Nous avons montré que la Croix est le signe du chrétien; de plus la Croix a marqué notre pays et notre peuple de son caractère religieux. Or nous constatons autour de nous un abandon, presque un reniement de la Croix. Devant ce triste phénomène, nous devons réagir en brandissant fièrement l'étendard du Christ notre Roi, qui a vaincu l'Enfer par sa Croix.
La nouvelle Catéchèse est centrée sur le Mystère Pascal, sans nier la Passion et la Mort du Christ ; mais elle prétend « faire éclater cette mort dans la Résurrection ». Elle semble oublier parfois les souffrances et les humiliations du Sauveur, et elle met l'accent sur l'Amour dans la victoire du Christ sur la mort. On peut se demander si cela est conforme à l'Évangile et aux Pitres des Apôtres ?
L'homme n'aime pas à se considérer comme pécheur et il a horreur de la souffrance. En négligeant la Croix, la Passion du Christ, on flatte son orgueil et sa complaisance dans la force et le plaisir, où l'entraîne le monde ennemi de la Croix. Religion facile, qui plaît au monde, mais que blâme S. Paul : « Si je veux plaire aux hommes, je ne suis plus le serviteur du Christ » (Galat, 1, 10).
En certains endroits, on constate des faits déplorables. La maman n'enseigne plus aux petits le Signe de la Croix. Dans les écoles, on enlève les Crucifix des classes, car c'est trop déprimant pour les élèves. On n'ose plus installer le Crucifix dans les foyers chrétiens, car ce serait gênant pour les mondains. A l'église, on relègue le Chemin de la Croix dans un corridor, ou l'on présentera des Stations énigmatiques ou caricaturales. Sur les autels face au peuple la Croix est trop encombrante : on fixe au mur une Croix nue, sans Corps du Christ.
La Croix domine encore le clocher de nos églises ; mais bientôt elle disparaîtra, pour ne pas déplaire à nos Frères séparés, dont les temples n'ont pas de croix. D'ailleurs, Croix et clochers vont s'effacer, car ils sont dépassés par les cheminées d'usines, dans un monde matérialiste.
Nos Croix du Chemin seront bientôt délaissées. Va-t-on ériger la Croix au carrefour de nos autoroutes ?
Dans nos campagnes, on se réunissait à la Croix du Chemin pour faire les Mois de Marie ou des Morts, pour réciter le chapelet, chanter des cantiques traditionnels. Certaine revue catholique (?) s'est moquée de ces belles coutumes qui vont disparaître. Victoire du laïcisme.
La croix a toujours été une marque d'honneur pour les militaires. A-t-on jamais vu un soldat avoir honte de son drapeau? Les soldats du Christ rougissent de la Croix, drapeau de leur divin Maître. Il y en a encore qui portent la Croix sur leur poitrine : les évêques, les religieux(ses), quelques fidèles pieux. Bientôt ce ne sera plus qu'un souvenir d'une chrétienté qui aura démissionné devant la vague de laïcisation, tout comme le costume ecclésiastique ou religieux, les noms de Saints portés naguère par religieux et religieuses. En France, on a réussi à effacer beaucoup de noms de Saints attachés aux villes, villages, rues, édifices, rivières, etc. Au Canada, les laïcisateurs s'acharnent à ce lavage diabolique. . .
A la fin, on aura une chrétienté sans Croix, sans Saints. Victoire de Satan ! (°)
(°) (Dans notre Province de Québec, le Code de Procédure civile (art. 321) règle ainsi le mode du serment devant les Cours de Justice : « Le témoin peut prêter serment en se tenant en face d'un Crucifix et en levant la main ».
En 1929, un juge de Montréal (franc-maçon?) voulut faire enlever le Crucifix qui dominait son tribunal ; l'autorité majeure refusa.
Il y a 60 ans, en France, on avait enlevé les Crucifix de toutes les Cours de justice; le fameux barde Breton Théodore Botrel, ayant à témoigner dans un procès, s'écria: «Il n'y a pas ici de Crucifix sur lequel prêter serment. Mais tout chrétien représente le Christ: les bras en croix, je jure de dire toute la vérité. » Vers le même temps, en Saskatchewan, le premier ministre Andersen ordonna la suppression dans les écoles, du Crucifix et de tout costume religieux. Par contre en 1936, le nouveau Premier Ministre l'Hon. Maurice Duplessis, fit installer un beau Crucifix au-dessus du trône du Président, dans la Chambre de l'Assemblée Nationale du Québec.)
Au Concile Vatican II, S. S. Paul VI a placé la IVe session sous le signe de la Croix.
« Le Concile, dit-il, ne connaît que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié» (S. Paul, I Cor., 2, 2).
En août 1965, dans son Exhortation apostolique adressée aux évêques du monde entier, le Pape écrivait :
« Nous avons voulu que l'ouverture de la prochaine session (4e) ait lieu le (14 septembre) jour de la fête liturgique, qui exalte le Mystère de la Croix et la vertu rédemptrice du Sacrifice qui s'est accompli sur elle, afin que les hommes, fixant le regard sur le divin Crucifix, comprennent de plus en plus profondément que le Christ, élevé de terre sur ce bois, est vraiment Celui qui attire tout à Lui et « qu'il n'y a pas ici-bas d'autre Nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés» (Actes, 4, 12).
De fait, le Concile se présente au monde entier comme un témoignage de la valeur salvatrice de la Croix, et il désire attester les droits que le Sauveur, après les avoir acquis par la Croix, possède sur tout coeur humain. Il veut faire entendre avec plus de force le Message d'espérance, d'amour et de paix que le Christ, avec son autorité divine, peut seul adresser aux hommes. »
Pour inaugurer cette IVe session du Concile, il y eut une procession de pénitence, de l'église Sainte-Croix jusqu'à St Jean de Latran, des Pères du Concile ayant à leur tête le Pape portant la Relique de la Vraie Croix.
S. S. Paul VI nous donne un enseignement et des exemples frappants, pour réagir contre la démission de ceux qui tournent le dos au Crucifix, symbole de toutes nos capitulations devant le Monde ennemi du Christ.
Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton
Édition LE BIEN PUBLIC (1972)
Trois-Rivières, Canada.
elogofioupiou.com