Pendant l'apparition de juillet, la Sainte Vierge avait dit aux enfants qu'en octobre elle ferait un miracle si grand que tous croiraient à ses prédictions et à ses promesses. C'est pourquoi l'on s'attendait que, les jours précédant cette dernière apparition, tous les chemins conduiraient à Fatima.
Parlant du soir du 12 octobre 1917, voici ce que disait O Dia, un journal laïc de Lisbonne.
" Une pluie continuelle tomba durant toute la nuit et durant les premières heures du matin. Elle trempa les champs, imprégna l'air et glaça jusqu'aux os les hommes, les femmes et les enfants de même que les animaux qui s'avançaient avec peine vers la colline du miracle. Une fine pluie continuait de tomber, sans un instant de répit. Les jupes des femmes, en grosse laine ou en coton rayé, étaient si mouillées qu'elles pesaient comme du plomb. Des casquettes des hommes ou de leurs chapeaux à large bord, l'eau ruisselait sur les vestons neufs de leurs habits du dimanche. Les femmes aux pieds nus et les hommes aux chaussures grossières pataugeaient dans les larges flaques des rues vaseuses. Ils ne semblaient pas s'occuper de la pluie. "
Le matin parut. Les terrains étaient de véritables marécages. Cependant, à la première lueur du jour, 70,000 personnes étaient là rassemblées, chantant des cantiques, récitant le chapelet, ne se souciant aucunement des nuages bas et sombres et d'une pluie interminable.
MENACES DE VIOLENCE
Dans cette formidable presse, il y avait des athées et des esprits forts qui escomptaient un démenti retentissant, perçant à jour toute la stupidité de ces âneries. Il y eut même de malicieuses rumeurs, à savoir que si l'affaire tournait en fiasco l'on userait de violence à l'égard des enfants et de leurs parents. Mais jamais évidence ne fut plus manifeste : " Ceux qui vinrent pour se moquer, restèrent pour prier. "
NOTRE-DAME S'EN VIENT
A midi précis, l'éclair habituel paraît dans la direction de l'est. " Silence, Notre-Dame s'en vient ! " s'écrie Lucie. Ses paroles passent de bouche en bouche.
Toute la vaste assemblée devient attentive, tendue dans une vive attente. Les visages des enfants prennent une expression extatique et la foule près d'eux se rend compte encore une fois qu'ils contemplent la belle Dame du Ciel. La conversation est de courte durée. La Dame tient sa promesse faite lors de la première apparition et elle s'identifie. Elle prononce: "Je suis la Dame du Rosaire."
Puis, avec un visage très grave, elle donne son dernier message aux enfants : " Il faut que les hommes se corrigent, demandent pardon de leurs péchés et cessent d'offenser Nôtre Seigneur, car Il est déjà trop offensé. "
Comme elle prenait congé des enfants, elle ouvre ses mains, et des rayons de lumière s'en échappent dans la direction du soleil. " La voilà qui s'en va, la voilà qui s'en va ! " s'écrie Lucie, et à ses paroles répondit l'écho d'un grand cri d'admiration ; la foule alors contemple les premières manifestations redoutables de l'étonnant miracle du soleil.
UNE ROUE DE FEU
Graduellement, le soleil pâlit, perd sa couleur normale et apparaît comme une sorte de disque d'argent que tous peuvent fixer directement sans se voiler les yeux. Ensuite, à l'étonnement de tous ceux qui étaient présents, s'élancent du soleil dans toutes les directions des gerbes de lumière multicolore: rouge, bleu, vert, jaune, toutes les couleurs du spectre solaire. En même temps, les cieux semblent tourner sur eux-mêmes et le soleil se met à tourner follement sur son axe comme une gigantesque roue de feu, jetant sur les roches, les arbres et les visages humains des couleurs telles que l'oeil humain n'en avait jamais vues auparavant. Trois fois il s'arrête et trois fois la danse folle recommence.
Ensuite, pendant que la foule, immobile de stupeur, se jette à genoux, le soleil tout à coup semble se détacher du firmament. Il se précipite à pic, de plus en plus près de la terre, chancelant "comme un homme ivre" et zigzaguant à travers les cieux, pendant que des cris de repentir et des appels à la miséricorde montent de toute cette multitude alors complètement terrifiée.
"C'est la fin du monde ! " s'écrie une femme hystérique. " Mon Dieu, ne me laisse pas mourir dans mes péchés ! " gémit un autre. " Sainte Vierge, protégez-nous ! " implore un troisième.
Soudain, comme arrêté par une Main invisible dans son plongeon vers la terre, le soleil semble se tenir en équilibre, un moment, près de la multitude épouvantée. Puis, réitérant la même série de zigzags et de rotations, il remonte jusqu'à sa place normale dans les cieux. Les rayons brillants et l'apparence de disque d'argent disparaissent. Le soleil redevient une boule de feu que personne ne peut fixer sans se voiler les yeux.
On se regarde de part et d'autre tremblant encore de terreur. On craint qu'un autre désastre ne fonde sur le monde. Des cris d'étonnement fusent de tous côtés. Les habits imprégnés d'eau sont subitement secs et tous se sentent au chaud, comme si de rien n'était. Faveur gratuite et maternelle de la Sainte Vierge, à la suite du plus grand miracle que notre génération ait connu.
Entre temps, une précieuse faveur était accordée aux enfants, celle de contempler la Sainte Famille dans une suite de tableaux célestes. D'abord, ce fut Nôtre Seigneur, adulte, vêtu de rouge, bénissant la foule assemblée. Puis Il apparut, petit enfant, avec Saint Joseph et sa Sainte Mère. Finalement, la Sainte Vierge apparut vêtue d'une robe brune, comme celle de Notre-Dame du Mont Carmel. Lucie seule vit la première et la dernière vision, tandis que François et Jacinthe n'eurent le privilège de n'apercevoir que la vision de la Sainte Famille.
En vérité, ce fait avait une signification spéciale pour Lucie, qui devait plus tard se joindre aux Carmélites de Coimbra, après avoir porté au monde le message de notre très Sainte Mère et annoncé à l'univers la nécessité de la dévotion au Coeur Immaculé.
(A suivre)
Extrait de : Fatima ou le Suicide Mondial. Mgr Wm C. McGrath, P.A.
elogofioupiou.over-blog.com