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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 14:32

C. —  LE TÉMOIGNAGE DE LA THÉOLOGIE.

Les théologiens ont sans cesse insisté sur le rôle néfaste du démon, dont l'origine remonte au commen­cement du monde, quand Ève introduisit le péché dans le monde.

 

Le Concile de Trente énonce qu'à la suite du péché originel, les hommes furent faits esclaves du démon, prince de ce monde et de la mort et les Pères même du Concile insistent sur l'hostilité permanente qui met aux prises le genre humain tout entier avec Satan. — Celui-ci ne cesse de tenter le monde.

 

Déjà saint Augustin avait brossé un tableau de l'univers où se manifestait l'opposition entre le corps mystique du Christ et le corps mystique du diable (Cf.  R.   P.   Mersch,   S.   J.,  Le  Corps Mystique  du  Christ, t. 11 (Bruxelles, Ed. Universelle,  1936), p. 30, note 2.)

.

 

Saint Grégoire également parlait des païens et des pécheurs comme des membres du corps diabo­lique (id., p. 405.). Il déclare, par exemple : « Certes, le diable est la tête de tous les méchants, et tous les pécheurs sont membres de cette tête. Pilate ne fut-il pas membre du diable ? Pourquoi donc les Juifs persécuteurs et les soldats qui ont crucifié le Christ ne seraient-ils pas membres du diable ? » (Hom. XVI, 25.).

 

Saint Thomas nous montre de son côté, que le démon est à la tête de tous les méchants et qu'il exerce sur le corps de péché un réel gouvernement extérieur analogue à celui qu'un prince terrestre exerce sur la multitude qui lui est soumise. Pour reprendre l'expression de Job (Job XLI, a. 7.)  ; « Satan est le Roi de tous les fils d'orgueil ». On entre dans ce royaume par le péché.

 

1. L'Action  diabolique.

 

Le péché du démon consiste à vouloir imiter Dieu, à vouloir s'attribuer la maîtrise souveraine sur toute chose ;  c'est là le  propre de l'orgueil.

 

Aussi le démon tente-t-il d'organiser le monde afin que les hommes pèchent par envie.

 

Toutefois, le diable n'a pas un pouvoir déterminant sur les hommes ; et il n'est pas, au sens strict, cause de péché. Mais il brûle le cœur des hommes par des désirs, il rôde à 1’extérieur, autour des hommes pour les exciter, les tromper, les persuader, les inviter, les tenter.

 

Il jouit d'une force qui dispose l’homme au péché. Il suffit de relire le récit de la chute d Ève pour voir la tactique suivie par Satan.

 

L'homme garde donc, devant le démon agissant et séduisant, toute sa liberté et par là toute la respon­sabilité de ses actes. Il faut ajouter encore que le démon s'est assuré — depuis le premier péché — la complicité du monde entier, qui est devenu un instrument docile entre ses mains, pour inviter les hommes à le suivre et à s intégrer dans son corps de mort.

 

Voici d ailleurs comment on a pu décrire la genèse de cette action diabolique (Cf. S. thomas, De Malo, 111, a. 3 et 4.) :

 

Au jour de la création, ce ne fut pas seulement un monde visible qui fut appelé à l'existence, mais aussi un monde invisible celui des purs esprits du monde angélique. Comme nos premiers parents, les anges furent aussi créés non pas dans l'état de pure nature, mais dans l'état de surnature. Les anges devaient, comme nos premiers parents, s'approprier par une décision personnelle libre, 1’être et la vie surnaturels. Sous la conduite du premier des anges, que l'Écriture nomme Lucifer, une partie des anges firent défaillance en refusant d'obéir à Dieu. Depuis le moment où le premier péché fut commis, il y a des démons, il y a un enfer.

 

Pas moins qu'Adam, Lucifer ne perdit sa place dans la création de Dieu.

 

D’après la croyance générale, les Anges exercent une souveraineté sur la création placée au-dessous d'eux. Lucifer, comme le premier des purs esprits, possédait une puissance de domination sur tout le reste de la Création.

 

C'est pourquoi le Christ le nomme à bon droit « le prince de ce monde ».

 

Il ressort de l'Évangile selon saint Luc que Lucifer conserva, après la chute, cette position dans l'ordre de la création. Lorsqu'au désert, le démon tenta Nôtre Seigneur, il s'approcha de Lui, en disant : « Je vous donnerai toute cette puissance et toute la gloire de ces royaumes ; car elle m'a été livrée et je la donne à qui je veux » (Luc IV. 6.).

 

Lucifer revendique ici, comme prince de ce monde, son droit à la domination de ce monde et à toutes les richesses de celui-ci. Aussi longtemps que nos premiers parents se trouvaient dans l'état de surnature, ils n'étaient pas soumis au prince de ce monde et pas davantage à la création visible. Ce n'est que si Lucifer réussissait à attirer les premiers parents dans sa chute, que ceux-ci tomberaient sous sa domination. Il ne pouvait cependant pas les faire tomber par une action sur leurs facultés spirituelles. La perception sensible extérieure seule se trouve exposée à son influence. C'est par cette voie qu'il s'attaqua à Adam et Ève. C'est bien ainsi qu'il faut interpréter le récit de la tentation au Para­dis (Gen. III, 1-7).

 

Adam et Ève succombèrent à la tentation. Dans le plein sens du terme, Lucifer devint alors le prince de ce monde.

 

2. La lutte entre le Christ et Satan.

 

Mais dès le début aussi, Satan sentit son empire menacé.

 

Du torrent de la vie humaine, surgit une deuxième Êve qui, par sa conception immaculée, retira au prince de ce monde sa souveraineté. C'était la femme qui, d'après la promesse faite, devait écraser la tête du serpent, du démon. Elle était un mystère pour le démon. Plus mystérieux était l'enfant qu'Elle mit au monde. N'était-il qu'un homme ou était-il plus qu'un homme ? S'il n'était qu'un homme, pure créature, il devait être accessible à la tenta­tion ? La méthode employée auprès des premiers parents devait, ici aussi, mener au but. Il s'attaqua effectivement, pendant la tentation du désert, au même point que, naguère auprès d'Adam : le désir d'égalité avec Dieu. Mais, ici, il fut repoussé. Toute­fois il n’abandonna pas son jeu. Il commença le siège de l'Homme Dieu et ceci représente un aspect tragique dans la vie du Christ. Il attisa lentement l'envie, la jalousie, la haine des Juifs. Finalement, il s'empara de l'un du cercle immédiat du Sauveur, d'un apôtre, de Judas Iscariote. « C'est celui, dit Jésus, à la dernière Cène, auquel je présenterai le pain trempé... Et Il trempa le pain et Il le donna à Judas Iscariote, le fils de Simon. Et après avoir pris ce morceau, Satan entra en lui » (Jean XIII, 26.).

 

Judas livra le Seigneur aux Juifs pour être crucifié. Le prince de ce monde triomphait. L'adversaire haï était supprimé. Et cependant la mort du Christ sur la Croix devint la faillite de Satan.

 

La Préface de la Croix l'exprime de manière telle­ment incomparable : « Vous avez attaché le salut du monde au bois de la Croix afin que de là où surgit la mort ressuscita aussi la Vie et que celui qui triompha par le bois fut aussi vaincu par lui ». Voilà l'accom­plissement : « Le prince de ce monde sera jeté de­hors ».

 

Aussi longtemps, qu'existe le péché originel et ses suites, la domination du prince de ce monde n'est pas interrompue. Le baptême efface toutefois la tâche du péché originel mais n'en détruit pas les suites.

 

Saint Jean ramène celles-ci à une triple cause, quand il écrit : « Tout, ici-bas, est concupiscence des yeux, concupiscence de la chair et orgueil de la vie » 63). Il y a dans la nature humaine une triple manifestation du trouble maladif héréditaire dans la vie spirituelle : le rapport avec le monde extérieur, avec l'être corporel propre, avec le Moi. Ce trouble maladif n'est pas écarté par le baptême. Il ne peut être vaincu que par l'effort moral tenace et avec l'aide de la grâce divine. Aussi longtemps qu'il existe et partout où il subsiste, un point d'accès reste ouvert au démon par lequel il peut exercer, sur les hommes et le monde, son action malfaisante.

 

Les suites du péché originel sont et demeurent les points de pénétration du démon dans les différents domaines de la vie humaine.

 

Qu'il ne s'agisse pas ici de considérations théologiques peu réalistes, la vie des Saints en témoigne de manière irrécusable, surtout de ceux dont nous avons pu pénétrer profondément la vie toute remplie de grâces mystiques. La vie héroïque des saints éloigne de leur être les suites héréditaires du péché jusqu'à produire leur complète innocuité. L’ordre paradisiaque est rétabli jusqu'à un certain degré, ainsi que l'enseigne le Docteur mystique de l'Église : saint Jean de la Croix.

 

Ce stade de la vie des saints ne peut être atteint que par ce que saint Jean de la Croix appelle la purification passive des sens et de l'esprit.

 

Mais à l'heure où le travail héroïque de l'ascèse humaine atteint les dernières racines des suites du péché originel, il se bute à la résistance la plus opi­niâtre du démon qui défend avec la plus extrême ténacité ses dernières frontières d'accès : l'élément diabolique joue ici son dernier rôle décisif dans la vie des saints.

 

La destinée du Christianisme ici-bas est aussi l'histoire du Satanisme dans ce monde.

 

A SUIVRE

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 18:28

(B). —  LE  TÉMOIGNAGE   DE   LA   LITURGIE.

Les livres liturgiques, notamment certains textes du Rituel, du Missel et du Pontifical viennent nous apporter des lumières nouvelles sur la pensée de l'Église concernant l'action du démon dans le monde.

 

1. Le  baptême.

 

Si, par exemple, on parcourt le Rituel du Baptême, on y découvre toute une doctrine concernant l'action de Satan.

 

L'Église commence, en effet, par considérer le païen comme un membre du Royaume de Satan ; le candidat au baptême est un de « ceux qui sont sous l'empire du diable » (Acte. X, 38.).  Il est effectivement dans un état de servitude, il est captif du démon.

 

Il s'agit donc de le libérer. C'est pourquoi l'Église prie afin que les liens sataniques soient rompus et on oblige le catéchumène à renoncer à Satan ; l'Église ordonne en conséquence à l'esprit impur de quitter cet homme. Une série d'exorcismes ont pour effet d'opérer cette libération. On voit par là que le monde païen est réellement envisagé comme un fief diabolique, et que le bap­tême permet aux hommes de quitter ce royaume, en devenant chrétiens, et ainsi ils entrent dans le royaume de Dieu.

 

Le Cardinal Schuster met en relief ce passage d'un empire à l'autre, quand il écrit :

« Dans l'antiquité, alors que le monde demeurait en grande partie corrompu par l'idolâtrie, le baptême des adultes comportait vraiment une conversion décisive à Dieu, et était le résultat d'une lutte suprême entre l'âme et le démon. L'âme voulait s'affranchir de la servitude honteuse de Satan, qui, par les séductions du vice et la force des passions, faisait tout pour ne pas laisser échapper sa proie. L'instant où le catéchumène descendait dans la pis­cine baptismale était le moment décisif de la lutte ; aussi, à l'imitation de ce qu'avaient coutume de faire les athlètes dans le stade, où, avant de commencer à lutter, ils oignaient d'huile leurs mem­bres, la sainte Mère Église oignait ses athlètes avec l'huile bénite des catéchumènes afin de les fortifier dans le combat.

 

« Le moment était solennel. A la demande du Pon­tife : « Renonces-tu à Satan ? » chacun des aspirants, l'index tendu vers l'occident, région des ombres, du couchant, et des ténèbres nocturnes, disait ; « Je renonce à toi, ô Satan, à ta gloire, à tes oeuvres ». Puis, se tournant vers l'Orient, le candidat prononçait la formule sainte de sa consécration : « Je me dédie à toi, ô Lumière incréée ». (Cardinal   SCHUSTER,   Liber   Sacramentorum,   t. III   (Bru-elles, Ed. Vromant,   1929), pp. 272-273.)

 

2. Le Sacrifice de la Messe.

 

Les cérémonies qui entourent le Sacrifice eucha­ristique font de nombreuses allusions à l'empire satanique.

 

Il faut tout d'abord préparer l'endroit où le Sacri­fice va avoir lieu, écarter de ce lieu toute influence du démon, afin de rendre la place toute sainte.

 

On commencera donc par faire une aspersion avec l'eau et le sel bénits. Mais au préalable, le prêtre exorcise le sel : « Exorcizo te créature salis... » car ici encore, on considère le sel, l'eau et toute matière, comme faisant primitivement partie de l'empire de Satan, il faut donc retirer ces matières de la zone d'influence diabolique et les transférer dans le royaume de la grâce.

 

C’est pourquoi le prêtre demande que le sel de­vienne maintenant, en vertu de la puissance surna­turelle contenue dans la Croix du Christ, un « sacre­ment salutaire destiné à mettre en fuite l'ennemi » que le sel exorcisé procure dès lors le salut des croyants et que partout où on le répandra, soit écartée toute imagination perverse, toute corrup­tion, toute malice diabolique, tout esprit impur.

 

Des paroles analogues sont prononcées sur l'eau ; il y est demandé que tout pouvoir de l'ennemi en soit écarté, et, qu'au contraire, elle serve à déraciner et à arracher sa puissance sur les choses, ainsi que celle de ses mandataires apostats — ... que l'esprit de « pestilence » n'y réside plus. Que partout où cette eau sera aspergée avec l'invocation du saint nom du Seigneur toute infection de l'esprit impur soit écartée et que la crainte du serpent venimeux soit rejetée au loin).

 

Les lieux, qui autrefois étaient dans les ténèbres de la mort, sont maintenant grâce à l'aspersion d’eaux bénites, éclairées et étincelantes comme la neige.

 

C'est encore ce qu'opéré l'Église en bénissant les cierges qui brûlent sur l'autel. Désormais les princes des ténèbres quitteront ces lieux, en tremblant et ils fuiront pleins d'effroi ce lieu avec tous leurs acolytes et désormais ils n'inquiéteront plus, ni le molesteront les serviteurs de Dieu.

 

L'endroit où la messe est célébrée est désormais indemne de toute influence diabolique ; le prêtre peut accéder à l'autel. Lui-même a d'ailleurs demandé que sa cause soit nettement distinguée de celle des peuples non saints et avant d'annoncer l'Évangile, il prie afin que ses lèvres soient purifiées comme par une pierre incandescente.

 

Mais ensuite, au cours du Sacrifice, il n'est plus fait la moindre allusion au diable.

 

Le prêtre et l'assemblée sont, en effet, plongés dans la sainteté même du mystère et à ce moment il n'est plus pos­sible de penser à Satan. On se trouve là dans une zone où toute présence diabolique est exclue.

 

Après la Messe toutefois, dans les prières récitées à genoux au pied de l'autel, l'Église implore encore le secours de Dieu pour repousser les attaques du démon, qui ne manqueront pas de survenir. « Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son empire, nous le demandons en suppliant ; et vous, prince de la milice céleste, repoussez en enfer par la vertu divine, Satan et les autres esprits malins qui errent dans le monde pour la perte des âmes ».

 

3. Les secours aux malades.

 

L Église, en conférant l'extrême-onction, prévoit que le démon se prépare à livrer aux âmes en danger de mort, un combat suprême et décisif. C'est pour­quoi elle prie avec insistance aux chevets des mou­rants : « Que l'accès de ce lieu soit fermé aux dé­mons... » . « Que toutes les puissances adverses s'éloignent ». « Qu'en toi la force du diable s'éteigne par l'imposition de nos mains». Lorsque la fin approche, quand le moribond entre en agonie, l'Église dans l'« Ordo commendationis animae » prie encore afin que le terrible Satan et tous ses satellites quittent les lieux et que toutes les légions de l'enfer soient confondues et s'enfuient de honte et que les ministres de Satan n'osent pas se mettre en travers de son chemin.

 

Après la mort, l'Église supplie une dernière fois afin que l'âme du défunt soit libérée de la gueule du lion et au cours des absoutes, elle demande que cette âme ne soit pas livrée aux mains de l'ennemi.

 

4.  Le monde divisé.

 

Par les quelques citations que nous avons énumérées, par les textes du Pontifical qui figurent au cours de l'ordination des Exorcistes — c'est-à-dire des spécialistes dans la lutte que l'Église mène contre les démons — on voit que la doctrine chrétienne envisage le monde comme un vaste champ de ba­taille. Depuis sa prise de possession par Satan, lors de la première chute, le monde constitue son Empire et néanmoins l'Esprit de Dieu remplit toute la terre (Spiritus Domini replevit orbem terrarum). Il y a donc une double présence, une double domination qui s'exerce sur le monde : celle de Satan, de ses légions infernales et celle de l'Esprit du Christ.

 

Les textes liturgiques nous ont montré que l'Église a le pouvoir de combattre efficacement l'influence des démons ; elle gagne — en appliquant la grâce du Christ, dans les sacrements et dans les sacramentaux — des victoires sur les armées sataniques ; chaque fois qu'elle applique cette grâce, le secteur exorcisé par elle, devient un secteur béni, soustrait à l'Empire du diable.

 

Et nous savons qu'il faudra, à la fin des temps, une purification dernière, afin que l'influence de Satan soit définitivement et totalement réduite à néant sur la terre.

 

Cette purification se fera, selon la tradition, par le feu.

 

A SUIVRE

 

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Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 12:30

(A).     LE   TÉMOIGNAGE   DE   L'ÉCRITURE

Dès le troisième chapitre de la Genèse, le démon apparaît sur la scène du monde. L'auteur sacré nous le présente sous la forme d'un serpent ; un serpent trompeur et menteur, qui tente Ève, l'incite à l'envie, à la désobéissance et la fait tomber dans le péché, entraînant, par là même, la malédiction sur 'a terre et tout ce qu'elle contient.

 

En général l'Ancien Testament ne fait que peu allusion à 1’action du démon. C'est ainsi, par exemple, qu'Isaïe interpelle ce dernier par ces mots : « Com­ment es-tu tombé du ciel, astre brillant, Fils de 1’aurore ? Comment es-tu renversé par terre, Toi le destructeur des nations ? »(Isaïe XIV,  12).

 

Ces derniers mots, notons-le en passant, mettent en relief le rôle social de Satan. Et le livre de la Sagesse nous dit : « C'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde » précisant donc l'oeuvre de mort opérée par lui.  ( Sap.  II, 24.). Mais le Nouveau Testament nous montre  par contre de très nombreuses indications sur son action.

 

1. La lutte  engagée entre le Christ et Satan.

 

Nous assistons, comme en un film grandiose, à cette lutte, dès la tentation de Jésus-Christ dans le désert. Satan essaye d'obtenir la soumission du Christ : « Je vous donnerai tout cela, si tombant à mes pieds, vous m'adorez » (Matt. IV. 9.). Jésus rencontre par la suite le démon tout au long de sa route ; et saint Matthieu nous rapporte cette parole du Christ : « C'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les dé­mons » (Matt. XII, 28.). Il s'agit vraiment d'une chasse, le Christ va à la poursuite de Satan, Il l'exclut et annihile son action. Saint Pierre affirmait de même : « Jésus de Nazareth allait de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable » (Acte.  X,  38.). Par sa mort, le Christ a définitivement vaincu le démon, saint Paul nous l'affirme catégoriquement :

 

«... Par sa mort, I1 réduisit à l'impuissance celui qui avait le pouvoir de la mort, à savoir le diable » (Hébr. II,  14.). Et saint Jean résume comme suit le rôle du Sauveur : « Voici pourquoi s'est manifesté le Fils de Dieu, pour détruire les œuvres du diable » (I Jean III,  8.).

 

Néanmoins, la victoire acquise par le Christ, ne l'est qu'en principe. De fait, Satan reste « Prince de ce Monde » et son Empire se prolonge dans ce monde par le péché. Le champ du Père reste livré aux attaques de l'ennemi, ainsi qu'il est dit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'Homme, le champ c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, les fils du Malin » (Matt.   XIII,   19.). De telle sorte que les Apôtres se trouvent à leur tour en face des armées diaboliques ; ils doivent livrer le même combat. Tel, saint Paul aux prises avec le mage Elymas, s'écrie : « Homme plein de toutes sortes de ruses et de fourberies, fils du diable, enne­mi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur ?» (Acte.  XIII, 10.). Aujourd'hui, comme dans tous les temps, « la lumière (du Christ) luit dans les ténèbres » (Jean 15.), et le monde ignore et rejette la lumière.

 

2. Le règne de Satan.

 

Jésus, aux prises avec les perfidies des Pharisiens, les dénonce en ces termes : « Vous avez le diable pour père et vous voulez accomplir les désirs de votre père ; il est homicide depuis le commencement du monde et n'est point demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il pro­fère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge » (Jean  VIII, 44.).

 

Telle est la manière d'agir du démon qui règne sur le monde. — Notre Seigneur l'appelle le « Prince de ce monde ». — Aussi, à la veille de sa Passion, avertit-il ses apôtres : « Je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car voici venir le Prince de ce monde » (Jean XIV, 30; lire encore Jean XII, 3l et XVI, 11.), indiquant par là que Judas — suppôt de Satan — approche.

 

Ce sont, en effet, les pécheurs qui sont les citoyens de ce Royaume : « Celui qui fait le péché, est du diable... Voici en quoi se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne fait pas la justice n'est pas de Dieu, ni celui qui n'aime pas son frère » (I Jean III, 8-10.).

 

Et l'on se souvient de l'aver­tissement solennel lancé par Pierre aux premiers chrétiens : « Veillez ; votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cher­chant qui dévorer » (I Petr. V, 8.). Saint Paul fait écho à saint Pierre en disant : « Revêtez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l'air », (Ephes. VI, 11-12.).

 

Dès lors, on peut caractériser l'Empire satanique comme suit : Satan poursuit à travers le monde son oeuvre de mort — il est « homicide » — il suscite des obstacles aux prédicateurs de la vérité — car il est « menteur » — il persécute, il fomente l'ido­lâtrie, il répand le doute et souffle la révolte. Cet Empire s'étend sur le monde et son époque est le siècle présent.

 

Il faut bien noter avec le Père Prat que « le grand ennemi s'est ainsi créé un royaume, dans le but de faire échec au royaume de Dieu ».

 

« Saint Paul décrit tantôt Satan comme un seul personnage ou comme un être collectif représentant le pouvoir du mal ; tantôt, il le dissémine en une multitude d'esprits mauvais, habitant les sphères supérieures, les régions supra mondaines, les ténè­bres » (F. PRAT,  Théologie de saint Paul, II, p. 73.).

 

Un commentateur résume cette même idée comme suit : « L'idolâtrie est l'expression sociale de la do­mination de Satan parmi les hommes » (R. P. Durand, Évangile selon saint Jean, p. 350 (Coll. Kerbum Salutis).). En toute occasion, Satan veut tromper les hommes, en se déguisant en Dieu, en idole. « Satan se déguise en Ange de lumière » (II Cor. XI, 14.).

 

3. Les  trois concupiscences  du  monde.

 

Saint Jean nous montre le monde soumis, sous l'action diabolique à une triple concupiscence : « Car tout ce qui est dans le monde : la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde » (I  Jean  II, 16.).

 

Si on aime le monde, tel quel, on aime aussi ses vices. La concupiscence de la chair est caractérisée par la soif de l'or et des matières précieuses ; elle fait amasser des fortunes qu on garde avec un soin jaloux. Elle fait « coller » à la terre. On trouvera en particulier dans le « capitalisme » d’aujourd'hui plusieurs mani­festations de cette concupiscence.

 

La concupiscence des yeux, est marquée par la soif des distractions et des amusements. On désire jouir et on se livre à la volupté. On use avec excès des choses charnelles. On découvrira souvent dans la littérature, le théâtre, le cinéma, l'appel de cette concupiscence. L'orgueil de la vie invite l'homme à paraître puissant, dominateur. Il fait vivre dans le faste et fait donner libre cours à toutes les ambitions. La soif de puissance, le désir d'hégémonie, le nationalisme, l'impérialisme, le totalitarisme sont tous des produits authentiques de cet orgueil de la vie.

 

Telles sont les trois armes préférées qu'utilise Satan pour corrompre la vie sociale (Lire  BOSSUET, Traité de la Concupiscence  (1694).). Saint Jean n'hésite pas à dire : « Le monde entier est plongé dans le mal » (1  Jean V, 19.).

 

4. La chute finale.

 

Malgré son astuce, sa ruse, sa force et ses succès provisoires Satan connaîtra au terme de son action terrestre une défaite retentissante. Toute l'armée diabolique et tous ses « suivants » finiront par une culbute gigantesque dans le feu éternel (Matt. XXV, 41.).

 

L'Apocalypse nous montre, en deux raccourcis im­pressionnants, cette venue du démon sur la terre pour tenter les hommes et pervertir le monde et ensuite son départ catastrophique et définitif, pour tomber dans la géhenne.

 

Voici la vision de saint Jean, con­templant l'entrée de Satan dans le champ de bataille terrestre : « Il fut précipité le grand dragon, le serpent ancien, il fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui... et il alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les comman­dements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus » (Apoc. XII, 9.).

 

A la fin des temps, le départ du même Satan sera encore plus précipité. Saint Jean précise : «... et le diable, leur séducteur, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète, et ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles » (Apoc. XX, 9. ).

 

 

A SUIVRE

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 18:15

Nous devons arracher au démon cette première victoire, qui consiste à se faire oublier…

« Nous voyons aujourd'hui ce qui ne se vit jamais dans l'histoire : le drapeau de la guerre satanique contre Dieu et contre la religion effrontément dé­ployé par la rage abominable des impies à travers tous les peuples et dans toutes les parties de l'univers ».  S. S. Pie XI, Caritate Christi Compulsi, 3 mai 1932.

 

La période catastrophique que nous vivons pro­duit nettement sur les hommes l'impression que, pour troubler l'ordre du monde, des forces surhu­maines sont en jeu ; en effet, les efforts humains semblent débordés, l'homme est vaincu par la gran­deur des puissances chaotiques.

 

C'est pourquoi... après quelques siècles d'oubli, on croit à nouveau que les forces diaboliques agitent le monde. Au cours du XIXe siècle, par exemple, le Méphistophélès de Faust n'était plus qu'un sujet de jouissances esthétiques ; en effet, on ne croyait plus en la présence active et actuelle du démon dans la vie sociale.

 

Les événements du XXe siècle ont rappelé à l'hu­manité cette présence de Satan. Et M. le Cha­noine Thils disait très justement : à propos des « tares » qui affectent les sociétés : « ... d'où vien­nent-elles ? On leur assigne généralement une source bien connue : la complexité de la nature humaine, composée de matière et d'esprit, dont l'harmonieuse synergie n'est pas toujours tendue vers le bien, comme on pourrait le désirer. Mais au delà de cette explication qui est intérieure à l'homme, il en est une autre, extérieure bien qu'aussi virulente : ce sont les esprits mauvais, et notamment Satan.

 

Ce serait bien mal comprendre l'ordre surnaturel que de l'oublier : toutes les sources inspirées rappellent son existence, sa malice et sa puissance. Or, Satan n'agit pas seulement par lui-même. Vaincu en principe par l'archange Michel et ses anges il se traîne sur le sable de la mer et suscite en permanence contre le royaume messianique une opposition collective poli­tique et institutionnelle : la « Bête qui surgit de la Mer ».  (Apoc. XII-XIII.)

 

Tout le message de l'Apocalypse en est témoin ». (Gustave THILS, Théologie des Réalités terrestres, I, Pré­ludes, p. 142 (Bruges, Ed. Desclée, 1947).

 

Nous n'avons qu'à ouvrir les yeux, pour distinguer aujourd'hui dans le monde un sursaut gigantesque de la Bête.

 

Il est donc indispensable, pour tous ceux qui s'attachent à trouver une solution aux difficiles pro­blèmes sociaux qui se posent à l'heure actuelle, de tenir compte de l'élément diabolique comme source de maux ; et donc d'édifier un programme de com­bat contre ce que Saint Paul appelait déjà le « mys­tère d'iniquité ». (II Thess.   II,  7. )

 

Trop souvent encore la sociologie contemporaine demeure dominée par le positivisme et le matéria­lisme. Cette sociologie se montre radicalement in­capable de résoudre les problèmes sociaux. En effet, elle élimine à priori toute norme morale. Le posi­tiviste ne croit qu'aux faits, qu'à l'expérience dans l'ordre naturel ; il nie qu'il y ait des principes ou une règle absolue dominant la vie individuelle ou la vie sociale. (Nous nous inspirons ici de l'ouvrage de l'abbé Paul Hanly Furley, professeur à l'Université Catholique de Washington, The Mystery of Iniquity (Milwaukee, Ed. Bruce, I943).

 

Il ne s'agit donc pas, pour lui, de juger de la bonté ou de la malice d'un acte, en le rapportant à une morale abstraite ou à une volonté divine. Auguste Comte nous a appris que nous avons dépassé l'âge théologique et l'âge métaphysique. Nous vivons dans l'âge positif. Désormais la science des mœurs dé­crira ce qu'est une société saine, comment la vie sociale peut devenir normale. En effet, ce sont les façons de vivre elles-mêmes, communes à tous les hommes, qui constituent la règle de vie s'imposant à tous.  (Cf. J. DE Romanet, La Communauté terrestre et la marche tiers l'Unité selon Auguste Comte, dans Cahiers du Monde Nouveau, décembre 1945 et janvier I946; lire notamment le chapitre intitulé: Élaboration d'une morale positive.)

 

Toute société doit ainsi copier une sorte de société « standard étalon ».

 

Tel est le modèle, la norme suivant laquelle il faut vivre.

 

De fait, l'opinion publique d'aujourd'hui professe, du moins confusément, cette morale positive. Notre peuple fait des « mœurs du jour » sa règle de vie. « Il faut agir comme tout le monde ». C'est le règne du « conformisme ».

 

On rejette ainsi toute morale formelle ; les moeurs des hommes remplacent la loi de Dieu. Cette socio­logie positive basée sur une vue fausse de la vie sociale, se trouve donc incapable de déceler la nature exacte des maux sociaux et par conséquent elle ne peut y apporter les remèdes adéquats.

 

Elle commet, en particulier, trois erreurs fonda­mentales :

 

1) la sociologie positive nie l'existence du surna­turel, invisible et donc non sujet à expérience. Elle nie, par le fait même, la vraie fin de l'homme : la vie éternelle. Or, le sens même de la vie sociale est d’être tout entière orientée vers cette fin ;

 

2) la sociologie positive ignore l'existence de la grâce ; elle prétend n'agir que selon les données de la nature ; or, nous savons qu'il est impossible d'ob­server toujours en toutes choses la loi naturelle, sans le secours de la grâce ;

 

3) la sociologie positive n'admet pas l'existence d'une norme absolue et transcendante de moralité ; elle ignore la voix de la conscience ; elle prétend n'obéir qu'aux usages et aux coutumes de la société. Dès lors, elle ne peut concevoir qu'un seul moyen de créer l'ordre social : la contrainte. La sociologie positive ne trouve finalement de salut aux maux so­ciaux que dans la réglementation étatique et les doctrines totalitaires.

 

Face à cette sociologie positive se dresse la doc­trine sociale catholique. Celle-ci professe, en premier lieu, la foi en la destinée éternelle de l'homme et, en second lieu, elle ordonne toute la vie humaine, privée et publique, individuelle et sociale, vers ce terme éternel.

 

L'Église est chargée de mener directement les hommes à cette fin ; tandis que l'État n'a qu'une mission indirecte à cet égard. L’État doit organiser la vie temporelle ; mais celle-ci doit être orientée vers la vie éternelle.

 

Dans la mesure où ces deux sociétés, l'Église et l'État, organisent la vie des peuples selon les normes énoncées, la vie sociale se déroule dans l'harmonie et la paix. Dans ce cas, il n'y a pas de problème social. Toutefois, cette hypothèse ne se réalise pas. En effet, des maux sociaux torturent en permanence l'humanité.

 

C'est ici que la foi catholique propose une thèse très nette. Il s'agit là d’un mystère, le « mystère d'iniquité » dont parle saint Paul.

 

La sociologie catholique professe, en effet, qu'il y a dans le monde une force intérieure qui, sans cesse, travaille en vue de troubler l'ordre social. Cette force est la manifestation de Faction diabolique dans le monde. Georges BERNANOS, dans Lettres aux Anglais, affirme, sa croyance en une action diabolique. 1l y dit notamment : « Je ne voudrais pas irriter les lecteurs incrédules en leur parlant du Diable, mais enfin ! Les journalistes et les chefs d'État se permettent bien de le désigner fréquemment sous le nom du Mal, de « Force du Mal», pourquoi me montrerais-je plus timide qu'eux?».

 

Il est donc indispensable que la sociologie tienne compte de l'action diabolique sur la société. — On ne peut se contenter de considérer l'action de Satan, dans chaque âme individuellement, il faut en voir également les répercussions sociales.

 

Ainsi que le dit Dom Vonier : « La tâche des historiens serait grandement simplifiée s'ils prenaient à coeur cette révélation du vrai cours des choses, faite par le Fils de Dieu qui voit tout : la vision d'une armée innombrable d'esprits impurs, inca­pables de se reposer en dehors des coeurs des hommes souillés par l'iniquité. L'exécration ou la profanation de vastes étendues de contrées chré­tiennes devient aussi simple, par cette explication, que les marches d'une armée de Napoléon ». (Dom  Anschaire VONIER,  Christianus)

 

Dom Vonier parle aussi de « tentation collec­tive ». Et l'Église elle-même n'échappe pas à celle-ci : « L'Épouse (l'Église) dit-il, suit son Époux (le Christ) sur les collines dénudées au delà du Jour­dain, avec autant de fidélité que sur la cime du Mont Thabor ». Trop de catholiques ignorent encore cette action satanique sur la société ; ils font preuve d'une « in­sensibilité tout à fait incompréhensible pour un catholique à l'égard des dangers du monde invi­sible ».

 

Il y a donc lieu d'être toujours vigilant. C'est ainsi que Baudelaire a pu dire : « La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu'il n'existe pas » et de Rougemont ajoute : « Le premier tour du Diable est son incognito ».

 

Nous devons arracher au démon cette première victoire qui consiste à se faire oublier. Il faut, au contraire, tenter de faire la pleine lumière sur son action sociale. Sans doute, ici comme en tout il faut garder la mesure ; et si nous croyons en l'action diabolique dans le monde, nous croyons aussi que l'homme garde toute sa responsabilité dans les affaires terrestres. Il y a donc deux facteurs qui jouent simul­tanément pour provoquer les maux sociaux : la fai­blesse des hommes et le mystère d'iniquité.

 

En vue de mettre en évidence l'action sociale du démon, nous voudrions successivement faire appel à l'Écriture, à la Liturgie, à la Théologie, à l'Histoire. Nous voudrions enfin mettre en relief la tactique développée par le diable pour conquérir les sociétés.

 

A SUIVRE

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 02:24

III —EN QUOI FAUT-IL SURTOUT DONNER   L'EXEMPLE ?

Le chrétien doit évidemment don­ner l'exemple de toutes les vertus: foi, espérance, charité envers Dieu; tempé­rance, justice, prudence, force; patience, douceur, humilité, indulgence, miséri­corde, support mutuel, etc... Personne n'est dispensé de pratiquer telle ou telle vertu. Il faut nous efforcer de les pra­tiquer toutes et le plus parfaitement possible.

 

Mais il y a une vertu qui devrait émerger chez tout chrétien, précisément parce que Nôtre Seigneur a voulu en faire le signe distinctif de ses disciples : LA CHARITE FRATERNELLE. Le divin Maître revient sans cesse sur l'importance de ce précepte. C'est SON commandement. "Ceci est mon comman­dement: que vous vous aimiez les uns les autres." C'est le renouvellement qu'il apporte à l'humanité régénérée en lui et par lui : "Je vous donne un comman­dement nouveau." Il apporte cette loi d'amour universel, non seulement en paroles, mais en actes, et pour ainsi dire par tout lui-même : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." (Jean, XIV, 34)

 

De par la volonté même de son Fon­dateur, l'Église (Ici, il est question de la véritable Église) est une communauté de charité. Son but, son objet, sa mission pas de dette envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. Et plus loin il ajoute: "La charité est donc la loi dans sa plénitude" (Rom., XIII, 8-10).

 

"Mais si le Christ, après les pro­phètes, insiste si fortement, en actes et en paroles, en commandements et en paraboles, sur la nécessité d'aimer effec­tivement le prochain, c'est qu'il sait bien que cela reste toujours pour nous le plus difficile. Il faut toujours y insister, car cela a toujours besoin de progresser. L'amour fraternel, condition de notre vie de fils de Dieu, est à la fois le point de départ de tout, puisque sans lui il n'y a pas de grâce, et le sommet de tout, car la perfection de la charité, c'est la perfection même et l'achèvement de la vie dans le Christ. Il n'y a pas de voie mystique plus haute que celle-là" (Lochet, Fils de Dieu, pp. 252-253).

 

Ceux qu'intéressé la rénovation spirituelle de notre temps devraient méditer davantage cette vérité fonda­mentale du christianisme.

 

Puisse chacun d'entre nous prati­quer cet apostolat du bon exemple dans son milieu et mettre l'accent sur l'exer­cice de la charité fraternelle sous toutes ses formes. Le salut du monde est à ce prix.    Fin

 

Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chrysostome)

 

 

Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur:   André Bilodeau, o.m.i.

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 18:14

II —SON   EXCELLENCE

1 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   GÉNÉRAL

 

On prêche beaucoup aux chrétiens d'aujourd'hui la nécessité d'être apô­tres. Voilà une obligation qui ressort directement de leur titre de baptisés. Mais tous ne peuvent exercer tous les genres d'apostolat à la fois et réussir dans toutes les formes du zèle.

 

La diversité des talents, des con­ditions de vie, des circonstances de mi­lieu, des devoirs d'état de chacun: autant d'éléments qui font varier à l'in­fini les formes de zèle et d'apostolat. Certains n'ont ni le temps ni les capa­cités d'adhérer à tel ou tel mouvement apostolique.

 

Mais il y a une forme d'apostolat très simple, facile, et à la portée de tous: c'est le bon exemple. C'est le moyen le plus général et dont personne n'est dispensé. Tous n'ont pas le talent d'écrire des ouvrages ou de simples articles de journaux pour faire rayonner la foi catholique; de prononcer des dis­cours et des conférences sur la religion. Mais tout chrétien peut et doit donner le bon exemple. Il le doit à Dieu, à Jésus-Christ, à l'Eglise, à son prochain.

 

Par le seul fait de sa vie irrépro­chable, de ses vertus, de sa tendance à la perfection, le vrai chrétien exerce, à son insu, une grande influence autour de lui. Il donne l'exemple de la pureté, de la charité, de la miséricorde, de la patience, de la justice, de la tempérance. Ainsi non seulement il prouve par sa conduite que la pratique de ces vertus est possible, mais il contribue à les faire aimer et désirer par son entourage.

 

On raconte que les soldats romains chargés d'arrêter Sainte Cécile furent si édifiés par l'exemple de la jeune vierge que l'un d'eux ne put s'empêcher de s'écrier: "Vive le Christ qui a une telle servante!" L'exemple de notre vie porte-t-il les ennemis de la religion et tant d'autres témoins de nos actes à s'écrier en nous voyant: "Vive le Christ qui a un tel disciple!"

 

2 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   PERMANENT

 

Le bon exemple a un avantage sur d'autres formes d'apostolat: celui d'être permanent. Nous sommes des êtres limités. Nous ne pouvons guère être en continuelle activité apostolique. Notre bon exemple peut prêcher et, de fait, prêche continuellement. Soit que nous travaillions, soit que nous priions, soit que nous nous reposions, soit que nous soyons malades ou bien portants, nous exerçons constamment cet apostolat du bon exemple. Quelque chose de surna­turel se dégage de notre vie et révèle Dieu. Le bon exemple est un parfum surnaturel, parfois insaisissable, mais qui a une grande force de pénétration, et cela d'une façon permanente. Il est "cette bonne odeur du Christ" dont parle saint Paul.

 

Qu'il est consolant de penser que, souvent même à notre insu, par le seul fait que nous vivons le plus chrétienne­ment possible et que nous cherchons à devenir de plus en plus semblables à Jésus, nous faisons du bien, nous rayon­nons autour de nous et nous exerçons cet apostolat du bon exemple. L'Évan­gile nous dit "qu'une vertu sortait de Jésus-Christ". Il en est ainsi pour le chrétien qui donne l'exemple. Une vertu sort de lui et révèle le Christ. Et cela toujours et partout.

 

3 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   EFFICACE

Pour nous prouver d'une façon élo­quente l'efficacité de cet apostolat, Nôtre Seigneur ne pouvait mieux faire que de passer la plus grande partie de sa vie, soit trente ans, à donner l'exemple, Il ne s'en est réservé que trois pour les œuvres extérieures. Dans les Actes des Apôtres, il est dit de Lui : "Il a commencé par faire avant d'enseigner".

 

Saint Grégoire nous dit à son tour : "Le moyen le plus sûr de gagner des âmes à Dieu, c'est de les attirer par l'exemple". Et saint Bernard: "Les hommes suivent plus qu'ils n'agissent. Ils ne sont menés ni par la raison, ni par la réflexion, mais par l'exemple".

 

On peut même affirmer que toutes les autres formes d'activité apostolique n'ont d'efficacité que si elles sont sou­tenues par le bon exemple de celui qui les exerce: "L'apôtre n'est pas seule­ment un homme qui enseigne la religion par la parole, disait Lacordaire, c'est un homme qui prêche l'Évangile par tout son être et dont la présence seule est déjà comme une bienfaisante apparition de Jésus-Christ".

 

En lisant les Confessions de Saint Augustin, on voit quelle lutte il eut à soutenir pour changer de vie. Au mi­lieu de toutes ses hésitations, il se disait, en voyant autour de lui tant de belles âmes demeurées vierges et pures : "Ce que sont celles-ci, pourquoi ne le serais-je pas?" Ce fut là le début de sa conversion.

 

Dans un discours aux représentants du 4e Congrès International de la Jeu­nesse catholique, S.S. Pie XI, après avoir énuméré les principales formes d'apostolat: la prière, la parole, la pro­pagande des œuvres, la charité indivi­duelle, domestique, sociale, universelle, termine en insistant sur l'apostolat si efficace que l'on peut exercer par une vie pleinement catholique:

 

"...Le grand apostolat de votre vie, toujours exposée au grand jour, sans ostentation, mais aussi sans crainte, sans timidité, aux yeux de tous ceux qui verront votre vie chrétienne, catho­lique, mais solidement, généreusement et ouvertement telle. Pourrait-il y avoir un autre apostolat qui eût plus d'effica­cité que celui dont le grand Évêque et martyr saint Cyprien parlait aux per­sécuteurs de son temps, quand il disait aux païens: " Nous ne perdons pas notre temps à discourir, mais nous vivons. Et voyez comment nous vivons. Tel est votre apostolat de toutes les heures" (Pie XI, 19-9-25).

 

Pie X insiste sur la même vérité: "Si l'esprit n'est pas réglé d'après une conduite vraiment chrétienne et sainte, il sera difficile de promouvoir les autres au bien". Et il ajoute: "Tous ceux qui sont appelés aux œuvres catholiques, doivent être des hommes d'une vie tellement exempte de tache, qu'ils servent à tous d'exemple efficace".

 

Il nous faut, à l'heure actuelle, des laïcs, des prêtres qui, par l'exemple d'une vie sainte et apostolique, apporte­ront à notre monde un regain de vie, de ferveur, et lui donneront un élan nou­veau. Trop de bons prêtres, trop de bonnes religieuses, trop de bons chré­tiens, pas assez de saints et de saintes. Si la science est nécessaire pour faire du bien aux âmes, la sainteté l'est davantage. "Un homme saint, parfait et vertueux, dit sainte Thérèse, fait en effet plus de bien aux âmes qu'un grand nombre d'autres qui ne sont qu'instruits et mieux doués".

 

Mais à quelle condition surtout ce bon exemple aura-t-il sa pleine effica­cité?

 

A la condition d'émerger, de sortir de l'ordinaire. On fait du bien non pas tant par ce qu'on dit ou par ce qu'on fait que par ce qu'on est. Plus cet exemple sera attirant, captivant, plus il entraînera et influencera l'entourage. Un bon exemple ordinaire ne suffit pas aujourd'hui, il faut un bon exemple extraordinaire, héroïque.

 

D'où vient que Jean-Baptiste s'est attiré tant d'adeptes? C'est qu'il était, selon le mot de l'évangile, "une lampe ardente". Voilà pourquoi "beaucoup ont tressailli à sa clarté".

 

Cela est plus vrai encore pour Nôtre Seigneur: bien plus encore que son enseignement, c'est la sainteté de sa vie, son exemple: 

Un exemple héroïque qui entraînait: sa pauvreté, de la crèche au Calvaire:

Hé­roïque ! Son obéissance jusqu'à la mort de la croix :

Héroïque ! Son humilité de­vant tant d'accusateurs:

Héroïque ! Sa patience dans la formation de ses apô­tres:

Héroïque ! Son audace devant les pharisiens :

Héroïque ! Sa bonté, sa misé­ricorde à l'égard des pauvres pécheurs:

Héroïque ! Sa douceur tout au long de sa passion :

Héroïque ! Son acceptation de la souffrance:

Héroïque ! Son amour pour les hommes, même pour ses ennemis 

Héroïque ! Toute sa vie provoque l'ad­miration, séduit, inspire le désir de l'imiter.

 

Le genre humain se laisse conqué­rir par ce qui dépasse la moyenne. Il nous faut plus qu'une honnête vertu et quelques talents naturels pour séduire et entraîner les masses ; il faut émerger, sortir de l'ordinaire. Saint Ignace de­mandait à ses compagnons d'être "in­signes" dans le service de Dieu. Insigne veut dire remarquable, qui frappe, qui sort des sentiers battus. Tout apôtre doit aussi viser à devenir insigne, à l'exemple du Maître, à l'exemple des saints, ses imitateurs.            (A suivre)

 

Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chryssosome)

 

Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur:  André Bilodeau, o.m.i. 

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 13:32

Introduction

Le devoir de l'apostolat s'impose à tout chrétien comme une exigence de son baptême. Mais les formes diverses d'activité apostolique ne sont pas pour tous. Un genre particulier d'apostolat convient à l'un et pas à l'autre.

 

Mais il est un apostolat dont ne peut se dispenser aucun chrétien: c'est l'apostolat du bon exemple. Qu'il le veuille ou non, qu'il y pense ou non, le chrétien, par toute sa vie, est toujours un exemple en bien ou en mal.

 

LE BON EXEMPLE: voilà un apostolat auquel nous pensons rarement peut-être, et pourtant, tous sont tenus de l'exercer.

 

Cette nécessité ressort de l'ensei­gnement de Nôtre Seigneur, de saint Pierre et de saint Paul. C'est la meil­leure des prédications et la plus néces­saire pour l'extension du règne de Dieu dans le monde. C'est de tous les genres d'apostolat, le plus général, le plus permanent, le plus efficace. Il aura d'autant plus d'influence qu'il sera transcendant et héroïque.

 

Enfin, la charité fraternelle sera le point prin­cipal sur lequel devront porter nos efforts de chrétien dans l'exercice de cet apostolat.

 

I — SA   NÉCESSITÉ

Cette nécessité du bon exemple est fondée sur l'enseignement des Saintes Ecritures. Ouvrons l'évangile et les épîtres des Apôtres. Nous y verrons exprimé et formulé presque à chaque page ce grand précepte de l'apostolat par le bon exemple.

 

1 — NOTRE-SEIGNEUR

Dans le Sermon sur la montagne, le divin Maître appelle ses apôtres "le sel de la terre" et "la lumière du mon­de". Et cette recommandation, il la fait à tous ses disciples. "Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne peut être cachée quand elle est située sur une montagne. Et on n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la mai­son. Qu'ainsi donc, ajoute le Maître, luise votre lumière devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les deux" (Matt. V, 14-17).

 

Nôtre Seigneur tient tellement à ce que le chrétien donne le bon exemple qu'il a prononcé des paroles terribles contre ceux qui, au lieu d'édifier, scan­dalisent le prochain : "Malheur au mon­de à cause de ses scandales! Il est nécessaire qu'il y ait des scandales; mais malheur à celui par qui le scandale arrive. Mieux vaudrait pour lui avoir une meule d'âne suspendue au cou et être précipité au fond de la mer" (Matt. XVIII, 6-7). Le divin Maître a rarement fulminé des anathèmes aussi terribles. Si Jésus condamne à ce point le scandale, c'est qu'il veut voir chez tous ses disciples, des âmes qui, par toute leur conduite, soient des sujets d'édification.

 

2 — SAINT   PIERRE

Lorsqu'on accusait les premiers chrétiens de crimes dont ils n'étaient aucunement coupables, le chef des apô­tres leur conseillait de n'opposer à tou­tes ces calomnies qu'une conduite sainte, innocente et irréprochable. Il leur di­sait qu'il n'en fallait pas davantage pour désarmer leurs plus ardents persécu­teurs; que la bonne vie est la meilleure des apologies; et que lorsqu'il plairait à Dieu de visiter par sa miséricorde ces ennemis de la religion, il les attirerait à lui par l'exemple des vertus de ses dis­ciples: "Conduisez-vous parmi les gen­tils d'une manière sainte; afin qu'au lieu qu'ils médisent de vous comme si vous étiez des méchants, les bonnes œuvres qu'ils vous verront faire les por­tent à rendre gloire à Dieu au jour de sa visite" (I Pierre, II, 12).

 

3 —SAINT   PAUL

A la suite de son Maître, saint Paul recommande souvent à ses deux disciples, Tite et Timothée, ce devoir du bon exemple.

 

A Tite, il demande de joindre l'exemple à l'enseignement. "En toutes choses, montre-toi un modèle de bonnes œuvres" (Tite, II, 7).

 

A Timothée, il indique les moyens de gagner la confiance des fidèles et d'assurer ainsi la fécondité de son minis­tère. Ce moyen, c'est le bon exemple: "Sois un modèle des fidèles dans les paroles, dans la conduite, dans la cha­rité, dans la foi, dans la chasteté" (I Tim., IV, 12).

 

Lui-même, le grand Apôtre, s'écrie : "Ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le" (Philipp., IV, 9). Ce n'est qu'en donnant l'exemple d'une vie sainte qu'il deviendra "un ouvrier qui n'a point à rougir" (II Tim., II, 15), c'est-à-dire un prédicateur qui ne contredit pas dans sa conduite ce qu'il enseigne.

 

Paul ne cesse de recommander ce devoir à ses premiers chrétiens.

 

Aux Philippiens: "En tout, agissez sans murmure et sans hésitation, afin, d'être irrépréhensibles et purs, des en­fants de Dieu sans reproche au milieu d'une société perverse et dépravée, au sein de laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde; vous êtes porteurs de la parole de vie" (Philipp., II, 14-15).

 

Aux Romains: "Recherchons ce qui contribue à la paix, et observons les uns à l'égard des autres ce qui peut con­tribuer à notre édification mutuelle" (Rom., XIV, 19).

 

Après avoir conseillé de ne pas rechercher nos intérêts personnels, mais ceux des autres, il nous exhorte à leur procurer les biens spirituels et à con­tribuer ainsi à leur édification: "Que chacun de vous plaise à son prochain en ce qui est bien pour l'édification" (Rom., XV, 2). Faisant écho à la parole de son Maître, il dit: "Ayez soin de faire le bien non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes" (Rom., XII, 17).

 

Il demande à ses Corinthiens d'ap­précier les dons divins et les charismes en vue du bien mutuel de la société: "Que tout se fasse pour l'édification" (I Cor., XIV, 26).

 

Il insiste tellement sur ce devoir que, s'ils n'y sont pas fidèles, saint Paul ne pourra se glorifier de leur sa­lut: "il aura couru et travaillé en vain" (Philipp., II, 14-15).

 

(A suivre)

 

SOMMAIRE

Introduction:   Tout chrétien doit être apôtre. S'il existe une grande variété de formes d'apostolat, il est un genre d'apostolat dont personne ne peut se dispenser, c'est celui du bon exemple.

I — Nécessité du bon exemple

      1 - Enseignement de Nôtre Seigneur

      2 - saint Pierre

      3 - saint Paul

II — Excellence de l'apostolat du bon exemple

      1 - c'est l'apostolat le plus général

      2 - le plus permanent

      3 - le plus efficace

III — En quoi faut-il surtout donner l'exemple?

La charité fraternelle.

 

Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chryssosome)

 

Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur:  André Bilodeau, o.m.i.

 

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