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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 19:43

 

Ainsi disent d'ailleurs la plupart : « J'ai menti, j'ai manqué à la charité, j'ai été paresseux, j'ai été vaniteux, etc. » Cette forme est plus correcte, mais l'accusation n'est guère meilleure, j'entends : guère plus profitable à votre âme, guère plus susceptible de vous attirer des conseils utiles de la part de votre confesseur ? Pourquoi ? Parce qu'elle est incolore. Elle ne vous a demandé aucune réflexion particulière, aucun effort de mise au point. Elle n'apporte au confesseur aucun « signale­ment particulier » qui lui permette de voir en quoi votre âme diffère de celle qu'il a eue à juger et à conseiller avant la vôtre. Sur dix pénitents qui se succèdent, neuf au moins pourraient présenter la même liste – et, de fait, hélas ! La présentent... Pourquoi (à moins qu'il vous connaisse par ailleurs) voulez-vous que votre confesseur vous donne exactement les conseils dont vous avez besoin, vous et non pas un autre ? Votre cas particulier ne lui est pas révélé par cette accusation ; elle ne lui offre aucune prise. Il faudrait qu'il fût merveilleusement psychologue et intuitif pour deviner, à travers ce rapide défilé de fautes « standards », à travers cette grille où il ne voit même pas votre visage, les mots qu'il doit dire pour vous atteindre et vous inciter à l'effort que vous, personnellement, devriez entreprendre ! On ne peut demander à tous les confesseurs d'être des Curés d’Ars. Normalement, il ne vous rendra que ce que vous lui aurez apporté.

 

Si, par surcroît, le pénitent se lance, comme cela arrive, dans une énumération qu'il veut faire exhaustive, s'il prétend tout dire et débite à peu près tous les péchés véniels qui se peuvent commettre (qu'il a sans doute commis, en fait), de telle sorte que cette énumération, faite à un rythme accéléré, dure parfois plusieurs minutes, voilà le confesseur complètement noyé – « Qu'y a-t-il de caractéristique dans tout cela ? » se demande-t-il en vain ? Et, ne trouvant rien, il se contente d'une exhortation générale qui vous sert peu. À qui la faute ?

 

Alors, comment s'accuser ?

 

Soulignons tout d'abord que le péché véniel est matière libre de confession. On n'est pas tenu de l'accuser. Un acte de contrition bien fait, un acte vrai d'amour de Dieu, l'usage d'un sacramental avec foi et humilité suffisent à en obtenir le pardon. Une confession qui ne comporte que des péchés véniels est donc, non une démarche nécessaire au salut, mais un moyen de sanctification. C'est un recours au sacrement, c'est-à-dire au sang purificateur de Jésus, par lequel nous sommes assainis et fortifiés ; c'est aussi, secondairement, un exercice d'humilité fondée sur la connaissance de soi et l'aveu de ce qui gêne le progrès spirituel. Parmi les péchés véniels commis, on sera donc libre de choisir ceux qu'on veut accuser.

 

Est-ce à dire qu’on va choisir les plus anodins, en reléguant dans l'oubli ceux qui gênent ? Non ! Ce sera exactement le contraire. Un examen de conscience bien fait tendra à faire émerger de la foule des fautes quotidiennes celles qui, du fait de leur fréquence ou du fait de leur malice, sont les plus dangereuses pour la vitalité de l'âme. La physionomie propre de mon âme pécheresse n’est pas plus semblable à celle d'une autre âme que mon visage n'est semblable à un autre visage ; en gros, nous commettons à peu près les mêmes fautes, de même que nous avons tous un nez, une bouche, des oreilles… ; mais l'importance, pour moi, de telle faute, la place qu'elle tient dans ma vie spirituelle, son voisinage avec d'autres fautes de la même famille, voilà ce qui compose mon visage de pécheur. Voilà donc ce qu'un examen de conscience intelligent tendra à mettre en valeur. Inutile d'accumuler une multitude de péchés : cinq ou six, bien choisis, suffiront à se voir et à se montrer tel qu'on est sous le regard de Dieu.

Mais ces péchés (et cette remarque est sans doute la plus pratique de toutes), il s'agira de les faire émerger avec la couleur propre que nous leur avons donnée. – « J'ai menti... » : Cela ne signifie rien... Omnis homo mendax, dit le Psaume ; tout homme est menteur. De quelle manière ai-je menti ? À qui ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? « J'ai menti à une amie malade qui comptait sur ma visite, parce que cela m'ennuyait daller la voir » : qui ne voit que cela constitue un mensonge d'une qualité spéciale ? « J'ai menti dans un salon en m'attribuant des relations que je n'avais pas ; j'ai menti à mes chefs pour obtenir un congé auquel je n'avais pas droit ; j'ai trompé un client sur la qualité de mon travail afin de pouvoir le lui compter plus cher... » : Autant de mensonges différents dont l'accusation « j'ai menti » n'aurait donné aucune idée. – « Manquer à la charité » : le péché le plus courant. Pourquoi employer cette expression qui n'a aucune couleur ? Dites plutôt : « J'ai dit une parole blessante à quelqu'un que je n'aime pas, avec l’intention de lui faire de la peine » ou « j'ai témoigné du mépris à un camarade peu intelligent » ; ou « j'ai refusé un secours que j'aurais pu donner à un dans le besoin » ; ou « je me suis moqué d'un infirme »... – Il y a cent façons d'être vaniteux. Quelle est la vôtre ? Est-ce de passer un temps exagéré à votre toilette ? Est-ce de vous regarder dans la glace à tout propos ? Est-ce de faire la roue dans les groupes où vous vous trouvez, en essayant de capter toute l'attention par votre brillante conversation ? – Et votre paresse, comment se manifeste-t-elle ? Par votre obstination à rester au lit quand l'heure est venue de vous lever ? Par votre négligence au devoir d'état, bâclé, a moitié fini ? Par votre nonchalance dans l'attitude ou un amour exagéré des fauteuils ?

 

On comprend par ces quelques exemples (qu'il serait aisé de multiplier) ce que nous voulons dire quand nous disons : accusez des actes précis, déterminez les circonstances dans lesquelles vous les avez commis, cherchez les mots les plus capables d'exprimer votre faute telle qu'elle a été dans le réel, en tant qu'elle fut votre faute à vous et non celle de n'importe qui. Ce sera tout profit pour vous. D'abord parce que cela vous obligera à vous voir tel que vous êtes ; ensuite parce que ce vous sera une salutaire humiliation (il est plus humiliant de dire : « J'ai passé chaque jour une demi-heure à me farder » que de dire : « J'ai été vaniteuse »...) ; enfin parce que, d’après ces données précises, votre confesseur pourra voir l'état de votre âme et en tirer des conseils appropriés.

 

Vous n'êtes pas invité pour autant au bavardage. S'accuser avec précision n'est pas « raconter des histoires ». La confession ne doit pas être noyée dans un flux de récits, d’explications, de digressions, où le pénitent perd de vue qu'il s'accuse et où le confesseur ne saisit plus ce que vous avouez être péché. Parfois on entend cette prétendue confession, se transformer en apologie, tout au moins en plaidoyer ; parfois en appréciations sur le compte d'autrui ; parfois en lamentations sur le malheur des temps... Que vous ayez besoin de décharger un cœur trop lourd et de recevoir quelques consolations, ou que vous désiriez certains éclaircissements pour la conduite à tenir, rien de plus légitime. Mais séparez donc nettement les deux ordres de propos : faites votre confession proprement dite en vous en tenant strictement aux fautes ; puis avertissez le confesseur que vous avez quelque chose d'autre à lui dire.

 

III

 

Ainsi ne risquera-t-on pas d'oublier, comme nous l'avons déjà noté en passant plusieurs fois, que, dans le sacrement de pénitence, la primauté de valeur revient à la purification par le sang du Christ, non à l'exhortation du confesseur. Et que cette purification est obtenue par le regret. Cette vérité engendre une conséquence pour la manière dont vous devez apporter vos fautes au tribunal de la pénitence : à savoir qu'il ne s'agit pas d'énumérer ses péchés, mais de les avouer.

 

Pourtant, tout prêtre qui confesse est frappé chaque jour par l'espèce d'indifférence, au moins apparente, avec laquelle nombre de pénitents énoncent leurs fautes. Ils font une énumération, ils dressent une liste : qu'elle soit bien au point, il semble qu'ils ont accompli tout ce que l’Église attend d'eux. Il n'y a plus qu'à recevoir l'absolution et à s'en aller, libérés désormais. La formalité est accomplie.

 

Or, il n'en est rien. Rien n'est « formalité » dans le domaine des actes religieux, pas plus la messe, dont il ne s'agit pas de « s'acquitter », mais à laquelle il faut participer, que la confession, qui est essentiellement rétractation, reniement du mal qu'on a commis, pour obtenir le pardon. Affaire d'amour, affaire de cœur (c'est-à-dire de volonté). On vient reconnaître qu’on a mal fait, qu'on a manqué à l'amour qu'on devait à Dieu en refusant d'accomplir l'une ou l'autre de ses volontés (volonté que nous soyons loyaux, ou justes, ou purs, ou aimants, etc.). Cela doit se traduire dans la manière dont on dit ses péchés. Confiteor..., dit la formule qu'il est recommandé de dire avant l'accusation : « Je confesse », je reconnais, j'avoue – c'est ma faute, je suis coupable, je me frappe la poitrine. Il faut que votre accusation soit dans la ligne de cette formule. Il ne s'agit pas de « constater » que vous avez été mauvais et de porter cette constatation à la connaissance du prêtre ; il s’agit d'exprimer un regret d'avoir été mauvais.

 

Il sera donc bon (et ce sera facile si on n'accuse qu'un nombre restreint de péchés) de répéter à propos de chaque faute : « Je m'accuse de… » Cela empêchera, pourvu qu’on y mette son cœur, de tomber dans la sécheresse indifférente de celui qui se contente de raconter ses fautes, au lieu de les avouer.

 

Convient-il d'accuser des péchés de la vie passée déjà pardonnés dans des confessions antérieures ?

 

Comme exercice d'humilité, il peut être bon, si cela n'apporte aucun trouble à la conscience, de se reconnaître coupable une fois de plus d'un péché ancien déjà absous. Et non seulement comme exercice d'humilité, mais parce que le sacrement portera sa grâce d'assainissement d'une manière spéciale sur le foyer d'infection d’où est sorti jadis ce péché et qui peut-être n'est pas entièrement nettoyé.

 

Aux mêmes titres, il peut être bon, en certaines circonstances graves de la vie (avant le mariage, l’entrée en religion, pendant une retraite, etc.) de faire ce qu'on appelle une « confession générale » portant, soit sur une année, soit sur une période plus longue. Mais à une condition : que ce ne soit pas en vertu d'une convention, mais d'un besoin ; qu'on s'y sente poussé par une nécessité intérieure, non par l'argument : « Cela se fait. » (Et cette remarque vaut surtout pour les confessions de retraites.)

 

Pourtant il y a des personnes qui devront s'abstenir de tout retour sur la vie passée : les scrupuleux. Les scrupuleux sont des malades, et leur maladie consiste précisément dans une inquiétude qui les rend incapables de juger s'ils ont fait ou non, s'ils ont bien fait ou mal fait telle ou telle action. Ils voudraient « être sûrs », et plus ils cherchent cette certitude, plus elle les fuit. Au confessionnal Ils veulent être sûrs d'avoir bien tout dit ou d'avoir bien eu une vraie contrition ; et n'étant jamais sûrs, ils répètent indéfiniment. Épuisante recherche, qui augmente leur maladie en prétendant l'apaiser. Un seul moyen leur reste de se guérir – obéir sans discuter au confesseur, qui leur donnera l'ordre de fermer les yeux d'une manière absolue sur tout passé proche ou lointain.

 

IV

 

Une forme d'inquiétude que ne connaissent pas seulement les scrupuleux mais les sincères, et qui porte sur la qualité de la contrition, s’exprime souvent ainsi : à quoi bon accuser tel péché ? Je n'en ai sûrement pas le regret puisque je sais que j'y retomberai.

 

Nous sommes là sur le chapitre du ferme propos.

Distinguons soigneusement : « prévoir qu'on retombera » et « vouloir retomber ».

Assurément, le pénitent qui veut retomber, qui est décidé, à la première occasion, à renouveler sa faute, n'est pas un « pénitent ». Il n'a aucune contrition. Il abuse du sacrement et se fait illusion sur Efficacité de l'absolution qui ne peut effacer un péché sans qu'il soit désavoué par son auteur. Mais ce n'est pas, Dieu merci ! Le cas habituel. La plupart ont simplement un sentiment aigu de leur fai­blesse, sentiment justifié par la malheureuse expérience des rechutes, Ils croient savoir que leur bonne intention, mise à l'épreuve une fois de plus, ne sera pas plus efficace à l'avenir qu'elle ne le fut dans le passé. Et ils concluent : je n'ai pas la contrition... C'est une erreur. Dans le fond, ils appellent « mal » le mal qu'ils ont fait ; ils voudraient bien ne pas l'avoir fait et être capables de ne jamais y retomber. Mais c'est cela, la contrition ! Dieu ne nous demande pas, pour nous pardonner, que nous soyons sûrs de ne pas retomber ! (Cette certitude ressemblerait fort à la présomption.) Il nous demande d'avoir l'intention de faire ce qui est en nous, avec l'appui promis de sa grâce, pour éviter le péché à nouveau. Cette intention est-elle en nous ? Alors nous n'avons pas à redouter l'hypocrisie et l'insincérité. Nos sombres pronostics ne la modifient pas. D'autant qu'ils reposent sur une défiance blâmable à l'égard de la grâce du sacrement. Si le sacrement de pénitence est un moyen de progrès, ce n'est pas tellement par l'effort psychologique qu'il demande de nous : c'est parce qu'il applique à notre âme malade le sang expiatoire et méritoire de Jésus-Christ qui est son remède. Non seulement Jésus nous accorde le pardon qu'il a obtenu à notre bénéfice par sa Passion, mais il nous donne des grâces d'assainissement et de force pour les luttes nouvelles à soutenir ; et précisément sur le plan des péchés que nous avons soumis à l'absolution. C'est en ces grâces qu'il faut mettre notre confiance, non dans les problématiques capacités de résistance de notre bonne volonté.

 

Ne vous inquiétez donc pas de « demain ». La grâce de demain suffira à demain, pourvu que vous restiez en confiance et en prière. Aujourd'hui, vous avez la grâce d'aujourd'hui, une grâce de contrition. Vouloir porter en imagination la tentation de demain, c'est vouloir porter un fardeau pour lequel vous n'êtes pas aidés : rien d'étonnant qu'il vous paraisse trop lourd et par avance écrasant.

 

Dire ainsi n'est d'ailleurs pas inviter à l'insouciance. L'accusation doit se compléter par une résolution. Une résolution dont on confiera l'exécution au secours divin, mais que la volonté travaillera à tenir. Pour qu'elle soit efficace, il la faut prendre précise, portant sur tel péché à éviter, non sur l'ensemble des fautes accusées ni même habituellement sur plusieurs. Mieux encore : on s'attachera à prévoir, d'après l'expérience du passé, les circonstances qui pourraient nous amener à la chute, les « occasions » au milieu desquelles, si nous nous y plaçons, nous risquons d'être entraînés à retomber. Et on fera porter la résolution sur ces occasions à éviter.

 

Nous savons que telle compagnie nous entraîne à la médisance, que telles lectures nous orientent vers l'impureté, que tel tiroir ouvert réveille des rancunes mal endormies, que tel genre de conversation excite notre bile : la résolution sera de fuir cette compagnie, de s'interdire ces lectures, de laisser fermé ce tiroir, d'éviter ce thème de conversation. Agir ainsi, c'est se prendre', tel qu'on est, capable de succomber là où un autre resterait fort ; c'est ne pas « tenter Dieu » en s'exposant présomptueusement ; c'est donc être logique avec sa contrition.

 

Pourquoi, de temps en temps, ne pas garantir sa résolution en la soumettant au confesseur à la fin de son accusation ? Cela aiderait certainement à la mieux tenir.

 

Ainsi pratiquée, la confession ne sera plus cette répétition fastidieuse de péchés « standards » qu'elle est trop souvent et qui est une corvée. Elle prendra place, comme un des plus puissants, dans les moyens de sanctification que l'Église du Christ met à notre disposition.

 

En quant au tribunal de la pénitence, nous aurons conscience d'aller au Christ en croix, qui tient en ses mains crucifiées le pardon qu'il a obtenu à notre bénéfice, le sang dont il veut nous laver.

 

 Conscients de notre misère, et d'autant plus que nous aurons été plus lucides dans le regard porté sur nos faiblesses quotidiennes, confiants dans sa miséricorde, et d'autant plus que nous l'aurons supplié de nous faire détester notre péché, nous franchirons le seuil du confessionnal dans l'humble disposition de l'enfant prodigue : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi : je ne suis pas digne d’être appelé ton fils. »

 

C'est pourquoi nous pourrons nous retirer avec une force nouvelle, fondée sur l'assurance libératrice : « Va en paix, mon fils, ta foi t'a sauvé. »

h. ch. chery, o.p.

 

 

elogofioupiou.over-blog.com

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:34

 

Ces lignes ne s'adressent pas aux « grands pécheurs » qui viennent se décharger auprès du Christ d'un lourd fardeau. Et pas même aux catholiques de l'unique confession pascale. Mais peut-être pourront-elles offrir quelque utilité aux personnes qui ont « l’habitude » de la confession, hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle.

 

« L'habitude » : mot sans couleur s'il désigne simplement une louable régularité ; mot tristement gris s’il désigne une routine. Et malheureusement, chacun sait qu'une louable régularité dégénère facilement en routine. La plupart des pénitents se désolent sur la misérable banalité de leurs confessions, sur le peu de fruit qu'ils en retirent, et même parfois sur le peu d'intérêt de l'exhortation que le confesseur leur adresse quand ils viennent le trouver. Plusieurs en prennent le dégoût, ne se confessent plus que par coutume, ou, finalement, arrivent à espacer leur recours au sacrement de pénitence d'une manière qui est préjudiciable à leur progrès spirituel.

 

Ce dégoût et ses conséquences ne viennent-ils pas de ce qu'ils ne savent pas se confesser ? Il y a une manière, un « art », qui ferait de cet exercice régulier un sérieux moyen de sanctification. En écrivant ces lignes, nous avons songé particulièrement à cette nombreuse jeunesse – jeunesse d’action catholique, jeunesse des foyers nouveaux – qui cherche à vivre un christianisme vrai, dans un généreux effort de sincérité. Point encore « habituée » elle souffre de toute menace de sclérose, elle a horreur des routines et rejette les formalités. Elle a raison. Mais il faut qu'elle sache que le formalisme s'introduit par la faute des « usagers », si j'ose dire, et qu'il dépend d'elle de garder intacte sa vitalité religieuse ou de la laisser s'étioler, faute d'un effort personnel.

 

Les rites sont porteurs de vie, mais aux seuls vivants.

 

L'usage de la confession, si elle est bien comprise, peut être un sérieux appui pour le développement de la vie spirituelle.

 

*

*  *

 

Mais d'abord, puisque nous allons parler de la confession et rien que de la confession, il faut noter soigneusement qu'elle n'est pas tout le sacrement de pénitence, qu'elle n'en est même pas l'élément principal. Celui-ci comporte un regret, un aveu, une absolution, une réparation. Le sacrement est constitué essentiellement par une absolution effaçant la faute d'un cœur qui se repent. Qu'un pénitent – sur son lit de mort, par exemple – ne puisse exprimer son aveu, le sacrement peut se passer de cet aveu ; il ne peut se passer du regret. Dieu, de son côté, peut se passer du sacrement (en l'absence de tout prêtre qualifié pour le donner) : il ne peut sauver une âme malgré elle, remettre un péché qu'on refuse obstinément de regretter.

 

Feront bien de s'en souvenir ces personnes pour qui l’essentiel semble être leur accusation. Que le prêtre les exhorte à la contrition, aux moyens à envisager pour ne pas retomber dans leur faute, elles paraissent ne pas le suivre, distraites qu'elles sont, une fois leur accusation faite, par le souci d'énoncer encore tel ou tel péché qui n'est pas d'abord venu sur leurs lèvres. S'il s’agissait d'une faute grave, il serait normal qu'on ne voulût pas se retirer avant de l'avoir exprimée ; mais le plus souvent il s'agit de fautes vénielles. On s'inquiète surtout d'être complet ; il faut s'inquiéter surtout d’être contrit.

 

Et on en tirera cette conséquence que, dans les quelques instants que l'on consacre d'ordinaire à se préparer immédiatement à sa confession, on fera bien de ne pas tout donner à « l'examen de conscience », mais plus encore d'implorer la grâce de Dieu pour obtenir un sincère regret de ses fautes, d'exprimer par avance sa contrition, son intention de ne pas retomber.

 

I

 

À qui vais-je m'adresser pour me confesser ?

Première réponse : à un prêtre. J'emploie à dessein ce terme général pour souligner que l'importance primordiale, dans l'usage du sacrement de pénitence, doit être accordée, non aux qualités de l'homme qui entend la confession, mais à sa qualité de ministre du Christ. Parce que nous manquons de foi, nous nous attachons exagérément à la valeur humaine du confesseur, valeur réelle, objective, ou valeur que lui attribuent notre sympathie et notre confiance. Qu'elle soit à prendre en considération, c'est indéniable, Mais à un point de vue qui se situe pour ainsi dire en marge du sacrement. Elle va jouer pour les conseils qui suivront l'accusation et précéderont l'absolution. Mais le sacrement n'est pas constitué par ces conseils ; il peut même s'en passer totalement. L'important est d'avoir affaire au Christ qui détient le pardon, au Christ vivant et agissant dans son Église.

 

Tout prêtre ayant reçu de l’Église les pouvoirs de vous absoudre validement agit in persona Christi, au nom du Christ. Il ouvre pour votre âme la source du pardon qui est le sang du Christ Rédempteur et il la lave dans ce sang.

 

Erronée par manque de foi est donc l'attitude de ces pénitents qui diffèrent de se libérer d'un péché grave ou qui retardent indéfiniment une confession qui les sortirait d'un malaise grandissant (en les purifiant des foyers d'infection qui se propagent peu à peu) parce que « leur confesseur » n'est pas là. S'ils avaient la compréhension de ce qu'est le sacrement, souverainement valable dans son oeuvre purificatrice indépendamment de la qualité du prêtre qui l'administre, s'ils comprenaient que le confesseur est avant tout « ministre du Christ », c'est-à-dire oreille du Christ pour entendre l'aveu, sagesse du Christ pour juger, bouche du Christ pour prononcer l'effacement, ils s'attacheraient moins aux apparences humaines et ne différeraient point.

 

C'est le lieu de dire d'un mot pourquoi je dois avouer mes fautes à un prêtre, au lieu de me contenter d'un aveu directement exprimé à Dieu dans l'intime de mon cœur. C'est parce que je suis membre de l’Église.

 

Ma faute a offensé Dieu et m'a abîmé moi-même : manquement à l'amour que je dois à mon Créateur et au vertueux amour que je dois porter à cet enfant de Dieu que je suis. Mais elle a aussi porté atteinte à l'Église, au Corps mystique. « Toute âme qui s'élève élève le monde. » Tout chrétien qui déchoit contrarie la perfection de la communauté chrétienne. Le plus obscur des péchés cause une blessure à cet arbre dont je suis un rameau. Que je me détache de l'arbre complètement par le péché mortel ou que je m'en sépare un peu seulement, l'arbre entier souffre. Je relève de l’Église dans ma vitalité, car Dieu a confié pour moi ses grâces à l'Église, corps du Christ. J'en dois donc aussi relever pour sortir de ma faute. Aux premiers siècles, cette responsabilité devant l'Église apparaissait plus manifestement, lorsque l'accusation était publique, faite devant la communauté réunie. Actuellement, la discipline est adoucie, mais c'est toujours devant l'Église que je m’accuse en la personne du prêtre qui m'en­tend, de l'Église que je reçois la réconciliation par le ministère du prêtre qui m'absout.

 

Je me confesse donc au prêtre parce qu'il est prêtre. Cela ne m'interdit pas de le choisir humainement capable de me comprendre et de me conseiller. Ne parlons pas ici, puisque ce n’est pas notre objet, de ce qu'on appelle (un peu improprement, peut-être) la « direction ». Même en restant strictement sur le plan de la confession, il vaut sûrement mieux, pour les progrès de l'âme, qu'elle s'adresse habituellement au même confesseur. Au bout de quelque temps (pourvu qu'on ait suivi, dans la manière de s'accuser, les conseils que nous donnerons plus loin), il sait à qui il a affaire. Il connaît vos tendances, vos faiblesses habituelles. Même si vous avez peu de choses à dire, il sait sur quel point il est bon d'insister dans son exhortation. Vous avez dévoilé peu à peu les difficultés dans lesquelles vous vous débattiez, votre situation particulière : il ne risque pas, comme un étranger qui vous comprendrait mal, de vous dérouter par quelque remarque intempestive. À un moment difficile de votre vie, il peut vous arrêter à temps sur une pente dangereuse. Et à tout moment il est à même de vous suggérer les décisions opportunes, de vous tirer de votre torpeur si vous vous laissez endormir.

 

Comment le choisirez-vous ? Avant tout de sens droit, de jugement sûr. Saint s'il est possible, c'est bien clair, mais un prêtre équilibré et perspicace sera toujours préférable à un autre d'une vie plus fervente mais, d'un jugement moins pondéré. N’oubliez pas qu'il s'agit d'un conseiller, et que, tant vaut la sagesse du conseiller, tant vaut le conseil. Mais il s'agit aussi d’un entraîneur, et vous devez le souhaiter exigeant : un confesseur bonasse, qui se contenterait de vous bercer de paroles lénitives ou de vous renvoyer avec l'absolution et une exhortation générale, risquerait de vous laisser croupir dans votre péché ou vos graves imperfections. C'est pourquoi il faut, au besoin, provoquer le confesseur à cette exigence bienfaisante et accepter humblement ses invitations à l'effort. Vous vous souviendrez que la première condition à réaliser pour qu'il vous soit utile, c'est que vous lui fassiez confiance. Ayez le meilleur confesseur de la ville : s'il vous est impossible de vous ouvrir à lui franchement, il ne pourra rien pour vous. Vous le choisirez donc tel que vous ne vous sentiez pas paralysé en sa présence et que volontiers vous le considériez comme un Père, compréhensif, capable de réaliser votre cas et de s'y intéresser, ouvert aux réalités de la vie, sûr dans ses diagnostics, et d'une bonté ferme dans ses conseils.

 

Si vous ne le trouvez pas, ne vous désolez pas pour autant ; allez à un prêtre : il a grâce d'état, l'Esprit Saint se servira de lui quand même pour votre meilleur bien, pourvu que vous soyez à l'écoute.

 

Si vous le trouvez, n’en changez pas facilement. Tout en restant pleinement libre d'un autre choix, ne vous laissez pas démonter par quelques impressions, à plus forte raison par quelques froissements d'amour-propre ou par quelques exigences ; persévérez jusqu'à preuve évidente que vous ne faites aucun progrès à son école, malgré un effort loyal et constant de votre part.

 

II

 

Me voici auprès du confessionnal, commençant mon examen de conscience. Quels péchés vais-je accuser ?

La question se pose, c'est clair. Car je ne saurais prétendre accuser toutes mes fautes. « Le juste pèche sept fois le jour », dit l'Écriture. Moi qui ne suis pas juste, combien de péchés m'échappent chaque jour ? Être complet, faire un total aussi exact que possible : rêve irréalisable – et d'ailleurs inutile. Il faut choisir. Que choisir ?

 

Évidemment d'abord tous les péchés mortels. Refuser volontairement d'accuser un péché mortel, même si on en accuse d'autres d'une égale gravité, serait rendre la confession nulle et sacrilège. Cet acte par lequel nous nous sommes détournés de Dieu, notre fin dernière, en lui disant équivalemment et bien consciemment qu'il nous était égal de lui désobéir en une matière grave, pourvu que nous puissions satisfaire l'une ou l'autre de nos tendances désordonnées – comment pourrions-nous rentrer en grâce avec Dieu sans le renier et donc l'avouer ? Nous ne pouvons à la fois être en amitié et en hostilité avec Lui.

 

La difficulté, pour certains, est de savoir quand il y a péché mortel. Théoriquement, chacun sait : matière grave, pleine connaissance, plein consentement. Pratiquement, on se demande souvent : la matière était-elle grave ? Et plus communément encore : ai-je bien consenti ? Sur la première question, il est aisé de se renseigner auprès de son confesseur. Quant à la seconde, du fait qu'on se la pose « en conscience », loyalement, du fait qu'on n’est pas absolument sûr, elle est réglée : il n'y a pas eu plein consentement. Est-ce à dire qu'il ne faut pas accuser ce péché « douteux », ou plutôt « douteusement commis » ? Certes non ! On peut s'autoriser légitimement du doute pour s'approcher du sacrement d'eucharistie ; en rigueur de termes, on n'est même pas obligé de s'accuser de ce péché ; mais on aurait tort, si l'on veut progresser dans la vie spirituelle, de se réfugier derrière cette non obligation pour conserver une conscience douteuse. Pratiquement, la règle est bien simple. On ne vous demande pas de dire : je m'accuse d'avoir commis un péché mortel, mais : je m'accuse d'avoir commis tel péché, d'avoir accompli tel acte. Qu'on ajoute, si c’est le cas : je ne sais pas si j'ai pleinement consenti, et tout sera dans l'ordre. Nous serons toujours à temps de répondre selon notre conscience, si le confesseur nous demande : croyez-vous avoir, en agissant ainsi, péché mortellement ?

 

Que penser de la formule, si chère à certains qu'ils l'emploient constamment et quasi automatiquement : « Je m'en accuse comme Dieu m’en reconnaît coupable. » Utilisable à bon droit quand on hésite sur le caractère de sa culpabilité, elle me paraît trop facile et quelque peu hypocrite quand on sait fort bien à quoi s'en tenir.

 

Disons par contre, à l'usage de certaines âmes, qu'il ne faut pas voir du « mortel » partout... Un péché qui mérite, de soi, la séparation d'avec Dieu pendant l'éternité et les peines de l'enfer, cela ne se commet pas sans qu'on en ait une claire conscience ! Si cette conscience a besoin d'être formée, on demandera la lumière à son confesseur et l'on s'en tiendra strictement à ses indications. Cette formation de la conscience devrait être faite dans le jeune age. On est stupéfié, en entendant des confessions d'enfants, de leur aptitude à croire mortelles des fautes qui ne sont que des peccadilles... N'y a-t-il pas là (soit dit en passant) une responsabilité qui remonte aux éducateurs, qui ne savent pas proportionner leurs gronderies à la valeur réelle (morale) des fautes enfantines ? En tout cas, ce problème de la formation de la conscience chez l'enfant devrait faire l'objet d'un examen attentif et individuel de la part des parents et des confesseurs habituels, car il est aussi dangereux de laisser les enfants croire à la gravité de fautes légères que de les laisser commettre comme indifférents des actes gravement répréhensibles. Une conscience scrupuleuse, angoissée, dans le jeune âge, prépare un adulte faible, replié, sans virilité, ou, par contrecoup, un adolescent qui se « libère » brutalement d'une contrainte insupportable.

 

Mortels ou non, on fera bien de s'habituer à accuser d'abord, en tout premier lieu, les fautes qui pèsent le plus sur la conscience, au lieu de les glisser comme par mégarde au milieu d'une longue liste de péchés sans importance... Ainsi se libérera-t-on à coup sûr de fautes qu'autrement on risquerait, cédant à une crainte sotte, de ne pas dire finalement.

 

Mais c'est surtout sur l'examen et l'accusation des péchés véniels que je voudrais insister ici. N'est-ce pas là que la plupart des « habitués » de la confession sont le plus déficients ?

Quelle est la doléance qu'on entend le plus souvent dans la bouche de ceux qui se confessent fréquemment ? – « La confession m'ennuie, parce que j'ai toujours à dire la même chose... » Ou encore cette autre, qui vise le confesseur : « Il ne me dit rien... » Entendez : rien qui sorte de l'ordinaire et qui m'oblige à me secouer.

 

Or, à ces deux défauts qui rendent la confession psychologiquement fastidieuse, la cause est la même : vous ne savez pas vous accuser.

 

Comment s'accusent la plupart des pénitents ?

Les uns (le petit nombre, il est vrai) oublient que le péché est un acte, non un état, et ils présentent (ou croient présenter) la couleur de leur âme en disant : « Je suis menteur, le suis coléreux, je suis impatient, etc... » Cette manière de dire n'est pas celle qui convient. Vous signalez ainsi une tendance de votre âme ; mais la confession n'est pas un exposé de vos tendances : c’est l’aveu d'actes précis, résultats sans doute de vos tendances, mais différents d'elles comme le fruit l'est de l'arbre. On peut très bien avoir une tendance au mensonge (être menteur) et n'avoir pas commis de mensonges, de fait, dans les quinze jours qui ont suivi la dernière confession. Si on en a commis, c'est « j'ai menti » qu'il faut dire, et non « je suis menteur. »

 

A suivre 

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 21:10

                               

 « Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

                Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la Divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la Gloire, coéternelle la Majesté.

                     Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais UN incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant Ils ne sont pas trois tout-puissants, mais UN tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais Un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant Ils ne sont pas trois Seigneurs, mais UN Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des Personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

                  Le Père n'a été fait par personne et Il n'est ni créé ni engendré ; le Fils n'est issu que du Père, Il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais Il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit. Et dans cette Trinité il n'est rien qui soit avant ou après, rien qui soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité.

                Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la Substance du Père, engendré avant les siècles, et Il est homme, de la substance de Sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la Divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ; UN, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; UN absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, Il est descendu aux enfers, le troisième jour Il est ressuscité des morts, Il est monté aux cieux, Il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A Sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel.

Telle est la foi catholique : si quelqu'un n'y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. »

2mai 2012

http://amdg.over-blog.fr/article-saint-athanase-glorieux-combattant-de-la-foi-104278127.html

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 19:01

 

De quoi s'agit-il ? Il s'agit de l'ignorance religieuse des catholiques.

Il s'agit, pour les catholiques, de prendre conscience d'une situation grave, anormale, scandaleuse ; il s'agit que cette prise de conscience soit suffisamment claire, ample et aiguë pour que des remèdes soient apportés qui remédient enfin efficacement à cette situa­tion.

Les expressions les plus fortes, à ce sujet, sont celles des Papes.

Pie XI a dit: « Nous espérons, qu’on aura la joie de voir disparaître cette grande honte des nations catholiques qu'est l'ignorance de la divine religion. »

Pie XII, en 1948, se voyait obligé de « parler de cette ignorance comme d'une plaie ouverte dans le flanc de l'Église ».

Quant à la cause essentielle de cette ignorance, Pie XI parlant de Pie X, l'indiquait ainsi :

« Ce vigilant pontife, après avoir montré les avantages de l'enseignement du catéchisme, avantages qui lui sont absolument spéciaux, estime à bon droit que, si la foi languit de nos jours, si même elle est presque mourante, la seule cause en est que la doctrine chrétienne s'enseigne négligemment ou qu'on se dérobe à l'obligation de cet enseignement. »

La tentation ici serait de rejeter ce diagnostic, et d'en appeler à des influences où nous ne trouverions plus nos responsabilités : école laïque, politique antireli­gieuse, etc. Ces influences ont existé et existent : elles n'ont jamais été, pour l'ensemble, déterminantes. Il suffit d'avoir essayé, pendant quelques années, d'améliorer l'organisation d'un catéchisme, ou du catéchisme en général, pour avoir éprouvé, avec une évidence doulou­reuse, que les vrais obstacles, les plus irrésistibles, viennent de nous, catholiques, et que la parole de Pie XI exprime la vérité.

Écoutons d'ailleurs le Pape Pie XII, dans son discours aux membres du premier Congrès Catéchistique inter­national, d'octobre 1950. Le Pape parle des obstacles à la vie chrétienne :

« On a tellement parlé des obstacles, que leur recensement et leur énumération peuvent sembler bien difficiles. Certains sont d'ordre intérieur, d'autres, d'ordre extérieur. De l'in­térieur proviennent les mouvements d'une âme troublée, l'orgueil, la débauche, le mépris du travail, la fuite devant la souffrance; du dehors, les sollicitations de l'esprit mau­vais, la frivolité et la fascination du monde pécheur et, surtout, aujourd'hui, des erreurs répandues jusqu'à la pro­fession ouverte d'athéisme, pour ne pas parler des orga­nismes qui n'ont pas honte d'inculquer de force des idées fausses à l'enfance elle-même dans son âge le plus tendre. Ces obstacles font naturellement sentir leurs effets, si une base solide, stable et assez étendue, vient à manquer totale­ment ou demeure insuffisante.

« On dira que ce fondement réside dans les lois, les principes, les usages, les coutumes légitimes. Tout cet ensemble, si bon soit-il, forme les rameaux et non la racine ; et dès lors, il a de par sa nature une grande utilité, si ensuite la doctrine de vérité abonde pour le vivifier, doctrine qui embrasse les dogmes, les lois morales et les règles du culte divin. Si, au contraire, le substratum doctrinal fait défaut, tout le reste demeurera vide de sens et nua­geux. Mais si la doctrine est l'objet d'études approfondies et se traduit dans les actes, l'influence des maux que Nous déplorions tout à l'heure, sans peut-être disparaître com­plètement, sera du moins diminuée et permettra à l'homme de progresser plus facile­ment. »

Nous n'avons pas l'intention, ici, d'étaler l'ampleur de l'ignorance religieuse : ignorance de bien des enfants qui « quittent » le catéchisme, ignorance des jeunes gens et jeunes filles qui sortent des collèges, même chrétiens, ignorance des adultes, même de milieux par ailleurs cultivés ; ignorance, non pas seulement de tel ou tel point de doctrine, mais surtout ignorance de l'esprit même du christianisme. Chacun de ceux qui, catéchistes d'enfants ou d'adultes, ont le souci d'annoncer l'Évangile, ont rencontré cette ignorance ; les faits que nous citerions seraient à la fois trop peu nombreux et trop exceptionnels; le plus grave est d'ailleurs dans une absence trop générale de culture religieuse profonde.

Il convient donc surtout de jeter un regard sincère sur cette plaie ouverte qui, malgré de grands efforts individuels, et un commencement d'effort collectif, ne se ferme pas. Nous avons dit, il y a quelques années, la misère de notre enseignement religieux et ce qu'il faudrait faire pour que notre catéchisme soit efficace. La plupart des choses qui ont été dites valent encore. Nous ne les redirons pas ici, sinon en passant. Notre propos est, maintenant, de déceler les raisons pour les­quelles nous n'employons pas, ou n'employons pas à la dose voulue, les remèdes proposés. Des obstacles existent qui arrêtent les efforts ; certaine mentalité semble empê­cher les chrétiens de comprendre la gravité de la situation. Des habitudes de penser et d'agir détournent d'entre­prendre avec la persévérance, l'audace et la ténacité voulue, les réformes de structure absolument nécessaires. Ce sont ces manières de penser qu'il faudrait déceler, analyser, mettre à jour. Elles sont parfois inconscientes, ou bien nous les maintenons, plus ou moins volontaire­ment, à la marge de notre conscience. Elles n'en rendent pas moins en partie inopérants nos efforts. Nous savons autant que quiconque la réalité de ces efforts : nous en sommes témoin, soit au plan national, soit au plan des plus petites paroisses. Nous disons pourtant : « II y a encore une paralysie réelle dans l'Église de France quand il s'agit d'enseignement religieux, et les mouvements accomplis n'ont pas la souplesse et la coordination qu'ils ont dans un organisme en pleine vie».

 Extrait de : PLAIE OUVERTE au flanc de l'Église.  Joseph COLOMB, P.S.S.  1960

Note : En 2012, la situation est vraiment catastrophique et ne semble pas inquiéter la fausse église Vatican d’eux.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:39

 


  Me voici donc, pères et mères, prosterné à vos pieds, les mains jointes et les genoux en terre, pour vous supplier d'écarter des dangers si terribles : je voudrais vous y aider, c'est pourquoi je vous le répète : Aimez vos enfants, oui, aimez-les ; mais aimez-les d'un amour saint et réglé ; et pour cela surveillez leur conduite.

 

C'est à vous d'épier toutes leurs paroles ; de régler tous leurs gestes, de connaî­tre tous leurs mouvements. Il ne suffit pas que vous leur donniez une direction, il faut en venir à la pra­tique et suivre leurs démarches non pas seulement au logis, mais partout, dans l'endroit et au dehors, en public et en secret, en société et en particulier.

 

Vous devez observer où ils vont, qui ils voient, de quoi ils parlent, quels sont leurs goûts et leurs inclinations. Vous devez leur procurer des maîtres craignant Dieu, des confesseurs zélés, des emplois convenables. Vous devez régler leurs études, leurs travaux, et surtout leurs dévotions, en vous informant comment ils fréquentent les églises, les associations pieu­ses et les sacrements.

 

C'est là le fruit que vous devez retirer de ce sermon. Rassemblez vos enfants dès ce soir et donnez vos ordres ; usez de l'autorité que vous avez reçue de Dieu, en leur enjoignant d'être rendus à la maison de bonne heure, le soir, de ne point sortir la nuit, de ne point aller avec tels com­pagnons, d'être respectueux envers tout le monde et partout, à la maison, à l'église et en public.

 

Et pour que vous voyiez que je parle du fond du cœur, j'embrasse ce saint crucifix, je pose mes lèvres sur ses plaies sacrées, et abreuvant ma langue du sang de Jésus-Christ, je finis en empruntant ces paroles du grand Chrysostome : « II ne s'agit pas ici de peu de chose, et ce n'est pas pour des bagatelles que je suis en instance auprès de vous : c'est l'âme de votre enfant et son sort éternel qui est en jeu. »

 

Chrétiens, mes bien-aimés frères, si je m'étais épuisé jusqu'ici à vous persuader des vétilles, il importerait peu que cette instruction fût traitée comme toutes les autres, c'est-à-dire qu'en dépit de mes paroles on continuât à vivre dans les mêmes désordres qu'auparavant.

 

Mais s'il s'agit de ceux qui sont la plus noble partie de vous-mêmes, s'il s'agit de faire des anges ou des démons de ces créatures que vous chérissez si tendre­ment, comment donc ne profiteriez-vous pas de mes sueurs ?

 

Ah ! Souvenez-vous bien que vos enfants seront tels que vous les voudrez, bons si vous les voulez bons, méchants si vous les voulez méchants. Souvenez-vous que vous devez, en élevant bien vos enfants, pourvoir la société de ministres intègres, les ateliers d'artisans fidèles, les tribunaux de magistrats équitables, l'Église de prêtres exemplaires, les Ordres religieux d'ouvriers zélés, le paradis de citoyens, d'élus, de saints.

 

Si vous le faites, oh ! Quelle joie, quelle récompense, quels délices vous vous prépa­rez ! Si vous ne le faites pas, ah ! Quels remords, quelle peine, quels tourments !

 

Vous verrez alors d'une manière palpable que l'amour déréglé des parents est une haine véritable, la cause de la perte éternelle des enfants, et que la perte des enfants en revanche est une cause de damnation éternelle pour les parents.

 

Que Dieu vous préserve de ce malheur. Amen.

 

 Fin de cette série

 

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:32


 Si vous ne m'en croyez pas, écoutez l'Apôtre fulminant contre les parents qui négligent l'éduca­tion de leurs enfants, des excommunications plus terribles que contre les Juifs, les païens et les athées (I Tim.5, 8) : un père, une mère qui ne prend pas soin des siens et surtout de ceux de sa maison, a renié sa foi !

Quel coup de tonnerre, écoutez bien : il a renié sa foi et il est pire qu'un infidèle. Quoi ! Quoi ! Pire qu'un infidèle ? Oui, pire qu'un infidèle, c'est l'Apôtre qui le dit ; car un infidèle, s'il induit son fils en erreur, a une excuse dans son propre aveuglement ; tandis qu'un père chrétien, c'est de gaîté de cœur qu'il pousse son pauvre enfant à sa perte et le jette dans l'abîme.

« Pire qu'un infi­dèle, » parce que l'infidèle perd un fils qui était déjà un enfant de perdition, tandis qu'un père chrétien ruine une âme douée des dons précieux de la foi et de la grâce, et élevée pour la gloire.

« Pire qu'un infidèle » parce que l'infidèle n'enlève pas à Dieu une victime qu'il lui eût déjà offerte, tandis qu'un père chrétien lui dérobe par un vol sacrilège, ce cœur qu'il lui avait consacré dans le baptême.

« Pire qu'un infidèle » parce que l'infidèle n'a d'autre fin en vue que d'élever son enfant pour les plaisirs, les richesses, les honneurs temporels ; tandis qu'un père chrétien connaît très bien le tort immense qu'il fait à son fils en l'élevant mal ; il sait qu'il l'élève pour l'enfer ; il connaît le tort considérable qu'il fait à la société, parce qu'il suffit quelquefois des dérègle­ment d'un homme mal élevé pour infecter toute une commune : il connaît la grandeur de l'outrage qui en résulte pour Dieu, qu'il prive d'une âme rachetée au prix de son sang. De sorte qu'un père chrétien qui n'élève pas bien sa famille est un traître à l'égard de son propre sang, traître à l'égard de la société, traître à l'égard de Dieu.

Et c'est avec rai­son que l'Apôtre l'anathémise comme rebelle à la nature, rebelle à la grâce, rebelle à la foi. Oui, oui, il est mille fois pire qu'un infidèle. Ah ! Réveillez-vous ce matin, pères et mères, oncles et ascendants, tuteurs, maîtres et maîtresses, et réfléchissez aux désordres incalculables que vous introduisez dans le monde par la mauvaise éducation des enfants con­fiés à vos soins.

Vous mettez en deuil le ciel et la terre et la sainte Trinité tout entière se plaint de vous : le Père éternel se plaint de vous, parce que, admis à partager avec lui son titre de père, vous en abusez pour la ruine des âmes. Le Fils se plaint de vous, parce que choisis pour coopérateurs du salut de vos enfants, vous en êtes devenus les bourreaux. Le Saint-Esprit se plaint de vous, parce que, choisis pour servir comme de canaux aux inspirations qu'il ménageait en faveur de vos enfants, vous n'avez fait qu'opposer des obstacles à ses desseins miséricor­dieux.

La sainte Vierge se plaint de vous, parce que, désirant voir le ciel se peupler par votre moyen, elle voit que vous ne travaillez qu'à peupler l'enfer. Les anges gardiens se plaignent de vous, parce que vous rendez vaine l'assistance qu'ils prêtent nuit et jour à ces petites créatures.

Les villes se plaignent de vous, les campagnes se plaignent, le pays se plaint, parce que, grâce à la mauvaise éducation de vos enfants, on voit ses espérances trahies, les lois foulées aux pieds, et le monde entier livré au désordre, mais ce sont surtout vos enfants eux-mêmes qui se plaignent de vous, comme le dit l'Esprit Saint (Eccli. 41, 10.): « Les enfants se plaignent d'un père impie, parce qu'à cause de lui ils sont dans l'opprobre, » Ils se trouvent plongés dans cet opprobre éternel, auquel ils n'échapperont jamais plus.

Ils vous attendent au fond des abîmes pour assouvir sur vous leur rage : maudits parents, dira ce pauvre enfant, c'est pour vous avoir vus, pour vous avoir imités que je brûle parmi ces flam­mes. Maudit père, je t'ai vu dans cette chambre, dans ce cabaret, dans cette maison, et pour t'avoir vu, me voilà damné. Mère maudite, je t'ai vue devant le miroir, à la fenêtre, au spectacle, dans les festins, et si je t'ai vue à l'église, Dieu sait comment tu t'y tenais, et pour t'avoir vue, me voici au nom­bre des réprouvés.

Ah ! Maudites les entrailles qui m'ont conçu, maudit le sein qui m'a allaité, maudit le jour qui m'a vu naître !  Oh ! Quel enfer pour un pauvre père de voir brûler un fils sous ses yeux, et surtout d'avoir la conviction qu'il est l'auteur aussi bien que le témoin de son supplice !

Quel enfer pour une pauvre mère de voir brûler sa fille sous ses yeux, de voir que ce corps qu'elle a porté dans son sein n'est plus qu'un tison enflammé, que ces che­veux qu'elle a tant de fois ajusté sur son front pour la rendre plus séduisante, ne sont plus qu'un fais­ceau d'affreux serpents !

Ah ! Pères et mères, vos propres péchés ne vous suffisent donc pas ? Faut-il en outre que vous vous damniez pour ceux de vos enfants ?

Malheureux ! Si vous tombez en enfer, les démons les plus cruels pour vous, ce seront vos enfants, oui, vos enfants ; car les mauvais esprits auront plutôt sujet de vous remercier, attendu que, grâce à ce seul péché de la mauvaise éducation, ils voient confondus dans une commune damnation et le père, et la mère, et les enfants, et les petits-enfants, et des familles entières : en un mot, grâce à un seul péché, ils voient le monde en ruine.

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 16:50

 


Le gardien d'un troupeau est fait prisonnier, enfermé et mis au secret sans savoir pourquoi. Dans sa prison solitaire, il fait son examen. Sans aucun doute, se dit-il, ils m'ont arrêté par erreur. Je ne craindrais pas de tout dire ici, personne ne m'entend ; quel mal ai-je fait ? Tous les jours je disais mon chapelet, est-ce mal ? Je jouais de la musette, je chantais la chansonnette du pays ; y a-t-il quelque mal en cela ? Je tissais des corbeilles de jonc et de genêt, et vers midi je prenais un peu de repos à l'ombre d'un peuplier ; est-ce en cela qu'il y aurait du mal ? Et pourtant on m'a enfermé ici.

 

   Justice, que fais-tu, où es-tu ?  La voici qui entre : Viens, dit-elle, au prisonnier ; et elle le con­duit au tribunal, où il est condamné. Mais vous me prenez sans doute pour un autre ; ou j'ai été calomnié. Méprise! Calomnie! N'es-tu pas le gardien de tel troupeau, et ne t'appelles-tu pas de tel et tel nom ?  C'est vrai.  Eh bien ! Tu es con­damné aux galères.  Mais pourquoi donc, juge ?

 

    Pourquoi, le voici : pendant que tu t'amusais à jouer et à chanter, ou bien même que tu dormais tranquillement, tes chèvres ont rompu la haie, sont entrées dans tel jardin, et y ont tout ravagé. Ce sont des bêtes, elles ne sont pas responsables, c'était à toi de les garder ; tu porteras la peine des dégâts qu'elles ont causés. Tandis que, insensé, tu disais ton chapelet, les grosses bêtes à cornes sont entrées dans ce vignoble et y ont fait un immense dégât ; ces animaux n'ont pas le discernement, c'était à toi d'y veiller, de crier et de faire jouer le bâton. Et bien ! Tu porteras la peine du mal qu'ils ont fait.

 

    Pères et mères, cette allégorie vous concerne : vous comparaîtrez un jour au tribunal de Dieu, et sans en comprendre le pourquoi, vous vous trouve­rez condamnés.  Mais la raison, Seigneur ? La voici : pendant que vous, père et mère de famille, vous alliez à la soirée, à quelque réunion, ou bien que vous dormiez et que vous fermiez les yeux, vos jeunes apprentis, vos enfants, comme des chèvres pétulantes, ont brisé la clôture des divins préceptes, sont entrés dans ce jardin d'innocence, et en ont effeuillé les lis de pureté qui l'ornaient ; c'étaient des têtes sans cervelle ; il était de votre devoir de les surveiller pour les empêcher de mal faire.

 

   Tandis que vous passiez le temps à ce festin ou au specta­cle, vos jeunes gens, comme des taureaux fougueux, ont sauté le fossé, et l'on ne peut dire le mal qu'ils ont fait ; il en est résulté un grand scandale pour tout le pays. C'était à vous, père, mère ou patron, de faire jouer le bâton et de les tenir sous bonne garde : subissez donc la peine du mal qu'ils ont fait.

 

    Cela vous étonne ? Comment ! La justice humaine condamne ce berger pour le tort que font aux champs ses brebis, ses bestiaux ; et la justice divine ne condamnerait pas les parents pour le mal que font dans la maison leurs propres enfants ? Ce pau­vre villageois doit rendre compte du dégât qu'a causé son veau ou sa chèvre dans le jardin de son voisin, et vous, pères et mères, maîtres et maîtresses, vous n'auriez pas à rendre compte des ravages qu'ont faits chez vous et au dehors ce fils libertin, cette fille immodeste, ce garçon sans retenue, cette servante volage, ce serviteur débauché ?

 

    Vous dites quelquefois : J'ai un fils, j'ai une fille qui me dam­neront. Oh ! Que vous dites vrai ! Car je suis d'avis que beaucoup de parents qui vivent bien du reste, seront condamnés à cause de leurs enfants dont ils tolèrent l'inconduite.

 

Par votre amour déréglé pour ces enfants, vous êtes la cause de leur ruine éter­nelle, et la ruine de vos enfants à son tour sera cause de la vôtre. Il vous arrivera comme à cette malheureuse mère en France, laquelle, au rapport d'Orose, poussée au désespoir passa une corde au cou de ses deux petits enfants ; puis ayant lié cette corde à l'extrémité de ses pieds, se laissa tomber d'un nœud coulant qu'elle avait attaché pour elle-même à une poutre, devenant ainsi tout à la fois le bourreau et la potence de ses propres enfants.

 

Cruauté vraiment inouïe, dont on a peine à croire le cœur d'une femme capable ; mais ne voyons-nous pas quelque chose de pis encore de nos jours, de la part de beaucoup de parents pervers et criminels, qui perdent leurs enfants, et en les perdant se préci­pitent avec eux dans les abîmes éternels.

 

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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