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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 14:54

A regarder cette série de sermon pour les nuls sur Youtube: https://www.youtube.com/watch?v=U7k0uxdG5mg

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 11:40
LE   SECRET   DU   BONHEUR…
Les Quinze Oraisons
Première oraison     Pater et   Ave Maria

    O Jésus-Christ ! Douceur éternelle  pour tous ceux qui vous aiment, Joie qui surpasse  toute joie et tout  désir,  salut et espoir de tout pécheur.  Vous qui avez témoigné n'avoir pas de plus grand contentement que d'être parmi les hommes jusqu'à prendre la nature humaine en la fin des temps pour l'amour d'eux.

    Souvenez-vous de toutes les souffrances que vous avez endurées dès l'instant de votre conception, et surtout dans le temps de votre Sainte Passion, ainsi qu'il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la pensée divine.

    Souvenez-vous Seigneur, lorsque faisant la Cène avec vos  disciples,  après leur avoir lavé les pieds, Vous leur avez donné votre corps sacré et votre  précieux sang, et tout en les consolant avec douceur, vous leur avez prédit votre prochaine Passion.

    Souvenez-vous de la tristesse et de l'amertume que vous avez éprouvés en votre âme, comme vous le témoignâtes vous-même, en disant : " Mon âme est triste jusqu'à la mort."

    Souvenez-vous de toutes les craintes, angoisses et douleurs que vous avez endurées en votre corps délicat avant le supplice de la croix, quand après avoir prié trois fois en répandant une Sueur de Sang, vous fûtes trahi par Judas votre disciple, pris par la nation que vous aviez choisie et élevé, accusé par de faux témoins, injustement jugé par trois juges en la fleur de votre jeunesse dans le temps solennel de la Pâques.

    Souvenez-vous, que vous fûtes dépouillé de vos propres vêtements et revêtu de ceux de la dérision, qu'on vous voilà les yeux et la face, qu'on vous donna des soufflets, que vous fûtes couronné d'épines, qu'on vous mit un roseau à la main et qu'attaché à une colonne vous fûtes déchiré de coups, accablé d'affronts et d'outrages.

    En mémoire de toutes ces  peines et douleurs que vous avez endurés avant votre Passion sur la croix, donnez-moi avant ma mort, une vraie contrition, une pure et entière confession, une digne satisfaction et la rémission de tous mes péchés. 

    Ainsi soit-il.

 

Deuxième oraison         Pater et Ave

    O Jésus, Vraie liberté des Anges, Paradis de délices, ayez mémoire de l'horreur et de la tristesse que vous endurâtes lorsque vos ennemis, ainsi que des lions furieux vous entourèrent, et par mille injures, soufflets, égratignures et autres supplices inouïs vous tourmentèrent à l'envi.

    En considération de ces tourments, je vous supplie ô mon Sauveur, de me délivrer de tous mes ennemis visibles et invisibles, de me faire arriver sous votre protection à la perfection du salut éternel !            Ainsi soit-il.

 

 

Troisième oraison         Pater et Ave

     O Jésus, Créateur du Ciel et de la terre, que nulle chose  ne peut borner  ni  limiter,  Vous qui renfermez et tenez tout sous votre puissance, ressouvenez-vous de la douleur très amère que vous souffrîtes lorsque les Juifs, attachant vos mains sacrées et vos pieds  très délicats à la croix, les  percèrent  d’outre en outre avec de  gros clous  émoussés, et, ne vous trouvant pas dans l'état qu'ils voulaient, pour  contenter   leur   rage, ils agrandirent vos plaies, y ajoutèrent douleur sur douleur et par une cruauté inouïe,  vous allongèrent  sur la  croix  et vous tirèrent de tous côtés en disloquant vos membres.

    Je vous conjure ô Jésus, par la mémoire de cette très sainte et très aimante douleur de la croix, de me donner votre crainte et votre amour !  

    Ainsi soit-il.  

                  

Quatrième oraison        Pater et Ave

    O Jésus, Céleste médecin,  élevé  en croix pour guérir nos plaies par les vôtres, souvenez-vous des langueurs  et meurtrissures que vous avez souffertes en tous vos membres,  dont   aucun  ne  demeura en sa place, en  sorte qu'il n'y eut douleur  semblable  à la vôtre. Depuis la plante des  pieds  jusqu'au sommet de la tête, aucune partie de votre corps ne fût sans tourment. Cependant, oubliant  toutes vos souffrances,  Vous n'avez  cessé  de  prier votre  Père  pour vos  ennemis,  en  lui disant :  " Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font."

    Par cette grande Miséricorde et en mémoire de ces douleurs, faites que le souvenir de votre très amère passion opère en nous une parfaite contrition et la rémission de tous nos péchés.

    Ainsi soit-il.

  

Cinquième oraison         Pater et Ave

    O Jésus, Miroir de splendeur éternelle, souvenez-vous de la tristesse que vous avez eue, lorsque contemplant dans la lumière de votre Divinité la prédestination de ceux qui devaient être sauvés par les mérites de votre Sainte Passion, vous voyiez en même temps la grande multitude des réprouvés qui devaient être damnés par leurs péchés, vous plaigniez amèrement ces malheureux pécheurs perdus et désespérés. 

    Par cet abîme de compassion et de pitié, et principalement par votre grande miséricorde envers Dismas, le bon larron, lorsque vous lui avez dit: "En vérité, je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec Moi dans le Paradis."

    Je vous supplie, ô doux Jésus, qu'à l'heure de ma mort, vous me fassiez aussi miséricorde !     

    Ainsi soit-il.

 

Sixième oraison         Pater et Ave

   O Jésus, Roi aimable et  tout  désirable, souvenez-vous de la  douleur que vous avez eue, quand nu  comme un misérable, Vous étiez  élevé  et  attaché à la croix, ou tous  vos parents et amis vous abandonnèrent, excepté votre Mère bien-aimée, Marie Madeleine, les saintes femmes  et Saint Jean, qui demeurèrent très fidèlement auprès de vous  dans  votre   agonie, c’est à cette occasion que vous recommandâtes votre  fidèle disciple à Marie en disant:

" Femme, voilà votre Fils ! " et à saint Jean : " Voilà votre Mère ! "

   Je vous supplie, ô mon Sauveur, par le glaive de douleur qui alors transperça l'âme de votre Sainte Mère, d'avoir compassion de moi en toutes   mes afflictions et tribulations tant corporelles que spirituelles et de m'assister dans toutes mes épreuves, surtout à l'heure de la mort.

   Ainsi soit-il.

   

Septième oraison         Pater et Ave  

   O Jésus, Fontaine de pitié inépuisable, qui par une profonde affection d’amour, avez dit sur la Croix :                     " J'ai soif ". 

   Oui, la soif du salut du genre humain.  Je vous prie ô mon Sauveur, d'échauffer le désir de nos cœurs pour tendre à la perfection dans toutes nos œuvres et d'éteindre entièrement en nous la concupiscence charnelle ainsi que l'ardeur des appétits mondains.

   Ainsi soit-il.

 

Huitième oraison       Pater et Ave

   O Jésus, Douceur des cœurs et suavité des esprits, par l'amertume du fiel et du vinaigre que vous avez goûté sur la Croix pour l'amour de nous, donnez-nous la sagesse de la croix et accordez nous, de désirer  recevoir spirituellement chaque jour, votre corps et votre sang précieux, pour donner à nos âmes soutien et réconfort pendant notre vie et surtout à l'heure de notre mort.     

   Ainsi soit-il.

 

Neuvième oraison      Pater  et  Ave

   O Jésus, Vertu royale et joie de l'esprit, ayez souvenance de la douleur,  que vous avez endurée pour nous, lorsque plongé dans l'amertume à l'approche de la mort, insulté et outragé par les Juifs, vous criâtes à hautes voix que vous aviez été abandonné  par  votre  Père  en  disant : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?"

   Par cette angoisse, je vous en conjure ô mon Sauveur, ne m'abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de la mort.                

   Ainsi soit-il.   

   

Dixième oraison        Pater et Ave

   O Jésus, Qui êtes en toutes choses, commencement et fin, vie et vertu. Souvenez-vous que vous vous êtes plongé pour nous dans un abîme de douleurs depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. En considération de la grandeur de vos plaies, enseignez-moi à garder vos commandements par une vraie charité, ces commandements dont la voie est large et facile pour ceux qui vous aiment.

   Ainsi soit-il.

 

Onzième oraison       Pater et Ave

   O Jésus, Abîme très  profond de  Miséricorde, je vous en supplie en mémoire de vos plaies qui ont  passé  jusqu'à  la moelle de vos os et de vos entrailles, de  me  tirer moi misérable,  submergé par mes offenses,  hors du péché et de me cacher de votre face  irritée dans  les trous  de  vos  plaies,   jusqu'à ce que votre colère et votre  juste indignation soient passées.

   Ainsi soit-il.  

 

Douzième oraison        Pater et Ave

   O Jésus,  Miroir de vérité, marque d'unité, lien de charité, souvenez-vous de la multitude des plaies dont  vous avez  été  blessé de la  tête  aux  pieds, déchiré  et  tout rougi  par  l'effusion  de votre sang adorable.

   O grande et universelle douleur, que vous avez soufferte pour l'amour de nous  en  votre  chair  virginale !  Très doux Jésus qu'avez-vous pu faire pour nous, que  vous n'ayez fait !

   Je vous en conjure, O mon  Sauveur, de marquer avec votre précieux Sang toutes vos plaies dans mon  cœur,  afin que j'y lise sans cesse votre douleur  et votre amour.

    Que par le fidèle souvenir de votre Passion, le fruit de vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, que votre amour y augmente chaque jour, jusqu'à ce que je parvienne à Vous qui êtes le trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je vous supplie de me donner, O très doux Jésus, dans la vie éternelle.

    Ainsi soit-il. 

 

Treizième oraison         Pater et Ave

    O Jésus, Lion très fort, Roi immortel et invincible, ayez mémoire de la douleur que vous avez endurée pour nous de toutes vos forces, tant du cœur que du corps et à la fin, étant entièrement épuisé, vous inclinâtes la tête en disant :           "Tout est consommé".

    Par cette angoisse et cette douleur, je vous supplie Seigneur Jésus, d'avoir pitié de moi  en la  dernière  heure de  ma  vie, lorsque mon âme sera dans l'angoisse et que mon esprit  sera  troublé.       

   Ainsi soit-il.  

   

Quatorzième oraison     Pater et Ave

   O Jésus, Fils unique du Père, Splendeur et  figure de  sa   substance,  souvenez-vous  de l'étroite et humble recommandation  que  vous fîtes  à  votre  Père  en disant :   "Père, je remets mon Esprit entre vos mains".

   Votre corps étant tout déchiré, votre cœur brisé et les entrailles de votre miséricorde ouvertes pour nous racheter, vous avez expiré. Par cette précieuse mort, je  vous   supplie  O  Roi  des  saints ! Confortez-moi, donnez-moi le secours pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu'étant mort au monde je ne vive  qu'en  Vous  seule.

   Recevez, je vous prie, à l'heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilé   qui retourne vers vous.     

   Ainsi soit-il. 

 

Quinzième oraison       Pater et   Ave

   O Jésus, Vrai et féconde vigne, souvenez-vous de l'abondante effusion de sang que vous avez si généreusement répandu de votre corps sacré ainsi que le raisin sous le pressoir.

   De votre côté, transpercé d'un coup de lance par Longin, vous avez répandu du sang et de l'eau, en telle sorte  qu'il  n'en  est  plus  demeuré une seule  goutte  et  enfin,  comme  un faisceau de myrrhe élevé au haut  de  la Croix, votre chair délicate s'est anéantie, l'humeur de vos entrailles s'est  tarie et la moelle de vos os s'est séchée.

   Par cette amère passion et par l'effusion de votre précieux sang, je vous supplie, O doux Jésus, blessez mon cœur afin que mes larmes de pénitence et d'amour, nuit et jour, me servent de pain. Convertissez-moi entièrement à  vous, que mon cœur vous soit une perpétuelle habitation,  que ma conversation vous soit agréable et que la fin de ma vie soit tellement  louable, que  je  mérite  votre Paradis pour vous louer et vous  bénir à jamais avec tous les saints.

   Ainsi soit-il.

 

     Voici, les  21  Magnifiques promesses de Notre Seigneur Jésus Christ. J’espère que vous saurez en tirer profit pour votre éternité.  Votre bonheur éternel dépend de vous et de ce que vous aurez fait de bien sur cette terre pour vous assurer d’y avoir droit.  Gérald Guay

     Voici les magnifiques promesses qui ont été faites à sainte Brigitte par une  image de Notre Seigneur Jésus Christ crucifié, à condition qu'elle dise tous les jours ces  Oraisons  et  elles sont  aussi promises à tous ceux  qui  les diront dévotement chaque jour pendant un an.

     Comme il y avait fort longtemps que Sainte Brigitte désirait savoir le nombre de coups que  Notre  Seigneur  reçut en  sa  passion, un  jour Il  lui  apparut  et  lui dit :

     ""J'ai reçu en mon corps 5,480 coups, si vous voulez  les  honorer  par quelque vénération, vous direz 15 Pater et 15 Ave avec les Oraisons suivantes. Après 365 jours,  vous aurez salué chacune de mes plaies.""

       Il ajouta ensuite que quiconque dirait ces Oraisons pendant un an

 1--  Délivrera 15 âmes de sa lignée du Purgatoire.

 2-- 15 justes de sa même lignée seront confirmés et conservés en grâce.

 3-- 15 pécheurs de sa même lignée seront convertis.

 4-- La personne qui les dira aura les premiers degrés de perfection.

 5--15 jours avant sa mort je lui donnerai mon précieux corps afin que par ce trésor de grâce, elle soit délivrée de la faim éternelle, je lui donnerai mon précieux sang à boire de peur qu'il n'ait soif éternellement.

  6-- 15 jours avant sa mort, elle aura une parfaite connaissance et une amère contrition  de tous ses péchés.

  7-- Je mettrai le signe de ma très victorieuse Croix devant elle pour son secours et défense contre les embûches de ses ennemis.

  8-- Avant sa mort, je viendrai avec ma très chère et bien-aimée Mère.

  9-- Et recevrai bénignement son âme, et la mènerai aux joies éternelles.

 10-- Et l'ayant menée jusque-là, je lui donnerai un singulier trait à  boire  de  la fontaine de ma Déité, ce que je ne ferai pas aux autres n'ayant pas dit mes Oraisons.

 11-- Il faut savoir que quiconque aurait vécu pendant 30 ans en péché mortel, et qui dirait dévotement, où qui se serait proposé de dire mes  Oraisons,  le Seigneur  lui pardonnera tous ses péchés.

 12-- Le Seigneur le défendra des mauvaises tentations.

 13-- Le Seigneur lui conservera et gardera ses cinq sens.

 14-- Le Seigneur la préservera de la mort subite.

 15-- Le Seigneur délivrera son âme des peines éternelles.

 16-- Et il obtiendra tout ce qu'elle demandera à Dieu et à la Très Sainte Vierge.

 17-- Si elle avait toujours vécu selon sa propre volonté et qu’elle dût mourir demain, sa vie se prolongera.

 18-- Toutes les fois, que quelqu'une personne dira ces Oraisons, elle gagnera l00 jours d'indulgences.

 19-- Elle sera assurée d'être joint au suprême Chœur des Anges.

 20-- Quiconque les enseignera à une  autre,  sa  joie  et  son  mérite  ne manqueront jamais, ils  seront  stables  et  dureront  éternellement.

         21-- Là où sont et où seront dites ces Oraisons, Dieu y est présent avec sa grâce.

Sainte Brigitte avait beaucoup d'attrait pour les exercices de piété.  Dès l'âge de dix ans, elle fut singulièrement touchée  par un  sermon  qu'elle  entendit sur  la  passion  du  Sauveur.  La  nuit  suivante, elle  crut  voir  Notre  Seigneur  Jésus Christ attaché à la croix, tout couvert de plaies et de sang. Il lui sembla en même temps qu'une voix lui disait : " Regardez-moi, ma fille". " Eh ! Qui vous traite si cruellement ? "         Lui demanda-t-elle. " Ce  sont  ceux qui me méprisent  et  sont  insensibles à mon amour pour eux."

   L'impression que fit sur elle ce songe mystérieux ne s'effaça jamais, et depuis lors, les souffrances de J.-C. devinrent le sujet continuel de ses méditations et faisaient sans cesse couler ses larmes.

 

Voici un témoignage d'efficacité.

                                                                             Castillon, le l0 août 1908 

 

Mon Cher Ami,

    Vous vous souvenez peut-être que, pendant la campagne de 1870, quand nous étions au camp de Cloyes, vous avez eu la bonté de copier sur mon carnet  les  quinze Oraisons de  sainte  Brigitte  de  Suède,  pendant qu'elle priait dans l'église Saint-Paul, à  Rome.

    Je viens vous dire que je les ai confiées à mon épouse chérie,  qui les a dites très exactement et dévotement jusqu'à sa mort, qui est venue me la ravir depuis bientôt deux mois.

   Elle nous a dit  qu'elle mourait heureuse et contente et que ces Oraisons étaient la vérité. Avant de mourir, elle nous avoua que la  Sainte Vierge  lui était  apparue.

   Elle me fit promettre de les faire réciter  à notre enfant plus tard. Il était âgé seulement de quatre ans à ce moment là.

                                                                               Signé : Joseph Lupiac.

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 10:24

   Les fidèles de la nouvelle Loi ne sont pas les seuls qui fassent profession de croire à l'immortalité de notre âme ; les anciens patriarches, les prophètes, tous les adorateurs du vrai Dieu y ont également cru et en ont fait le motif de leur conduite. Les grands génies de l'antiquité, Platon, Aristote, Cicéron et une infinité d'autres ont, par les lumières de la raison, aidée de quelques souvenirs traditionnels) reconnu que la mort n'est pas la fin de tout homme, mais qu'il se survit encore à lui-même, après avoir éprouvé cette catastrophe, qui n'est autre chose que la séparation des deux substances, l'âme et le corps qui constituent sa nature.

Et, en effet, nous ne pouvons pas plus douter qu'il y ait en nous deux substances que nous ne pouvons douter de notre propre existence; car ce qui pense dans nous, ce qui médite, calcule, compare, réfléchit, ce qui est capable d'une si grande variété de connaissances et de sentiments ne peut être matière. Mais le dogme de l'immortalité de l'âme n'est pas seulement fondé sur de simples conjec­tures, sur quelques vraisemblances : la révélation primitive, la persuasion générale du genre humain, les idées que Dieu nous a données de sa bonté, de sa puissance, de sa justice, tels sont les fondements d'une vérité aussi conso­lante pour l'homme de bien qu'effrayante pour l'impie.

Après son péché, l'homme a été condamné à mort ; son corps doit rentrer dans la poussière, d'où il a été tiré; mais si son âme devait périr avec son corps, si ce prin­cipe de vie émané du Créateur devait être anéanti, la pro­messe d'un rédempteur était absurde et sans motif. Aussi le dogme de la vie future, et par conséquent de l'immorta­lité de l'âme, fut-il toujours un des articles fondamentaux de la religion primitive; il fut l'espoir de nos premiers parents, comme il sera le nôtre, si nous observons avec fidélité les préceptes que le Seigneur nous a donnés.

Le dogme de la vie future, et vient ensuite la nécessité de l’immortalité de l'âme, a été généralement reçu par tous les peuples de l'univers ; l'idolâtrie, loin de la détruire, lui avait donné une nouvelle force, ou plutôt ce fut même l'abus de cette croyance qui fut une des sources de l'idolâtrie ; l'apothéose des grands hommes et l'usage de leur rendre des honneurs divins après leur mort, ne se seraient jamais établis si l'on avait cru que l'homme meurt tout entier.

En créant un être d'une capacité aussi vaste que celle que possède notre âme, Dieu n'a pu avoir d'autre fin que celle de la rendre heureuse par la possession d'un bien digne d’elle, digne de ses œuvres. Peut-on trouver le bonheur en ce monde ? L'homme le plus vertueux y est-il toujours le plus heureux ? Hélas, l'expérience de tous les jours ne nous apprend plutôt le contraire.

La justice divine est encore une preuve de l'immortali­té de l'âme : on voit souvent en ce monde le vice triom­phant et la vertu humiliée ; l'impie heureux et le juste malheureux. Il est donc nécessaire que l'ordre soit ré­tabli, que le vice soit puni et la vertu récompensée. Mais comment cet ordre serait-il rétabli, et comment la justice divine exercerait-elle ses droits, si l'âme n'était pas im­mortelle ?

On dira peut-être que le remords est la punition du crime; mais que serait le remords sans la foi ? Disons donc hardiment que nier la spiritualité de l'âme, et par conséquent, son immortalité, c'est, non seulement donner le démenti à la croyance et au sentiment de tous les peu­ples, mais encore à la sainte raison et au sens commun.

Cette vérité, professée dans tous les temps, et par presque tous les peuples de l'univers, est sans doute terri­ble pour l'impie ; elle le poursuit partout et lui déchire le cœur, malgré les efforts qu'il fait pour se tranquilliser. Le libre cours qu'il donne à ses passions lui fait redouter l'éternité, parce qu'il n'a rien à attendre qui lui soit avantageux; il voudrait ne pas croire, mais le remords le poursuit ; il doute, ou plutôt il croit malgré lui. Son in­crédulité souvent affectée décèle un cœur coupable. "Quand la pensée de l'avenir visite les incrédules, dit Young, ils rampent, ils tremblent, ils doutent, ils croient.

Le juste, au contraire, trouve dans cette vérité la force dont il a besoin pour souffrir avec résignation les maux de la vie présente ; elle est de plus son espoir pour l'éternité.

HISTOIRE. Quelques heures avant sa mort, Bernardin de Saint-Pierre, auteur des Etudes de la Nature, voyant ses en­fants tous en pleurs autour de son lit, leur adressa ces tou­chantes paroles : «Ce n'est qu'une séparation de quelques jours, ne me la rendez pas si douloureuse ; je sens que je quitte la terre, mais non la vie. Adieu, mes bons amis, évitez le mal, faites le bien, vivez chrétiennement ; nous nous reverrons un jour.»

Extrait de : LES DEVOIRS DU CHRÉTIEN (1860)

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 14:48

 

Un homme et son fils collectionnaient des œuvres d'art de grande valeur: des Picasso, des Rembrandt, des Raphaël, etc. Ils s'assoyaient souvent ensemble pour partager leurs impressions devant ces peintures exceptionnelles. Un jour, le fils fut appelé à défendre son pays par les armes. C'était un homme courageux qui aimait porter secours aux autres; il mourut en voulant sauver un compagnon. La nouvelle de sa mort affligea profondément le père.

Un jour, on frappa à la porte de la résidence du père. Un jeune homme tenait dans ses mains un colis et dit: « Monsieur, vous ne me connaissez pas, mais je suis le soldat pour qui votre fils a donné sa vie. Il a d'ailleurs sauvé plusieurs camarades ce jour-là. Il était en train de me transporter lorsqu'une balle l'a atteint mortellement. Il m'a souvent parlé de vous, et de votre amour pour l'art. »

Le jeune homme lui remit le colis. « Je sais que je ne suis pas un grand artiste, mais je crois que votre fils aurait souhaité que vous puissiez le voir. » Le père l'ouvrit. C'était un portrait de son fils réalisé par le jeune homme. Il regarda fixement cette peinture. Les yeux de son fils ressemblaient tellement aux siens... des larmes coulaient de ses yeux. Il remercia le jeune homme et offrit de le payer pour la peinture. «Ah non monsieur, je ne pourrai jamais rembourser ce que votre fils a fait pour moi. C'est un cadeau. »

Le père accrocha le portrait à la place d'honneur dans le salon. Chaque fois que les visiteurs venaient à sa maison, il les amenait voir le portrait de son fils avant de leur montrer toutes les autres grandes œuvres qu'il possédait.

L'homme mourut quelques mois plus tard.

On organisa une enchère pour la vente de ses peintures. D'importants collectionneurs étaient venus afin de pouvoir acheter ses peintures. Sur un chevalet on avait déposé le portrait de son fils. Le commissaire-priseur sonna le début des enchères. Il commença avec le portrait du fils. «Qui fait une offre pour cette peinture? » Le silence planait.

Une voix au fond de la salle s'éleva: «Nous voulons d'abord voir les célèbres peintures.» Mais le commissaire-priseur insistait: «Est-ce que quelqu'un désire faire une offre pour cette peinture?» Une autre voix se fit entendre: «Nous ne sommes pas venus pour cette peinture; nous sommes venus pour voir les Van Goules Rembrandt, etc. Commencez avec les vraies offres! » Mais le commissaire-priseur ne bronchait pas: c Le portrait du fils! Qui veut se porter acquéreur de cette peinture?» Une femme en colère cria: «Nous ne sommes pas venus voir cette peinture! » Mais le commissaire-priseur continuait toujours: «Le fils! Le fils! Qui veut prendre le portrait du fils?» Finalement, une voix cria du fond de la salle. C'était le jardinier; il avait longtemps été au service de l'homme et de son fils: «J'offre 10$ pour la peinture. » C'était un homme pauvre qui ne pouvait donner davantage. «Nous avons 10$, qui offre plus?» Une autre personne cria: «Donne-lui ce portrait pour 10$ et fais-nous voir maintenant les œuvres des Maîtres?» Le commissaire-priseur martela d'un ton monotone: «Allez, une fois, deux fois, trois fois, VENDU pour 10$! »

 

Un homme qui était assis dans la deuxième rangée dit avec vigueur: « Maintenant venons-en à la collection! » Le commissaire-priseur posa délicatement son marteau et dit: «Je suis désolé, mais l'enchère se termine ici. Quand on m'a demandé de conduire cette enchère, une condition secrète du père avait été inscrite à son testament. Il ne m'était pas permis de dévoiler cette condition avant la vente du portrait du fils. Cette condition stipulait que celui qui achèterait la peinture du fils hériterait de l'ensemble des peintures et collections que le père possédait. Donc cet homme qui a pris le fils obtient tout! »

II y a 2000 ans, Dieu a donné au monde son Fils. Tout comme le commissaire-priseur, son message aujourd'hui est encore le même: «Le fils, le fils, qui prendra le fils?» Le message est le même, parce que, voyez-vous, celui qui prend le fils avec lui obtient tout.

D’un auteur inconnu

2019-02-15

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 13:51

Ai-je la vraie charité chrétienne …

   Grave question, pour la solution de laquelle il est né­cessaire de s'en poser plusieurs autres. Quels sont mes sentiments à l'égard du prochain ? N'ai-je pas des pensées malveillantes, des idées désavan­tageuses relativement à telle ou telle personne ? N'ai-je pas conçu du mépris de telle autre, soit parce qu'elle me paraît peu sensée ou peu instruite, soit parce que sa condition est inférieure à la mienne ? N'y a-t-il pas dans mon cœur une aversion volontaire pour une autre, dont la figure, le langage, les manières me déplaisent ? Ne me suis-je pas dit à son su­jet : « Je ne lui veux point de mal, mais nous ne devons pas avoir de relations ensemble, je ne puis la voir ? » comme si un tel raisonnement n'était pas absolument contraire aux maximes du Sauveur !

   N'ai-je pas peut-être même de la haine pour telle ou telle femme, que je déteste dans mon cœur, que je voudrais hu­milier, dont les succès me tourmentent et les revers me ré­jouissent ? Ne l'ai-je pas considérée et traitée comme une rivale et une ennemie ? N'ai-je pas renoncé à la société de celles qui m'ont fait du mal ou qui ont compromis ma répu­tation, en me disant à moi-même : « Elle s'en souviendra... qu'elle ne me demande jamais aucun service ! Plus rien de commun entre nous ? » Cette rancune n'a-t-elle pas encore été suivie de désirs de vengeance, que j'ai cherché à me dégui­ser sous le spécieux prétexte qu'ils étaient inspirés par l'amour de la justice et que je devais tenir à mes droits ? Hélas ! Où en serais-je si Dieu voulait exercer ses droits à mon égard et me punir pour toutes les fois que j'ai eu tort !

   N'ai-je pas mis en pratique cette infernale maxime, si universellement en vogue parmi les gens du monde : qu'on doit rendre à chacun la monnaie de sa pièce, le bien pour le bien et le mal pour le mal, comme si Nôtre-Seigneur n'avait pas dit et répété, de la manière la plus formelle, que nous de­vons aimer nos ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïs­sent, prier pour ceux qui nous persécutent ?  Si vous n'ai­mez que ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous un jour à attendre ?  …

   Lorsque j'examine ma conscience, ne dois-je pas reconnaître que j'ai  pour le moins à me reprocher des procédés indélicats et désobligeants, des manières peu aimables, des vivacités, des contestations, parfois même de petits manèges et des complots dont le but véritable est de nuire positivement au prochain ?  N'ai-je pas montré quelque dureté à l'égard des pauvres ? Mon nom figure peut-être avec orgueil sur les listes de souscription, mais  lorsqu'un infortuné vient me demander un secours, ne m'arrive-t-il pas de le rebuter par mon ton tranchant, mon air de mauvaise humeur, ma froideur ? Ce pauvre n'est-il pas aussi le membre souffrant de Jésus-Christ ? Ah ! Si j'avais la foi pratique, lorsqu'un de ces amis de Jésus vient frapper à ma porte, je le recevrais comme lui-même !

Je craindrais plutôt de le faire attendre, exposé au vent et à la pluie, que les riches et les grands qui viennent me faire visite. Je courrais à sa rencontre et, par mon visage souriant, par mes affectueuses paroles, par une aumône abondante, je montrerais que je  le considère comme l'un des privilégiés de mon divin Maître !

   C'est bien spécialement dans l'exercice des œuvres de miséricordes que la charité est mal comprise et mal pratiquée. Une personne riche mettra une pièce d'or à une quête, et moment après elle chicanera un pauvre ouvrier pour son salaire ou marchandera avec une insistance ridicule un objet de quelques sous. Une autre se montrera très généreuse pour procurer aux indigents le pain matériel, mais elle refusera un centime pour les institutions destinées à leur procurer le pain d la parole divine ou encore pour la propagande des livres religieux dont le but est de nourrir et de sauver les âmes ; jamais on ne parviendra à lui en faire apprécier l'utilité. Combien l'illusion n'est-elle pas plus grande, lorsqu'il s'agit d'exercer personnellement la charité spirituelle par de bonnes pa­roles, d'amicales exhortations, et tout ce qu'on désigne sous le nom d'industries du zèle ! Il semble à la plupart des chré­tiennes que ce genre de charité doive être l'apanage exclusif du clergé et des personnes pieuses, vouées d'une manière spéciale à l'apostolat au milieu du monde.

   Nombreux donc sont les devoirs que la charité nous im­pose, difficile en est la pratique. Difficile, non pas précisément en elle-même, mais parce que nos habitudes ne sont pas en harmonie avec l’exercice évangélique de cette vertu, et aussi parce que les exemples que nous avons à chaque instant sous les yeux la combattent encore davantage. On ne peut pour ainsi dire faire un pas sans assister à une violation plus ou moins accentuée du divin précepte de la charité chrétienne les personnes que nous fréquentons, les paroles que nous entendons, les lectures que nous faisons déposent en nous des impressions toutes contraires à celles qui devraient caractériser un disciple du Dieu d'amour.

   Les meilleurs publicistes eux-mêmes se permettent trop souvent, pensons-nous, des attaques, des recriminations, qui laissent sur l'âme des lecteurs une trace inévitable. Sans doute, on doit déclarer la guerre aux ennemis de la foi, démasquer leurs projets impies et leurs ruses infer­nales, venger l'Eglise de leurs calomnies et la religion de leurs sophismes ; mais on ne fait pas assez la distinction entre les doctrines et les personnes, d'où il résulte que la vraie no­tion de la charité s'altère.

   Parfois peut-être l'étendue du grand devoir de la charité nous épouvantera ; mais confiance ! Jésus nous viendra eu aide ! N'oublions pas que c'est lui que nous aimons dans la personne de nos frères.

 

On fête le 5 septembre, Saint Laurent Justinien, patriarche.

Laurent aspira dès son enfance à devenir un saint. A dix-neuf ans, il entrevit dans une extase les splendeurs de l'éternelle Sagesse et dès lors, toutes les choses de la terre pâlirent à ses yeux éblouis des ineffables beautés du ciel. Lorsque la céleste vision eut disparu, il s'était fait, au cœur de Laurent, un vide immense que Dieu seul pouvait remplir. Le saint jeune homme refusa une très illustre alliance qui lui était offerte, et s'enfuit secrètement à Venise dans le couvent des chanoines réguliers de saint Georges. Là, il s'appliqua à déraciner toutes les inclinations naturelles qui pouvaient contrarier son union avec Dieu, son unique amour. Dans cet­te lutte incessante qu'il soutenait contre lui-même, Laurent appréciait toutes ses souffrances avec le crucifix, et comparait leur durée avec l'éternité   après   laquelle il soupirait.  Dans la maladie, il supportait sans se plaindre les plus douloureuses opérations.  Devenu  général de son  Ordre, il fortifia et développa son amour de la croix ; évêque et patriarche de Venise, il accomplit, malgré les injures et les calomnies, la réforme de son diocèse. «  En quoi ! dit-il, au début de sa dernière maladie, vous me préparez un lit de plume ? Non, jamais, puisque mon Seigneur s'est étendu sur une croix douloureuse. Couchez-moi sur la paille. » Puis, dans une extase, il s'écria : « Mon bon Jésus me voici, je viens à vous ». Il expira en 1435, à soixante-quatorze ans.

Extrait de : Lectures Méditées (1933)

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 08:38

Méditons  l'excellence et les beautés du pater.

 

C'est Jésus, la sagesse éternelle du Père, qui a composé l'oraison dominicale.  Vous devez donc croire que jamais il n'en sera fait de plus excellente ni de plus parfaite. Elle est en même temps la première prière liturgique et officielle qu'il y ait eu dans l'Église, et jamais elle ne cessera d'être dans la bouche et dans le cœur de ceux qui croiront en moi. Mes apôtres m'ayant demandé de leur enseigner à prier, je (Jésus) leur ai donné cette formule, non pour eux seulement, mais pour tous les enfants de mon Eglise jusqu'à la fin des siècles.

De plus, elle est complète : c'est-à-dire qu'elle renferme sommairement et en abrégé tout ce qu'il est possible et utile de demander à Dieu, car mes apôtres ne voulaient pas une formule quelconque de prière ; ils désiraient que je leur apprisse à rem­plir le devoir de la prière dans toute son étendue, et j'ai répondu à ce désir.

 

Maintenant considérez attentivement les beautés du Pater.

 

Vous commencez par donner à Dieu le titre de père. On peut lui donner des milliers de titres ; on peut l'appeler Seigneur, Maître, Créateur, Tout-Puissant, etc. ; mais le titre de Père est tout à la fois le plus beau, le plus glorieux pour Dieu, le plus propre à toucher son cœur et le plus consolant pour les créatures.

Ce titre est le plus beau ; il est autant supérieur à celui de roi que la qualité de fils l'emporte sur celle de sujet. On honore un roi en disant qu'il est le père de tous ses sujets ; mais on ferait presque injure à un père que l'on représenterait comme un monarque au sein de sa famille.

Le titre de père est le plus glorieux pour Dieu, parce qu'il exprime mieux que tout autre sa bonté, sa miséricorde, la tendresse de son cœur pour ses créatures, perfections ineffables, dont il aime de préférence à se glorifier.

Il est le plus propre à toucher son cœur, parce qu'il l'oblige à regarder les hommes comme des en­fants qui ont droit à tout l'amour dont peut être animé le cœur d'un père infiniment bon.

Par là même ce titre est le plus consolant pour les créatures : car si, en récitant l'Oraison dominicale, elles acceptent de tout cœur la qualité d'enfants de Dieu qui leur est donnée, elles ne peuvent douter que ce Dieu qui consent à être appelé père, ne veuille accueillir avec amour ceux qui lui donnent ce titre et leur accorder ce qu'ils lui demandent. Si les hommes méditaient ces vérités, ils compren­draient aussitôt qu'ils ont tort de ne pas se mettre à l'aise avec Dieu, et de ne pas user de toute la li­berté que le meilleur des pères accorde à des enfants qu'il aime.

 

Vous dites Notre Père, et non pas Mon Père.

 

Cette forme de langage donne à entendre que vous ne priez pas seule. Mais avec qui priez-vous ? Avec moi. Si lors­que vous commencez à réciter l'Oraison dominicale je vous apparaissais a genoux à côté de vous, pro­nonçant les mêmes paroles et vous faisant compren­dre que votre prière et la mienne n'en font qu'une, que ces mots Notre Père signifient dans votre bouche Père de Jésus et le mien, dans la mienne Dieu qui êtes mon Père et celui de tous  les hommes, quels seraient les sentiments d'admiration et d'amour ? Eh bien, cela a toujours lieu, quoique invisiblement. Étant le chef de mon Église, je préside à tout dans cette Église; aucun de ses enfants ne fait le moindre acte surnaturel sans que j'y aie la principale part. Ainsi chaque fois que vous priez, je prie avec vous, j'unis vos sentiments aux miens et je les imprègne de mes mérites. Je prie avec vous lors même que vous dites Pardonnez-nous nos offenses, car je me suis chargé de toutes les iniquités des hommes, qui sont devenues pour moi une dette à laquelle je satisfais au moyen du sacrifice que j'offre tous les jours sur l'autel par le ministère des prêtres. Je prie d'ailleurs au nom de tous ceux qui s'unissent à moi.

Pour tous ces motifs, vous devez entrer dans mes Dispositions quand vous priez, et en pénétrer votre cœur ; vous devez partager mon amour pour mon Père céleste, mon zèle pour les intérêts de sa gloire ; à mon exemple et en union avec moi, vous devez désirer ardemment qu'il soit béni, loué, exalté, aimé par toutes les créatures comme il mérite de l'être ; qu'il règne sur tous les cœurs et que sa volonté sainte, la seule loi véritable, soit accomplie sur la terre avec autant de perfection qu'elle l'est dans le Ciel. Si vous partagez de la sorte mes sentiments à l’égard de mon Père, il vous aimera de l'amour même dont je suis l'objet de sa part, et il vous accordera infailliblement ce que vous lui demandez dans votre intérêt par la dernière partie de l'Oraison Dominicale.

pratique : Réciter le Pater deux ou trois fois dans la journée avec les plus parfaites dispositions.

Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 09:27

Nous avons tous reçu la vertu de foi au baptême, et cette vertu a grandi en nous avec les années. Pourtant nous n'avons pas vu l'esprit de foi. Cela veut dire que dans les détails de la vie nous ne sommes pas conduits par les grandes vérités de la foi qui devraient toujours briller devant les yeux de notre âme.

Qu'est-ce que l'esprit de foi ?

   Par l'esprit de foi nous entendons une foi vivante, forte, pratique, une foi qui influence toute notre vie, qui nous fait vivre dans la présence de Dieu et dans la conscience pratique des merveilleuses réalités de la vie spirituelle: la grâce, l'habitation de Dieu en nous, notre union avec le Christ et son corps mystique, le ciel, la communion des saints, et autres faveurs divines.

   Nous comprendrons mieux cet esprit de foi en nous arrêtant brièvement pour considérer son grand ennemi, l'esprit naturel. Notre moi, notre esprit naturel, est imprégné de matérialisme, est enclin au pélagianisme qui nous fait ignorer ou sous-estimer l'influence et la nécessité de la grâce. Cela nous donne une vue déformée; cela exagère les avantages, les joies, l'importance de ces choses matérielles et tangibles dont nous jouissons maintenant, alors que les choses spirituelles qui ne sont ni visibles, ni tangibles, ni essentielles pour l'avenir, semblent très nébuleuses et vagues, dans un horizon lointain enveloppé de brouillard. Notre perspective est entièrement faussée.

   Nous pourrions comparer cet esprit à un microscope sous lequel des objets extrêmement petits se voient et paraissent énormes. Mais les objets réellement gros ne peuvent se voir sous ce microscope parce qu'ils sont hors de sa portée. De la même manière l'esprit naturel agrandit les choses insignifiantes de cette vie, mais ne nous fait pas voir les choses qui importent réellement.

   L'esprit de foi remet la vérité à sa place légitime. Il nous montre les choses comme elles sont, dans leur vraie lumière et perspective, en vérité telles que Dieu les voit et les apprécie. Il fait que les réalités spirituelles, choses qui importent pour notre âme, paraissent ce qui est réellement important, alors que les choses visibles et transitoires paraissent insignifiantes, comme elles le sont en fait, et bonnes seulement comme moyens d'une fin. Elles ne sont bonnes que pour autant que nous pouvons nous en servir pour atteindre le ciel. Elles n'ont point de valeur en elles-mêmes et à leur égard nous pouvons dire avec saint Paul: — J'ai souffert la perte de toutes choses et je les compte pour du fumier, afin de gagner le Christ. —

 

Effets de l'esprit de foi.

Nous venons de dire que l'esprit de foi nous montre les choses telles que Dieu lui-même les voit et les estime. Cela veut dire que l'esprit de foi nous fait comprendre de plus en plus pleinement les grandes vérités de la vie spirituelle, nous les fait toucher, nous en imprègne si bien que, lorsque nous en avons besoin, nous nous en souvenons naturellement et vivons selon elles. Ces vérités, qui autrement resteraient théoriques, stériles et sans aucun effet sur notre conduite, deviennent ainsi réelles pour nous et influencent toute notre vie.

   Une comparaison nous aidera à mieux saisir ceci. Le monde où nous vivons nous paraît sombre la nuit, terne, sans couleur, nous pouvons à peine déterminer ce qui nous entoure, nous sommes comme dans un monde d'ombres. Mais le soleil se lève au-dessus de l'horizon, et tout est transformé: ses rayons touchent les choses avec une baguette magique; le monde apparaît dans sa beauté, dans ses couleurs innombrables. Le paysage qui durant les heures d'obscurité ne faisait sur nous aucune impression maintenant nous attire et nous réjouit par son charme.

   La même chose arrive dans la vie spirituelle. Si la lumière de notre foi est faible, les merveilleuses réalités de la vie spirituelle ne nous impressionnent pas. Les choses spirituelles paraissent sans couleur, ternes, peu attrayantes; elles ne nous émeuvent pas, elles nous réjouissent encore moins. Mais quand l'esprit de foi, comme le soleil, a illuminé notre âme, tout paraît changé. Les choses spirituelles nous attirent et nous captivent, elles enflamment dans notre cœur le feu de l'amour divin.

   Quelques exemples peuvent illustrer ceci. La foi nous dit que Dieu est la cause première et réelle de tout ce qui arrive dans ce monde, de tout ce qui arrive dans notre vie dont les moindres détails sont tissés, voulus ou permis par son aimante sagesse. Cependant beaucoup de chrétiens, influencés beaucoup plus par l'esprit naturel que par l'esprit de foi, sont déconcertés même par les plus petites épreuves. Ils voient seulement les causes secondaires, et ne pensent même pas à Dieu qui dispose toutes choses avec un amour infini. Mais si notre foi est forte, la grande vérité que Dieu est la cause première de toutes choses éclairera notre vie. Même au milieu de l'aridité et de la désolation, derrière le voile des causes secondaires, nous apercevrons la volonté très aimante de Dieu, qui en toutes choses poursuit notre bien. Quelque difficulté ou souffrance qui puisse nous visiter, nous ne perdrons pas notre bonne humeur ni notre paix de l'âme.

   On peut dire la même chose d'une autre grande vérité exprimée dans ces paroles fameuses du grand Apôtre: — Pour ceux qui aiment Dieu toutes choses ensemble travaillent au bien. — Toutes choses, saint Paul n'exclut rien, pas même ces choses qui, à première vue, semblent devoir faire mal à notre âme; nos défauts, notre manque de succès dans notre apostolat, nos échecs, nos péchés. Toutes choses aux mains de Dieu peuvent contribuer à notre bien, à notre progrès dans la vie spirituelle. Si à la lumière d'une foi profonde nous comprenons pleinement cette précieuse et bien­faisante vérité, nous garderons notre courage et notre confiance en Dieu, quelles que soient les épreuves et les tribulations que l'aimante sagesse de Dieu puisse envoyer pour nous sanctifier.

   Le complément de cette vérité, c'est que les voies de Dieu ne sont pas toujours nos voies. Comme le ciel est au-dessus de la terre, ainsi la Providence de Dieu est au-dessus de notre perception humaine. Si notre foi est assez vive, nous nous rappellerons souvent ces paroles avec grand profit. Nous les appliquerons, non seulement à notre vie, mais à notre façon de voir les événements du monde. Oui, les voies de Dieu ne sont pas nos voies, et par conséquent elles sont souvent mystérieuses.

   Surtout de nos jours, un grand esprit de foi est requis pour que nous ne soyons pas troublés par les terribles événements qui causent tant d'anxiété chez les hommes. Ces persécutions et souffrances que Nôtre-Seigneur prédisait à ses disciples n'ont peut-être jamais été plus terribles que maintenant. Mais la foi nous rappelle que les voies de Dieu ne sont pas nos voies; elle nous rassure en nous remettant en mémoire les paroles de Jésus : — Les portes de l'enfer ne prévaudront point. — En fin de compte Satan ne sera pas vainqueur.

En vérité les voies de Dieu sont mystérieuses pour nous ici sur la terre, mais nous savons et ne devrions jamais oublier qu'au Ciel les anges et les saints sont remplis d'admiration parce qu'ils voient l'accomplisse­ment du plan merveilleux de Dieu. Pour eux l'histoire du monde apparaît comme une magnifique symphonie, et toute leur éternité, ainsi que la nôtre, se passera à admirer, à louer amoureusement les perfections de Dieu, sa sagesse, sa justice, son amour, sa miséricorde infinie.

   Il nous faut penser à la Paternité de Dieu. Il est aussi notre Père. Chaque jour nous le prions sous ce titre: pourtant combien de chrétiens comprennent ce que cela signifie en réalité? Dieu est notre Père, un Père incomparable qui nous donne la vie continuellement de la naissance à la mort. L'amour des pères et mères, les plus aimants et les plus tendres n'est qu'une goutte de l'océan de l'amour infini de Dieu. Le Dieu qui a fait le soleil, la lune, les étoiles, tout cet univers, est réellement, pleinement mon Père très aimant, je suis un fils du grand Roi des rois. Si notre foi nous imprègne de cette grande vérité, n'agirons-nous pas d'autant plus en enfants aimants de Dieu, remplis de confiance en lui? N'éprouverons-nous pas de mépris pour les mesquines choses de ce monde et ne dirons-nous pas comme les saints: — Je suis fait pour des choses plus grandes? —

Enfin, nous pouvons considérer Dieu dans son infinie beauté, son infinie amabilité. Combien rarement nous pensons à cette beauté de Dieu! Elle est si grande que nous ne pourrions la voir ici sur terre sans mourir d'amour. Notre âme serait si énamourée qu'elle briserait les liens de notre corps mortel pour se jeter sur le sein de l'amabilité infinie.

   Beaucoup de saints ont eu un faible aperçu de cette divine beauté, de cette divine amabilité, et elle suffisait à les faire tomber en extase. A la vue d'un pâle rayon des perfections divines tout l'univers semblait s'évanouir devant eux. Si ma foi était plus vive, ne me souviendrais-je pas souvent de ceci pour allumer en mon cœur le feu de l'amour divin?

 

Importance de l'esprit de foi.

   D'après ce que nous venons de voir, il est clair que l'esprit de foi est absolument nécessaire à notre vie spirituelle. Il est comme l'air à notre vie physique. Sans lui nous ne pouvons vivre. Si l'air que nous respi­rons est mauvais ou raréfié, nous dépérissons. De même, sans l'esprit de foi, la vie de notre âme ne peut être que faible et languissante. Nous sommes comme des tuberculeux dans la vie spirituelle.

   L'esprit de foi nous donne la pleine joie de la vie, fait vrai pour tous les chrétiens, mais spécialement pour les prêtres et religieux. Si leur foi est défectueuse, ils ne peuvent être heureux; ils sont comme poissons hors de l'eau. Toutes les sublimes réalités à la base de leur vie, — la vie vécue au nom du Christ, — ont peu de sens pour eux.

   Les prêtres et religieux qui sont animés de l'esprit de foi sont inévitablement heureux. Ils ont constamment conscience qu'ils vivent pour le Christ, qu'ils continuent pour ainsi dire la vie du Christ. Comme Jésus et pour Jésus ils sauvent des âmes, beaucoup d'âmes, même s'ils ont peu de succès apparent. Comment alors ne seraient-ils pas heureux? Ils savent que sauver même une seule âme, c'est une grande chose, qui mérite bien leur vie, et ils sont certains de sauver beaucoup d'âmes. Même au milieu des difficultés et des sacrifices impliqués dans leur apostolat ils peuvent dire avec saint Paul: — « Les souffrances de ce temps ne sont pas dignes d'être comparées avec la gloire à venir. » (Rom., 8, 18).

   En outre, l'esprit de foi leur fait vivre une vie de grande intimité, d'union étroite avec le Christ. A cause de cela, le Christ n'est pas pour eux, comme il l'est pour trop de chrétiens, une idée abstraite sans émoi pour le cœur. Par la foi, le Christ, qui est invisible à nos yeux humains, nous devient plus visible et plus présent. La foi nous révèle ses merveilleuses perfections, le fait apparaître aux yeux de notre âme comme digne de tout notre amour. Comment alors ne serions-nous pas heureux?

 

Mon esprit de foi.

   Est-ce que je vis habituellement par l'esprit de foi, ou bien suis-je dominé par mes impressions naturelles, sentiments et impulsions, par ma raison naturelle et ses calculs? Est-ce que j'accepte tous les événements à la lumière de la foi, me rappelant souvent que Dieu est la cause première de toutes choses, que chaque chose est voulue ou permise par lui pour mon bien?

Est-ce que je vis réellement comme un enfant de Dieu, seigneur de l'univers? Est-ce que j'ai pleine conscience de ma grande dignité? Est-ce que je suis plein de con­fiance en mon Père céleste?

Puis-je dire qu'en dépit de tous mes défauts j'ai l'âme spirituelle, que j'ai le goût des choses élevées et intérieures?

Est-ce que j'emploie les moyens naturels et nécessaires pour augmenter mon esprit de foi?

Ma méditation quotidienne est sûrement un des meilleurs moyens à ma disposition. Il me faut aussi supplier souvent le Saint-Esprit d'accroître en moi ses dons précieux, — ses dons de sagesse, d'intelligence, de savoir, de piété, qui plus que toute autre chose achèvent la vertu de foi et ont aidé les saints à accomplir ces actes héroïques que nous admirons tant dans leur vie.

Extrait de : LA VERTU  D’AMOUR. Paul de Jaegher. S.J. (1957)

Bonne et heureuse année 2019, avec une santé spirituelle au max.

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