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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 21:06

 

L'indulgence est la rémission de la peine temporelle due devant Dieu aux péchés actuels déjà remis par le sacrement de pénitence. D'où il suit que l'indulgence décharge le pécheur, en tout ou en partie, des peines temporelles  dues aux péchés déjà pardonnes, mais pour lesquels il est encore redevable envers la justices divine et devra subir des peines temporelles en cette vie ou en l'autre, en cette vie par des oeuvres méritoires, ou en l'autre par les peines du purgatoire !

L'indulgence ne remet donc point le péché, ni la peine éternelle qu'il mérite, mais seulement la peine temporelle qui reste ordinairement à souffrir, quoique la tache en ait été effacée par le sacrement do pénitence : elle modère la ri­gueur de cette peine temporelle ou elle en abrège la durée.

Autrefois on imposait pour certains péchés des péniten­ces publiques qui duraient plusieurs années; il fallait prier beaucoup, passer les jours dans le deuil et les nuits dans les veilles et les pleurs, coucher sur la dure, jeûner, faire beaucoup d'aumônes et d'autres bonnes oeuvres. (Quoique cette ancienne discipline ne subsiste plus, cependant) la justice de Dieu est toujours la même ; le péche ne mérite pas moins de peines aujourd'hui que dans les premiers siècles.

C'est pour suppléer à l’insuffisance de nos satisfactions que l'Eglise, toujours animée et conduite par l'Esprit de Dieu, accorde des indulgences. Jésus-Christ a donné ce pouvoir à l'Eglise dans la personne des apôtres lorsqu'il leur a dit : "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." Elle a donc le pouvoir d'imposer des peines pour l'expiation de nos péchés et celui de remettre, ces peines lorsque la vue de la gloires de Dieu et le bien spirituel de ses enfants l’engageant à user d’indulgence à leur égard. L'Eglise, dans les premiers siècles, avait égard à la recom­mandation, des martyrs et à leur prière elle traitait avec

indulgence les pécheurs auxquels ils s'intéressaient. ElIe abrégeait aussi le temps de la pénitence eu faveur de ceux qui l'avaient commencée avec courage, lorsqu'on était me­nacé d'une persécution, afin de les fortifier et de les mettre en état de résister à la violence des persécuteurs.

C'est avec les mérites surabondants de Jésus-Christ, de la très sainte Vierge et des saints, qu’elle acquitte les dettes de ses enfants, en puisant dans ce trésor de mérites de quoi satisfaire pour eux à la justice divine.

Les indulgences ont été appelées par les saints Pères re­laxations, rémissions, absolutions, paix, réconciliations.

Il y en a de deux sortes : les indulgences plénières et les indulgences partielles.

L'indulgence plénière est la rémission générale de toute la peine temporelle qui est due pour tous nos péchés.

L'indulgence partielle n'est que la rémission d'une partie de cette peine.

Le pape, étant le chef de toute l'Église, peut accorder des indulgences à toute l'Eglise, et son pouvoir n'étant point borné, il peut les donner plénières ou non, selon qu'il le juge à propos et utile pour   le bien des fidèles.

Les évêques peuvent aussi accorder diverses indulgences dans leurs diocèses. Cependant leur pouvoir sur ce point est limité. 

Pour gagner les indulgences, plénières, ou partiel­les, il est nécessaire de remplir fidèlement les conditions auxquelles elles sont attachées.

Les indulgences n'exemptent, du reste, nullement de l’obligation de faire pénitence, car 1° la pénitence est com­mandée à tous les hommes sans exception ; 2° nous devons imiter Jésus-Christ et les saints, dont la vie à été une pé­nitence continuelle ; 3° l'indulgence ne s'accorde que sous des conditions onéreuses qui sont elles-mêmes, dans un sens, des œuvres de pénitence. L'indulgence est donc un moyen  d'aider le pécheur dans les satisfactions qu'il doit à Dieu, en suppléant à son insuffisance, et non de le décharger de cette obligation.

Histoire : Une personne pieuse qui avait commis de grandes fautes dans sa jeunesse, faisait exactement les différentes prières auxquelles les souverains pontifes ont attaché des indulgences.  Chaque jour elle  se condamnait à quelques mortifications, faisait l’aumône selon son pouvoir et répétait souvent ces belles paroles : ‘’Seigneur, ayez pitié de moi maintenant, à tous les instants de ma vie et surtout à l’heure de ma mort ; je vous en conjure par les mérites de Jésus Christ et par l’intercession de Marie, des anges et des saints.  Je vous offre en esprit de pénitence tout ce que j’aurai à souffrir et je ne veux me satisfaire en quoi que ce soit.’’  Lorsqu’on lui disait que la vie mortifiée qu’elle menait abrégeait ses jours, elle répondait : ‘’Il faut souffrir un peu dans cette vie pour ne pas souffrir beaucoup dans l’autre.’’

 

Page  238-239, du volume NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  Édition 1860.    G.G.

 

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