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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 10:39

LES ÉNIGMES DE LA VIE (Pourquoi vivre)

C'est une chose bien curieuse que de vivre !

Sans mon assentiment, me voilà installé, depuis quelques années déjà, sur une boule ronde — la terre — à laquelle j'adhère com­me une mouche à un globe.

Aux antipodes, dans la région de l'Océanie, d'autres êtres hu­mains vivent, la tête en bas, sans ressentir le moindre malaise !

Cela s'explique, paraît-il, par la loi d'attraction... qui, avouons-le, n'explique rien du tout.

Et j'apprends que cette boule qui me porte n'est soutenue par rien, et n'est suspendue à rien, qu'elle fait un tour complet sur elle-même en un jour, ce qui lui donne, à notre latitude, une vitesse tangentielle d'environ mille kilomètres à l'heure ; qu'elle décrit autour du soleil une orbite elliptique à la vitesse tangentielle. moyenne de 108,000 kilomètres à l'heure ; que le soleil lui-même, entraînant avec lui quelques centaines de satellites, dont la terre  se dirige vers la brillante Véga, dans la constellation de la Lyre, à la vitesse de 70.000 kilomètres à l'heure, et que les 3 ou 4 mille étoiles que je vois, le soir, immobiles, sont soumises, elles aussi, à des vitesses vertigineuses et sont entraînées dans une fantastique chevauchée à travers les espaces.

A l'encontre de mes impressions, rien n'est donc en repos dans l'univers. Le monde entier est une immense salle de danse où des ballerines endiablées tourbillonnent sans jamais perdre haleine.

Et moi qui lis ces lignes, je suis désespérément accroché à l'une de ces folles danseuses et, avec elle pour partenaire, je tournoie, je tournoie...

Demain, à la même heure, nous n'aurons fait ensemble, certes, qu'un tour sur nous-mêmes ; mais nous aurons parcouru des cen­taines de milliers de kilomètres dans les espaces interstellaires !

Et le plus curieux de l'histoire, c'est que je ne ressens rien !

C'est vraiment très bizarre !

Et chaque jour, sur mon globe, je vis : je remue bras et jambes, je mange, je déplace quelques objets, j'en casse quelques autres, puis je me couche et perds connaissance, pendant quelques heures,

tandis que, dans l'autre hémisphère de la terre, la moitié de l'hu­manité, caressée par les rayons du soleil levant, s'étire, se lève, mange, travaille ou s'amuse pour se coucher à son tour quand je me lèverai !

Et demain, après-demain, le même manège, la même comédie re­commencera.

C'est drôle-!

Et je vis parce que, dans ma poitrine, bat mon cœur, un muscle en activité nuit et jour, auquel je n'ai pas donné l'impul­sion et dont il ne m'est pas possible, par un acte de volonté, d'arrê­ter le mouvement.

Cent mille fois par jour, ce muscle se crispe et se détend. Qui donc l'a mis en branle et comment peut-il ainsi battre ?

Chose curieuse aussi, je vis souvent là... où je ne suis pas ! D'une part, je me sens localisé par mon corps dans un endroit déterminé de l'espace ; d'autre part, un élément en moi — on l'appelle l'esprit — s'évade continuellement du lieu où je suis et parcourt en tous sens l'univers.

Et cet esprit, tout en étant dans le présent, scrute sans cesse le passé et prospecte l'avenir !

N'est-ce pas étrange aussi ?,

Vraiment, quelle est ma raison d'être ? Pourquoi suis-je occupé à vivre?

Si je me réveillais dans le compartiment d'un express où j'au­rais été déposé sans mon assentiment, je demanderais aussitôt pourquoi on m'y a mis et quel est le terme de mon voyage.

Quand il s'agit de ma présence dans l'univers et de mon séjour sur la terre, aucun problème ne surgirait en moi ? Je ne me préoc­cuperais pas de savoir ce que l'on veut de moi ?...

«Mais, disent certains, n'est-il pas plus simple de faire comme si le problème n'existait pas ou de le supposer résolu ? La vie est belle, ajoutent-ils. Vivons !    (A suivre)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 04:51

Paul VI, homélie du 1er de l'An: le Peuple et la Paix… 

Le 1er janvier 1971 « Journée de la Paix » Paul VI a célébré la messe à san Felice de Cantalice, dans un quartier populaire de la banlieue de Rome, choisi symboliquement pour y parler de la paix aux humbles du monde entier. Après avoir salué les dignitaires ecclésiastiques et civils, le Pape a poursuivi ainsi son homélie.

Pourquoi sommes-Nous venu ici ? Le 1er janvier est le jour des vœux et Nous présentons à tous nos vœux affec­tueux et sincères. Le Pape aujourd'hui offrira la sainte messe pour tous et chacun.

Vous savez que, depuis quelques années, Nous avons consacré le 1er de l'An à la célébration de la «Journée de la Paix». Nous disons nous : les catholiques, les croyants, en englobant dans ce dessein et ces vœux adressés à tous les hommes de bonne volonté tous ceux qui dans le monde aiment la paix. Car notre invitation déborde toutes les frontières et cette pensée commence, Nous le savons, à se répandre dans le monde entier.

Le message aux gouvernants

Nous avons adressé une lettre officielle à tous les gou­vernants, à tous ceux qui président au sort des nations et auxquels il Nous est possible de Nous adresser. Nous avons donc invité à célébrer la «Journée de la Paix» toutes les sommités, tous ceux qui président au sort des peuples, tous les responsables, tous ceux qui ont le devoir de promouvoir la paix. Les dirigeants des nations ont, en effet, plus que les autres l'obligation de favoriser des rapports pacifiques entre les peuples. Ce sont eux qui décident du sort des nations et qui ont la responsabilité d'équilibrer les intérêts de chacune. C'est donc à eux en premier que Nous avons adressé notre propos et nos salutations, respectueuses certes mais suppliantes aussi.

« Mettons-nous tous d'accord, leur disions-Nous, cher­chons à promouvoir la paix dans le monde. Pourquoi le monde doit-il être ainsi troublé par des guerres qui tuent, blessent, détruisent, font souffrir, veulent écraser les autres et instaurer des rapports de force, de violence, de meurtre et de sang, au lieu de justice et de droit ? »

Cela ne peut pas aller ainsi. Ce n'est pas cela la civili­sation. Aujourd'hui, alors que nous avons accompli tant de progrès, que nous avons appris tant de choses et que nous disposons de tant de moyens de conduire les relations entre les peuples, la guerre doit être abolie, elle doit être proscrite des us et coutumes des nations. C'est d'une autre manière que nous devons concilier les intérêts des peuples et des nations : par des négociations, en défendant autrement la justice, le bon droit, l'intérêt légitime. Et non pas dans le sang et par la force, ce qui aboutit presque toujours à l'injustice.

Le droit des peuples à la paix

Mais cette année, Nous avons aussi considéré un autre responsable du sort des peuples. Ayant salué, disions-Nous, les sommités et les ayant invitées à fortifier la paix, Nous Nous adressons maintenant au peuple, à vous qui représentez ici symboliquement le peuple, non seulement celui de cette nation, mais celui de toutes les nations, qui désire vraiment la paix et la concorde entre les hommes. Si ceux qui vous guident ont le devoir de promouvoir la paix, vous avez, vous le peuple, le droit d'être gouvernés d'une manière qui ne trouble pas votre sort, votre paix et votre vie. Vous ne pouvez décider directement des intérêts suprêmes des nations mais vous avez le droit légitime et sacré d'attendre de vos chefs qu'ils vous gouvernent de manière à ce que vous n'ayez pas à souffrir, à vous trouver sous les coups des armes terrifiantes de ceux qui font la guerre, sans seulement que vous sachiez pourquoi et puissiez vous défendre. C'est le droit des peuples que nous célébrons aujourd'hui en cette « Journée de la Paix ».

Souvenir du bombardement de Rome

Un souvenir Nous revient en mémoire. C'était lorsque Nous accompagnions notre grand et vénéré prédécesseur Pie XII en la sortie qu'il fit, si Nous avons bonne mémoire, le 13 août 1943; c'était la seconde fois qu'il sortait du Vatican pour les bombardements qui commençaient à s'abattre sur Rome. Nous passions près d'ici, à la Porte Majeure, en route vers les quartiers de Saint-Jean. Il y avait là un groupe de jeunes, fous de douleur et de désespoir devant le bombardement qui venait d'avoir lieu : des maisons en ruine, des morts, des blessés, l'épouvante collective, la psychose chez tous comme pris de folie. L'un de ces jeunes courait derrière la voiture du Pape. Je le vois encore, de désespoir levant les bras et criant : « Pape, Pape, plutôt l'esclavage que la guerre » ! C'était insensé mais c'est ce qu'il criait, « délivrez-nous de la guerre, délivrez-nous de la guerre ». C'était le cri qui justement monte des classes populaires qui ne sont pas au courant des grandes questions qui décident du sort des nations : « Non, non, pas la guerre ! Qu'avons-nous fait de mal, que sommes-nous là-dedans, pour être ainsi frappés sans pitié, avec cruauté, sans justice et à l'aveugle ? » Cette scène et cette voix Nous sont apparues comme le symbole de ce qu'il y a d'irrationnel dans la guerre. Nous ne les avons jamais oubliées.

La paix par le peuple

Mais Nous avons encore une autre idée. Nous ne voulons pas aujourd'hui célébrer seulement la paix pour le peuple; Nous allons plus loin. La paix doit surgir du peuple, de vous. Vous devez être les promoteurs de la paix. Si vous êtes chrétiens, vous avez entendu tout à l'heure les textes de l'Évangile et vous savez que tout chrétien doit être un pacifique : non pas un homme endormi, un indolent qui ne se soucie de rien, mais un promoteur de la paix, un artisan de rapports pacifiques entre les hommes : « Bienheureux les pacifiques, c'est-à-dire bienheureux ceux qui se font les apôtres de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ». Vous qui êtes fils de Dieu, vous devez tous aimer et promou­voir la paix.

J'entends la question que vous me posez tout bas : « Mais nous, comment pourrons-nous promouvoir la paix ? Quel moyen avons-nous de faire valoir nos désirs et nos aspirations ? Voici notre réponse. D'abord, nous sommes en démocratie. Cela veut dire que c'est le peuple qui com­mande et que le pouvoir vient du nombre, de la quantité, de la population comme elle est. Si nous sommes conscients de ce progrès social que notre époque a fait mûrir et voit se répandre dans le monde entier, nous devons faire en sorte que la démocratie impose sa voix. La démocratie ne veut point que les masses aient à se mesurer les unes contre les autres pour se détruire. Une idée doit naître de cette forma­tion et de cette mentalité politique qui est celle du peuple, des masses et de l'ensemble de la population, et cette idée doit triompher : il ne doit plus y avoir de guerres dans le monde.

La paix sociale

II y a encore une autre voie que Nous vous recom­mandons. Nous devons nous éduquer, nous former, refaire notre mentalité et notre psychologie. Êtes-vous vraiment décidés à abolir entre les hommes ces rapports de lutte, de haine et de violence ? Êtes-vous résolus à être de ceux qui font avancer la paix et veulent que les intérêts des uns et des autres, même différents et parfois opposés, se règlent autrement que par la haine, la lutte, la force de la violence et du nombre ? Eh bien, nous devons nous éduquer à penser et à vouloir ainsi.

Vous pouvez voir que là-dessus nous n'en sommes encore qu'au commencement. Pourquoi ? Parce que, depuis très longtemps, nous sommes intoxiqués par l'idée qu'on n'arrive à rien sinon par la haine, la violence et les voies de fait. « A moins d'employer les moyens extrêmes, on n'obtient rien ». C'est une mentalité qu'il faut dépasser. Elle vient malheureusement de l'expérience, c'est-à-dire du fait qu'il y a des classes égoïstes qui ne veulent point bouger, qui possèdent et ne donnent pas, qui veulent profiter de leur force et de leur situation pour exploiter ou du moins pour utiliser les autres. Cela non plus n'est pas de la démocratie ni de l'esprit social. Ce n'est pas la charité que le Seigneur nous a prêchée.

Le Seigneur nous a dit : vous êtes tous frères. Est-ce là ce que nous pensons des rapports entre tous les hommes ? Oui et non. Nous le disons très souvent et nous pensons que c'est là une belle chose mais utopique, irréalisable, un beau rêve mais impraticable, inapplicable dans le concret. Cela montre qu'avant de persuader les autres, nous devons nous persuader nous-mêmes que la fraternité doit être la loi, le principe, le critère dominant des rapports entre les hommes. Si nous ne sommes pas encore frères, nous devons le devenir et nous habituer, après tant de siècles que l'Évangile nous le prêche et nous le répète, mais nous sommes réfractaires à cet enseigne­ment !,  nous devons nous habituer à voir dans un autre visage l'image de notre visage, et dans les autres un autre nous-mêmes. Car le Seigneur nous a dit « Aimez-vous les uns les autres, aimez-vous comme vous-mêmes». Cela veut dire que nous devons transférer dans les autres le sentiment de personnalité qui proprement nous définit, définit notre moi. Nous devons nous comprendre nous-mêmes dans les autres; nous devons dilater, universaliser notre personnalité en sorte que nous traitions les autres comme nous voulons être traités nous-mêmes. Voilà ce que nous enseigne Jésus. C'est une grande et difficile réalité, à laquelle nous devrons nous éduquer, pour laquelle nous devrons probablement célébrer bien d'autres belles « Journées de la Paix » ! Mais c'est la ligne à suivre, c'est la grande politique du monde, humaine et chrétienne : Nous devons nous habituer à voir dans les hommes non des antagonistes, des ennemis, des rivaux, des concurrents, mais des frères.

Ne risquons-nous pas ainsi de ne plus avoir la force de défendre nos intérêts ? Nous devons défendre nos intérêts mais autrement que par la haine, la violence et l'écrasement des autres. Nous devons nous situer à un niveau supérieur, à celui de la raison et à celui, plus élevé encore, de la charité. Nous devons vouloir du bien à tous, nous seraient-ils anti­pathiques, des adversaires et des ennemis. Nous devons acquérir cette immense force nouvelle qui nous rend plus hommes. C'est la leçon de l'Évangile.

Fils et frères très chers, avons-nous la force de pardon­ner ? Savons-nous atteindre à cette force d'âme, à cette énergie spirituelle qui sait céder devant la méchanceté d'un autre? Pas encore peut-être. Nous disons tous les jours au Seigneur : « Père, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». N'oubliez point ce « comme », ce « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés... »; L’équation entre les fautes dont nous demandons le pardon et celles que nous devons pardonner aux autres bien souvent n'existe pas. Nous prétendons que Dieu, lui, nous pardonne, qu'il ait pitié de nous et nous bénisse, mais nous ne bénissons pas et nous ne pardonnons pas. Il faut arriver à posséder cette force d'âme. La paix n'est pas une faiblesse ni une lâcheté ni en face d'autrui le renoncement passif à ses aspirations et à ses intérêts légitimes. Il existe une façon légitime, mesurée et raison­nable de défendre ses aspirations. Tant d'aspirations restent encore en souffrance ! Pour notre peuple, que de grandes et belles choses attendent encore ! Nous devons tous travailler à ce qu'elles soient réalisées.

Pour cela, nous devrons bâtir notre société et notre démocratie sur l'amour, sur la charité, sur les principes de l'Évangile, sur ceux aussi du droit naturel qui nous dit justement que les hommes sont égaux entre eux et qu'ils ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Voilà ce que Nous avions à vous dire. Ce qu'on vous prêche, vous le voyez, s'annonce difficile et quasi impossible à pratiquer, car cela demande beaucoup. Mais commençons dans notre cœur : devenons bons, forts, miséricordieux, capables de voir les besoins et les misères des autres, capables de secourir les autres, capables de donner la main au plus faible et à celui qui est tombé, dans un sentiment de fraternité et de miséricorde. Vous verrez que les choses s'amélioreront et, un jour, au nom du Christ et de la civilisation, la paix triomphera.

Paul VI 

Texte  italien  dans  L'Osservatore  Romano  des   2-3   janvier 1971. Traduction des Actes Pontificaux.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 08:12

Homélie de Paul VI, 25 décembre 1970…                         

Déc. 1970. Paul VI a célébré la messe de minuit, dans la chapelle Sixtine, en présence du corps diplomatique. Il a prononcé l'homélie suivante.

Messieurs et chers amis,

Nous devons avant tout nous rendre compte du motif de cette célébration nocturne. Pourquoi sommes-nous ici ? Que sommes-nous venus faire ? Rendre hommage à une habitude traditionnelle ? À une simple singularité rituelle ?

Non, ce qui nous tire de notre sommeil, ce que nous nous sentons obligés de commémorer avec une conscience vigilante est un fait historique, un événement d'une impor­tance suprême et unique, un message que nous sommes incapables de définir en termes adéquats et que notre intel­ligence ne réussit pas à comprendre entièrement. Une expression théologique, exubérante de réalité historico-humaine et d'insondable mystère, le présente à notre esprit émerveillé et incrédule, à notre foi et à notre joie : il s'agit de l'Incarnation. Il s'agit du Verbe de Dieu qui s'est fait homme. Quelque imparfaite et problématique que puisse être l'idée que nous avons de Dieu, de son existence, de sa transcendance, du rapport créateur et existentiel de la divinité avec les choses finies, que nous connaissons, et avec l'histoire humaine qui se déroule dans le temps, nous ne pouvons nous empêcher d'être ébahis par l'hypothèse que nous reconnaissons ici comme un fait réel et accompli : c'est le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, qui entre personnellement sur la scène terrestre et humaine, et assume en lui une vie humaine en tout semblable à la nôtre (hormis le péché, Hébr. 4, 15), existant ainsi toujours un quant à la personne, mais avec une double nature, divine et humaine. Et comme Fils de l'Homme, lui Fils de Dieu a vécu plusieurs années sur cette terre, il s'est rendu visible, avec un visage humain, il a grandi, il a travaillé, parlé, souffert parmi nous; bref, il s'est révélé, et il a accompli une mission qui ne peut pas ne pas regarder l'humanité entière et atteindre la destinée de tout homme, passé, présent et futur, de ce monde.

Ainsi en est-il. Tremblant et stupéfait, Nous répétons l'annonce de cette naissance extraordinaire, la naissance du Christ, le Verbe de Dieu fait chair, le Messie de l'histoire, le Sauveur du genre humain; et Nous faisons nôtres les paroles de l'ange du Seigneur : « Rassurez-vous, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle (la Bonne Nouvelle, l'Évangile par excellence) qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, dans la cité de David (Bethléem), un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur » (Luc, 2, 10-11).

Ce n'est pas là une légende littéraire, ni un mythe fantas­tique; c'est un fait réel et concret, d'une nature et d'une importance telles que toute l'histoire humaine en demeure atteinte; c'est pour le rappeler que nous sommes ici, pour le célébrer, pour repenser encore à l'influence qu'il a sur nous. Ainsi se rouvre pour nous une méditation que chacun d'entre nous aura, d'une façon ou de l'autre, cent fois commencée; méditation sur le christianisme, sur sa réalité, sur son effica­cité, sur le rapport qu'il a avec nous — ou du moins qu'il devrait avoir avec nous. Et par christianisme, en fin de compte, Nous entendons le Christ, son être, sa parole, son immanence dans la foi et dans la vie des hommes, sa présence aujourd'hui devant nous, sa figure apocalyptique, demain : le Christ, clef de toute question et de tout destin.

Oh, Messieurs et Amis, que j'ose appeler frères ! Laissons-nous tous dominer par cette pensée extraordinaire : le Christ, le Verbe de Dieu descendu en forme humaine sur la scène du monde. Mais que cette pensée, loin d'engendrer en nous la crainte (ce qui serait pourtant tout à fait naturel), nous envahisse de joie et d'allégresse, comme nous l'a demandé le message céleste. Cette joie sera le cadeau que nous ferons à Jésus-Christ pour sa naissance parmi nous; ce sera notre offrande; notre humble effort d'accueil et de compréhension. Noël, nous le savons, est une fête joyeuse; elle nous apparaît bien telle dans l'amour et dans la tendresse de cette nouvelle vie qui naît (cf. Jean 16, 21), dans la délicieuse faiblesse de l'enfance, dans le cadre de l'intimité si simple et sublime du foyer domestique.

Mais il y a plus. Noël n'est pas seulement la sublimation de la vie naissante, fruit de l'amour, étincelle de nouveauté et d'innocence, gage d'un monde meilleur, que nous espérons pour demain, celui de la nouvelle génération. Ce n'est pas seulement une joie qui naît de la terre. Observez bien : c'est une joie qui vient d'en-haut, c'est la révélation de la bonté infinie de Dieu, le signe d'un dessein mystérieux qui touche le monde et les hommes, c'est une pensée d'amour infini qui a ouvert le ciel clos du mystère impénétrable de la vie intime du Dieu inconnu, et l'a communiqué à la terre, comme une pluie illuminante et vivifiante. L'Apôtre Paul nous dit que « la grâce de Dieu est apparue, salutaire pour tous les hommes » (Tit. 2, 11), et l'Apôtre Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16). Nous nous trouvons devant une conception universelle des destins suspendus sur l'humanité, et qui ont même pénétré dans la trame de l'histoire : c'est une conception de salut, une conception de clémence et d'amour, une conception tellement optimiste que même les malheurs, les souffrances, et la mort elle-même y trouvent une issue positive, pour le bien de l'homme (cf. Rom. 8, 28, 31). Telle est la vérité sur la vie, telle est la philosophie qui remporte la victoire sur toutes les expériences et sur toutes les tentatives pour expliquer les choses et les faits et dire le dernier mot sur la réalité du monde.

Notre dernier mot à Nous, qui sommes spécialement obligé d'observer le monde dans ses expressions les plus générales et les plus significatives, et d'en peser la valeur selon leur classification définitive, notre dernier mot serait au contraire facilement pessimiste, il déboucherait sur le doute, sur l'absurde, sur le néant. Nous serions des hommes myopes, aveugles, des hommes déçus, des hommes tentés par le scepticisme et le désespoir: où va le monde ? Que vaut la vie ? Qu'est-ce que la civilisation ? Peut-on vraiment envisager de faire régner sur terre l'ordre, la justice, la paix, l'amour? Tels serions-Nous, et telles seraient les conclu­sions de notre sagesse déçue, s'il n'y avait pas Noël, c'est-à-dire l'inauguration d'une économie de salut et d'espérance ! Les efforts du Sisyphe que nous sommes ne l'ont pas instau­rée, mais elle nous est donnée par un Amour transcendant qui n'a ni mesure ni regret, et veut faire de nous, de l'huma­nité, un peuple nouveau, un peuple bon et heureux (cf. I Petr. 2, 5, 9).

Noël, fête de joie et d'espérance, fête qui anime le devenir humain orienté vers une plénitude qui ne faillira pas.

Saluons-la et célébrons-la comme notre fête et comme la fête du monde.                        Paul VI  pape.

 

Extrait des Actes Pontificaux   (202-203)

Texte original français dans L'Osservatore Romano des 28-29 décembre 1970.

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 08:44

La façon idéale de bien prier…                                    

Que le soir, où la réunion est plus facile, toute la famille, le père, la mère, les enfants, les domestiques, s'assemblent donc, et que les cœurs unis ensemble présentent par la voix de l'un d'eux les vœux et la prière de tous. Alors il se fera comme un apaisement de toutes choses ; les nuages de la vie quotidienne disparaîtront ; l'air deviendra plus serein, les nuits seront plus calmes, les jours suivants seront plus heureux. Dieu, selon sa promesse, descen­dra au milieu de cette famille réunie et apportera avec lui ses plus précieuses bénédictions. Puis les anges recueilleront, cha­que soir, ces prières toutes puissantes parce qu'elles seront fon­dues ensemble ; ils les porteront devant le trône de l'Agneau et formeront ainsi pour chaque famille, dans les hauteurs des cieux, une source toujours abondante qui suffira à tous les besoins et deviendra pour chaque membre comme une riche propriété à la fois indivise et particulière.

Cette pratique de la prière en commun est simple ; elle est facile ; elle demande seulement un peu de bonne volonté chez les chefs de la maison ; elle assure en retour un gage quotidien et toujours fécond des grâces du ciel ; et on peut lui appliquer ces paroles de l'Écriture : "Toutes sortes de bien s'introduiront avec elle dans l'intérieur de votre maison ; elle sera comme un berceau pour abriter votre famille ; elle donnera la joie et l'allégresse " (SAG. VII).

Que l'époux et l'épouse, que Dieu a unis pour partager les mêmes peines et les mêmes joies, prient ensemble. Sans la prière une union ne peut être vraiment heureuse et bénie du ciel.

Que les enfants prient avec les parents. Et l'enfant saura-t-il jamais prier, s'il n'a pas appris la prière sur les genoux de sa mère, d'abord, ensuite aux côtés de son père ? Le père et la mère ne doi­vent pas se contenter de dire à leurs enfants : allez prier, mais bien : venez, prions ensemble. Cette prière faite en commun dans la famille est une école sainte où les enfants apprendront la vénération qu'ils doivent aux auteurs de leurs jours. Ils entoure­ront de leur profond respect ce père qui sait découvrir son front et s'agenouiller humblement devant le Père qui est aux cieux ; ils vénéreront cette mère qui se prosterne avec foi devant le Seigneur qui a donné la vie à ses enfants. Ah ! Qu'elle est belle la famille, qu'elle est digne de l'admiration des anges la famille qui prie, qui voit chaque jour tous ses membres s'agenouiller sans exception devant Dieu comme elle va s'asseoir à la table pater­nelle ! La demeure de cette famille est alors un oratoire où l'on offre à Dieu un sacrifice de louanges par des prières et des hymnes sacrés. Tous les membres de la famille sont présents à ce pieux rendez-vous. Tous unissent leurs voix pour adorer et remercier l'Auteur de tout bien.

Les enfants prient pour les auteurs de leurs jours ; et la prière de l'enfant a une si grande influence sur le cœur de Dieu ! C'est pour cela que le poète a dit :

"Petits enfants à tête blonde,

Vous dont l'âme est un encensoir,

Priez ; la prière est féconde ;

Un enfant peut sauver le monde, en joignant ses mains chaque soir. "

Que les parents prient pour leurs enfants ; qu'ils suivent le conseil que leur donne le Prophète Jérémie : " Levez vos mains vers Dieu et Dieu bénira l'âme de vos enfants. " Il est certain que leur prière aura une efficacité toute particulière.

Qui nous rendra ces jours bénis où la prière du soir était, comme une fête quotidienne, pour toutes les familles ? Quand la journée était finie, le père assemblait ses enfants, ses domestiques ; tous s'agenouillaient humblement devant l'image du Dieu Sauveur, image qui souvent était une chère et pieuse relique léguée par les ancêtres dont elle avait entendu les vœux et béni les larmes. Ils adoraient ensemble la majesté souveraine et demandaient au Père céleste, avec le pain qui nourrit le corps, le pain plus pré­cieux encore qui nourrit l'âme. Ils saluaient avec amour la Vierge Marie qui les avait protégés tout le jour, puis récitaient avec une foi vive ce symbole qui aurait ravi d'admiration tous les sages de l'antiquité. Venait ensuite le décalogue, ce code parfait d'une morale sublime qui produit les saints.

Après avoir ainsi vivifié le souvenir de la loi qui devait les guider chaque jour, ils donnaient un souvenir aux morts longtemps pleures et imploraient la protection de l'ange gardien. Faisant ensuite un retour sur eux-mêmes, ils s'accusaient avec componction des fragilités de là journée et s'engageaient à éviter le mal, à faire tout le bien possible dans l'avenir. Le père bénissait l'assemblée et chacun se retirait heureux pour prendre un repos d'autant plus paisible qu'il n'était pas troublé par l'illusion ou par le re­mords.

De ce doux poème qui renfermait le culte domestique résultaient d'immenses avantages pour la religion et la société. Quelle pieuse et sainte pratique que celle qui existe dans un grand nombre de nos familles chrétiennes et qui devrait être répandue partout, tellement elle est légitime, je veux dire la prière avant et après les repas. N'est-il pas juste, puisque nous tenons tout de Dieu, n'est-il pas juste de le remercier de la nour­riture qu'il nous donne ?

Les riches, dont la table est chargée de toutes sortes de mets pendant que les pauvres meurent de faim à leur porte, ne seraient-ils pas ingrats de ne pas remercier le Seigneur qui se montre bon pour eux jusqu'à leur donner non seulement le nécessaire mais encore l'utile et l'agréable ?

Les pauvres des biens de ce monde mais riches des biens de l'éternité, selon la parole d'un Père de l'Église, n'ont peut-être qu'un pain arrosé de leurs larmes, mais c'est à Dieu qu'ils le doivent ; mais s'il le leur a donné en moindre abondance qu'à d'autres, s'il le leur fait gagner péniblement, à la sueur de leur front, c'est qu'il veut leur faire apprécier un autre pain, le pain qui leur fera oublier leur pauvreté ; car il apporte avec lui une douceur et une consolation toutes célestes.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:19

Donnez à Dieu les prémices de votre jour­née …              

La prière du matin est le baptême de la journée, celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Il n'est pas d'heure plus favorable pour la prière que celle du matin. La première pensée n'est-elle pas pour ce que l'on aime ? Le mondain pense à ses plaisirs, l'homme d'affaire à ses intérêts, l'ambitieux aux honneurs et le chrétien pense à Dieu. Le cœur monte naturellement vers les objets chéris comme la plante au soleil. Aussi dire de quelqu'un qu'il est notre première pensée, c'est dire qu'il est notre premier amour. Or qui le mérite plus que Dieu ? Si le péché originel n'avait pas égaré la direction de nos facultés, ce mouvement serait chez nous instinctif, irrésis­tible, comme celui de l'enfant qui le matin se précipite dans les bras de son bon père. Et puis ce père est là qui sollicite de nous le premier élan de l'âme. Il se compare dans l'Écriture à un voyageur matinal qui se tient debout à la porte et y frappe pour qu'on lui ouvre : " Que notre pre­mière parole soit pour lui dire d'entrer. "

C'est justice que Dieu soit servi le premier et qu'aussitôt introduits dans ce beau palais, nous commencions par saluer le maître de la maison avant de nous occuper ou de ce qui le rem­plit ou de ceux qui l'habitent.

Milton, dans son poème du Paradis perdu, montre le premier

homme transporté et ravi dès qu'il ouvre les yeux et qu’il voit le fir­mament étendu sur sa tête et il fait dire à Adam: "Je m'élançai, je bondis vers le ciel comme pour l'atteindre. " Voilà quel doit être l'élan spontané de notre cœur impatient de s'élever vers Dieu dès que notre lever nous introduit près de lui.

Et quand est-ce que nous prierons si nous ne prions pas le matin ? La création tout entière semble nous adresser l'invitation : " Venez, adorons Dieu qui nous a donné tous cela." L'univers s'anime comme un temple qui vient de s'ouvrir : les plantes don-nent leur encens, le soleil rallume ses feux comme un flambeau sacré ; les oiseaux, avant de chercher leur pâture, envoient dans les airs leurs premiers chants ; toutes les créatures vivantes font entendre leurs premiers cris, et ces millions de voix qui montent de partout, ce sont des voix de prière, d'adoration, d'action de grâces qui ensemble, à leur manière, composent l'hymne de la nature à la gloire de Dieu. Et l'homme pourrait-il rester muet lorsque tous les êtres de la création bénissent le Seigneur ? A ce concert général de toutes les créatures, une seule voix ferait défaut et ce serait la voix de l'âme intelligente qui seule peut lui donner sa signification et son prix ! " Car, dit saint Augustin, cet hymne inconscient de la création est comme une musique très harmonieuse sous laquelle il n'y aurait pas de paroles et qui ne rendrait en conséquence que des sons presque vides de sens. Qui donc, sous cette vague har­monie des choses, va mettre un langage et lui prêter une âme ? Ce sera l'homme qui fera ce solo dont la voix du monde entier n'est que l'accompagnement. A lui de traduire, en un langage humai­n, cette langue universelle de la terre et des cieux. Voilà ce que le monde entier lui demande de dire pour lui. "

Que notre première pensée, notre premier acte, quand nous nous levons le matin soit pour renouveler nos sentiments reli­gieux qui ont été interrompus par le sommeil de la nuit, pour ado­rer Dieu, le remercier de la nouvelle journée qu'il nous accorde, lui demander les grâces nécessaires afin de la passer saintement.

N'oublions pas que de la prière du matin dépend ordinaire­ment la journée tout entière ; car c'est elle qui ouvre la voie aux actions qui la suivent. Elle donne à nos œuvres une impulsion salutaire, un bon mouvement qu'il est facile ensuite de suivre avec la grâce de Dieu. " Donnez à Dieu les prémices de la jour­née, disait saint Jean Climaque ; car la journée tout entière appartiendra à celui qui en a pris possession le premier. "

On dit qu'autrefois, quand les premiers rayons du soleil avaient touché la célèbre statue de Memnon, dans la journée, elle rendait des sons harmonieux. Et nous, quand, dès le matin, nous nous serons placés en face du divin soleil de justice, qui est Jésus-Christ, quand nous aurons laissé pénétrer dans notre âme ses rayons lumineux, pendant la journée, nous rendrons des sons harmonieux, nous ferons bien et nous ferons du bien.

La prière du matin est le baptême de la journée ; celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Dès le matin, notre premier regard s'est élevé vers Dieu ; que notre dernière pensée soit encore pour lui. Remercions-le des faveurs qu'il nous a accordées ; demandons-lui pardon des fautes que nous aurions pu avoir commises. " Quel homme ne rougirait pas de terminer le jour sans louer Dieu, dit saint Ambroise, lorsque les petits oiseaux célèbrent le commencement du jour et de la nuit avec des chants suaves et harmonieux ! "

Bien que le bon Dieu écoute toujours favorablement celui qui prie avec de bonnes dispositions, la prière faite en commun a néanmoins pour lui un attrait tout particulier ; tellement que Jésus-Christ a promis de se trouver en personne avec ceux qui s'assemblent pour prier en son nom : " En quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, dit-il, je me trouve au milieu d'elles et je prie pour elles " (math. 18). Combien ce motif doit encourager les familles à se réunir pour prier ! Malheureusement cet usage, autrefois si généralement répandu, se perd chaque jour, même parmi les familles les plus chrétiennes. Les prêtres dans le ministère ne sauraient trop tra­vailler à la faire revivre. C'est un si puissant moyen de réveiller la foi et la piété dans les paroisses.

Une famille est une personne morale qui a dans son existence ses besoins et ses épreuves, ses satisfactions et ses joies. Il est donc de son devoir de s'adresser à Dieu, comme telle, pour le re­mercier des bienfaits qu'il lui accorde et lui demander ses grâces.

Ah ! Si on comprenait bien toutes les bénédictions que la prière en commun attire sur les maisons, avec quel empressement on y aurait recours !

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 08:19

 Le pape-imposteur instrument de la destruction…

Même en 2017, les sédévacantistes, croient tout savoir sur le    pontificat de Paul VI, mais ils sont très loin du compte…

Tant que le Pape Paul VI put encore paraître publiquement et tenir ses allocutions dans lesquelles il défendait sans cesse avec ténacité la doctrine traditionnelle de l'Église contre les novateurs de la Foi, les conjurés secrets du Vatican ne purent faire passer leurs idées visant à la création d'une religion mondiale que très prudemment derrière le dos du Pape Paul VI.

L'un des nombreux exemples illustrant ce fait est la suppression des exorcismes du baptême par un décret de la congrégation des rites du 15 mai 1969 dont le Pape Paul VI, trois ans et demi plus tard, ne savait visiblement encore rien. On peut le déduire d'une allocution du pape qui fit sensation en son temps, allocution sur le diable du 15 novembre 1972 dans laquelle il mentionnait expressément les exorcismes du baptême comme moyen de délivrance par le Christ de la domination du diable sur l'homme. Donc pendant au moins trois ans et demi le Pape ne sut rien de cette rupture radicale, décrétée derrière son dos, avec la tradition immuable de l'administration des sacrements !

Avec la création du pape-imposteur et la totale dépossession des pouvoirs du Pape Paul VI, la réalisation des buts des conjurés secrets fut facilitée et accélérée. En voici deux exemples.

Le changement de fonction de l'extrême-onction

L'extrême-onction « ne doit être administrée qu'à des malades pour la vie desquels on craint » (concile de Florence, 1439) ; ceux « que l'on considère comme quittant la vie, raison pour laquelle on l'appelle aussi le sacrement des mourants » (Concile de Trente, XlVe séance, 1551) ; « Quand le fidèle commence à tomber en danger de mort à cause de la maladie ou de la faiblesse due à l'âge » (IIe Concile du Vatican, Constitution de la liturgie, Art.

Avec le nouveau rite, la nature de l’extrême-onction fut changée, en pratique, prenant de plus en plus le sens d’une prière pour la guérison. Actuellement, dans bien des églises, les personnes d'un certain âge reçoivent déjà « l'onction des malades » pendant l'office du dimanche. Ce changement de fonction dirigé d'en haut de l'extrême-onction contre la tradition doctrinale immuable et la déclaration nette des trois conciles est l’une des nombreuses mesures prises dans le dessein de détruire méthodiquement la nature des sacrements, en tant que forme prescrite par le Christ, de l'application des grâces de salut.

Le raffinement avec lequel fut étouffée la protestation des théologiens conservateurs contre cette démolition systématique de l'édifice de la foi de l'Église, est montré par l'exemple suivant :

Le 5 octobre 1975, le pape-imposteur administra l'Extrême-onction à Rome, sur la place Saint-Pierre, à cinquante malades de divers pays ; qui allait alors oser encore élever la voix contre le changement de fonction de l'Extrême-onction, devenue une prière pour la guérison, si, de façon évidente, le pape lui-même administre ainsi le sacrement :

La photo montre cette scène. On y reconnaît le pape-imposteur à l'oreille décollée, aux lunettes à double foyer posées sur la courbure du nez, au visage rond et au menton peu accentué.

On voit également le visage indigné d’un jeune prêtre à gauche qui, il y a peu de temps, au séminaire, avait bien compris ce qu'était la nature de l'Extrême-onction et doit maintenant voir comment celui qu'il pensait être le pape, circulant parmi les rangs des pèlerins loin d'être des moribonds, signant avec le pouce, sans signe de croix, la paume de la main et le front de chacun, avec un peu d'huile, falsifie l'Extrême-onction en en faisant une « onction des malades » ! Se doutait-il, ou bien savait-il, qu'il était impossible que cet homme soit le Pape Paul VI ?

(Note de J.-Bte. André.) Si de telles choses ont pu avoir lieu aux dépens de Paul VI, et ce avant l'existence du sosie, cela en dit long sur ce que vaut la déclaration sur la liberté religieuse de 1965. Les sédévacantistes, par exemple, croient tout savoir sur le pontificat de Paul VI, mais ils sont loin du compte. …

Inspiré de : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE…       

http://www.lasurviedupapepaulvi.com/2014/06/l-imposture-du-siecle-theodor-kolberg.html

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 09:01

QUAND FAUT-IL PRIER…                                    

"Il faut toujours prier et on ne peut se lasser de prier," (Luc, xvIII) disait, le Sauveur à ses Apôtres. Quel est le sens de ces paroles ? Signifient-elles que nous sommes obligés de prier sans cesse, d'une manière actuelle et non interrompue ? Devons-nous continuellement réciter des prières vocales ou même pratiquer l'oraison mentale d'une manière constante et continue ? Évi­demment non. Les hommes appelés à vivre en société ont à rem­plir de nombreux devoirs qui seraient incompatibles avec un semblable précepte. Si quelques saints ont eu des grâces et une vocation spéciale pour mener sur la terre une vie à peu près angélique, il ne s'ensuit pas que cette vie soit un précepte, ni même un conseil s'adressant à la généralité des hommes. Il ne faut donc pas donner ce sens aux paroles de Jésus-Christ.

Pour accomplir ce commandement de Dieu, il suffit de faire son devoir là où la Divine Providence nous a placés, de soumettre entièrement et généreusement notre volonté à celle de Dieu, de lui offrir toutes nos actions, toutes nos joies et toutes nos souf­frances, dans le dessein de lui plaire.

Le chrétien prie toujours s'il accomplit cette parole d'Origène : " Toute action du juste faite selon Dieu et sa loi sainte, est une prière." Le chrétien prie toujours s'il se conforme à cette maxi­me de saint Bonaventure : " On ne cesse pas de prier quand on ne cesse pas de bien faire, et la prière du cœur et des œuvres a plus de valeur que celle des livres. "

"La prière, dit saint Basile, consiste dans les actions que l'on fuit, dans tout le cours de sa vie selon les règles de la vertu."

" Ce n'est pas en vain que l'Apôtre nous dit de prier sans cesse, écrit| saint Augustin ; et néanmoins nous ne pouvons pas sans cesse fléchir les genoux, lever les mains au ciel et demeurer prosternes sur la terre. Il y a donc une autre prière continuelle. Cette prière, quelle est-elle ? Notre désir de bien servir Dieu. Quels que soient vos embarras et vos occupations, si, au milieu de tout cela, vous désirez le repos de la vie éternelle, votre prière n'est point interrompue. "

Saint Jean Chrysostome dit : " Il n'est aucun lieu ni aucun temps qui nous empêche de prier ; car il n'est pas nécessaire pour prier de fléchir les genoux, de lever les mains au ciel, de se frapper la poitrine. Ayez l'esprit toujours fervent et le cœur plein de charité et vous faites une excellente prière en allant, en venant, on peut ainsi prier partout et prier longtemps. "

Ce grand Saint ajoute que chaque bonne œuvre est un instru­ment de musique et que faire une bonne action, c'est chanter un cantique à Dieu. " Chrétiens, dit-il, le Prophète nous annonce qu'il loue Dieu tout le  jour ; mais  qui peut comprendre  et goûter cette parole ? Je vais vous indiquer un moyen de louer Dieu toute la journée si vous le voulez.  Faites bien tout ce que vous faites et vous avez loué Dieu ; vous quittez l'église après avoir chanté les louanges du Seigneur et vous vous mettez à table : observez les règles de la tempérance et vous avez fait une prière ; vous allez trouver le repos de la nuit, ne vous levez pas pour mal faire et vous avez loué Dieu ; vous vous livrez au   commerce ;   évitez   la fraude   et  vous   avez   chanté   un hymne au Seigneur : vous cultivez la terre, évitez les querelles avec votre voisin et vous avez prié. Préparez-vous à louer Dieu ainsi tout le jour par l'innocence de vos œuvres. Lorsqu'un chré­tien se retire de l'église, il semble qu'il ne loue plus le Seigneur ; mais s'il ne cesse pas de bien vivre, il ne cessera pas de prier. La prière n'est interrompue que lorsqu'on s'éloigne de la justice. Menez toujours une bonne vie et alors, malgré le silence de vos lèvres, votre vie est un cri perpétuel et les oreilles du Seigneur sont inclinées vers vous. Prenez la lyre des bonnes œuvres ; que la perfection de votre vie soit un chant qui ne se taise jamais. Alors vous louez Dieu en traitant une affaire ; vous louez Dieu quand vous mangez ; vous louez Dieu quand vous dormez. Vous me demandez où est votre prière et moi je vous demande où elle n'est pas. "

"La vie tout entière du juste, dit Origène, est une longue et magnifique prière."

Il suffit donc d'avoir une intention pure, un désir ferme de plaire à Dieu, et aussitôt chacune de nos pensées, de nos actions, chacun de nos sentiments, notre silence, notre sommeil même, deviennent un hymne à Dieu. Il nous est donc facile de trans­former toute notre vie en une belle prière. Chaque matin, la route nous est tracée par le devoir de la vie sociale et chrétienne. Il suffit de nous y élancer avec une foi vive et le désir de faire la volonté de Dieu. Rien ne sera changé à notre existence, sinon les dispositions de notre cœur et la joie qui mondera plus souvent les facultés de notre âme. Nos occupations seront les mêmes ; elles deviendront seulement moins pénibles et plus faciles à sup­porter, parce que la piété pénétrera notre vie tout entière pour la fortifier et la consoler. Nous ne quitterons jamais Dieu parce que, si, comme les Anges, nous remplirons tous nos devoirs en sa présence, nous serons comme eux plongés dans l'essence divine.

L'histoire rapporte qu'un saint jouait avec ses compa­gnons ; on en vint à parler de la mort et chacun devait dire ce qu'il ferait en ce moment suprême, et tous de s'écrier qu'ils se proster­neraient les genoux en terre, invoquant la miséricorde de Dieu. " Pour moi, réplique le saint, je continuerais à jouer." Quelle aimable réponse ! Quelle vaste doctrine en un seul mot ! En jouant bien, le saint faisait ce que la Providence atten­dait de lui en ce moment et il n'est pas de plus sublime perfec­tion : faire à chaque instant la volonté de Dieu, accomplir à chaque heure du jour le devoir qui se présente ; il n'est pas de meilleur moyen de se sanctifier, il n'est pas de pratique plus sûre pour se préparer au jugement de Dieu.

L'univers est beau ! Belle est la nature dans la fécondité de son sein, dans l'harmonie de ses lois, dans la majesté inviolable de son cours. Belle est l'immensité des espaces où se balancent, comme les navires, les astres que la main de Dieu y sema au premier jour. Mais il n'y a pas de plus beau spectacle que l'hom­me qui a constamment à cœur de faire son devoir, qui a toujours son âme dans ses deux mains et, l'œil fixé sur Dieu, la plie à la vertu, la façonne à la justice, comme on façonne un marbre à la beauté.

Si nous étions des anges, nous pourrions nous contenter de ce genre de prière : faire la volonté de Dieu ; les anges ne prient pas autrement. Unis à Dieu, ils le voient, ils l'aiment par un acte continuel et ininterrompu ; et toujours plongés dans l'Océan divin, ils aiment en exécutant les ordres du Très Haut et ils les exécutent en aimant. Mais, sur cette terre d'exil et de pénitence, la misère et la faiblesse de notre nature, la corruption du péché, les incertitudes de la volonté, l'inconstance des désirs, tout nous fait une obligation de choisir certaines heures où nous puissions vaquer d'une manière plus spéciale à la prière, où ce saint exercice devienne notre affaire principale, où nous concentrions toutes les puissances de notre âme pour nous occuper exclusive­ment de Dieu et de nos besoins spirituels.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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