Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme
Présentés à l'église pour recevoir le saint baptême, on nous a demandé si nous croyions en Dieu, si nous voulions vivre selon les maximes de l'Évangile et si nous renoncions de cœur et d'affection au démon et à ses pompes, au monde et à ses maximes, et ce n'est qu'après une réponse formelle et affirmative qu'on nous a admis au nombre des enfants de Dieu.
C'est donc à la face du ciel et de la terre, en présence de Dieu et des anges, que nous avons promis de nous soumettre à la loi de Jésus-Christ et de l'observer dans toute son étendue.
Nous n'avions pas, il est vrai, l'usage de la raison quand nous avons reçu le baptême ; mais c'est pour nous et en notre nom que ces promesses ont été faites ; nous lesavons ratifiées depuis, toutes les fois que nous avons fait profession publique du Christianisme ; nous les ratifions encore tous les jours par le signe de la croix, la récitation de l'oraison dominicale, l'assistance au saint sacrifice de la messe, la participation aux sacrements. Nous ne sommes donc plus à nous, nous appartenons à Dieu, notre âme, notre corps, tout est à lui.
Suivre les maximes du monde, rechercher ses vanités, aimer les pompes du démon, rougir de l'Évangile, ce serait renoncer à la qualité de chrétien, violer ses engagements, devenir prévaricateur, fouler aux pieds le sang de Jésus-Christ, outrager l'Esprit saint et le chasser honteusement de son cœur.
N'oublions donc jamais que ces promesses sont écrites dans le livre de vie, que Dieu les garde dans le ciel et qu'elles deviendront le sujet du jugement que nous aurons à subir à l'heure de notre mort. Notre salut, notre éternelle destinée dépend de notre fidélité à les remplir. Pour ne pas les oublier, nous devons les renouveler souvent et remercier sans cesse le Seigneur de nous avoir arrachés à la puissance des ténèbres pour nous appeler au royaume de son Fils.
histoire : Nous lisons dans l'histoire de l'Église qu'un saint diacre nommé Murrita, ayant tenu sur les fonds sacrés un jeune homme nommé Elpidophore, eut la douleur de le voir devenir apostat et persécuteur des chrétiens. Un jour qu'il exerçait publiquement la persécution au milieu d'une foule immense, le saint diacre parut tout à coup, il avait conservé les vêtements blancs dont Elpidophore avait été revêtu lorsqu'il fut baptisé, et les lui montrant, il lui adressa ces foudroyantes paroles : «Voilà les témoins de ton apostasie ; ces témoins t'accuseront au tribunal du souverain juge. La voilà cette robe blanche dont je t'ai revêtu sur les fonts sacrés: elle demandera vengeance contre toi ; elle se changera en un vêtement de feu, de flammes qui te dévoreront pendant l'éternité tout entière. »
Ceux qui entendirent ces paroles fondirent en larmes et Elpidophore se retira couvert de confusion.
Histoire de l’Église.
Extrait du : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (Édition 1860)
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Comme le baptême est le premier et le plus nécessaire des sacrements, l'Église, afin de mieux faire connaître quelle en est l'excellence et ce à quoi on s'engage en le recevant, veut qu'on l'administre avec un grand nombre de gestes.
On fait très souvent le signe de la croix en administrant le baptême pour marquer que ce sacrement tire toute sa valeur de la croix de Jésus-Christ et pour marquer que la vie d'un chrétien est une vie de croix et de souffrances continuelles et qu'il doit marcher sur les traces de Jésus-Christ.
On y fait plusieurs onctions tant avec l'huile des catéchumènes qu'avec le saint chrême, pour marquer l'onction intérieure de la grâce que le Saint-Esprit répand dans l'âme de celui que l'on baptise ; car, comme l'huile pénètre le corps, le fortifie et guérit ses plaies, ainsi la grâce que l'on reçoit dans le baptême pénètre le cœur et le fortifie contre les passions.
Celui qui doit être baptisé reste d'abord à l'entrée de l'église, pour marquer qu'étant esclave du démon, il n'a aucun droit d'entrer plus avant dans la maison de Dieu, à cause du péché originel dont il est souillé.
Là, le prêtre marque l'enfant du signe de la croix sur le front et sur la poitrine ; il fait sur lui des exorcismes pour éloigner de lui le démon ; il lui met du sel dans la bouche pour signifier qu'il va lui communiquer l'esprit de sagesse. Puis ayant de nouveau fait le signe du salut sur le front de l'enfant, avec défense au démon de ne jamais oser violer ce signe auguste, il invoque et conjure instamment Dieu, auteur de toute lumière et de toute vérité, en faveur du nouveau serviteur qui est présenté à son service. Il introduit alors l'enfant dans l'église, et demande au parrain et à la marraine de réciter avec lui le symbole des apôtres, l'oraison dominicale et la salutation angélique.
Il fait encore des exorcismes, touche les oreilles de l'enfant avec de la salive, en demandant qu'elles soient ouvertes aux vérités du salut et repousse de nouveau le démon.
Les exorcismes ainsi terminés, le prêtre exige une renonciation formelle à Satan, puis il fait à l'enfant l'onction avec l'huile des catéchumènes.
Ensuite il lui faut faire une profession de foi en l'interrogeant sur les points principaux du symbole. Et enfin, sur son désir formellement exprimé, il lui administre le sacrement au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et achève sa consécration par l'onction du saint chrême au sommet de la tête, qu'il revêt ensuite d'un vêtement blanc, symbole de l'innocence de l'âme régénérée par l'eau sainte qui vient de couler sur le front.
Les parrain et marraine interviennent dans le baptême solennel pour présenter à l'église celui qui doit être baptisé, être témoins de son baptême, répondre pour lui s'il n'a pas l'usage de la raison et lui servir de caution pour la grâce reçue dans ce sacrement.
L'obligation des parrains et marraines est d'aimer leurs filleuls comme leurs enfants spirituels et de veiller à leur éducation et à leur conduite pour qu'ils remplissent fidèlement les engagements de leur baptême.
Ils doivent y veiller par leurs prières, par leurs exemples et leurs avis dans les circonstances où ils le peuvent. Ils contractent avec l'enfant et les parents de l'enfant, une alliance spirituelle dont l'Église a fait un empêchement dirimant au mariage.
histoire : On faisait des réjouissances à Rome et l'empereur Dioclétien s'y était rendu. Le comédien Genès crut ne pouvoir mieux divertir la cour impie qu'en contrefaisant par dérision les cérémonies du baptême. Il parut couché sur le théâtre comme s'il eût été malade et demanda à être baptisé pour mourir tranquille. On fit paraître deux autres comédiens travestis, l'un en prêtre et l'autre en exorciste. Ils s'approchèrent du lit et dirent à Genès: « Mon enfant, pourquoi nous faites-vous venir ? » A l'instant le cœur de Genès fut changé et il répondit très sérieusement : «Parce que je veux recevoir la grâce de Jésus-Christ et par la sainte régénération obtenir la délivrance de mes péchés. »
On crut qu'il n'en jouait que mieux son rôle. On accomplit les cérémonies du sacrement et quand on lui eut mis les habits blancs, des soldats le prirent en continuant la farce et le présentèrent à l'empereur pour être interrogé comme les martyrs. Genès, profitant de la facilité naturelle qu'il avait pour la parole, d'un air et d'un ton inspirés, fit ce discours du lieu élevé où il était : « Écoutez, empereur et courtisans, sénateurs, plébéiens ; tous les ordres de la superbe Rome, écoutez-moi. Ci-devant, lorsque j'entendais seulement proférer le nom de Jésus-Christ, j'en frissonnais d'horreur et j'outrageais autant qu'il était en moi ceux qui professaient cette croyance. J'ai pris en haine plusieurs même de mes proches et de mes alliés à cause du nom chrétien et j'ai détesté cette religion au point de m'instruire exactement de ses mystères, comme vous avez pu le voir, afin d'en faire le jeu public ; mais des que l'eau du baptême a touché ma chair, mon cœur s'est changé et, à l'interrogation que l'on m'a faite, j'ai répondu sincèrement que je croyais. Je voyais une main s'étendre du haut des cieux et des anges étincelants de lumière planer au-dessus de moi. Ils ont lu dans un livre terrible tous tes péchés que j'ai commis dès mon enfance, les ont effacés aussitôt après, puis m'ont remontré le livre plus blanc que la neige. Vous donc, maintenant, grand empereur, et vous, spectateurs de toute condition que nos jeux sacrilèges ont fait rire de ces divins mystères, croyez avec moi, qui suis plus coupable que vous, croyez que Jésus-Christ est le Seigneur digne de nos adorations et tâchez d'en obtenir aussi miséricorde.»
L'empereur Dioclétien, également irrité et surpris, fit d'abord frapper Genès àcoups de bâton, puis il le remit au préfet Plautien, afin de le contraindre à sacrifier aux idoles. Le préfet employa toutes les tortures en pure perte : Genès répondit constamment : « Il n'est point de maître comparable à celui qui vient de m'apparaître ; je l'adore et le chéris de toute mon âme ; quand j'aurais mille vies à perdre, rien ne me séparera de lui : jamais les tourments ne m'ôteront Jésus-Christ de la bouche et du coeur ; je sens le plus vif regret de tous mes égarements passés et de ce que j'ai commencé si tard a le servir. » Dès que l’on s'aperçut que son éloquence faisait impression et on s'empressa de lui trancher la tête.
On doit cependant remarquer qu'une cérémonie aussi impie dans son principe ne pût être pour saint Genès un baptême de saint que par une grâce toute miraculeuse, par laquelle Dieu excita dans le cœur de ce saint une vraie et sincère douleur de ses fautes.
Extrait du : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (Édition 1860)
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Le baptême étant absolument nécessaire pour le salut, N. S. Jésus-Christ en l'instituant a donné aux hommes toutes les facilités imaginables de le recevoir ; c'est pour ce sujet que quoique ordinairement il n'y ait que les prêtres qui aient droit de baptiser et qu'il faille porter les enfants à l'église pour y recevoir ce sacrement avec les cérémonies ordinaires.
Cependant toute personne peut baptiser dans le cas de nécessité et le baptême est valide, pourvu qu'elle verse de l'eau naturelle sur le baptisé en prononçant ces paroles : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Pour être véritablement baptisé, il faut que l'eau ait touché le front de la personne à baptiser, autrement il faudrait considérer le baptême comme douteux et baptiser ensuite l'enfant sous condition.
C'est ce qu'on doit faire aussi si l'on a un doute fondé que l'enfant ait réellement été baptisé, ou qu'il l'ait été comme il faut, ainsi que dans d'autres cas extraordinaires. Alors on doit le baptiser ainsi, en disant lorsqu'on verse l'eau sur le front : Si tu n'es pas baptisé, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Le baptême étant absolument nécessaire à tous les hommes, c'est une obligation pour ceux qui se convertissent à la foi catholique, ayant l'usage de la raison, de recevoir ce sacrement, mais alors on a soin de les disposer à cette grande action par une instruction suffisante et par la préparation de leur cœur principalement en les excitant à la contrition de leurs péchés.
histoire : Un missionnaire du nouveau monde parcourait les régions les plus éloignées pour gagner des âmes à Jésus-Christ. Il se présenta un jour à lui un sauvage dont les dispositions lui parurent extraordinaires. Dès qu'il fût bien instruit des mystères de notre sainte religion et de ce qui regarde les sacrements, il lui administra le baptême et lui donna la sainte Eucharistie, qu'il reçut avec les plus vifs transports de la reconnaissance et de l'amour. Le missionnaire partit pour d'autres excursions apostoliques et revint un an après dans ce lieu où était le sauvage devenu chrétien.
Dès que celui-ci eut connaissance de l'arrivée du missionnaire, qu'il regardait comme son père, il se rendit auprès de lui et le conjura de lui donner de nouveau la sainte communion. Oui, mon fils, lui dit-il; mais il faut auparavant que vous confessiez les péchés mortels dont vous avez pu vous rendre coupable : ne craignez rien, je vous aiderai à bien le faire.
Quoi ! Mon père, répondit le sauvage avec étonnement, il y aurait des chrétiens, qui après avoir été baptisés et avoir reçu le corps de Jésus-Christ, seraient assez ingrats pour l'outrager par quelque péché mortel ? Grâce à Dieu, je ne crois pas être coupable d'aucun de ces péchés. Il fondait en larmes en accusant les fautes les plus légères.
Le missionnaire, dans l'admiration, bénissait Dieu, voyant qu'il était servi et glorifié par des âmes fidèles et ferventes jusque parmi les peuples les plus sauvages. (Lettres édifiantes)
Inspiré du : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (Édition 1860)
Informations additionnelles de l’auteur du blog :
Pour la validité d'un sacrement, il faut trois conditions :
La matière, c’est l’eau.
La forme ce sont les paroles.
L’intention de faire ce qu'à toujours fait la Sainte Église Catholique.
Il est important de savoir que celui qui baptise doit avoir l’intention d’effacer la tache originelle due aux péchés d’Adam et d’Ève, nos premiers parents. S’il ne croit plus au péché originel, comment peut-il faire ce que la Sainte Église a toujours fait ? Il manque alors une condition pour la validité du sacrement. Si on a des doutes on doit baptiser sous condition. Surtout lorsque cette cérémonie sert, comme une initiation, pour l’entrée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne d’une paroisse… Alors soyons bien attentif.
S.V.P. Relire : http://elogofioupiou.over-blog.com/article-validite-du-sacrement-de-bapteme-98486526.html
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Les preuves de la religion … (27)
Il ne manque pas de gens qui pensent que l'incrédulité est une preuve d'absence de préjugés et de sagesse, et peut-être est-ce là le motif qui en a porté plusieurs jusqu'au point d'en prendre l'extérieur.
Lamentable extravagance née de la vanité et de l'ignorance ! Préjugé funeste qu'il est nécessaire de combattre, et contre lequel il faut prémunir le chrétien dès ses premières années. Un livre comme celui-ci n'est pas l'endroit propice pour dissiper une pareille erreur avec toute l'abondance d'érudition et de réflexions à laquelle convie la matière ; cependant il ne sera pas hors de propos de présenter quelques considérations et de consigner ici quelques faits, qui pourront servir à constater que la foi n'est pas en opposition avec les lumières et avec la sagesse.
En premier lieu, la foi s'exerce sur des objets que l'homme ne peut comprendre à la lumière de la raison ; tellement que s'il veut examiner avec les seules forces de son intelligence les mystères augustes que la foi lui enseigne, il reste ébloui et dans les ténèbres. Les sciences humaines ont pour objet les choses que notre raison peut atteindre : donc la foi s'exerçant sur des objets autres que ceux qui occupent la science, l'une ne cause ni tort ni embarras à l'autre.
La foi et la science, loin de se gêner et de se faire tort l'une à l'autre, se viennent au contraire réciproquement en aide ; car étant l’une aussi bien que l'autre une lumière accordée d'en haut à l'entendement humain, elles sont comme deux sœurs qui peuvent et doivent vivre dans une étroite amitié, en se rendant des services mutuels. L'homme qui croit, en même temps qu'il possède la science, trouve des raisons nombreuses de s'assurer combien sa foi est solidement fondée; et quoiqu'il ne lui soit pas possible de placer dans une lumière complète les mystères qui forment l'objet de sa croyance, il sait au moins les rendre plausibles, en les présentant sous mille aspects différents, et en faisant voir que s'ils sont supérieurs à la raison, ils ne sont cependant pas contraires à la raison.
La science à son tour peut également recueillir beaucoup d'avantages de la foi, et elle les a recueillis en effet, comme on peut le prouver l'histoire à la main. Si l'on compare la science des philosophes païens avec celle des philosophes chrétiens, en ce qui concerne les questions les plus élevées, on verra que les premiers étaient de véritables enfants par rapport aux seconds.
Et en effet un enfant avec le seul catéchisme chrétien acquiert des connaissances si relevées, que si Socrate, Platon, Aristote, Cicéron, Sénèque, en un mot, tous les grands hommes de l'antiquité, pouvaient sortir du tombeau, ils écouteraient dans la stupeur et l'admiration. Et à bon droit, puisqu'ils entendraient expliquer avec une simplicité sublime les plus hautes questions sur Dieu, sur l'homme, sur la morale, eux qui consumèrent une longue existence à poursuivre une solution tout au plus vraisemblable de ces questions.
Ceci n'est point une exagération, c'est une vérité sur laquelle sont d'accord tous les hommes éclairés; et les incrédules eux-mêmes n'ont pu nier les grands progrès dont l'esprit humain est redevable aux enseignements du christianisme. Comment donc serait-il possible que la Religion de Jésus-Christ fût en opposition avec la science, et que l'incrédulité fût la preuve d'une intelligence éclairée? Ce qui a contribué si puissamment à répandre les lumières sur l'humanité, pourrait-il être l'ami des ténèbres ? Ce qui est descendu du sein de la sagesse infinie, de la source de toute lumière, ne peut être ennemi de la lumière.
Ceux qui pensent que l'incrédulité est fille des lumières, montrent qu'ils n'ont qu'une connaissance fort bornée de l'histoire du savoir humain. Il suffit d'ouvrir un de ces ouvrages qui contiennent les vies des hommes illustres, de ceux qui par leurs talents et leur savoir ont honoré l'humanité depuis l'établissement de la Religion chrétienne, et l'on verra que les savants les plus distingués se sont glorifiés du beau titre de fils de l'Église catholique. Qu'on parcoure les listes des hommes qui se sont le plus signalés dans une branche quelconque des connaissances humaines, et il est bien sûr que l'Église catholique pourra toujours nommer un grand nombre de ses fils, qui sans cesser de captiver leur entendement sous le joug de la foi, ont brillé comme des flambeaux étincelants par leurs talents et leur savoir.
Mais quoi ! Ne possédons-nous pas d'immenses bibliothèques, qui sont comme le dépôt des connaissances humaines? D'où est donc venu cet amas de livres, dont la vue seule nous effraie ? Qu'on les visite, et l’on verra que ces livres sont en immense majorité l'œuvre d'auteurs chrétiens dont la majorité sont des ecclésiastiques.
Donc c'est une ineptie de dire que la Religion est ennemie du savoir, que l'incrédulité est une preuve de lumières, et que la foi est l'apanage des esprits faibles et étroits ; donc se montrer incrédule pour paraître savant, est un signe évident d'ignorance, c'est une vanité puérile, c'est une frivolité condamnable, dont doit se préserver avec soin tout homme intelligent et judicieux.
La force de cette vérité est si grande, que même au milieu de la dissipation et de l'agitation du monde, l'irréligion commence à être vue de mauvais œil, et la mode insensée de se poser en incrédule arrive à tomber dans le mépris. Entre personnes bien élevées, même parmi celles qui ont peu d'attachement à la Religion, on regarde comme une chose indigne d'un galant homme l'habitude des propos irréligieux.
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (26)
La défense que fait l'Église de lire les mauvais livres, est un des points sur lesquels ses ennemis ont beaucoup déclamé.
Ceux-ci ne reconnaissant pas en tout le reste l'autorité de l'Église, il n'est pas étonnant qu'ils ne la reconnaissent pas non plus en ce qui concerne la prohibition des mauvais livres, mais ils devraient avouer au moins que l'Église par cette prohibition agit conformément à ses principes, et remplit un devoir que lui impose son institution.
Un père de famille qui voit introduire dans sa maison un livre contenant des doctrines perverses, use d'un droit indéniable en défendant à sa famille de le lire; l'autorité civile défend avec le même droit la circulation des écrits, qui poussent à l'infraction des lois ou à la corruption des mœurs, ou bien encore qui peuvent provoquer des troubles et des séditions ; c'est à dire que c'est un droit reconnu de l'autorité paternelle et civile de veiller sur les livres et les écrits : et il ne saurait en être autrement, puisque l'influence considérable qu'un écrit peut exercer en bien ou eu mal est chose généralement reconnue.
Ces observations préalablement faites, je demanderai à tout homme judicieux s'il ne trouve pas très naturel, très juste, très raisonnable que l'Église chargée de la garde du dépôt sacré de la saine doctrine, qui a reçu de Jésus-Christ la mission de conduire les hommes à la sublime destinée du salut éternel, veille avec un soin assidu sur les livres dangereux qui circulent parmi les fidèles, et défende la lecture de ceux dont elle juge l'influence pernicieuse? Quel plus grand poison qu'un livre qui pervertit les idées, ou corrompt les mœurs?
Gomment peut-on disputer à l'Église le droit de défendre à ses membres de donner par une curiosité indiscrète la mort à leurs âmes?
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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