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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 11:34

 

Jésus, qu'on est heureux de servir un Maître tel que vous ! Qu'on est heureux de pouvoir se reposer tranquillement sur votre amour du soin de tout ce qui nous concerne !

 

 

Je veux, désormais avoir en vous une confiance sans bornes, je veux m'abandonner à vous sans réserve. Vous êtes mon protecteur, et vous veillez sans cesse sur moi ; qui pourra me faire trembler, ou de quoi pourrai-je avoir peur ?

 

 

Eh quoi ! Un prince est environné de ses gardes, et il ne craint rien ; un mortel est gardé par d'autres mortels comme lui, et il se croit en sûreté !

Qui craindrai-je, quand mon Dieu prend lui-même soin de moi ?

 

 

O Jésus, j'aurai toujours confiance en vous. L'enfer tout entier serait déchaîné contre moi que j'aurais encore con­fiance en vous. Avec vous, je n'ai rien à craindre de sa fureur, et il ne peut me ravir ce que vous m'avez donné. Je me re­poserai donc toujours en paix dans votre sein, et j'y pren­drai un doux repos que rien ne pourra troubler.

 

 

O mon Dieu! Je suis si persuadée que vous veillez sur tous ceux qui espèrent en vous, et qu'on ne peut manquer de rien quand on attend de vous toutes choses, que je prends la résolution de vivre à l'avenir sans aucun souci, et de me déchar­ger sur vous de toutes mes inquiétudes.

 

 

Les hommes peuvent me dépouiller des biens et de l'honneur ; les maladies peu­vent m'ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le péché, malheur, hélas ! Dont je vous conjure de me préserver, mais jamais je ne perdrai mon espérance.

 

 

Je conserverai cette espérance jusqu'au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l'enfer feront de vains efforts pour me l'arracher. Les uns peuvent attendre leur bonheur ou de leurs richesses ou de leurs talents ; les autres, s'appuyer sur l'innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leur péniten­ce, ou sur le nombre de leurs bonnes œuvres, ou sur la fer­veur de leurs prières ; pour moi, Seigneur, toute ma confiance est en vous seul : cette confiance ne trompe jamais personne.

 

 

Je suis donc en quelque sorte assurée que je serai éternelle­ment heureuse, parce que j'espère fermement de l'être, et que c'est de vous, ô mon Dieu, que je l'espère. Je sais hélas ! Combien je suis fragile et changeante ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies : mais tout cela n'est pas capable de m'effrayer ; tant que j'es­père, je me tiens à couvert de tous les malheurs.

 

 

C'est pourquoi je le dis et le redis à la face du ciel et de la terre: J'espère en vous, ô mon Dieu ! Je sais que je ne puis trop espérer en vous ; je sais que je posséderai un jour tout ce que j'aurai espéré de vous.

 

J'espère donc, ô mon doux Jésus, que vous me pardonnerez mes péchés, que vous m'aimerez tou­jours, et que moi-même je vous aimerai sans relâche pendant  le temps et pendant toute l'éternité.

 

 

Oh ! Aimable Sauveur, daignez faire, que cette espérance, soit profondément et ineffaçablement gravée dans le fond de mon cœur ! Que non seulement ma bouche, mais tous mes senti­ments vous disent : J'espère en vous !

 

 

Faites que mon espérance soit si ferme que rien ne soit capable de l'ébranler ; que ni les hommes, ni le monde, ni toutes les puissances de l'enfer conjurées contre moi, ne puis­sent altérer les sentiments d'une confiance que j'aurai éta­blie dans le Dieu de mon cœur.

 

 

Faites que mon espérance soit constante, qu'elle m'ac­compagne jusqu'à mon dernier moment, qu'elle me suive jus­qu'au tombeau ; et lors même que vous me frapperez du coup de la mort, que ma confiance vous consacre mes derniers soupirs. Tels sont les sentiments dans lesquels je désire vivre, et avec lesquels j'espère mourir.

 

 

O mon Dieu, comment, dans cette douce et ferme espéran­ce, ne supporterais-je pas toutes les peines de cette vie mor­telle à la vue de la vie immortelle qui m'est préparée ?

 

 

Comment, dans l'attente des biens suprêmes du ciel, ne me détacherais-je pas des biens périssables du monde ?

 

 

Comment, à la vue de la céleste patrie, ne me regarderais-je pas sur la terre comme dans un lieu d'exil ?

 

 

Comment ne me ferais-je pas une sainte violence durant quelques jours, pour avoir part aux délices d'une éternité bien­heureuse ? Beau ciel, terme de mes vœux, unique désir de mon cœur, unique occupation de ma vie et de tous les mo­ments qui me restent à gémir et à soupirer après mon bon­heur, puisse ton souvenir ne plus jamais me quitter !

 

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 01:22

Un grand obstacle au mérite de nos actions c'est que, quand nous faisons une chose, il nous arrive souvent de penser à une autre, de sorte que notre esprit distrait ne s'applique qu'à moitié à ce qu'il a à faire.

 

 

On s'inquiète, on se trouble ; on songe aussi au jour suivant, et ainsi l'on ne fait rien comme il faut. Le remède à ce mal est de s'appli­quer entièrement et uniquement à ce qu'on fait, comme si l'on n'avait rien autre chose à faire.

 

 

« Chaque chose à son temps, dit l'Esprit-Saint. A chaque jour suffit son mal : ne nous préoccupons point de ce que nous aurons à faire plus tard. »

 

 

Pendant la prière, ne songeons point aux affaires, ni aux sollicitudes de notre état. Quand nous serons à nos affaires, mettons-y tout notre soin. Pourquoi revenir sur le passé ? C'est chose consommée ; nous ne pouvons pas le changer.

 

 

Pourquoi anti­ciper sur l'avenir ? Nous ignorons quel il sera ; nous ne savons pas même si nous le verrons. C'est un grand mal de distraire ainsi l'attention de ce que nous faisons, pour la donner à ce que nous aurons à faire plus tard, souvent même à des ima­ginations et des rêveries qui jamais ne se réaliseront. C'est tuer le présent avec l'avenir, la réalité avec des fantômes ; c'est le moyen de ne jamais rien faire de bien.

 

 

La sagesse nous dit au contraire de renvoyer la pensée des choses à venir aux temps où nous aurons à les faire. Dieu, ami de l'ordre, bénira cette conduite et fera revenir en son temps avec profit ce que nous aurons laissé de côté pour lui plaire.

 

 

Nous y gagnerons au lieu d'y perdre. « La science, dit saint Basile, dont on se désoccupe pour la vertu, s'acquiert mieux ensuite par la vertu. »

 

 

D'un autre côté, nous sommes si faibles que peut-être le courage nous manquerait si nous envisagions d'un coup d'œil cinquante ou soixante ans à passer dans une parfaite retenue, dans une attention perpétuelle sur nous-mêmes, dans la pri­vation des aises de la vie, dans le renoncement à notre volon­té et à nos désirs ; au contraire, le courage nous sera facile, si, au lieu d'envisager cet ensemble, nous voyons les choses en détail, et que nous nous disions : Il ne s'agit pas ici de cal­culer de longues années; à quoi bon, moi qui ne sais pas si je vivrai demain ? Il s'agit uniquement du jour présent. Si je vis demain, je verrai ce qu'alors j'aurai à faire. Or, d'ici à ce soir, pourrais-je trouver trop dur de bien vivre, de me gêner, de me mortifier ?

 

 

Un jour est si tôt passé ! Un jour comparé à l'éternité ! Oh ! Quel rien ! Et que je serais déraisonnable si je ne l'employais pas saintement ! Fortifiée par cette pensée, on se met à l'œuvre et l'on passe saintement la journée.

 

 

Le lendemain, on recommence, sans jamais voir plus loin que le jour présent. Par cet innocent stratagème, tout dans la ver­tu devient aisé, et l'on arrive à la perfection. Proposons-nous de bien employer ce moyen.

 

 

Si nous ne devons nullement nous préoccuper du lendemain, il faut en revanche faire chaque jour ce qui peut se faire le jour même, sans remettre à plus tard, surtout quand il s'agit de nos résolutions et de nos pratiques.

 

 

Ne jamais remettre à de­main, c'est là, jeunes chrétiennes, un conseil que l'on vous a donné bien des fois, et avec beaucoup de raison, car plus on remet un travail, une affaire, etc., moins on est disposé à s'en occuper ; en outre, il advient presque toujours qu'au mo­ment où l'on s'y décide enfin, il est trop tard !

 

 

« Ne remettez pas à demain, dit sagement un moraliste, ce que vous pouvez faire aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est le jour de l'inspiration, de la bonne résolution : vous avez pour agir un entrain tout spécial, une grâce particulière. Demain, vos dispositions auront complètement changé : vous douterez si l'œuvre à accomplir est utile ; vous la trouverez hérissée de difficultés, vous la renverrez à plus tard...

 

 

Ce que vous ne faites pas aujourd'hui par suite d'un peu de lâcheté, vous courez grand risque de ne pas le faire demain, de ne le faire jamais. »

 

 

C'est surtout lorsqu'il s'agit de la grande affaire du salut et de la sanctification qu'il faut se rappeler cette maxime. Combien de personnes, après avoir commis une faute grave, se disent : « Je me confesserai à tel jour. »

 

 

Insensées, qui donc leur a promis qu'elles vivraient jusque-là ? Oh ! Ne restez ja­mais, jamais, dans un état où vous ne voudriez pas mourir ! Faites aussi tout ce que vous pouvez pour décider les retardatai­res de votre connaissance à se réconcilier sans retard avec Dieu. Combien ont été surpris par la mort ! On en citerait des centaines.

 

 

Dans une grande ville de France habitait, il y a quelques années, un riche négociant. C'était un honnête homme, bon père de famille, mais ne remplissant pas ses devoirs de chré­tien. Un célèbre prédicateur était venu prêcher l'Avent dans cette ville. Un grand nombre d'hommes s'étaient rapprochés de la religion, et il n'avait pas suivi leur exemple, malgré les instances de sa femme... Un jour, au dîner, il aperçut des tra­ces de larmes dans les yeux de celle-ci.

 

 

Allons, lui dit-il en plaisantant, nous avons encore pleu­ré... et je sais bien pourquoi. Sois donc plus raisonnable ; tu sais bien que je ne suis pas un impie, un ennemi de la reli­gion, et qu'un jour je me confesserai.

 

Mon ami, vous vous confesserez, dites-vous ; mais si la mort allait venir avant ce temps-là ?

 

Bah ! Reprit-il, tu n'as que ta mort subite à me présen­ter. Sois tranquille.

 

Et puis, frappant sur sa poitrine d'un air triomphant :

 

     Va ! Va ! Ajouta-t-il, il y a encore de la vie ici...

     En disant ces mots, il pâlit et s'affaissa. On l'entoure: il était mort.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 07:53

­

« Toi, du moins, tâche de me consoler…. »

« Vois, ma fille, mon Cœur entouré d'épines que les hommes ingrats m'enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, Je promets de les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. » (Paroles de la Sainte Vierge à Sœur Lucie, le 10 décembre 1925 à Pontevedra).

 

 

Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas.

 

 

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément, et je Vous offre le très précieux Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de Son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

 

 

(Paroles de Notre-Dame, le 13 juillet 1917, à Fatima) : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice :

 


« Ô Jésus, c'est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. »

 

 

Ô Reine du Très saint Rosaire, qui, en ces jours où l'impiété lève orgueilleusement la tête, nous montrez votre puissance avec les trophées de vos antiques victoires, daignez, du haut du ciel où vous trônez, répandant le pardon et la grâce, daignez, dans les rudes épreuves du temps présent, abaisser un regard de bonté sur l'Église de votre Divin Fils, sur son Vicaire ici-bas, sur tout le clergé et le peuple fidèle.

 

 

Hâtez, ô puissante exterminatrice des hérésies, hâtez l'heure de la miséricorde, quoique nos innombrables fautes excitent Dieu chaque jour davantage à devancer l'heure de la justice… Ainsi soit-il

 

 

http://amdg.over-blog.fr/2013/10/-toi-du-moins-t%C3%A2che-de-me-consoler.html

 

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 23:42

 

On ne saurait croire tout le bien que peut opérer une ca­téchiste volontaire, si elle a de l'industrie et du zèle, moyennant la grâce de Dieu qui ne manque jamais. D'abord elle fait un bien considérable aux enfants.

 

 

Dans une exhortation que R. P. Marc Guillaume adressait aux maîtres, maîtresses et autres personnes qui l’aidaient dans son œuvre, il leur dit : « Si vous enseignez bien les enfants, vous en ferez de bons bourgeois, de bons pères et mères de fa­mille, et un jour des saints au paradis...

 

 

«Quand vous êtes cause que quelqu'un apprend ce qui est de sa croyance, de la dévotion et de l'usage des sacrements, il ne faut pas atten­dre pour voir et recevoir le fruit de vos efforts, vous le voyez présentement devant vos yeux, et c'est le plus noble que l'on puisse imaginer. »

 

 

La courageuse chrétienne qui remplit la mission de catéchiste volontaire n'a, généralement, que quelques enfants à instruire. En raison du petit nombre d'élèves dont elle est chargée, il s'établit des rapports intimes entre elle et ses écoliers. Si l'enfant tombe malade, son mentor trouve l'oc­casion d'aller le visiter, de lui porter quelques douceurs. Quand le cœur y est, des riens font plaisir, disons mieux, font merveille, si bien qu'entre la catéchiste et l'enfant, il finit par s'établir de précieux rapports.

 

 

Dans les autres œuvres, le résultat est problématique, dans l'œuvre des catéchismes le bien est certain. L'enseigne­ment des premiers éléments de la doctrine chrétienne est toujours très utile à un bon nombre d'enfants, et les âmes de ces enfants ont une valeur inappréciable. « Il est bien plus im­portant, dit Mgr de Belley, d'apprendre le catéchisme que d'apprendre un métier, parce que le métier ne sert que pour la vie présente, et que le catéchisme nous sert pour l'éter­nité. »

 

 

Tout en faisant du bien aux enfants et aux familles, la ca­téchiste volontaire s'en fait à elle-même.

 

 

« En réunissant les enfants autour d'elles, dit un autre prélat, pour leur enseigner les prières et les vérités de notre sainte religion, les personnes pieuses feront l'œuvre assuré­ment la plus agréable au Cœur de ce divin Jésus qui se plaisait tant au milieu des enfants, et qui les recevait avec une grâce ineffable ; par là, elles attireront sur elles les plus grandes bénédictions. Les personnes pieuses trouveront ici une bonne occasion d'acquérir devant Dieu d'incalculables mérites, soit en faisant elles-mêmes le catéchisme, soit en recrutant le plus d'enfants possible. »

 

 

Mais il y a plus. « Les âmes qui se seront vouées à cette œuvre de miséricorde brilleront au ciel, suivant la sainte Écriture, comme les étoiles du firmament ».

 

 

Mgr Dupanloup disait déjà de son temps : « Il y a, dans l'Évangile, une ravissante parole du Sauveur qui s'adresse tout particulièrement aux catéchistes, et que Notre-Seigneur n'a pas prononcée en vain : Celui qui aura donné à boire à l'un de ces petits enfants, je vous le dis en vérité, aura sa récompense».

 

 

C'est ce qu'on fait au catéchisme ! On a là ces petits en­fants, ces agneaux de la bergerie, ces nouveau-nés de la fa­mille, et on leur donne à boire cette eau qui rejaillit jusqu'à la vie éternelle, on approche de leurs lèvres ce breuvage qui est le premier des besoins pour leurs âmes.

 

 

«Ces âmes, ce sont de jeunes plantes, de tendres fleurs trop souvent abattues vers la terre par des souffles funestes, et desséchées avant le temps. Eh bien ! On verse sur elles, au catéchisme, pour les ranimer, pour relever leurs tiges vers le ciel, l'eau pure de la doctrine, la douce rosée de la grâce... »

 

 

Ainsi ce sont les récompenses, les gloires et les mérites de l'apostolat, que le grand évêque promet aux catéchistes volontaires. Il y a là de quoi animer tous les courages.

 

 

Voyons maintenant quelles qualités on doit demander aux catéchistes volontaires pour le succès de leur belle mission.

 

 

Elles doivent d'abord s'en faire une haute idée, avoir une profonde conviction de son excellence, de sa valeur. Les caté­chistes y penseront souvent devant Dieu. La noblesse de leur occupation est si grande que c'est le principal exercice que Jésus-Christ ait pratiqué en ce monde. Le bien qui en résulte est tel que par là se multiplient les enfants craignant Dieu, les familles bien réglées.

 

 

Il faut en second lieu s'acquitter de ces fonctions avec entrain, avec joie, justement à cause du bien qui en résulte.

 

 

Saint Augustin exige cette disposition en ceux qui catéchisent les ignorants, s'ils veulent réussir : Que chacun enseignent avec joie. « Si Dieu, ajoute-t-il, aime celui qui fait volontiers l'aumône corporelle, combien plus il affectionnera celui qui fait à cœur ouvert l'aumône spirituelle ! » Comme remède au dégoût qui pourrait s'emparer du catéchiste volontaire, ce Père de l'Église signale surtout l'esprit de foi et l'amour des enfants.

 

 

La science nécessaire ne doit point faire défaut à nos caté­chistes. La plupart des personnes qui se sentent de l'attrait pour les œuvres catéchistiques ont eu l'incomparable bonheur de faire leur éducation dans des maisons religieuses où elles ont suivi des cours très bien faits ; ajoutons à ce premier avan­tage, qu'elles sont à même d'assister aux prédications parois­siales et qu'ainsi leur instruction se continue, se développe de telle sorte qu'il ne leur sera nullement difficile d'enseigner convenablement les éléments de la religion. Au besoin, elles pourraient se servir d'un catéchisme expliqué, et surtout tirer profit des catéchismes de persévérance de la paroisse.

 

 

A la science on joindra la piété, qui joue le plus grand rôle dans ce maniement des âmes. L'apôtre a eu raison de dire : La piété est utile à tout ; pour bien faire le catéchisme, il est impossible de s'en passer. Une catéchiste qui n'est pas pieuse ne saura pas trouver le chemin des âmes. On peut enseigner à des enfants la grammaire, le calcul, etc., sans avoir l'esprit de piété, mais le catéchisme, jamais.

 

 

Rien non plus ne peut remplacer le dévouement, ce dévoue­ment qui supplée à tant de choses. C'est ici qu'on doit peser,  et non pas compter, les ouvriers employés à la vigne du Seigneur. Si une personne ne sent pas brûler dans son cœur cette flamme sacrée du dévouement, qu'elle ne songe pas aux œuvres catéchistiques, elle n'est pas appelée à les exercer. Si les enfants doutent du zèle d'une catéchiste, s'ils la voient s'ac­quitter de sa fonction par manière d'acquit, le résultat sera nul et l'œuvre compromise.

 

 

Enfin, il faut donner le bon exemple. Les paroles émeuvent, mais ce sont les exemples qui entraînent. Nul n'a le droit d'en­seigner si sa vie dément ses leçons. L'écolier se façonne sur son maître.

 

 

Si les catéchistes volontaires apportent toutes ces qualités dans l'accomplissement de leur tâche, elles réaliseront les espérances de la sainte Église et se prépareront une belle place dans le ciel.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 01:53

 

Ainsi se produisit, en 1917, le miracle du soleil, aussi incontestable qu'il est humainement inexplicable.Abstraction faite de la déclaration des autorités ecclésiastiques, les rapports des journaux portugais laïcs de ces jours-là, fournirent des témoignages suffisants pour convaincre les plus incrédules

 

 

Leurs représentants étaient présents, exprès pour démentir ouvertement ce prétendu miracle qui avait été promis trois mois à l'avance, et leur témoignage a une valeur objective que personne ne peut nier. En parlant des événements étranges du 13 octobre 1917, O Dia dit ceci: "Comme si elle passait à travers la verrière d'une grande cathédrale, la lumière se changea subitement en un bleu d'une beauté frappante. De nouveau, cette couleur s'évanouit et fut remplacée par un jaune qui colorait les mouchoirs et les pauvres robes des paysannes et disséminait des taches de la même couleur sur les arbres et les rochers du paysage... Le soleil, comme un disque d'argent, tournait sur lui même dans un espace où les nuages s'étaient tout à coup dissipés."

 

 

Le chroniqueur de O Seculo, qui lui aussi avait peu de sympathie pour les choses religieuses entra dans plus de détails. "Du haut de la route où les gens avaient laissé leurs véhicules et où se trouvaient assemblées plusieurs centaines de personnes à qui avait manqué le courage de se jeter dans la terre boueuse, l'on voit la grande foule se tourner vers le soleil. L'astre ressemble à une plaque d'argent pâle, qu’il est possible de la regarder en face sans la moindre gêne. On dirait une éclipse. Mais voici que jaillit une clameur colossale, Un miracle! Un miracle! Les mouvements subits et oscillants du soleil dépassaient certainement les lois cosmiques. Pour se servir du langage typique des paysans, il dansait devant la multitude étonnée qui, frappée de terreur, regardait bouche bée."

 

 

Sur le marchepied d'un autobus de Torres Novas un homme se tenait tourné vers le soleil et récitait le Credo. Plus tard on le vit pressant ceux qui l'entouraient d'enlever leurs chapeaux devant cette grande démonstration de l'existence de Dieu. Une Dame sanglotait pitoyablement et répétait: «refuser de croire, après avoir été témoins d'un miracle si terrifiant, est une affreuse aberration».

 

 

Également impressionnant fut le témoignage du Dr Almeida Garret, professeur à l'Université de Coïmbre: "L'on pouvait qualifier les mouvements du soleil comme excentriques. Il tournait sur lui-même avec une vitesse vertigineuse. Soudain un grand cri de frayeur monta dans la foule. Tournant toujours, le soleil s'était comme détaché du firmament et se précipitait tout droit vers la terre. Ce fut une sensation de terreur que de voir cette énorme et ardente meule de moulin qui menaçait de nous anéantir."

 

 

Un garçon de neuf ans, Ignacio Lourenco, qui fréquentait ce jour là l'école du village d'Alburitel, à dix milles de la scène. Il est devenu l'abbé Lourenco. Il rappelle, d'une façon très vive, l'inoubliable jour du 13 octobre 1917. Il raconte comment les élèves furent d'abord secoués par les cris soulevés des gens qui se précipitaient confusément en avant de l'école. Ensuite, conduits par la maîtresse, tous s'élancèrent dehors pour voir ce qui se passait. Les gens pleuraient et indiquaient les phénomènes qui se produisaient à une distance de dix milles. Ils s'écriaient que c'était le Grand Miracle promis à Lucie par Notre-Dame trois mois auparavant. La description de l'abbé Lourenco est semblable aux autres données ici, le disque d'argent, les couleurs changeantes, le soleil tournant et tombant subitement vers la terre, tout cela visible à cette distance.

 

 

Il ajouta qu'il y avait là un homme impie, qui avait passé toute la matinée à ridiculiser les imbéciles qui s'étaient rendus jusqu'à Fatima tout simplement pour voir trois petits bergers. Le petit Lourenco le regardait au moment où les enfants sortaient de l'é­cole. L'homme tremblait des pieds à la tête, les yeux fixés dans la direction de Fatima.

 

 

Durant quelque temps, il fut absolument incapable d'ouvrir la bouche, mais ayant retrouvé un peu de calme, il tomba à genoux dans la vase, en criant, "Notre-Dame! Notre-Dame!" Autour de lui, les gens pleuraient sans fausse honte et criaient même leurs péchés en public, en demandant pardon à Dieu. Puis, d'un commun accord, ils s'assem­blèrent dans les petites chapelles du village et les rem­plirent à déborder.

 

 

Le spectacle des réfractions de tou­tes les couleurs de l'arc-en-ciel fut visible à Alburitel. Enfin, après une longue attente et une enquête qui dura treize ans, vint l'approbation officielle du Miracle du Soleil par une Commission Ecclésiastique. "Ce phénomène" dit formellement le décret de 1930, "qui ne fut enregistré en aucun observatoire astronomique (fait qui montre bien qu'il n'était pas naturel) fut ob­servé par des personnes appartenant à toutes les clas­ses de la société, par des croyants et des incrédules, par des journalistes qui représentaient les principaux quotidiens portugais et même par des personnes qui se trouvaient à des milles de distances."

 

 

(A suivre)

 

Extrait de : Fatima ou le Suicide Mondial.  Mgr Wm C. McGrath, P.A.

 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 03:02

Envisagée par rapport à Dieu, la première cause de nos tristesses est le péché.La paix est la « tranquillité de l'ordre », et, quand le péché a détruit l'ordre, il n'y a plus ni paix ni joie.

 

Il n'y a point de paix pour l'impie ! Le péché fait de notre âme un enfer anticipé. Le pécheur peut chercher à s'étourdir, faire du bruit autour de lui, essayer de s'arracher à lui-même : le besoin même qu'il éprouve des distractions bruyantes pour tromper sa douleur est une preuve qu'il souffre.

 

Le remords comme un ver rongeur est attaché à l'âme coupable. Quand on est ami de Dieu, les peines de la vie n'altèrent point les jouissances de l'âme, la douleur trouve son contrepoids dans la résignation.

 

Si Dieu frappe d'une main, il caresse de l'autre: l'oeil fixé sur le ciel, si l'on pleure, l'espérance autant que la douleur fait couler les larmes. Après le péché, les peines sont plus vives : plus rien ne vient consoler le cœur brisé. La foi rappelle l'idée : qu’après la mort d’un pécheur, il y a un Dieu vengeur, un feu éternel.  Les joies, de cet état de vie, dès lors, semblent sans saveur ; les fleurs sans parfum ; le ciel sans éclat.

 

O terrible tristesse d'un cœur coupable ! Que saint Augustin a raison de comparer à l'enfer un cœur qui est en proie à une telle tristesse.

 

A côté du péché, il faut mettre la tiédeur, la mondanité, l'immortification.

 

Une âme qui ne veut se donner ni à Dieu, ni au démon, ne goûtant ni les douces joies des justes, ni les plaisirs criminels des méchants, se trouve dans un tiraillement perpétuel. « Vous êtes bien ivre des contentements mondains ; ce n'est pas merveille, dit S. François de Sales, si les délices spiri­tuelles vous sont à dégoût ! » Vous voulez servir deux maîtres ; Dieu vous délaissera, et avec Dieu, la paix et la joie fuiront votre cœur.

 

D'autres fois, notre tristesse vient d'un manque de confian­ce en Dieu ou de résignation à son bon plaisir. Au lieu de dire comme Jésus et Marie : « Fiat » qu'il me soit fait, Seigneur, selon votre volonté ; nous nous laissons abattre par l'épreuve. Au lieu de nous rappeler que Dieu veille sur nous, et qu'il n'y a pas d'affection de mère penchée sur le berceau de son nou­veau-né qui nous laisse entrevoir l'infinie bonté de Dieu ; au lieu de fondre notre volonté dans celle de Dieu, de jeter dans son sein nos chagrins et contrariétés, nous croyons tout perdu si la souffrance nous visite.

 

Et comme si à chaque jour ne suffisait pas son mal, nous augmentons nos peines d'aujourd'hui par le souvenir amer de nos peines d'hier, et par la prévision toujours exagérée des peines de demain.

 

Si telle est l'origine de nos tristesses, revenons à Dieu par l'amour et la confiante résignation. Chassons de notre âme le remords et le péché. La paix de la conscience est un festin continuel.

 

Combien nos joies seront plus vives, nos peines moins amères, notre courage raffermi, quand nous pourrons nous dire après une absolution bien reçue : « Je suis l'amie de Dieu ! Que m'importent le mal et la mort ? Le ciel m'appartient ! »

 

Mais la principale cause de la tristesse est l'orgueil.Lorsque nos peines ne sont pas couronnées de succès, et qu'au lieu d’un éloge, nous ne recevons qu'un blâme, lorsque nous voyons donner à une autre les louanges que nous avions cru mériter, nous ressemblons parfois à Aman, condamné à renoncer à son triomphe en l'honneur du juif Mardochée.

 

C'est l'orgueil souvent qui est la cause de ces empressements et de ces anxiétés qui agissent avec impétuosité comme les torrents, et ensuite n'aboutissent à rien, et attristent notre âme en la troublant par l'inquiétude du succès, ou par le dépit de n'avoir pas réussi.

 

C'est encore l'orgueil qui fait que l'on se décourage au moindre faux pas. Au lieu de se relever tout de suite avec une énergie nouvelle, on s'étonne de sa faiblesse ; on s'attriste de sa faite, moins par regret d'avoir offensé Dieu que par un secret déplaisir de se voir si peu de chose ; au lieu de se repentir de sa colère, par exemple, « on se met en colère de s'être mis en colère, on se fâche de sa fâcherie, » et on trouve de plus en plus pesant le joug que Jésus nous a donné comme doux et léger.

 

Combattons ces tristesses par l'humilité. Ne recherchons pas tant l'estime des hommes, qui est due à Dieu seul et non pas à nous. Élevons-nous au-dessus des choses de ce monde. « Mon Dieu, nous serons bientôt en l'éternité, dit saint Fran­çois de Sales, et alors nous verrons combien les affaires de ce monde sont peu de chose... Il ne faut donc pas nous en tour­menter. »

 

Par rapport au prochain, nos tristesses et notre mauvaise humeur viennent souvent du manque de charité. Les âmes égoïstes, oublieuses du grand principe de la loi chrétienne : «vous aimerez le prochain comme vous-même. » Souvenez vous des exemples de Marie, qui était toujours comme à Cana at­tentive aux besoins des autres, et plus soigneuse de leurs intérêts que des siens. Les âmes égoïstes veulent se faire le centre de tout leur entourage. Toute louange, toute marque d'affection qu'on donne aux autres, semble à leur jalousie un vol qu'on leur fait.

 

Pour remédier à ce mal, oublions-nous un peu, regardons comme un bonheur de soulager une misère, de faire un plaisir à nos semblables, même à notre détriment, plutôt au détriment de notre égoïsme.

 

Sachons pardonner les im­prévoyances, les oublis involontaires, les violences irréflé­chies, plus nombreuses que nous ne l'imaginons. Soyons indul­gents, soyons affables, comme Marie chez Elisabeth et aux noces de Cana. Voyons surtout dans nos inférieurs et nos égaux des frères de Jésus-Christ, des enfants de Dieu.

 

Enfin, suivons le conseil de saint Jacques : « Si quelqu'un est triste, qu'il prie.»  «Prions, quoiqu'il semble que notre tristesse nous empêche de prier ; prions et demandons à Jésus et à Marie la grâce de comprendre cette admirable leçon :

 

«Ap­prenez de moi à être doux et humbles de cœur, et vous trou­verez le repos de vos âmes. »

 

Extrait de : Lectures Méditées  1933

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 02:44

Pendant l'apparition de juillet, la Sainte Vierge avait dit aux enfants qu'en octobre elle ferait un miracle si grand que tous croiraient à ses prédictions et à ses promesses. C'est pourquoi l'on s'attendait que, les jours précédant cette dernière apparition, tous les chemins conduiraient à Fatima.

 

Parlant du soir du 12 octobre 1917, voici ce que disait O Dia, un journal laïc de Lis­bonne.

 

" Une pluie continuelle tomba durant toute la nuit et durant les premières heures du matin. Elle trempa les champs, imprégna l'air et glaça jusqu'aux os les hommes, les femmes et les enfants de même que les animaux qui s'avançaient avec peine vers la colline du miracle. Une fine pluie continuait de tomber, sans un instant de répit. Les jupes des femmes, en grosse laine ou en coton rayé, étaient si mouillées qu'elles pesaient comme du plomb. Des casquettes des hommes ou de leurs chapeaux à large bord, l'eau ruisselait sur les vestons neufs de leurs habits du dimanche. Les femmes aux pieds nus et les hommes aux chaussures grossières pataugeaient dans les larges flaques des rues vaseuses. Ils ne semblaient pas s'occuper de la pluie. "

 

Le matin parut. Les terrains étaient de véritables marécages. Cependant, à la première lueur du jour, 70,000 personnes étaient là rassemblées, chantant des cantiques, récitant le chapelet, ne se souciant aucunement des nuages bas et sombres et d'une pluie interminable.

 

MENACES DE VIOLENCE

 

Dans cette formidable presse, il y avait des athées et des esprits forts qui escomptaient un démenti retentissant, perçant à jour toute la stupidité de ces âneries. Il y eut même de malicieuses rumeurs, à savoir que si l'affaire tournait en fiasco l'on userait de violence à l'égard des enfants et de leurs parents. Mais jamais évidence ne fut plus manifeste : " Ceux qui vinrent pour se moquer, restèrent pour prier. "

 

NOTRE-DAME S'EN VIENT

A midi précis, l'éclair habituel paraît dans la direction de l'est. " Silence, Notre-Dame s'en vient ! " s'écrie Lucie. Ses paroles passent de bouche en bouche.

 

Toute la vaste assemblée devient attentive, tendue dans une vi­ve attente. Les visages des enfants prennent une expres­sion extatique et la foule près d'eux se rend compte enco­re une fois qu'ils contemplent la belle Dame du Ciel. La conversation est de courte durée. La Dame tient sa promesse faite lors de la première apparition et elle s'identifie. Elle prononce: "Je suis la Dame du Rosaire."

 

Puis, avec un visage très grave, elle donne son dernier message aux enfants : " Il faut que les hommes se corri­gent, demandent pardon de leurs péchés et cessent d'offenser Nôtre Seigneur, car Il est déjà trop offensé. "

 

Comme elle prenait congé des enfants, elle ouvre ses mains, et des rayons de lumière s'en échappent dans la direction du soleil. " La voilà qui s'en va, la voilà qui s'en va ! " s'écrie Lucie, et à ses paroles répondit l'écho d'un grand cri d'admiration ; la foule alors contemple les premières manifestations redoutables de l'étonnant miracle du soleil.

 

UNE ROUE DE FEU

Graduellement, le soleil pâlit, perd sa couleur nor­male et apparaît comme une sorte de disque d'argent que tous peuvent fixer directement sans se voiler les yeux. Ensuite, à l'étonnement de tous ceux qui étaient présents, s'élancent du soleil dans toutes les directions des gerbes de lumière multicolore: rouge, bleu, vert, jaune, toutes les couleurs du spectre solaire. En même temps, les cieux semblent tourner sur eux-mêmes et le soleil se met à tourner follement sur son axe comme une gigantesque roue de feu, jetant sur les roches, les arbres et les visages humains des couleurs telles que l'oeil humain n'en avait jamais vues auparavant. Trois fois il s'arrête et trois fois la danse folle recommence.

 

Ensuite, pendant que la foule, immobile de stupeur, se jette à genoux, le soleil tout à coup semble se détacher du firmament. Il se précipite à pic, de plus en plus près de la terre, chancelant "comme un homme ivre" et zigzaguant à travers les cieux, pendant que des cris de repentir et des appels à la miséricorde montent de toute cette multitude alors complètement terrifiée.

 

"C'est la fin du monde ! " s'écrie une femme hystérique. " Mon Dieu, ne me laisse pas mourir dans mes péchés ! " gémit un autre. " Sainte Vierge, protégez-nous ! " im­plore un troisième.

 

Soudain, comme arrêté par une Main invisible dans son plongeon vers la terre, le soleil semble se tenir en équilibre, un moment, près de la multitude épouvantée. Puis, réitérant la même série de zigzags et de rotations, il remonte jusqu'à sa place normale dans les cieux. Les rayons brillants et l'apparence de disque d'argent dis­paraissent. Le soleil redevient une boule de feu que personne ne peut fixer sans se voiler les yeux.

 

On se regarde de part et d'autre tremblant encore de terreur. On craint qu'un autre désastre ne fonde sur le monde. Des cris d'étonnement fusent de tous côtés. Les habits imprégnés d'eau sont subitement secs et tous se sentent au chaud, comme si de rien n'était. Faveur gratuite et maternelle de la Sainte Vierge, à la suite du plus grand miracle que notre génération ait connu.

 

Entre temps, une précieuse faveur était accordée aux enfants, celle de contempler la Sainte Famille dans une suite de tableaux célestes. D'abord, ce fut Nôtre Seigneur, adulte, vêtu de rouge, bénissant la foule assemblée. Puis Il apparut, petit enfant, avec Saint Joseph et sa Sainte Mère. Finalement, la Sainte Vierge apparut vêtue d'une robe brune, comme celle de Notre-Dame du Mont Carmel. Lucie seule vit la première et la dernière vision, tandis que François et Jacinthe n'eurent le privilège de n'apercevoir que la vision de la Sainte Famille.

 

En vérité, ce fait avait une signification spéciale pour Lucie, qui devait plus tard se joindre aux Carmélites de Coimbra, après avoir porté au monde le message de notre très Sainte Mère et annoncé à l'univers la nécessité de la dévotion au Coeur Immaculé.

 

(A suivre)

 

Extrait de : Fatima ou le Suicide Mondial.  Mgr Wm C. McGrath, P.A.

 

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