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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:19

Mes frères.

Dans toute société bien ordonnée, des lois écrites règlent la vie de ses membres. Ces lois se complètent au cours des âges par suite des divers besoins, de telle sorte que la jurisprudence des peuples subit parfois de profonds changements.

Il y a cependant un tout petit code qui reste inalté­rable depuis mille ans qu'il est gravé sur la pierre, depuis les milliers d'années qu'il est inscrit au cœur des hommes: ce sont les commandements de Dieu (Ex. XX, 1-17; Deut., V, 6-21).

Ces dix commandements très courts règlent la vie de chacun des hommes en particulier. De la même manière, Dieu ayant donné au mont Sinaï ces lois pour code à tout un peuple assemblé, il sert de règle à tous les autres peuples et assure la sécurité et le bonheur de toutes les sociétés.

Mais l'observance des dix commandements n'est pas une chose légère et facile. Des obstacles, des difficultés, des tentations innombrables en rendent la pratique plus difficile et poussent les hommes à les trangresser. Aussi bien est-il difficile de surmonter tous ces obstacles, si nous n'avons pas une vue très claire des conséquences que le respect ou la trangression de ces comman­dements peuvent avoir pour notre existence ici-bas et pour notre destinée éternelle.

Nous nous demanderons donc aujourd'hui quelle est la valeur des dix commandements pour la vie présente, et dimanche prochain nous verrons quelle est leur valeur au point de vue de notre bonheur éternel.

Il y a à Paris, mes frères, un prêtre éminent qui sous le pseudonyme de Pierre l'Ermite est connu comme l'un des écrivains les plus remarquables de ce temps. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler. Quelques-uns de ses livres ont été traduits en allemand et en hongrois. Dans le premier des journaux catholiques français, La Croix, cet écrivain rapportait un jour en quelques lignes une fort piquante conversation qu'il venait d'avoir avec une dame, une dame d'un certain âge, n'ayant rien toutefois de l'amabilité charmante d'une bonne grand'mère dont la distinction mêlée de modestie impose le respect. Sur sa personne, les fards et la poudre ne parvenaient pas à dissimuler les ravages des ans. Cette dame appartenait à la paroisse de Pierre l'Ermite et ne se montrait jamais à l'église.

Cependant, rencontrant son curé dans la rue, elle ne manquait jamais de le saluer d'une profonde révérence. Elle l'aurait volontiers accueilli sur le coup de cinq heures pour le thé, pensant que, par cet accueil, elle aurait amplement satisfait à ses obligations religieuses, mais M. le Curé ne répondait jusqu'ici à aucune de ses invitations.

Un jour donc qu'elle rencontrait Pierre l'Ermite dans la rue, tremblante de colère et sur un ton qu'elle n'avait jamais pris encore jusqu'ici, elle lui jeta ces mots: « Regardez ça... Monsieur le Curé!... »

Surpris, Pierre l'Ermite regarda dans la direction indiquée. Ça... c'était en effet un spectacle inattendu. Au milieu de la rue, dans des autobus bondés, s'agitaient des groupes de gamins coiffés de bérets rouges, avec des drapeaux rouges dans les mains. Ils braillaient l’Interna­tionale à tue-tête; on eut dit des hurlements de fauves échappés.

— « Mais voyons! C'est épouvantable! » Disait la vieille dame, toute cramoisie sous son fard. « C'est quelque chose d'ignoble! »

Le prêtre, qui éprouvait une profonde pitié à ce spectacle, lui répondit, très calme: « Madame... C'est très logique!... »

— « Comment?...    Logique! » Fit la dame interloquée.

— « Malheureusement oui. Madame... C'est très logique. S'il n'y a pas de Dieu, pas de vie surnaturelle, s'il n'y a plus de distinction entre le bien et le mal, les communistes n'ont vraiment aucune raison de prendre des ménagements avec la société bourgeoise. »

— « Cependant, M. le Curé, répliqua la dame irritée, il y a bien un Dieu?... »

— « Vraiment, Madame? Mais je ne vous ai encore jamais vue à l'église...! »

— « Moi, j'ai mon Dieu à moi... »

— « Un   Dieu  personnel?... »

— « Parfaitement. Un Dieu personnel, c'est bien plus commode... »

À ce moment le prêtre, jusque là si aimable et si calme, finit par perdre patience, et disant alors ce qu'il gardait depuis longtemps sur le cœur:

— « Sachez, Madame, que vous, et vous seule, êtes responsable de ces égarements et de ces révoltes. »

— « Comment!... Moi?... balbutiait la dame en secouant la tête.

— « Oui, Madame. Vous et vos pareils. Vous qui faites partie de la classe dirigeante, vous avez le devoir de donner ouvertement l'exemple. Et que faites-vous? Au contraire, devant vos voisins, votre entourage, vos amis, vous affichez toute l'année la plus complète indifférence pour la religion. Pourquoi voulez-vous que le peuple croit à quelque chose quand vous ne faites rien. Le peuple suit vos exemples. Et si, pour vous et les vôtres, il n'y a rien de sacré, pourquoi le peuple — la masse comme vous dites — tiendrait-il pour sacré votre porte-monnaie, vos bijoux et même votre vie? Vous êtes responsables devant Dieu de tout cela; oui, de tout cela. »

La dame, vexée, toisa l'abbé de la tête aux pieds, pinça les lèvres, et, se détournant avec dédain, lâcha ces mots sèchement:

— « M. le Curé, quand je voudrai entendre un ser­mon, j'irai à l'église... » et elle s'éloigna en maugréant...

Je n'affirmerai pas, mes frères, que M. le Curé ait été d'une amabilité parfaite... Peut-être n'avait-il pas tout à fait raison... Mais que la dame se soit mise dans son tort j'en suis bien certain. Car enfin, que deviendrait la vie ici-bas, que deviendrait la société et la vie de chacun de nous, si, vivant chacun pour soi, on peut se faire son Dieu personnel et son propre code de morale?

A (Section)

Dimanche dernier j'esquissais devant vous le tableau idyllique du calme et de la paix sur la terre si les hommes respectaient dans toute leur rigueur les dix comman­dements.

Considérez aujourd'hui le revers de la médaille, l'envers du tableau: ce que l'humanité doit attendre le jour où elle abandonnera définitivement les dix commandements. Quelle sombre et lamentable chute!

Effacez tout d'abord le premier commandement, et autorisez chacun à se confectionner son propre Dieu! Nous voici revenus au Panthéon de la Rome païenne avec ses trente mille dieux, ou bien nous tombons plus bas que les animaux, dans une immoralité sans fond. Car il est plus facile, entendez bien, il est plus facile à un oiseau de vivre sans air, ou à un poisson de nager sans eau qu'à l'âme de l'homme de rester sans Dieu.

Effacez ensuite le deuxième et le quatrième comman­dements, et permettez aux enfants de la rue de lever le poing en proférant des blasphèmes contre Dieu. Est-ce que l'autorité des hommes gardera son prestige et sa valeur quand les droits de Dieu seront méconnus ? Et là où les parents et les lois humaines auront perdu leur autorité, là où le commandement n'aura plus d'effet, parlez-vous encore de civilisation ? Ce ne sera plus qu'une horde, qu'un troupeau, qui n'attend pour marcher que le fouet d'un tyran.

Rayez le troisième commandement qui ordonne avec la sanctification du dimanche le repos dominical. En avant! Cette fois on travaille sans arrêt, partout on entend le mugissement des sirènes. On a déjà tenté en certains endroits d'étouffer le son des cloches par le grondement des machines. Dites-moi ? En sommes-nous plus heureux, plus libres ? Le fardeau n'est-il pas au contraire plus pesant, la vie plus lourde même que l'esclavage des ilotes Spartiates? Ah! Sans doute, il n'y a pas de vie sans progrès, sans perfectionnements, mais y eut-il jamais dans l'histoire du monde une oppression plus écrasante, plus de poings tendus et menaçants, plus de regards de haine ? Jamais on n'avait vu de pauvres gosses avec des bérets et des drapeaux rouges comme aujourd'hui, au siècle de la machine, à notre époque qui ne peut plus tolérer le repos du dimanche.

Les médecins et les économistes réclament le repos du dimanche; c'est l'enseignement de l'Église qui rap­pelle aux riches l'obligation du travail, et réclame pour les pauvres le droit aux repos. Quel bonheur pour l'homme de pouvoir fêter le dimanche en servant Dieu, de pouvoir oublier quelques instants la lutte qu'il mène pour l'existence et s'élever, à certaines heures bénies, jusqu'à son Dieu!

Retranchez encore le cinquième commandement, et vous ne pouvez plus sortir en sécurité dans la rue.

Supprimez le sixième commandement, en prônant l'amour libre, et dans quelques années vous ne verrez plus de visages humains, mais des êtres rabougris, décharnés, les joues creuses, les yeux décavés, le sang avarié.

Retirez les septième et dixième commandements, et les hommes s'entre-dévoreront comme les fauves à la ruée des richesses et de l'or.

Abrogez enfin le huitième commandement, et le mari n'aura plus confiance en la parole de sa femme, la mère ne pourra plus se fier à son enfant.

Ainsi, vous le voyez, mes frères : la foi en la parole donnée, le respect des lois, l'estime des supérieurs, l'amour du travail, le bonheur ou le malheur d'une famille ou d'une nation dépendent de l'observation ou du mépris des commandements.

Si nous considérons le trouble de la société actuelle, en pensant à son avenir, un profond découragement nous envahit; partout c'est l'incertitude, les tâtonne­ments dans les ténèbres, la haine brutale, les mouve­ments révolutionnaires, la recherche de nouvelles formes de vie.

Regardez par ailleurs les crises surmontées par l'humanité dans le passé, il n'y a pas de motif de déses­pérer. La société chrétienne a passé par de dures épreuves, il suffit de rappeler la ruine de Rome, les dévas­tations des Vandales et des Turcs, les ravages de la guerre de Trente ans. Or, toutes ces calamités, l'Europe chrétienne les a surmontées, soutenue par une seule force : une inébranlable confiance en Dieu.

Quand nous observons l'instabilité générale et les bouleversements sociaux de notre temps, sachons recon­naître que notre inquiétude n'a qu'une seule cause, le manque de foi en Dieu qui peut soutenir notre existence. Cette foi, par quoi l'a-t-on remplacée ? Par l'indécision et le désespoir qui ont amené une véritable épidémie de suicides, par une débauche effrénée, un luxe inouï et un relâchement des mœurs inconnu jusqu'ici.

Sociologues, savants et écrivains enquêtent sur la cause première de l'effondrement qui menace d'engloutir la société. Il n'est pas difficile de connaître l'origine de ces désordres et, sans être aussi tranchant que Pierre l'Ermite, je dirai nettement que les coupables ce sont tous ces éléments de haine qui ont arraché à l'âme humaine sa croyance en Dieu et qui ont voulu briser en éclats les tables des Dix commandements.

Il n'est pas facile, de notre temps, d'élever l'homme, limité par l'horizon de la vie matérielle, jusqu'aux sereines hauteurs des commandements divins, et cepen­dant nous devons le faire.

La masse repousse avec mépris tout ce qui regarde la vie spirituelle, semblable aux volatiles de nos basses-cours qui, les pattes sur le fumier qu'elles grattent, suivent des yeux avec indifférence l'aigle royal qui tour­noie dans le ciel bleu.

Aigle insensé! Pourquoi planer dans l'air libre où il n'y a pas de fumier à gratter! Pour la masse vulgaire et sensuelle, la morale de l'Église paraît un travail de géants, pour se tenir sur les hauteurs il faut être un aigle de race royale.

Quel est le but de ces dix commandements ? Faire de nous de vrais catholiques, des hommes pensant et agissant d'après des principes catholiques. Voulons-nous vivre ? Voulons-nous surtout vivre dans la paix ? Il n'y a pas d'autre chemin que celui que nous montre notre Seigneur et notre Dieu : l'observation intégrale des Commandements divins.

Malheur! Oui, malheur au peuple qui s'efforce de briser les Tables de la Loi!

Extrait de : LES DIX COMMANDEMENTS DE DIEU  - Mgr Tihamer Toth (1933)

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 08:55

CHAPITRE II

LA VOIE  DE LA BIENHEUREUSE ÉTERNITÉ.

Le grand chemin, c'est la voie par où sont passés tous les saints; le chemin royal, c'est la voie par où passa le Roi des rois lui-même. Or telle est la voie de la croix. On le constate facilement si l'on jette un regard rapide sur l'histoire du monde. L'Ancien Testament, pas moins que le Nouveau, nous offre de convain­cants exemples.   

A côté d'Abel, agréable à Dieu, nous voyons Caïn qui le persécute. Abraham subit la plus dure des épreu­ves, en recevant l'ordre d'immoler son

Fils unique. Job est réduit, sur un fumier, à la plus extrême misère, mé­prisé de ses amis, insulté par sa propre femme, dépouillé de tous ses biens, privé de ses enfants. Moïse a Pha­raon pour l'exercer; David, son fils Absalon"; le prophète Elie, Jézabel; Tobie perd la vue et risque de perdre la vie.

Jean-Baptiste sert comme de trait d'union entre la loi ancienne et la loi nouvelle, il est martyr de l'immoralité d'un roi ignoble.

Dès que s'inaugure l'ère nouvelle, par la venue de Jésus, le sang coule. Les saints Innocents préludent au cantique de la souffrance dont le motif est donné par le Maître. De celui-ci, toute la vie fut croix et martyre. Aussi bien, ceux qui tiennent à lui de plus près s'harmonisent sur le ton du sacrifice. Tous ses apôtres furent mar­tyrisés: la Vierge sainte, sa Mère, par  les  brisements  de   son   âme,   fut la  reine des martyrs; l'Eglise chante que tous les saints ont beaucoup souf­fert; ils sont passés, écrit saint Paul, par   toutes   sortes   de   tribulations   et d'épreuves.   «   Les uns ont péri dans les   tortures...   d'autres   ont   souffert les moqueries et les verges,  de plus, les chaînes et les cachots; ils ont été lapidés, sciés, éprouvés; ils sont morts par le tranchant de l'épée; ils ont erré ça et là, couverts de peaux de brebis et de chèvres, dénués de tout, persé­cutés,   maltraités,   —    eux    dont    le monde  n'était  pas  digne;  —  ils  ont été   errants   dans   les   déserts   et   les montagnes, dans les cavernes et dans les antres de la terre (Heb., xi, 35 et suivants! »

Quelle peinture exacte des condi­tions primitives de la sainteté héroï­que des premiers chrétiens, des conditions dans lesquelles se forment les héros de tous les siècles!

Si donc nous sommes éprouvés, n'en soyons ni attristés, ni découragés; bien plutôt réconfortons-nous, réjouissons-nous même, par la pensée que nous sommes dans une voie ab­solument sûre, exempte de surprises et de dangers. Nous allons à la vie avec certitude, au vrai bonheur avec sécurité. Ayons devant les yeux la vision des saints. Tous sont marqués du stigmate de la douleur. Il y a bien sujet de joie, à constater que la Providence nous gratifie du même signe, le signe de ses élus.

Ayons, au contraire, de l'inquié­tude, si nous marchons au milieu des consolations, de quelque ordre que ce soit. Les bonheurs temporels alour­dissent fatalement l'âme; ils ouvrent la porte aux illusions de la sensualité, illusions astucieuses et dangereuses

Icontre lesquelles une vie de privations et d'austérités est une garantie sûre. Les  joies  spirituelles,  à leur tour, ne   sont  pas   sans  danger.   Ce  sont, sans  doute  parfois,   des fruits  de  la grâce, douceurs pieuses,  satisfactions surnaturelles   :  avec  elles,   on  va  au ciel,   mais  comme   par   des    sentiers écartés  de  la grande   route,   passant au   travers  des  terres;  de  temps  en temps, on a de la peine à les décou­vrir, quelquefois ils manquent tout à fait, on ne sait plus où aller, on fait mille détours, on cherche quelqu'un à consulter pour se tirer d'embarras; on a perdu bien du temps.

Sans compter que ces suavités ris­quent de donner prise aux illusions de la sentimentalité ou aux illusions de la personnalité; celles-ci comme celles-là sont une forme déguisée de l'or­gueil de l'esprit, de l'orgueil du cœur et pervertissent la dévotion, lui enlevant sa vérité, donc sa valeur et son mérite.  

Combien il vaut mieux aller par la voie de la souffrance! On y est en sé­curité. Comme il n'y a que les saints qui la suivent, on peut y avancer sans crainte,  sans ne rien demander à per­sonne, les yeux fermés; quelle joie si on les ouvre, on voit à chaque pas que l'on suit les vestiges de ceux du bon Maître!   

Extrait de : Les Saintes Voies de la Croix (1915) Mgr A. Gonon

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:21

CHAPITRE PREMIER (Livre premier)

L'apôtre saint Paul écrivant aux Corinthiens (î, I, 63) leur dit : « Nous prêchons le Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les Gen­tils. » Voilà une affirmation bien étrange, que la Rédemption, la croix, chef-d'œuvre de la bonté et de la sa­gesse de Dieu, produise une telle impression sur des intelligences raison­nables. C'est pourtant un fait indé­niable; le monde rit et se moque des principes austères de la morale chré­tienne, des hommes de génie même se sont heurtés contre eux et ont tra­vaillé à 'les combattre. Il n'y a en cela qu'une preuve de la faiblesse de l'esprit humain laissé à lui-même; il est incapable de s'adapter aux pen­sées divines, soit parce que l'orgueil l'aveugle, soit parce que la sensua­lité le déprime. Motif de nous humi­lier et d'avoir conscience de notre petitesse, petitesse trop visible en l'attitude des apôtres. A l'école du di­vin Maître lui-même, au moment où ils reçoivent de lui l'enseignement du grand secret de ses souffrances, l'Évangile nous apprend qu'ils étaient préoccupés de savoir qui serait le plus grand parmi eux. Ils étaient han­tés par une pensée de sot orgueil.

Hélas! On peut être si près de la lumière et rester dans les ténèbres!

Il en est ainsi lorsqu'on se laisse conduire par ce que l'apôtre appelle, « la prudence de la chair ». C'est l'humaine sagesse, qu'il déclare : ennemie de Dieu, et de laquelle il faut se défier, voire même qu'il faut mé­priser. Aussi bien, donne-t-il ce con­seil étrange : « Que personne ne se trompe; si quelqu'un d'entre vous pa­raît sage, qu'il devienne fou. » Pour être sage aux yeux de Dieu, il faut consentir à être tenu pour insensé par les gens du monde dont les pensées ne sont que vanité, dont les sentiments ne sont qu'illusion, dont l'estime n'est que mensonge, dont le jugement n'est qu'erreur.

A ceux-ci est impossible l'intelligence du mystère de la croix.

On ne peut, en effet, comprendre le prix de l'humiliation lorsqu'on ne songe qu'à se faire valoir, à passer pour ce que l'on n'est pas, à briguer tous les honneurs. On ne peut appré­cier la douceur de souffrir au milieu du luxe de la table et des vêtements, dans la recherche de tout ce qui flatte la sensualité.

Le Bréviaire romain, en la leçon du 14 septembre, rapporte que l'empereur Héraclius ayant repris aux Perses la vraie Croix du Sauveur tombée entre leurs mains lors du siège de Jérusalem par Chosroès, il en fit un transfert solennel en la ville sainte. Il marchait, portant lui-même la di­vine relique, ayant à ses côtés Zacharie le patriarche. Arrivé aux portes de la cité, il se sent paralysé par une force mystérieuse, ses pieds sont comme cloués à la terre.

« Pourquoi cela? » demande-t-il, ef­frayé, à Zacharie.

« Parce que, répondit celui-ci, vous êtes recouvert d'un royal vêtement là où Jésus était vêtu misérablement; parce que vous portez une couronne d'or et de pierreries étincelantes, là où il était couronné d'épines; parce que vous avez de riches chaussures, là où il allait pieds nus. »

Héraclius aussitôt se dépouille de son manteau écarlate et emprunte le surtout d'un pauvre; il ôte ses chaus­sures rouges brodées d'aigles d'or, il rejette sa couronne sertie de pierres précieuses, et plus rien ne l'arrête, il marche librement jusqu'à la Basilique, au milieu des acclamations du peuple.

Il y a,  en ce trait, un symbole tou­chant des dispositions nécessaires pour comprendre l'ineffable mystère de  la  croix.   Nous  avons  saisi  qu'il  demeure caché aux âmes orgueilleuses et sensuelles dont le monde est rempli, mais il n'est pas moins inaccessible aux personnes pieuses qui n'inclinent pas nettement leurs volontés vers les austères vertus qui en nous humiliant nous élèvent, qui en nous détachant nous affranchissent.

Le bon Maître, en voyant, un jour, les effets de ses prédications sur ceux qui l'entendaient, effets désastreux sur les pharisiens orgueilleux et hy­pocrites, effets pénétrants sur les apô­tres et les disciples, s'écria en levant les yeux au ciel, comme en extase : « Je vous rends grâces, ô mon Père, de ce que vous avez caché ces choses aux superbes, et que vous les avez révélées aux simples! »

Détachons-nous des créatures et de nous-mêmes, et nous pourrons un peu comprendre la science des sciences, celle de la croix.

Extrait de : Les Saintes Voies de la Croix (1915) Mgr A. Gonon

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:27

Nous naissons, nous vivons un certain nombre d'années, puis la mort vient nous enlever de la vie terrestre. Nous devons nous inter­roger pour en connaître le pourquoi et le but de la vie.

 

A ces interrogations Dieu seul donne les réponses adéquates. Car c'est de Dieu que nous tenons la vie. C'est Lui aussi qui a fixé un but à notre vie.

 

1. Pourquoi sommes-nous sur terre?

 

Nous sommes sur terre pour aimer Dieu, L'honorer et Le louer.

 

Tout ce qui existe, Dieu l'a créé par amour, aussi bien les anges que les hommes. Il veut leur faire part de Sa richesse. C'est pourquoi Dieu veut que nous L'aimions comme Lui nous a aimés depuis toujours. Dieu veut que nous L'honorions, car ce faisant nous reconnaissons qu'il est notre Créateur et qu'il nous est infiniment supérieur; ainsi l'homme se gardera de l'orgueil. L'homme réalise sa plus intime aspi­ration quand il peut adorer ce qui est la Vérité, la Bonté et la Beauté. Ainsi louer Dieu est un acte de justice, car Dieu comme Être Parfait, a droit à la louange suprême. Toute la création a comme raison d'exis­tence de louer et d'honorer Dieu.

 

2. Pourquoi sommes-nous sur terre pour un temps relative­ment court?

 

Nous ne sommes qu'un temps très bref sur la terre car ce temps est un temps de probation.

 

Dieu ne nous contraint pas à L'aimer. Nous devons L'aimer libre­ment, c'est-à-dire nous efforcer de Le connaître, consentir à nous unir à Lui et obéir à Ses commandements. Dieu nous éprouve sur la terre pour voir si nous sommes dignes de Son amour par notre persévé­rance à y répondre. C'est le jugement divin qui nous révélera le résul­tat de l'épreuve. Seules deux sentences sont possibles à ce jugement: le bonheur éternel du ciel ou l'éternelle damnation en enfer.

 

3. Vers quel but devons-nous tendre de toutes nos forces?

 

Nous devons tendre de toutes nos forces vers le ciel.

Dieu n'a pas créé l'homme pour la terre, mais pour le ciel. Notre vie doit donc être une ascension vers le ciel. « Nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais nous aspirons à la cité future» (He 18:14). « O Dieu, Vous nous avez créés pour Vous, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne se repose en Vous » (Saint Augustin).

 

4. Que devons-nous faire pour arriver au ciel?

 

Pour arriver au ciel nous devons:

 

1) Croire en Dieu et en Sa révélation. (Ce que Dieu enseigne c'est la foi chrétienne. C'est le vrai chemin pour aller à Dieu. «Celui qui ne croira point sera condamné" (Mc 16:16).)

 

2) Aimer Dieu par l'observation de Ses commandements. (Les commandements nous guident. Celui qui les observe ne s'égare pas. « Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements» (Mt 19:17).)

 

3) Recourir aux sources de grâce qui sont offertes dans l'Église: Les sacrements et la prière.  (Les sacrements et la prière nous nourrissent et nous soutiennent sur le chemin du ciel. «Sans Moi vous ne pouvez rien faire» (Jn 15:5). La doctrine de la foi chrétienne, des commandements et des moyens de salut est contenue dans le catéchisme. Celui-ci nous montre le chemin du ciel. » Que sert-il à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme» (Mt 16:16).)

 

5. Comment abandonnons-nous le chemin du ciel?

 

Nous abandonnons le chemin du ciel en désobéissant aux commandements de Dieu, c'est-à-dire en commettant le péché.

 

Chaque péché blesse l'amour de Dieu. Le péché mortel entraîne la mort spirituelle du pécheur, si celui-ci ne fait pas pénitence, il est perdu pour l'éternité.

 

6. Quel est le plus grand malheur?

 

Le plus grand malheur c'est de rester dans son péché et d'être ainsi rejeté au tribunal divin, puis de tomber en enfer.

 

Extrait de : Catéchisme de l’Oratoire, traduit par l’abbé Paul Schoonbroodt

Édition SAKA

 

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 20:59

Satan et la complicité des hommes.

Le Diable, en effet, ne parviendrait pas à régner sur le monde sans la complicité de la malice des hommes. Mais, cette complicité de notre malice étant admise, il lui est facile d'animer et coordonner la révolte des méchants pour en décupler la puissance.

 

En effet, quand on étudie les manifestations du mal et de l'erreur tout au long des siècles, on est surpris par l'étonnante unité, l'extraordi­naire constance, la patiente persévérance de cette marée de maux et de forces subversives. Or, précisément, ce spectacle est étrange. Normalement, l'erreur et le mal, par le fait même qu'ils sont «manque d'être» et désor­dre, ne devraient pas avoir ce caractère d'incontestable unité dans leur évolution et de force ordonnée dans leur progression. Or, en dépit des conflits aigus, des guerres sauvages, des sanglantes rivalités, qui font s'entredétruire constamment les troupes de l'erreur, on ne peut pas ne pas être frappé de l'extraordinaire persistance et continuité de ce que tant d'anarchie semblerait vouer, au contraire, à la plus rapide disparition, sinon à la plus dérisoire des impuissances.

 

Que le mal et l'erreur soient sans cesse renaissants, rien de plus nor­mal. Notre nature viciée originellement suffit à l'expliquer, mais que l'erreur et le mal arrivent à se manifester en un courant de puissance orga­nisée, universelle et telle qu'il parvient à s'opposer victorieusement à l'énergie autant qu'à la ténacité des meilleurs, voilà ce que la seule nature humaine ne saurait expliquer, au moins à ce degré. Derrière l'anarchie des mensonges et de tant d'entreprises impies au cours de l'histoire, on est frappé par l'action d'une puissance qui, si l'on peut ainsi parler, orga­niserait, disciplinerait ce chaos, assurant, en quelque sorte, sa transmission et sa démultiplication.

 

M. Marquès-Rivière lui-même, au terme de sa très naturaliste « His­toire des Doctrines Ésotériques » s'est vu embarrassé par cette énigme. Et lui aussi vient à se demander comment expliquer cette permanence et cette universalité. Il écarte, il est vrai, « la théorie facile d'un Satan inspirateur officiel et quasi-automatique de toutes les hérésies à travers le « temps et l'espace... » Mais pour proposer quoi ? Une interrogation... Seulement ? Mais où il est question « d'une source d'inspiration incessante dans les plans subtils de l'être qu'elle a justement la prétention « de pénétrer et de dominer ! »

 

La chute en est fort belle... Pourtant la formule nous suffit.

 

M. Marquès-Rivière a bien constaté la nature de l'opération. Restait à déterminer l'organe qui l'exerce. Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, l'his­torien naturaliste s'y est refusé. Mais un catholique, lui, ne manquera pas d'admirer une formule dont les termes contribuent, malgré tout, à donner une description assez exacte de l'action que l'Enfer ne peut man­quer d'exercer en ce genre d'affaires... « Source d'inspiration incessante »... ayant « la prétention de pénétrer et de dominer »... et qui s'exerce « dans les plans les plus subtils de notre être... » Pour du naturalisme, ce n'est pas mal.

 

« Si j'étais le diable, notait (il y a 170 ans) Alban Stolz, soit en 1845, et que le peuple « me choisît pour son député au Parlement, j'y ferais une motion, une  seule, qui procurerait à l'Enfer le plus de clients possible; je proposerais « de séparer complètement l'école de l'Église. »

 

En vérité voilà qui peut donner une très juste idée de l'action satanique qui nous intéresse le plus en ce chapitre.

 

Si l'intelligence d'un homme peut concevoir telle mesure plus suscep­tible de servir la cause de l'Enfer, on peut être assuré que Satan n'a pas manqué d'y penser lui aussi. Si une telle mesure a été prise, il serait puéril de croire que les diables s'en désintéressaient et s'en étaient allés baguenauder ailleurs pendant qu'on la prenait.

 

Si par-dessus tout, l'histoire nous révèle un ensemble gigantesque et pratiquement universel d'organisations, opérations, transformations socia­les, dont le moins qu'on puisse dire est que cet ensemble apparaît comme la plus effroyable entreprise qu'on ait jamais vue pour saper la foi dans les âmes  et arracher le christianisme de la vie des nations comme de la vie des individus, il est évident que tout l'Enfer est certainement déchaîné pour cette affaire.

 

Et donc, c'est très raisonnable qu'une telle entreprise peut être dite satanique. (« Le démon est le chef de tous les hommes iniques, enseignait déjà le Pape saint Grégoire, et tous les hommes impies sont les membres de ce chef.») (Sermon pour le premier dimanche de Carême).

 

Le parallélisme est, d'ailleurs, éloquent, qui consiste à rappeler d'une part ce que l'Enfer désire, ce qu'il cherche à réaliser, quelles sont les marques ordinaires de ses opérations et, d'autre part, ce que désire, ce que cherche à réaliser la Révolution, quelles sont les marques ordinaires de ses opérations.

 

Nous avons déjà dit les raisons de la haine de Lucifer contre le Dieu fait homme. Que la Sainte Vierge Marie se trouve comme englobée dans cette détestation, la chose va sans dire. Satan ne pardonnera jamais à une créature humaine d'avoir pu être élevée jusqu'à ce rang d'incompré­hensible dignité de « Mère de Dieu ».

 

Dans la logique de cette haine se trouvent aussi : la détestation de l'Église, Corps Mystique du Christ, la détestation des chrétiens, qui sont Ses membres, la détestation, enfin, de l'humanité comme telle, en tant qu'objet de la prédilection divine.

 

Avilir cette humanité, corrompre systématiquement les hommes, les voir sombrer dans les pires désordres et, finalement, dans cette « anima­lité » à laquelle ils participent par leurs corps, telle est l'ambition, très compréhensible en un sens, de ces purs esprits dévoyés qui ne nourrissent que mépris pour ces créatures de chair et de sang appelées à prendre leur place dans le ciel.

 

Pour atteindre ce but, anéantissement de ce qui peut aider ou soutenir la personnalité : cadres, corps ou moyens naturels d'éducation, ordre social, famille, propriété, etc. Anéantissement des élites par la suppression des corps intermédiaires. Réduction de l'humanité à l'état d'une « masse » amorphe et grégaire par l'anéantissement des nations..., sous l'autorité d'un pouvoir tout puissant et qui serait athée.

 

Pillages, attentats, révolutions, meurtres, exécutions sommaires, ter­reur, guerres de plus en plus atroces, telles sont les manifestations très caractéristiques de celui dont nous savons qu'il fut homicide dès le com­mencement.

 

Homicide, père du mensonge et prince des ténèbres ! D'où son horreur pour la vérité, pour la lumière, la clarté, la netteté. Persécuter, spolier, abattre la Sainte Église. Tout lui préférer, et d'abord les fausses religions, le schisme et l'hérésie.

 

Ruiner, saper, diminuer, sous-estimer l'autorité du pape. Combattre, chasser, massacrer les prêtres et les religieux. Corrompre ceux qu'on pourra séduire. Tout mettre en œuvre pour neutraliser l'enseignement de la bonne doctrine. Enrayer, sinon freiner les vocations, etc.

 

Telle est, à n'en pouvoir douter, la frénétique volonté et l'action per­sévérante de l'Enfer.

 

                                                       *   *   *

 

                                     SANS   SOUFRE,   NI   FUMÉE

 

« L'antéchrist ne s'appellera pas ainsi ; s'il le faisait il n'aurait pas d'adeptes.

Il ne perlera pas un « maillot » rouge et ne vomira point de soufre. Il arrivera déguisé comme le grand hu­maniste ; il parlera de paix et d'abondance. Il protégera la science, mais seulement pour que les fabricants d'armes se servent d'une merveille de la science pour détruire l'autre. Il parlera même, parfois, du Christ, et il dira qu'il fut l'homme le plus grand qui n’ait jamais existé. Au milieu de son amour apparent de l'Humanité et de ses paroles attendrissantes sur la Liberté et l'Égalité, il gardera un grand secret qu'il ne dira à personne. Il ne croira pas en Dieu.  Nous vivons  les jours de l'Apocalypse...  ».  

 

En 1965, ce massage de S. Exc. Monseigneur Fulton Sheen, évêque auxiliaire de New York, mettait l'accent sur la nature du travail de Satan.  Soit déjà plus 50 ans.

 

Il (Satan) intervient rarement « en personne » avec des mani­festations nauséabondes et infernales. Les sacrilèges eux-mêmes ne sont que le débordement accidentel du sata­nisme contemporain.

 

De tels moyens sont inutiles quand le diable tient déjà les âmes par les mœurs et les institutions.  Ainsi un bon socialisme, l'expansion légale des crimes contre la vie, la prolifération de ceux que l'Écriture appelle « in­fâmes » ou « abominables », voilà qui pousse à leur perte plus d'âmes que les fureurs isolées de quelques démonia­ques.

 

Ne jamais oublier  que : "Si j'étais le diable, et si le peuple me choisît pour son dépu­té au Parlement, j'y ferais une motion, une seule, qui procurerait à l'Enfer le plus de clients possible; je proposerais de séparer complètement l'école de l'Église."   (Alban Stolz)

 

FIN

 

Récitons tous les jours cette prière : http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

elogofioupiou.over-blog.com

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 10:54

E. — LA TACTIQUE DU DIABLE.

Nous voudrions ici esquisser en gros traits quelques lignes générales de la tactique qu'emploie le démon pour pervertir le monde. — Comme le dit très jus­tement de Rougemont : « Le réel... est gouverné par des structures de forces ou des ensembles dyna­miques» et le diable possède un dynamisme tout particulier pour mettre l'humanité à son service.

 

1° Le démon est Père du mensonge.

 

Ici encore de Rougemont précise ce rôle, disant :

« Son essence étant précisément le déguisement, l'usurpation des apparences, le bluff éhonté ou subtil, bref, l'art de faire mentir les formes. ... l'oeuvre du diable au temps présent, en face de nous et parmi nous, c'est le grand truquage » (DE ROUGEMONT, La Part du Diable,  p.   17.).

 

C'est ainsi qu'il répand de par le monde les faux systèmes, les hérésies et les erreurs ; les préjugés et les malentendus. Il tente d'obscurcir, sous toutes les formes possibles, la raison.

 

Une manifestation classique de son action est d'écarter toute idée de la mort ; et l'on sait que sous son influence on organise autour des moribonds la consigne du silence et du mensonge : les parents, les médecins, les infirmières, les amis, tous mentent autour du malade. On crée ainsi autour de ce dernier une atmosphère diabolique qui a pour effet d'écarter le prêtre et peut-être de précipiter le mourant en enfer.

 

1) Parmi les faux systèmes de pensée qu'il invite à répandre, il en est qui professent un optimisme exagéré. C'est ainsi que depuis la fin du XIXe siècle on croit à tort que la science va résoudre tous les problèmes du monde.

L'humanité est destinée — grâce aux découvertes — à évoluer selon un progrès continu et elle avance à grands pas vers la reconstitution d'un paradis. W. Robinson a écrit que, pour certains de nos contem­porains, « l'Elysée est derrière le prochain coin » (W. Robinson, The Devil and Cad, p.  10.).

 

C'est ainsi qu'il porte à faire croire que la vie est déterminée et qu'elle nous conduit selon une ligne fatale vers les sommets. Par là même il anni­hile la personnalité, lui enlève sa liberté et toute responsabilité.

 

Nos vices sont affaires de glandes endocrines et de cellules nerveuses ; demain les progrès de la médecine en auront totalement raison ; ainsi la science construira une sainteté nouvelle.

 

2) Dans d'autres cas, Satan, organisateur du chaos, place les hommes devant des situations inextricables et désespérées et les fait blasphémer contre Dieu, transformé en une sorte de monstre trouvant son plaisir à tourmenter les hommes. Nous trouvons une frappante expression de ce nihilisme radical dans ce texte de Bertrand Russel :

 

« L'homme est le produit de causes qui ne pou­vaient prévoir ce qu'elles allaient réaliser ; son origine, son développement, ses espoirs et ses crain­tes, ses amours et ses croyances ne sont que l'aboutis­sement de chocs accidentels d'atomes ; aucun feu, aucun héroïsme, aucun effort de pensée ou de sen­timent ne peut faire survivre la vie individuelle au-delà de la tombe ; tous les travaux de tous les âges, toute la piété, toutes les inspirations, toute la gran­deur éclatante du génie humain tout cela est destiné à se perdre dans la mort immense du système solaire ; toutes les constructions faites de main d'homme doivent inévitablement être ensevelies sous les débris de l'univers en ruine, tout cela — bien que tous ne l'admettent pas — est à peu près certain, à tel point qu'un philosophe qui rejette ce point de vue ne peut espérer subsister ».

 

On retrouvera dans la « Nausée » de Sartre, l'exploi­tation de la même veine.

 

3) Satan invite aussi les humains à découvrir de faux remèdes aux maux présents : on versera dans les superstitions et les religions les plus étranges.

 

De Rougement nous prévient : « Tout porte à croire que nous allons entrer dans une ère de reli­gions aberrantes... ». Le diable va se baigner avec délices dans la grande confusion religieuse qui marquera la paix du XXe siècle.

 

On créera des religions synthétiques comme on a fabriqué du caoutchouc synthétique.

 

« J'imagine que Satan va nous offrir un choix con­sidérable d'Antéchrists. Tout et n'importe quoi ; sauf l'Évangile et la sobriété de la Croix. Il nous dira : « Faisons au moins du christianisme une religion comme toutes les autres, un écran entre l'homme et Dieu, une fantasmagorie psychologique où l'homme n'adore que son propre reflet ». Ce sera le temps de regretter les dictatures qui tuent les corps mais qui ne peuvent rien faire de plus ».

 

2° Le démon excite l'orgueil.

Déjà saint Augustin, faisant allusion aux applau­dissements qui saluaient ses discours, déclare que... « Ceux-ci l'emportèrent vers de « vaines chimères » car, dit-il, il y a plusieurs manières de sacrifier aux idoles ».

 

Satan cherche, en effet, à se constituer le centre de l'univers, et invite les hommes à penser de même.

 

On retrouve sur le plan social, cette influence diabolique quand on entretient certains groupes dans une atmosphère de serre chaude, et lorsque les mem­bres du groupe aiment à s'admirer mutuellement à l'intérieur d'un cercle fermé et préfèrent ne pas avoir de rapports avec l'extérieur pour ne pas s'y contaminer ! C'est ainsi que se créent les factions, les coteries, les cliques.

 

C’est en vertu de ce même principe faux que, par exemple, on tente d'enfermer la religion à l'inté­rieur même d'un groupe national ; en créant une religion nationale... et l'essentiel de la religion devient alors le développement du groupe national : on divinise la nation.

 

3° Le  démon  provoque  l'idolâtrie.

 

Le Prince des Ténèbres essaie de détourner les hommes vers un autre pôle d'attraction que le Christ, il forge de ses propres mains de nouveaux dieux qu'il présente à l'adoration des hommes, il fabrique des idoles.

 

Déjà saint Paul mettait en garde à ce sujet, les chrétiens :

 

« Je dis que ce que les païens offrent en sacrifice ; ils l'immolent à des démons et non à Dieu : je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.

 

«Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons ; vous ne pouvez prendre part à la table du Seigneur et à la table des démons... ».

 

Satan a imaginé un plan grandiose, une fois de plus il s'est transformé en ange de lu­mière et a voulu faire croire que le Christianisme s'était détourné de l'esprit de son Fondateur. Le Jésus auquel les chrétiens croient n'est pas le vrai, dit-il, c'est Lucifer qui va nous dire quel est le Jésus authentique.

 

Ainsi aux environs de 1910, il nous a présenté un Jésus libéral — et aujourd'hui il nous présente un Jésus marxiste. N'entendons-nous pas dire autour de nous que si Jésus revenait. Il ne reconnaîtrait pas pour ses disciples, les chrétiens de notre temps, mais bien les communistes ?

 

Ainsi un Christ nouveau — une idole — est con­struite selon les indications de Satan.

 

En d'autres circonstances, c'est l'Argent, la Nation, la Race, la Classe etc., qui sont chargées de jouer le rôle d'idole.

 

Saint Jean termine sa première Épître par ce» mots adressés aux premiers chrétiens : « Mes petits enfants, gardez-vous des idoles ».

 

4° Le démon maître des masses.

 

Déjà l'Écriture nous avait dit que le nom au diable est « légion » ; nous dirions maintenant « masse anonyme ».

 

Kierkegaard nous dit qu'aujourd'hui il y a de moins en moins de possessions diaboliques individuelles mais ce sont les masses qui sont possédées par lui.

 

Le démon craint, en effet, les réactions propres de la personne humaine, quand l'homme raisonne, quand l'homme veut, il y a beaucoup de chance que celui-ci s'aperçoive des stratagèmes employés par Satan et qu'alors il s'en écarte.

 

Or il y a aujourd'hui un moyen facile de noyer la personnalité d'un chacun dans une masse.

 

Dom Vomer nous dit à ce sujet : « L'influence du diable sur les masses humaines est sans doute beau­coup plus forte que la séduction qu'il opère sur des hommes particuliers. Les masses sont plus sujettes à la suggestion et tout ce que nous savons de la psychologie des foules nous porte à craindre que, mis à part le peuple chrétien, l'influence de Satan sur l'humanité soit un fait très réel ». Les démons sont d'après les paroles de saint Paul « les dominateurs de ce monde de ténèbres » (Eh. VI. 12).

 

C'est ici surtout qu'Hitler fut un excellent instru­ment diabolique car il créa des « masses passion­nées», et priva des milliers d'hommes de leur con­science ; il provoqua dans un peuple entier une « in­conscience somnambulique ».

 

Ne déclarait-il pas lui-même : « Tous les grands mouvements de l'Histoire sont des éruptions vol­caniques de passions et de sensations spirituelles provoquées soit par la cruelle déesse de la misère, soit par la torche de la parole jetée dans les masses. Seule une tempête de passion brûlante peut changer les destinées d'un peuple ».

 

L'État totalitaire qui manœuvre les masses se pré­sente à celles-ci comme le Dieu Providence ; et du même coup le Dieu transcendant Maître de l'Univers se volatilise dans l'esprit de ceux qui se laissent gagner par l'hypnose de la foule.

 

S. S. Pie XII écrivait de son côté : « La masse est d'elle-même inerte... La masse attend l'impulsion du dehors, jouet facile aux mains de qui en exploite les instincts ou les impressions ».

 

C'est alors aussi le règne des slogans, des mots d'ordre qui se substituent à la conscience indivi­duelle.

 

On saisit ici le danger que constituent aujourd'hui les grands moyens de propagande tels : la presse, le cinéma, les modes, les spectacles, la radio, la télévision  etc.,  qui s'efforcent d'entretenir et de développer cet esprit de masse.

 

Nous serions tentés de dire que la grande offen­sive tactique de Satan se joue aujourd'hui sur ce front : il tente, sous des formes multiples, de déper­sonnaliser les individus et de les submerger dans une masse dont il est incontestablement le Prince.

 

Les mouvements de masses sont une proie de choix pour Satan.

 

On comprend dès lors que pour les sociologues, il soit indispensable de connaître les positions exactes de l’ennemi, qui ne cesse de fomenter des troubles dans les sociétés humaines.

 

Il faut estimer à sa juste valeur sa puissance.

 

Puissance sur les masses, puissance sur l'instinct, puissance sur l'imagination, puissance sur le monde païen... mais impuissance sur la raison, impuissance sur la volonté et impuissance devant la grâce. Saint Jean ne dit-il pas : « Celui qui est né de Dieu se garde lui-même et le malin ne le touche pas ».

 

Comme de Rougemont l'a écrit :

 

« Chaque homme vivant une vie responsable est une défaite pour le diable d'ores et déjà, pour les Tyrans aussi ; une défaite absolue et sans recours, un élément premier de l'ordre impérissable ».

 

Or cet élément premier doit s'encadrer dans un ordre cosmique et se réaliser dans un ordre social ; le premier nous étant donné, le second étant à donner ; le premier figurant la condition de possi­bilité de tout ordre personnel, le second sa condition de fécondité.

 

De plus nous avons des armes très efficaces pour lutter contre lui ; d'abord le jeûne et la prière, comme le Christ l'a dit lui-même : « Ce genre de démons ne peut être chassé que par la prière et le jeûne ».

 

Charles Wesley disait également : « Le diable tremble quand il voit le plus faible saint se mettre à genoux.»  Et surtout, nous avons la grâce du Christ et tout l'appareil de la sainteté chrétienne (quand elle n’est pas passé aux mains de l’ennemi).

 

De Rougemont a très bien établi le bilan de notre force anti-diabolique :

 

« J'oppose au diable toutes les choses dont il ignore la vertu et la splendeur. Je lui oppose les gages d'une confiance que n'atteindra jamais sa ruse. Je lui oppose la hiérarchie de l'ordre ; l'ordre céleste et le cri de guerre de l'Ange blanc ; l'ordre intérieur de la sainteté ; l'ordre cosmique et son discours immense ; l'ordre des lois jurées dans la cité ; l'ordre de la parole et l'ordre des vertus. Je lui oppose l'Esprit, l'Eau, et le Sang « qui rendent témoignage et les trois mots sont d'accord ». Je lui oppose le Feu des Langues, le Sel et l'Huile. Je lui oppose le Pain et le Vin.

 

Je lui oppose aussi les oeuvres des hommes où sa part a été consumée. Je lui oppose le bleu du ciel ».

 

De telle sorte que celui qui se penche sur la société des hommes pour en déceler les maladies et pré­coniser les remèdes adéquats, découvre que, pour faire reculer l'empire de Satan, il est nécessaire d'em­ployer des forces surnaturelles et en même temps d'appliquer dans le même but toutes ses énergies dans l'ordre naturel.

 

C'est de la conjugaison harmonieuse et de l'uti­lisation de ces deux forces que naîtra un ordre social chrétien.

 

A SUIVRE

 

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Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 18:40

D. — LE TÉMOIGNAGE DE L'HISTOIRE.

L’histoire contemporaine nous montre clairement qu'un long travail diabolique fût élaboré pour enfin enlever au monde le ferment chrétien qui le travaillait depuis plusieurs siècles, afin de le « laïciser ».

 

Aujourd'hui, le laïcisme a atteint tous les do­maines de la vie humaine et nous assistons réellement à un retour offensif du paganisme.

 

Les valeurs chrétiennes sont une à une remplacées par les valeurs païennes c'est-à-dire celles qui carac­térisent le royaume de Satan.

 

L'état de nature rédimée grâce à la Rédemption, n'est pas seulement complètement dévalorisé, mais rendu méprisable et déclaré indigne de la nature humaine. L'état de nature blessée, la nature marquée par le péché originel, est apprécié comme une noblesse héréditaire, comme la plus haute dignité de l'homme, comme la seule valeur à réaliser. Nous nous trouvons là, devant un déchaînement malfaisant, de l'action satanique.

 

1. Le Roman  d'aujourd'hui.

 

Dom Aloïs Mager distingue en particulier l'action du démon dans la littérature contemporaine.

 

Le roman, surtout français et russe, ouvre nos yeux à une réalité spirituelle nouvelle, au satanisme. Au­trefois, Nietsche découvrit déjà ces forces pro­fondes ; les écrivains français et russes étaient depuis toujours des maîtres dans l'étude de l'âme humaine. Ce furent eux qui, par leurs antennes spirituelles, extrêmement sensibles, pénétrèrent jusqu'aux sources mêmes de l'envahissement diabolique dans l'être hu­main. Ils arrivèrent à déceler de façon directe le souffle satanique comme une force motrice, et s'effor­cèrent de le traduire, dans une représentation artis­tique et en langage humain et d'attirer ainsi l'attention du monde contemporain sur la réalité nouvellement découverte.

 

On se souvient des oeuvres de Bernanos : « Sous le Soleil de Satan » et « Le Journal d'un Curé de cam­pagne ».

 

Du Bos étudia le satanisme d'André Gide, de Nietsche et de Dostojewski. Les descriptions de Dostojewski respirent un tel réalisme que Du Bos admet une collaboration directe de l'auteur avec Satan. Jamais auparavant, une plume n'avait dépeint avec un réalisme aussi fidèle le satanisme dans sa surhumanité.

 

2. Le   National - Socialisme.

 

Dans le national socialisme, le satanisme empiète sur une société humaine tout entière avec la prétention expresse d'attirer tout un peuple et, par celui-ci, le monde entier dans son orbite. Le Satanisme devient une manifestation de masse. Il devient une forme de vie et d'activité individuelle et sociale.

 

Un nouvel ordre mondial et humain devait surgir du Satanisme.

 

Un déclic fut donné et il sembla pendant long­temps que rien ne pourrait arrêter le mouvement dans sa marche victorieuse. Personne n'oserait nier que les puissances motrices du national-socialisme n'étaient pas produites directement par la triple con­séquence du péché originel.

 

Jamais encore, dans l'histoire humaine, universelle la concupiscence des yeux, la concupiscence de la chair et l'orgueil de la vie ne furent aussi con­sciemment, aussi délibérément vécus que dans le national-socialisme.

 

Il fut l’idolâtrie de la concupiscence des yeux, de la concupiscence de la chair et de l'orgueil de la vie.

 

Le Médium par lequel les démons voulaient édifier leur empire et détruire toutes les normes du droit et de la moralité fut Adolf Hitler.

 

Il n'y a pas, pour Hitler, de définition plus brève, plus pénétrante, plus compréhensive que celle-ci : Médium diabolique.

 

S'il est, à peu près caractéristique pour tous les médiums d'être des personnalités, moralement et psychologiquement inférieures, cela vaut à un degré exceptionnel pour un médium du démon. Celui que ne se laisse pas induire en erreur par une apparence trom­peuse, n'a jamais pu et ne peut pas reconnaître en Hitler une grande personnalité morale et psycholo­gique.

 

Au procès de Nuremberg, le maréchal Jodl disait de lui : « C'était une grandeur, mais une grandeur infernale ». Une grandeur diabolique est toujours une fausse grandeur. Pour l'imagination, accessible à l'in­fluence diabolique, des dimensions gigantesques s'édifient, mais pour la pensée dégrisée, elles se ré­duisent à une misérable caricature. C'est comme si Lucifer s'était un jour approché d'Hitler et lui avait fait cette promesse rapportée par saint Luc : « Le démon le conduisit sur une haute montagne et lui montra toutes les nations de la terre, en un instant, et lui dit : Je vous donnerai toute cette puissance et toute la gloire de ces royaumes car elle m'a été livrée, je la donne à qui je veux. Si vous vous pros­ternez devant moi, elle sera toute à vous... ».

 

Deux caractères marquent infailliblement le diabo­lique : le mensonge et l'homicide. Le mensonge et l'homicide sont l'essence du national-socialisme.

 

Jamais encore le mensonge et l'homicide ne sont devenus avec une telle décision froide, dans le calme de la réflexion, une aspiration consciente vers un but, le ressort vital, la raison de vivre de tout un peuple comme ce fut le cas dans le national-socia­lisme.

 

Pie XI, en disait qu'il était le mensonge incarné, a pu définir le national-socialisme d'une manière exacte. Le mensonge s'exprimait par tous les commu­niqués de la presse, par toutes les annonces de la radio. Ce que le national-socialisme pensait, disait, écrivait et faisait était mensonge ou accompli dans le mensonge.

 

Sur le mensonge était édifié le parti. Innom­brables sont les documents qu'on pourrait produire pour le prouver. Ils sont encore trop vivants dans la mémoire de tous pour qu'il soit nécessaire de les produire un à un. Le mensonge qui caractérise le national-socialisme n'est pas purement humain, il est essentiellement diabolique.

L'esprit de l'homme est fait pour la vérité. Dans certaines limites, il peut errer. Il peut être la proie de 1’erreur, servir fanatiquement l'erreur. Mais le men­songe dépasse l'erreur. Il est une altération consciente de la vérité.

 

Vivre du mensonge est contraire à l'essence de l'homme. Seuls des esprits comme le sont les démons peuvent essentiellement vivre dans le mensonge et du mensonge. Partout où le mensonge substantiel est devenu principe de vie, âme de la pensée, du vouloir, de l'agir, le diabolique joue de manière directe.

 

C'était le cas du national-socialisme. Il est diabo­lique par essence.

 

Une accumulation de cadavres marque la route suivie par le national-socialisme. Le jugement de l'histoire est déjà prononcé définitivement : les seuls coupables dans cette guerre avec ses millions de morts et de blessés ce sont Hitler et ses partisans immédiats. L'homicide fut le sommet de la manifestation de puissance du national-socialisme. Toujours détruire, voilà en quoi se montre la puissance du Satanisme. Dans les discours de Hitler et des dirigeants nazis, dans leur presse, aucune parole n'est autant dite et régulièrement répétée que celle de destruction, d'ané­antissement. Or, celui qui ne peut rien faire d'autre se détruit et s’anéantit lui-même. C'est une puissance apparente de l'impuissance.

 

Voilà précisément le secret du diabolique. Parce qu'il est impuissant en lui-même, le démon est lâche. Pour voiler son im­puissance, il remplace la puissance par la vantardise, les cris, les grands gestes, les faux succès éblouissants, les injures, le mépris. Ainsi était Hitler. L'homme vraiment puissant ne se vante pas, n’injurie pas, ne méprise pas. Le démon seul et son médium injurient et méprisent. Voilà les signes infaillibles de l'im­puissance diabolique. Nous retrouvons ici encore cette contradiction : une impuissance qui se donne comme puissance.

 

L'ouvrage « Kreuz und Hakenkreuz » (La Croix et la Croix gammée) de S. Excellence Mgr Neuhausler, évêque auxiliaire de Munich, synthétise l'essence et la caractéristique du national-socialisme comme suit : « Satan et le national-socialisme s'étaient associés : sataniques étaient le national-socialisme et sa haine du christianisme et des saints ; sataniques étaient la violence et la cruauté du national-socialisme ; sata­niques étaient les méthodes de lutte et d'enrôlement du national-socialisme ; sataniques étaient finalement la chute et la fin du national-socialisme ».

 

S. S. Pie XI avait d'ailleurs en termes précis dénoncés le national-socialisme en ces termes :

 

« Les expériences des dernières années mettent les responsabilités en pleine lumière : elles révèlent des intrigues qui dès le début ne visaient qu'à une guerre d'extermination. Dans les sillons où Nous Nous étions efforcé de semer le germe d'une paix sincère, d'autres répandirent — tel l'« inimicus homo » de la sainte Écriture (Matt. XIII, 25) — l'ivraie de la méfiance, du mécontentement, de la haine, de la diffamation, d'une hostilité de principe, soit voilée, soit ouverte, alimentée par mille sources et agissant par tous les moyens, contre le Christ et son Église. Eux, et eux seuls, avec leurs silencieux ou bruyants complices, sont aujourd'hui responsables si, au lieu de l'arc-en-ciel de la paix, c'est l'orage des funestes luttes religieuses qui se montre à l'hori­zon de l'Allemagne ».

 

3. Le communisme.

 

Si on cherche à découvrir, aujourd'hui, à travers la trame des événements contemporains, la trace de cette action diabolique, il n'est pas difficile de la trou­ver très nettement mise en lumière dans le commu­nisme.

 

En effet, le communisme se présente, nous dit Pie XI dans l’Encyclique Divini Redemptoris, comme une guerre totale déclarée à Dieu.

 

« Dans une telle doctrine, c'est évident, il n'y a plus de place pour l'idée de Dieu, il n'existe pas de différence entre l'esprit et la matière, ni entre l'âme et le corps : il n'y a pas de survivance de l'âme après la mort et par conséquent nulle espé­rance d'une autre vie ».

 

« De plus, la diffusion si rapide des idées commu­nistes, qui s'infiltrent dans tous les pays, grands et petits, civilisés ou moins développés, au point qu'aucune partie du monde n'y échappe, cette diffusion s'explique par une propagande vraiment diabolique, telle que le monde n'en a peut-être jamais vue ; propagande dirigée par un centre unique et qui s'adapte très habilement aux conditions des différents peuples ; propagande qui dispose de grands moyens financiers, d'organisations gigantesques, de congrès internationaux, de forces nombreuses et bien disciplinées ; propagande qui se fait par des tracts et par des revues, par le cinéma, le théâtre et la radio, dans les écoles et même dans les universités, qui envahit peu à peu tous les milieux, même les meil­leurs, si bien que le poison pénètre presque insensible­ment et toujours davantage les esprits et les coeurs ».

 

Dans un autre passage de la même Encyclique le Pape dénonce le communisme comme « un fléau satanique ».

 

D'ailleurs le Pape énonce un principe de valeur permanente :

 

« L'ancien tentateur n'a jamais cessé par ses promesses fallacieuses de tromper le genre humain.

 

C'est pourquoi, au cours des siècles, on a vu les bou­leversements se succéder jusqu'à la révolution ac­tuelle, qui est déjà déchaînée ou qui devient sérieusement menaçante presque partout, peut-on dire, et qui dépasse, par l'ampleur et la violence, ce qu'on a éprouvé dans les persécutions antérieures contre l'Église. Des peuples entiers sont exposés à retomber dans une barbarie telle que celle où se trouvait encore la plus grande partie du monde à la venue du Rédempteur. Ce péril si menaçant... c'est le communisme bolchevique et athée qui prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements la civilisation chrétienne ».

 

4. Autres manifestations sociales de Satan.

 

Mais il faudrait découvrir aussi cette même action diabolique dans d'autres manifestations sociales : telles que les lois imposant à tous les enfants une éducation sans Dieu ; ces décrets facilitant la pra­tique du divorce ; ces institutions favorisant la limi­tation des naissances ; ces régimes bâtis sur l'égoïsme économique ; ces Universités propageant une fausse science toute pénétrée de matérialisme ; ces fausses philosophies de la vie empoisonnant l'atmosphère que les peuples doivent respirer.

 

Des considérations que nous venons de faire, il ressort que l'étude des problèmes sociaux suppose qu'on s'attache d'abord à découvrir les causes natu­relles des maux qui frappent le genre humain ; mais si on veut toutefois remonter à la cause fondamentale des maux sociaux, on découvrira le mystère d'ini­quité.

 

Prenons, à titre d'exemple, la guerre que nous venons de subir : celle-ci trouve sa cause immédiate dans une série d'incidents internationaux, eux-mêmes dus à l'ambition de chefs d'État ; mais à y regarder de plus près, on voit que cette guerre est le fruit d'une fausse philosophie de la vie ; et cette dernière caractérise précisément le mystère d'iniquité.

 

Dès lors les catholiques qui s'attachent à trouver des solutions aux maux sociaux, doivent sans doute préconiser des réformes sociales qui jouent un rôle sédatif, c'est-à-dire qu'elles endorment le mal ou apportent une guérison provisoire, mais ils doivent surtout s'attaquer au démon, auteur et source du mal, et pour le combattre, il faut employer les moyens sur­naturels : la prière, la pénitence, l'usage des sacre­ments, la pratique des vertus chrétiennes, etc.

 

Les Encycliques pontificales qui traitent des ques­tions sociales dressent ce double programme devant les yeux des chrétiens : l'étude des réformes sociales et l'usage des moyens surnaturels.

 

L'abbé Furfey n'hésite pas à dire : « Nous catho­liques, nous possédons un bien très précieux dans notre doctrine du mystère d'iniquité. Cette doctrine contient, en effet, la solution des problèmes qui torturent notre monde désaxé.

 

Convaincus que le mystère d'iniquité est la cause fondamentale de tous les maux sociaux, nous pouvons donc attaquer ces derniers à leur source, par l'usage des moyens surnaturels. Là gît notre confiance dans la victoire. Par contre les incroyants ne peuvent se baser que sur les données de la pru­dence humaine ; or, celle-ci est vouée à l'échec. Utiliser des armes aussi peu solides pour attaquer les grands problèmes sociaux équivaut à vouloir couler un navire de guerre avec un revolver qui crache des petits pois ! ».

 

Mais nous, catholiques, nous devons profiter du fait que ces moyens surnaturels sont en notre possession.

 

Quand nous jetterons aux quatre vents tous les conseils de modération dictés par la prudence hu­maine, quand nous puiserons nos principes d'action dans le Nouveau Testament et dans la glorieuse tradition doctrinale de l'Église, telle qu'elle a été énoncée d'une manière très concrète dans les en­cycliques, quand nous accepterons à la lettre et avec une foi d'enfant, les doctrines très précieuses de la révélation, quand nous abandonnerons notre admi­ration servile pour les théories matérialistes, alors nous commencerons à marquer des victoires sur le mystère d'iniquité. Mais en attendant, nous ne ferons que marquer le pas.

 

Une seule puissance peut bannir le satanisme et le rejeter dans ses abîmes : la rédemption par le Christ telle qu'elle est appliquée par le Christianisme et l'Église. Car jamais le Christianisme et l'Église n'ont cessé d'affirmer qu’il n'y a de salut que par la Croix et notamment par la victoire morale sur la concupiscence des yeux, la concupiscence de la chair et l'orgueil de la vie.

 

Et c'est ainsi que la dernière domination de l'enfer sur les hommes et le monde sera détruite : « Ecce Crucem Domini, fugite partes adversae ».

 

A SUIVRE

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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