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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 09:30

La volonté: c'est la part de l'amour qui sera changée en haine en enfer. Pour nous en faire une idée, il faut prendre des exemples d'amour parmi les humains. Un mari qui aimait ardemment sa femme se voit abandonné d'elle; quelle peine quand il sait qu'il n'y a plus d'espoir qu'elle revienne avec lui! Ce n'est qu'un faible échantillon de la peine du damné qui se voit abandonné pour l'éternité de Celui qui devait être tout son amour et la source de biens éternels. Mais est-ce que tous les soucis, les angoisses, les querelles et la plupart des maux de la terre ne viennent pas de la peine qu'on éprouve dans la perte de quelque bien créé ?

 

Un autre exemple: une personne s'amourache d'un homme qui la repousse absolument, qui ne lui montre que du mépris; comme son coeur va se changer en haine terrible! Eh bien! Voici que Dieu s'est amouraché de nous et d'une façon illimitée jusqu'à nous donner son propre Fils comme victime de nos péchés. Mais voilà que les pécheurs se moquent de son amour, le méprise pour n'aimer que des échantillons éphémères. On peut se faire une idée de cet amour infini changé en haine infinie et éternelle. Tous ses bienfaits seront changés en instruments de supplice pour ceux qui les ont méprisés.

 

Dans son immense bonté Dieu ne précipite pas les pécheurs sans avertissements en enfer. Toutes les épreuves, toutes les misères et les souffrances qu'il envoie chaque jour sont autant d'avertissements à changer de vie pour éviter l'enfer et à faire pénitence pour nos péchés. Si nous prenons ces échantillons d'enfer, nous n'aurons pas l'enfer. Habituons-nous donc à accepter en esprit de foi les contrariétés de la vie que Dieu met sur notre chemin pour nous faire éviter le châtiment éternel par ces châtiments temporels.

 

Convenance de son éternité.

Les objections contre l'enfer viennent surtout de ceux qui ont intérêt à ce qu'il n'y en ait pas. D'autres viennent du fait qu'on ne considère que les peines des damnés et pas assez les exigences de la justice divine, surtout après qu'elle a tout fait pour nous sauver. Ils sont allés là MALGRÉ DIEU; ils n'ont pas voulu de son bonheur éternel ! Ils ont préféré les jouissances passagères de ses échantillons; qu'ils paient leur sottise !

 

Pourquoi punir pendant une éternité un péché qui n'a duré qu'un instant ? D'abord est-ce que les hommes ne font pas cela ? On ne mesure pas une offense au temps qu'elle prend, mais au tort qu'elle fait. Un meurtrier tue un homme d'un coup de revolver; son crime ne prend qu'une seconde, mais il prive l'homme de sa vie pour toujours.

 

Un pécheur prend peu de temps pour son péché, mais il préfère un rien à Dieu pour toujours, car si son plaisir durait un jour, une semaine, une année, une éternité, il le prendrait; donc il doit être puni selon son amour qui est éternel dans son désir ou dans sa volonté.

 

Enfin peu importe les objections de la raison, l'enfer nous est révélé par Dieu lui-même et bien clairement, par conséquent qu'on le veuille ou non, il faut se soumettre à Dieu. Quelle folie que de ne vouloir accepter que ce que la raison comprend quand il s'agit de Dieu ! Serait-il Dieu si des insignifiants comme nous nous pouvions tout comprendre ce qu'il fait ? Quel orgueil sot que de vouloir mesurer la sagesse de Dieu à la nôtre ! Cessons donc nos objections sottes devant la sagesse infinie ! Obéissons-lui dans toutes ses lois afin de mériter d'éviter l'enfer qui nous effraie tant et avec raison.

 

Comme nous l'avons dit, le meilleur moyen d'éviter l'enfer, ce n'est pas de compter sur la confession, mais sur l'ascétisme, sur la pratique des vertus de foi, d'espérance et de charité, et SURTOUT de nous exercer tous les jours à résister aux échantillons d'enfer que Dieu envoie sur terre précisément pour nous habituer à lutter contre les causes du péché mortel qui nous entraînerait en enfer.

 

Mettons-nous bien dans la tête que pour aller au ciel il faut préférer Dieu à tout au monde sans exception. Voilà le prix du ciel. Or Dieu comme un bon maître d'école, nous donne des leçons de cette préférence. Il commence par nous demander le sacrifice de petits plaisirs pour lesquels il nous donne une vraie passion afin que nous ayons plus de mérite à le préférer à ce plaisir attrayant. Puis il augmente le ou les sacrifices jusqu'à ce que nous disions: je donnerais l'univers pour me contenter dans ce plaisir, mais puisque Dieu ne le veut pas, je préfère Dieu à ce plaisir et donc à l'univers. C'est alors qu'on mérite le ciel pour tout de bon.

 

En d'autres termes c'est un véritable martyre que Dieu exige de nous en général pour mériter ce bonheur immense de la vision béatifique. Après tout est-ce exorbitant de nous demander d'acheter le bonheur éternel du ciel par un plaisir si passager, comme tous ceux de la terre ? Le ciel souffre violence et seuls, dit Jésus, les violents l'emportent. Dans la parabole de la perle précieuse et du trésor caché dans un champ, il enseigne qu'il faut tout sacrifier ce qu'on a pour s'assurer le ciel. Est-ce trop demander ? Jésus dit que si on aime une chose au monde plus que lui on n'est pas digne de lui. Voilà ce que les prêtres devraient prêcher sur les toits !... au lieu de tant vanter ce que la confession peut faire du côté de Dieu sans jamais parler de ce qu'elle exige de changements dans les pénitents.

 

Tous les prêtres et tous les parents catholiques devraient préparer tous les enfants et tous les fidèles à ce martyre qui s'en vient pour tous d'une façon ou d'une autre.

 

Qu'on habitue les enfants aux petits sacrifices pour qu'ils évitent absolument tout péché véniel délibéré. Un enfant qui vole une pomme devrait être puni par ses parents comme il devrait être puni quand il commettra l'impureté plus tard. Un petit voleur deviendra sûrement un impudique; s'il suit sa pas­sion pour un fruit, il la suivra pour les plaisirs impurs encore bien plus attrayants. Alors les parents qui ne veulent pas que leur en­fant aille en enfer, le surveillent tout de suite quand il fait ses premiers pas vers l'enfer, comme le voleur de pommes ou de gâteaux, etc. Cet enfant prend la direction de l'enfer et les parents devraient le savoir... et les prêtres devraient prêcher en conséquence.

 

Donnons quelques cas comme exemple de ce qui arrive si souvent. Prenons ceux qui ne sont pas encore mariés et qui sont fortement tentés comme la plupart le sont. Quel martyre que de résister constamment à cette passion qui se fait sentir pour ainsi dire nuit et jour et avec tant d'occasions de la satisfaire partout ! Combien pour plusieurs raisons ne trouvent pas à se marier ou ne peuvent pas et la tentation dure des années et toute la vie ! Comme il faut du courage et surtout de la grâce pour rester pur si longtemps ! Or Dieu l'exige absolument pour donner son ciel, et celui ou celle qui pèche mortellement s'expose à l'enfer. Comme nous l'avons dit: bien fous ceux qui comptent sur la confession pour continuer de pécher tant qu'ils seront tentés. Quel affreux risque ils prennent avec ce sacrement !

 

Chez les gens mariés, que d'épreuves pour ceux qui veulent faire la volonté de Dieu à tout prix afin d'éviter l'enfer ! Combien se voient frustrés de leurs jouissances de cinquante façons différentes et qui sont tentés d'aller chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas chez eux. Dieu mettra sur leur chemin justement l'idéal de ce qui leur manque à la maison. Ils devront préférer Dieu à ce bien qu'ils désirent tant.

 

Voici un mari qui devient veuf ou qui est abandonné par sa femme; il est encore relativement jeune et les circonstances sont telles qu'il ne peut pas se remarier ou sa femme ne veut pas revenir avec lui. Voilà ce que Dieu exige de lui: qu'il préfère Dieu et les joies du paradis à toutes celles qu'il aimerait tant et qu'il pourrait prendre autour de lui. Quel martyre pour lui s'il reste fidèle à Dieu !

 

Encore un exemple: une mère de famille est pauvre, sou­vent malade; ses enfants négligés et elle a pour mari un homme qui exige son droit impitoyablement, qui est paresseux, ivrogne et sans-coeur; quel martyre pour cette femme de faire ce que Dieu veut d'elle pour éviter l'enfer !

 

Ou une veuve chargée d'enfants, dans la misère et qui ne trouve pas à se remarier. Voilà qu'un jour elle rencontre un homme qui semble avoir toutes les qualités: joli, riche, affec­tueux, etc., mais il est séparé de sa femme. Il lui offre tout ce qui lui manque si elle veut vivre avec lui en état de péché mortel. Quel martyre encore pour elle ! Elle doit rejeter cette offre pour éviter l'enfer et préférer Dieu à ces échantillons passagers.

 

Que d'autres exemples on pourrait donner ! Il n'y a que la pensée de l'enfer pour retenir ces chrétiens sur le bord du précipice. Eh bien ! Que tous les parents fassent une guerre acharnée à tous les petits péchés des enfants en leur montrant qu'ils prennent le chemin de l'enfer. Évidemment il ne faut pas fausser leur conscience en leur faisant croire que voler une pomme est péché mortel. Mais qu'ils leur donnent une véritable horreur pour le moindre péché. Que ferait-on à un enfant qui délibérément donnerait un coup de poing à sa mère ? Est-ce que cet enfant ne serait pas puni sévèrement par son père, s'il a une once de cœur ? Eh bien ! Qu’on punisse ainsi les péchés véniels des enfants, en sachant qu'ils commettront aussi facile­ment des péchés mortels plus tard, si on les laisse faire mainte­nant.

 

La prédication des prêtres devrait aussi donner cette mentalité à tous les fidèles. Qu'ils sachent donc que la confes­sion ne remplace pas la formation ascétique des chrétiens. C'est absurde de compter sur elle pour corriger les enfants et même les adultes. Il faut tout faire avant de compter sur la confession. Surtout il faut revenir à la prédication de l'enfer aux ENFANTS comme aux autres. Si des parents voyaient des enfants avaler des microbes contagieux, ils les en défendraient tout de suite, quand même ces microbes n'ont pas commencé à faire leurs ravages. Eh bien! Les petits péchés mignons des enfants sont des microbes qui vont empoisonner leur vie et les conduire en enfer un jour; qu'on les arrête tout de suite. S'ils ne font pas ces premiers faux pas, ils éviteront l'enfer; c'est le seul moyen de les en préserver.    Fin de la série

 

 

Extrait de : MES RETRAITES.  Père Onésime Lacouture. S.J.  (1978)

 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 09:09

 

Disons-nous que nous avons déjà mérité d'être là avec eux. Qui peut être sûr d'avoir été pardonné? Plus nous entrerons en esprit dans l'enfer et plus nous avons des chances de concevoir un repentir sérieux qui nous obtienne pardon de Dieu. Défions-nous comme du diable de cette religion faite de mots et d'idées seulement que tant de prêtres philosophes sèment dans le monde. Ainsi je pèche tant que je veux et je tiens | comme en réserve ma contrition; en cas d'accident ou de : danger de mort, au bon moment voulu, je récite un acte de con­trition et... l'enfer est évité !

 

Défions-nous de ces trucs magi­ques pour éviter l'enfer tout en nous permettant de pécher facilement. Les philosophes font une religion simplement de tête où tout marche vite comme la pensée. Mais la religion de J.C. est amour et l'amour ne change pas vite comme la pensée. Or Dieu ne juge pas selon la pensée, mais selon le coeur et les actes dans le concret.

 

Donc ne nous contentons pas de PENSER seulement à l'enfer, mais méditons-le assez longtemps et assez sérieuse­ment pour que toute l'âme, tout le coeur en soient pénétrés jus­qu'à nous donner une très grande peur d'y aller.

 

Il ne suffit pas de méditer parfois sur l'enfer, il faut y penser aussi souvent que le péché se présente à nous et que de fois cela arrive chaque jour? Eh bien! Voici, à notre avis, le meilleur moyen d'y penser souvent. C'est de nous servir de la doctrine des échantillons. Car si Dieu a mis des échantillons de sa bonté, il en a mis aussi de sa justice. Tout ce qui est de nature à nous faire souffrir est un échantillon de la justice de Dieu ou de l'enfer. Dieu a créé ces choses pénibles précisément pour nous donner une idée de ce qu'il réserve en enfer à ceux qui l'offensent mortellement.

 

Cette idée nous aidera à mieux méditer sur l'enfer, com­me dans le point actuel: la vue. Servons-nous de ce que nous voyons de repoussant sur la terre pour mieux comprendre l'enfer. Chaque fois qu'on voit du feu, qu'on se dise: ce n'est qu'un faible échantillon de l'enfer. Quand on voit quelqu'un souffrir, pleurer, gémir, se plaindre, etc., ce n'est qu'un échan­tillon d'enfer! Servons-nous donc de la vue pour aller voir sou­vent en enfer ce qui s'y passe chez les damnés.

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Au lieu de nous détourner de toutes les horreurs que nous voyons sur terre, regardons-les les yeux grands ouverts et remplissons notre âme de ces échantillons d'enfer. Avis à ceux qui disputent contre la saleté, qui ne visitent pas les malades parce qu'ils ont horreur de leurs grimaces de douleur, de leurs plaintes, de leur odeur désagréable, etc. etc. Tous ces effets, viennent des péchés d'une façon ou d'une autre, sont de faibles échantillons des souffrances de l'enfer.

 

Mortifions la vue: c'est par les yeux qu'entrent les tenta­tions en général, qui nous séduisent ensuite au péché. Plus on les ferme aux beautés terrestres et plus nous fermons l'enfer pour nous-mêmes !

 

Le toucher est le sens qui souffrira peut-être le plus dans le feu répandu dans tout le corps et d'un travers à l'autre et non seulement la peau; il sortira des yeux, des oreilles, des narines et de la bouche: tout l'être et même l'âme sera tout rouge dans ce feu allumé par la colère divine.

 

On remarque que Dieu a mis du feu ou mieux la sensa­tion du feu dans presque toutes les souffrances corporelles; on se gèle les oreilles et l'on dit qu'elles nous brûlent; on se coupe un doigt et on ressent une brûlure; on parle des "brûlements" d'estomac, etc. Dieu veut donc nous faire savoir que la douleur du feu pénétrera tout l'être en enfer.

 

Dans toutes ces comparaisons, on va toujours trop vite; on se contente d'y penser. Cela ne suffit pas; il faut, comme dit St Ignace, prendre le temps de GOÛTER intimement ces souf­frances. Pour cela il faut du temps, car les sens et l'imagination sont plus lents que la pensée, surtout pour des choses que nous n'avons jamais vues. Il faut attendre qu'on éprouve les mêmes sensations que si nous étions vraiment là.

 

Le goût. Comme on mange au moins trois fois par jour que d'occasions de se mortifier et de comparer les mets qu'on n'aime pas avec toutes les choses amères de l'enfer! Si un mets n'est pas contraire à la santé mangeons-le quand même il est un peu désagréable au goût; ce n'est qu'un échantillon d'enfer que Dieu nous présente. Qu'on fasse ainsi pour l’ouïe et l'odorat.

 

Si on est porté à dire que cela n'a pas de bon sens de tant souffrir, c'est bien vrai. Mais le damné a-t-il mis du bon sens dans sa vie? Avait-il du bon sens quand il préférait un plaisir d'un instant aux joies éternelles du ciel? Avait-il du bon sens en suivant son animal au lieu de suivre sa raison? Avait-il du bon sens quand il suivait sa raison au lieu de suivre la lumière divine de la foi? Avait-il du bon sens quand il continuait de pécher sachant qu'il serait condamné à l'enfer? Eh bien! Qu’il souffre maintenant sans "bon sens"!

 

Souffrance de l'intelligence, ce sera le désespoir. C'est un point très difficile à se représenter pour nous qui sommes tant aux choses sensibles de la terre. Tout de même, il est bon d’essayer avec la grâce de Dieu de s'en faire une idée. La Sagesse a un beau passage sur ce désespoir des damnés, Ch.5.

 

 "Les méchants seront agités d'une horrible épouvante; ils seront dans la stupeur devant la révélation du salut. Ils se diront pleins de regrets et gémissant dans le serrement de leur coeur: Nous avons donc erré loin du chemin de la vérité; la lumière de la justice n'a pas brillé sur nous et sur nous ne s'est pas levé le soleil. Nous nous sommes rassasiés dans la voie de l'iniquité et de la perdition, nous avons marché dans des déserts sans chemins et nous n'avons pas connu la voie du Seigneur. A quoi nous a servi l'orgueil? Et que nous a rapporté la richesse avec la jactance? Toutes ces choses ont passé comme l'ombre, comme une rumeur qui s'enfuit, comme le navire qui fend l'onde  agitée  sans  qu'on   puisse  trouver  la  trace  de  son passage..."

 

Le mal de l'intelligence sera d'avoir eu les moyens de se sauver et d'en avoir abusé; ce sera sa sottise d'avoir mis son bonheur dans les échantillons au lieu de le mettre dans les perfections divines et d'avoir suivi les démons au lieu de suivre J.C. Elle comprendra que c'est elle qui a opéré sa condamna­tion et qui a choisi le chemin de l'enfer malgré les aver­tissements fréquents de sa conscience et des bons prêtres et des bonnes personnes que Dieu a mises à côté d'elle.

 

Quand elle pensera au bonheur ineffable du ciel qu'elle aurait pu avoir et qu'elle se verra dans le feu et torturée par les démons pour toute l'éternité, voilà ce qui fera son désespoir. Pourquoi ne pas faire tout de suite cette comparaison qui pour­rait nous être si utile en ce monde au lieu d'aller la faire en enfer? Mais ceux qui sont pris par l'ensorcellement des plaisirs ter­restres ne sont pas capables de s'arrêter assez longtemps dans le silence et la solitude pour comparer les deux éternités. Elle sait qu'il n'y a pas l'ombre d'un soulagement à ses souffrances en perspective, son malheur est inexorable et irrévocable et tout est sa faute.

 

On peut se faire une idée de ce tourment en essayant de voir l'angoisse de Judas et des suicidés qu'on peut avoir con­nus. Ils souffrent tellement qu'ils ne se sentent pas la force d'endurer leur malheur plus longtemps. Or en enfer, il n'y aura pas de suicide possible.

 

A suivre

Extrait de : MES RETRAITES.  Père Onésime Lacouture. S.J.  (1978)

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 10:47

 

On entend des pécheurs dire parfois: jamais un damné n'est revenu pour nous dire s'il y en a un. D'abord nous avons mieux que cela, nous avons le témoignage de celui qui l'a créé et qui a déjà précipité les mauvais anges dans ce gouffre infernal. Il fait parler le mauvais riche exactement comme s'il était revenu sur terre; cela devrait nous suffire. Jésus fait dire par Abraham au mauvais riche qui voudrait que Lazare aille avertir ses frères de ne pas venir avec lui en enfer: S'ils ne croient pas à Moïse et aux prophètes, ils ne croiront pas plus à un damné qui reviendra de l'enfer. Celui qui ne croit pas à J.C. parlant de la sorte mérite d'aller en faire l'expérience par lui-même dans l'autre monde.

 

En plus Jésus donne plusieurs paraboles où il affirme l'existence de l'enfer. Dans celle de l'ivraie, Mt.13, il la finit en disant: "De même qu'on rassemble l'ivraie et qu'on la brûle au feu, ainsi fera-t-on à la consommation des siècles: Le Fils de l'homme enverra ses anges, ils ramasseront de son royaume tous les scandales et tous les ouvriers d'iniquité et ils les précipiteront dans la fournaise du feu; là il y aura des pleurs et des grincements de dents."

 

Il y a la parabole du filet, Mt.13, des vierges folles ex­clues du royaume céleste, des talents, où la justice de Dieu s'ex­ercera...

Les Apôtres. St Pierre, 11,2-9; 11,2-4, indique que les anges qui ont prévariqué sont en enfer et il donne plusieurs ex­emples de la justice de Dieu pour avertir les pécheurs que le même sort les attend.

St Jude affirme que les anges sont dans des chaînes éternelles et de profondes ténèbres"; que les gens de Sodome et Gomorrhe "souffrent la peine du feu éternel." Aux méchants "un tourbillon de ténèbres est réservé pour l'éternité."

S Jacques 3-6, dit que la langue des méchants "est enflammée du feu de l'enfer."

St Paul, Heb.X, 26-31, dit qu'aux pécheurs "il reste une attente terrible du jugement et le feu vengeur qui doit dévorer les ennemis de Dieu !"

St Jean, dans l'Apoc., parle de l'enfer en différents en­droits. En parlant du jugement il dit: "Quiconque ne se trouve pas écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu."20-15. Aussi, 14-10: "Celui qui adore la bête boira un vin de la colère de

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Dieu, vin tout pur préparé dans le calice de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et dans le gouffre en présence des saints anges et en présence de l'Agneau, et la fumée de leurs tourments montera dans les siècles des siècles et il n'y aura pas de repos ni jour ni nuit pour ceux qui auront adoré la bête et son image.

 

A la fin des temps, 20-9, "le feu de Dieu descendit du ciel et les dévora et le diable qui les séduisait fut précipité dans l'étang de feu où la bête et le faux prophète seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles."

Avec toutes ces affirmations de l'Écriture sur l'existence de l'enfer, il est inutile d'apporter des témoignages des Pères de l'Église qui ont développé ces affirmations des écrivains ins­pirés.

 

La conclusion est que tous les prêtres du monde devraient les imiter en parlant assez souvent de l'enfer pour ins­pirer une crainte salutaire à tous les fidèles afin qu'ils ne pèchent plus jamais. Rien de plus efficace que cette pensée pour préserver du péché.

Par exemple, à ceux qui pensent que l'amour de Dieu peut suffire, voici l'exemple des martyrs. Tous sûrement aimaient Dieu et même plus que leur propre vie, donc d'une façon merveilleuse. Cependant au moment critique et sur le point d'apostasier pour éviter les tourments, ce n'est pas la pensée de leur amour pour Dieu qui les déterminait, mais bien l'enfer. Tous se disaient à quoi bon vouloir éviter ces tortures passagères pour tomber dans les tourments éternels de l’enfer? Ils aimaient mieux brûler quelques instants sur terre que d'aller brûler éternellement en enfer.

Par conséquent nous devons les imiter en nous mettant bien profondément dans l'esprit et le coeur le dogme de l'enfer, car c'est le même plan de Dieu de nous éprouver comme les martyrs d'une façon ou d'une autre. Préparons-nous donc en méditant sérieusement sur l'enfer.

Une bonne preuve que le souvenir de l'enfer est nécessaire au salut, c'est qu'il est le seul souvent qui reste dans les grandes épreuves que Dieu envoie à ses amis. Le sentiment de son amour peut disparaître, les consolations disparaissent, la foi semble enténébrée et l'espérance sombre apparemment; on serait porté à tout jeter par-dessus bord dans les grandes sécheresses de la vie spirituelle, dans les grandes tentations contre la chasteté, tout secours semble disparu; seule la crainte de l'enfer viendra retenir l'âme sur le bord du précipice. Même St Paul, qui a été ravi au 3e Ciel avoue qu'il est tellement persécuté et éprouvé qu'il est tenté d'abandonner la prédication de l'Évangile, s'il n'avait pas peur d'être lui-même réprouvé. La pensée de l'enfer est donc des plus salutaires; gardons-la et donnons-la! Parlons-en souvent !

 

De nos jours de plus en plus les philosophes offrent aux fidèles la confession évidemment avec la miséricorde de Dieu pour les préserver du péché. Comme ils la présentent ce n'est pas étonnant que les fidèles comptent sur elle pour pécher tant qu'ils voudront et en même temps espérer arriver au ciel. On voit qu'un grand nombre de chrétiens sur le point de pécher n'aient pour les retenir que l'embarras de confesser ce péché, ce qui n'est pas efficace, comme l'expérience du ministère le prou­ve bien. Il est si facile de trouver des confesseurs inconnus, de nos jours surtout. Aussi les gens se confessent pour calmer leur conscience dans le moment présent, mais très rarement avec l'idée de cesser de pécher. La preuve est que si le confesseur prend les moyens pour les empêcher de succomber, ils cessent de se confesser à lui comme trop sévère et ils vont à ceux qui les laisseront continuer.

 

Aux premiers siècles quand il y avait des martyrs, c'est l'enfer qu'on leur présentait comme moyen d'éviter le péché mortel d'apostasie. Eh bien! La fornication, l'adultère et toutes les formes d'impureté sont aussi des péchés mortels qui dam­nent en enfer comme l'apostasie. Si les prêtres présentaient à ces tentés l'épouvantail de l'enfer, ils en sauveraient un grand nombre de ces péchés mortels. Tandis qu'avec leurs confes­sions rendues faciles, ils ne détournent pas les pécheurs de leurs péchés. Cette mentalité du clergé qui facilite tous les péchés peut-elle venir du Saint Esprit ? Pourquoi ne l'a-t-il pas révélée aux prêtres des premiers siècles; ils auraient sauvé des millions de chrétiens du martyre ! Ils auraient pu faire comme nos impudiques: pécher, puis aller ensuite se confesser et tout est fini ! Faire de même chaque fois qu'ils étaient amenés devant les païens au tribunal et mis en demeure d'apostasier, comme nos impudiques font chaque fois qu'ils sont fortement tentés. Quelle responsabilité pour les prêtres de parler si peu de l'enfer et de ses tourments !

 

Maintenant essayons de nous pénétrer nous-mêmes de la réalité de ce feu éternel. N.S. n'a pas détaillé les souffrances de chaque sens, de chaque faculté en enfer; mais, enfin, après notre résurrection, nous serons là si nous avons eu le malheur de nous perdre, comme nous sommes sur terre avec notre corps et notre âme. Puis il enseigne que le feu sera le principal agent de la colère de Dieu. Comme sur terre, on ne peut rien imaginer de plus douloureux que le feu, de même en enfer, ce sera le tour­ment qui dominera tous les autres, selon ce que nous pouvons nous les représenter actuellement. La peine du dam sera en soit plus grande, sans doute, mais qui peut s'en faire une idée ac­tuellement? Pour nous donc c'est le feu qui nous effraie le plus. Eh bien! Servons-nous donc de nos sens et de nos facultés pour méditer sur l'enfer.

 

A la méthode de St Ignace, qui veut qu'on fasse l'ap­plication des sens, nous ajouterons cette idée que nous avons développée dans notre méditation sur les Échantillons. Là nous avons surtout insisté sur les échantillons de la bonté de Dieu; ici, nous insisterons sur ceux de sa justice. Cela ne nuira en rien à ce qui a été dit. Comme Dieu mélange notre vie des deux sortes d'échantillons, nous pouvons nous servir des uns et des autres à mesure qu'ils se présentent.

 

Commençons par... Les SENS.

D'abord, la VUE. N'ayons pas peur de regarder dans cet étang de feu, comme l'Écriture nous dit, pour y voir les damnés, et les anges et les hommes. Plusieurs prédicateurs blâment ceux qui font des descriptions épouvan­tables de ce qu'on voit en enfer; mais pourquoi? Peut-on ex­agérer l'horreur de ce lieu? Voir des milliers et des millions de pauvres êtres se tordent là comme un homme tombé dans le feu sur terre en criant et en se débattant terriblement pour échapper à son supplice...

 

Nous-mêmes nous avons été dans les flammes quelques secondes dans l'incendie du collège de St-Boniface; quel sup­plice affreux! Nous avons vu des écoliers entourés de flammes et leurs cris étaient entendus à Winnipeg. Quelle angoisse dans l'âme à cette vue! Je vois encore ces pauvres élèves sur le toit embrasé qui s'effondra avec ses pauvres enfants engloutis dans ce brasier. Pourtant ce feu n'était pas celui de l'enfer et ces enfants n'étaient pas des damnés enragés de la haine contre Dieu.

 

Oui, regardons en esprit cet océan de flammes où nagent ces démons et ces damnés, rougis d'un travers à l'autre par ce feu infernal. Voyons-les se tordre en hurlant leurs blasphèmes contre Dieu, grinçant et se roulant dans toutes sortes de contenions pour essayer en vain de sortir de ces flam­mes qui les poursuivent et les enveloppent complètement.

 

A suivre

Extrait de : MES RETRAITES.  Père Onésime Lacouture. S.J.  (1978)

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:44

"Allez, maudits, au feu éternel de l'enfer qui a été préparé pour Satan et ses anges... et ils iront au supplice éternel." Mt.25. Alors pourquoi cette répugnance à méditer sur l'enfer ?

 

La souffrance répugne tellement à la nature humaine que l'esprit se détourne instinctivement de la pensée de brûler éternellement dans ces flammes allumées par la colère de Dieu. Il faut une bonne dose de volonté aidée de la grâce pour appli­quer l'esprit à ce sujet terrible. Les passions se révoltent contre ce dogme de notre religion: les viveurs et les mondains ne veulent pas en entendre parler, non plus que les catholiques à mentalité païenne plus ou moins. Ainsi aux Etats-Unis et en France, on ne veut plus prêcher l'enfer. A les entendre parler, Dieu n'est que miséricorde; il est trop bon pour punir en enfer. A mesure que la foi s'en va d'un pays, ses prêtres évitent de menacer les pécheurs de l'enfer.

 

Mais que gagne-t-on à ne pas vouloir y penser? C'est aussi insensé que l'autruche qui se cache la tête dans le sable pour se protéger contre le lion. Mieux vaut contempler cet abîme en esprit afin de se décider à prendre les moyens de l'éviter que d'y descendre corps et âme pour l'éternité. Cette méditation n'est pas seulement pour les pécheurs endurcis, mais pour les bons catholiques aussi. Tous nous pouvons être si fortement tentés qu'il n'y ait que la pensée de l'enfer pour nous faire éviter le péché mortel. C'est elle qui a donné le courage aux martyrs d'endurer leurs tourments atroces. Tous se disaient: mieux vaut souffrir ces tortures un instant que d'aller brûler en enfer éternellement, si nous renions J.C. Ainsi parmi les fidèles de nos jours il y aurait moins de péchés mortels com­mis, si tous étaient bien pénétrés de l'horrible supplice de l'enfer éternel.

 

Au Canada aussi les prédicateurs de la seule miséricorde se multiplient avec les mêmes résultats qu'aux États-Unis et en France:   on   pèche   de   plus  en   plus  et  on   s'éloigne   des sacrements, en se disant qu'il est si facile de se sauver d'après tant de prêtres. Une bonne pensée, un Ave, un clin d'oeil au bon Dieu et c'est fait, sauvé! C'est moins embarrassant que de traîner avec soi cette pensée affreuse d'un feu éternel. Mais qui peut être sûr de son salut avec ces paroles magiques? Quel ris­que épouvantable on prend pour son salut! Dieu peut le faire sans doute mais le fera-t-il? Il peut aussi bien convertir ces pécheurs en un clin d'oeil dès maintenant; le fait-il? Que d'Ave ces pécheurs disent et ils ne sont pas convertis actuellement; qu'est-ce qui prouve que cet Ave sera si efficace à l'heure de la mort? C'est possible, c'est tout ce qu'on peut dire !

 

Tous ceux qui éliminent la justice de Dieu la détruisent dans la même proportion; est-ce un moyen pour se le concilier à l'heure de la mort? La justice lui est aussi essentielle que la miséricorde; il faut donc en méditer les effets dans l'éternité où il doit punir les pécheurs qui ne se sont pas convertis avant de mourir. Nous pouvons tous être du nombre de ces malheureux et nous le serons si nous refusons de bien nous convaincre de l'existence de ce feu éternel. Car nous serons tous fortement tentés si nous ne l'avons pas déjà été, et alors ce sera la pensée de l'enfer qui nous préservera du péché.

 

Tous les catholiques sont obligés d'y croire sous peine de cesser de l'être, car ce dogme a été défini par le Cône, de Latran. On ne peut donc pas se laisser influencer par aucun argument contre ce dogme quelque fort qu'il puisse paraître à la raison. Il faut y adhérer de toute sa volonté et de tout son juge­ment. D'ailleurs est-ce plus difficile que de croire aux autres dogmes de notre foi? Que Dieu s'est fait homme et à vécu sur terre comme n'importe quel autre homme et cependant il régnait en même temps dans le ciel. Que dans la communion il donne sa chair à manger et son vrai sang à boire? Absolument tout dans notre religion dépasse l'humain. C'est insensé d'ac­cepter quelques dogmes et d'en rejeter d'autres. Tous se tien­nent: celui qui en rejette un les rejette tous par le fait même. Par conséquent il faut croire à l'enfer et en faire entrer les consé­quences dans notre vie pratique, surtout pour souffrir n'importe quelle tentation plutôt que de mériter l'enfer par un péché mortel.

 

Ajoutons quelques considérations non pas comme base de notre foi, en l'enfer, mais simplement pour aider notre croyance, par exemple:

La croyance universelle indique quelque révélation primitive parce que les hommes ne seraient pas portés à in­venter un châtiment éternel qui répugne tant à la raison hu­maine. Puisque l'on trouve cette croyance chez la plupart des nations, c'est donc qu'elles l'ont reçue d'en haut d'une façon ou d'une autre. On la trouve dans quelques textes de...

L’Ancien Testament. Jud.16-20: "Malheur à la nation qui s'élève contre mon peuple, car le Seigneur le Tout Puissant se vengera d'elle, il la visitera au jour du jugement. Il livrera leur chair au feu et aux vers afin qu'ils brûlent et qu'ils éprouvent ce supplice éternellement."

Isaïe, 33-14: "Les pécheurs ont tremblé en Sion, et l'ef­froi a saisi les impies: qui de nous séjournera dans le feu dévorant? Qui de nous séjournera dans les flammes éternelles?"

Isaïe, 66-24: "Et quand ils sortiront, ils verront les cadavres des hommes qui se sont révoltés contre moi; car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s'éteindra point, et ils seront en horreur à toute chair".

 

Dan. 12-2 : "Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour un opprobre, pour une infamie éternelle."

S.J. Baptiste, Luc, 3-18 fait le trait d'union entre les 2 Testaments; il est bien catégorique et doit résumer ce que les prophètes avaient déjà dit de l'enfer. Son témoignage est très fort puisque Jésus a approuvé sa prédication. Ce n'est pas seulement en passant qu'il en parle, mais c'était le fond de toute sa prédication: faire pénitence pour éviter l'enfer: "Moi je vous baptise dans l'eau, mais il vient celui qui est plus puissant que moi et dont je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure; lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. Sa main tient le van et il nettoiera son aire et il amassera le froment dans son grenier et IL BRÛLERA LA PAILLE DANS LE FEU QUI NE S'ÉTEINT POINT." Avant J.C. le monde croyait donc à l'enfer.

 

Enseignée par J.C.: Mt.9-42: "Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer dans la vie mutilé que d'aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu inextinguible, là où le ver ne meurt point et où le feu ne s'éteint point."

 

Luc, 16-19: "Dans l'enfer le mauvais riche leva les yeux et tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham et Lazare dans son sein et il s'écria: Abraham notre père, aie pitié de moi, et envoie Lazare pour qu'il trempe dans l'eau le bout de son doigt et me rafraîchisse la langue, car je souffre cruellement dans ces flammes."

 

C'est Jésus lui-même qui affirme qu'une seule goutte d'eau est refusé aux damnés; c'est donc qu'il n'y a absolument aucun soulagement dans l'enfer. Mais le texte le plus terrible est celui du jugement général dans la sentence que J.C. pro­noncera contre les méchants: Mt.25: "Allez, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour Satan et ses anges... et ils s'en iront au supplice éternel !" C'est le même mot: éternel pour les méchants comme pour les élus. Or le bonheur du ciel durera éternellement; donc le feu de l'enfer aussi.

 

Que tous les prédicateurs de la seule miséricorde de Dieu prennent note que d'après Jésus il y en aura un bon nombre à sa gauche pour recevoir cette épouvantable sentence... et que ceux qui n'ont jamais prêché la justice de Dieu pourraient bien en sentir les effets dans l'autre monde !

 

A suivre

Extrait de : MES RETRAITES.  Père Onésime Lacouture. S.J.  (1978)

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:06

Ce que Léon XIII a perçu le 13 octobre 1884, et qui certes a pu le déconcerter, c'est cela qui était déjà, qui est devenu de plus en plus, qui est maintenant absolument, la RÉALITÉ. Cette perception a provoqué immédiatement, dans le Pasteur suprême, une vive réaction de défense qui s'est traduite, concrètement en acte: dans la prescription de la prière après chaque MESSE basse, dans la promulgation de l'Exorcisme contre Satan et les Anges apostats. Et il convenait que le con­tenu de cette perception fût explicité dans la Supplique à Saint Michel, au titre d'argument pressant, pour conjurer l'A archange d'agir sur le champ.

 

Tel est donc le "fait ecclésial", objectivement et provi­dentiellement concomitant à la promulgation de l'Exorcisme par Léon XIII. Le Vicaire de Jésus-Christ a discerné quelle était déjà, quelle allait devenir de plus en plus, la situation de l'Église ; et il a posé, pour le bien de l'Église, les ordinations motivées qu'impétrait cette illumination prophétique.

 

2. La portée du fait ecclésial concomitant à la promulgation de l'Exorcisme.

 

La portée d'un fait, c'est l'enseignement [et les autres conséquences] qui s'en dégage, eu égard au contexte dans lequel il s'insère. L'exorcisme contre Satan, promulgué par Léon XIII, expressément contre le père du mensonge (Jn VIII, 44) infiltré jusque  "dans la chaire de  Vérité",  cet EXORCISME TEL QU'IL FUT PROMULGUÉ, montre, ou plus précisément confirme, que le CHRIST, LUI LE CHEF, veille sans cesse sur Son Église (Matt XXVIII, 20), par le         Pape qui est son Vicaire.

 

Il y a toujours TOUT ce qu'il faut, au moins pour les âmes de bonne volonté qui accueillent hum­blement   cela   même  qui  est   donné  sans   le   minimiser  (Ps XI.2), ni l'extrapoler [comme le font ceux qui érigent tout acte d'un Pape en une loi qui oblige l'Église à perpétuité ].

 

Léon XIII, divinement averti, avertit l'Église et la prémunit.  Paul IV avait, lui aussi, averti l'Église, par plusieurs Bulles dont "Cum ex apostolatus" (15 Février 1559). Il faut certes, au point de vue canonique, ne pas assimiler la promulgation d'une Bulle et celle d'un Exorcisme. Mais, quant à la portée ecclésiale, l'abrogation  (c'est-à-dire l'abrogation  implicite, par non considération systématique et persistante) de "Cum ex aposto­latus" et la mutilation de l'Exorcisme, sont deux manifesta­tions du même processus de subversion.

 

Or, s'il est opportun de dénoncer, pour mieux enrayer la subversion, il faut d'abord prendre conscience qu’il y a vraiment subversion. Le Christ Chef veille sur Son Église, par Léon XIII, par Paul IV, par chaque [vrai] Pape. L'Église militante, collectif humain, auquel le Christ s'adresse par son Vicaire, n'est institutionnellement contrainte,        d'écouter et de se soumettre, que pour ce qui ressortit à l'insti­tution divine ; tandis que, comme personne morale, ce collec­tif humain est libre d'accueillir ou de refuser ce qui ressortit à l'institution ecclésiastique.

 

L'Église militante a abrogé les Bul­les de Paul IV, elle l'a payé et elle le paye en la personne du cardinal Montini. L'Église militante a mutilé l'Exorcisme de Léon XIII, elle le paye encore en la personne, Pape  Paul  VI, pape martyr de la fin des temps.

 

Qui a abrogé ? Qui a mutilé ? Avant de le considérer, rendons Gloire au Christ Chef qui triomphe par l'immanence de Sa Justice, alors qu'Il l'eût fait, pour Son Épouse virginalement fidèle, dans la prévenance de Sa Miséricorde. Et rendons grâce au Christ Chef. Oui, même et encore maintenant, Ses membres fidèles ont tout ce qu'il faut. Ils ont l'Exorcisme, tel qu'il fut inspiré, contre le père du mensonge "installé dans la chaire de Vérité".

 

Ils ont maintenant, par le constat des événe­ments, la certitude théologale de son exacte portée. Plus heu­reux même que leurs pères sous Saint Pie X, ils voient dans l'Exorcisme une prophétie ; et, qui plus est, ils la voient accomplie. Ils peuvent donc contempler, par et dans l'EXOR­CISME TEL QU'IL FUT PROMULGUÉ, l'Église elle-même s'intégrer en son Époux bien aimé, comme étant "le signe éminent de son auto crédibilité" (Vatican I. Const. "Dei Filius", de Fide catholica, cap. 3, DS 3013).

 

3. La signification de la mutilation perpétrée dans le texte pro­mulgué par Léon XIII.

 

La signification de l'omission est aussi claire pour nous main­tenant que l'est celle de la prophétie. "Rien n'est caché, qui ne soit [tôt ou tard] révélé" (Math. X. 26). Dieu opère le bien, même à partir du mal. Dieu opère que même l'erreur encoure à manifester la Vérité. Voilà ce que, brièvement, nous allons expliciter.

 

Le mal est, dans un être de nature, une privation qui affecte le bien auquel cet être est, par nature, ordonné. Si on veut nuire en infligeant une privation, il faut pour y réussir, non pas user d'une violence qui provoque un réflexe d'opposi­tion à cette frustration, mais induire le sujet à estimer excel­lent le "bien diminué " qu'on consent à lui laisser. A lors, il est possible que le sujet erre provisoirement sur l'estimation con­crète de sa véritable fin ; et qu'il se mette ainsi progressive­ment dans des conditions qui lui rendent impossible de l'atteindre. Dans un tel processus, le bien véritable, celui dont on vise que là privation en arrive, c'est celui qui est diligem­ment occulté.

 

Pareillement, si on veut induire en erreur, il faut pour y réussir, non pas affirmer le faux, mais faire miroiterune "vérité diminuée"; l'esprit, appâté, déserte sa propre et native curiosité, et croit trouver toute la Vérité dans les vesti­ges qui lui en sont concédés. Dans un tel processus, la totale Vérité, celle dont on vise qu'elle ne soit pas communiquée, c'est précisément celle qui est diligemment occultée.

 

La totale Vérité, c'est en l'occurrence ce que Léon XIII, inspiré, a osé clamer : le père du mensonge est "là où fut insti­tuée la chaire de Vérité". Le signe que cela était et demeure pour ainsi dire le paroxysme de la Vérité, le signe que, "Léon XIII glorieusement régnant", le père du mensonge s'infiltrait déjà dans la chaire de Vérité, c'est qu'il a réussi à occulter ce que Léon XIII en avait révélé, avec autant de cou­rage que d'Autorité.

 

"Les ténèbres n'ont pu arrêter la Lumière" (Jn I. 4). L'acte ecclésial de Léon XIII est maintenant connu tel qu'il fut posé. L'Exorcisme, diminué quant à sa portée, par la muti­lation de la prière qui en assignait la terrifiante finalité, cet Exorcisme, fort répandu et lui-même infesté, est enfin exor­cisé !

 

C'est-à-dire que, maintenant que tout est connu et il devra être récité, tel qu'il fut inspiré par l'ESPRIT DE VÉRITÉ.

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

 

L'Exorcisme exorcisé, restitué en son intrépide et native pureté, rayonnera partout la Vérité que Satan avait provisoi­rement réussi à occulter.

 

La Vérité libérera l'Église (Jn III, 32). L'Exorcisme vierge, ardemment vécu et récité, opérera, "par l'intercession de la Vierge Immaculée Mère de Dieu, de Saint Michel Archange, de Saint Joseph époux de Marie, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints ", que le père du mensonge soit expulsé du "Lieu où fut institué le Siège du bienheureux Pierre et la chaire de Vérité ".

 

Cet article a été inspiré par  celui de Mgr. M. L. Guérard des Lauriers.  (17 juin 1984.)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 09:40

Les fidèles, attachés à la Tradition, sont familiarisés avec l’Exorcisme contre Satan et les Anges révoltés, publié par ordre de S.S. le Pape Léon XII. Ils doivent, plus que jamais, le réciter, mieux que cela : Le prier, ils seront comme je l'ai moi-même été, confirmés dans cette pratique et divine­ment consolés, en revenant à la source, et à la Vérité.

 

C'est qu'en effet, le texte actuellement si répandu d'une part, et le texte original publié par ordre de Léon XIII en 1903, dernière année de son Pontificat d'autre part, ces deux textes diffèrent entre eux. Cette différence concerne il est vrai, non l'Exorcisme lui-même, mais la "Supplique à Saint Michel " qui le précède. Elle consiste :

 

Premièrement, en quel­ques interversions [dans l'ordre des prières], deuxièmement en deux omissions. Le premier point étant sans  importance, c'est le second que nous allons considérer. La dif­férence, par omissions, entre les deux textes, peut être, comme tant d'autres choses, envisagée à deux points de vue : soit quant au fait ; soit quant à la signifi­cation.

 

1. — Le fait de l'omission.

Ce fait, manifeste pour quiconque considère les Docu­ments, est le suivant. La Supplique à Saint Michel [qui pré­cède l’Exorcisme], publiée sous "Léon XIII glorieusement régnant", comporte: I) dans l"Oraison", la mention de "Saint Joseph époux de Marie " ; 2) dans le texte, une descrip­tion précise de la situation dans laquelle se trouve l'ÉgliseOr, dans les éditions ultérieures, ces deux choses sont omises.

A ce fait, objet d'un constat évident, se rattacherait l'exa­men des causes qui ont contribué à le produire immédiatement. Saint Pie X a-t-il eu connaissance de ces omissions ? Si NON, jusqu'à quel point était-il maître au Vatican ? Si OUI, a-t-il voulu ou subi ? S'il a voulu, dans quel but ? Nous n’examinerons pas ces multiples questions. Nous considérons le fait comme un donné objectif qui est, comme tel, intégré dans l'ordre providentiel.

 

Voir :http://catholicapedia.net/Documents/ACRF/documents/CARRE-ES1025.pdf

 

2. — La signification de l'omission.

Nous laissons de côté, nous venons de le dire, cette signi­fication telle que la conçurent ceux qui accomplirent l'omis­sion.  

 

Nous considérons l'omission telle qu'elle se présente maintenant OBJECTIVEMENT. Elle a, en fait, occulté provi­soirement le "fait ecclésial " constitué par l'acte de Léon XIII. Examiner quelle est la signification de l'omission, requiert donc, au préalable, de mettre en lumière ce "fait ecclésial", et puis d'en dégager la portée.

1. La promulgation de l'Exorcisme par Léon XIII, constitue un FAIT ECCLÉSIAL.

 

[Un "fait ecclésial" est, par définition, un événement qui se produit dans l'Église, et qui ne peut être référé qu'à toute l'Église prise dans son ensemble ]

 

Ce "fait ecclésial", c'est maintenant seulement qu'il est, comme tel, évident. Car maintenant, il est manifeste que : « Là où fut institué le Siège du bienheureux Pierre et la chaire de Vérité, là [des ennemis très rusés] ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ». Il est MANIFESTE maintenant que ce qui a pu paraître pour Rampolla un but manqué, et pour les "fidèles du rang", en 1900, un pessimisme enténébré, cela, c'est la RÉALITÉ. Il est donc manifeste que Léon XIII fut divinement inspiré.

 

C'est ce que confirme la relation que voici : « Selon la version la plus largement acceptée de ce qui s'est passé, le 13 octobre 1884, après que le Pape Léon XIII eut terminé de célébrer la Messe dans la chapelle vaticane — entouré par quelques cardinaux et membres du Vatican — il s'arrêta soudainement au pied de l'autel. Il se tint là environ dix minutes, comme en extase, son visage blanc de lumière. Puis, passant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à Saint Michel avec instructions pour qu’elle soit dite partout après chaque Messe basse.

 

 « Lorsqu'on lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu'au moment où il s'apprêtait à quitter le pied de l'autel, il entendit soudainement des voix : deux voix, une douce et bonne, l'autre gutturale et dure, il semblait qu'elles venaient d'à-côté du tabernacle.

 

Comme il écoutait, il entendit la con­versation suivante :

« — La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criait au Seigneur : "Je peux détruire ton Église ".

« La voix douce du Seigneur : "Tu peux ? Alors, fais le donc ".

« — Satan : "Pour cela, j'ai besoin de plus de temps et de pouvoir ".

« — Notre Seigneur : "Combien de temps ? Combien de pouvoir ?"

« — Satan : "75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service ".

« — Notre Seigneur : "Tu as le temps, tu auras le pou­voir. Fais avec cela ce que tu veux ". »

 

(Revue de l'ordre séculier de Saint Augustin, décembre 1981, New- York)

 

A suivre…

 

elogofioupiou.ovr-blog.com

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 09:55

Cette prière, composée par le pape LÉON XIII, d'après le formulaire des Exorcismes du Rituel Romain, complétée et mise en français dans le texte authentique, devrait être récitée fréquemment par tous, en public comme en privé, pour mettre en fuite les démons, diminuer leur action perverse sur les pécheurs, préserver l'Église, la Patrie et les Familles, de grands maux.

 

Cette très méritoire prière, enrichie d'une Indulgence plénière applicable chaque fois aux Vivants et aux Défunts, exerce particulièrement son influence libératrice sur les personnes et les lieux maléficiés par des sorts occultes, des menaces ennemies, et tout ce qui peut gravement troubler la concorde et la paix chrétienne, surtout quand il importe de triompher de dangereuses tentations contre la foi ou les mœurs, de l'endurcissement de certains pécheurs, de   crise de désespoir dans le malheur, des assauts diaboliques au moment de l'agonie, en général, de toutes calamités publi­ques ou privées. C’est pourquoi il est encore particulièrement recommandé de la réciter en public au cours de pèlerinages.

 

Aucune autorisation ecclésiastique spéciale, ni jeûne préa­lable, ne sont exigés ; mais on recommande une Confession et une Communion, autant que possible, jointe à quelque pénitence préparatoire, afin de lui obtenir une complète efficacité.

 

En famille, ainsi que dans les oratoires privés, en l'absence de tout prêtre, un clerc exorciste, un membre de l'Ordre reli­gieux, et même un simple fidèle laïc, homme ou femme, peu­vent réciter cette prière à haute voix au nom de l'Assemblée Chrétienne.

 

Dans la récitation publique, les laïcs omettent de dire les invocations liturgiques réservées au Prêtre, (déjà supprimées dans le texte publié par elogofioupiou). 

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

A la fin de l'Exorcisme, on asperge d'eau bénite le lieu et les personnes présentes. Le Curé peut donner la Bénédiction Solennelle avec la Croix ou le Très Saint Sacrement, s'il en  est porteur, même en privé !

 

Note : Cette édition date de 1903, c'est l'une des dernières qui aient été complètes. Toutes les suivantes furent tronquées d'une partie importante. 

C’est bien la preuve de la présence dans l'Église des anges apostats, et de l'influence qu'ils y ont exercée.

 

Si vous voulez en savoir plus, nous vous recommandons fortement la lecture de la brochure de Mme Marie Carré qui a pour titre : ES-1025. Cette brochure raconte l’histoire d’un infiltré dans l’Église pour la détruire de l’intérieur.  Vous pouvez la télécharger gratuitement en PDF.

http://catholicapedia.net/Documents/ACRF/documents/CARRE-ES1025.pdf

 

C’est la disparition d'une partie de ces textes de l'exorcisme qui fera l’objet des deux prochain articles,  sous le titre : "Exorciser l'exorcisme" (1) et (2).

 

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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