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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:25

 

Le don qui est visé dans cette parole du Sauveur, c'est la grâce, don surnaturel et par cela même inestimable. Dieu nous l'accorde par Jésus-Christ : la grâce, c'est le prix de ses souffrances et de sa passion. Elle coule de ses plaies divines comme d'autant de fontaines intarissables. La grâce purifie, nous en avons comme exemple ce qui se passe dans le baptême, la pénitence.

 

La grâce rafraîchit, nous  en  avons  comme  exemples  la  consolation,  la  joie, la douceur spirituelle que produisent la Confirmation, Eucharistie et l'Extrême Onction ; la grâce féconde par l'élan, le courage qu'elle inspire. Quelle estime ne devons-nous pas en faire ! Combien ne devons-nous pas la demander ! A chacune de nos prières bien faites, Dieu répond par la grâce ; donc, plus nous prions, plus nous nous enrichissons. Quelle pensée fortifiante, mais, d'autre part, quelle humiliation d'a­voir si peu compris cette importante vérité !

 

Quels sont, nos torts par rapport à la grâce ? Nous sommes ignorantes : nous savons à peine le prix de la grâce ; nous sommes insouciantes : nous n'y pensons presque pas ; nous sommes inconstantes : après un moment de ferveur, nous retombons dans l'apathie, la tiédeur. Au contraire, les saints connaissaient le don de la grâce, ils l'appréciaient et ils savaient l'utiliser.

 

Sainte Thérèse disait : « Si l'on voyait la beauté de la grâce, on mourrait de joie. Auprès d'elle, tout ce qui est sur la terre n'est que fumée et boue ! » Saint Thomas appelle la grâce la gloire commencée.

 

La parole de Jésus : « Si vous connaissiez le don de Dieu ! », nous apprend que Jésus regrette le peu de cas que nous faisons de la grâce, qu'il désire ardemment que nous la sollicitions et que nous en usions, qu'il aspire à la répandre en nos âmes et qu'il est tout prêt à nous l'accorder dès que nous la lui aurons demandée.

 

La grâce habituelle, c'est l'amour de Dieu qui embellit l'âme, la fait héritière de Dieu, cohéritière de Jésus-Christ, temple du Saint-Esprit. C'est la vie, la richesse, le trésor, la beauté de l'âme, c'est l'union intime avec Jésus-Christ qui produit en nous la vie divine ; car la grâce de Dieu se communique tellement à l'âme qu'elle devient parti­cipante de la nature divine. Telle fut la grâce donnée à notre premier père, telle est celle que Dieu nous rend par les sacre­ments.

Son effet est d'effacer le péché, de nous restituer les mérites perdus, de nous donner les vertus théologales et morales, de rendre toutes nos actions méritoires et dignes de l'éternelle récompense.

 

Les bonnes œuvres faites sans l'état de grâce ne seront jamais récompensées dans le ciel : « Le sarment séparé de la vigne ne donne pas de fruits » ; mais elles ménagent des grâ­ces actuelles, diminuent les obstacles à la conversion et sont suivies de bénédictions : « Tes prières et tes aumônes, dit Fange au centurion Corneille, sont montées jusqu'au trône de Dieu ». Nous devons donc chercher à faire accomplir les bonnes œuvres aux pécheurs, puisque ces bonnes œuvres préparent et facilitent leur conversion.

 

La parabole de l'Enfant prodigue nous montre ce que gagne le pécheur à faire un pas du côté de Dieu ; par conséquent, avec quelle ardeur, quelle constance nous devons chercher à ramener les âmes à Dieu !

 

Nous devons craindre de perdre la grâce par le péché mortel, de la diminuer par le péché véniel ; nous devons l'augmenter par la prière qui est la respiration de l'âme, par les bonnes œuvres qui en sont l'aliment, par les sacre­ments qui sont les canaux qui lui apportent le secours divin.

 

La grâce actuelle est une lumière surnaturelle et un bon mouvement : c'est le secours du moment figuré par l'Étoile des Mages. L'homme ne peut persévérer dans le bien sans quelques grâces particulières. Comprenons par là quel besoin nous avons de la grâce et comme nous devons souvent la demander. Dieu accorde toujours les grâces nécessaires à ceux qui, par devoir, se trouvent dans l'occasion du péché, mais il peut les refuser à ceux qui s'y trouvent sans nécessité.

 

Dieu donne à tous les hommes la grâce de la prière avec laquelle ils peuvent obtenir toutes les autres grâces, parce que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.

 

Ne nous attribuons pas les vertus que nous voyons en nous, parce que ce n'est qu'avec le secours de la grâce que nous en faisons des actes.

 

La grâce opère en nous, mais elle nous laisse libres pour nous laisser le mérite. Pour faire le bien, il faut que nous agissions avec elle, c'est-à-dire que la grâce nous accompagne et nous aide dans la coopération.

 

Si nous faisons le bien que la grâce nous inspire, Dieu augmente le nombre et la force de ses grâces. Jésus-Christ dit : « On donnera à celui qui a déjà ». Un acte de vertu est l'occasion de grâces puissantes et nombreuses et la grande récompense sera celle du ciel.

 

Si nous résistons à la grâce, Dieu en tarira les sources et nous serons exposées à tomber dans l'aveuglement de l'esprit et l'endurcissement du cœur.    (L. nicolle.)

 

 

Le 19 mars, c’est la fête de Saint Joseph, époux de Marie.

Saint Joseph descendait de la race royale de David, mais il vivait à Nazareth de l'humble profession de char­pentier, lorsque Dieu l'appela à la plus éminente sainteté, le choisit pour époux de la très sainte Vierge Marie, et le donna pour protecteur et pour père nourricier à son Verbe incarné.

 

Joseph, dit la Sainte Écriture, était un homme juste ; innocent et pur, il fut le digne époux de Marie ; affec­tueux et tendre, il mérita que Jésus l'appelât son Père ; prudent et discret, il fut dépositaire de l'autorité de Dieu dans la Sainte Famille, et le Ciel le trouva toujours docile et obéissant à ses ordres. La conversation de Joseph était plutôt avec les anges qu'avec les hommes. Plusieurs fois il re­çut un message de la part des anges eux-mêmes.

 

Dans la douce retraite de Nazareth, Joseph vécut de longues années, unis­sant à son travail la contemplation des choses divines, jusqu'au jour où il expira doucement entre les bras de Jésus et de Marie. Le culte de saint Joseph est aussi ancien que l'É­glise. Dieu toutefois réservait au dix-neuvième siècle l'é­panouissement de ce culte si touchant, et Pie IX répondit à un besoin pressant des âmes en déclarant saint Joseph Patron de l'Église universelle.

 

   Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 08:58


                        

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Ces mauvais esprits deviennent plus malicieux, plus savants et plus iniques dans leurs entreprises contre notre salut, parce que, dans leurs précédentes luttes contre les âmes qu'ils ne pouvaient vaincre par leurs propres forces et leur science personnelle, ils ont été instruits de ruses plus perfides par leurs compagnons, tombés d'un chœur céleste plus élevé, et plus astucieux et plus puissants qu'eux.

 

Tous les démons qui sont sur la terre et qui sont déchus du dernier rang de la milice angélique ne sont pas occupés à nous tenter. Ceux qui n'exercent pas cette fonction ne restent pourtant pas inactifs. Leur rôle consiste à tourmenter leurs compagnons d'infortune chargés d'éprouver les hommes, lorsqu'ils ne peuvent vaincre ceux-ci et les amener à obéir à leurs suggestions.

 

La justice divine en a ainsi ordonné et, chaque fois qu'un esprit tentateur ne réussit pas à triompher de l'âme qu'il a pour mission d'induire au mal, chaque fois qu'il ne peut, malgré ses efforts, l'incliner vers le péché, il est lui-même frappé par les autres diables. Ce tour­ment s'ajoute aux autres peines générales qu'il endure.

Toutes les fautes que nous commettons réjouissent l'enfer, mais aussi tous les actes de vertu que nous accomplissons, toutes les prières que nous prononçons, sont des occasions d'humiliations et de souffrances pour le Révolté et ses esclaves.

 

Lorsque le saint nom de Jésus est prononcé par un homme avec dévotion, tous les démons, aussi bien ceux qui sont dans les ténèbres de l'abîme que ceux qui parcourent les airs ou habitent la terre, sont forcés de fléchir le genou. Ils ne le font pas de leur propre vo­lonté, mais ils y sont contraints par la force divine de ce nom très saint.

 

Il arriva une fois, raconte sainte Françoise Romaine, que, s'entretenant avec son directeur de conscience de sujets spirituels, elle prononça le nom de Jésus. Aus­sitôt des démons, que la bienheureuse voyait sous divers aspects, frappèrent la terre de leur bouche avec une grande crainte.

 

Plus  la personne qui dit ce nom béni excelle en charité et en perfection chrétienne, plus les esprits déchus éprouvent de peine et souffrent cruellement.

 

Par contre, lorsque des pécheurs transforment cette appellation en blasphème ou en une vaine formule, les diables, bien que contraints malgré eux de plier le genou, ne s'en affligent pas, mais sont contents et s'en réjouissent à cause du péché qui est commis. De cette façon parfois ils s'attristent et parfois ils éprouvent de la satisfaction, mais, dans l'un comme dans l'autre cas, ils sont forcés de témoigner leur respect à leur Créateur.

 

De même toutes les fois que le nom de Jésus est pro­noncé soit en vain, soit par blasphème, soit par parjure, tous les esprits glorieux qui habitent la céleste patrie, de nature angélique ou de nature humaine, fléchissent le genou avec un grand respect. Ils n'éprouvent pas, il est vrai, la même joie que lorsqu'ils l'entendent louer et bénir, mais ils ne le saluent pas moins avec une ex­trême révérence.

 

Mais quand ce nom béni est invoqué et exalté, sur­tout par des personnes consacrées entièrement à Dieu, les habitants du Ciel manifestent une vénération pro­fonde et une joie indicible.

 

De même lorsque les hommes prononcent les autres noms de Dieu et celui de la Vierge Mère, les esprits glo­rieux, anges et saints, en éprouvent de la joie et de la fierté à proportion des mérites de ceux qui parlent.

 

Sainte Françoise Romaine disait que toutes les fois qu'elle proférait le nom de Jésus, ou que quelqu'un le prononçait devant elle, son ange, qu'elle voyait conti­nuellement, faisait la révérence avec un visage éclatant de félicité et un mouvement plein d'allégresse. Il ap­portait à cette action une telle dignité, une telle grâce, que la bienheureuse, à sa vue, se sentait tout enflammée d'amour pour Dieu.    FIN

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud Landriot et Cie 1841.

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 09:44

                         

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

La servante du Christ comprenait en effet et con­naissait, par une faveur de la grâce divine, de quel rang était tombé chacun des ennemis qui la combattaient.

 

Lorsque ces esprits malfaisants viennent tenter une âme qui se défend courageusement, certains d'entre eux l'assaillent de front et les autres par derrière, comme des traîtres.

 

Cela arrivait souvent à sainte Françoise Romaine. Elle apercevait les diables placés derrière elle faire des signes à ceux qui se tenaient devant, et à leur com­pagnon chargé plus spécialement de l'éprouver. Elle les voyait, sous différents aspects, exécuter ce manège, et elle le comprenait. Elle se trouvait alors dans son état naturel et non pas en extase.

 

La bienheureuse fut interrogée par son Père spiri­tuel, au nom de l'obéissance, sur le point de savoir si elle distinguait ces démons les uns des autres, tant ceux qui tombèrent du dernier chœur angélique que ceux qui déchurent d'autres rangs de l'armée céleste.

 

Elle répondit qu'elle les distinguait parfaitement à cause de leur astuce et de leur malice dont le degré les rendait facilement reconnaissables les uns des autres. Elle le voyait et le comprenait dans les diables eux-mêmes et dans leurs tentations et leurs luttes contre elle-même et les autres personnes.

 

Lorsque les âmes s'endurcissent dans le péché mor­tel, les malins esprits s'établissent sur elles, comme sur un trône, et les dominent sous divers aspects et par des moyens différents, selon le nombre et la gravité de leurs péchés.

 

Mais lorsque ces âmes se repentent de leurs fautes et les confessent, les démons perdent leur empire sur elles et se voient renversés du siège ou ils s'y étaient ins­tallé ; alors ils rôdent tout autour d'elles, les tentent, s'efforcent d'y pénétrer de nouveau au moyen de quelque perfide   suggestion, et leur  causent mille in­quiétudes.

 

Cependant après une bonne confession ils ne peuvent plus les tourmenter autant, parce qu'ils ont été affaiblis par la puissance et l'efficacité préventive du sacrement de pénitence.

 

Cependant l'âme qui, durant sa vie terrestre, n'a pas su remporter la victoire sur les esprits mauvais, vient à sortir du corps qui lui avait été accordé pour gagner dans les combats la béatitude éternelle.

Le démon qui lui avait été donné pour l'éprouver se précipite sur elle avec un grand élan et une grande fureur et l'entraîne vers l'enfer.

 

Sainte Françoise Romaine voyait ces âmes infortunées, ainsi menées avec une rage et une cruauté inouïes, porter leurs péchés inscrits sur leurs fronts. Elle lisait ces caractères de honte et comprenait ainsi les causes de leur damnation ; mais chacune de ces infortunées connaissait les fautes de ses compagnes de malheur par une simple opération de l'esprit.

 

Les autres démons qui habitent sur la terre parmi les hommes accompagnent aussi l'âme réprouvée. Ils la tourmentent cruellement et la déchirent avec achar­nement jusqu'à ce qu'ils l'aient jetée dans l'enfer.

 

Alors le mauvais esprit qui a été victorieux de cette créature humaine, et ses compagnons d'iniquité qui se sont unis à lui pour la faire souffrir se réjouissent et célèbrent leur triomphe avec grande joie, tandis que leur victime tombe dans l'abîme.

 

Mais l'ange gardien qui, durant toute la vie terrestre de cette âme, s'est tenu constamment à sa droite et lui a suggéré sans relâche les bons conseils qu'elle a repous­sés, ne la quitte pas immédiatement après la mort. Après qu'elle est sortie de son corps, il l'accompagne jusqu'au moment où elle est précipitée dans l'enfer qu'elle a mérité justement par ses péchés, puis il remonte à la place qui lui a été fixée dans la gloire bienheureuse.

 

Mais lorsque, par une opération de la grâce divine, l'âme est envoyée en purgatoire, et lorsqu'elle est pla­cée dans la demeure inférieure de ce lieu de purification, le démon qui, durant son séjour sur la terre, lui avait été donné pour l'éprouver, se tient sous ses yeux hors du purgatoire. Là il est tourmenté cruellement sur l'or­dre de Lucifer, parce qu'il n'a pas réussi à gagner une nouvelle recrue au royaume infernal. Le supplice qu'il endure pour ce motif est distinct et séparé des peines générales qu'il subit pour n'avoir pas pris parti pour Dieu lors delà grande révolte du commencement, et il s'y ajoute comme un accroissement de tourment.

 

De son côté, l'âme, placée dans la demeure inférieure du purgatoire, souffre des peines particulières à cause des victoires partielles qu'elle a permis au malin esprit de remporter sur elle, et à cause aussi de l'épouvante qu'elle ressent à le voir si horrible, et de la douleur qu'elle éprouve, d'entendre ses reproches. Son ancien tentateur, en effet, lui fait honte des supplices qu'elle endure, et lui répète qu'elle les a mérités en obéissant à ses suggestions perverses et en offensant son Créateur.

 

Après que cette âme a été purifiée de ses fautes dans la demeure inférieure du purgatoire et en est sortie, le démon retourne sur la terre et il y est en butte aux moqueries des autres esprits mauvais, parce qu'il a perdu cette âme par sa mollesse et par sa négligence.

 

Lorsque ces suppôts de l'enfer, chargés du rôle de tentateurs, n'ont pas réussi dans la mission qui leur avait été confiée par Satan, ils ne sont plus délégués auprès d'autres hommes pour les éprouver ; mais ils errent sur la terre, tristes et misérables, et commettent les autres méfaits qu'ils peuvent.

 

Quelquefois, par une permission divine, ils sont en­voyés pour leur confusion dans le corps de bêtes brutes. D'autres fois ils possèdent les hommes et les femmes vivants et affirment mensongèrement être les esprits des défunts. Ils prennent même fréquemment les noms des décédés dans le but de diffamer leur mémoire.

 

Mais les démons qui ont gagné les âmes qu'ils étaient chargés de tenter, après avoir conduit leurs victimes en enfer, remontent sur la terre et demeurent parmi nous avec la réputation de vaillants et victorieux cham­pions de la cause de Lucifer. Leur chef leur confie ensuite de nouvelles missions semblables auprès des hommes.       (A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 09:25

                        

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Il faut ajouter que les démons des airs et de la terre qui firent partie du premier ou du deuxième ordre de la hiérarchie céleste souffrent de plus grands supplices que les autres déchus d'un rang inférieur.

 

Il en va de même pour les prisonniers de l'abîme in­fernal. Plus ils ont jadis occupé dans le ciel une place élevée, plus ils sont maintenant tourmentés cruellement, parce qu'ils ont été plus coupables que leurs inférieurs.

 

La bienheureuse Françoise Romaine, lorsque éclataient de violentes tempêtes qu'elle reconnaissait produites par les malices des démons de l'air, avait coutume d'al­lumer des cierges bénits et d'asperger la maison d'eau bénite. Elle assurait que c'était là le remède le plus efficace contre les tourmentes delà nature nées de cette cause.

 

Elle disait aussi que les esprits mauvais qui habitent parmi nous, nous sont donnés pour nous éprouver, sont tombés du dernier chœur céleste, de celui des Anges.

 

De même, d'après elle, les Anges qui nous sont accor­dés par la bouté divine, pour nous garder, font tous aussi partie du dernier chœur.

 

Les démons chargés de nous tenter travaillent sans relâche à nous faire périr. Ils s'y acharnent de tant de manières, avec des moyens si puissants, avec tant d'astuce, de malice et d'habileté, que l'homme qui peut échapper à un tel nombre de pièges et d'embûches, doit s'estimer véritablement heureux; car l'âme, à moins qu'elle ne soit extraordinairement vigoureuse et coura­geuse, est perpétuellement tracassée et attaquée par l'armée des esprits pervers soit d'une façon, soit d'une autre.

 

Lorsque les âmes viriles ne se laissent pas vaincre par ces tentations, mais leur résistent avec constance, les démons tombés du dernier chœur des anges recon­naissent leur impuissance et appellent à leur aide d'autres esprits plus astucieux et plus remplis de malice.

 

Ces nouveaux arrivants enseignent alors aux diables chargés de nous éprouver ; comment ils doivent s'y prendre pour tenter et tourmenter les âmes qui se dé­fendent avec un courage et une persévérance extraor­dinaires, en les attaquant avec une violence extrême.

 

Il en arriva ainsi à la bienheureuse Françoise Romaine, ainsi qu'elle le déclara à son confesseur; car non seu­lement elle était tentée et tourmentée par l'inique esprit chargé auprès d'elle de ce rôle, mais elle l'était encore continuellement par les démons des airs, déchus du chœur des séraphins, et par d'autres diables de la terre ; et elle était en butte aux attaques non pas d'un seul d'entre eux, mais de plusieurs.  (A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:24


                      

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Les malins esprits qui font leur demeure dans les régions aériennes produisent très souvent des pluies, du vent, des tempêtes et des orages de grêle. Ils s'en servent pour effrayer les âmes des hommes, les troubler et finalement les affaiblir. Ils en profitent pour diminuer en elles la confiance en la divine Providence et les faire défaillir dans la foi.

 

Lorsque ces âmes sont ainsi débilitées par les ma­nœuvres des démons de l'air, les esprits déchus qui existent sur la terre, mêlés aux hommes, les amènent plus facilement et plus rapidement à commettre des péchés d'orgueil.

 

Alors les diables, tombés du deuxième ordre de la hiérarchie angélique et soumis au démon Asmodée, prince du vice charnel, et qui habitent en ce monde parmi nous, trouvant ces âmes affaiblies par les esprits des airs et tentées d'orgueil, les attaquent et les font tomber plus vite et s'embarrasser dans des fautes con­traires à la chasteté.

 

A leur tour les esprits déchus des trois derniers chœurs de la milice céleste et soumis à Mammon, prince de l’avarice, qui ont pour fonction d'éprouver les humains et demeurent au milieu d'eux, attaquent ces âmes af­faiblies et enfoncées dans les dérèglements de l'orgueil et de la chair. Ils en ont plus commodément raison et leur inspirent l'avarice et l'amour exagéré de l'argent.

 

C'est alors qu'intervient Belzébuth, prince des ténè­bres. Il répand sur ces âmes qui ont quitté la pratique de la vertu les voiles de l'erreur et les éloigne de la vérité.

 

Ainsi ces âmes malheureuses, ne résistant pas aux suggestions des démons, tombent d'un péché dans un autre.

 

Chaque diable, désigné pour attaquer un homme, ne s'occupe que de lui seul et n'en tente pas d'autres, mais il applique toute son étude et tous ses efforts à le pervertir, sans prendre aucun souci d'autre chose.

 

Mais après qu'il a réussi à vaincre cet homme, il le persuade de commettre des fautes contre son prochain, dans le but d'offrir à ce voisin des occasions de tenta­tion, de scandale et de pécher. Par cette voie, ce diable attaque d'autres âmes et leur fait du mal.

 

Bien que les princes infernaux et les esprits qui leur sont soumis remplissent des fonctions distinctes sui­vant les différents vices, cependant, dans leur œuvre mauvaise, ils s'entendent entre eux et s'aident mutuel­lement dans le but de conduire les âmes à leur perte. En effet, après qu'un homme soit tombé dans une faute, s'il ne s'en retire pas promptement, il court le risque d'être entraîné plus rapidement dans d'autres.

 

Dieu, dans sa justice, a imposé aux démons, dans l'en­fer, le même ordre qu'il a établi parmi les anges dans la gloire bienheureuse. Lucifer en effet domine dans son royaume d'iniquité et de douleur. De même que les Anges glorieux obéissent aux préceptes de leur Créateur, chacun dans sa fonction, de même les esprits malins, chacun dans son rôle, obéissent aux ordres de Lucifer, parce que Dieu l'a ainsi décidé.

 

Ce ne sont pas seulement ceux qui demeurent en en­fer, qui lui sont ainsi soumis, mais ce sont aussi ceux qui habitent les airs et existent sur la terre parmi nous. Ainsi tous les actes de la tentation s'accomplissent en un seul moment.

 

Aucun démon n'oserait tenter les âmes sans l'ordre de Lucifer, et il ne peut attaquer les hommes à l'aide de ses suggestions perverses qu'autant que Dieu l'y autorise et le lui permet dans sa sollicitude pour le per­fectionnement de ses saints.

 

Lucifer d'un même regard voit tous les diables de l'enfer, des airs et de la terre. De leur côté, ceux-ci comprennent la volonté de leur roi, chacun dans l'exé­cution de son rôle. Ils se voient aussi entre eux sans aucun obstacle. Et cela se produit sur la permission et l’ordre de la justice divine.

 

Les esprits déchus qui peuplent les airs ne sentent pas les atteintes du feu infernal, cependant, sans ce tourment, ils souffrent des peines très grandes, ils se frappent entre eux d'une manière générale et ressentent des douleurs très vives à cause des bonnes actions qu'ils voient les hommes vertueux accomplir. D'ailleurs tous les autres démons sont aussi tourmentés et châtiés par la même vue.

 

Le sort des diables qui demeurent sur la terre parmi nous, est semblable à celui de leurs compagnons d'in­fortune, qui existent dans les régions supérieures, en ce qui regarde les peines qu'ils endurent.

 

Mais les anges tombés qui habitent continuellement en enfer restent toujours dans les brasiers éternels et subissent la peine du feu.

(A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 08:06

Servir Dieu, c'est employer notre existence à faire ce qui lui plaît ; et il y a pour nous une obligation de le servir ainsi. Cette obligation résulte de ce que nous lui appartenons en toute propriété. Lui seul nous a créés, a façonné nos membres, a formé notre corps ; lui seul a animé ce corps en lui unissant une âme douée des facultés de connaître, de vouloir et d'ai­mer. Lui seul par conséquent est notre maître, nous sommes son bien, sa chose, son ouvrage, et nous ne nous appartenons point à nous-mêmes.

 

Or, si le fonds de notre être est à Dieu, tous nos actes doivent également être à lui, pour cette double raison que les revenus d'un fond appartiennent à celui qui en est propriétaire, et que Dieu, en nous créant, n'a pu nous créer pour une autre fin que pour le servir, puisqu'il n'est point d'autre fin digne de lui.

 

Donc nous rechercher nous même ou rechercher la créature en quoi que ce soit, c'est commettre un larcin sur le domaine essentiel de Dieu. Rigoureusement, nous ne devons vivre, agir, parler, penser que pour Dieu ; n'user de nos pieds que pour aller où il veut, de nos mains que pour faire ce qu'il veut, de notre lan­gue que pour dire ce qu'il veut, de nos yeux que pour regarder ce qu'il veut, de notre esprit que pour penser à ce qu'il veut, de notre cœur que pour aimer ce qu'il veut, de notre santé, de nos forces, de notre temps que pour les employer à ce qu'il veut ; car tout cela est à lui et ne doit servir qu'à ce qui lui plaît.

 

Donc, que je sois dans une condition ou dans une autre, dans la souffrance ou la jouissance, dans l'aisance ou la pauvreté, je n'ai pas le droit d'y trouver rien à redire. Dieu est le maître ; il peut faire de son bien ce qui lui convient et je dois toujours le trouver bon.

 

Est-ce que cette vérité me con­fond ! Hélas, je pense à moi plus qu'à Dieu, je travaille pour moi plus que pour Dieu, je m'aime plus que Dieu. J'ou­blie qu'il est ma fin, que je ne dois vivre que pour lui ; et, comme si j'étais moi-même ma propre fin, je rapporte tout à moi, à mes aises, à mes goûts, à mes volontés. En me détour­nant ainsi de ma fin, je compromets mon salut, mon éternité. Il est urgent pour moi de changer ma manière de vivre.

 

Comment Dieu veut-il que nous le servions ?  Dieu veut que nous nous donnions à lui tout entiers, à lui seul, à lui toujours, à lui par estime et par amour.

 

   1° A lui tout entiers : car, puisque nous tenons tout de lui, et l'âme et le corps, et nos facultés avec leurs actes, et notre existence avec tous les moments dont elle se compose, nous devons tout lui donner ; et, en lui donnant tout, nous ne faisons que lui rendre son bien : lui donner un rien de moins ne saurait le contenter.

 

   2° A lui seul : car nul autre n'ayant contribué à notre être, doit se dire chacun de nous, sinon comme instrument de ses volontés, je dois le servir lui seul, c'est-à-dire avoir une intention constante et invariable, droite et pure, de plaire à lui seul, sans égard à personne ni à moi-même. Donner à un autre la moindre partie de mon cœur ou de mon temps, ce se­rait la faute du serviteur qui, ayant sous la main les biens de son maître et la dispensation de ses revenus, en retien­drait une partie pour son propre usage ou pour celui de ses amis ; car les actes de mon corps ou de mon âme ne sont que comme les produits de ma substance qui est toute à Dieu.

 

   3° A lui toujours : car tous mes moments lui appartien­nent essentiellement ; s'il cessait un seul instant de me soute­nir, je tomberais dans le néant ; s'il cessait de concourir avec moi pour l'action, la parole ou la pensée, je ne pourrais ni me mouvoir, ni parler ni agir. Donc, tous les jours et à tous les instants du jour et de la nuit, je dois être à vous, ô mon Dieu, toujours appliquée à vous plaire; et dérober un seul moment pour moi ou pour la créature, ce serait léser vos droits, ce serait usurper ce qui vous appartient.

 

   Je dois être à Dieu par estime et par amour, c'est-à-dire que, quand même je n'attendrais rien de Dieu, je de­vrai s encore être toute à lui, parce qu'il m'a créée et me con­serve par un amour tout gratuit, non seulement sans intérêt, mais souvent même contre les intérêts de sa gloire que j'of­fense. Je dois  donc m'oublier moi-même pour ne chercher en tout que Dieu seul, et ne rien faire que pour son amour. C'est là la première leçon du catéchisme, contenue dans ces paroles : Dieu nous a créés pour le connaître, l'aimer et le ser­vir : telle est la pierre ferme sur laquelle doit s'élever l'édi­fice de toute religion et de toute perfection ; et ce fut dans ces pensées qu'Abraham trouva le courage de quitter son pays, de sacrifier Isaac, de mener une vie parfaite, et que Job trou­va la patience et la résignation parmi les plus grandes cala­mités. C'est à nous à en tirer le même profit. Malheur à nous, si nous ne le faisons pas !

 

Oui, mon Dieu, j'en prends mon parti ; je me détermine franchement, généreusement, entièrement à vous servir : je ne veux que cela au monde et je le veux de toutes mes forces, sans vue intéressée, sans respect humain. Je vous laisse mon cœur et le livre tout à votre amour, je le dévoue à vos desseins, je l'abandonne à votre conduite : j'éviterai avec soin les moindres fautes ; et je ferai tout le bien possible avec toute la perfection dont je suis capable, c'est-à-dire promptement et sans délai, pleinement et sans aucun mélange de ma volonté, purement et sans autre vue que celle de vous plaire, constamment et sans me lasser ni m'ennuyer, ni cesser que je n'aie fini ce que vous voulez de moi.

 

Que ne fait pas Dieu pour une âme qui se donne ainsi pleinement a lui !

Il établit sa demeure en elle ; il l'inonde de sa grâce et de ses consolations. C'est une paix qui surpasse tout sentiment et qu'accompagne une joie délicieuse ; c'est comme une fête continuelle, c'est un avant-goût du paradis.

 

Oh ! Si vous saviez comme on est donc heureuse quand on aime et que l'on sert Dieu de tout son cœur et qu'on est malheureuse au contraire, quand on résiste à ses avances et qu'on met des ré­serves à son service ! On souffre beaucoup, on souffre sans mérite ; et cet enfer anticipé n'est souvent qu'un prélude de l'autre qui durera éternellement.

 

O mon Dieu, qu'il fait donc bon vous servir ! Encourageons-nous par ces considé­rations à tout faire pour Dieu, et à tout faire le mieux possi­ble.

 

Passons en revue tout ce que nous avons à faire aujour­d'hui, et proposons-nous fortement de le faire pour Dieu seul et avec toute la perfection que nous pourrons.     Ainsi soit-il.

 

 

Sainte Thècle, vierge et martyre.

Elle est une des plus anciennes et des plus illustres saintes nommées au martyrologe de l'Église. Avant même sa conversion au christianisme, Thècle jouissait d'une grande réputation littéraire qui fut toutefois dépassée par sa science dans les choses de Dieu.

 

Thècle avait été fiancée à un jeune homme riche, noble et généreux, mais en entendant les pa­roles enflammées de l'apôtre saint Paul, elle renonça aux noces de la terre, et demeura insensible aux sollicitations de ses parents. Dès qu'elle en trouva l'occasion, elle s'enfuit même de leur demeure, pour mettre en sûreté le trésor de sa vertu.

 

La colère de ses parents ne connut plus de bornes, ils la dénoncèrent à l'empereur qui épuisa contre elle tout son pouvoir et toutes ses rigueurs. La vierge de Jésus-Christ de­meura invincible. On la condamna à être brûlée vive, mais s'armant du signe de la croix, elle s'élança d'elle-même dans le bûcher qu'une pluie miraculeuse éteignit aussitôt.

 

Traînée à Antioche, Thècle y fut exposée dans l'amphithéâtre à la fureur de lions affamés et de taureaux furieux qui ne lui firent aucun mal ; jetée dans une fosse remplie de serpents, elle en sortit saine et sauve. Thècle, laissée libre, revint dans sa patrie et se retira dans la solitude des montagnes.

 

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉS (1933)

 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:18

Bien des personnes se récrient au simple mot de méditation parce qu'il leur semble  que c'est là un exercice absolument incompatible avec la vie et les exi­gences du monde moderne.

 

D'autres, plus éclairées et plus sincères, reconnaissent que la méditation est une pratique salutaire à tous les chrétiens et très recommandable pour tous, mais elles s'effraient des prétendues difficultés que présente cette pratique. 

 

Méditer !...  cela leur semble  aussi ardu et surtout aussi difficile que d'apprendre le chinois !... Finalement, il arrive trop souvent que les unes et les autres répudient la méditation, sans même en avoir fait aucun essai.

 

Les griefs que l'on a contre la méditation sont-ils sérieux, ou n'est-ce pas par une déplorable légèreté et par une funeste condescendance aux suggestions du mauvais esprit qu'on se prive d'un secours si précieux, notamment pendant les années de la jeunesse ?

 

Nous devrions d'abord nous pénétrer de l'utilité, de la nécessité de la méditation. Notre répugnance serait bien plus facilement vaincue si nous avions la certitude que ce moyen de persévérance ne peut être suppléé par aucun autre. N'est-il pas vrai qu'on repousse généralement un remè­de qu'on sait être très amer si l'on n'a qu'une demi confiance dans son utilité ? Mais lorsque le médecin déclare et démontre que ce remède est nécessaire pour nous guérir de la maladie qui menace de ruiner notre santé, on n'hésite plus à accepter cette mortification. Eh bien, la méditation est beaucoup moins désagréable qu'une potion pharmaceutique ; elle est même au contraire très douce et très bienfaisante ; et, d'autre part, elle est infiniment plus nécessaire que les remèdes pres­crits par les médecins ; car, si ces remèdes doivent guérir le corps, la méditation doit assurer la santé de l'âme ou la lui rendre lorsqu'elle l'a perdue.

 

Pour s'en convaincre, il suffit de rentrer en soi-même, de réfléchir sur notre faiblesse naturelle et la puissante impres­sion des vérités du salut pour y faire contrepoids ; il suffit de lire la vie des saints ou un de ces excellents ouvrages de saint François de Sales, de saint Alphonse de Liguori, de sainte Thérèse, qui démontrent si victorieusement combien et pour­quoi la méditation est nécessaire.

 

Maintenant, pour savoir si c'est un exercice facile ou diffi­cile, il n'y a qu'à se demander en quoi consiste, bien au juste, la méditation.

 

Certaines personnes l'assimilent à une sorte de gymnasti­que intellectuelle et se figurent qu'on doit s'ingénier à trouver sur la matière proposée des pensées neuves et des aperçus variés.

 

Ce n'est pas là méditer, ou, comme on dit, faire orai­son, et il n'est pas étonnant qu'on trouve cet exercice ainsi compris fatigant, fastidieux et d'une utilité douteuse. La mé­ditation est quelque chose de bien plus modeste et d'infini­ment moins aride. C'est une conversation avec Dieu, conver­sation toute tranquille, et respectueusement familière, un tête-à-tête qui n'exige ni pensées relevées, ni pénibles recher­ches de l'intelligence, mais uniquement de la bonne volonté et du cœur.

 

Pour la méditation, il faut une simple dispo­sition de rentrer en soi-même pour se mieux connaître, corriger ses défauts, pleurer ses fautes. Mieux encore, serait la disposition d'affection pour son père et venant lui confier, avec un parfait abandon, ses difficultés, ses peines, désirs ; lui avouer ses manquements et en lui demander conseil et encouragement tout pour la journée présente ; puis écouter les avis paternels avec une soumission reconnaissante et tout enfantine.

 

Qu'une jeune personne se livre à cette douce conversion avec Dieu pendant un laps de temps plus ou moins long, et elle aura fait une excellente oraison. Chacun conçoit du reste que cette manière de s'occuper lui aura été bien plus agréable que l'autre, tout en étant infiniment plus profitable.

 

Nous disons qu'il n'y a personne qui ne puisse de cette manière, avec un peu de bonne volonté et de cœur. Mais voici précisément l'obstacle. Quoiqu’elles ne s’en rendent pas bien compte, un grand nombre de jeunes chrétiennes n'ont pas cette vraie bonne volonté ; Dieu leur demande des sacrifices qu'elles n'ont pas le courage de faire; à l’une, c’est lecture d'une publication romanesque ; à l’autre, des visites ou des conversations trop prolongées ; à une troisième, une toilette un peu mondaine, etc. ; ces jeunes filles, malgré les exhortations multipliées de Notre-Seigneur, ne peuvent se décider à s'engager dans une voie plus parfaite où de nouveaux sacrifices devront peut-être s'ajouter aux premiers; elles sont régulières, pour le moment du moins, mais elles tiennent à leurs petits plaisirs humains : cette infidélité ne leur permet pas de s'épancher dans le sein de Dieu et de s’entretenir cœur à cœur avec lui ; c'est tout naturel.

 

A plus forte raison la jeune fille déjà mondaine, que la vanité a fascinée, ne saurait-elle faire oraison de la manière que nous venons d'expliquer. S'il n'y a pas encore entre elle et Dieu « le mur de séparation » dont parle le prophète, il y a pourtant une barrière ; les communications sont malaisée.

 

Le point essentiel, c'est donc de se mettre en règle avec sa conscience et de lui donner pleine satisfaction; c’est de dire résolument à Dieu : « Vous êtes mon maître; je ne suis que votre petite servante : tout ce que vous demanderez de moi,  je m'y soumettrai. » Quiconque sera dans cette disposition sincère et sérieuse n'éprouvera aucune peine à faire produire à la volonté les actes, les sentiments que comporte la médi­tation.

 

Quoi de plus naturel à un cœur chrétien que ces senti­ments, si bien en harmonie avec sa condition terrestre : ado­ration, anéantissement, reconnaissance, confiance, abandon ? Mais surtout, qu'il est facile de s'exciter au regret d’avoir offensé Dieu et à un vif désir de la grâce divine ! Si l'on veut y regarder de près, on verra que ces deux sentiments, douleur des fautes commi­ses, désir du secours de Dieu pour ne plus les commettre, re­viennent à chaque instant dans les Psaumes.

 

Or, que sont les psaumes, sinon l'oraison du saint roi David, oraison très par­faite, qui devrait nous servir tout à la fois de modèle et d'auxi­liaire pour la nôtre ? Aussi bien, rien ne saurait être plus sim­ple que de trouver matière à ces regrets et à cette prière : la chrétienne la plus exemplaire ne se sent-elle pas comme écra­sée sous le poids de ses péchés anciens et récents, de ses in­fidélités renouvelées à chaque heure du jour ?

 

N'est-elle pas toute haletante et tout hors d'elle-même jusqu'à ce que la rosée de la grâce vienne rafraîchir son pauvre cœur desséché ? Une méditation dans laquelle on aura « bien pleuré et bien prié » sera immanquablement une bonne méditation ; elle portera des fruits au centuple.

 

Eh bien, direz-vous maintenant, pieuses lectrices, ou pieux lecteurs, que la méditation est une pratique trop difficile ou trop compliquée ? VOILA! S'il s'agissait de réussir dans une affaire temporelle, ou seulement de gagner une grosse somme d’argent, comme on trouve­rait bien vite que la méditation est facile !

 

Pour dire vrai, celui qui prétendrait ne pouvoir méditer se placerait de lui-même dans la catégorie des pauvres d'esprit ; car quel est l'homme qui ne médite pas en ce monde ? Le général combine des plans de guerre ; le commerçant recher­che les meilleurs procédés pour tirer profit de ses marchan­dises ; l'avocat étudie, approfondit les causes qu'on lui con­fie ; et ainsi de suite.

 

Tous ces gens-là savent méditer à leur façon. Et quand il s'agit d'un ciel à gagner, d'un enfer à évi­ter, une personne réellement responsable  prétendrait qu'elle n'a pas assez d'intelligence et de pénétration !

 

Ne cherchons pas ainsi à nous tromper nous-mêmes ! Re­connaissons que la méditation est une pratique parfaitement à notre portée, aussi facile que nécessaire, et soyons-y invaria­blement fidèles !

 

Voici un exemple, celle de Saint   Marin,   martyr.

Il y avait à Césarée, en Palestine, vers l'an 272, un officier nommé Marin, aussi distingué par sa grande probité que par ses richesses. Son tour étant venu de demander une place de centurion qui vaquait, il se présenta un autre candidat, qui dit au gouverneur, nommé Achée, que les lois romaines défen­daient d'élever Marin à ce grade, parce qu'il était chrétien. Le gouverneur fit aussitôt venir le saint, qui confessa géné­reusement sa foi.

 

On ne lui donna que trois heures pour délibérer sur le parti qu'il voulait prendre ; en sorte que, ce temps expiré, il devait mourir ou abjurer sa religion. « Attachez-vous à Dieu, lui dit l’évêque ; il vous fortifiera par sa grâce, et vous mettra en possession de ce que vous aurez choisi. Allez en paix. » Ces paroles enflammèrent le courageux chré­tien d'une nouvelle ardeur pour confesser Jésus-Christ.

 

Ayant donc été cité devant le tribunal du juge pour faire connaître sa dernière résolution, il s'empressa de se rendre à cet appel et fit profession de foi avec un calme héroïque. Le magistrat le condamna à avoir la tête tranchée, ce qui fut exécuté un instant après.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES   (1933)

 

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