La Croix signe du chrétien, signe de victoire, est aussi la terreur des démons, car elle leur rappelle qu'au Calvaire, il y a deux mille ans, c'est par la Croix que le Christ a écrasé la tête du Serpent infernal, en opérant la Rédemption de l'humanité. Pour se venger, Satan cherche à nous arracher la Croix, au moins à la profaner et la détruire ; mais c'est en vain, car Notre-Seigneur a décidé de régner par sa Croix : Regnavit a ligno Deus (Vexilla Régis).
Terreur des démons, la Croix, le Crucifix, le Signe de la Croix. Nous en avons la preuve dans la cérémonie de L'Exorcisme, qui chasse les démons et délivre les possédés des démons, dans le Rituel Romain, (3 chapitres de la XIe partie). L'Église prescrit au célébrant (tout prêtre a reçu, avant la prêtrise, l'Ordre mineur d'Exorciste qui donne le pouvoir de chasser les démons), de faire au cours de cette cérémonie extraordinaire nombre de Signes de Croix sur le possédé ; il doit aussi faire l'Exorcisme, soit en tenant en main un Crucifix, soit en demeurant en présence d'une Croix. Cette cérémonie de l'Exorcisme, doit avoir été autorisée par l'Évêque du diocèse ou son délégué, et préparée par des exercices de pénitence. On sait par expérience que l'Exorcisme est très puissant pour chasser les démons au Nom du Christ. (Les possédés peuvent être plus ou moins esclaves du démon. Il y a des degrés dans la possession, selon la méchanceté et l'habileté diaboliques de ceux qui persécutent les chrétiens, qui répandent la corruption, l'hérésie, l'impiété, l'esprit [révolutionnaire, la drogue, l'homosexualité, la prostitution et tous les fléaux qui causent la perte des âmes, et cherchent à ruiner l'oeuvre rédemptrice du Christ et à détruire la chrétienté.)
Quelles scènes tragiques et grandioses devant les Saints Anges, qui ont vu le Fils de Dieu, sur la terre, aux prises avec les Puissances infernales ! Au début de sa vie publique, au désert de la Quarantaine, Jésus s'était laissé tenter et même transporter par Satan, mais celui-ci subit finalement une humiliante défaite. (Matt. 4, 1-11) Pendant sa vie publique, plusieurs fois, Jésus commanda d'autorité pour chasser les démons des corps des malheureux possédés.
Pendant sa Passion, le Christ daigna se livrer aux coups des suppôts de l'Enfer (Luc 22, 53), mais c'était pour écraser Satan par sa Croix et sa Résurrection, victoire qu'il avait annoncée la veille de sa mort, en déclarant : « C'est maintenant que le Prince de ce monde sera jeté dehors » (Jean, 12, 31).
En effet, Satan a perdu l'empire du monde, à mesure que le paganisme a été refoulé par le christianisme. Depuis lors, l'action néfaste de Satan sur la terre a été limitée ; elle doit s'intensifier vers la fin des temps (nous en approchons) lorsque les Puissances de l'Enfer seront toutes déchaînées pour le dernier combat dans un monde paganisé (Apocalypse de S. Jean, 20, 7). (Cf. L'Enfer, par le Chan. G. Panneton, p. 77-8).
« Devant la Croix de Jésus, Satan frémit : il discerne dans la Croix le signe de sa défaite. A l'ombre de la Croix naît la joie, et la paix, l'ordre et la liberté s'épanouissent. Par la Croix, une aurore nouvelle se lèvera sur notre monde enténébré » (L'abbé Réal Bleau, dans L'Action de Québec 19 déc. 1969).
« Dans la Croix est le salut, la vie, la protection contre les ennemis. Dans la Croix est la source d'une suavité céleste, l'énergie spirituelle, l'allégresse de l'âme. Dans la Croix est la perfection des vertus, le couronnement de la sainteté. . . Pas de salut, pas d'espoir de vie éternelle, si ce n'est dans la Croix du Christ. Ce signe de la Croix apparaîtra dans le ciel, lorsque le Seigneur viendra pour juger le monde » (Matt. 24, 30). (Imitation de Jésus Christ, Livre II, chap. 12: La Voie royale de la Croix).
Terminons par l'admirable envolée du Cardinal Pie : « Au milieu de nos divisions, nous n'avons qu'un signe de ralliement : l'Étendard de nos ancêtres, la Croix de Jésus-Christ ! Que tous les fils de la France (ajoutons : de la Nouvelle-France) marchent, comme autrefois, à la suite de ce Signe vénéré ; que la Croix du Christ soit vivante dans leurs coeurs et dans leurs oeuvres, comme elle brille encore sur la poitrine de leurs braves... et bientôt nous aurons retrouvé ici-bas la paix, la liberté, l'honneur... Et ce sentier de la gloire sera aussi le chemin du Ciel. » (Péroraison du panégyrique de S. Louis, roi de France, prononcé en 1848. Cf. Oeuvres épiscopales, vol. I, p. 83).
Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton
Édition LE BIEN PUBLIC (1972)
Trois-Rivières, Canada.
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