Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (13)
Il nous reste à prouver que Jésus-Christ était envoyé de Dieu, et vrai Dieu.
Personne n'ignore qu'en différents temps et en divers lieux il a existé certains hommes qui se sont dits envoyés du ciel, tandis qu'en réalité ils n'étaient que de perfides imposteurs, qui en trompant la multitude cherchaient leur avantage personnel, ou de pauvres hallucinés qui avaient le cerveau malade.
Les ennemis de la religion placent Jésus-Christ dans l'une de ces deux classes : Bien que la seule idée d'un pareil blasphème fasse reculer d'horreur tout chrétien, il est ce pendant nécessaire que nous mettions en évidence, à la lumière de la raison, la souveraine injustice et la légèreté avec lesquelles procèdent sur ce point les ennemis de Jésus-Christ.
Dès la première vue sa personne se montre à nous si extraordinaire, si supérieure à tous les hommes qui ont paru sur la terre, qu'à l'instant même on découvre en lui quelque chose de merveilleux et de divin. Ses mœurs sont si pures, ses paroles si sages et si graves; son commerce est si aimable, il respire une simplicité si majestueuse, une gravité et une dignité si naturelles et si surprenantes, une telle élévation de pensées et de sentiments, que jusqu'à l'impie Rousseau lui-même s'est écrié pénétré d'admiration : « Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus-Christ ne peuvent être que d'un Dieu.»
Tous, jusqu'aux ennemis mêmes de la Religion chrétienne, conviennent que la morale de Jésus-Christ est tout ce qui s'est vu jamais de plus pur, de plus noble et de plus élevé. Toute la doctrine des philosophes antiques n'est rien en comparaison de celle de Jésus-Christ, soit que nous l'écoutions parlant de l'homme et de Dieu, soit que nous examinions la base sur laquelle il a fait reposer sa doctrine morale, ou ses préceptes et ses conseils, ou le poids des motifs pour porter l'homme à la pratique de toutes les vertus.
Jésus est né d'une famille obscure et pauvre, il n'a fait aucune étude des lettres : qui donc lui a communiqué une si grande sagesse ? N'est-ce pas là une preuve qu'il était envoyé de Dieu, qu'il n'était point un imposteur. Quand un homme veut en tromper d'autres, il a soin de flatter leurs passions et leurs caprices, dissimulant et excusant leurs torts ; il recherche avec soin la protection des gens influents, et pour l'ordinaire il n'oublie point de travailler à sa propre fortune.
Jésus-Christ fait tout le contraire, reprenant sans cesse le vice, parlant sans cesse contre les passions, prêchant sans cesse sa morale sévère. Il recherche de préférence les pauvres, les délaissés ; il aime tout particulièrement les enfants ; il est si désintéressé qu'il n'a pas même où reposer sa tête. Sont-ce là les signes d'un imposteur?
S'il avait été tel, n'eût-il pas au moins cherché à éviter les tourments et la mort? Est-il possible qu'il se fût oublié lui-même à tel point, que menacé de si près du gibet, comme il le disait lui-même, il n'ait rien fait pour échapper à un opprobre si effrayant?
Et mourir avec un calme si serein, ne pas prononcer une parole contre ses ennemis, contre ceux-là même qui étaient présents l'insultant et le tourmentant, prier pour eux du haut de la croix, tout cela ne prouve-t-il point qu'en ce cœur était renfermé quelque chose que ne renferma jamais le cœur d'un autre homme?
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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