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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 20:54

Programme de la journée : 1 les maux que nous fait le péché véniel; 2 les maux bien plus grands encore que nous fait le péché mortel. — Nous pren­drons ensuite la résolution : 1" d'avoir horreur des moin­dres fautes et de nous tenir bien humiliés devant Dieu d'en avoir tant commis dans, le cours de notre vie ; 2° de fuir, plus que la peste, les moindres occasions du pé­ché, de nous défier de nous-mêmes, de veiller et de prier pour ne plus retomber à l'avenir.  Nous retiendrons pour bouquet spirituel les paroles du publicain :  ‘’Seigneurayez pitié de moi qui suis un pécheur.’’

MAL QUE LE PÉCHÉ FAIT A L'HOMME.           

Adorons Notre Seigneur Jésus-Christ couvert de plaies et attaché à la croix pour nos péchés. Nos crimes sont ses bourreaux, et nous sommes ses meurtriers. 0 Dieu, ma victime ! Je vous adore et je vous aime; je déplore mon orgueil qui vous a couronné d'épines, ma mollesse qui a déchiré tous vos membres, mon amour de l'indé­pendance qui vous a cloué à la croix.

0 divin crucifié ! Formez dans mon cœur la haine du péché, de ce mal si grand qu'il n'a pu être réparé que par votre mort, et donnez-moi de comprendre les maux qu'il me fait à moi-même.

PREMIER  POINT        Maux que nous fait le péché véniel.

 

On ne saurait dire tous les maux que nous fait le pé­ché véniel. Dans l'autre vie, s'il n'est expié, il reculera pour nous les jouissances du paradis peut-être pendant de longues années, et nous coûtera de terribles châti­ments. Après même qu'il aura été expié, il nous privera, toute l'éternité, du degré de gloire et de bonheur où nous eût élevés l'acte de la vertu contraire. Dans cette vie, il refroidit l'amitié de Dieu et diminue ses grâces, ses grâces si nécessaires cependant à notre faiblesse ; il amoindrit en nous la foi et le sentiment des vérités éter­nelles; il ôte à l'âme ce goût tendre de piété, ces joies de l'Esprit Saint, ces délices de l'innocence; il amollit la volonté, la façonne peu à peu au mal, étouffe le remords, dissipe la vigilance et conduit par là aux grandes chutes, qui ne sont jamais que la conséquence d'une suite de relâchements. Enfin, quand il est converti en habitude, il réduit l'âme à un état pire que la mort, à la tiédeur. Car cet état affreux a pour caractère fondamental l'ha­bitude des fautes vénielles.

Aussi sainte Thérèse nous dit-elle que Dieu lui fit voir un jour la place qu'elle eut occupée au fond des enfers, si elle eût cédé à une tentation de vanité.

0 mon Dieu!

Que le péché véniel nous est donc funeste !

Et cependant je le crains si peu, je le commets si facilement!

0 Seigneur! Inspirez m'en l'hor­reur à jamais.

 

SECOND  POINT

Maux que nous fait le péché mortel.

 

1° II nous enlève l'amitié de Dieu et nous laisse sa haine. Avant la chute, nous étions l’enfant chéri de Dieu, son temple et l'objet de ses complaisances. Nous levions au ciel des yeux pleins de confiance, et nous y voyions un père qui n'avait sur nous que des pensées de bonté et d'amour. Mais, le péché commis, que notre sort est changé! Et quel malheur est devenu le nôtre! Esclave et repaire du démon, enfant de colère, objet de malédic­tion, il n'y a plus pour nous au ciel, si nous ne nous convertissons, qu'un juge sévère dont la foudre nous menace. Hélas ! Pour peu qu'on réfléchisse, qu'on est malheureux sous le poids de cette pensée : J'ai encouru la haine de Dieu !

— 2° Le péché nous enlève la paix du cœur et nous laisse le remords. Lorsqu'on était inno­cent, on était heureux; le calme régnait au dedans; et une gaieté douce et aimable redisait au dehors le bon heur d'un cœur pur. Mais, avec le péché, la pais a dis­paru et a fait place au trouble, au remords, à l'inquié­tude, à l'agitation de la conscience, qui se tourne en tout sens et ne trouve partout que le malheur. Car, ô Sei­gneur ! Vous nous avez faits pour vous; et hors de vous il n'est ni paix ni bonheur.

— .3 Le péché nous enlève tous nos mérites, et nous laisse la nudité et l'indigence. Un homme eût-il vécu soixante siècles et mérité à chaque moment autant que tous les saints à la fois : un seul péché mortel détruit tout, enlève à l'âme tous ses mé­rites, et la rend incapable de rien mériter de nouveau, tant qu'elle sera sous son empire.

— 4° Le péché nous enlève le ciel, et nous laisse l'enfer. Tant qu'on ost dans frétât de péché, on ne peut plus prétendre ni à ces beaux |trônes où nous devions être assis, ni a ces couronnes qui devaient nous ceindre le front, ni à la société si ravissante des anges et des saints, de Marie et de l'humanité sainte de Jésus-Christ, ni à la possession de Dieu. L'enfer, voilà le seul partage qui nous reste. Les démons sont auprès de Dieu, demandant la permission d'y précipiter, le pécheur. Quelle position, grand Dieu ! Je ne suis qu'à un pas de l'enfer !

N'est-ce pas pour moi que gronde la foudre?

Ô téméraire!

Ô imprudent que je suis !

Grâce, mon Dieu, miséricorde ! 

Je déplore mon péché, je le dé­teste de toute mon âme.

 

Résolutions et bouquet spirituel : Mon Dieu ayez pitié de moi qui suis un pécheur.

 

Extrait du livre MÉDITATION  1921, page 417-418 écrit par M. Hamon pour le : 

LUNDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE du Carême.

 

G.G.    

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 20:52

NON c'est NON

L'Église de ce temps est friande de changement. Il y a pourtant un point sur lequel elle est allergique à tout change­ment. Quand elle a dit NON à une manifestation du surnaturel, elle ne revient pas dessus : c'est NON.

Les faits de Stich sont rapportés brièvement dans un recueil de miracles du Précieux Sang intitulé « Gottes Blut » (Le Sang de Dieu), par Franz Weiss, publié par les Éditions Christiana Verlag - 8260 Stein am Rhein. C.H. (En fin de volume est également reproduite la mise au point ci-dessus.)

Le 9 juin 1975, l'éditeur, M. Arnold Guillet, sur le conseil d'un prêtre allemand, faisait une proposition à l'évêché d'Augsbourg.

« Bien que l'ouvrage soit pratiquement achevé d'imprimer et que pour divers motifs nous soyons déjà en retard sur les délais prévus, j'ai promis au Dr X. Y. de répondre à son vœu dans l'intérêt de la vérité : Si dans les huit jours vous me four­nissez une preuve plausible établissant que dans l'affaire de Maria Rain on est en présence d'une supercherie, je ferai met­tre au pilon le chapitre en question ainsi que la prise de posi­tion qui s'y rapporte.

Comme vous avez pris officiellement position au sujet de cette affaire, je suis en droit de supposer que vous êtes en possession de toute la documentation qui fonde cette prise de position... Etant moi-même en possession de renseignements de première main au sujet de ladite affaire je suis tenu en cons­cience, en tant qu'éditeur responsable, d'en témoigner. J'ai vérifié le cas sans idée préconçue et en toute impartialité, et après avoir beaucoup prié, je me suis décidé à le publier, étant entendu que vous avez le loisir de le contester dans le délai susdit. Au cas où votre contre-argumentation ne serait pas ou serait trop peu convaincante, mon opinion est qu'il faudrait conclure d'après l'antique pratique de l'Église en pareil cas et d'après le conseil de Gamaliel : « Si l'œuvre est de Dieu: elle subsistera ; sinon elle disparaîtra. »

Dans sa réponse, datée du 13 juin, l’évêché déclarait que la commission avait tout examiné avec le plus grand soin, sans rien laisser dans l'ombre, et qu'il n'existait aucun motif de modi­fier ses conclusions.

Une telle affirmation n'étant pas un argument, l'éditeur Guillet concluait qu'il n'avait pas non plus de motif de mettre son ouvrage au pilon.

Le « confirmatur » de la Providence

L'œuvre était-elle de Dieu ? La réponse venait d'arriver, avant même que M. Guillet la posât. Dans les premiers jours de mai, M. l'abbé Leutenegger recevait la lettre suivante, datée du 2 mai :

Monsieur l'abbé

C'est un grand « Dieu merci ! » que nous voudrions vous crier par cette lettre ! Notre enfant malade, abandonné par tous les médecins, a été si bien guéri par le Précieux Sang de Jésus Christ que malgré un grave opération, il ne souffre plus au­cune douleur et peut de nouveau fréquenter l'école normale­ment.

Il s'agit du petit garçon de neuf ans que nous vous avons amené en octobre 1970 à Engeratshofen (1). Il souffrait d'une tumeur maligne au cervelet. Encore deux mois auparavant, il avait été opéré à Stuttgart. Et nous avions eu le verdict impi­toyable : « Incurable. L'enfant va mourir sous peu ». Depuis lors, l'enfant dépérissait de jour en jour. Il ne pouvait plus rien manger. Les sœurs nous ont dit que cela pouvait être une affaire de quelques jours (2).

Dans notre désespoir, Monsieur l'abbé, nous avons entendu parler du miracle du Précieux Sang dont vous-même aviez été favorisé (3). Un voisin complaisant nous a immédiatement offert ses services (4) et il nous a conduits avec notre petit malade chez vous à Engeratshofen. Jamais nous n'oublierons ces minutes, où vous avez posé sur la tête de notre enfant le corporal imbibé du Précieux Sang, et où vous avez prié avec tant de ferveur le bon Sauveur pour la guérison de ce petit ma­lade (5) ! Nous avons encore pu vous l'amener les deux diman­ches suivants. Et le grand miracle s'est produit. La semaine dernière, j'ai dû emmener le petit à l'hôpital pour des exa­mens (6) : les médecins ne décèlent plus aucune trace de maladie.

Mille et mille fois merci ! Voudraient vous dire ses parents reconnaissants.

Veuillez agréer les salutations et meilleurs remerciements de la

Famille Anton et Marie Moosmann

D.  7981  Miïhlenreute

près  de Schlier

Par Ravensbourg

(1) L'abbé L., ce « retraité » octogénaire plein de dynamisme, qui ne manque pas une occasion d'aller à droite et à gauche rendre service à des confrères, assurait alors un remplacement dans cette localité, située non loin de Miihlenreute.

(2) Notamment sa tante, sœur de sa mère. En conséquence on le prépara à la mort et lui administra les derniers sacrements.

(3) Fin septembre ou début octobre, une personne leur parla de ce prêtre suisse qui obtenait des guérisons en imposant un corporal miraculeux et les encouragea à recourir à lui. Ils accueil­lirent la proposition sans enthousiasme : à quoi bon encore tourmenter ce petit presque mourant ? Il était si affaibli qu'il ne pouvait plus marcher. Il faudra le transporter dans une chaise jusqu'à la voiture. Tout de même, en désespoir de cause, ils se résolurent à prendre contact par téléphone avec l'abbé, qui leur donna rendez-vous pour le dimanche.

(4) C'est-à-dire  sa  voiture, car eux  n'en  avaient  pas.

(5) Dès que le prêtre lui eut posé le corporal sur la tête le petit éprouva une sensation de soulagement, de bien-être. Arri­vé à la maison, tout mal de tête avait disparu.

(6) Les examens durèrent de midi  à 5 h. 30

 

Là encore, rien ne serait plus facile que de faire une enquêté. Tous les témoins sont là. Il doit bien exister un dos­sier médical. Mais à quoi bon une enquête ? Les parents du petit Anton Moosmann sont comme la sœur de Zurich : ils se sont imaginé que le petit était malade, puis ils se sont imaginé  qu'il était guéri...

(N.B. J'ai visité la famille Moosmann le 15 avril 1978. Le petit Anton, qui avait alors 14 ans, était un adolescent heu­reux de vivre...)

 

A suivre

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:15

IL  FAUT HAIR  L’HÉRÉSIE

 

      Nous aimons les âmes à cause de Jésus, et non Jésus à cause des âmes.     Ainsi, il y a des temps et des lieux où nous passons de cet instinct d'amour divin à un autre, de l'amour des aines à la haine de l'hérésie.   Ce dernier sentiment offense le monde d'une façon toute particulière ; il est tellement contraire à l'esprit du monde, que, même dans des cœurs croyants et  bons, tout ce qui reste de mondanité se soulève en armes contre cette haine de l'hérésie ; c'est un levain qui aigrit les caractères les plus doux, et qui corrompt plus d'une œuvre glorieuse de la grâce.

      Maint converti, dans l'âme duquel Dieu aurait voulu faire de grandes choses, marche vers son tombeau comme un exemple d'avortement spirituel, parce qu'il n'a pas voulu haïr  l'hérésie. Le cœur qui "balance dans sa haine de l'hérésie n'est pas encore converti. Dieu est encore loin d'y régner avec une souveraineté sans partage. Les routes d'une sainteté plus élevée sont fermées devant lui. Suivant le jugement du monde et celui des chrétiens mondains, cette haine à l'hérésie  est exagération, aigreur, indiscrétion, elle est immodérée, déraisonnable exigeante, bigote, intolérante, étroite, stupide, immorale. Que pouvons-nous dire pour la défendre ? Rien qu'ils puissent comprendre, Ce que nous avons de mieux à faire est donc de nous taire. Si nous comprenons Dieu et qu'il nous comprenne, il ne nous est pas si difficile de parcourir la vie soupçonnée, mal compris et impopulaires. L'opinion doucereuse de certaines bonnes gens sans discernement spirituel adopte aussi les vues du monde» et nous condamne; car la timide bonté a une assurance et un semblant de douceur qui est loin de Dieu, et leurs instincts de charité portent de préférence vers ceux qui sont le moins hardis pour Dieu, tandis que leur timidité est assez hardie pour censurer impitoyablement. On ne peut guère, en jouissant du plein usage de ses sens, s'attacher à prouver au monde, à l'ennemi de Dieu, qu'une haine complète et catholique de l'hérésie est le fait d'un esprit droit. Nous pourrions aussi bien chercher à forcer un aveugle à juger d'une question de couleurs. L'amour divin nous place dans un cercle différent de vie, de motifs, de principes, qui non seulement n'est pas celui du monde, mais qui est en inimitié directe avec  lui. 

R.P. PABER (Le Pied de la croix).

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:13

La « signature de Dieu ».

Déclaration de Sœur Martha Brunner, nièce de l'abbé Leutenegger :

« Pour la plus grande gloire de Dieu et spécialement pour l'honneur du Précieux Sang de Jésus-Christ, je me sens pressée d'écrire la déclaration suivante :

Au début de novembre de cette année, j’étais atteinte d'une inflammation infectieuse des reins et de la vessie. J'avais cons­tamment une grosse fièvre et souffrais de grandes douleurs des reins et de la vessie, si bien que je pouvais encore à peine remuer dans mon lit. D'après les indications de ma doctoresse personnelle, dans le service de laquelle je me trouve, les urines étaient remplies de bactéries. Mon état empirait de jour en jour, et je pensais que j'allais mourir. Je fis informer de la gravité de mon état un prêtre de ma parenté, l'abbé L., à Ch. C'était au matin du 10 novembre. Il arriva par le premier train et m'ad­ministra les derniers sacrements. Ensuite il posa sur moi, avec des prières de bénédiction, le corporal ensanglanté du 14 juil­let. A peine eut-il fait ce geste que je me sentis complètement guérie. Les douleurs étaient parties ainsi que la fièvre, et le cœur, qui battait très irrégulièrement et s'était maintes fois arrêté, se remit à battre normalement. Je pus me lever, et au bout de peu de jours, reprendre mon travail, sans le congé de convalescence habituellement nécessaire en pareil cas. Depuis, je travaille comme avant ma maladie. Ma doctoresse person­nelle, Dr T., ne pouvait s'expliquer ma guérison ultra-subite ; et comme elle est protestante, je ne lui ai pas parlé du véritable motif de ma guérison. Le prêtre lui-même fut stupéfait de cette guérison instantanée. Loué soit le Seigneur, qui nous a sauvés par son Précieux Sang !

Zurich le 15 décembre 1970.     Sr M.B.

     

Témoignage de la doctoresse

Hôpital cantonal de Zurich Polyclinique médicale de l'Université    8006 Zurich

Témoignage. — Fin octobre 1970, Sr Martha Brunner fut atteinte d'une inflammation aiguë de la vessie et des reins ; graves troubles de la circulation ; très sérieux.

Je ne peux pas m'expliquer sa guérison subite (au bout de 11 jours). Dès le lendemain, tous les résultats d'analyses étaient normaux et le sont restés jusqu'à ce jour. La Sœur travaille depuis le 15 novembre, comme jadis, sans difficulté, bien qu'elle n'ait pas eu de congé de convalescence.

            Zurich le 12 janvier 1971

            Doctoresse personnelle (Signature)

 

               Dans sa mise au point du 15 juin 1973, l'abbé Leutenegger donne les précisions suivantes :

« Presque chaque année, la sœur était sujette à des crises néphrétiques qui la clouaient au lit plusieurs jours avec une forte fièvre et qui exigeaient, une fois le calme revenu, trois à quatre semaines de convalescence. Au moment de sa guérison, le 10 novembre 1970, elle venait de passer 11 jours avec une fièvre presque continuelle de 41° et plus, et des douleurs into­lérables, ne pouvant plus prendre que du liquide (du thé). Depuis sa guérison, elle n'a plus eu une heure de maladie, bien qu'ayant la responsabilité d'une Maison de 240 religieuses, et ayant au cours des deux hivers passés soigné de nombreuses sœurs attein­tes de la grippe. Elle n'en fut jamais atteinte elle-même, ce qui n'était jamais le cas avant sa guérison... »

La doctoresse personnelle ne peut pas s'expliquer cette guérison subite ? L'évêché d'Augsbourg le peut : il s'agit de «vues subjectives» et de «comportements psychologiques».

La sœur s'est imaginé qu'elle était malade, puis elle s'est imaginé qu'elle était guérie.      

 

A suivre

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 22:08

LE  SACREMENT  DE   MARIAGE

 

Le mariage a été institué des le commencement du monde, lorsque Dieu donna à l'homme pour compagne la femme qu'il avait formée d'une de ses côtes et que par une bénédiction particulière, il lui accorda la fécondité. Pour rendre cette institution plus sainte encore, Jésus Christ l'a élevée à la dignité de sacrement, y attachant une grâce spéciale pour affermir cette union indissoluble et pour sanctifier ceux qui la contractent ; il l'a rendue l'image et le signe d'un grand mystère, de son union intime et éternelle avec l'Église ; par là le mariage est devenu une source de bénédictions spirituelles pour ceux qui le reçoivent avec les dispositions chrétiennes.

 Le mariage est donc un sacrement qui sanctifie et rend légitime l'union de l'homme et de la femme. C'est une vérité certaine que ceux qui se marient après avoir consulté Dieu et avec des vues chrétiennes, reçoivent par la vertu de ce sacrement des grâces pour se sanctifier en remplissant fidèlement les obligations de leur état. -Avant de se décider à embrasser cet état, il faut donc adresser à Dieu des prières ferventes pour connaître s'il nous y appelle; sans cela on contracterait témérairement et peut-être contre l'ordre de Dieu, un engagement irrévocable qu'il ne bénirait pas et où le salut serait exposé à un grand danger. Dieu ne manque jamais de faire connaître sa volonté à ceux qui l'invoquent de tout leur cœur. On doit aussi prendre conseil de ses parents : ils veulent le meilleur pour leurs enfants et ils savent mieux qu'eux ce qui peut le leur procurer ; on doit suivre leur avis plutôt qu'une inclination aveugle dans une affaire si importante, et d'où dépend le bonheur pour le temps et pour l'éternité.

Il y a trois principales dispositions pour recevoir le sacrement de mariage : le premier est de le recevoir avec une conscience purifiée de tout péché mortel, parce que le mariage est un sacrement des vivants, qui suppose la vie spirituelle de la grâce dans ceux qui le reçoivent. Le concile de Trente exhorte les personnes qui veulent entrer dans cet état de s'approcher de la sainte Eucharistie, pour attirer sur elles les bénédictions du ciel. La seconde disposition est de le recevoir dans l'intention de faire la volonté de Dieu et de le servir dans cet état. C'est un principe que nous devons nous proposer de plaire à Dieu dans toutes nos actions, même les plus communes, à plus forte raison dans un engagement qui va durer toute la vie. " Nous " sommes les enfants des saints, disait le jeune Tobie à " Sara son épouse, et nous ne devons pas nous marier " comme les païens qui ne connaissent point Dieu. "

 Que celui qui se croît appelé à l'état du mariage n'y entre donc que dans la vue de se sanctifier et d'en remplir toutes les obligations. La troisième disposition pour le sacrement de mariage est de le recevoir avec la modestie, la pudeur et les autres vertus convenables à la sainteté de ce sacrement, en évitant avec soin tout ce qui pourrait s'écarter des règles de la plus exacte bienfaisance. Recevoir la bénédiction nuptiale avec un extérieur contraire à la modestie, ce serait offenser Dieu au pied même des autels et profaner un sacrement dont on ne doit s'approcher qu'avec beaucoup de piété et de religion.

Les personnes mariées ont quatre obligations à remplir: elle doivent vivent ensemble dans une sainte société et une parfaite union, se garder réciproquement la foi conjugale qu'elles se sont promise au pied des autels, s'assister mutuellement dans leurs besoins et enfin donner à leurs enfants une éducation chrétienne, en les accoutumant de bonne heure à prier Dieu et à faire avec piété les autres exercices de religion, en leur apprenant et leur répétant souvent les maximes de l'évangile, en leur donnant bon exemple en toutes choses et en veillant sur leur conduite pour les éloigner de tout ce qui pourrait les porter au mal.

Histoire — Un jeune médecin habitant la capitale, y reçut au mois d'octobre 1829 le sacrement de mariage dans des circonstances bien édifiantes.

Un de ses amis l'avait introduit dans une maison recommandable par ses vertus, en lui faisant espérer la main d'une fille unique, aussi pieuse que le reste de la famille. La jeune personne est bientôt promise au docteur, dont l'aimable modestie égale la science.

Bientôt la cérémonie nuptiale allait avoir lieu, lorsque celui-ci vient seul trouver la mère de sa future épouse et lui demande à parler en particulier à mademoiselle Emilie.—Ce n'est pas possible, monsieur, répondit-elle d'une manière obligeante; ma fille n'est pas bien depuis deux jours et elle a besoin de tranquillité.—Mais, madame, il m'est bien pénible de ne pouvoir m'entretenir un instant avec votre fille; à peine ai-je eu la satisfaction de la voir trois ou quatre fois dans la société ; jusqu'ici je n'ai point trouvé l'occasion de lui exprimer à mon aise mes sentiments et de connaître les siens.—Vos instances me font peine, monsieur, mais ma fille n'est pas visible.—J'aurais cependant quelque chose de très important à lui communiquer. -- Je l'appellerai, si vous le désirez, et vous lui parlerez en ma présence ; jamais ma fille ne s'est trouvée en tête à tête avec aucun homme. -- Mais bientôt je dois être son époux! -- Alors, monsieur, ma fille ne m'appartiendra plus ; jusqu'à ce temps je dois remplir à son égard tous les devoirs d'une mère chrétienne et prudente. -- Ah ! Madame, s'écrie le jeune médecin, il faut donc que je vous confie mes intentions. Élevé moi-même par des parents religieux, je suis toujours demeuré fidèle à cette religion sainte qui vous dicte une si belle conduite. L'indifférence qui existe malheureusement parmi certains hommes instruits, a pu vous inspirer quelque défiance : mais loin de la partager, je me fais une gloire et un bonheur de suivre en tout point les pratiques de la foi ; plus je les étudie, plus elles me semblent grandes et respectables. Si j'ai tant insisté pour avoir avec votre fille un entretien particulier, c'est que je voulais sonder ses dispositions à cet égard et la prier de se disposer par une confession générale et la participation à l'adorable Eucharistie, à recevoir avec la bénédiction nuptiale toutes les grâces qui y sont attachées.

A ces mots la mère ne pus retenir ses larmes ! Elle se jette dans les bras du vertueux médecin et lui dit en le tenant serré contre son cœur : " Eh bien, mon fils, nous communierons tous ensemble ; allez voir votre futur épouse et dites-lui bien que je vous ai appelé mon fils. Allez, pieux jeune homme, vos sentiments me garantissent de votre bonheur et de celui de ma fille."

Le pieux docteur ne se borna pas là. Pendant huit jours le saint sacrifice de la messe fut célébré pour attirer l'abondance des bénédictions célestes. Mais ce qu'il y eut de plus beau, de plus attendrissant, ce fut de voir, le jour même du mariage, les doux époux à la table sainte, environnés l'un de son respectable père et de sa mère en pleurs ; l'autre de sa mère et de sa grande mère, qui reçurent tous ensemble la sainte communion des mains du prêtre qui leur donnait la bénédiction nuptiale.

Quel bel exemple pour les jeunes gens ! Quelle leçon pour tant de parents indifférents ou impies ! Ah! Si toutes les unions ressemblaient a celle-ci, que la société serait heureuse et tranquille  !

 

Page  260-263, du volume NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  Édition 1860.  G.G.

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 22:04

Mise au point de l'abbé Leutenegger

 

C'était vraiment gros. C'était une mauvaise plaisanterie. L'abbé la pulvérisa par une mise au point datée du 15 juin. Par la rigueur impitoyable de son argumentation, cette mise au point sera sans doute une pièce précieuse du dossier, quand il sera redevenu possible de faire des enquêtes sérieuses sur ce genre de faits.

« Nous n'avons jamais escompté une reconnaissance du miracle de la part des autorités ecclésiastiques modernisto-progressistes, sachant qu'elles nient systématiquement tout phé­nomène de caractère surnaturel tel que : apparitions de la Sainte Vierge, ou des âmes du Purgatoire, images de saints ou crucifix qui saignent, etc. C'est pourquoi nous ne nous sommes fait aucune illusion sur l'attitude de l'évêque d'Augsbourg. Nous ferons toutefois les remarques suivantes :

1. — Au vu d'une facture de l'orfèvre Hummel, de Kaufbeuren, datés du 8 mai 1969, le calice fut remis à l'administra­tion de la chapelle de Stich restauré et redoré. Il ne coula ni avant ni immédiatement après. Nous avions déjà utilisé ce calice en 1968, quand nous remplacions M. le curé qui était en vacances ; notamment aux environs de la fête de l'Immaculée-Conception. Ensuite en juin 1969, quand nous remplacions durant trois semaines M. le curé malade et hospitalisé à Munich. D; fuite du contenu, aucune trace. Comment se fait-il que la fêlure ne « fonctionnera » pas en janvier, février, mars, avril et mai 1970, alors que nous remplacions M. le curé malade ?... Pourquoi juste aux mois du Sacré-Cœur et du Précieux Sang ? Étant donnée la minutie professionnelle de l'orfèvrerie alle­mande, est-il croyable qu'un tel défaut lui ait échappé ? Com­ment une fêlure aurait-elle pu se produire entre les mois de mai et juin, alors que nous n'utilisions le calice qu'une fois par mois, et le rangions immédiatement après usage dans son étui ? Une main malintentionnée aurait-elle par la suite pro­voqué cette fêlure ? Ce n'était pas difficile : il n'y avait qu'à dévisser la coupe et la jeter par terre. Ou, en fin de compte, n'aurait-on pas examiné le calice en question, et lui en aurait-on substitué un autre, défectueux ?

 Hélas, tout est possible dans l'Église de ce temps.

2. — Comment se fait-il que ces deux jours-là, des taches se soient formées en dehors du pied du calice, sans aucune communication avec celles qui se trouvaient sous le calice ? Ainsi, le 9 juin, la première chose que nous avons aperçue, c'est une tache à peu près de la dimension d'un mark, éloignée d'environ 2 cm du pied du calice.

Le 14 juillet apparurent 4 taches totalement indépendan­tes, toutes nettement délimitées, éloignées les unes des autres d'environ 2 cm. La distance entre les bords des deux taches extrêmes était de 19 cm. Alors que les taches du 9 juin sont groupées, celles du 14 juillet forment une ligne presque droite.

3. — D'où vient que sur trois taches, le 14 juillet, appa­rurent nettement des croix, que remarquèrent immédiatement les assistants"? Le plus remarquable, c'est que sur le linge qui se trouvait sous le corporal, les taches n'étaient pas ovales, mais rondes, et que sur l'une d'elles, de la grandeur d'une hos­tie, on pouvait apercevoir une grande croix, encore parfaite­ment visible, l'après-midi du 15 ?

4. — Comment expliquer que « quelques gouttes », comme dit la notification officielle, entre l'offertoire et la communion — le 9 juin les taches apparurent peu après la consécration — formèrent des taches si nombreuses, nettement délimitées, et traversèrent quatre épaisseurs de linge ? Pour cela il aurait fallu la totalité du contenu du calice. (La quantité de vin de messe était strictement mesurée.) La messe aurait été termi­née avant qu'une seule goutte se fût frayé un chemin à travers la vis rouillée du calice jusque sur le corporal.

5. — A supposer encore que le liquide ait pu couler à travers la fêlure, ce qui est contestable, et goutte à goutte, ces gouttes auraient dû suivre la même voie et former une seule tache ; et au bord du calice ; et sans bords bien délimités. Du vin qui coule, qu'il soit consacré ou non, nu l'orme pas une tache nette, comme nous avons pu le constater lorsque, le len­demain, nous avons fait couler au bord du corporal, à titre d'expérience, de ce même vin utilisé à la messe.

6. — A supposer qu'il se fût agi de gouttes ayant suinté du calice, nous aurions dû nécessairement nous en apercevoir lorsque, au « Per ipsum», nous tenions le calice et que nous aperçûmes les taches, et que, quelque peu émotionné, nous avons tâté tout le pied du calice, dans la pensée que celui-ci avait pu couler. Or il n'y avait pas trace d'une humidité quel­conque. Le pied du calice était absolument sec, et le contenu entièrement intact.

7. — Le bulletin officiel dit que la fêlure était apparue sur la face externe du calice. Alors, pourquoi le liquide n'a-t-il pas coulé à l'extérieur mais à l'intérieur ? Manifestement parce que là se trouvait la vis rouillée nécessaire pour la production des taches de rouille...

8. — Le bulletin officiel dit encore que, la messe ayant lieu le soir, on n'a pas aperçu la fêlure. En ce cas, il aurait fallu qu'elle fût extrêmement ténue, car, tant le 9 juin que le 14 juillet, il faisait encore jour quand nous sommes arrivés à la sacristie vers les 7 h 30. Et nous avons examiné minutieu­sement le calice, surtout le 14 juillet, sans voir la moindre fêlure. L'examen minutieux du calice était pour nous un devoir de conscience. Nous ne pouvions assumer le risque ni la respon­sabilité de célébrer le saint sacrifice avec un calice éventuelle­ment défectueux. Alors, cette fêlure a dû se produire après le 14 juillet.

9. — II nous est extrêmement difficile d'admettre que la coupe du calice ait été poreuse. Nous ne sommes pas spécialistes en métaux, mais nous nous demandons s'il est possible qu'un orfèvre, pour un objet aussi important qu'un calice, puisse employer un métal poreux, donc défectueux. Il faudrait qu'il manque, non seulement de compétence professionnelle, mais encore de conscience. D'ailleurs, la coupe eût-elle encore été effectivement poreuse, que la porosité aurait disparu au redorage, l'or liquide s'infiltrant dans les pores et les  bouchant. Cela nous a été confirmé par un orfèvre...

10. — Mais le plus remarquable et le plus significatif, dans la notification officielle de l'évêché d'Augsbourg, c'est qu'elle ignore totalement les examens de laboratoire de Zurich et Sursee. Pourtant, l'essentiel en cette affaire est bien ceci : De quelle nature sont ces taches ? Sont-ce des taches de sang, ou d'autre chose ? Si les examens de laboratoire établissent que ce sont des taches de sang, alors se pose la question : d'où vient ce sang ? A toutes ces questions, qui lui furent posées de différents côtés, l'évêché d'Augsbourg refuse obstinément de répondre, se retranchant derrière cette échappatoire : L'Ordi­naire a fait tout le nécessaire, avec le plus grand soin, pour éclaircir l'affaire de Stich - Maria Rain...

Une importante personnalité, qui exerça des années durant, au tribunal cantonal, déclara que cette défaillance en une affaire de cette importance était littéralement criminelle.

Tout à fait curieusement l'évêché d'Augsbourg croit devoir « remercier les prêtres et laïcs, tant en Allemagne qu'à l'Étranger, qui ont contribué à empêcher la formation d'une légende religieuse ». Mais qu'ont à voir dans cette affaire des gens qui n'ont pas été témoins des faits, qui n'ont eu aucun contact avec nous ? A moins qu'il ne s'agisse de gens télécommandés par l'évêché... Dans ce remerciement on peut voir l'aveu de sa carence devant un devoir impérieux : celui de faire ce que nous avons fait nous-mêmes immédiatement après les faits, se faire une certitude sur la nature et l'origine des taches par un examen de laboratoire. Il n'avait pas moins de six linges à sa disposition, et il ne manque pas de laboratoires, ni à Augsbourg ni à Munich. Peut-être même aurait-on pu déterminer le groupe sanguin...

Tout aussi curieux est le silence sur la réponse de la Con­grégation de la Foi. Cette réponse a-t-elle été positive ou néga­tive ? (Mais si elle avait été négative, l'évêché n'aurait pas manqué de le claironner).

Dans une lettre du 13 octobre 1977, l'abbé Leutenegger ajoutait ces précisions : « N'a-t-on procédé à aucun examen chimique ? Ce n'est guère croyable. Ce serait d'une légèreté criminelle. A-t-on fait cet examen ? Si oui, ses résultats con­cordent-ils avec ceux de Zurich ? Des douzaines de personnes ont cherché à s'informer à ce sujet auprès de l'évêché d'Augsbourg. La réponse fut toujours la même : Nous avons tout fait, n'avons rien négligé. — Alors, vous avez fait faire un examen chimique ? Quel en a été le résultat ? Point de réponse. Mais point de réponse, c'est encore une réponse...

C'est qu'on n'avait que faire d'un miracle du Précieux Sang à la Messe, au moment où l'on voulait réduire — et qu'on a réduit effectivement — la messe à un banquet. »

 

  A suivre

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:37

Miracle de Stich 1970  (2)

 

M. le curé est informé

Arrivé au presbytère, l'abbé informa M. le curé de ce qui s'était passé. Celui-ci lui demanda d'aller chercher corporaux et nappes d'autel ; ce qu'il fit seulement le jeudi, Je mercredi étant consacré aux catéchismes. Avant de présenter les linges au curé, l'abbé coula sur le coin de chacun un peu du vin de messe qu'il avait utilisé le mardi soir. Il y avait une grande dif­férence entre ces taches de vin et les taches apparues au cours de la messe de mardi. Ensuite il apporta le tout dans la cham­bre où M. le curé était alité. Il raconte :

« Ensemble nous examinâmes les linges et nous nous interrogeâmes sur la nature et la provenance des mystérieuses taches, mais sans arriver à aucune conclusion. Nous penchions vers l'opinion qu'il pouvait s'agir d'une espèce de sang de stig­mates. J'avais déjà plusieurs fois vu des linges ainsi tachés de sang ; notamment chez la stigmatisée M"" Denise Marquis, à Mervelier, dans le Jura bernois, décédée en 1961.

     Je proposai alors à M. le curé de faire photographier et soumettre à un examen chimique corporal et nappes d'autel ce à quoi il acquiesça.

     Le 14 juillet c'était de nouveau à la chapelle de Stich d'avoir la messe. La veille au soir, l'abbé Leutenegger deman­da au sacristain si l'autel était prêt pour la messe du lendemain soir. Chez le sacristain se trouvait une Religieuse de Mallers-dorf, qui travaillait à l'hôpital de Rosenheim. Sœur Edelgith Friedl, et qui était en ce moment en visite chez des parents à Stich. Elle assura qu'elle préparerait l'autel elle-même, puis­que c'était justement au tour de sa famille de s'occuper de la chapelle. Elle était au courant des faits du 9 juin.

Donc, le soir du mardi 14 juillet, l'autel était fin prêt. Il y avait des nappes propres. Le petit linge étendu sur les nap­pes était lui aussi neuf et propre. L'assistance était à peu près la même que le 9 juin : seize adultes, dont huit hommes, et huit enfants. Le sacristain de Maria Rain, frère de celui de Stich, était venu lui aussi. C'est lui qui animait la :   messe   priée   et  chantée

Le prêtre s'assura encore si tout était en ordre. Immédia­tement avant la messe, il vérifia encore le calice. Et il com­mença la messe. (Notons-le encore une fois : la messe de Saint Pie V en latin.)

Je ne m'attendais absolument pas, dira-t-il, à ce que les faits du 9 juin se renouvellent. Enfants et adultes priaient et chantaient avec entrain. »

Après la Consécration, il dit intérieurement, en fixant la sainte Hostie : « Bon Sauveur, si le fait du 9 juin venait de vous, donnez-moi encore un signe ! »

A la première des trois oraisons après l'Agnus Dei : «Domine Jesu Christe... », Il aperçut, immédiatement au bord du calice, à droite, suinter le mystérieux liquide, comme le 9 juin, prenant d'abord une forme très étroite, comme celle d'un quartier de lune. « Grande fut ma stupeur, dit-il ; mais il fallait continuer la messe. En tenant le calice pour la commu­nion sous l'espèce du vin, j'aperçus, à l'emplacement du calice, deux taches de la dimension d'environ 4 cm sur 5. La seconde un peu plus grande que la première. Elles étaient ovales. Je tenais encore le calice, quand se formèrent sous mes yeux deux autres taches, dont l'une avait également 4 cm sur 5, l'autre 2 cm sur 3, de forme ovale aussi. Mon étonnement allait gran­dissant. Je me tournai un peu vers la droite et fis signe au sacristain d'approcher, lui montrant du geste l'autel et les taches. Il vint aussitôt, tandis que je distribuais la sainte communion. Il considéra brièvement le corporal avec les taches qui s'y étaient formées, et qui étaient humides, et retourna à sa place. Quelque peu sens dessus dessous, je terminai la messe. J'allais plier le corporal pour le glisser dans la bourse, quand je vis le petit linge — disons : le corporal II — marqué des mêmes taches, avec cette différence qu'au lieu d'être ovales, elles étaient rondes. Comme les gens n'étaient pas sans se rendre compte qu'il se passait quelque chose à l'autel, je décidai de les mettre au courant. Je fis d'abord réciter trois Notre Père en l'honneur du Précieux Sang, puis je leur racontai ce qui s'était passé le 9 juin, en les priant de ne pas « faire de potin ». Alors je leur montrai le corporal marqué des quatre taches. Les gens s'approchèrent de l'autel, considérèrent le tout : d'abord le corporal I puis le corporal II. Tous étaient bouleversés. Quelques-uns remarquèrent : « Oh ! Il y a des croix dedans ! » Les hommes se rapprochèrent de l'autel et firent remarquer les taches de la nappe. Cette fois encore, en effet, les deux nappes étaient mouillées par le liquide, tandis que la table d'autel était parfaitement sèche. (Cette fois-ci il n'y avait pas de troi­sième nappe.) Sœur Edelgith était très émotionnée. Elle avait pourtant préparé l'autel sans rien remarquer de suspect. Tout était propre et sec. Elle aurait dû partir le lundi, mais avait eu un empêchement. Maintenant elle comprenait pourquoi. Elle alla chercher ses parents, tandis que je chargeais le sacristain de porter le lendemain tous les linges à M. le curé. J'emportai chez moi le corporal proprement dit, qui m'appartenait person­nellement. Comme il était déjà très tard, je ne pouvais plus mettre M. le curé au courant, et le lendemain, je devais aus­sitôt après la messe des enfants vaquer à l'instruction religieuse jusqu'à midi et demi. Alors seulement je racontai à M. le curé ce qui s'était passé, et lui dis que je voulais maintenant m'en retourner chez moi : l'année scolaire était terminée, et avec elle les cours de catéchisme. Le sacristain lui apporterait tous les linges dans l'après-midi.

Après le repas de midi, je me rendis encore à Stich, pour examiner le corporal II. Curieusement, les taches n'étaient pas ovales, comme sur le corporal I, mais rondes. La deuxième en partant de la gauche était de la dimension d'une grande hostie, et en son centre on distinguait nettement une croix. Les taches avoisinantes avaient la taille d'une petite hostie. Le temps me manquait pour examiner encore les nappes d'autel. Le sacris­tain me promit de porter de suite les deux nappes et le corpo­ral II à M. le curé. J'emportai le corporal I, qui m'appartenait, et je quittai Maria Rain après y avoir assuré le service parois­sial pendant sept mois. »

Témoignage du sacristain

Ce que j'ai vu le soir du 14 juillet à 20 h dans la cha­pelle de Stich.

Le soir du 14 juillet, M. l'abbé L. célébrait la sainte messe dans la chapelle de Stich. La chapelle avait été préparée, et en particulier l'autel avait été garni de nappes fraîchement lavées, compte tenu de l'événement du 9 juin.

Comme sacristain, je me trouvais pendant la messe en arrière de l'autel, de côté. Après la communion le prêtre me fit signe et me montra du geste l'autel. Je vis alors distincte­ment des taches particulières. Après la messe, lorsque nous examinâmes les nappes de plus près, on put voir en particulier, sur une tache à peu près de la dimension d'une grande hostie, une petite croix bien distincte. Nous tous qui vîmes cela étions extrêmement surpris. On avait pu voir des taches presque pareilles après la messe du 9 juin à Stich.

Je suis prêt à certifier ces faits sous la foi du serment. Stich le 8 novembre 1970.

Joseph Tauscher, sacristain

 

La réponse de la Science

« Dès le début de juillet, raconte l'abbé Leutenegger, j'avais envoyé le corporal du 9 juin à Zurich, pour être examiné par la polyclinique de l'Université, par l'intermédiaire d'une religieuse garde-malades de ma parenté qui y travaille depuis vingt ans. Je la priai de mettre en train l'examen sans indiquer la provenance du corporal ni des taches qui s'y trouvaient, mais en demandant simplement de quelle nature étaient ces taches : de sang, de vin, ou de quelque autre matière. Je lui demandai également de s'arranger pour que, dans la mesure du possible, il n'y eût aucun catholique parmi les personnes chargées d'exa­miner le corporal. Je voulais une réponse objective et impar­tiale. Elle vint. »

Elle vint sous la forme d'un appel téléphonique, suivi de la lettre que voici.

La réponse de l'Église  (conciliaire)   ou « Une enquête très rigoureuse ».

Le 23 juillet, à l'occasion d'une visite pastorale, l'évêque d'Augsbourg Mgr Stimpfle fut mis au courant des faits du 9 juin et du 14 juillet par M. le curé de Maria Rain ; ensuite de quoi il institua une commission d'enquête.

Le 19 octobre, l'abbé Leutenegger fut entendu par les auto­rités ecclésiastiques. Fin janvier 1971, toute l'affaire fut sou­mise à la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

Les conclusions de la commission d'enquête furent ren­dues publiques par le communiqué suivant paru dans le bul­letin officiel du diocèse d'Augsbourg du 16 avril 1973 :

1. — «Du 13 décembre 1969 au 14 juillet 1970, sur la demande du vicaire-économe de (8961) Maria Rain (Allgaii), un prêtre suisse du diocèse de Baie, âgé de 78 ans, exerça par intérim les fonctions pastorales dans cette paroisse. Les 9 juin et 14 juillet, à 20 h, il célébra la sainte messe mensuelle, dans le rite romain, dans la chapelle de la Sainte Trinité, annexe de la paroisse de Maria Rain, pouf les habitants des fermes avoisinantes. La chapelle peut contenir au maximum 20 personnes.

Les deux fois il remarqua, avant la communion, des taches sur le corporal. Après la messe, bouleversé, il montra le corporal aux assistants.

2. — Informé le 23 juillet par le vicaire-économe, Mgr l'évêque d'Augsbourg chargea le 24 juillet une commission d'en­quête, présidée par l'official, de l'examen des faits, conformé­ment aux critères « an sit eventus sensibilis praeter communem usum naturae divinitus factus». (S'il s'agit d'un fait sensible opéré par Dieu en dehors de l'ordre commun de la nature). Après explication des circonstances réelles et personnelles, le prêtre célébrant suisse fut entendu par le tribunal ecclésiasti­que de Coire le 19 octobre. L'officialité d'Augsbourg mit au courant des faits oralement et par écrit, la Congrégation de la Foi le 28 janvier 1971, Les 14 participants aux deux messes se prêtèrent à une déclaration sous la foi du serment le 11 mai 1971. Le 4 décembre 1971, la Congrégation de la Foi émit entre autres (1) l'avis qu'il fallait s'abstenir (désormais) de toute publicité.

3. — D'abord, un examen provisoire par la commission épiscopale, puis, les 17-18 décembre 1971, un examen par un spécialiste désigné par elle, assisté de deux experts, du calice baroque ayant servi à la célébration, aboutirent aux conclusions suivantes :

Le fond poreux de la coupe présentait sur sa face externe (ce qui ne pouvait s'apercevoir aux messes du soir) une fêlure sinueuse d'environ 12 mm de long. Le nœud contenait des dépôts pâteux, qui se prolongeaient d'une trace à l'intérieur du pied du calice. L'examen technique fut complété par des tests physico-chimiques.

4. — Entre-temps, un éditeur anonyme avait publié à Berikon (Suisse) une brochure intitulée « Miracle du Précieux Sang du 20' siècle ?» (2).

Cet écrit répondait aux questions posées par certains cer­cles intéressés.

Ainsi, le temps paraît venu d'une prise de position offi­cielle et publique ; en même temps, l'enquête, sur le fond, peut être considérée comme close.

Les observations, déclarations, rapports, comprenant plus de 200 pages, donnent, avec une probabilité touchant à la cer­titude, l'image suivante des faits de Stich — Maria Rain :

5. — Pendant la célébration eucharistique vespérale des 9 juin et 14 juillet (comme probablement déjà lors d'une messe le 24 mai 1970) quelques gouttes du contenu du calice ont perlé, entre l'offertoire et la communion, à travers la fêlure de la coupe, en passant sur un écrou de fixation en fer à six pans rouillé se trouvant dans le nœud du calice, et coulèrent sur le corporal et sur les nappes. Elles y produisirent des taches de rouille brunes, en partie (suivant le tissu) en forme de petites croix.

Avec le liquide du calice, il s'agissait du vin (éventuellement du Sang eucharistique du Christ) qui est dans le calice entre l'offertoire et la communion à toutes les messes. (Le liquide suinta suivant un cheminement naturel, conformément aux lois physiques, de la coupe défectueuse sur les linges d'autel.

En conclusion : A Stich, il ne s'est pas produit de mira­cle, et surtout pas de « miracle du Précieux Sang », en ce sens que le Sang humain du Christ serait devenu visible, ou que le Sang humain du Christ présent dans le vin consacré serait apparu sous la forme de sang.

La soi-disant « guérison miraculeuse » évoquée par l'au­teur anonyme de la brochure suisse, qui se serait produite après attouchement du corporal de Stich, repose sur des vues sub­jectives ne résistant pas à l'examen, tant scientifique que théo­logique. Le 'fait peut être attribué à des comportements psycho­logiques (3).

6. — II convient de remercier tous ceux, prêtres et laïcs, dans le pays et à l'Etranger, qui ont contribué impartialement à l'explication des faits et ont ainsi, sans parti-pris, contribué à prévenir la formation d'une légende religieuse. »

 

(1) C'est nous qui soulignons. On verra ci-dessous pourquoi.

(2) « Blutwunder im 20° Jahrhundert ? ». Edit. Robert Mâ-•der-Sekretarait. C.H. Berikon. — A peu près tous les renseigne­ments   concernant les faits sont puisés dans cette brochure, avec l'aimable autorisation de l'éditeur.

(3) V. ci-dessous : « La signature de Dieu ».

A suivre

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