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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:04

  « Marie se tenait debout au pied de la Croix où Jésus était suspendu et, comme l'avait prédit Siméon, un glaive de douleur transperça son âme. Impuissante, elle voit son enfant désolé dans les angoisses de la mort, et elle recueille Son dernier soupir

 Lacompassion que son cœur maternel ressent au pied de la croix lui a mérité d'obtenir, la palme du martyre.

Célébrée avec une grande solennité par les Servites au XVIIe siècle, la fête des Sept Douleurs de la Sainte Vierge fut étendue par Pie VII à toute l'Église, en 1817, afin de rappeler les souffrances qu'elle venait de traverser dans la personne de son chef d'abord exilé et captif, puis délivré grâce à la protection de la Vierge. Sa Sainteté Pie X a élevé en 1908 cette fête au rang des solennités de deuxième classe, et en 1912, il l'a fixée au 15 septembre où elle prend la place du jour octave de la Nativité de Marie

.                 Comme la première fête des Douleurs de Marie, au Temps de la Passion nous montre la part qu'elle prit au sacrifice de Jésus, sachons voir dans la seconde, au Temps après la Pentecôte; toute la compassion que ressent la Mère du Sauveur envers l'Église,l'épouse de Jésus, crucifiée à son tour, et dont la dévotion aux Douleurs de Marie s'accroît dans les temps de calamités »

   « La Passion de Ma Mère est plus négligée encore que la Mienne. Commencez par elle et venez ensuite à la Mienne. »NSJC

         Notre-Dame parle de sa passion à Sœur Marie du Sacré-Cœur

                 «  Un jeudi soir de la semaine sainte, je me transportai par la pensée sur le haut du Calvaire. Là, je vis le Sauveur Jésus en croix et Marie debout au pied de la croix. Je n'ai jamais vu de spectacle qui m'ait émue de compassion comme celui que j'eus alors sous les yeux. J'aurais voulu être en croix à la place de Jésus qui souffrait pour moi, j'aurais voulu consoler Marie qui venait de sacrifier son Fils pour moi.

                 Je m'approchai de Marie, et je vis ses yeux s’arrêter sur mes yeux. Son regard m’arracha des pleurs. Elle vint à moi, essuya mes larmes et me dit: « Ma fille, j'ai voulu vous montrer l'état dans lequel m'avait mise la Passion de mon Fils et vous faire comprendre tout ce qu'a souffert mon cœur de Mère.

                En ce moment s'est réalisée la parole du Saint vieillard Siméon, m'annonçant qu'un glaive de douleur percerait mon âme. J'avais vu mon Fils livré par un de Ses disciples, conduit par une soldatesque barbare, flagellé; couronné d'épines, dépouillé de Ses vêtements; je Le voyais à cette heure cloué sur la Croix élevée entre le ciel et la terre.

                 Ah! Vous ne comprendrez jamais l'excès de mes souffrances en ce moment de la Passion de mon Fils; je souffrais tout ce qu'Il souffrait de la part des soldats, de ses juges, de ses bourreaux; j'étais crucifiée avec Lui. Oui, mon âme et ma bouche disaient bien haut à Dieu : `« Mon Dieu, que ce calice, s'il est possible, passe loin de moi ! Mais, sachant que par la mort de mon Fils le monde devait être sauvé, j'ajoutai: « Que Votre volonté soit faite et non la mienne. «Combien douloureux a été pour moi le glaive de la justice de Dieu perçant le Cœur de mon Fils, et perçant aussi mon cœur! Sera-t-il jamais douleur pareille à cette douleur? Combien les âmes rachetées au prix du Sang de mon Fils m'ont coûté cher, ma fille ; combien ce rachat m'a fait souffrir ! Il ne m'a point coûté la vie ; mais il a coûté la vie de mon Fils, et, en ce moment, la vie m'était plus douloureuse que ne l’eût été la mort.

               Telle n'était point la volonté de Dieu; Il voulait la Mort de mon Fils et non ma mort, et j'ai vu mourir mon Fils, j'ai supporté, j'ai conservé ma vie avec soumission à Sa Sainte Volonté.

               Ma fille, vous aurez beaucoup à souffrir dans votre vie; vous aurez beaucoup de tribulations à supporter: quand vous n'aurez plus ni force ni courage, venez dans mon cœur, il vous relèvera et vous soutiendra.

 Venez dans mon cœur, il vous donnera patience et soumission;

 Venez dans mon cœur, il vous consolera;

 Venez dans mon cœur, il guérira toutes vos blessures et vous fera croître par la patience en mérite devant mon Fils.

                 La souffrance est le chemin du salut, le sentier qui mène à la patrie, le combat qui assure la couronne; c'est le signe de ralliement avec mon Fils, c'est le drapeau des soldats qui marchent sous Ses ordres. »  

 

http://amdg.over-blog.fr/2014/09/stabat-mater.html

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:39

On a écrit : « Peut-être bien que la froideur unie à la générosité est, vis-à-vis de Dieu, la forme normale de l'amour. » Ce propos, qui sem­blerait d'abord un paradoxe mal soutenable, se jus­tifie à la réflexion et paraît bien répondre aux don­nées du problème de notre amour pour Dieu.

 

Évidemment, on est porté à croire que la froideur à l'égard de l'infiniment Aimable est une absurdité et que la seule attitude humaine raisonnable et toute naturelle est l'amour brûlant pour Dieu.

 

Mais il reste que l'Infini est par rapport à nous le Tout Autre et ne peut donc que nous déconcerter et nous intimider. On nous demande d'aimer l'In­visible, ce qui paraît au rebours de toutes nos ten­dances humaines. D'autre part, quand cet Infini et cet Invisible se met à notre portée et à notre niveau, quand il devient un homme, il risque aux regards superficiels de ne plus paraître l'Infini et l'infiniment Aimable et, par conséquent, de les dé­cevoir.

 

Enfin ce Jésus, dont nous confessons rétrospec­tivement de toute notre foi la divinité et l'humanité, ce Jésus qui nous présente l'amabilité divine à travers un cœur humain et nous interdit ainsi la timi­dité autant que l'indifférence, ce Jésus est mainte­nant caché pour nous. « Jésus, que maintenant je contemple voilé,  donnez-moi ce dont mon âme a soif.  »  Il faut bien constater qu'avec Dieu nous restons sur notre faim et notre soif d'amour senti. Mais pourquoi nous étonner de l'austérité d'un amour qui repose essentiellement sur la foi? Pour­quoi nous étonner de l'absence de ce sentimenta­lisme  qui  fait,  en  grande  partie,  la chaleur  des affections humaines? « Dieu est donné absent », a-t-on dit. Et cette formule étrange exprime l'étrangeté  d'une  présence  qui,  sauf cas exceptionnels, n'est pas sensible. Dans la spiritualité de l'Évangile,  trouve-t-on  fréquemment mentionné cet état que les livres de piété nomment consolation ?

 

L'Évangile insiste, au contraire, sur l'aspect de service dévoué et onéreux que comporte notre amour réel pour Dieu. Suivre le Christ, tout laisser pour lui, porter la croix à sa suite, faire sa vo­lonté, telles sont les preuves valables qu'on nous demande, et non point les exclamations soi-disant ferventes : « Seigneur, Seigneur! »

 

A propos de l'amour du prochain le Maître a déclaré : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les païens, eux-mêmes, n'en font-ils pas autant? » (Mt., 5, 46-47). On pourrait transposer ces phrases et dire : « Si vous aimez Dieu quand son amabilité vous est per­ceptible et que vous en sentez la douceur, quand Dieu semble se mettre à votre service, l'aimez-vous vraiment pour lui-même ? » Aimez-vous le Dieu des consolations, demande saint François de Sales, ou seulement les consolations de Dieu ?

 

Mais la fidélité à Dieu dans les nuits obscures et le dépouillement rigoureux est un contrôle qui ne trompe pas. Elle suppose, en effet, une abnéga­tion de soi qui élimine l'égoïsme le plus subtil : « Allons, mon âme, allons tête levée au-dessus de ce qui se passe au-dehors et au-dedans de nous, toujours contents de Dieu, contents de ce qu'il fait de nous et de ce qu'il nous fait faire. Gardons-nous bien de nous engager imprudemment dans cette multitude de réflexions inquiètes qui, comme au­tant de sentiers perdus, s'offrent à notre esprit pour l'égarer et pour lui faire faire à pure perte des pas sans fin. Passons ce labyrinthe de notre amour-propre en sautant par-dessus et non pas en le parcourant par des détours interminables. » Aux heures où Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face disait : « Lorsque je chante le bonheur du ciel, je n'en ressens aucune joie, car je chante, seu­lement, ce que je veux croire », elle pouvait s'assu­rer de son amour réel : c'était bien « la froideur unie à la générosité ».

 

En pareil état on ne saurait craindre la tié­deur : on en est très précisément aux antipodes. Car être tiède c'est, vis-à-vis de Dieu, unir la froi­deur acceptée et la lâcheté volontaire. Si l'on a pu dire avec raison : « La religion n'est pas ce que l'on sent de Dieu, mais ce que l'on donne à Dieu », être tiède c'est généralement, en fait, ne rien sentir de Dieu, mais c'est essentiellement re­fuser à Dieu ce qu'il réclame.

 

La froideur unie à la générosité n'est, certes, point le paradis sur terre. Lorsque sainte Thérèse d'Avila, convertie d'une vie religieuse un peu traî­nante à la vie de ferveur, s'astreignait à faire une heure d'oraison dans un ennui pesant et en résis­tant à l'envie de secouer le sablier pour en finir plus tôt, elle n'était, certes, pas au paradis. Et la paix que souhaite saint Paul aux fidèles, « cette paix qui surpasse toute intelligence », qu'aucun ef­fort de l'esprit humain ne peut produire (Phil., 4, 7), cette paix est d'un ordre supérieur à tout senti­ment humain ; mais il n'est pas dit qu'elle sur­passe ni même égale leur douceur. Elle peut être cette paix, quelquefois sèche et même amère, dont parle un auteur spirituel, mais dont il ajoute que l'âme la préfère à l'ivresse des passions.

 

Comment cet état si peu consolant peut-il appor­ter, cependant, une consolation profonde ? C'est qu'en nous permettant de contrôler la sincérité de notre amour pour Dieu, il nous assure de la réalité de l'amour de Dieu pour nous. « C'est l'amour que Dieu a pour nous qui nous donne tout, rappelle Fénelon, mais le plus grand don qu'il nous puisse faire, c'est de nous donner l'amour que nous de­vons avoir pour lui. » Manifestement notre pau­vre fidélité est un don de Dieu. Comment, sans lui, en l'absence de tout réconfort sensible, pourrions-nous tenir une heure à son service ? Ferions-nous mieux que les Apôtres ? « Vous n'avez pas pu veiller une heure avec moi » (Mt., 26, 40).

 

Cette fidélité doit être la grande préoccupation et la requête essentielle d'une prière vraiment chrétienne. « Donnez-moi votre grâce et votre amour, disait saint Ignace, alors je suis assez riche et ne demande plus rien. » C'est la prière qui nous for­tifiera sur les chemins arides qui mènent à la Terre sainte.

 

C'est elle qui, après les douceurs que Dieu ac­corde parfois, oasis rares et simples campements, nous fera aspirer au royaume promis, c'est-à-dire à la vision rassasiante et éternelle.

 

« Seigneur, disait sainte Thérèse à son lit de mort, Seigneur, il est bien temps de nous voir ! »

 

Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU, du Père Gaston Salet S. J.

 

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 20:12

Telle est la ques­tion surprenante que Notre-Seigneur pose au paralytique de Bezatha. Oui, question surprenante dans les circonstances rapportées par l'Évangile. Tout malade ne veut-il pas guérir? Au moins s'il consulte un médecin, s'il recherche un guérisseur ou s'il se rend dans quelque pèlerinage ayant une réputation de cures miraculeuses. En tout cas, l'in­firme dont il s'agit donne des preuves manifestes de son désir de guérison : il vient sous les porti­ques de cette piscine, où les malades attendent fié­vreusement que l'eau en bouillonnant devienne sa­lutaire ; il s'y fait transporter jour après jour, de­puis des années.

 

«Veux-tu guérir ? » Il semble que ceux-là seuls ne veulent pas guérir qui n'ont pas conscience d'être malades. Au temps de l'Évangile, ils ont été légion, tous ceux dont les âmes malades, mortelle­ment malades, refusaient tout traitement et désolaient le cœur du Médecin : ceux dont lui-même déclarait : « Ce ne sont pas les bien-portants, mais les mala­des qui ont besoin de médecin » (Mt., g, 12) ; Ceux qui s'imaginant voir clair disaient : « Sommes-nous des aveugles, nous aussi? » et à qui il répli­quait : « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché, mais vous dites : Nous voyons. Votre péché demeure » (Jn, 10, 40-41) ; ceux qui provo­quaient ce soupir pathétique du Sauveur : «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

(Jn,  5, 40).

 

Aucun de ceux-là ne veut et, par conséquent, ne peut guérir. L'homme à le terrible pouvoir de ren­dre inefficaces les remèdes, fussent-ils tout-puis­sants. Il refuse le remède ; et, semblable à ce malade devenu fou furieux, dont parle saint Augus­tin, il va jusqu'à tuer celui qui venait le sauver.

 

« Veux-tu guérir ? » C'est la question cruciale ou, pour mieux dire, la seule question. Car la ques­tion de possibilité est exclue quand le médecin est Dieu. Mais le manque de désir, entraînant le manque de foi, peut arrêter net le geste de la Toute-Puissance. Cette atonie morale, si elle est absolue, est négativement aussi efficace que l'hostilité des pharisiens.

 

Voilà pourquoi Jésus pose au paralytique cette question essentielle. Voulait-il, d'une volonté enten­due au sens fort, sa guérison ? Car celui qui ne croit plus à la guérison possible ou la considère comme purement théorique ou chimérique ne veut pas vrai­ment guérir.

 

« Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine, quand l'eau se met à bouillonner; et le temps que j'y aille, un autre des­cend avant moi » (Jn, 5, 7). Peut-être ne se fait-il porter à Bezatha que par habitude, pour accomplir un des rites quotidiens de la vie, pour passer le temps. Les déceptions renouvelées ont presque tué en lui l'espoir et, par conséquent, le désir. La ques­tion du Christ a pour but de ranimer en lui ce désir, de rallumer cette mèche qui fume encore, mais si faiblement.

 

On arrive à se faire à tout, à se résigner à tout. On peut écouter le conseil que donne une philoso­phie sans espérance : « Puisque nous ne pouvons guérir de nos maux, il faut vivre avec nos maux. »

 

On peut s'installer dans les situations les plus in­confortables ou les plus douloureuses, dans le dénuement et la sous-alimentation, dans la salle d'hôpital. Mais se rési­gner à la prison est plus grave que perdre la li­berté de ses mouvements ; abdiquer le désir de la guérison est plus irrémédiable que perdre la santé. En tout cas, renoncer au désir du bien ou à l'espé­rance du mieux est la déchéance extrême.

 

Et s'il reste difficile de s'installer dans la mala­die ou la réclusion sans aucun geste protestataire, on peut aisément s'installer dans cette maladie et cette situation anormale qu'est le péché.

 

Si l'on ne peut aimer vraiment le mal physique, on peut fort bien aimer la maladie de l'âme. Il est impossible d'aimer la famine ; on peut, cependant, aimer cette famine dont souffrait l'enfant prodigue.

 

C'est que le péché a sa joie et son ivresse, joie frelatée, mais joie sentie, ivresse morbide, source de dégoûts, mais pour le moment enchanteresse. « Source délicieuse, en misères féconde » et que les misères de demain n'empêchent pas d'être aujourd'hui délicieuse.

 

Alors, si Dieu appelle, on se réfu­gie dans les raisons et les prétextes à l'infini : « Je ne peux pas descendre dans la piscine. Je ne peux trouver personne pour m'aider... Je ne peux pas... »

 

Si le prodigue, au lieu de dire : « Je me lèverai », avait gémi lâchement : « Je ne peux pas », il aurait fini par mourir sur la terre lointaine.

 

Ce qui est vrai de la conversion fondamentale du mal au bien est vrai aussi, toutes proportions gardées, de la conversion du bien au mieux, cette conversion quotidienne qui doit être l'occupation quotidienne du chrétien, cette aspiration à la pleine santé qu'est la sainteté. Là encore, le Maître inter­roge : « Veux-tu guérir ? » — « Mais c'est impos­sible, je n'ai personne... »

 

Tu n'as personne. Comment le prétendre? Tu as avec toi le Seigneur. Tu as celui dont la force s'ap­pelle la Toute-Puissance. Tu as celui qui se nomme Jésus, à deux pas de toi, et qui te regarde, sondant ton regard et ton désir.

 

Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU, du Père Gaston Salet S. J.

 

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 07:46

Les menaces de Dieu s'expriment vigoureusement, entremêlées, d'ailleurs, de louanges et d'encou­ragements,  dans les Lettres aux Anges des sept Églises d'Asie (Apoc., 1-3).

 

«Je connais ta conduite, tes fatigues et ta cons­tance. Mais j'ai contre toi que tu as perdu ton amour d'antan. » « Tu tiens ferme à mon nom. Mais j'ai contre toi quelque grief... Je connais ta conduite : tu parais vivant, mais tu es mort. Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante... »

 

Nous sommes à nu devant le Christ Juge, devant celui qui tient les sept étoiles, qui possède l'épée effilée, dont les yeux sont comme la flamme ar­dente, nous sommes devant celui qui est le Saint, le Vrai, le Témoin fidèle. Avec lui, aucune dissimu­lation n'est possible. Sous le regard lucide et impi­toyable, moi l'homme du mensonge, je ne peux être que l'homme de la sincérité. De moi, Seigneur, vous connaissez le fort et le faible, la fidélité et la lâcheté, et même les abîmes de lâcheté possible : « Je te le dis, avant que le coq ait chanté deux fois, tu m'auras renié trois fois » (Me, 14, 72). Mais, à vrai dire, cette clairvoyance redoutable est pour nous la grande consolation.

 

Le jugement des  hommes   est   intransigeant,   leur   sévérité   est moins un amour douloureux de la vertu qu'un ré­flexe  d'amour-propre  blessé;  ils ont vite  fait  de rejeter comme sans valeur quiconque n'est pas en tous points parfait. A l'inverse, Dieu, qui étant la Vérité absolue et la Sainteté éblouissante,  aurait tous les droits à l'intransigeance, sait reconnaître le moindre bien en nous et, si l'on peut dire, nous en être reconnaissant. Et puisqu'il nous voit tels que  nous  sommes, s'il nous aime, il faut  bien croire à cet amour : car seul l'amour, sans illusion au point de départ, peut nous rassurer ; de lui seul nous pouvons être certains qu'il nous sera fidèle. Mais Dieu ne se résigne pas à l'état dans lequel nous végétons. La Sainteté divine ne peut accepter passivement le péché,  le relâchement,  le sommeil de la médiocrité. L'amour de Dieu reprend, stimule, semonce, menace   : « Allons,  rappelle-toi d'où tu es  tombé,   repens-toi,   reprends  ta  conduite   pre­mière. Sinon, je vais venir à toi. » « Allons, rap­pelle-toi de quel cœur tu accueillis la parole ; garde-la et repens-toi. Car si tu ne veilles pas, je vien­drai à toi comme un voleur, sans que tu saches à quelle heure je te surprendrai.  »

 

A tout il y a un remède : aucune maladie n'est inguérissable. Jamais la route vers Dieu n'est bar­rée : car il est lui-même la route. Jamais l'homme ne doit désespérer, car jamais Dieu, sachant la puis­sance de la grâce, ne désespère de l'homme tant qu'il voyage ici-bas.

 

L'essentiel est que tout ressort ne soit pas cassé en l'homme; l'essentiel est qu'il n'ait pas perdu le désir du mieux ou du moins mal, qu'il y ait en lui cette prise imperceptible mais nécessaire pour que la grâce ait prise sur lui.

 

Aussi le cas le plus tragique n'est-il peut-être pas celui du criminel qui se dégoûte lui-même, mais celui qui nous est décrit dans la Lettre à l'Ange de Laodicée : « Je connais ta conduite : tu n'es ni chaud ni froid — que n'es-tu l'un ou l'autre! — ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche. Tu t'imagines : me voilà riche... mais tu ne le vois donc pas : c'est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu... » (Apoc., 3, 15-18).

 

Tel est bien l'extrême du péril : la perte de toute ferveur et de tout désir de ferveur, la stagnation voulue en ce chrétien dont la loi même est le progrès; l'apparence de la vie sans vie réelle, l'illusion sur soi et sur son état, empêchant de voir le danger que l'on court, empê­chant de pousser vers Dieu l'appel de détresse qui serait le salut. C'est le malade qui s'affirme en parfaite santé, dédaigne les traitements et se rit des médecins.

 

Peut-on sortir de cet état ? Les saints ont, sur ce sujet, des paroles comminatoires. Le Bienheureux de la Colombière écrivait à sa sœur, religieuse visitandine : « J'aimerais mieux convertir un grand pé­cheur qu'une personne religieuse qui s'est laissée tomber dans la tiédeur. Dieu vous préserve, ma Sœur, de tomber dans ce malheur ! J’aimerais mieux que vous fussiez morte ! » Et avec plus d'humour dans la forme, mais non moins de sévérité, saint Clément Hofbauer déclarait : « Je préférerais avoir à confesser toute l'armée autrichienne qu'un cou­vent de religieuses tièdes. »

 

Dans la tiédeur volon­taire ces maîtres spirituels décelaient comme une dérision de Dieu. Or, « on ne se moque pas de Dieu » (Gai., 6, 7).

 

Et cependant nous ne saurions prendre à la let­tre ces déclarations abruptes. Quand elles disent « impossible », il faut comprendre « très malaisé » et peut-être « rare ». Car nous n'avons pas le droit de fixer des rideaux de fer, où devrait s'arrêter la puissance de Dieu.

 

De fait, comme les autres menaces de Dieu, celle même adressée au tiède tourne court et se change en exhortation passionnée. Cela ne suit pas; au­cune logique, sinon une logique inconnue des pau­vres raisonneurs que nous sommes, la logique supérieure de l'amour. « Je vais te vomir de ma bouche... Tu es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu. Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l'or... des habits blancs... un collyre pour tes yeux... Allons un peu d'ardeur et repens-toi! » (Apoc., 3, 18-19).

 

La raison de ce brusque retournement? « Ceux que j'aime, je les semonce et les corrige » (Apoc., 3, 19). Cet être si peu aimable, cet être répugnant jusqu'à provoquer des haut-le-cœur, Dieu l'aime encore.

 

Et c'est justement à ce misérable, à ce tiède qu'est adressée une des paroles les plus tendres, les plus émouvantes de l'Écriture : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe » (Apoc., 3, 20). Oui, quel que soit l'état de la maison, sa pauvreté sor­dide, sa malpropreté ignominieuse, Dieu veut en­trer dans ce taudis.

 

Dieu est debout près de cette porte. Que de fois il en a été chassé! Et malgré tant d'avanies et de rebuffades, il frappe encore à cette porte découra­geante, à notre porte ; il nous attend, il nous espère.

 

Et moi, qu'est-ce que j'attends pour lui ouvrir ?

 


Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU, du Père Gaston Salet S. J.

 

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 12:00

                           

« Le péché le plus grave du monde d'aujourd'hui, disait Pie XII, c'est d'avoir perdu le sens du péché.» Quoi d'étonnant? Le péché est un mystère de l'homme, mais un mystère qui touche au mystère de Dieu. Et le monde d'aujourd'hui n'a-t-il pas perdu le sens de Dieu ?

 

En dehors de ceux-là même qui vivent délibéré­ment ou inconsciemment « par-delà le bien et le mal », que d'appréciations insuffisantes sur le péché!

 

Il y a ceux qui disent : « On doit évidemment s'interdire certains actes, ceux qui auraient des conséquences fâcheuses, ceux qui déshonorent une famille ou qui ébrèchent sérieusement une fortune... Mais le reste, ce que vous appelez, par exemple, un mauvais désir ou une satisfaction coupable, quelle importance cela peut-il avoir ? »

 

A côté de cette appréciation strictement matéria­liste, qui mesure la gravité d'une faute à ses con­séquences fâcheuses sur le plan humain et pour l'individu, il y a une appréciation d'ordre sociologique, considérant comme faute réelle cela et cela seulement qui fait vraiment tort au prochain. Mais le reste, ce qui ne fait de mal à personne...

 

Il y a encore une appréciation purement léga­liste du péché, qui voit, en lui, la violation d'une loi, l'infraction à un commandement porté par une autorité suprême et qui d'ailleurs a un écho au plus intime de nous-mêmes : « Le ciel étoile au-dessus de nos têtes et la loi morale au-dedans de nous. »

 

Mais toutes ces appréciations, y compris la der­nière, qui est la plus noble, demeurent encore en deçà du christianisme, n'ont pas saisi en sa profon­deur l'idée chrétienne sur le péché.

 

Nous serions assez portés à considérer le péché comme un vol, mais un vol insignifiant, commis au préjudice d'un milliardaire.  On comprend que la pauvresse de l'Évangile, ne possédant que dix drachmes, ressente vivement la perte d'une drachme ; on comprend que pour un berger menant un trou­peau de cent moutons, la perte d'un mouton soit appréciable. Mais quel préjudice réel pourrait bien subir Dieu l’infiniment riche ?

 

Et le péché apparaît encore comme une désobéis­sance au Législateur et la transgression d'une loi. Mais quand je transgresse le code de la route ou un règlement municipal, je ne cause pas une peine réelle à leurs auteurs ; et quand je viole, même déli­bérément, une loi de l'État, les parlementaires qui l'ont votée n'en ressentent pas un coup au cœur, Or, la foi, tout comme la raison, m'affirme que Dieu est impassible et que mon péché ne l'atteint pas en lui-même. Son bonheur est inattaquable.

 

Mais le péché n'est pas dans l'ordre des contra­ventions aux lois ou règlements, ni dans l'ordre des préjudices matériels, ni dans l’ordre de la simple atteinte à l'honneur. Il est dans l'ordre de l'amour et du refus d'aimer : il est un outrage à l'amour de Dieu ; pour le comprendre, il faudrait compren­dre la charité divine elle-même, le cœur de Dieu.

 

O  cœur  insondable   de  mon   Dieu,   avec  son amour incompréhensible pour l'homme !  L'Être qui existe avec une telle intensité que tout le reste, par comparaison, n'est que néant, s'intéresse prodigieu­sement à ce néant qu'est l'homme; et toute la Bi­ble est le récit des rapports entre Dieu et l'homme, c'est-à-dire des efforts de Dieu pour se faire aimer de cet être infime qu'il assiège de son amour. Pour rencontrer Adam, « il se promenait dans le jardin à la brise du soir ». Avec les patriarches, ses amis, il entretient un dialogue familier. Ses délices sont de fréquenter les enfants des hommes. Il se choisit un peuple qu'il aime d'une dilection spéciale. Et pour nous faire comprendre un peu cet amour qui pour nos cœurs étroits est une énigme, il ne craint pas   d'évoquer,   chez   les   prophètes,   l'image   de l'amour conjugal, avec son impétuosité,  sa ten­dresse passionnée, sa jalousie. Or, cet épithalame de Dieu et de son peuple symbolise le poème de l'amour divin pour chacune des âmes humaines. Dieu a besoin de rendre l'homme heureux, lui qui n'a besoin de rien et à qui personne ne manque. Il fait tout pour le sauver : « Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Unique » (Jn, 3, 16).

 

Et ce Fils de Dieu devenu homme, roi de l'humanité, se met au service de l'homme; il subordonne tout, il sacrifie tout à ce salut ardemment désiré. Les, aspirations brûlantes de saint Augustin vers Dieu : « Oh! Aimer, aller, mourir à moi-même, parvenir jusqu'à toi ! » Ne sont-elles pas les aspira­tions du Dieu fait homme adressées à l'homme ? Ne dirait-on pas que l'homme est devenu le Dieu de Dieu lui-même?

 

C'est dans ce contexte et cette ambiance qu'il faut comprendre le péché humain : il est vis-à-vis de Dieu l'infidélité, la trahison, l'adultère.

 

Hélas! Nous ne comprenons pas l'amour de Dieu pour l'homme, nous y croyons à peine. Com­ment, dès lors, prendre au sérieux le péché? « Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur... » S'entend dire Pascal dans le Mystère de Jésus. Nous ne risquons pas de perdre cœur.

 

Un seul homme a compris pleinement le péché des hommes, un seul homme l'a pris pleinement au sérieux, un seul a été pénitent dans toute la force du terme. Et c'est l'Homme Dieu, celui qui n'étant pas pécheur s'est mis du côté des pécheurs et, comme le dit saint Paul, « a été fait péché pour nous ». Le drame profond du Christ, le drame de sa vie et de sa mort, c'est que le désordre essentiel du péché, l'outrage à l'amour ait été ressenti au paroxysme par son cœur humain : c'est l'explica­tion de Gethsémani et c'est l'essentiel de la Pas­sion.

 

Il n'y a pas à raisonner, il suffit de regarder le Christ agonisant, le Christ écrasé et sanglant en l'absence de tout bourreau et de tout instrument de torture. Soyons persuadés que les supplices in­fligés par les hommes ne sont que jeux d'enfants, comparés à ce tourment d'un cœur infiniment pur, mais qui porte le péché du monde, lorsqu'il est mis en présence de l'amour de Dieu outragé.

 

C'est avec ce feu intolérable au cœur, c'est as­soiffé de réparation à la Justice, à la Sainteté, à l'Amour que Jésus monte au Calvaire. C'est pour expier notre légèreté et notre insouciance de « joyeux pécheurs » qu'il souffre la torture suprême et qu'il pousse le grand cri du psalmiste : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous aban­donné? » (Mt., 27, 46).

 

Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU, du Père Gaston Salet S. J.

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 12:17

La partie manquante est l’élément plus important de cette prière.  En supprimant cette partie, les hérétiques infiltrés dans l’Église, font en sorte que les pécheurs ne puissent plus implorer la miséricorde au Divin Maître. 

 

«La forme de l’Acte de Contrition peut changer d’un pays à l’autre, et selon l’âge des fidèles. L’Acte de Contrition, en français par exemple est le suivant :

1) Mon Dieu
2) j’ai un très grand regret de vous avoir offensé
3) Parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable
4) et que le péché vous déplaît
Partie manquante : Pardonnez moi par les Mérites de Jésus Christ mon Sauveur
5) Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce
6) De ne plus vous offenser
7) Et de faire pénitence


Mgr JH, Masson a même le culot d’affirmer : « quelle soit sa formulation, qui varie selon les pays et les coutumes, il reste toujours semblable et contient les mêmes éléments.

 

On peut y distinguer trois parties.


La première partie est la prise de conscience par le pécheur d’avoir offensé Dieu, et le regret qu’il éprouve de l’avoir offensé.

La deuxième partie explique et exprime la raison de ce regret : Dieu est infiniment bon et infiniment aimable, et le péché lui déplaît parce qu’il a tout créé en ordre et par amour.


La troisième partie est la décision prise par le pécheur de ne plus offenser Dieu, de faire pénitence, avec l’aide Sa Sainte Grâce. Etc.  …»           Mgr J. Masson          Publié dans Les Catéchèses d'Hermas

 

 

Cette demande supprimée était une supplication et un appel au secours Divin.  L’amputation de cette partie essentielle devrait vous faire comprendre et réaliser que nous sommes a la fin des temps et que l’ennemi est prêt a tout pour vous perdre.

 

Les parties en jaunes sont de l’auteur du blog.

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:49

«C'est un don extraordinaire que nous a fait le Bon Dieu de nous donner le Pape, de nous donner les successeurs de Pierre, de nous donner justement cette pérennité dans la Vérité qui nous est communiquée par les successeurs légitimes de Pierre, qui doit être communiquée par les successeurs de Pierre.

 

Le  successeur de Pierre… doit transmettre, parce qu'il ne peut pas,  ne pas communiquer ce que les Papes ont toujours communiqué : le dépôt de la foi, qui ne lui appartient pas non plus.

 

La Vérité du dépôt de la Foi n'appartient pas au Pape. C'est un trésor de Vérité qui a été enseignée pendant vingt siècles. Et  il doit le transmettre fidèlement et exactement à tous ceux aux quels il est chargé de parler, de communiquer la Vérité de l'Evangile. Il n'est pas libre…

 

Car c'est l'éternité qui nous a été enseignée, c'est Dieu éternel c'est Jésus-Christ Dieu éternel, et tout ce qui est fixé en Jésus Christ est fixé dans l'éternité, tout ce qui est fixé en Dieu es fixé pour l'éternité. Jamais on ne pourra changer la Trinité jamais on ne pourra changer le fait de l'œuvre rédemptrice de Notre Seigneur Jésus-Christ par la croix, par le Sacrifice de la Messe. Ce sont des choses éternelles qui appartiennent à l'éter­nité, qui appartiennent à Dieu…

 

Quand nous tenons le passé, nous tenons le présent et nous tenons l'avenir. Parce qu'il est impossible, je dirais métaphysiquement, divinement impossible de séparer le passé du présent et de l'avenir. Impossible ! Ou Dieu n'est plus Dieu ! Ou Dieu n'est plus éternel ! Ou Dieu n'est plus immuable

 

Restons, demeurons dans la charité ; prions, souffrons, accep­tons toutes les épreuves, tout ce qui peut nous arriver, tout ce que le Bon Dieu peut nous envoyer. Faisons comme Tobie : tous les siens l'avaient abandonné, ils adoraient les veaux d'or, ils adoraient les dieux des païens, lui (Tobie) restait fidèle.

 

Et pourtant, lui-même devait peut-être penser que tout seul dans la fidélité, il risquait de manquer à la vérité. Mais non, il savait que ce que Dieu avait enseigné à ses pères ne pouvait pas changer.

 

La Vérité de Dieu existait et ne pouvait pas chan­ger. Nous aussi devons nous appuyer sur la Vérité qui est Dieu, hier, aujourd'hui et demain. « Jésus Christus heri, hodie et in saecula ».

 

Cet article est inspiré de : Le coup de maître de Satan.  Mgr Marcel Lefebvre (1977)

 

Conclusion :  Aujourd’hui, le 14 juillet, ça fait 444 ans que St-Pie V a fait son décret sur la validité de la messe en latin, qui demeurera a perpétuité.

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-quo-primum-tempore-1570-98982901.html

 

  elogofioupiou.over-blog.com     

 

 

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