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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 08:54
Pour connaître, du moins imparfaitement, l’énormité du péché mortel, il faut considérer DIEU, en lui-même, dans ses effets et dans le châtiment.


En lui-même, le péché mortel est une révolte contre Dieu et une ingratitude monstrueuse. Mais qu’est-ce que Dieu, et quelle est sa puissance? Au commencement, rien de ce que nous voyons n’existait, il n’y avait ni Ciel, ni terre, ni montagnes, ni rivières, ni animaux, ni plantes. Dieu dit, et tout cela fut fait. Avec la même facilité qu’il créa l’univers, il le gouverne, et toutes les créatures lui obéissent. Il dit au soleil de se lever tous les jours, et il se lève ; il dit aux astres d’accomplir leurs révolutions dans l’espace, sans jamais s’écarter de la ligne que sa main puissante leur a tracée, et les astres la suivent avec une régularité parfaite.
Il appelle l’aquilon et les tempêtes, et ils accourent des extrémités de la terre, et ils bouleversent l’Océan, et des masses d’eau s’élèvent en mugissant comme de hautes montagnes qui semblent devoir engloutir la terre. Il dit à l’aquilon et aux tempêtes de s’apaiser, et ils s’apaisent ; il dit à la mer en furie de rentrer dans son lit, et la mer, obéissante comme une brebis sous la main du berger, rentre dans ses abîmes. Il dit à la terre de produire des plantes et des fruits de toute espèce, et la terre se couvre de richesses aussi variées que nos besoins et nos désirs. Au moindre signe de sa pensée, les innombrables intelligences des Cieux accourent, et, humblement prosternées au pied de son trône, lui disent : Nous voici. Il parle, et les Chérubins, et les Séraphins, et les Anges et les Archanges exécutent ses volontés avec la rapidité de l’éclair.
Ce grand Dieu commande, et tout s’empresse de lui rendre hommage, tout lui est soumis. Je me trompe, au milieu de ce concert unanime, une voix se fait entendre, qui dit : Je n’obéirai pas. Quel est donc l’être audacieux qui lève contre le Dieu fort, éternel, tout-puissant, l’étendard de la révolte? C’est l’homme ! L’homme, vil amas de boue et de pourriture ; l’homme, être débile, pauvre, misérable, qui ne vit qu’un jour, et encore ne vit-il que d’emprunt : tel est l’être qui ose se mesurer avec le Tout-Puissant.
Voyez avec quelle insolente fierté il prononce contre Dieu ses blasphèmes : Je le sais, vous imposez des lois à toute la nature, et toute la nature vous obéit ; mais moi je ne vous obéirai pas, je me moque de vos lois, de vos promesses et de vos menaces ; je veux penser ce que je voudrai, aimer ce que je voudrai, faire ce que je voudrai, vivre comme je l’entendrai. Tel est le langage que tient le pécheur toutes les fois qu’il commet un péché mortel.
Le péché mortel n’est pas seulement une révolte ouverte contre Dieu, c’est encore une ingratitude monstrueuse. Quel est cet être qui ose dire à Dieu : Je ne vous obéirai pas ? C’est un être courbé sous le poids des bienfaits de Dieu, tout couvert du sang auguste qui l’a sauvé ; c’est l’homme enfin pour qui Dieu a fait le monde et sacrifié son Fils : et, ce qu’il y a de plus criminel, l’homme se sert des bienfaits mêmes de Dieu pour l’outrager. L’air, l’eau, le feu, la lumière, les ténèbres, le vin, les plantes, les animaux, les métaux sont les créatures de Dieu. Cet esprit, ce coeur, cette imagination, cette âme, ces yeux, ces oreilles, cette langue, ces pieds, ces mains, ce corps, il les tient de Dieu, et il s’en sert pour outrager Dieu ! Ingrat, voilà le nom du pécheur. Ingratitude, voilà son crime, crime qui excite dans tous les coeurs l’horreur et l’indignation. Ce que nous venons de dire vous présente une bien faible idée de l’énormité du péché mortel, considéré en lui-même.
Dans ses effets. Le péché mortel prive de l’amitié de Dieu, fait perdre nos mérites passés et ferme le Ciel. Qui pourrait raconter ce qui se passe dans une âme malheureuse au moment où elle tombe dans le péché mortel ? Belle comme un Ange, brillante comme l’aurore, elle devient noire comme un charbon, horrible comme Satan ; sa robe d’innocence lui est enlevée ; l’auguste Trinité sort de son coeur; une troupe hideuse de démons la remplace; son nom est effacé du livre de vie. Qu’elle vienne à mourir en cet état, et la voilà ensevelie pour l’éternité dans un gouffre de feu : tous ses mérites passés sont perdus.
On plaint le laboureur dont le champ a été ravagé par la grêle, le navigateur dont le vaisseau a été englouti par les flots ; quelles plaintes ne mérite pas l’âme infortunée qui vient de perdre ses mérites, son Paradis, son Dieu ! Il est vrai, si elle recourt au Sacrement de Pénitence et qu’elle obtienne le pardon de sa faute, ses mérites revivront ; mais, tant qu’elle reste ennemie de Dieu, ses mérites sont perdus pour elle. Bien plus, elle ne peut en acquérir de nouveaux : tout ce qu’elle fait en état de péché mortel est sans valeur pour le ciel.
Dans ses châtiments. Pour apprécier l’énormité du péché mortel, il suffit d’une réflexion bien simple. Dieu est juste, infiniment juste, il ne peut punir le péché plus qu’il mérite ; Dieu est bon, infiniment bon ; sa miséricorde le porte continuellement à punir le péché moins qu’il mérite. Or, voilà six mille ans que Dieu inonde l’univers de châtiments épouvantables, et tout cela pour punir le péché mortel : ce n’est rien encore. Pour punir le péché, Dieu a creusé l’enfer, l’enfer éternel, où le pécheur sera livré sans relâche à des tourments dont la seule pensée fait frissonner.
Ce qui passe toute imagination, en haine du péché, Dieu a fait mourir son propre Fils sur une croix entre deux scélérats ! Voilà les châtiments du péché mortel : et Dieu est juste, et Dieu est bon, infiniment juste, infiniment bon.
Qu’est-ce donc que le péché mortel ? Et nous n’y pensons pas, et nous le commettons sans peine, et, après l’avoir commis, nous dormons tranquilles ! Nous qui avons versé tant de larmes pour des bagatelles, c’est à peine si nous en avons versé une sur nos péchés !
Que désormais, au moins, on puisse dire de nous ce qu’on disait d’un saint Basile: Cet homme ne craint que le péché. 
Extrait de Mgr Gaume – Catéchisme de persévérance (1889)
elogofioupiou.over-blog.com

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 10:15
Baronius rapporte que Julien l’apostat, après son infâme apostasie, conçut une haine si vive contre le Saint Baptême, qu’il cherchait jour et nuit les moyens d’en effacer le caractère sacré.
Il fit, pour cela, préparer un bain de sang de chèvres et se mit dedans, voulant, avec ce sang impur d’une victime consacrée à Vénus, effacer de son âme le caractère sacré du Baptême. Cette conduite vous paraît abominable : mais si Julien avait pu réussir dans son dessein, il est certain qu’il aurait beaucoup moins souffert en enfer.
Pauvres pécheurs, le conseil que je veux vous donner vous paraîtra sans doute étrange; et cependant, à bien y réfléchir, il est au contraire inspiré par une tendre compassion pour vous. Je vous conjure donc à genoux, par le sang de Jésus Christ et par le cœur de Marie, de changer de vie, de vous remettre dans la voie qui conduit au ciel, et de faire tout votre possible pour appartenir au petit nombre des élus.
Si, au lieu de cela, vous voulez continuer à marcher dans la voie qui conduit aux enfers et chercher le moyen d’effacer en vous le baptême. Malheur à vous, si vous emportez en enfer, gravé dans votre âme, le nom sacré de Jésus-Christ et le caractère sacré du chrétien. Votre confusion en sera beaucoup plus grande.
Faites donc ce que je vous conseille : si vous ne voulez pas vous convertir, allez dès aujourd’hui prier votre curé d’effacer votre nom du registre des baptêmes, afin qu’il ne reste plus aucun souvenir que vous ayez jamais été chrétien, suppliez votre ange gardien d’effacer de son livre les grâces, les inspirations et les secours qu’il vous a donnés par l’ordre de Dieu, car malheur à vous s’il se les rappelle. Dites à Notre-Seigneur qu’il reprenne Sa foi, Son baptême, Ses sacrements.
Si vous êtes saisis d’horreur à cette pensée : Jetez-vous donc aux pieds de Jésus-Christ, et dites-Lui, les larmes aux yeux et le cœur contrit : « Seigneur, je confesse que jusqu’ici je n’ai point vécu en chrétien, je ne suis pas digne d’être compté parmi Vos élus, je reconnais que j’ai mérité la damnation, mais Votre miséricorde est si grande : et plein de confiance en Votre grâce, je vous redis que je veux sauver mon âme, dussé-je sacrifier ma fortune, mon honneur, ma vie même, pourvu que je me sauve. Si jusqu’ici j’ai été infidèle, je m’en repens, je déplore, je déteste mon infidélité, je vous en demande humblement pardon. Pardonnez-moi, mon bon Jésus, et fortifiez-moi en même temps, afin que je me sauve. Je ne Vous demande ni les richesses, ni les honneurs, ni la prospérité ; je ne demande qu’une chose, c’est de sauver mon âme ».
Et Vous, ô Jésus ! Qu’en dites-Vous ? Voici la brebis errante qui revient à Vous, ô bon pasteur ; embrassez ce pécheur repentant, bénissez ses larmes et ses soupirs, ou plutôt bénissez ce peuple si bien disposé et qui ne veut plus chercher autre chose que son salut. Prions, mes frères, aux pieds de Notre-Seigneur, disons Lui que nous voulons coûte que coûte, sauver notre âme. Répétons, les larmes aux yeux : « Bon Jésus, je veux sauver mon âme ». O larmes bénies, ô bienheureux soupirs !
Je veux, mes frères, vous renvoyer tous consolés aujourd’hui. Si donc vous me demandez mon sentiment sur le nombre des élus, le voici : Qu’il y ait beaucoup ou peu d’élus, je dis que celui qui veut se sauver se sauve, et que personne ne se perd s’il ne veut se perdre. Et s’il est vrai qu’il en est peu qui se sauvent, c’est qu’il y en a peu qui vivent bien.
Comparez ces deux opinions : la première, qui dit que le plus grand nombre des catholiques sont condamnés; la seconde, qui prétend au contraire que le plus grand nombre des catholiques sont sauvés ; (1) Représentez-vous un ange, envoyé par Dieu pour confirmer la première opinion, vienne vous dire que non seulement la plupart des catholiques sont damnés mais que de toute cette foule ici présente, un seul sera sauvé.
Si vous obéissez aux commandements de Dieu, si vous détestez la corruption de ce siècle, si vous embrassez avec un esprit de pénitence la croix de Jésus-Christ, vous serez ce seul qui se sauvera.
(2) Représentez-vous ensuite que cet ange revienne parmi vous, et que, pour confirmer la seconde opinion, il vous dise que non seulement la plus grande partie des catholiques sont sauvés, mais que de tout cet auditoire une seule personne sera damnée et tous les autres se sauveront. Si vous continuez après cela vos usures, vos vengeances, vos actions criminelles, vos impuretés, vous serez ce seul qui se damnera.
A quoi sert donc de savoir s’il en est peu ou beaucoup qui se sauvent ? « Tâchez de rendre votre élection certaine par vos bonnes œuvres », nous dit saint Pierre. « Si vous voulez, vous vous sauverez », dit saint Thomas d’Aquin à sa sœur, qui lui demandait ce qu’elle devait faire pour aller au ciel. Je vous dis la même chose : et voici comment je prouve mon assertion. Personne ne se damne s’il ne pèche mortellement, c’est de foi ; personne ne pèche mortellement s’il ne le veut, c’est là une proposition théologique incontestable.
Donc, personne ne va en enfer, sauf s’il elle le veut. La conséquence est évidente. Cela ne suffit-il pas pour vous consoler? Pleurez les péchés passés, confessez-vous bien, ne péchez plus à l’avenir, et vous serez tous sauvés.
Pourquoi donc tant se tourmenter, puisqu’il est certain que pour aller en enfer il faut pécher mortellement, que pour pécher mortellement il faut le vouloir, et que par conséquent on ne va en enfer que si on le veut ?
Ce n’est pas là une opinion, mais une vérité incontestable et bien consolante ; que Dieu vous la fasse comprendre et vous bénisse. Amen.
Saint Léonard de Port Maurice (1676-1751)
elogofioupiou.over-blog.com

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 10:11

Présentés à l'église pour recevoir le saint baptême, on nous a demandé si nous croyions en Dieu, si nous voulions vivre selon les maximes de l'Évangile et si nous renoncions de cœur et d'affection au démon et à ses pompes, au monde et à ses maximes, et ce n'est qu'après une réponse formelle et affirmative qu'on nous a admis au nombre des enfants de Dieu.

 

C'est donc à la face du ciel et de la terre, en présence de Dieu et des anges, que nous avons promis de nous soumet­tre à la loi de Jésus-Christ et de l'observer dans toute son étendue.

 

Nous n'avions pas, il est vrai, l'usage de la rai­son quand nous avons reçu le baptême ; mais c'est pour nous et en notre nom que ces promesses ont été faites ; nous lesavons ratifiées depuis, toutes les fois que nous avons fait profession publique du Christianisme ; nous les ratifions encore tous les jours par le signe de la croix, la récitation de l'oraison dominicale, l'assistance au saint sa­crifice de la messe, la participation aux sacrements. Nous ne sommes donc plus à nous, nous appartenons à Dieu, no­tre âme, notre corps, tout est à lui.

 

Suivre les maximes du monde, rechercher ses vanités, aimer les pompes du dé­mon, rougir de l'Évangile, ce serait renoncer à la qualité de chrétien, violer ses engagements, devenir prévaricateur, fouler aux pieds le sang de Jésus-Christ, outrager l'Esprit saint et le chasser honteusement de son cœur.

 

N'oublions donc jamais que ces promesses sont écrites dans le livre de vie, que Dieu les garde dans le ciel et qu'elles deviendront le sujet du jugement que nous aurons à subir à l'heure de notre mort. Notre salut, notre éternelle destinée dépend de notre fidélité à les remplir. Pour ne pas les oublier, nous devons les renouveler souvent et remercier sans cesse le Seigneur de nous avoir arrachés à la puissance des ténè­bres pour nous appeler au royaume de son Fils.

 

histoire : Nous lisons dans l'histoire de l'Église qu'un saint diacre nommé Murrita, ayant tenu sur les fonds sacrés un jeu­ne homme nommé Elpidophore, eut la douleur de le voir deve­nir apostat et persécuteur des chrétiens. Un jour qu'il exer­çait publiquement la persécution au milieu d'une foule immen­se, le saint diacre parut tout à coup, il avait conservé les vête­ments blancs dont Elpidophore avait été revêtu lorsqu'il fut baptisé, et les lui montrant, il lui adressa ces foudroyantes pa­roles : «Voilà les témoins de ton apostasie ; ces témoins t'ac­cuseront au tribunal du souverain juge. La voilà cette robe blanche dont je t'ai revêtu sur les fonts sacrés: elle demande­ra vengeance contre toi ; elle se changera en un vêtement de feu, de flammes qui te dévoreront pendant l'éternité tout entiè­re. »

 

Ceux qui entendirent ces paroles fondirent en larmes et Elpidophore se retira couvert de confusion.

Histoire de l’Église.

 

Extrait du : NOUVEAU TRAITÉ DES  DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  (Édition 1860)

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 03:02

Comme le baptême est le premier et le plus nécessaire des sacrements, l'Église, afin de mieux faire connaître quelle en est l'excellence et ce à quoi on s'engage en le re­cevant, veut qu'on l'administre avec un grand nombre de gestes.

 

On fait très souvent le signe de la croix en administrant le baptême pour marquer que ce sacrement tire toute sa valeur de la croix de Jésus-Christ et pour marquer que la vie d'un chrétien est une vie de croix et de souffrances continuelles et qu'il doit marcher sur les traces de Jésus-Christ.

 

On y fait plusieurs onctions tant avec l'huile des catéchumènes qu'avec le saint chrême, pour mar­quer l'onction intérieure de la grâce que le Saint-Esprit ré­pand dans l'âme de celui que l'on baptise ; car, comme l'huile pénètre le corps, le fortifie et guérit ses plaies, ainsi la grâ­ce que l'on reçoit dans le baptême pénètre le cœur et le forti­fie contre les passions.

 

Celui qui doit être baptisé reste d'abord à l'entrée de l'église, pour marquer qu'étant esclave du démon, il n'a aucun droit d'entrer plus avant dans la maison de Dieu, à cause du péché originel dont il est souillé.

 

Là, le prêtre marque l'enfant du signe de la croix sur le front et sur la poitrine ; il fait sur lui des exorcismes pour éloigner de lui le démon ; il lui met du sel dans la bouche pour signifier qu'il va lui communiquer l'esprit de sagesse. Puis ayant de nouveau fait le signe du salut sur le front de l'enfant, avec défense au démon de ne jamais oser violer ce si­gne auguste, il invoque et conjure instamment Dieu, au­teur de toute lumière et de toute vérité, en faveur du nou­veau serviteur qui est présenté à son service. Il intro­duit alors l'enfant dans l'église, et demande au parrain et à la marraine de réciter avec lui le symbole des apôtres, l'o­raison dominicale et la salutation angélique.

 

Il fait encore des exorcismes, touche les oreilles de l'en­fant avec de la salive, en demandant qu'elles soient ouver­tes aux vérités du salut et repousse de nouveau le démon.

 

Les exorcismes ainsi terminés, le prêtre exige une renonciation formelle à Satan, puis il fait à l'enfant l'onction avec l'huile des catéchumènes.

 

Ensuite il lui faut faire une profession de foi en l'inter­rogeant sur les points principaux du symbole. Et enfin, sur son désir formellement exprimé, il lui administre le sa­crement au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et achève sa consécration par l'onction du saint chrême au sommet de la tête, qu'il revêt ensuite d'un vêtement blanc, symbole de l'innocence de l'âme régénérée par l'eau sainte qui vient de couler sur le front.

 

Les parrain et marraine interviennent dans le baptême solennel pour présenter à l'église celui qui doit être baptisé, être témoins de son baptême, répondre pour lui s'il n'a pas l'usage de la raison et lui servir de caution pour la grâce reçue dans ce sacrement.

 

L'obligation des parrains et marraines est d'aimer leurs filleuls comme leurs enfants spirituels et de veiller à leur éducation et à leur conduite pour qu'ils remplissent fidèle­ment les engagements de leur baptême.

 

Ils doivent y veil­ler par leurs prières, par leurs exemples et leurs avis dans les circonstances où ils le peuvent. Ils contractent avec l'enfant et les parents de l'enfant, une alliance spirituelle dont l'Église a fait un empêchement dirimant au mariage.

 

histoire : On faisait des réjouissances à Rome et l'empe­reur Dioclétien s'y était rendu. Le comédien Genès crut ne pouvoir mieux divertir la cour impie qu'en contrefaisant par  dérision les cérémonies du baptême. Il parut couché sur le théâtre comme s'il eût été malade et demanda à être baptisé pour mourir tranquille. On fit paraître deux autres comédiens travestis, l'un en prêtre et l'autre en exorciste. Ils s'approchè­rent du lit et dirent à Genès: « Mon enfant, pourquoi nous faites-vous venir ? » A l'instant le cœur de Genès fut changé et il répondit très sérieusement : «Parce que je veux recevoir la grâce de Jésus-Christ et par la sainte régénération obtenir la délivrance de mes péchés. »  

 

On crut qu'il n'en jouait que mieux son rôle. On accomplit les cérémonies du sacrement et quand on lui eut mis les habits blancs, des soldats le prirent en continuant la farce et le présentèrent à l'empereur pour être in­terrogé comme les martyrs. Genès, profitant de la facilité na­turelle qu'il avait pour la parole, d'un air et d'un ton inspirés, fit ce discours du lieu élevé où il était : « Écoutez, empereur et courtisans, sénateurs, plébéiens ; tous les ordres de la superbe Rome, écoutez-moi. Ci-devant, lorsque j'entendais seulement proférer le nom de Jésus-Christ, j'en frissonnais d'horreur et j'outrageais autant qu'il était en moi ceux qui professaient cet­te croyance. J'ai pris en haine plusieurs même de mes pro­ches et de mes alliés à cause du nom chrétien et j'ai détesté cette religion au point de m'instruire exactement de ses mystè­res, comme vous avez pu le voir, afin d'en faire le jeu public ; mais des  que l'eau du baptême a touché ma chair, mon cœur s'est changé et, à l'interrogation que l'on m'a faite, j'ai répondu sincèrement que je croyais. Je voyais une main s'é­tendre du haut des cieux et des anges étincelants de lumière planer au-dessus de moi. Ils ont lu dans un livre terrible tous tes péchés que j'ai commis dès mon enfance, les ont effacés aussitôt après, puis m'ont remontré le livre plus blanc que la nei­ge. Vous donc, maintenant, grand empereur, et vous, specta­teurs de toute condition que nos jeux sacrilèges ont fait rire de ces divins mystères, croyez avec moi, qui suis plus coupable que vous, croyez que Jésus-Christ est le Seigneur digne de nos adorations et tâchez d'en obtenir aussi miséricorde.»

 

L'empereur Dioclétien, également irrité et surpris, fit d'a­bord frapper Genès àcoups de bâton, puis il le remit au préfet Plautien, afin de le contraindre à sacrifier aux idoles. Le pré­fet employa toutes les tortures en pure perte : Genès répondit constamment : « Il n'est point de maître comparable à celui qui vient de m'apparaître ; je l'adore et le chéris de toute mon âme ; quand j'aurais mille vies à perdre, rien ne me séparera de lui : jamais les tourments ne m'ôteront Jésus-Christ de la bouche et du coeur ; je sens le plus vif regret de tous mes éga­rements passés et de ce que j'ai commencé si tard a le servir. » Dès que l’on s'aperçut que son éloquence faisait impression et on s'em­pressa de lui trancher la tête.

 

On doit cependant remarquer qu'une cérémonie aussi impie dans son principe ne pût être pour saint Genès un baptême de saint que par une grâce toute miraculeuse, par laquelle Dieu excita dans le cœur de ce saint une vraie et sincère douleur de ses fautes.

 

Extrait du : NOUVEAU TRAITÉ DES  DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  (Édition 1860)

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 00:20

Le baptême étant absolument nécessaire pour le salut, N. S. Jésus-Christ en l'instituant a donné aux hommes toutes les facilités imaginables de le recevoir ; c'est pour ce sujet que quoique ordinairement il n'y ait que les prêtres qui aient droit de baptiser et qu'il faille porter les enfants à l'église pour y recevoir ce sacrement avec les cérémonies ordinaires.

 

Cependant toute personne peut baptiser dans le cas de né­cessité et le baptême est valide, pourvu qu'elle verse de l'eau naturelle sur le baptisé en prononçant ces paroles : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Pour être véritablement baptisé, il faut que l'eau ait tou­ché le front de la personne à baptiser, autrement il fau­drait considérer le baptême comme douteux et baptiser en­suite l'enfant sous condition.

 

C'est ce qu'on doit faire aussi si l'on a un doute fondé que l'enfant ait réellement été baptisé, ou qu'il l'ait été comme il faut, ainsi que dans d'autres cas extraordinaires.  Alors on doit le baptiser ainsi, en disant lorsqu'on verse l'eau sur le front : Si tu n'es pas baptisé, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.  

 

Le baptême étant absolument nécessaire à tous les hommes, c'est une obligation pour ceux qui se convertissent à la foi catholique, ayant l'usage de la raison, de recevoir ce sacrement, mais alors on a soin de les disposer à cette grande action par une instruction suffisante et par la pré­paration de leur cœur principalement en les excitant à la contrition de leurs péchés.

 

histoire : Un missionnaire du nouveau monde parcourait les régions les plus éloignées pour gagner des âmes à Jésus-Christ. Il se présenta un jour à lui un sauvage dont les dispo­sitions lui parurent extraordinaires. Dès qu'il fût bien ins­truit des mystères de notre sainte religion et de ce qui regarde les sacrements, il lui administra le baptême et lui donna la sainte Eucha­ristie, qu'il reçut avec les plus vifs transports de la reconnais­sance et de l'amour. Le missionnaire partit pour d'autres excursions apostoliques et revint un an après dans ce lieu où était le sauvage devenu chrétien.

 

Dès que celui-ci eut connaissance de l'arrivée du missionnaire, qu'il regardait com­me son père, il se rendit auprès de lui et le conjura de lui don­ner de nouveau la sainte communion. Oui, mon fils, lui dit-il; mais il faut auparavant que vous confessiez les péchés mortels dont vous avez pu vous rendre coupable : ne craignez rien, je vous aiderai à bien  le faire.

 

Quoi ! Mon père, répondit le sauvage avec étonnement, il y aurait des chrétiens, qui après avoir été baptisés et avoir reçu le corps de Jésus-Christ, seraient assez ingrats pour l'outrager par quelque péché mortel ? Grâce à Dieu, je ne crois pas être coupable d'aucun de ces péchés.  Il fondait en larmes en accusant les fautes les plus légères.

 

Le missionnaire, dans l'admiration, bénissait Dieu, voyant qu'il était servi et glorifié par des âmes fidèles et ferventes jusque parmi les peuples les plus sauvages.    (Lettres édifiantes)

 

Inspiré du : NOUVEAU TRAITÉ DES  DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  (Édition 1860)

 

Informations additionnelles de l’auteur du blog :

 

Pour la validité d'un sacrement, il faut trois conditions :

La matière, c’est l’eau.

La forme ce sont les paroles.

L’intention de faire ce qu'à toujours fait la Sainte Église Catholique. 

 

Il est important de savoir que celui qui baptise doit avoir l’intention d’effacer la tache originelle due aux péchés d’Adam et d’Ève, nos premiers parents.  S’il ne croit plus au péché originel, comment peut-il faire ce que la Sainte Église a toujours fait ? Il manque alors une condition pour la validité du sacrement.  Si on a des doutes on doit baptiser sous condition.  Surtout lorsque cette cérémonie sert, comme une initiation, pour l’entrée d’un nouveau membre dans la communauté chrétienne d’une  paroisse…   Alors soyons bien attentif.

S.V.P. Relire : http://elogofioupiou.over-blog.com/article-validite-du-sacrement-de-bapteme-98486526.html

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 09:05

Les preuves de la religion … (27)

Il ne manque pas de gens qui pensent que l'incrédulité est une preuve d'absence de pré­jugés et de sagesse, et peut-être est-ce là le motif qui en a porté plusieurs jusqu'au point d'en prendre l'extérieur.

 

Lamentable extra­vagance née de la vanité et de l'ignorance ! Préjugé funeste qu'il est nécessaire de com­battre, et contre lequel il faut prémunir le chrétien dès ses premières années. Un livre comme celui-ci n'est pas l'endroit propice pour dissiper une pareille erreur avec toute l'abondance d'érudition et de réflexions à laquelle convie la matière ; cependant il ne sera pas hors de propos de présenter quel­ques considérations et de consigner ici quel­ques faits, qui pourront servir à constater que la foi n'est pas en opposition avec les lumières et avec la sagesse.

 

En premier lieu, la foi s'exerce sur des objets que l'homme ne peut comprendre à la lumière de la raison ; tellement que s'il veut examiner avec les seules forces de son intel­ligence les mystères augustes que la foi lui enseigne, il reste ébloui et dans les ténèbres. Les sciences humaines ont pour objet les choses que notre raison peut atteindre : donc la foi s'exerçant sur des objets autres que ceux qui occupent la science, l'une ne cause ni tort ni embarras à l'autre.

 

La foi et la science, loin de se gêner et de se faire tort l'une à l'autre, se viennent au contraire réciproquement en aide ; car étant l’une aussi bien que l'autre une lumière ac­cordée d'en haut à l'entendement humain, elles sont comme deux sœurs qui peuvent et doivent vivre dans une étroite amitié, en se rendant des services mutuels. L'homme qui croit, en même temps qu'il possède la science, trouve des raisons nombreuses de s'assurer combien sa foi est solidement fon­dée; et quoiqu'il ne lui soit pas possible de placer dans une lumière complète les mys­tères qui forment l'objet de sa croyance, il sait au moins les rendre plausibles, en les présentant sous mille aspects différents, et en faisant voir que s'ils sont supérieurs à la raison, ils ne sont cependant pas contraires à la raison.

 

La science à son tour peut également recueillir beaucoup d'avantages de la foi, et elle les a recueillis en effet, comme on peut le prouver l'histoire à la main. Si l'on com­pare la science des philosophes païens avec celle des philosophes chrétiens, en ce qui concerne les questions les plus élevées, on verra que les premiers étaient de véritables enfants par rapport aux seconds.

 

Et en effet un enfant avec le seul catéchisme chrétien acquiert des connaissances si relevées, que si Socrate, Platon, Aristote, Cicéron, Sénèque, en un mot, tous les grands hommes de l'antiquité, pouvaient sortir du tombeau, ils écouteraient dans la stupeur et l'admiration. Et à bon droit, puisqu'ils entendraient ex­pliquer avec une simplicité sublime les plus hautes questions sur Dieu, sur l'homme, sur la morale, eux qui consumèrent une longue existence à poursuivre une solution tout au plus vraisemblable de ces questions.

 

Ceci n'est point une exagération, c'est une vérité sur laquelle sont d'accord tous les hommes éclairés; et les incrédules eux-mêmes n'ont pu nier les grands progrès dont l'esprit humain est redevable aux enseigne­ments du christianisme. Comment donc se­rait-il possible que la Religion de Jésus-Christ fût en opposition avec la science, et que l'incrédulité fût la preuve d'une intelligence éclairée? Ce qui a contribué si puis­samment à répandre les lumières sur l'humanité, pourrait-il être l'ami des ténèbres ? Ce qui est descendu du sein de la sagesse infinie, de la source de toute lumière, ne peut être ennemi de la lumière.

 

Ceux qui pensent que l'incrédulité est fille des lumières, montrent qu'ils n'ont qu'une connaissance fort bornée de l'histoire du savoir humain. Il suffit d'ouvrir un de ces ou­vrages qui contiennent les vies des hommes illustres, de ceux qui par leurs talents et leur savoir ont honoré l'humanité depuis l'établissement de la Religion chrétienne, et l'on verra que les savants les plus distingués se sont glorifiés du beau titre de fils de l'Église catholique. Qu'on parcoure les listes des hommes qui se sont le plus signalés dans une branche quelconque des connaissances humaines, et il est bien sûr que l'Église catholique pourra toujours nommer un grand nombre de ses fils, qui sans ces­ser de captiver leur entendement sous le joug de la foi, ont brillé comme des flam­beaux étincelants par leurs talents et leur savoir.

 

Mais quoi ! Ne possédons-nous pas d'im­menses bibliothèques, qui sont comme le dépôt des connaissances humaines? D'où est donc venu cet amas de livres, dont la vue seule nous effraie ? Qu'on les visite, et l’on verra que ces livres sont en immense majorité l'œuvre d'auteurs chrétiens dont la majorité sont des ecclésiastiques.

 

Donc c'est une ineptie de dire que la Religion est ennemie du savoir, que l'incrédulité est une preuve de lumières, et que la foi est l'apa­nage des esprits faibles et étroits ; donc se montrer incrédule pour paraître savant, est un signe évident d'ignorance, c'est une va­nité puérile, c'est une frivolité condamnable, dont doit se préserver avec soin tout homme intelligent et judicieux.

 

La force de cette vérité est si grande, que même au milieu de la dissipation et de l'agitation du monde, l'irréligion commence à être vue de mauvais œil, et la mode insensée de se poser en in­crédule arrive à tomber dans le mépris. Entre personnes bien élevées, même parmi celles qui ont peu d'attachement à la Reli­gion, on regarde comme une chose indigne d'un galant homme l'habitude des propos ir­réligieux.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:16

 

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (26)

La défense que fait l'Église de lire les mauvais livres, est un des points sur lesquels ses ennemis ont beaucoup déclamé.

 

 

Ceux-ci ne reconnaissant pas en tout le reste l'auto­rité de l'Église, il n'est pas étonnant qu'ils ne la reconnaissent pas non plus en ce qui concerne la prohibition des mauvais livres, mais ils devraient avouer au moins que l'Église par cette prohibition agit conformé­ment à ses principes, et remplit un devoir que lui impose son institution.

 

 

Un père de famille qui voit introduire dans sa maison un livre contenant des doc­trines perverses, use d'un droit indéniable en défendant à sa famille de le lire; l'auto­rité civile défend avec le même droit la cir­culation des écrits, qui poussent à l'infrac­tion des lois ou à la corruption des mœurs, ou bien encore qui peuvent provoquer des trou­bles et des séditions ; c'est à dire que c'est un droit reconnu de l'autorité paternelle et civile de veiller sur les livres et les écrits : et il ne saurait en être autrement, puisque l'influence considérable qu'un écrit peut exercer en bien ou eu mal est chose géné­ralement reconnue.

 

 

Ces observations préala­blement faites, je demanderai à tout homme judicieux s'il ne trouve pas très naturel, très juste, très raisonnable que l'Église chargée de la garde du dépôt sacré de la saine doc­trine, qui a reçu de Jésus-Christ la mission de conduire les hommes à la sublime desti­née du salut éternel, veille avec un soin assidu sur les livres dangereux qui circulent parmi les fidèles, et défende la lecture de ceux dont elle juge l'influence pernicieuse? Quel plus grand poison qu'un livre qui per­vertit les idées, ou corrompt les mœurs?

 

 

Gomment peut-on disputer à l'Église le droit de défendre à ses membres de donner par une curiosité indiscrète la mort à leurs âmes?

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

 

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