Saint Alphonse énumère dix pratiques de dévotion en l’honneur de la Madone, dont voici la neuvième, «Recourir fréquemment à Marie, et de tous les hommages que nous pouvons offrir à notre Mère, je soutiens qu’aucun ne lui agrée autant que de recourir souvent à son intercession en lui demandant assistance dans tous nos besoins particuliers.» Concert de louanges, nos supplications ne seraient-elles pas encore un chant d’amour? Toutes prière parfaite—nous l'avons dit — vient du cœur et se parfume de dilection.
C'est donc avec une âme d'enfant, et non point seulement en serviteur, que nous allons invoquer celle qui est et restera toujours pour nous, notre Mère et la meilleure des Mères. C'est parce qu'elle nous aime et parce que nous l'aimons que notre prière s'élève vers elle, si spontanée, si confiante, si sûre d'être exaucée.
Savoir faire plaisir est une des délicatesses de l'amour. Cette délicatesse accompagne chacune de nos prières à Notre-Dame. De nous voir à ses genoux, lui est une joie, parce qu'elle trouve là l'occasion de remplir son rôle d'avocate et ses fonctions de Mère. Quoi de plus doux, pour un cœur maternel, que de pouvoir s'occuper de ses enfants ! La Sainte Vierge, mais elle est notre obligée, chaque fois que nous l'implorons. Sans nous, sans nos misères à guérir, sans nos supplications à écouter, que ferait-elle ? Que ferait-elle de sa puissance, de sa miséricorde et de ses grâces ? Alertée par les cris de l'humanité, c'est pour elle plus qu'une joie, plus qu'une béatitude, c'est un besoin de répondre à l'appel de tous les malheureux et désespérés.
Après la mort de Jésus, l'ancienne pécheresse de Magdala et la Vierge Immaculée s'étaient liées d'une étroite et très douce amitié. Or, une fois que Madeleine avait quelque peu tardé à rendre visite à Marie, celle-ci, en l'accueillant, lui dit, avec un accent de reproche : « Oh ! Comme vous avez tardé ! Je vous attendais, j'avais besoin de vous !» — « Comment ! Vous aviez besoin de moi ! Que, moi-même, j'aie besoin de vous, oui, certes ! Mais vous ! Vous !» — « Oui, mon enfant, j'avais besoin de vous, besoin de vous voir, besoin de vous éclairer, de vous consoler ; besoin de vous parler de Jésus. » La Vierge continue à avoir besoin de nous, besoin de nos misères... besoin de nos prières : ne les lui refusons pas.
La prière, pour être parfaite implique, du moins implicitement, dans son objet et comme condition, l'imitation de Notre-Dame. Que nous puissions lui demander toutes grâces, matérielles et spirituelles, temporelles et éternelles et recourir à elle à toute heure et en toutes circonstances : nous le savons, car sa sollicitude est universelle. Il n'en reste pas moins vrai que notre vraie et habituelle demande doit porter d'abord sur la vertu, la persévérance et le ciel. Ce qu'il nous faut, avant tout, solliciter de la Vierge, c'est de marcher sur ses traces, de reproduire en nous son innocence, son humilité, son obéissance, sa charité, sa chasteté, bref, sa sainteté. Tel mère, tel fils !
Et c'est alors, que notre prière d'enfant ira droit à son cœur maternel, que Notre-Dame se penchera sur nous avec plus d'amour et de bonté, et nous comblera plus abondamment de ses dons. Saint Alphonse dit que pour obtenir plus sûrement et avec plus d'étendue la faveur des saints, il faut les imiter, parce que nous voyant pratiquer les vertus dont ils ont donné l'exemple, ils sont plus disposés à prier pour nous.
A suivre
Extrait du volume de 1953. MAIS...PRIEZ DONC, par L. COLIN, C.SS.R
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