III —EN QUOI FAUT-IL SURTOUT DONNER L'EXEMPLE ?
Le chrétien doit évidemment donner l'exemple de toutes les vertus: foi, espérance, charité envers Dieu; tempérance, justice, prudence, force; patience, douceur, humilité, indulgence, miséricorde, support mutuel, etc... Personne n'est dispensé de pratiquer telle ou telle vertu. Il faut nous efforcer de les pratiquer toutes et le plus parfaitement possible.
Mais il y a une vertu qui devrait émerger chez tout chrétien, précisément parce que Nôtre Seigneur a voulu en faire le signe distinctif de ses disciples : LA CHARITE FRATERNELLE. Le divin Maître revient sans cesse sur l'importance de ce précepte. C'est SON commandement. "Ceci est mon commandement: que vous vous aimiez les uns les autres." C'est le renouvellement qu'il apporte à l'humanité régénérée en lui et par lui : "Je vous donne un commandement nouveau." Il apporte cette loi d'amour universel, non seulement en paroles, mais en actes, et pour ainsi dire par tout lui-même : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." (Jean, XIV, 34)
De par la volonté même de son Fondateur, l'Église (Ici, il est question de la véritable Église) est une communauté de charité. Son but, son objet, sa mission pas de dette envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. Et plus loin il ajoute: "La charité est donc la loi dans sa plénitude" (Rom., XIII, 8-10).
"Mais si le Christ, après les prophètes, insiste si fortement, en actes et en paroles, en commandements et en paraboles, sur la nécessité d'aimer effectivement le prochain, c'est qu'il sait bien que cela reste toujours pour nous le plus difficile. Il faut toujours y insister, car cela a toujours besoin de progresser. L'amour fraternel, condition de notre vie de fils de Dieu, est à la fois le point de départ de tout, puisque sans lui il n'y a pas de grâce, et le sommet de tout, car la perfection de la charité, c'est la perfection même et l'achèvement de la vie dans le Christ. Il n'y a pas de voie mystique plus haute que celle-là" (Lochet, Fils de Dieu, pp. 252-253).
Ceux qu'intéressé la rénovation spirituelle de notre temps devraient méditer davantage cette vérité fondamentale du christianisme.
Puisse chacun d'entre nous pratiquer cet apostolat du bon exemple dans son milieu et mettre l'accent sur l'exercice de la charité fraternelle sous toutes ses formes. Le salut du monde est à ce prix. Fin
Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chrysostome)
Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur: André Bilodeau, o.m.i.
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