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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 10:11

   La définition dogmatique de l'Immaculée Conception. Rien peut-il porter davantage à l'édification, en ce jour si glorieux pour la sainte Vierge, que de rappeler dans quelles circonstances le dogme si consolant de la Con­ception Immaculée a été défini le 8 décembre 1854 ?

   Cet événement, pour la religion catholique, est un des plus importants du XIXe siècle, mérite bien qu'on s'y arrête un peu. Il y a vraiment de quoi nourrir sa piété, augmenter sa dévotion envers Marie que de contempler le beau spectacle qu'offrit Rome ce jour-là au ciel et à la terre !

Environ deux cents prélats se trouvaient réunis dans les salles du Vatican pour délibérer sur la forme à donner à une dé­cision appelée par tant de vœux.

   Cependant l'aurore du 8 décembre annonce au monde chré­tien un beau jour et une belle fête. Le canon du fort Saint-Ange, se mariant au son de toutes les cloches, annonce à la Ville éternelle qu'une fleur nouvelle va s'épanouir sur la couronne de la Reine des cieux. Bientôt le temple de Saint-Pierre, où sont conservées les reliques des Apôtres, le plus vaste monument qui soit au monde, se remplit de pieux pèlerins accourus pour vénérer Marie et assister à un nouveau lever de cette Etoile du matin. Plus de soixante mille personnes remplissent l'enceinte de la basilique. Les cardinaux, les ar­chevêques, les évêques, les prêtres de tous les ordres, couverts de leurs plus riches ornements, devancent le Pontife romain, qui s'avance à travers la foule respectueusement agenouillée pour demander et recevoir sa bénédiction. Rien ne saurait exprimer la dignité, la pompe et la majesté de ce cortège, composé presque tout entier de vieillards.

   Le Pontife, descendu du trône sur lequel il était porté par des serviteurs respectueux, va s'agenouiller devant l'autel du Seigneur, pour montrer encore combien est grand Celui devant qui s'humilient les grandeurs de la terre. Sur le point de porter une sentence contre laquelle il ne peut y avoir au­cun appel, il invoque l'assistance du Saint-Esprit et chante : Venez, Esprit créateur... A peine a-t-il commencé, que soixante mille voix, s'unissant à la sienne, font redire aux voûtes sa­crées son harmonieuse invocation.

   Jamais l'Eglise universelle ne fut mieux représentée dans l'enceinte de la basilique romaine. C'est l'Eglise avec son chef, ses apôtres, ses docteurs, ses enfants de tous les pays en hié­rarchie complète, et, pour nous servir des expressions de l'Écriture, l'Eglise, avec son admirable variété dans l'unité.

   C'est le monde chrétien attendant la parole que va prononcer celui à qui il a été dit : ....Je serai avec vous jusqu'à la fin des siècles.

   Cette parole ne se fait pas attendre. Debout vis-à-vis du tombeau des Apôtres, celui qui leur a succédé s'exprime ainsi : « Après avoir invoqué l'Esprit consolateur,... nous déclarons, nous prononçons, nous définissons que la doctrine affirmant que la bienheureuse Vierge Marie a été dès le premier instant de sa Conception, par une grâce et un privilège spécial du Tout-Puissant, et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sau­veur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu ; qu'elle doit par conséquent être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles. »

   Pendant que le juge suprême prononçait ces paroles, sa voix s'altérait, des larmes de bonheur coulaient sur son visa­ge, et les émotions de son âme passaient dans tous ceux qui le voyaient et qui l'entendaient. « Ah ! disait un protestant témoin de cette scène, il y a des moments où il ferait bon être catholique ! »

   Le Vicaire de Jésus-Christ n'avait pas fini de prononcer le décret, que déjà le bruit du canon, le son des cloches, celui des instruments de musique, se mêlant aux cris de « Gloire à Marie ! » ébranlaient de toutes parts le ciel romain. Au même instant, le télégraphe publiait la sentence du chef de l'Egli­se aux confins de l'Italie et le canon de Naples proclamait le triomphe de la Reine des cieux avec celui de Rome.

   Plus de preuves de l'Immaculée Conception à chercher ni dans l'Écriture, ni dans les oracles des prophètes, ni dans le témoignage des Pères, ni dans le langage des saints, ni dans l'accord des peuples chrétiens ; la règle de notre foi s'est mani­festée, nous avons un témoignage qui renferme tous les autres : le prince des pasteurs, du haut de la chaire de l'infaillibilité, a annoncé que Marie a été conçue sans péché ; Rome a parlé, la cause est finie. Il ne nous reste qu'à répéter tous les jours de notre vie : Marie, conçue sans péché, priez pour nous !....

 

FÊTE DU JOUR: L'Immaculée Conception.

   La Conception de l’auguste vierge Marie fait aujourd'hui la joie et le bonheur de l'Église, qui tressaille d'allégresse en voyant paraître cette aurore dont la pourpre annonce le lever pro­chain du Soleil de Justice ; mais ce qui la remplit d'une satisfaction non moins vive, c'est la pensée que la Conception de Marie n'a rien eu de la honte et de l'infamie de celle des autres humains. Jamais le souffle du péché n'a effleuré l'âme de Ma­rie, et elle n'a pas été un seul instant sous l'empire du démon.

   L'Église qui ne peut jamais se tromper, a fait de la Concep­tion immaculée de Marie un article de foi, et il n'est pas diffi­cile à des chrétiens de croire une vérité qui ne peut être, pour eux, qu'un ineffable sujet de contentement. En dehors de la décision formelle de l'Église, la simple réflexion montre qu'il devait en être ainsi.

   Marie est Mère de Dieu, et elle a pour fils Jésus-Christ, le Saint des Saints ; il fallait que le tabernacle dans lequel le Sauveur des hommes devait venir reposé n'eût jamais été souillé. Satan ne devait pas pouvoir se glorifier d'a­voir été un seul instant le maître et le possesseur de la Mère de Dieu ; il y aurait eu là pour l'Homme-Dieu un sujet d'oppro­bre et de honte.

   L'exemption du péché est inséparable de la grâce sanctifiante. Cette grâce fut donnée à Marie dans un de­gré plus éminent qu'à aucune créature ; elle fut plus grande que celle des anges et des saints, parce qu'elle fut proportion­née sans nul doute à la dignité que devait posséder Marie. Cette grâce eut tous les avantages de la justice originelle ; elle soumettait dans la vierge, à qui elle était donnée, l'esprit à Dieu, la chair à l'esprit, les mouvements de la nature à la raison, et donnait une puissance parfaite de ne jamais pécher ni mortel­lement, ni véniellement.

   Nous pouvons donc aujourd'hui crier avec de saints transports : « Votre Immaculée Concep­tion, ô Mère de Dieu, a rempli de joie toutes les créatures. Tout y est saint ; tout y est digne de la Mère d'un Dieu ; tout y est digne de Celui qui doit naître de vous, de Celui dont le Corps adorable sera un jour la rançon du monde. »

Extrait de : Lectures méditées, 1933.

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 10:31

AVIS DU SAUVEUR JÉSUS, aux âmes désireuses  de leur sanctification…

Je vous ai déjà accordé bien des grâces, mes enfants, je veux en ajouter de nouvelles en vous éclairant davantage sur vos devoirs et en vous donnant des avis sur les principaux moyens que vous devez pren­dre pour vous sanctifier. Aujourd'hui je vais vous parler des dispositions avec lesquelles vous devez commencer chaque journée.

Comprenez bien, mes enfants, que chaque jour que je vous donne est comme une nouvelle création. Je ne vous devais pas le jour nouveau que vous voyez luire; mais dès que je vous l'accorde, vous devez l'employer tout entier à ma gloire et à votre sanctifi­cation. C'est à moi, et à moi seul, que ce jour appar­tient ; je ne fais que vous le prêter à la condition que vous m'en consacrerez tous les instants. Tâchez donc d'abord de bien le commencer ; pensez à votre réveil, que vous êtes ma créature, l'œuvre de mes mains, et, ce qui est plus précieux encore et plus consolant pour vous, mes enfants de prédilections.

Pendant votre sommeil je veillais sur vous ; je vous regardais avec ten­dresse ; j'attendais votre réveil avec un amour infi­niment plus vif que n'est celui qui fait battre le cœur d'une jeune mère, lorsque près du berceau de son fils unique, elle attend, le matin, son premier regard et son premier sourire.

Donnez-moi donc aussi, le premier sou­rire de votre cœur; il me sera bien plus agréable que la splendeur des astres du matin, qui me louent cependant à leur manière, parce qu'ils figurent par leur éclat le joyeux concert des enfants de Dieu (Job, 38,7.). Montrez-vous joyeuse de vous retrouver avec moi après avoir été pendant de si longues heures privée de m'avoir à la pensée. Faites comme un enfant qui revoit son père après une absence, et qui se montre ingénieux à lui témoigner sa tendresse.

Prenez vos vêtements avec la pensée que cinq personnes ont continuellement les yeux sur vous : les trois personnes de la divine et éternelle Trinité, ma  sainte et auguste Mère et votre Ange gardien. Pensez après cela que vous pouvez encore employer la journée de trois manières : en m'offensanten me servant avec tiédeur et lâchetéen me ser­vant avec amour et générosité.

M'offenser ! Pouvez-vous même hésiter à cette pensée ? M'offenser ! Moi qui suis votre créateur, votre père, votre meilleur et votre plus fidèle ami, le seul qui vous restera quand tous les autres vous  auront abandonnée.

Offenser votre Sauveur qui vous nourrit de sa chair et qui vient en vous avec un, amour qui surpasse   tous les amours ! Non, vous ne ferez pas cela: vous allez vous engager, au contraire,  à ne pas commettre pendant ce   nouveau jour que vous donne ma miséricorde la plus légère faute PLEINEMENT VOLONTAIRE.

 

Vous savez combien est immense le nombre de ceux qui m'offensent ; si j'étais le plus grand ennemi de mes créatures, il semble qu'elles ne pourraient pas mettre plus d'acharnement à me faire la guerre; mais au milieu de cet océan de crimes qui sub­merge le monde, combien doivent s'estimer heu­reuses les âmes que je protège d'une manière toute spéciale pour les préserver de cette submersion : or, mon enfant, vous êtes du nombre de ces âmes pri­vilégiées ; voudriez-vous renoncer à cette faveur et vous unir malgré moi à ceux qui me haïssent ? N'avez-vous pas commis assez de fautes par le passé, et n'est-il pas temps de marcher dans la voie de l'innocence, au moins de l'innocence réparée ?

Me servir avec tiédeur et lâcheté ! N'est-ce pas ce que vous avez fait bien souvent ? O mon enfant! Rentrez en vous même, et considérez mieux que vous ne l'avez fait jusqu'ici, combien la tiédeur à mon service est de nature à me blesser et à m'inspirer ce dégoût dont parle de ma part, dans l'Apocalypse, mon disciple bien-aimé. Est-ce que moi je vous aime avec tiédeur ? Est-ce que je vous accorde mes grâces avec indifférence ? Et vous, ingrate créature, vous vous êtes montrée dédaigneuse à l'égard de cet amour immense dont, en quelque sorte, je ne suis pas le maître. Est-ce que, à cette pensée, vous ne sentez pas les larmes vous venir aux yeux, le re­mords vous oppresser, la confusion vous accabler ? Vous avez manqué de cœur pour le Jésus de votre première communion !

Vous n'avez donc qu'un parti à prendre, c'est de me servir avec amour et générosité, aujourd'hui et tous les jours de votre vie. D'ailleurs avez-vous ja­mais trouvé la paix en agissant autrement ? Vous avez besoin de ma grâce, il est vrai, mais demandez et vous recevrez. J'ai l'ait cette promesse dans mon Évangile et j'y suis toujours fidèle. De votre côté, travaillez courageusement à vous faire violence pour surmonter tous les penchants de votre nature oppo­sés à ma grâce.

PRATIQUE : Renouveler souvent la résolution de ne commettra aucune faute pleinement volontaire.

Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 09:46

Le Christianisme sans Jésus-Christ…             

Dans un collège catholique, dans les années 1960, un professeur s'avisa, de poser aux élèves des classes supérieures la question suivante : « Si vous deviez exposer à un incroyant, qui ignore totalement en quoi consiste, dans ses grandes lignes, la religion catholique, comment vous y prendriez-vous ? »

Imaginez l'étonnement et presque l'ahurissement du professeur quand il dépouilla les réponses des élèves. Plus des 4 sur 5 n'avaient pas même cité le nom de Jésus. La plupart ne voyaient dans la religion chrétienne, la leur, qu'une vague adoration d'un être suprême, éloigné, distant; d'autres n'y décou­vraient qu'une sorte de règlement de police tracassier, destiné plus à nous comprimer qu'à nous élever et nous épanouir.

Quant au Christ, Il n'avait pas même les honneurs d'une mention. Quarante-cinq élèves sur cinquante d'un collège catholique avaient réussi ce tour de force : définir le christianisme sans le Christ...

 

Adorons-Le dans le mystère.

Il est la Voie qui mène à l'intimité de Dieu; nul ne va au Père sinon par LUI;

Il est la Vérité qu'il faut croire pour que soient dissipées toutes les incertitudes et les énigmes de la vie, pour que le travail ait un prix, la douleur une valeur de rachat, et la mort un sens d'éternité.

Il est la Vie, qui envahit notre petite vie, pour l'entraî­ner dans le flot infini de la Vie Divine.

Il est notre Médiateur, notre Sauveur, notre Roi.

 

La Sainte Messe, c'est son sacrifice de la croix renouvelé sur les autels...

Les sacrements sont ses instruments de vie...

L'Esprit-Saint qu'il nous envoie est son Esprit de lumière.

La grâce qu'il nous communique, c’est la grâce sanctifiante.

L'Église est son prolongement et son achève­ment...

Le Pape Paul VI est son Vicaire...

Le prêtre... un autre Lui-même...

Le chrétien... un de ses membres...

Aimons-Le   comme   un   ami.

Est-Il pour toi plus qu'une abstraction, un fantôme, un personnage historique, distant, indifférent, plus qu'un illustre mort ?

Est-Il vraiment quelqu'un de bien vivant ?... Que L'on a comme rencontré... Qui vous a tout de suite séduit et subjugué... Dont on veut savoir, gestes et paroles, afin de mieux Le connaître en attendant d'aller Le voir...

Es-tu pour Lui...

Celui qui ne conçoit plus la vie, ni rien dans la vie, sans Lui...

Celui qui L'aime et le Lui dit souvent, sincèrement, simplement et virilement...

Celui qui va vers Lui, en tout, comme d'instinct...

Celui sur lequel Il peut toujours compter...

Celui qui ne trouve jamais trop dures ses exigences...

Celui qui est prêt à tout Lui donner, même sa vie, même son sang?

 

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960) (97-8)  Jean Le Presbytre.

 

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 16:01

Le baptême c’est la purification totale de l'âme…

C’EST UN ÉVÉNEMENT  CAPITAL

Dans l’épître du sixième dimanche après la Pentecôte, saint Paul nous rap­pelle ce qu'est le baptême chrétien; et la doc­trine de l'Apôtre se résume en cette phrase énigmatique et combien profonde : « Nous tous qui avons été baptisés dans le Christ Jésus, c'est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui, par le baptême, en sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. »

Dans l'histoire humaine…, il s'est produit un événement vraiment décisif, un événement vraiment inédit, qui est la mort et la résurrection du Christ : c'est là qu'est le grand tournant pour l'humanité et pour chacun de nous, le grand tournant du salut.

Le salut, pour le genre humain et pour chacun des hommes, s'opère par notre union au Christ mort et res­suscité. Or, d'après saint Paul, l'heure à laquelle nous sommes unis au Christ mort et ressuscité est l'heure du baptême, c'est l'heure capitale de notre vie.

Capital ne signifie pas toujours spectaculaire. Une cérémonie consistant, pour l'essentiel, à verser un peu d'eau sur la tête d'un homme ou d'un enfant en prononçant quelques paroles est bien peu specta­culaire et ne modifie pas la marche du monde. Mais, au regard de la foi, le baptême est tout autre chose qu'une cérémonie, avec une inscription sur un regis­tre et des réjouissances familiales. Il est une purifi­cation totale de l'âme, symbolisée par l'eau qui coule, effectuée par cette eau à laquelle la parole toute-puissante de Dieu donne une efficacité. C’est l'envahissement de cette âme par la vie divine, qui lui est conférée dans l'union mystérieuse et réelle au Sauveur mort et ressuscité.

Pour le Christ lui-même, quel a été le mystère essentiel ? Le Fils de Dieu est devenu homme dans notre monde humain et soumis universellement à la mort ; de plus, s'étant chargé d'expier nos péchés, il s'était, par le fait même, condamné volontaire­ment à mourir. A l'heure de la Passion il a été réel­lement plongé dans la mort et, nous dit saint Paul, il a laissé dans cette mort ce péché humain qu'il avait expié. De la mort, la résurrection l'a fait émer­ger à la vie, non pas de nouveau à la vie d'ici-bas, précaire, vulnérable à la souffrance et mortelle, mais à la vie immortelle et glorieuse.

Or le baptême chrétien est en continuité avec ce mystère du Christ et a pour résultat de nous y faire participer, de le reproduire en nous. Le rite en usage autrefois le rappelait d'une manière plus visible et plus dramatique. Comme le Christ avait été englouti par la mort et avait disparu dans le tombeau, le baptisé était plongé dans l'eau de la piscine puis en émergeait et était alors revêtu de vêtements d'une blancheur éclatante, symbole de résurrection. Mais quel que soit le rite de la cérémonie et même s'il a été simplifié pour des raisons d'ordre pratique, l'essentiel est que le baptême soit une mort et une résurrection avec le Christ.

Évidemment, il ne s'agit pas d'une mort physique : le petit baptisé n'est pas rendu à ses parents à l'état de cadavre ; l'adulte, après son baptême, se retrouve bien vivant. Mais en réalité, cet enfant ou cet adulte est un être tout autre et tout nouveau. Il s'est pro­duit une mort mystique, qui n'est point fictive ni imaginaire : c'est réellement que cet être humain est mort au péché, laissant au baptistère cette vieille défroque souillée de la faute originelle et des fautes personnelles qu'il a pu y ajouter ; c'est réellement qu'il a reçu une vie toute neuve, une vie d'après la mort, une vie de ressuscité, la vie divine.

Ce mystère du baptême ne commande-t-il pas toute notre existence ? En faut-il davantage pour fixer toute notre conduite morale et toute notre atti­tude ? Qu'est-ce que la vie chrétienne sinon vivre en baptisé ?

Vivre en baptisé, c'est d'abord ne pas renier son baptême, ne pas revenir au vieux péché. De même qu'il était radicalement impossible que le Christ, une fois ressuscité, mourût à nouveau, de même ce devrait être pour le baptisé une impossibilité, autant que c'est un non-sens, de revenir à sa souillure, d'aimer la mort à laquelle il a échappé. L'événement décisif devrait être décisif ; la rupture absolue avec le mal ne devrait pas se changer en accord secret; après avoir dit solennellement : « Je renonce à Satan, à ses prestiges, à ses façons d'agir », on ne devrait pas traiter le démon en bon camarade. Hélas! Que deviennent les engagements solennels ? « Les eaux du baptême sèchent vite », disait un écrivain avec une ironie, mais non sans raison, en pré­sence de la vie si peu chrétienne que mènent tant de baptisés.

Remarquons-le d'ailleurs, cette fidélité négative au baptême, qui est indispensable, n'est pas suffisante. Il ne faut pas seulement ne pas outrager son bap­tême, il faut vraiment en vivre, il faut le vivre plei­nement. Car ce baptême, qui est un événement capi­tal, n'est encore qu'un commencement : c'est une naissance ; la vie entière est destinée à réaliser de mieux en mieux, jour après jour, cette union avec le Christ mort et ressuscité. Et au fond, le chrétien n'a pas d'autre occupation ici-bas.

Un baptisé doit considérer son travail, ses fati­gues, ses maladies, ses épreuves morales, ses souf­frances comme une mortification au sens propre du mot, c'est-à-dire comme une mort progressive et partielle, comme une activité de la mort en lui et en même temps comme une vivification, comme un envahissement graduel de la vie divine. En tout cela il doit trouver une occasion et un moyen de s'u­nir d'une manière plus intime au Christ mort et res­suscité. « Le corps du baptisé, dit saint Léon, devient la chair du Crucifié. »

Et ainsi toute notre vie doit nous apparaître, si nous avons vraiment la foi, comme une montée. Nous sommes en marche non vers un gouffre, mais vers un sommet; non vers un abattoir, mais vers l'autel d'un sacrifice ; non vers une catastrophe stupide, mais vers l'heure la plus exaltante d'une vie hu­maine. « O mort ! Qui ne te désire pas n'est pas chré­tien ! » disait Bossuet. Et un religieux auquel on annonçait avec les ménagements habituels que sa fin était proche accueillait la nouvelle par ces paroles : « Voilà le plus beau jour de ma vie, plus beau que ma première communion, plus beau que mon ordination ! » Et en effet, pour le chrétien, la mort est bien l'heure solennelle où sera pleinement réalisé son baptême, parce qu'alors sera pleinement réalisée son union avec le Sauveur en croix. Si nous le voulons, cette heure suprême sera vraiment la plus belle de notre vie parce qu'elle pourra être la plus généreuse et la plus méritoire pour notre salut et le salut du monde.

C'est jusqu'à ces hauteurs qu'il nous faut monter pour répondre totalement à la grâce de notre bap­tême.

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU, Tome II - Père G. Salet S.J. (1953)

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 08:27

Pourquoi Dieu n’exauce pas mes prières…

N'est-il pas vrai, que, bien souvent, vous faites vos prières comme si vous vouliez simplement accomplir une tâche ou vous-délivrer d'une obliga­tion ? Votre bouche récite des formules, mais votre cœur est-il toujours en rapport avec moi ? Mon apôtre saint Jacques a dit : « Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal; » c'est là le secret du l'inefficacité d'un grand nombre de prières. Écoutez-donc, ce que je-vais vous dire pour vous enseigner la manière de bien prier.

Quatre conditions rendront infaillible le succès d'une demande que vous ferez à Dieu :

Lui accorder d'abord vous-même ce qu'il vous demande ; penser à lui en priant ; penser à vous-même et à votre néant ; penser aux choses que vous de­mandez et les désirer, ou aux sentiments que vous exprimez et les avoir.

 

Accordez vous-même à Dieu ce qu'il vous demande.

 

Si un enfant disait à son père : Je sais bien que vous vous plaignez de ma conduite, et je reconnais que j'ai des torts envers vous; mais il m'en coûterait pour agir autrement, et je ne suis nullement disposé à faire le sacrifice auquel pourtant vous avez un droit légitime : ne m'en parlez donc plus ; malgré cela je vous prie d'être pour moi un père bon et généreux, de m'accorder même plus que vous ne me devez, quoique je persiste à vous refuser ce que je vous dois. Est-ce qu'un tel langage ne devrait pas être regardé comme une outrageante dérision ?

Maintenant, jetez les yeux sur vous-même et voyez si je n'ai pas à me plaindre de vous. Voyez si vous n'avez pas à vous reprocher de la vanité, certain esprit de critique à l'égard de per­sonnes que vous n'aimez pas, de la jalousie, de la sensualité, de l'indévotion...?

Souvent je vous donne une lumière pour apercevoir ces défauts qui bles­sent mon cœur embrasé d'amour pour vous; mais vous détournez les yeux. Chaque matin je vous dis : « Mon enfant, faites-moi plaisir; combattez vos défauts; mais vous ne tenez pas compte de mes désirs. Ce­pendant vous me demandez des grâces ; est-il juste que je vous les accorde sans réserve ? Soyez con­vaincue que si vous ne me refusiez rien vous seriez tout-puissant sur mon cœur. Lors donc que je ne vous ai pas exaucée, ne vous contentez pas de re­doubler de ferveur et de continuer à prier, exami­nez si vous n'avez pas encore quelque faiblesse qui me déplaît. Je n'exige pas une perfection absolue, mais de la bonne volonté et des efforts véritables pour réussir.

 

Penser à Dieu,

l'avoir présent par la foi, s'adresser véritablement à lui.

 

Voyez ce que faisaient les malades et les affligés qui me demandaient des grâces pendant ma vie mortelle; comme ils me té­moignaient leur respect et le désir d'attirer mon attention ! Ils ne récitaient pas de vagues formules avec un esprit distrait; leurs paroles, leur attitude, leurs gestes   exprimaient   vivement combien  ils avaient à cœur d'exciter ma miséricorde à leur égard. Le lépreux vient à moi; il se prosterne en adoration à mes pieds, et, me montrant son hor­rible maladie, il me dit avec attendrissement : Sei­gneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. L'aveugle de Jéricho sachant que je passe auprès de lui s'écrie : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Lorsqu'on veut le faire taire et qu'il craint que je ne l'aie pas entendu, il crie plus fort : Jésus, fils de David, ayez pitié du Moi. Ainsi, vous, quand vous priez, parlez-moi comme si j'étais visible à vos yeux corporels ; adressez-vous à moi comme à votre bien-aimé descendu  du ciel pour  écouter votre prière.

 

Il faut penser à soi-même, à son néant et s'humilier.

 

Voyez la femme Chananéenne, qui de­mande la guérison de sa fille, le Centurion qui sol­licite celle de son serviteur, voyez surtout le Publicain; il se tient le plus loin possible du sanctuaire, il n'ose lever les yeux et il se regarde comme un pécheur indigne des regards de Dieu : et c'est pour cela que le ciel tout entier le considère avec intérêt et avec amour. Apprenez par ces exemples à éviter  une illusion à laquelle vous n'échappez pas toujours. Lorsque vous avez de la ferveur sensible, que vous éprouvez une certaine ardeur pour le bien, vous priez volontiers, et les bons sentiments dont vous vous voyez pénétrée vous inspirent une ferme confiance que votre prière sera exaucée ; mais dans les moments de sécheresse, si surtout ayant commis quelque faute grave vous sentez votre misère et votre impuissance pour le bien, vous vous laissez aller à la défiance et au découragement. Or, mon enfant, vous êtes victime d'une dangereuse illusion dans l'une et dans l'autre circonstance. Dans le premier cas vous avez confiance parce que vous vous croyez bon ; votre confiance est donc appuyée sur vos mérites prétendus : aussi dès que la ferveur sen­sible s'évanouit, la confiance disparaît également, quoique ma miséricorde soit toujours infinie.

Dans le second cas vous avez tort de vous décourager : c'est le bon moment pour avoir une confiance vraiment surnaturelle, une confiance qui s'appuie sur ma seule bonté. Il faudrait me dire alors : Mon Dieu, je me jette entre les bras de votre miséricorde, c'est en elle seule que je mets ma con­fiance ; et je me regarde comme assurée d'être exaucée, précisément parce que je vois avec la plus grande clarté possible que je ne mérite pas de l'être.

 

Il faut penser aux choses qu'on demande et les désirer,

ou aux sentiments qu'on exprime et les avoir.

 

Quand on me demande la guérison d'une maladie grave, la grâce d'échapper à une mort im­minente, ou même à la perte de quelque bien tem­porel, on est vivement préoccupé du but de sa prière et on a un ardent désir de l'obtenir ; mais il n'en est pas toujours de même quand il s'agit de faveurs purement spirituelles et des intérêts de ma gloire. Quand vous récitez le Pater, pensez-vous toujours aux grâces qui y sont demandées ? Avez-vous un vif désir que mon nom soit béni et sanctifié, que je règne sur tous les cœurs, que ma vo­lonté soit faite par toutes les créatures raison­nables ? Quand vous demandez à ma Mère de prier pour vous maintenant et à l'heure de la mort, cette prière est-elle toujours intérieure ? Prenez garde de vous laisser aller à une routine qui ferait que votre cœur ne prierait pas.

De même quand vous prononcez des actes de foi, d'espérance, de charité, de remerciement, etc., faites en sorte que ces divers sentiments soient ac­tuellement dans votre âme, de manière qu'ils fas­sent parler votre bouche.

Remarquez encore qu'il y a des faveurs que vous ne devez désirer que conditionnellement et pour le cas où elles ne seront pas nuisibles à votre sancti­fication. Si, étant malade, vous me  disiez : Mon Dieu, donnez-moi la santé ; je la désire à tout prix et quand bien même elle serait cause de ma damna­tion ou d'une diminution de piété dans mon âme, votre prière m'offenserait au lieu de me toucher. Ce que vous avez de mieux à faire en pareil cas, c'est d'imiter la prière que j'ai adressée à mon Père, au Jardin des Oliviers  et de me dire : Mon Dieu, s'il est possible que ma guérison ne nuise pas à mon âme,  guérissez-moi;   mais que votre volonté soit faite et non la mienne.

Vous voyez maintenant, mon enfant, quelle est la véritable manière de bien prier.

PRATIQUE: Appliquez-vous à ne rien refuser à Dieu, pour être toute-puissante sur son cœur.

Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 11:24

Si tu peux boire ce calice, tu auras la récompense…

«Ce calice» ce sont les souffrances de la vie, les épines qui sauvent.

Jésus savait que Pierre était un pécheur ; Pourquoi a-t-il attendu la confession de Pierre, si ce n’est pas pour nous inciter à nous confesser nous aussi, à Jésus qui est représenté dans la véritable Église Catholique, par le prêtre.

Les personnes qui sont trop orgueilleuses pour avouer leurs fautes, comment peuvent-elles espérer en recevoir le pardon ? Sans l’aveu, qui est la condition principale au pardon ou au refus de l’absolution.  Le prêtre a l’obligation de refuser s’il constate que le pénitent, n’a pas l’intention de changer de mode de vie et ne veut pas sortir de son état de concubinage.

Chez les protestants, et les autres sectes, le pasteur baptise les deux coupables et par magie à tout est effacé…    C’est faux et archi-faux.

Ils avaient déjà été baptisés.  Le rôle du sacrement du baptême c’est d’effacer le péché originel.  Ce sacrement n’est valide que la première fois qu’on le reçoit.

Comment les personnes qui subissent ce genre de lavage de cerveaux, peuvent-il s’en sortir ?

Il faut fuir ces sectes, c’est la seule solution.  Il ne faut pas discuter avec eux, il faut les éviter.  J’ai connu un jeune homme qui était catholique et qui a voulu discuter avec un Témoin de… et ils l’ont eu.  Il fait parti de la secte.

Les sectes font des affaires d’or.  Ils interprètent la bible pour rassurer tous le monde et prétendent que Dieu est trop bon et qu’Il ne peut damner personne.  Ce n’est pas Dieu qui précipite les pécheurs en enfer, ce sont eux qui s’y précipitent librement ; de leurs choix de vie correspondra leur éternité. C’est ça le libre choix.

Pour ces hérétiques, le Sauveur nous a ouvert les portes du ciel, c’est automatique, si tu crois en Lui, tu seras  sauvés.

Beaucoup sont appelés, mais peu sont élues…

La voie large conduit à la damnation et la voie étroite mène au Ciel, petit est le nombre de ceux qui la trouvent, car elle n’est pas attrayante, c’est celle de la souffrance et des sacrifices.

Souffrir quelques temps pour ne pas souffrir éternellement, c’est à vous de choisir. Pensez-y bien, la vie est courte et l’éternité ne finira jamais.

Jamais sortir, toujours souffrir c’est la définition de l’enfer.

G. G.

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 14:41

Êtes-vous tourmentées par votre insatisfaction personnelle…

Toutes les âmes chrétiennes se divisent en deux classes :

les âmes mortes... par le péché mortel ;

les âmes vivantes... par la grâce sanctifiante.

Les âmes mortes sont des transfuges, qui ont changé d'allégeance. En quittant délibérément le plan du ciel où les avait haussées la grâce du baptême, elles se sont installées, au moins tempo­rairement et malgré tous les risques que cela implique, sur le plan de l'enfer.

L'état du péché, dit saint Thomas, est propre­ment un état de mort. De là vient qu'il est appelé mortel, parce qu'il éteint et fait mourir pour ainsi dire la vie divine dans l'âme.

La rupture d'avec Dieu porte tous les caractères d'une trahison de l'amitié, d'un divorce. Saint Paul, qui n'a pas peur des mots, l'appelle un adul­tère. Cette infamie se double d'un suicide spirituel.

Âmes ruinées !... qui se sont sabordées elles-mêmes. Sans souci d'aucun choix, elles se sont gorgées de plaisirs de moins en moins avouables. Dégradées, auprès de Dieu, de tout mérite, elles ne savent plus ce qu'elles sont venues faire sur la terre. Si encore elles étaient tourmentées par l'in­satisfaction d'elles-mêmes, leur impuissance à s'ac­cepter telles qu'elles sont les débarrasserait de leurs écœurements et les ramènerait tôt à la con­dition des meilleurs jours. « N'être plus à Dieu, n'être plus pour Dieu, n'être plus avec Dieu ni en Dieu, c'est, dit saint Augustin, être pire que de cesser absolument d'exister. »

Âmes dissociées de Dieu !... Lui seul, hier en­core, résumait leur vie. Peu à peu, elles en sont venues à chercher autre chose. Elles se sont désha­bituées de travailler dans et pour son amour. Un vide s'est alors creusé en elles. Seulement, ce n'est plus Dieu qui vient le remplir. Ce qui est pire, elles ne trouvent pas anormale leur situation. Leur sort est bien volontaire, car nul n'est jamais contraint de pécher.

Âmes résignées à se passer de Dieu !... apparemment satisfaites, même si elles languissent dans une lamentable disette. Leur obnubilation est telle qu'elles ne discernent plus le sens de la vie. Logis dépeuplés et vides, elles laissent passer la sainteté et le salut devant leurs portes closes. Depuis que Dieu a été sommé de s'en aller, il n'y reste qu'un mélange de mésestime pour ce qui est du ciel, de passion pour ce qui est de la terre, d'indifférence pour ce qui semble neutre. Elles en arrivent à ne pas éprouver la souffrance plus ou moins consciente d'être seules.

Âmes détournées de Dieu !... et du ciel par surcroît. Après avoir perdu la grâce sans peine, peut-être se fixent-elles dans la disgrâce sans re­mords. Sans remords ? En apparence seulement. On a beau être un misérable et un coquin, on ne peut empêcher la conscience de réclamer. Mais, pour ne pas entendre ses protestations, elles essaient d'étouffer sa voix vengeresse. Au lieu de s'abandonner à Dieu, elles abandonnent Dieu. Heureuses encore si elles ne poussent pas l'infidé­lité jusqu'à se faire une gloire de leur criminel assoupissement !

Ames tournées contre Dieu !... acharnées après Lui, rebelles à sa loi. Non seulement sans-Dieu, mais anti-Dieu ! Sinistre besogne, tout de même, que de s'attaquer rageusement à celui qui, miséri-cordieusement, veut les sauver comme malgré elles. Seul un mal de folie peut engendrer une perversion pareille. Folie de passion, folie de jouissance, folie d'autre chose, mais folie tou­jours !

Cet état est la négation du christianisme-doctrine et le mépris du christianisme-vie,

Les âmes vivantes appartiennent déjà au royaume de Dieu, à la lignée des élus. Le ciel est commencé en elles. Nôtre-Seigneur dit : « Celui qui m'aime a la vie éternelle. » Il ne dit pas qu'il l'aura plus tard ; il affirme que, dès maintenant, elle est en lui. En effet, la grâce sanctifiante est le germe de la gloire.

Nanties de la vie de Dieu, ces âmes croient en son amour, elles espèrent en ses promesses, elles acceptent fidèlement ses volontés. « Tout ce qui est fait avec Dieu et pour Dieu, dit saint Augustin, porte le caractère de la vie de Dieu. » Apanage opulent qui vaut au bénéficiaire un riche patri­moine et lui donne comme une première prise de possession des joies célestes. Trésor inestimable, le seul vraiment digne de ce nom. Le reste n'est que chimère et mirage.

Prudentes d'une prudence surnaturelle, ces âmes vivent de façon à ne devoir jamais rougir d'une seule de leurs actions. Elles usent des biens de ce monde comme de talents que Dieu leur a confiés et leur demande de faire fructifier, afin d'être meilleures et plus utiles.

Il leur en coûte parfois de suivre la ligne droite. Mais, convaincues qu'on ne possède jamais assez Dieu et que lui, de son côté, a toujours quelque chose à donner, elles laissent aux impru­dentes la poursuite immodérée du périssable, n'en prenant pour elles-mêmes que ce qui leur est né­cessaire ou utile, et encore en vue des biens supé­rieurs du ciel.

Suprême sagesse !

En effet, que resterait-il de l'argent acquis mal­honnêtement ; voire d'une fortune accumulée se­lon les lois de la justice, mais recherchée pour elle-même jusqu'à l'idolâtrie et dissipée dans l'ou­bli de Dieu ?

Que resterait-il des succès et honneurs convoi­tés avec une avidité poussée jusqu'au mépris du seul honneur vraiment enviable, celui de l'inté­grité chrétienne, et jusqu'au sacrifice de l'unique succès inamissible, celui de la gloire éternelle ?

Que resterait-il de tous les plaisirs malsains qui étouffent lentement l'âme, la tiennent en escla­vage et compromettent sa destinée ?

De tout cela, il resterait, outre la culpabilité, le remords... tardif peut-être mais certain, si même il ne devient pas éternel.

Que sert à l'homme de vivre en mort s'il meurt sans avoir véritablement vécu ?

Les âmes vivantes ont entendu ces mises en garde.

À la différence des âmes mortes, elles en ont tenu compte.

Qu'on travaille à l'atelier ou aux champs, au comptoir ou à l'usine, au foyer ou au collège, il n'y a en définitive que deux besognes : la bonne et la mauvaise. Pas de troisième terme possible !

De même, qu'on soit médecin ou cultivateur, marchand ou cordonnier, professeur ou étudiant, il n'y a que deux catégories de gens : les bons et les mauvais, les vivants et les morts. On est pour Dieu ou contre Dieu. « Qui n'est pas avec moi, dit Jésus, est contre moi ; qui n'amasse pas avec moi, - dissipe. »

De par la force des choses, on communie à celui que l'on entend servir, on vibre aux mêmes coups d'archet. « Là où est votre trésor, là est aussi votre cœur. »

La vie est une communion au Christ ou à Satan, un apostolat du bien ou un apostolat du mal, une ruée vers les sommets ou une culbute dans les bas-fonds.

Il y a du tragique dans la vie. On ne peut se désolidariser d'avec elle, ni se séparer des actes qui en composent la trame. On est comme on vit, on vit comme on est. Tout, le bien et le mal, est marqué au coin de l'éternité. Chaque action reçoit une frappe qui la catalogue dans l'ordre moral. Chaque personne se donne à elle-même une empreinte qui la classifie.

Combien, qui auront travaillé ensemble ici-bas, vécu dans les mêmes cadres, consenti aux mêmes sacrifices, seront surpris de découvrir que, sur le même chantier et au coût des mêmes efforts, ils ont servi des maîtres différents et que, tout en suivant apparemment la même route, leurs voies n'étaient pas identiques !

Vous qui lisez ces lignes, arrêtez-vous quelques instants, descendez dans votre conscience et de­mandez-vous :

Mon âme est-elle vivante ?... ou morte ?

Est-elle en grâce avec Dieu ?... ou en dis­grâce avec lui ?

Est-elle en amitié avec Dieu ?... ou en ini­mitié avec lui ?

Ai-je gardé la vie surnaturelle reçue au bap­tême ?... ou l'ai-je dilapidée ?

Votre existence comporte-t-elle alternativement des intervalles d'état de grâce et des intervalles d'état de péché mortel ?

Pensez-y sérieusement ! Car vous ne pouvez plus prolonger l'hypocrisie de tenir périodique­ment deux attitudes opposées. Il faut faire en vous l'unité. Cette vie à éclipses pourrait bien n'être en réalité qu'une mort consommée dans l'insincérité et l'abus des grâces.

Prenez garde ! Ceux qui se rassasient des mets les plus vils s'intoxiquent vite. Le monde est dur pour ses clients. Ses taxes pèsent lourdement. Ses plaisirs coûtent cher. Ils vident le cœur, ruinent la vie et compromettent l'éternité. « Le monde, dit Victor Cherbuliez, est à la fois un grand tentateur et un austère moraliste. Il veut qu'on se donne à lui, et il méprise ceux qui se donnent. Il leur prend leur vertu, et leur reproche de l'avoir per­due. »,

Il arrive un temps où le mal, si avilissant soit-il, ne fait plus rougir. Il devient même à la mode. Une fois pris dans l'engrenage des concessions et des défaites, l'on peut aller très loin. La triste histoire de certaines âmes prouve qu'il en va ainsi. Accepter cette régression, de déchéance en dé­chéance, quelle abomination !

Il est si facile de s'aveugler, de chloroformer sa conscience, de perdre pied en un moment de ver­tige et de rouler au fond de l'abîme !

Ah ! Si les contaminés étaient une minime exception, avec quel soin il faudrait entretenir la conspiration du silence ! Mais nous n'ignorons pas qu'il devient de plus en plus grand le nombre de ceux qui, par une série de coups de passions et de trahisons tranquilles, se jettent dans le filet. Leurs mauvaises habitudes s'affermissent et deviennent tyranniques. Chaque capitulation amoindrit leur défense. Le corps, violenté par les sourdes pulsa­tions de l'instinct, entraîne l'âme et la fait som­brer.

C'est donc avec la plus grande pitié que nous devons parler de ces âmes envahies par les dé­mons du péché mortel. C'est avec la plus grande miséricorde que nous devons nous pencher sur elles pour les redonner au Christ et ainsi leur rendre, avec la joie de vivre, la possibilité de tendre vers le Ciel.

À moins d'être un de ces pécheurs insolents qui, connaissant Dieu par la foi, font profession de le renier jusqu'au bout par leurs œuvres, per­sonne ne traîne longtemps ce boulet de galérien qu'est la faute mortelle sans pleurer intérieu­rement au souvenir des années vécues dans la sainte liberté des enfants de Dieu. Impossible de garder un cœur endurci dans le mal, de ne découvrir en soi que stérilité ou profanation, et ne pas éprouver la nostalgie de la grâce.

Le pécheur connaît le plaisir, il ne connaît pas la joie. Car la joie, c'est surtout la paix, la paix épanouie qui dilate l'âme. Or, la paix n'habite pas dans le cœur du coupable.

La résignation à la maladie, à la pauvreté, à l'isolement du cœur, à l'insuccès et au deuil, devient source de sérénité et de mérite. En face de ces épreuves, on peut se faire une âme supé­rieure pour qui le péché est le seul mal et la perte de la grâce est la seule calamité.

Mais !... avoir trahi Dieu d'une trahison réfractaire au repentir, ne laisse au fond de soi qu'un mélange de dépit et de tristesse. Il y aurait de quoi faire bien des heureux avec tout le bon­heur gaspillé par le péché.

L'indignation ne convient pas ici, c'est la pitié qu'il faut.

Oui, plaignons celui qui ne recherche que les faux plaisirs pour remplir son cœur, ou plutôt pour le vider !

Lorsqu'en voyant la longue série de ses abdi­cations et de ses chutes, il se rappelle les émotions à la fois si douces et si profondes autrefois éprouvées dans ses contacts avec Dieu, le renégat n'échappe pas au supplice d'un regret particuliè­rement amer : celui d'avoir troqué la vie divine contre quelques satisfactions désenchanteresses.

Il ne peut plus rentrer dans son âme sans rougir de lui-même. Le champ de sa conscience est encombré par un tel mélange de dégoût et de honte, qu'il ne sait plus comment exorciser ses angoisses. Il mesure alors toute la distance qu'il y a entre un chrétien diminué, amoindri, presque déchristianisé, et un chrétien qui a atteint sa me­sure.

La faim de son cœur le torture. Les reproches de sa conscience l’étouffent. Que de journées il voudrait avoir vécues autrement ! Que d'actions il aimerait n'avoir jamais commises ! Que d'au­tres il souhaiterait avoir faites !

Peut-être faut-il que ce tourment traverse son âme pour qu'il sente le vide affreux qu'y a creusé la perte de Dieu.

Tel est l'inexorable partage réservé à celui qui, après avoir tué la vie divine en lui-même, refuserait les faciles moyens de la ressusciter.

Quelle inconséquence !... avoir reçu inconsciem­ment la grâce sanctifiante, et la répudier consciem­ment.

Quelle aberration !... renoncer à l'eurythmie entre son cœur miséreux et le Cœur miséricor­dieux de Jésus.

Quelle désolation !... être réduit à pleurer sur la disproportion entre le vivant qu'on devait être et le mort qu'on a été.

Dieu nous a donné tout ce qu'il faut pour être grands. Encore importe-t-il de ne pas laisser se perdre les éléments de grandeur que nous tenons de lui.

Si nous ne nous élevons pas, nous nous rava­lons.

Si nous ne nous faisons pas bons, nous devenons mauvais.

Vertus et vices ne demandent qu'à croître, mais ne peuvent se développer ensemble.

Empêcher le mal d'étouffer le bien ou étouffer le bien en se livrant au mal, il n'y a pas de milieu. « Quoi que nous fassions, nous serons toujours en guerre : ou bien, pour avoir la paix avec Dieu, nous lutterons contre nos penchants ; ou bien, pour avoir la paix avec nos penchants, nous com­battrons contre Dieu. » Mgr d'Hulst, — Retraite de Notre-Dame de Paris, 1891

Nous serons vainqueurs dans la vertu, ou vain­cus par le vice.

Ne pas lutter pour vivre, c'est consentir à mourir.

Le jugement de Dieu remettra les choses au point. Toute dette devra être payée, dit l'Évan­gile, jusqu'au dernier centime. Terrifiante perspec­tive pour qui a le cœur d'y penser !

Posons donc clairement le problème : VIE ou MORT, voilà le dilemme, l'inévitable alterna­tive.

Entre ces incompatibles, il faut choisir :

prudemment... c'est-à-dire, face à Dieu, à la vie, à l'éternité ;

immédiatement...   c'est-à-dire,   sans  retard ;

définitivement... c'est-à-dire, pour toujours !

Extrait de : L’ÉTAT DE GRACE.  Marie-Antoine Roy. O. f. m. (Fides 1945)

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