagne : elle fut tirée de lui-même et reçut le nom d'Ève : ainsi fut insti­tué le mariage. Tous les hommes sont nés de ces premiers parents : ils doivent donc être à jamais une seule et même famille et s'aimer comme les enfants d'un même père.

L'homme n'est pas seulement corps ; il a une âme ca­pable de penser et d'aimer, une âme qui de sa nature est incorruptible et immortelle.

histoire: Un empereur romain avait un cerf qu'on était venu à bout d'apprivoiser. Il était nourri au palais et y reve­nait tous les jours après avoir visité les forêts voisines. Cet animal était cher à l'empereur. Craignant que dans les courses qu'il faisait au dehors, quelqu'un ne le poursuivît et le blessât, il fit graver sur un collier d'or, qu'on lui mit, ces paroles : Ne me touches pas, j'appartiens à César.

Nous venons de Dieu, nous appartenons a Dieu, nous sommes à Dieu, nous sommes le bien de Dieu ; il nous a marqués de son sceau : notre âme et ses facultés, notre corps et les organes de nos sens portent l'empreinte de la Divinité. Ne nous laissons donc pas séduire par les mauvais exemples, entraîner par les passions et réduire en servitude par l'esprit de malice, qui est notre grand enne­mi.

De la spiritualité et de l'immortalité de l'âme

Les fidèles de la nouvelle Loi ne sont pas les seuls qui fassent profession de croire à l'immortalité de notre âme ; les anciens patriarches, les prophètes, tous les adorateurs du vrai Dieu y ont également cru et en ont fait le motif de leur conduite. Les grands génies de l'antiquité, Platon, Aristote, Cicéron et une infinité d'autres ont, par les lu­mières de la raison, aidée de quelques souvenirs tradition­nels, reconnus que la mort n'est pas la fin de tout homme, mais qu'il se survit encore à lui-même, après avoir éprouvé cette catastrophe, qui n'est autre chose que la séparation des deux substances, l'âme et le corps qui constituent sa nature.

Et, en effet, nous ne pouvons pas plus douter qu'il y ait en nous deux substances que nous ne pouvons douter de notre propre existence ; car ce qui pense dans nous, ce qui médite, calcule, compare, réfléchit, ce qui est capable d'une si grande variété de connaissances et de sentiments ne peut être matière. Mais le dogme de l'immortalité de l'âme n'est pas seulement fondé sur de simples conjec­tures, sur quelques vraisemblances : la révélation primitive, la persuasion générale du genre humain, les idées que Dieu nous a données de sa bonté, de sa puissance, de sa justice, tels sont les fondements d'une vérité aussi conso­lante pour l'homme de bien qu'effrayante pour l'impie.

Après son péché, l'homme a été condamné à mort ; son corps doit redevenir de la poussière, d'où il a été tiré ; mais si son âme devait périr avec son corps, si ce prin­cipe de vie émané du Créateur devait être anéanti, la pro­messe d'un rédempteur était absurde et sans motif. Aussi le dogme de la vie future, et par conséquent de l'immorta­lité de l'âme, fut-il toujours un des articles fondamentaux de la religion primitive; il fut l'espoir de nos premiers parents, comme il sera le nôtre, si nous observons avec fidélité les préceptes que le Seigneur nous a donnés.

Le dogme de la vie future, et par suite nécessaire de l'immortalité de l'âme, a été généralement reçu par tous les peuples de l'univers; l'idolâtrie, loin de la détruire, lui avait donné une nouvelle force, ou plutôt ce fut même l'abus de cette croyance qui fut une des sources de l'ido­lâtrie ; l'apothéose des grands hommes et l'usage de leur rendre des honneurs divins après leur mort, ne se seraient jamais établis si l'on avait cru que l'homme meurt tout entier.

En créant un être d'une capacité aussi vaste que celle que possède notre âme, Dieu n'a pu avoir d'autre fin que celle de la rendre heureuse par la possession d'un bien digne d'elle, digne de ses œuvres. Peut-on trouver le bon­heur en ce monde ! L'homme le plus vertueux y est-il toujours le plus heureux ? Hélas ! L'expérience de tous les jours ne nous apprend que trop le contraire.

La justice divine est encore une preuve de l'immortali­té de l'âme : on voit souvent en ce monde le vice triom­phant et la vertu humiliée ; l'impie heureux et le juste malheureux. Il est donc nécessaire que l'ordre soit ré­tabli, que le vice soit puni et la vertu récompensée. Mais comment cet ordre serait-il rétabli, et comment la justice divine exercerait-elle ses droits, si l'âme n'était pas im­mortelle ?

On dira peut-être que le remords est la punition du crime ; mais que serait le remords sans la foi ? Disons donc hardiment que nier la spiritualité de l'âme, et par conséquent, son immortalité, c'est non seulement donner le démenti à la croyance et au sentiment de tous les peu­ples, mais encore à la sainte raison et au sens commun.

Cette vérité, professée dans tous les temps, et par presque tous les peuples de l'univers, est sans doute terri­ble pour l'impie ; elle le poursuit partout et lui déchire le cœur, malgré les efforts qu'il fait pour se tranquilliser. Le libre cours qu'il donne à ses passions lui fait redouter l'éternité, parce qu'il n'a rien à attendre qui lui soit avan­tageux ; il voudrait ne pas croire, mais le remords le poursuit ; il doute, ou plutôt il croit malgré lui. Son in­crédulité souvent affectée décèle un cœur coupable. "Quand la pensée de l'avenir visite les incrédules, dit Young, ils rampent, ils tremblent, ils doutent, ils croient. "

Le juste, au contraire, trouve dans cette vérité la force dont il a besoin pour souffrir avec résignation les maux de la vie présente ; elle est de plus son espoir pour l'éternité.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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