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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 07:39

C'est en tous cas, une situation apocalyptiqueque, nous en sommes certains, a fini par comprendre et vivre Paul VI, le Pape de la Passion de l'Église, dénommé pour cela par la prophétie de Malachie "FLOS FLORUM", la Fleur des fleurs, c'est-à-dire la fleur des papes289... appellation qui serait autrement bien mystérieuse si l'on suit certains traditionalistes intégristes en mal de bouc émissaire…

 

Autre aspect de la question. De Vatican II, infaillible mais hérétique, il résulte, comme d'une cause à conséquence très immédiate et inéluctable, l'avènement du règne de l'Antéchrist personnel. Parce que, pour paraître en ce monde, il avait précisément besoin de l'obscurcissement complet de l'Église. "Que seulement disparaisse ce [ou ce­lui] qui fait obstacle présentement, alors se manifestera l'inique que le Seigneur Jésus fera disparaître par le souffle de sa Bouche et qu'il anéantira par l'éclat de sa Venue"290, prédit magistralement saint Paul.

 

Or, selon les meilleurs exégètes, "ce" ou "celui" qui doit disparaître, c'est l'Église, c'est le pape291. Or encore, depuis l'hérétique D.H.P., la légitimité de l'Église, du pape, est invinciblement obscurcie sous le manteau de péché matériel.

 

Donc, l'obstacle est levé. Et notez bien dans cette prophétie paulinienne, le "seulement" suivi du "alors", indiquant clairement l'intime et simultanée connexion des deux faits : dès que l'Église sera décapitée, et c'est le 7 décembre 1965, l’Antéchrist aura le terrible pouvoir de se manifester, de paraître à tout moment, dans le monde.

 

Par une pres­que étonnante suspension que nous vivons depuis quarante ans à présent, il n'est pas encore paru depuis lors, cependant que les signes de l'avènement de son règne maudit s'affermissent de plus en plus, dans les jours même où nous écrivons ces lignes.

 

Mais, pour notre encouragement, ne notons pas moins que saint Paul prophétise qu'il sera quasi immédiatement précipité dans l'Abîme par le souffle du Seigneur... comme de quelque chose d'aussi insignifiant qu'il se croit tout-puissant293 (enfin, disons que cette "immédiateté" scripturaire correspond aux fameux «3 ans et demi» ou «1260 jours» annoncés si précisément dans l'Apocalypse, et que le Christ promet d'abréger en faveur des élus, dans l'Évangile...). Puis suivra le Règne de la Gloire du Christ.

 

 

289 Surtout si on l'éclairé par ce verset du Cantique des cantiques, II, 1 : "Je suis la fleur des champs, et LE LYS de la vallée". Quelle liaison de la papauté, tout soudain, avec la royauté française symbolisée elle aussi par cette fleur de lys, au moment même où le pape devait être châtié COMME le roi de France, selon la pro­phétie de Notre-Seigneur à Sœur Lucie de Fatima...! Or, Montini était LE SEUL cardinal dans le Conclave de 1963 à posséder non seulement la fleur de lys dans son blason, mais il en possédait... TROIS en chevron, tels... LES ROYS DE France.  Et le 21 juin 1963, jour de son élec­tion, "c'est la fête du Sacré-Cœur du Christ PERCÉ DE LA LANCE" (Le nombre, langage de Dieu, Claude Peignât & cf. le missel Feder de 1955)…

 

Paul VI est toujours pape, c'est même la fleur des papes, c'est Flos Florum, quoique cela semble contradic­toire puisque c'est le pape... qui signe D.H.P. (mais justement : comme cette devise illustre magnifiquement notre thèse !). Après lui, "l'Église sera éclipsée", dit Notre-Dame à La Salette), com­mence…

 

290 II Thess. II, 1-12. Lire à ce sujet, notre chapitre Le mystère d'iniquité — l'avènement de l'Anté­christ, dans Actualité de la Fin des Temps, pp. 329-387.

 

291 Certains veulent faire consister cet obstacle à l'avènement de l'Antéchrist principalement dans la Rome antique christianisée depuis Constantin, dont les tout derniers successeurs étaient les empereurs d'Autriche-Hongrie, lesquels disparurent définitivement en 1917, année eschatologique entre toutes. Ceux-là nous sem­blent trop "politiser" la question : si saint Paul vise bien effectivement Rome, le VRAI successeur de cette Rome-là, principe de civilisation c'est-à-dire d'humanité prédestinée au Christ, c'est, en première interpréta­tion, non pas tant les Empereurs très chrétiens que le pape et l'Église, qui sont la véritable Rome. Les Empe­reurs très chrétiens ne viennent qu'en seconde et subalterne interprétation de "l'obstacle" paulinien.

 

293

J'ai vu l'impie adoré sur la terre ; pareil au cèdre il portait dans les deux ; son front audacieux.

Il semblait à son gré gouverner le tonnerre ; foulait aux pieds ses ennemis vaincus.

Je n'ai fait que passer, IL N'ÉTAIT DÉJÀ PLUS".

(Esther, Racine, d'après ps. XXXV, 35-36)

 

A suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:37
JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. 
JÉSUS-CHRIST est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, entrouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec sa sainte Mère et tous ses Anges. Enfin, JÉSUS-CHRIST, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec Jésus, pour jouir avec lui, dans le sein de DIEU, de la béatitude éternelle.
Nous ne connaissons d’une manière certaine "ni le jour ni l’heure (Ev.Matth., XXV, 13.)" ou se passeront ces grandes choses. Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de DIEU, c’est que "la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples (Ibid., XXIV. 14.)" Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (II ad Thess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Corn. a Lap., in loc.cit.). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera "l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités (Ev.Matth., XXIV, 12)."
Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Ibid., 10, 11.); – puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid., 6, 7.); – qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid., 7.). "Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs (Ibid., 8.)" Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’oeuvre de DIEU. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc., XII, 9, 12.), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’ à la fin sous les influences malfaisantes des mauvaises esprits.
Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en son corps très sacré, à partir de la trahison de Judas. Dans l’Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections; devant l’astuce des persécuteurs et l’horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des Évêques; "les étoiles des cieux tomberont", dit l’Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Ev. Matt., XXIV, 5, 9.).
Alors celui que saint Paul appelle "l’homme du péché et le fils de perdition (II ad Thess., II, 3.)," l’Antéchrist commencera son règne satanique et dominera tout l’univers. Il sera investi de la puissance et de la malice de Satan (Apoc. XIII. 2.). Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de DIEU; il se fera adorer comme DIEU, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (II ad Thess. II, 4.).
L’Antéchrist sera une sorte de César universel, qui étendra son empire sur tous les rois, sur tous les peuples de la terre; ce sera une infâme parodie du royaume universel de JÉSUS-CHRIST. Satan lui suscitera un grand prêtre, parodie sacrilège du Pape; et ce grand prêtre fera prêcher et adorer l’Antéchrist par toute la terre. Par la vertu de Satan, il fera de grands prodigues, jusqu’à faire descendre le feu du ciel en présence des hommes; et, au moyen de ces prestiges, il séduira l’univers. Il fera adorer, sous peine de mort, l’image de l’Antéchrist; et cette image paraîtra vivre et parler; également sous peine de mort, il commandera que tous, sans exception, portent au front ou sur la main droite le signe de la bête, c’est-à-dire le caractère de l’Antéchrist. Quiconque ne portera point ce signe, ne pourra ni vendre ni acheter quoique ce soit (Apoc. XIII, II-17.). Autour des images de l’Antéchrist, les prestiges de Satan seront tels, que presque tout le monde les prendra pour de vrais miracles; et les élus eux-mêmes auraient pu être séduits à la longue; mais, à cause d’eux, le Seigneur abrégera ces jours (Ev. Matt., XXIV, 22, 24.).
"L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint (Ibid., 15.)", pendant "trois ans et demi, pendant quarante-deux mois (Apoc., XIII, 5.)", correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de JÉSUS, le Vendredi Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil.
Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie. Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid., 7, 8, 4.). Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de de Néron n’ont été qu’un pâle symbole? L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur.
Mais en ces temps-là, comme nous l’apprennent et l’Écriture et la Tradition, s’élèveront contre l’Antéchrist "les deux grands témoins (Ibid., XI, 3.)" de JÉSUS-CHRIST, réservés pour ces derniers jours, à savoir le Patriarche Hénoch et le Prophète Élie, qui ne sont pas morts, comme l’enseigne expressément l’Écriture. Ils viendront prêcher les voies du Seigneur. Ils prêcheront JÉSUS-CHRIST et le règne de DIEU pendant douze cent soixante jours, c’est-à-dire pendant la durée presque entière du règne de l’Antéchrist.
La vertu de DIEU les protégera et les gardera. Ils auront le pouvoir de fermer le ciel et d"arrêter la pluie pendant tout le temps de leur mission. Ils auront le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de plaies (Ibid., 3, 4, 5, 6.). Ils feront des miracles sans nombres, semblables à ceux de Moïse et d’Aaron ("On peut en voir le récit prophétique en plusieurs passages de l’Apocalypse, laquelle comme chacun sait, est la grande prophétie des derniers temps de l’Église"), lorsque ceux-ci combattirent en Égypte l’impie Pharaon et préparèrent la délivrance du peuple de DIEU. Comme Moïse et Aaron, les deux témoins de JÉSUS-CHRIST ébranleront l’empire et le prestige du Maudit.
Celui-ci néanmoins parviendra à s’emparer d’eux, et ils subiront le martyre, "là où leur Seigneur a été crucifié (Apoc., XI, 8.)", c’est-à-dire à Jérusalem; ou bien peut-être à Rome, où le dernier Pape aura été crucifié par l’Antéchrist, suivant une tradition immémoriale. Après trois jours et demie, les deux grands précurseurs du Roi de gloire ressusciteront à la face de tout le peuple; et ils monteront au ciel, sur une nuée, pendant qu’un terrible tremblement de terre jettera partout l’épouvante (Ibid., 11, 12, 13.).
Pour relever sa puissance, l’Antéchrist, singeant la triomphale ascension du Fils de DIEU et des deux grands Prophètes, tentera, lui aussi, de monter au ciel, en présence de l’élite de ses adeptes. Et c’est alors que Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, "semblable à la foudre qui de l’orient à l’occident déchire le ciel, apparaîtra tout à coup sur les nuées, dans toute la majesté de sa puissance (Ev. Matt., XXIV, 27, 30.)", frappant de son souffle et l’Antéchrist (II ad Thess., II, 8.) et Satan et les pécheurs. Tout ceci est prédit en termes formels (I ad Thess., IV, 15.). Comme nous l’avons dit, l’Archange Michel, le Prince de la milice céleste, fera retentir toute la terre du cri de triomphe qui ressuscitera tous les élus (Ev. Matt., XXIV. 31.). Ce sera le Consummatum est de l’Église militante, entrant pour toujours dans la joie du Seigneur. 
Cette "voix de l’Archange" sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, JÉSUS-CHRIST doit venir juger le monde par le feu (Rit.Rom.). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera "une nouvelle terre et des nouveaux cieux (Psal., CIII, 30.), (Apoc. XXI, 1.)". Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous.
Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, telle sera la Passion de l’Église; telle sera sa résurrection suivie de son triomphe.
Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais.
Mgr L.G. de Ségur (1820 – 1881) - De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église 

 

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/05/09/du-triomphe-de-jesus-christ-a-la-fin-des-temps/

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:08

"Rien n'est patient comme une vérité".
(MGR V. Ghika)

 

Il est essentiel à la vérité d'être combattue.
Elle révèle ainsi son invincibilité."
Il est essentiel à l'amour d'être mis à l'épreuve.
Il révèle ainsi sa Vérité

 

http://amdg.over-blog.fr/article-patience-et-verite-117559264.html

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:00

           

 

 

D'une manière philosophique, on pourrait dire que la gloire de l'Être, c'est d'aller jusqu'à se donner l'apparence du non-être tout en restant l'Être. Autant pour l'Amour. Infinem dilexi.

 

Au fond, vous le voyez, cher lecteur, l'affaire de la Crise de l’Église est loin d'être une question de Théologie, elle est surtout une question de Mystique, et de Mys­tique de la Passion.

 

La Théologie peut nous servir pour bien comprendre ce qui se passe, c'est d'ailleurs son rôle, elle sert principalement à poser les garde-fous, puis à tirer les conclusions formelles... et puis doit se retirer comme une humble servante qui n'a pas le droit ni la puissance de pénétrer plus avant, dans le Saint des Saints.

 

Après, c'est le Sacré-Cœur qui, dans l'Amour Charité, guide l'âme dans la Passion de l'Église pour lui faire porter sa Croix jusqu'à la Mort mystique, mais encore pour la faire parti­ciper à la Résurrection.

 

Ce n'est pas rien de vivre la Sainteté de l'Église dans l’apparence du péché... c'est le lot du catholique contemporain. Si onze Apôtres sur douze ont fuit la Passion lorsque le Christ "s'est fait péché pour notre salut", on comprend que lorsque l'Église doit également "se faire péché" à l'instar du Sauveur, une prodigieuse défection se produise, comme hélas elle se produit, et pas seulement chez les... modernistes.

 

Seul saint Jean ne s'est pas laissé déborder par les événements, c'était l'Apôtre mystique (ce n'est pas un hasard...) ; en notre temps, seuls ceux qui sauront s'élever dans la Mysti­que de la Passion ne se laisseront pas déborder... pour leur plus grande gloire dans le Christ.

 

Face à cette situation certes crucifiante pour la vertu, les chrétiens authentiques disent après le Christ : "Mon âme est triste jusqu'à la mort", mais ils n'hésitent pas à rentrer dans le Jardin des Douleurs, ils acceptent ce chemin spirituel qui les crucifie dans leur vie quotidienne ; et surtout, ils ne cèdent pas à la suprême tentation d'appe­ler mal ce qui est bien et bien ce qui est mal.

 

En effet, faire le Bien, depuis que l'Église est rentrée dans sa Passion, est invinciblement recouvert d'une apparence de péché ! Et à l'inverse, le pécheur véritable ne semble-t-il pas faire ce qui est bien et légitime à la gloire de l'homme ?

 

Il viendra même un temps affreux où le bien extérieur de l'homme, sous couleur de haute spiritualité, sera fait naturellement, sans l'aide du Saint-Esprit, et ce sera le temps de l'Antéchrist.

 

La glose du Cal Journet, quand il commente la dernière Parole du Christ en Croix, ne saurait mieux convenir à notre propos : "Il se peut, que l'ère dans laquelle nous entrons connaisse une nouvelle forme de martyre, moins fréquente aux âges antérieurs, très pauvre, très dépouillée, sans rien de spectaculaire pour la foi des communautés chrétiennes (tout le spectaculaire, au contraire, aura passé dans les camps de la Bête — Apoc. XIII, 3-5), et où il sera demandé aux martyrs, avant de mou­rir corporellement pour Jésus, d'accepter, pour l'amour encore de Jésus, d'être avilis, et de renoncer à la joie de pouvoir, à la face du monde, confesser Jésus"288 ( Les sept Paroles du Christ en Croix, Charles Journet, p. 170, écrite en 1952.)

 

À ce tournant de notre méditation, quelle résonance, soudain, prend cette lapidaire prophétie de Mme Guyon, cette âme mystique: "Après les martyrs de Jésus-Christ qui ont été des «martyrs glorieux», viendront, viennent déjà, les «mar­tyrs du Saint-Esprit», martyrs de confusion et d'opprobre". Oh, alors, ce martyr-là, que cer­tains traditionalistes choisis de Dieu, fervents et prédestinés, vivent déjà dans leur âme dans l'attente de leur mort mystique qui sera pour l'humanité l'Apocalypse,

 

(... quand d'au­tres s'illusionnent encore bourgeoisement dans un "retour de Rome à la Tradition"... à  moins que ce ne soit dans un "retour de la Tradition à Rome", on ne saisit pas trop bien le sens de la formule !),

 

combien il faut de courage pour l'embrasser, pour y persévérer dans la Foi jusqu'à la Fin contre les humiliantes apparences !Comme était judicieuse la dernière recommandation de la très sainte Vierge Marie aux petites voyantes de Garabandal : "MÉDITEZ LA PASSION DE JÉSUS"...!

 

Tout est là, en effet, depuis 1965, c'est effectivement la seule "recette" pour tenir bon dans le "martyr de l'opprobre" : quelques mois seulement après que cette dramatique parole était prononcée, les Pères conciliaires signaient D.H.P. et faisaient rentrer par cet acte même l'Église dans la Passion !

 

Or donc, une fois cet acte ecclésial infaillible, mais hérétique authentiquement po­sé, comme il le fut à Vatican II, c'est une sottise impie, ou à tout le moins une irré­flexion superficielle, de dire qu'on doit l'effacer, le réparer par un... Vatican III, comme l'espère et le veut par exemple l'inénarrable abbé Georges de Nantes, puisque son ca­ractère formellement infaillible nous montre, justement, que c'est le Saint-Esprit qui l'a posé et voulu pour l'Église, précisément pour l'amener à son achèvement de perfection d'Amour sur cette terre !

 

En vérité, rien ne peut ni surtout ne doitecclésialement le ré­parer, car, comme le Christ, l'Église pourrait bien dire : "C'est pour cette Heure que je suis venue sur la terre, que j'y ai été engendrée par le Christ".

 

En vérité, après Vati­can II, il ne reste plus que la Parousie. Et en attendant, à vivre le plus saintement possi­ble la Passion du Christ revécue dans l'Église.

 

Bienheureux qui le comprenne et surtout qui le vive !

 

Bienheureux qui ne se scandalise pas de cette Passion du Christ revécue en son Église !

 

A Suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 02:14

 

Si quelque adversité vous menace, ajoutez les paroles suivantes, qui sont très agréables à Dieu, selon la révélation faite à Sainte Gertrude:

 

 Si quelqu'un, dit-elle, offre absolument sa volonté au bon plaisir de Dieu, quelles que soient les adversités qui le menacent, il fait une chose aussi agréable à Dieu que la compassion de celui qui, pendant la Passion, eût appliqué sur les Plaies du Sauveur les plus adoucissants remèdes.

 

«Ô Bon Jésus, je m'offre à Vous, je me remets entre Vos mains, avec la disposition de bien recevoir cette adversité qui me menace; je la recevrai de bon cœur de Votre main, et je la supporterai  avec toute la patience dont je serai capable, avec Votre grâce, m’unissant à cet amour avec lequel Vous avez reçu chacune de Vos adversités de la main de Votre Père, pour les Lui offrir ensuite à Votre tour avec la plus vive reconnaissance: daignez m'accorder les forces et la patience nécessaires pour supporter avec courage cette peine dans l'intérêt de Votre éternelle gloire, et du salut de l'univers entier. Ainsi soit-il.

 

 « Si vous désirez Me voir honorer dans l’Église, vous devez vouloir et aimer souffriravec patience : ce sera la preuve que toi, ton père spirituel, et mes autres serviteurs, vous cherchez véritablement Ma gloire. Vous mériterez ainsi Ma tendresse paternelle ; vous reposerez sur la poitrine de Mon Fils bien-aimé, que Je vous ai donné comme un pont, pour que tous vous puissiez atteindre votre fin dernière, et recevoir le fruit des peines que vous aurez supportées courageusement par amour pour Moi. » 

 

http://amdg.over-blog.fr/article-tenir-117622535.html

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 02:13

 

 

Mais surtout, surtout, comprenons bien : d'un autre côté, une telle attitude, cruci­fiante pour l'Église comme elle le fut pour la France réelle, était non seulement permise mais voulueprovidentiellement par le Saint-Esprit, parce que l'heure du suprême don était arrivée. D.H.P. infaillible, c'est donc le Saint-Esprit qui, par tous les évêques una cum le pape, signe un acte hérétique, non pas, faut-il le préciser !!! , pour ce qu'il est, le péché, c'est-à-dire la coulpe formelle, mais pour ce qu'il représente extérieurement : la malédiction, qui en soi n'est pas péché quoiqu'elle soit la peine et l'effet du péché286.

 

Et comme il est toujours et à jamais le Saint des Saints, il faut conclure qu'il veut indiquer par-là à tout fidèle catholique, que, sans pécher, il doit non seulement accepter de voir sa Mère prendre sa part de malédiction extérieure, de péché non formel, c'est-à-dire de crucifixion, aux fins supérieures et divines de la Rédemption, mais surtout en prendre sa part lui-même (chose d'ailleurs impossible à la nature humaine déchue, sans l'aide très expresse de Dieu). Comme le Christ l'a fait sur la Croix, en son temps. Il est im­portant de se rappeler, pour éviter le scandale pharisien de nos âmes, réflexe hélas comme instinctif et naturel, que "la gloire de l’homme, c'est le juste persécuté", c'est-à-dire sous l'invincible apparence de mal faire alors qu'il veut le Bien, qu'il est même en train de l'opérer. C'est... Platon qui le disait, dans un célèbre banquet où il avait réuni la crème des philosophes de son temps. Se levant solennellement à la fin du repas, il leur posa à tous la question : "Quelle est la plus grande gloire de l'homme ?" Les uns ré­pondirent : "Mourir pour la patrie !" ; d'autres : "Vivre honoré dans sa famille et sa ci­té !", etc. ; et lui, Platon, de répondre après eux tous : "Vous n'y êtes pas : la gloire de l'homme, c'est le juste persécuté". Voilà, à notre connaissance, la plus haute parole de sagesse qu'a produite l'Antiquité, sortie de la bouche d'un de ses meilleurs sages, celle qui a le plus mérité le christianisme au monde gréco-romain287.

 

Les catholiques de notre temps, surtout les seuls qui ont su garder la profession publique de la Foi, nous voulons dire les traditionnalistes, seront-ils à la hauteur de Platon ?

 

Au fond, bien compris, ce suprême opprobre de l'Église manifesté par D.H.P. est notre plus grand triomphe et la plus grande Gloire de Dieu sur cette terre.

 

Car péné­trons-en bien la raison mystique : c'est en étant terrestrement recouvert d'un manteau de péché, ainsi, et ainsi seulement, que Dieu vainc PARFAITEMENT Satan et le péché sur cette terre, "dans l'Absolu" (Léon Bloy), et que la Rédemption s'opère eschatologi-quement et non plus seulement spirituellement, c'est-à-dire par les Mérites du Christ appliqués à l'Église : à partir de là, l'Église participe au Mystère de la Rédemption par des mérites qui lui sont propres, elle devient vraiment co-rédemptrice. Pour cela, un seul chemin, que lui fait présentement emprunter le Saint-Esprit : la Passion du Christ revécue jusqu'à sa Mort sur la Croix, par laquelle "Il a été fait péché pour notre salut". Aller jusqu'à donner une apparence de victoire à Satan, de défaite à l'Église. C'est seulement après que Satan pourra être précipité enfin dans l'Abîme dont parle saint Jean dans l'Apoca­lypse, enchaîné par la chaîne du péché dont s'est revêtue prophétiquement la très sainte Vierge dans l'Apparition de La Salette, et que pourra commencer le Règne de Gloire plénier et total, les fameux Mille Ans de la Gloire de l'Église...

 

À nous de com­prendre le Plan divin, et surtout, d'y correspondre pour notre part, le plus courageu­sement possible. On parle présentement beaucoup de la gloire et de la dignité de l'homme, dans le camp de l'ennemi des âmes. Eh bien, mais précisément, chers amis : c'est nous qui en avons la clef, ET NOUS SEULS, nous, les fidèles du Christ et de l'Église véritable, humiliés dans la Crise de l’Église, que dis-je, piétines et foulés aux pieds par la Bête. Nous l'avons dans les mains et, pour peu qu'on veuille la glisser dans la serrure du portillon de Gethsémani pour y entrer, il nous est communiqué gratuitement cette gloire et cette suprême dignité de l'homme, par surcroît de notre participation à la Pas­sion...

 

De nos jours, tout homme qui veut la gloire humaine doit impérativement épou­ser ce Plan divin, participer à la Passion de l'Église, celle qui se déroule à présent, qui réplique de manière immaculée celle du Christ. C'est la meilleure et d'ailleurs la seule façon d'être prodigieusement glorifié quand Dieu viendra pour régner sur cette terre.

 

286 Les manichéens voulaient tirer de Amos III, 6 ("Arrivera-t-il quelque mal dans la ville qui ne vienne pas du Seigneur ?") et de divers autres passages similaires de la Ste-Écriture, une preuve formelle de l'existence d'un Dieu du mal. Saint Augustin leur répond, dans le "Liv. contre le manich., Adimante, c. 26 : «Il faut entendre ici, par mal, non pas le péché, mais le châtiment. Il y a deux espèces de maux : celui que l'homme fait, et celui qu'il éprouve. Celui qu'il fait, c'est le péché ; celui qu'il endure, c'est le châtiment... Ainsi, l'homme fait le mal qu'il veut pour éprouver le mal qu'il ne veut pas»" (cité par Perrone, 1.1, p. 440, note 3). C'est la même chose pour D.H.P. : à cause des péchés des hommes, mais encore parce qu'il faut que le mysterium iniquitatis s'accomplisse selon que la Ste-Écriture l'a prédit, le Bon Dieu a permis que D.H.P. soit dûment promulgué par un vrai pape, et même qu'il l'a voulu, dans le cadre de la Rédemption. Gardons-nous bien, cependant, de faire comme les antiques manichéens dualistes ici réfutés par saint Augustin, qui voulaient voir la cause efficiente du mal moral en Dieu : le Saint-Esprit ne veut D.H.P. qu'en tant que malédiction, c'est-à-dire comme la peine du péché qui elle-même n'est pas un péché, dans un mystérieux dessein de co-rédemption pour l'Église, autrement dit pour un Bien supérieur (que certes l'on ne peut saisir si l'on en reste à une vue strictement humaine).

 

287 "Quand Platon peint son juste imaginaire couvert de tout l’opprobre du crime, et digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jésus-Christ ; la ressemblance est si frappante, que tous les Pères l’ont sen­tie, et qu'il n'est pas possible de s'y tromper" (J.-J. Rousseau, Emile, liv. TV, t. III). .

 

A SUIVRE

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 00:01

 

D.H.P. nous montre donc vraiment l'Église recouverte du péché, sans faute réelle de sa part.

 

Le Bon Dieu s'est servi pour cela principalement de l'aveuglement u topique de Paul VI 283 prenant la suite de Pie XII et plus généralement de l'obscurcissement dans lequel, par rapport au monde, on voit les papes se plonger dès le Concordat de Pie VII, favorisant pratiquementla démocratie parmi les chrétiens (car cette erreur dans le Poli­tique, issue des scolastiques notamment de saint Thomas d'Aquin, était très grave : c'est elle qui, en moins de 200 ans, a finalement amené les papes et l'Église à se retrou­ver pieds et poings liés face au monde... et cette fois-ci plus sur la question politique, mais sur la question religieuse ! Le libéralisme politique amène en effet obligatoirement, tôt ou tard, au libéralisme religieux au niveau des États, qu'a consacrée officiellement la doctrine de D.H.P.284).

 

D.H.P. nous oblige à comprendre, d'une compréhension cette fois-ci spirituelle, mystique, et non plus intellectuelle ou théologique, que le Saint-Esprit se devait de mener l'Église à la Mort mystique, à la fin de ses jours terrestres, pour que l'Épouse soit parfaitement configurée à l'Époux. Et donc, en ne supprimant pas l'ignorance invincible de l'erreur dans laquelle les Chefs de l'Église post-ré­volutionnaire se sont plongés et tragiquement fourvoyés, il faut finalement compren­dre que c'est le Saint-Esprit qui a mené LUI-MÊME l'Église à... D.H.P. Car là aussi, il fallait que l'Écriture s'accomplisse.

 

Autrement dit, bien que dirigés par le Saint-Esprit, ou plutôt en dernière analyse mystique du problème PARCE QUE dirigés par Lui, les papes ont infailliblement mené l'Église à une impasse à laquelle Paul VI donna le coup fatal et final, avec l'affreux brio que l'on sait... à la terrible manière de Louis XVI cédant de plus en plus au mal quoique sans mauvaise intention personnelle, tout au contraire même, en voulant utopiquement le bien. Souvenons-nous bien, nous l'avons déjà dit plus haut, de la déclaration de Paul VI faite le jour même où il signa D.H.P.

 

("Nous, plus que quiconque avons le culte de l'homme, etc."), qui a tellement scandalisé les sédévacantistes et les nantistes, a été faite par Paul VI dans le cadre de la Parabole du bon Samaritain. En fait, cet homme  représentant l'humanité moderne, dont Paul VI disait avoir le culte, il se le représentait dans le fossé, blessé, parce que, bien qu'honnête, il n'avait plus la Foi extérieure, et lui, pape moderne, trompé par l'utopie démocratique, voulait, pour lui prouver son amour ré­dempteur et celui de l'Église dont il était le chef, aller jusqu'à faire semblant de ne plus voir son athéisme ou son égarement, pour mieux le ramener à Dieu285 (en sublimant simplement les vertus morales, comme disait Pie XII en ses sept incroyables messages de Noël 39-45 !) : d'où la Liberté Religieuse qu'il a accepté de signer. C'est-à-dire que la motivation de Paul VI était extrêmement bonne, si son utopie le faisait aller trop loin, jusqu'à l'apparence du mal. S'il a signé D.H.P., c'est pour cette raison... pastorale on peut bien dire très édifiante en soi (il n'en reste pas moins que si la motivation est pastorale, la notation théologique de l'acte posé, nous l'avons vu plus haut, ne saurait, elle, être pastorale !), et non point pour cautionner une doctrine cependant formellement héréti­que.

 

Comme Louis XVI acceptait de se coiffer du bonnet phrygien, ou commandait aux gardes suisses de déposer leurs armes pour éviter la moindre effusion de sang français (... les malheureux gardes, martyrs de l'Ordre Très Chrétien auxquels on n'a guère songé dans les procès de canonisation, furent tous massacrés pour avoir suivi cet or­dre...), non par complicité de doctrine avec les révolutionnaires, loin s'en faut, mais par miséricorde et excès d'Amour pour son peuple (in finem dilexi), peuple français qu'il ai­mait, on peut bien le dire, aussi utopiquement que Paul VI aimait l'homme moderne.

 

283

«Le pape Paul VI, humainement, est un malheureux libéral écartelé par son libéralisme avec lequel il a choisi son entourage pire que lui... dominé par les imprudences qui lui ont fait choisir des démons. Il endure un martyre qui lui coûte ce que tout le monde devine comme emprisonnement moral et physique. Il l'a voulu, miséricorde pour lui ! Puisse son martyre lui obtenir de Dieu l'avènement de sa libération... laquelle ? C'est le secret de Dieu. Prions beaucoup pour lui. Si antipathique qu'il soit, fourvoyé dans ses erreurs libérales, il EST le successeur de Pierre. Pour cela, il mérite notre pitié et notre pardon. Ceci dit, je proteste contre tout ce qu'il a lancé de faux et hérétique dans l'Église » (R.P. de Chivré, lettre écrite dans les années 1972, dans les cahiers spiri­tuels n° 2, novembre 2004, pp. 38-39).

 

284 Ce n'est pas bien difficile à comprendre : si l'on se permet, comme Pie VII l'a fait en 1801 avec Napoléon, de signer un concordat avec un État qui, publiquement, ne reconnaît pourtant pas l'origine divine du pouvoir politique dans sa Constitution fondamentale, c'est, au moins de facto, lui reconnaître une légitimité (en effet, c'est un présupposé juridique que les signataires d'un concordat reconnaissent ipso facto, par le fait même de signer, la validité de l'autre parti signataire). Or, si l'Église, par ses mandataires autorisés, reconnaît la validi­té d'un tel État sans Dieu, elle est obligée, bon gré mal gré, de reconnaître que la vie publique des hommes, dans cet État, n'appartient plus au Christ, le Christ n'y régnant plus de par la constitution politique même de l'État en question : ce qui signifie qu'elle reconnaît en pratique que toutes les religions, y compris l'absence de religion, ont égale valeur dans la vie publique des hommes de cet État. Il ne reste plus alors qu'à poser en principe doctrinal (Liberté Religieuse) ce qu'on a imposé cléricalement au niveau des mœurs, sous peine d'anathème (car ceux qui ont refusé le Concordat ont été excommuniés...) : LA LIBERTÉ RELIGIEUSE DE VATICAN II N'EST JAMAIS QUE L'ULTIME ET LOGIQUE ABOUTISSEMENT THÉORIQUE DE LA PRATIQUE DES CONCORDATS MODERNES QUE L'ÉGLISE, PAR LA VOLONTÉ DES VICAIRES DU CHRIST, S'EST PERMIS DE SIGNER AVEC DES ÉTATS CONSTITUTIONNELLEMENT NON-CHRÉTIENS, RIEN DE PLUS... MAIS, HÉLAS !!!  RIEN DE MOINS.

 

 

285 Paul VI, l'a dit Jean Guitton, il se représentait l'homme moderne comme se dirigeant vers Dieu à recu­lons, à l’envers... En fait, il aimait Dieu mais sans le savoir, et il suffisait de le tourner à l'endroit pour qu'il soit chrétien. L'image est très belle, et bien sûr, souhaitons de tout cœur qu'il en soit ainsi, que l'homme mo­derne se dirige, à travers tous ses égarements extérieurs, vers Dieu, mais... en est-on sûr ? Et surtout, en est-on sûr... pour tous ? En faire un système a priori pour tous les hommes est une utopie, qui, hélas, hélas, était déjà le fait de Pie VII, dont Crétineau-Joly disait, dans une des pages de L'Église romaine face à la Révolu­tion, qu'il "ne croyait pas au mal"...

 

A suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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