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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 00:19
Le miracle de l’arbre abattu devint aussi populaire que « le partage du manteau ». Cet arbre, dédié à quelque dryade gauloise, n’était pas un chêne ; c’était un pin, un gigantesque pin. Il se dressait sur la place du bourg à côté d’un vieux temple que les clercs de Martin (316 – 397) venaient d’abattre. Les habitants médusés, désarmés par le prestige de l’évêque, n’avaient fait que peu d’opposition à cet acte brutal et sacrilège à leurs yeux.
Mais quand Martin émit l’intention de porter la hache au pied de l’arbre, dans leur cœur ulcéré l’indignation agissante se réveilla. Tuer un arbre, c’est tuer bien plus qu’un symbole, qu’un monument, qu’une statue ; son bois est une chair, sa sève un sang ; on le voit chaque année grandir et pousser de nouvelles branches.
-          Nous défendrons notre arbre, clamaient les paysans.
-          Mais il n’y a rien de divin en lui, répondait-il, et votre forêt en est pleine…
Comme la discussion se prolongeait, le plus résolu des païens, qui se croyaient en outre le plus fin, lança ce défi à l’évêque :
-          Soit ! Nous le couperons nous-mêmes, mais à une condition : que tu restes dessous pour le recevoir. Tu nous dis toujours que ton Seigneur est avec toi ; tu ne risques donc rien, il retiendra l’arbre. Si tu refuses de tenter l’épreuve, c’est que tu n’as pas confiance en lui. Pourquoi veux-tu que en ayons plus que toi et que nous renoncions au nôtre ?
-          J’accepte, répondit Martin.
On le plaça debout, du côté où l’arbre penchait, afin qu’il fût écrasé dans sa chute. Du côté opposé, on attaqua le tronc, à coups de hache, à ras du sol. Un public nombreux s’était amassé, une multitude de païens et, perdus parmi eux, quelques chrétiens honteux ou lâches ; au fond du cœur, presque tous souhaitaient la revanche éclatante de leurs idoles sur le Dieu étranger. Les haches redoublent, les cordes tirant sur les branches pour diriger la chute du géant, on entendit un premier craquement, ligneux et sourd ; puis on vit le pin s’incliner, vaciller, fléchir sur sa base et porter tout le poids de son ombre et de ses rameaux au-dessus de l’homme en prière.
Ses compagnons, maintenus à l’écart, blêmes d’angoisse, attendaient le grand cri de l’arbre et l’écrasement de Martin ; ils avaient perdu tout espoir. Mais lui, leur évêque, leva la main, comme pour retenir l’énorme tronc d’arbre et opposa à la masse croulante le signe du salut. Or dans le même instant, le pin, subitement ramené en arrière, par l’effet d’une sorte de tourbillon, décrivit une courbe inverse et s’abattit au milieu des païens qui se croyaient en sûreté. Il semble que Martin leur donna le temps de s’enfuir ; comme sa foi avait rejeté l’arbre, sa charité daigna en ralentir l’effondrement. Ils avaient eu une fière peur, la punition était suffisante.
On imagine l’effet de cette coupe théâtrale. Stupéfaire et émerveillée, l’assemblée acclamait le Christ et son pontife, tendait le front à l’imposition des mains, se déclara chrétienne avant de l’être. De sorte que la région, presque totalement idolâtre, devint, en peu de temps, un des centres religieux les plus florissants du pays gaulois ; elle regorgeait déjà d’églises et de monastères au temps de Sulpice Sévère a consigné l’événement. Car, précise celui-ci, partout où Martin détruisait une chapelle, il édifiait une église ou un couvent.
Henri Ghéon – Saint-Martin, l’évêque des païens (1941)

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/05/13/saint-martin-destructeur-des-idoles-gauloises-vermoulues/comment-page-1/#comment-1338

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 00:17
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 01:36
Il n’est pas inutile de relater comment le problème commença à se poser en Métropole. En 1962, fuyant les massacres du FLN où avaient péri dans d’horribles supplices plus de 60 000 de leurs compagnons d’armes, 15 000 musulmans qui avaient servi sous le drapeau français (90 000 avec les familles) sont recueillis par l’armée, réunis dans des camps avant d’être dispersés dans différents départements. « Nous sommes Français, nous prenons la religion de la France », disent certains au général Faivre qui aide les survivants à s’installer à Dreux.
Mais le clergé de Dreux refuse de s’occuper des enfants, ne serait-ce qu’au patronage. Résultat : très peu sont devenus chrétiens. Pourquoi ce gâchis est-on tenté de dire ? L’expérience du Père Avril, qui fut au coeur de ce drame, nous le fera comprendre.
De retour d’Algérie qu’il a dû fuir en 1962, il s’est appliqué à l’évangélisation des musulmans français rapatriés, les Harkis. Sans doute est-il le premier en France à avoir cherché à le faire. En vain, explique-t-il dans son livre La XIIe Croisade, a-t-il cherché à intéresser à ce travail l’épiscopat français et le Vatican :
« Dans mon action en faveur de l’évangélisation des Harkis, j’ai reçu des encouragements chaleureux et substantiels de la part de tous, des plus humbles Français comme des officiels les plus haut placés. Mais de la part de la Hiérarchie, je n’ai subi qu’interdictions et condamnations. Et la majeure partie de mon temps, devrai-je l’utiliser à justifier les principes de mon action personnelle, mais surtout à essayer bien en vain de convaincre leurs Excellences et d’entraîner toute l’Église de France dans cette mission. J’agite la terrible alternative : ou bien évangéliser et par là intégrer, ou bien islamiser et par là désintégrer ».
Des motifs politiques, secondés par la théologie en vogue après le Concile, leur ont fait faire la sourde oreille.
Par deux fois, explique le Père Avril, la Providence a confié à la France la mission de l’évangélisation des masses islamisées. Chaque fois, elle a trahi et subi les conséquences de sa trahison.
La première fois en Afrique du Nord où, bien loin d’entreprendre l’évangélisation, elle l’a interdite, tout en favorisant l’islamisation. La deuxième fois sur son propre territoire, elle a manqué à ce qui était pour elle la grâce du siècle, se mettant en situation d’être réduite par ce qu’elle a refusé de réduire.
La hiérarchie catholique et le gouvernement français observaient le même statu quo. La position officielle, à l’école de Louis Massignon, peu à peu adoptée par les Pères Blancs et reçue à Rome même avant le Concile, était : enseigner uniquement la loi naturelle aux musulmans, et pour leur conversion, attendre pendant des siècles l’heure de Dieu. A cela, le Père Avril répond : vouloir demeurer dans le domaine naturel, c’est fermer la porte à Dieu, car, comme l’enseigne le Concile de Trente, l’homme ne peut se maintenir longtemps dans l’observance de la loi naturelle sans la grâce divine.
« Les Harkis sont en France, et Français. Islamisés par la France, ils étaient considérés comme musulmans, c’est-à-dire membres de la Communauté musulmane. En France et Français, ils sont libérés de cette contrainte, ils sont nouveaux, neufs. A nous de leur proposer la vérité et Celui qui est la Vérité, et de prier pour que Dieu et son Église leur donnent la foi. Comment procéder ? A Salérans, réaliser un groupe de berbères et d’arabes chrétiens, qui forment un village chrétien, qui alimenteront un séminaire spécialisé, et qui devront tout naturellement faire tâche d’huile ». Tel est en 1964 le plan du Père Avril pour qui il est urgent de « ramener les riverains de la Méditerranée à leur christianisme d’origine ».
Mais les évêques français refusent catégoriquement de s’occuper des Harkis car cela a une résonance politique. L’évêque de Digne précise au Père Avril qu’il ne faut évangéliser les Harkis sous aucun prétexte. Ils risquent d’apostasier s’ils retournent dans leur pays et les États musulmans pourraient user de représailles contre les minorités chrétiennes.
C’est l’époque du Concile qui prépare un document sur l’islam, il ne faut surtout pas risquer de faire des apostats et de déplaire aux musulmans… « Alors il n’y a rien à faire ? » Et l’évêque rencontré à Rome le 28 septembre 1964, alors que le matin même a été discuté le texte sur l’islam, de répondre : « Mais oui, il faut les aider à rester de bons musulmans, à pratiquer leurs fêtes, à ne pas devenir athées ».
Tandis qu’un « document confidentiel » destiné aux évêques leur fait une défense absolue d’évangéliser et de baptiser les Harkis, le Père Avril voit les premiers fruits de son apostolat : le 3 juillet 1965, il baptise quatre enfants avec l’acceptation ouverte et franche de leur famille.
A l’automne 1965, il est tout de même question de nommer le Père Avril « Aumônier national » des Harkis. Ce projet a l’agrément de Mgr Etchegaray, chargé de ces populations. Mais les évêques de France consultés répondent par la négative, quoique sensibles à la nécessité d’une solution. Au nom d’une recherche pastorale commune, en réalité en raison du refus de l’évangélisation et de la peur d’être accusé de faire de la politique en s’occupant des Harkis, les solutions sont toujours remises à plus tard. Et l’on refuse le baptême à des familles qui le réclament depuis des mois.
C’est par conséquent seul ou presque, avec des moyens fort limités et sans mission officielle, que le Père Avril a continué autant qu’il le pouvait son apostolat auprès de ces « Français musulmans » qui frappaient à la porte de l’Église que les responsables ecclésiastiques, enfermés dans leurs peurs et leurs préjugés, n’ont pas voulu ouvrir.
Le Père Avril a tout de même contribué à la conversion de 200 Harkis d’origine kabyle.
Trouvé sur Christ-roi.net
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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 01:13
Ce sont d’abord les hommes qui abusent de l’autorité, dans un ordre quelconque, pour entraîner leurs subordonnés dans le mal, soit par la violence, soit par la séduction. « Un jugement très dur  les attend.»
 Vrais Satan de la terre, c’est à eux que s’adresse, en la personne de leur père, la redoutable parole de l’Écriture ; « O Lucifer, comment es-tu tombé des hauteurs du ciel ? » 
Ce sont tous ceux qui abusent des dons de l’esprit pour détourner du service de DIEU les pauvres gens et pour leur arracher la foi. Ces corrupteurs publics sont les héritiers des pharisiens de l’Évangile, et ils tombent sous cet anathème du Fils de DIEU : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux. Vous-mêmes vous n’y entrez point, et vous empêchez les autres d’y entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous parcourez la terre et les mers pour faire un prosélyte et quand vous l’avez gagné, vous faites de lui un fils de l’enfer, deux fois pire que vous ».
– A cette catégorie appartiennent les publicistes impies, les professeurs d’athéisme et d’hérésie, et cette tourbe d’écrivains sans foi et sans conscience qui, chaque jour, mentent, calomnient, blasphèmentsciemment, et dont le démon, père du mensonge, se sert pour perdre les âmes et insulter JESUS-CHRIST.
Ce sont les orgueilleux, qui, pleins d’eux-mêmes, méprisent les autres et leur jettent impitoyablement la pierre. Hommes durs et sans coeur, ils trouveront, s’ils ne se convertissent au moment de leur mort, un Juge impitoyable, lui aussi.
Ce sont les égoïstes, les mauvais riches, qui, noyés dans les recherches du luxe et de la sensualité, ne pensent qu’à eux-mêmes, et oublient les pauvres. Témoin le mauvais riche de l’Évangile, duquel DIEU lui-même a dit : « Il fut enseveli dans l’enfer ».
Ce sont les avares, qui ne songent qu’à amasser des écus, qui oublient JESUS-CHRIST et l’éternité. Ce sont ces hommes d’argent qui, au moyen d’affaires plus que douteuses, au moyen d’injustices accumulées sourdement et de commerces malhonnêtes, au moyen d’achats de biens d’Église, font ou ont fait leur fortune, grande ou petite, sur des bases que réprouve la loi de DIEU. Il est écrit d’eux « qu’ils ne posséderont point le royaume des cieux ».
Ce sont les voluptueux, qui vivent tranquillement, sans remords, dans leurs habitudes impudiques, qui s’abandonnent à toutes leurs passions, n’ont d’autre Dieu que leur ventre, et finissent par ne plus connaître d’autre bonheur que les jouissances animales et les grossiers plaisirs des sens.
Ce sont les âmes mondaines, frivoles, qui ne pensent qu’à s’amuser, qu’à passer follement le temps, les gens honnêtes selon le monde, qui oublient la prière, le service de DIEU, les sacrements du salut. Ils n’ont aucun souci de la vie chrétienne ; ils ne pensent point à leur âme ; ils vivent en état de péché mortel, et la lampe de leur conscience est éteinte, sans qu’ils s’en inquiètent. Si le Seigneur vient à l’improviste, comme il l’a prédit, ils entendront la terrible réponse qu’il adresse, dans l’Évangile, aux vierges folles : « Je ne vous connais point ». Malheur à l’homme qui n’est point revêtu de la robe nuptiale ! Le souverain Juge ordonnera à ses Anges de saisir, au moment de la mort, « le serviteur inutile », pour le faire jeter, pieds et poings liés, dans l’abîme des ténèbres extérieures, c’est-à-dire dans l’enfer !
Ceux qui vont en enfer, ce sont les consciences faussées et retorses, qui foulent aux pieds, par de mauvaises confessions et des communions sacrilèges, le Corps et le Sang du Seigneur, « mangeant ainsi et buvant leur propre condamnation », selon la terrible parole de saint Paul. Ce sont les gens qui, abusant des grâces de DIEU, trouvent moyen d’être mauvais dans les milieux les plus sanctifiants ; ce sont les coeurs haineux, qui refusent de pardonner.
Ce sont enfin les sectaires de la Franc-maçonnerie et les victimes insensées des sociétés secrètes, qui se vouent, pour ainsi dire, au démon en faisant le serment de vivre et de mourir en dehors de l’Église, sans sacrements, sans JESUS-CHRIST et, par conséquent, contre JESUS-CHRIST.
Je ne dis pas que tous ces pauvres gens-là iront certainement en enfer : je dis qu’ils y vont, c’est-à-dire qu’ils en prennent le chemin. Heureusement pour eux, ils n’y sont point encore arrivés, et j’espère qu’avant la fin du voyage, ils aimeront mieux se convertir humblement que de brûler éternellement.
Hélas ! Le chemin qui conduit à l’enfer est si large, si commode ! Il va toujours en descendant, et il suffit de se laisser aller. Notre Sauveur nous dit en toutes lettres : « La voie qui mène à la perdition est large, et il y en a beaucoup qui s’y engagent ! »
Examinez-vous, lecteur mon ami ; et si, par malheur, vous avez besoin de rebrousser chemin, de grâce, n’hésitez pas, et sortez bravement de la voie de l’enfer tandis qu’il en est temps encore.
Mgr de Ségur – L’Enfer ? (1876)

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/01/09/quels-sont-ceux-qui-prennent-le-chemin-de-lenfer/

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 00:59
Question : Hors l’Église point de salut ! Quelle intolérance ! Je ne puis admettre une règle aussi cruelle.
Réponse : Voilà ce que vous ne pouvez pas admettre dans le sens où vous l’entendez, savoir : quiconque n’est pas catholique est damné. Mais voilà aussi comment on critique la Religion parce qu’on ne la comprend pas, et comment on lui fait dire des choses qui lui font horreur.
Cette parole, en effet, entendue comme l’Église l’enseigne, est la plus simple des vérités, une vérité de bon sens. « Hors l’Église, pas de salut, » c’est dire : Hors la lumière, les ténèbres ; hors le blanc, le noir ; hors le bien, le mal ; hors la vie, la mort ; hors la vérité, l’erreur, etc.
Où est donc le mystère de tout cela ? Où est donc la difficulté ?
« Hors l’Église, pas de salut,» signifie tout bonnement « qu’on est obligé, sous peine de péché grave, de croire et de pratiquer la vraie religion (qui est la religion catholique) lorsqu’on est à même de le faire. »
Cela signifie que « vous péchez, et que par conséquent vous perdez votre âme, si vous rejetez volontairement la vérité, quand elle se montre à vous. » Y a-t-il là quelque chose d’extraordinaire ? Y a-t-il de quoi crier à l’intolérance, à la cruauté ?
Un protestant, un schismatique, n’est pas damné par cela seul qu’il est protestant ou schismatique. S’il est de bonne foi dans son erreur, c’est-à-dire s’il n’a pas pu, pour une raison ou pour une autre, connaître et embrasser la foi catholique, il est considéré par l’Église comme faisant partie de ses enfants : et, s’il a vécu selon ce qu’il a cru être la vraie loi de DIEU, il a droit au bonheur du ciel, comme s’il eût été catholique.
Il y a, DIEU merci ! Un grand nombre de protestants dans cette bonne foi, et, même parmi leurs ministres, il s’en rencontre parfois. M. de Cheverus, Évêque de Boston, en a converti deux, très savants et très pieux ; et, après leur retour à l’Église catholique, ils déclaraient au bon Évêque que, jusqu’à l’époque où ils l’avaient connu, ils n’avaient jamais eu de doutes sur la vérité de leur religion.
Ne nous inquiétons pas, du reste, du jugement que DIEU fera des protestants ou des incrédules. Nous savons d’une part, que DIEU est bon, qu’il veut le salut de tous, et, d’autre part, qu’il est la Justice même. Servons-le de notre mieux, et ne nous inquiétons pas des autres.
Mgr de Ségur Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion (1850)

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/05/11/hors-de-leglise-point-de-salut/

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 00:57

D.H.P. est formellement infaillible ; son contenu doctrinal est formellement hérétique. Ce sont pourtant ces faits, ecclésiaux authentiques et incontournables, qui nous montrent la Crise de l’Église. C'est-à-dire, que nous montre le Saint-Esprit. Précisément parce que Paul VI était pape ; parce que l'acte posé était doté de l'infaillibilité ; parce que l'hérésie y contenue est formelle. En posant cet acte ecclésial par la main inconsciente et utopique du pape Paul VI (... et on ne saurait lui faire porter le chapeau de la Crise de l'Église sans le faire porter en même temps à tous les papes depuis Pie VII...), le Saint-Esprit a voulu nous montrer que, pour l'Église, l'heure était venue, dans les insondables Décrets divins, où elle devait être "faite péché pour notre salut" (saint Paul) comme le Christ le fut sur la croix, sans cesser d'être PARFAITEMENT SAINTE.

 

C'est cela la signification ultime de la Crise de l'Église, ce que veut dire le Christ à l'oreille de notre âme par ces événements ecclésiaux certes humainement renversants et même scandaleux295.

 

Il est inutile de s'échiner à esquiver à tout prix, l'un ou l'autre de ces trois lieux théo­logiques de l'acte D.H.P. que nous venons d'énoncer, comme hélas les chefs de file traditionalistes dans leur ensemble nous en ont très mal édifiés : c'est fuir la Vérité, c'est lutter contre Dieu (et non pas à la sainte manière de Jacob luttant contre l'Ange), c'est fuir Jésus-Christ Nôtre-Sauveur comme saint Pierre l'avait fait lors de la Passion du Christ et comme il s'apprêtait encore à le faire, l'incorrigible, quelque trente ans après (fuyant la Rome persécutrice des chrétiens, l'an 64, il vit, dans une apparition, le Christ qui prenait la direction opposée à la sienne ; et de l'interpeller : "Où allez-vous, Seigneur ?" — "Je vais à Rome pour y être crucifié de nouveau", lui répondit-Il ; saint Pierre com­prit cette fois-ci, et rebroussa chemin...).

 

Ce qui est demandé aux catholiques de notre temps, ou aux âmes de bonne volonté qui se trouvent dans l'église officielle (... ou, pourquoi pas, même à celles qui ne s'y trouvent pas, du moment qu'elles comprennent par une motion du Saint-Esprit ce devoir de sainte crucifixion qui est celui réservé à notre Temps de la Fin pour toute âme), c'est de ne pas prendre le chemin historique opposé à celui eschatologique emprunté par Nôtre Seigneur : car, quand on s'oppose à Dieu, on trouve immanquablement Satan, tôt ou tard."Maudit est celui qui est pendu au bois [crucifié]"296 : cela s'applique excellemment au Christ pendant sa Passion, et à l'Église depuis le 7 décembre 1965 (et pareillement, à l'Institution divine politique, la France Très Chrétienne, depuis la décapitation de Louis XVI, le 21 janvier 1793).

 

L'Église ne peut pas pécher, étant immaculée comme la très sainte Vierge qui en est d'ailleurs la plus touchante figure.

 

Et cependant, la réalité des faits montre un ex­térieur de péché bien réel, non illusoire, pas du tout fantomatique ! Cependant, si l'on veut rester catholique, il faut préférer la réalité (objective) au raisonnement théologi­que, selon le principe scolastique bien connu : "Contra factum, non argumentum" (contre les faits, on n'argumente pas).

 

Et ceci, précisément, pour comprendre VRAIMENT ce qui se passe. Il faut donc s'entretenir de la réalité du péché matériel dont on voit l'Église recouverte, comprendre qu'elle signifie pour l'âme catholique non plus une Foi ordinaire mais héroïque, et la préférer à tout raisonnement intellectuel qui voudrait commencer par ne pas la voir.

 

C'est là qu'on a failli, généralement, chez les traditionalistes, jus­qu'à présent. Cela se comprend d'ailleurs assez bien parce que, la chose humainement considérée, c'est totalement incompréhensible, c'est éminemment scandaleux, abomi­nablement anéantissant. Tous les pharisiens du monde entier, réunis en magistère or­dinaire et universel évidemment... infaillible ! , vous diront en effet qu'il n'y a aucune différence entre l'apparence du péché formel (c'est-à-dire : péché seulement matériel) et le péché formel.

 

C'est chez eux un dogme révélé depuis, à vrai dire, leur premier père, Satan, que la sainte Écriture appelle aussi le Grand Accusateur, l'Homicide, ce Satan réprouvé qui fut l'inspirateur maudit des faux amis du saint homme Job, dont, remar­quez-le bien, tous les discours cruels et injustes avaient pour seul et unique but de vou­loir convaincre cette figure du Juste persécuté qu'il avait péché puisqu'il était sous la malé­diction du péché, qu'il en était extérieurement revêtu (en fait, c'est drôlement impres­sionnant, le Saint-Esprit a rédigé tout un Livre biblique pour bien nous enseigner sur la terrible question morale qui regarde très précisément notre Crise de l'Eglise II).

 

Et c'est bien là qu'est le nœud de la question ! Un péché matériellement commis n'est pas toujours un péché réel, cela peut même être... le summum de la perfection, quand on y est invinciblement contraint contre son propre bon vouloir.

 

Ce qui, bien sûr, est éminemment le cas pour le Christ et pour l'Église (... et pour tout chrétien qui tâche, malgré son imperfection, de rentrer dans le Plan divin...), car c'est justement le moyen employé par la Providence divine pour mener l'Église à sa perfection ultime d'Amour.

 

Yahweh, d'ailleurs, a déjà tranché notre cause en rendant publiquement bonne justice à Job contre ses faux amis : oui, dit-Il en finale de ce Livre biblique si poi­gnant, que Job en soit loué, béni et glorifié à jamais, cette plus haute figure prophétique du Christ de la Passion avait bien raison de leur soutenir que, quoique soumis à l'appa­rence du pécheur, il n'avait point péché...

 

A fortiori en sera-t-il de même pour l'Église ; nous avons, nous catholiques, l'absolue certitude qu'à son Heure, Dieu lui rendra aussi bonne justice, au-delà même de la mesure bien tassée dont parle l'Évangile : bien que soumise au péché matériel de D.H.P., elle n'en est pas moins restée toujours absolu­ment SAINTE, pure de tout péché réel, le plus petit soit-il. Et cela sera glorieusement montré à la face du monde, pour la confusion éternelle de Satan et des impies impéni­tents. La vie de Job contient même une très belle prophétie pour l'Église : après son épreuve, il lui fut non seulement redonné ce qu'il avait perdu, mais "le double"297,  ce qui signifie que la Restauration de l'Église qu'on attend ne sera pas comme celles qu'on a déjà vues dans l'Histoire, imparfaite, toute relative, mais elle sera au contraire ordonnée à l'Eschatologie, absolue, parfaite ! La Restauration sera doublée, comme incluant la Création inférieure, le corps humain, et non plus seulement l'Église, l'âme !... Ce sera le Millenium...

 

Marana Tha !, comme disaient les premiers chrétiens en se saluant (cela signifie non seulement : reviens, Seigneur Jésus,mais c'est en même temps une formule d'ex­communication, d'exécration et d'exorcisme du monde maudit qui nous entoure, qu'on trouve d'ailleurs dans certains conciles œcuméniques orientaux ; Crampon en donne la signification suivante : "Nôtre-Seigneur vient pour le jugement"298).

 

Tout le reste, comme le vous le voyez, est du vent.

Oui, vraiment du vent.    Rien que du vent.

 

 

295 Le lecteur comprendra aisément que ce qui est exposé ici n'est pas le fruit d'une réflexion passagère mais au contraire, l'aboutissement synthétique d'une longue et presque torturante méditation qui m'a a été comme invinciblement imposée par le Bon Dieu depuis surtout les années 1980 (beaucoup plus que poursuivie par un libre choix), méditation ramenée sans cesse devant mes yeux, je peux bien dire sans exagération pratique­ment tous les jours (car moi aussi, pécheur indigne, j'ai bien cherché à fuir la Passion de l'Église à toutes jambes, mais cela m'a été tout à fait interdit, invinciblement interdit, mon être tout entier y étant plongé, corps, esprit, cœur et âme, sans qu'aucune permission ne m'eût été préalablement demandée, on est instam­ment prié de le croire ; en particulier, ô terrible Nuit de Pâques 1975, comme je me souviendrai de toi toute ma vie...!, comme tu me fus mortelle et épouvantablement ténébreuse au moment même où l'Épouse du Christ fêtait la... RÉSURRECTION DU CHRIST !).

 

On demande donc au lecteur de ne pas rejeter ces présentes lignes avant au moins une réflexion soutenue, d'ailleurs beaucoup moins intellectuelle que mystique, spiri­tuelle. Je ne révèle pas cela pour me glorifier, Dieu m'en garde à l'heure de la Passion, mais seulement pour que l'absence d'autorité cléricale qui est mienne ne soit pas préjudiciable à ce que je dis. Pour paraphraser saint Paul, je peux bien écrire :

 

 "Ils se disent théologiens, eh bien, je vais parler en fou, moi aussi je le suis, et plus qu'eux encore"...! Ils disent que "l'exposé qui va suivre est un résumé très simplifié d'un gros travail entrepris depuis dix ans" (abbé Marcille, Eglise & contre-Église, p. 256), eh bien, moi aussi, j'ai réfléchi comme un ascète à qui il est interdit de bouger du problème, cloué sur la Croix de l'Église pour ainsi dire par vocation, et apparemment j'ai réfléchi spirituellement, théologiquement, beaucoup plus qu'eux tous réunis (je parle évidemment en insensé), n'ayant d'ailleurs, je m'empresse de le dire, pas spécialement de mérite à cela puisque le Christ m'y poussait invinciblement et avait tout ordonné dans ma vie pour qu'il en soit ainsi...!

 

296 Deut. XXI, 23, bien rappelé par saint Paul dans Gai. III, 13. Autrement dit, les Deux Testaments, l'An­cien et le Nouveau, sont unanimes à professer cette terrible loi que celui qui est crucifié est maudit de Dieu ; ce qui, à propos du Christ crucifié, signifie très précisément qu'"Il est fait péché pour notre salut",comme l'explicite bien le même saint Paul dans II Cor. V, 21, et comme il ne manque pas de le rappeler dans Gal. III, 13 : "Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en se faisant malédiction pour nous, car il est écrit : «Maudit quiconque est pendu au bois»". C'est la "si grande contradiction" à laquelle est soumise le Christ crucifié dont il parle dans Héb. XII, 3-4 (notez bien qu'il ne dit pas "contradiction", ni même "grande contradiction", mais "si grande contradiction" pour bien souligner que le Christ, le Saint des saints, est fait matière du péché pour la Rédemption, ce qui effectivement est le summum de la contradiction, l'extrême indé­passable). Tout se recoupe bien dans la Parole de Dieu, pour celui qui accepte de passer humblement sous les fourches caudines du Saint-Esprit...

 

297 Job XLII, 10.

 

298 Glose de I Cor., XVI, 22, dans la Bible Crampon 1923. Et non "Maran Atha", comme on l'écrit parfois, qui signifie : "Le Seigneur est venu ".

 

 

A suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 02:45
« Voyez comme c’est singulier, dit alors l’abbé d’un ton de plus en plus grave. Vous savez tout ce qui se passera jusque-là, et- vous ne savez pas ce qu’il y aura après. Eh bien, moi je le sais ; et je vais vous le dire. Après, Monsieur, après, vous mourrez. Après votre mort, vous paraîtrez devant DIEU, et vous serez jugé. Et si vous continuez à faire comme vous faites, vous serez damné ; vous irez brûler éternellement en enfer. Voilà ce qui se passera après ! »
Et comme le jeune étourdi, ennuyé de cette fin, paraissait vouloir s’esquiver : « Un instant, Monsieur ! Ajouta l’abbé. J’ai encore un mot à vous dire. Vous avez de l’honneur, n’est-il pas vrai ? Eh bien, moi aussi j’en ai. Vous venez de me manquer gravement ; et vous me devez une réparation. Je vous la demande, et je l’exige, au nom de l’honneur. Elle sera d’ailleurs très simple. Vous allez me donner votre parole que, pendant huit jours, chaque soir avant de vous coucher, vous vous mettrez à genoux, et vous direz tout haut : « Un jour, je mourrai ; mais je m’en moque. Après mon jugement, je serai damné ; mais je m’en moque. J’irai brûler éternellement en enfer ; mais je m’en moque. » Voilà tout. Mais vous allez me donner votre parole d’honneur de n’y pas manquer, n’est-ce pas ?
De plus en plus ennuyé, voulant à tout prix sortir de ce faux pas, le sous-lieutenant avait tout promis, et le bon abbé l’avait congédié avec bonté, ajoutant : « Je n’ai pas besoin, mon cher ami, de vous dire que je vous pardonne de tout mon coeur. Si jamais vous aviez besoin de moi, vous me trouveriez toujours ici, à mon poste. Seulement n’oubliez pas la parole donnée. » Là-dessus, ils s’étaient quittés, comme nous l’avons vu.
Le jeune officier dîna tout seul. Il était manifestement vexé. Le soir, au moment de se coucher, il hésita un peu; mais sa parole était donnée ; et il s’exécuta. 
« Je mourrai ; je serai jugé ; j’irai peut-être en enfer…. » Il n’eut pas le courage d’ajouter : « Je m’en moque. »
Quelques jours se passèrent ainsi. Sa « pénitence » lui revenait sans cesse à l’esprit, et semblait lui tinter aux oreilles. Au fond, comme les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des jeunes gens, il était plus étourdi que mauvais. La huitaine ne s’était pas écoulée, qu’il retournait, seul cette fois, à l’église de l’Assomption, se confessait pour tout de bon, et sortait du confessionnal le visage tout baigné de larmes et la joie dans le cœur.
Il est resté depuis, m’a-t-on assuré, un digne et fervent chrétien.
C’est la pensée sérieuse de l’enfer qui, avec la grâce de DIEU, avait opéré la métamorphose.Or, ce qu’elle a fait sur l’esprit de ce jeune officier, pourquoi ne le ferait-elle pas sur le vôtre, ami lecteur ? Il y faut donc réfléchir une bonne fois.
Il y faut réfléchir ; c’est une question personnelle, s’il en fût, et, avouez-le, profondément redoutable. Elle se dresse devant chacun de nous ; et bon gré mal gré, il y faut une solution positive.
Mgr de Ségur – L’enfer ? (1876)


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