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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 01:44

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (13)

Il nous reste à prouver que Jésus-Christ était envoyé de Dieu, et vrai Dieu.

Personne n'ignore qu'en différents temps et en divers lieux il a existé certains hommes qui se sont dits envoyés du ciel, tandis qu'en réalité ils n'étaient que de perfides impos­teurs, qui en trompant la multitude cher­chaient leur avantage personnel, ou de pau­vres hallucinés qui avaient le cerveau malade.

 

Les ennemis de la religion placent Jésus-Christ dans l'une de ces deux classes : Bien que la seule idée d'un pareil blasphème fasse reculer d'horreur tout chrétien, il est ce pendant nécessaire que nous mettions en évidence, à la lumière de la raison, la souve­raine injustice et la légèreté avec lesquelles procèdent sur ce point les ennemis de Jésus-Christ.

 

Dès la première vue sa personne se montre à nous si extraordinaire, si supé­rieure à tous les hommes qui ont paru sur la terre, qu'à l'instant même on découvre en lui quelque chose de merveilleux et de divin. Ses mœurs sont si pures, ses paroles si sages et si graves; son commerce est si aimable, il respire une simplicité si majes­tueuse, une gravité et une dignité si natu­relles et si surprenantes, une telle élévation de pensées et de sentiments, que jusqu'à l'impie Rousseau lui-même s'est écrié pé­nétré d'admiration : « Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus-Christ ne peuvent être que d'un Dieu.»

 

Tous, jusqu'aux ennemis mêmes de la Re­ligion chrétienne, conviennent que la morale de Jésus-Christ est tout ce qui s'est vu jamais de plus pur, de plus noble et de plus élevé. Toute la doctrine des philosophes antiques n'est rien en comparaison de celle de Jésus-Christ, soit que nous l'écoutions parlant de l'homme et de Dieu, soit que nous examinions la base sur laquelle il a fait reposer sa doc­trine morale, ou ses préceptes et ses conseils, ou le poids des motifs pour porter l'homme à la pratique de toutes les vertus.

 

Jésus est né d'une famille obscure et pauvre, il n'a fait aucune étude des lettres : qui donc lui a communiqué une si grande sagesse ? N'est-ce pas là une preuve qu'il était envoyé de Dieu, qu'il n'était point un imposteur. Quand un homme veut en tromper d'autres, il a soin de flatter leurs passions et leurs caprices, dissimulant et excusant leurs torts ; il re­cherche avec soin la protection des gens influents, et pour l'ordinaire il n'oublie point de travailler à sa propre fortune.

 

Jésus-Christ fait tout le contraire, reprenant sans cesse le vice, parlant sans cesse contre les passions, prêchant sans cesse sa morale sé­vère. Il recherche de préférence les pauvres, les délaissés ; il aime tout particulière­ment les enfants ; il est si désintéressé qu'il n'a pas même où reposer sa tête. Sont-ce là les signes d'un imposteur?

 

S'il avait été tel, n'eût-il pas au moins cherché à éviter les tourments et la mort? Est-il possible qu'il se fût oublié lui-même à tel point, que menacé de si près du gibet, comme il le disait lui-même, il n'ait rien fait pour échapper à un opprobre si effrayant?

 

Et mourir avec un calme si serein, ne pas prononcer une pa­role contre ses ennemis, contre ceux-là même qui étaient présents l'insultant et le tourmentant, prier pour eux du haut de la croix, tout cela ne prouve-t-il point qu'en ce cœur était renfermé quelque chose que ne renferma jamais le cœur d'un autre homme?

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 15:36

 

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (12)

Selon la doctrine catholique, Jésus-Christ est Fils de Dieu, Dieu comme son Père ; il s'est fait homme, a souffert et est mort pour le salut du genre humain. Notre intel­ligence est incapable de comprendre un si sublime mystère, et nous n'aurions jamais pu en avoir la pensée, si Dieu n'avait daigné nous le révéler.

 

 

Mais quelques inutiles que soient nos efforts pour scruter l'abîme d'un si auguste secret, nous persistons a essayer de démontrer, par les preuves mêmes que Dieu en a données, que c'est bien la vérité, celle de la venue de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

 

 

En premier lieu, personne ne peut nier qu'il a existé en Palestine, il y a dix-huit siècles, un homme appelé Jésus, qui prêchait, qui entraînait sur ses pas de grandes foules, et qui à la fin mourut sur une croix. L'existence de cet homme nous est prouvée d'une façon aussi certaine que celle d'un grand nombre d'au­tres personnages célèbres de l'antiquité, phi­losophes, orateurs, poètes, hommes d'état, guerriers, et de toute autre classe quelcon­que. Il est bien clair que nous ne connais­sons l'existence d'Homère, de Cicéron, de César, de Ponce Pilate, etc., que parce que leurs contemporains ont parlé de l'existence de ces hommes, que ceux qui sont venus après eux en ont parlé aussi, et qu'il en a été ainsi en avançant de siècle en siècle jusqu'à nous.

 

 

La même chose s'est passée par rapport à Jésus. Ceux qui ont vécu de son temps nous entretiennent de lui, en nous expliquant ; quelle était sa patrie, ses doctrines et qui étaient ses amis et ses ennemis ; quelle fut sa vie et quelle fut sa mort.

 

 

Les hommes qui sont venus au monde depuis lors, jusqu'à nos jours, ont continué à parler de Jésus ; et il y en a eu qui ont prétendu qu'il n'était pas Dieu, ni envoyé de Dieu, mais ils n'ont jamais nié son existence : par conséquent vouloir aujourd'hui soutenir que Jésus n'a pas existé, et affirmer qu'il faut entendre son existence que dans un sens figuré, est tout aussi ridicule que de dire que Socrate et César n'ont jamais existés.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 10:35

 

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (11)

L'homme tombé de l'état d'innocence et de bonheur dans lequel il avait été créé, in­fecté du péché, chassé du paradis, sujet à toute espèce de peines et de misères, et pour fin à la mort, eût été dans une horrible situation, si Dieu par son infinie miséricorde n'avait voulu porter remède à une si affreuse catastrophe, en envoyant son fils unique afin que tous ceux qui auront cru en lui ne pé­rissent point, niais qu'ils aient la vie éter­nelle.

 

Sans doute Dieu aurait pu pardonner au genre humain la faute commise, et remettre la peine méritée sans exiger de satis­faction d'aucune sorte, puisque Dieu lui-même était l'offensé ; et qui peut du reste marquer des bornes à sa toute-puissance?

 

Il pouvait également bien exiger une satis­faction, et l'obtenir de mille manières di­verses qu'il n'est pas donné à la faiblesse de l'homme de deviner, mais qui n'étaient ni un secret pour la sagesse infinie, ni une diffi­culté pour sa main omnipotente ; mais il a voulu que la chute même de l'homme servît à manifester encore davantage l'infinité de son pouvoir, la rigueur de sa justice, la grandeur de sa bonté, les trésors inépui­sables de sa miséricorde.

 

Il a voulu recevoir une satisfaction, et non une satisfaction quelconque, mais une satisfaction complète. Cependant l'homme misérable, fini dans son être, limité dans ses moyens, déchu de la grâce, assis à l'ombre de la mort, comment pouvait-il donner une satisfaction sembla­ble ?

 

En vain l'âme s'efforce de découvrir un moyen, elle n'y parvient pas; le cœur gémit sous le poids de sa douleur ; la raison s'af­faisse et s'obscurcit. O profondeur des des­seins d'un Dieu! Le Fils unique du Père, image de son Père, Dieu comme son Père, se fera homme, souffrira d'horribles tour­ments et mourra à la fin sur un gibet infâme; il offrira ses douleurs, ses tourments et sa mort en expiation des péchés du monde, et pour la réconciliation du genre humain; ceux qui vivront avant le Sauveur se sauve­ront par la foi dans le Médiateur à venir, s'unissant à Dieu par l'espérance et la cha­rité; et ceux qui viendront après lui, se sau­veront par la foi dans ce même Médiateur, unis à lui par l'espérance et la charité, en formant un troupeau qui s'appellera l'Église de Jésus-Christ, laquelle sera régie par les pasteurs désignés par l'Esprit-Saint, et prin­cipalement par un chef visible, représentant et vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

 

Voilà ce qu'a décrété l'Éternel, et ce qu'il a réalisé pour sauver le genre humain. Peut-on s'imaginer quelques choses de plus grand, de plus au­guste, de plus admirable? La pensée hu­maine était impuissante à concevoir un moyen comme celui-ci, par lequel la justice divine reste entièrement satisfaite, puisque celui qui satisfait est un Dieu; par lequel cette justice se manifeste de la manière la plus imposante et la plus terrible, puisque la vic­time qu'elle exige n'est rien de moins qu'un Dieu ; par lequel la miséricorde resplendit d'un éclat admirable, puisque Dieu a com­passion de l’homme jusqu'à donner pour lui son Fils unique, et le livrer à la mort ; par lequel la sagesse se montre d'une façon in­effable , en conciliant des extrêmes si oppo­sés, comme sont l'exercice simultané d'une justice infinie et d'une miséricorde infinie, s'accomplissant à l'aide de cette incom­préhensible communication de Dieu avec l'homme, qui résulte de l'auguste mystère de l'Incarnation, un Dieu Homme.

 

Ah! Jamais aucune religion ne s'est montrée avec ce caractère de grandeur que présente la Religion catholique dans l'explication des profonds secrets du Tout Puissant; jamais aucune n'a déployé des titres aussi magni­fiques pour ravir à l'instant même notre ad­miration, pour nous inspirer une profonde vénération. Ce qui est si grand, si élevé dans ses pensées, ne peut être émané que de Dieu seul.

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 10:07

C'est un mot trop fréquent que celui-ci: « Je n'y ai pas pensé ! »

Que de choses auxquelles il y a un grave devoir de penser !

Au point de vue purement humain, il y aurait beaucoup à dire !.... Par ce manque de réflexion, on négligera les devoirs de la piété filiale; on se privera d'une partie des joies fraternelles; on perdra la moitié de son bonheur; on soumettra à une épreuve dangereuse le cœur le plus fidèle. Près de vous, combien de personnes souffriront de ce manque de réflexion !

 

 

Près d'un malade, la femme qui pense est un auxiliaire pré­cieux pour le médecin: on peut même dire que son absence compromettrait la guérison: que de soins à prévoir! Que d'im­prudences à éviter ! Si vous êtes reconnues comme quelqu’un qui  pense et sait bien réfléchir, vous obtiendrez la confiance, quel que soit votre âge.

 

 

Mais, dans les relations avec Dieu, il importe encore plus de bien penser ! Penser, lorsqu'il s'agit des choses de l'âme, c'est acquérir une multitude de mérites, c'est pratiquer à chaque instant les petites vertus, c'est éviter de nombreuses fautes. Vous savez ce que disait David après son péché : « Pardonnez-moi, Seigneur, car j'avoue que j'ai agi comme un insensé ! » Pourquoi cela ? Parce qu'il avait négligé de rentrer en lui-même et de réfléchir.

 

 

Le monde se sépare en deux groupes, ceux  qui pensent et ceux qui ne  pensent pas. Eh bien ! Vous devez penser; il le faut absolument. Si vous prenez cette bonne habitude, si vous ne l'avez pas eue jusqu'ici, vous ne comprendrez bientôt pas comment vous  avez mis autant de temps à l'acquérir, et si un jour, ce qui serait  bien injuste, on venait à vous négliger, votre consolation sera de penser aux autres. Faire plaisir, provoquer le sourire d'un enfant, le remercîment d'un inconnu qu'on ne reverra jamais, par une prévenance, par une parole aimable, par un rien dont l’à-propos fait tout le mérite, n'est-ce pas un acte aussi facile que charitable ?

 

 

Que personne n’ose dire : Plus tard, plus tard ! Eh bien non, ne croyez pas que l'esprit se soumette tout d'un coup à la réflexion. Il faut le plus souvent l'y contraindre. A un cer­tain âge, la réflexion est douce, elle ne laisse pas de trace. Si vous réfléchissez alors, vous réfléchirez toujours. Il faut bien le dire, toutes les personnes n'ont pas la raison de leur âge. Il y en a qui traversent la vie sans réflexion, avec une indiffé­rente légèreté, et, souvent, malgré des événements douloureux dont on aimerait au moins à trouver un reflet sur leur visage mûri par le temps.

 

Il y a aussi beaucoup de jeunes personnes plus réfléchies qu'on ne croit. Donc, ne vous laissez pas prévenir contre la réflexion. C'est une bonne amie, sage, prudente, et dont la gravité n'exclut pas les consolations et les espérances. Sans elle il n'y a ni sé­rieux dans la vie, ni piété possible. Sans elle, le salut lui-même n'est plus en sûreté.

 

 

Quel regret ce serait pour nous de devoir dire au dernier jour: « Tel devoir m'a échappé : je n'y ai pas pensé ; je me suis laissé entraîner à telle faute : je n'ai pas réfléchi ! » Mais ce regret serait alors stérile et sans fruit. Corrigeons-nous de notre légèreté tandis qu'il en est temps...

 

 

Pour bien réfléchir, il faut vivre dans un certain recueille­ment. Ni la vie intellectuelle ni la vie morale ne sauraient, sans ce recueillement, être ce qu'elles doivent être.

 

 

Ne soyons donc pas de ces âmes qui sont toujours « hors de chez elles », comme quelqu'un le disait finement. Sachons, aucontraire, nous faire en nous-mêmes un refuge, un foyer et comme un sanctuaire, où nous nous retrouvons et où les nô­tres sont toujours sûrs de nous retrouver, nous et nos senti­ments les plus chers, nous et nos pensées les plus intimes, nous et notre affection pour eux.

 

 

Catherine de Sienne rencontrait tous les obstacles imagi­nables à la sainte vie qu'elle désirait mener. Ses parents, la trouvant trop pieuse, voulurent l'occuper aux soins du ména­ge et ne lui laissèrent plus un moment pour aller prier Dieu. La sainte se soumit avec une docilité parfaite ; mais voyant que son cher oratoire lui était fermé, elle se fit un autre ora­toire dans son propre cœur, une cellule où elle s'entretenait affectueusement avec Jésus-Christ. Bien mieux, elle s'appli­qua à voir Jésus-Christ dans la personne de son père, la Sainte Vierge dans celle de sa mère ; et grâce à ces pensées de foi, elle les entoura de la plus profonde vénération, tout en faisant chaque jour elle-même de nouveaux progrès dans le recueil­lement.

 

 

Chrétiens et chrétiennes, vous qui vivez aujourd’hui au milieu du monde, faites en votre cœur, un foyer domestique sur lequel le monde n'aura jamais aucun droit.

 

 

EXTRAIT DE : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

 

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 09:56

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (10)

L'homme présente à chaque pas un si étrange mélange de noblesse et de dégrada­tion, de grandeur et d'abaissement, de bien et de mal, qu'il n'est pas facile de concevoir comment un être d’une telle nature a été l'ou­vrage de Dieu.

 

En effet, tandis qu'à l'aide de son intelligence il embrasse, pour ainsi dire, le ciel et la terre, tandis qu'il découvre le cours des astres et pénètre dans les secrets les plus profonds de la nature, nous le voyons en même temps tout plein de doutes, d'ignorance, d'erreurs; il a un cœur noble, ami de la vertu, s'enthousiasmant au seul souvenir d'une action généreuse, et ce cœur s'attache aux choses les plus viles et devient l'asile de la cruauté, de la trahison et de la perfidie ; il est capable de concevoir et de réaliser des projets gigantesques, et de bra­ver sans peur toute espèce de périls, et peut-être tremble-t-il effrayé à la vue d'un danger méprisable, et perd-il courage pour s'être heurté à la difficulté la plus légère ; il sou­pire sans cesse après le bonheur, et il vit accablé d'infortunes; en un mot, quel que soit l'endroit par lequel nous considérons l'homme, nous y trouvons un contraste étrange, qui afflige et confond.

 

 

Si nous faisons un moment de réflexion sur nous-mêmes, nous ne manquerons pas de voir que tout le cours de notre vie est une lutte continuelle entre la vérité et l'er­reur, la vertu et le vice, l'amour du bonheur et l'infortune. L'accomplissement de nos obligations d'une part, et la paresse et toutes les passions de l'autre, tiennent notre âme dans une torture de tous les instants; de façon que l’on dirait qu'il y a au-dedans de chacun de nous deux hommes qui se contre­disent et se font une guerre sans relâche, l'un bon et l'autre mauvais, l'un sage et l'autre insensé.

 

 

Et pour ce qui touche au bonheur, qui peut se glorifier d'en jouir, de l'avoir à peine goûté ? Comment est-il pos­sible, diront les incrédules, qu'une telle monstruosité soit sortie des mains d'un Dieu infiniment sage, infiniment bon ? C'est ici ce­pendant, c'est en répondant à cette difficulté, que la Religion catholique montre toute sa sublimité, c'est ici qu'elle manifeste un de ses titres les plus irrécusables pour prouver qu'elle, et elle seule, est la vérité.

 

 

La Religion ne nie pas qu'il existe dans l'homme des contradictions palpables, qu'on remarque dans son être et dans sa conduite des écarts monstrueux; elle ne cherche à diminuer en rien la réalité du fait sur lequel est fondée la difficulté, parce que se sentant la force de la résoudre complètement, elle n'éprouve aucune nécessité ni de l'atténuer, ni de la tourner, ni de l'éluder.

 

 

Mais dès que la difficulté se montre, qu'elle se présente avec cette apparence grandiose et robuste qui a suffi pour confondre les plus grands philo­sophes de l'antiquité, la Religion lui barre le chemin, et lui dit en face : « Oui, l'homme gît dans l’erreur et dans la corruption. Mais veux-tu en comprendre le secret? Le voici: il est dans un des dogmes que j'enseigne, dans le péché originel. L'homme d'à présent n'est pas tel que Dieu l’a créé, mais c'est un homme dégénéré. Dieu l'avait créé innocent et heureux; son intelligence était éclairée par la lumière de la vérité, sa volonté en harmonie avec toutes les prescriptions de la raison et de la loi divine; sa vie s'écoulait dans un repos agréable, dans un bien-être paisible, son cœur surabondait de félicité. Ce bonheur si grand eût passé à sa descendance, s'il s'était conservé dans la soumis­sion aux ordres de Dieu; mais l'homme a péché ; et par un dessein impénétrable du Très-Haut, toute la race d'Adam est restée infectée de la faute et soumise à la peine. Et ainsi est éclairci le mystère des contradic­tions de l'homme : cette noble créature est l'image et la ressemblance de Dieu même, mais la flétrissure du péché a défiguré cette belle image ; quand nous considérons l'homme intelligent, incliné à la vertu, éle­vant son noble front pour contempler le ciel, nous considérons en lui l'image de Dieu; quand nous le considérons dans les ténèbres de l'erreur, dans la fange du vice, dans les angoisses du malheur, nous voyons les ra­vages exercés sur cette belle image par le fléau du péché. »

 

 

C'est ainsi que la Religion explique les contradictions monstrueuses de l'homme ; et bien qu'il soit vrai que cette explication elle-même est un mystère beaucoup au-dessus de la portée de l'intelligence, on ne peut ce­pendant nier qu'à travers les nuages qui en­tourent ce secret auguste , on ne découvre un tel fond de raison et de vérité, et que le mystère du péché originel ne projette une telle abondance de clarté, que l'univers tout entier en est illuminé, et que notre intelli­gence satisfaite se dit à elle même : « Ce mystère est supérieur à ta raison, mais il ne lui est point contraire. »

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 08:03

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (9)

Il ne manque pas d'hommes qui sans nier définitivement la vérité de la Religion, n'y adhèrent pas entièrement non plus, et ne se soucient point de s'assurer si elle est vraie ou fausse.

 

« Ils ne veulent pas s'ingérer, comme ils disent, dans ces questions ; ils ne savent pas ce qu'il en est au fond de tout cela, et ne veulent pas se mettre en peine de le savoir. »

 

Ces gens s'appellent des indifférents en matière de Religion. En vérité il ne peut y avoir d'état plus déplorable que celui de l'indifférent, parce que si l'on considère bien la réalité, il y a là quelque chose de pire encore que chez ceux qui sont irréligieux par sys­tème, et qui attaquent la Religion.

 

Car l'homme qui en nie la vérité, qui dispute, qui cherche à la convaincre de fausseté, au moins s'occupe d'elle; dans l'intervalle il l'examine, et un jour peut venir, où par le moyen d'un livre ou d’une conversation avec un homme sage, il se trou­vera détrompé de ses erreurs et restera con­vaincu de la vérité de la Religion.

 

Mais celui qui a adopté pour solution de ne pas y penser, qui est parvenu à se représenter comme chose indifférente qu'elle soit vraie ou qu'elle soit fausse, celui-là, ne lisant point, ne faisant aucune recherche sur la matière, ne sortira jamais de son funeste état, et sera comme un homme qui dort tranquille au bord d'un pré­cipice.

 

Pour se convaincre combien est contraire à la raison et aux règles les plus ordinaires de la prudence un pareil système, il suffit de considérer que la Religion ne s'occupe pas de choses où l'homme n'a rien à voir, mais qu'elle ne se propose rien de moins que de lui apprendre son origine, sa destinée et les moyens qu'il doit mettre en pratique pour atteindre à cette destinée.

 

En d’autre terme, l'homme trouve dans la Religion ce qui lui importe le plus, ce qui le touche de plus près; et il ne peut se séparer d'elle sans s'exposer aux plus graves périls. C'est là une affaire tellement grave, qu'elle vaut la peine d'être examinée.

 

Puis­que la raison et l'expérience nous donnent la certitude qu'il viendra un jour où nous de­vrons mourir, dès lors il est certain aussi et inévitable que nous expérimenterons par nous-mêmes s'il y a une autre vie ou non.

 

Et au moment où nous aurons rendu le dernier soupir, et que ceux qui entoureront notre couche funèbre diront : il est mort;en ce même instant nous-mêmes éprouverons ce qu'il en est de l'autre vie. Et qui sera assez insensé pour se lancer dans l'éternité, sans s'embarrasser de savoir s'il ne s'y rencontre aucun danger de se voir malheureux pour toujours, sans remède et sans espérance?

 

L'indifférent dira que peut-être il n'en est rien de tout ce qu'enseigne la Religion, peut-être que l'âme meurt avec le corps. Cepen­dant s'il en est réellement tel que le dit la Religion, si l'impie se trompe, si au moment de la mort il se rend compte que tout ce qu'elle nous enseigne est vrai, qu'il y a un ciel pour les bons, et un enfer pour les méchants, où ira l'homme qui dans sa vie a négligé de chercher à savoir si la Religion est vraie ou fausse?

 

Pourra-t-il espérer d'aller au ciel celui qui ne s'est pas soucié de savoir s'il y a un ciel ? Celui qui a passé sa vie sans s’assurer ni s'il y a un Dieu qui l'a créé, ni comment il doit l'aimer et le servir, ni s'il y a un moyen de rencontrer la vérité dans des matières d'une telle importance, celui qui a vécu dans un oubli si profond de lui-même, pourra-t-il ne pas se reconnaître coupable devant Dieu?

 

Pourra-t-il se plaindre s'il est destiné à un lieu d'éternel châtiment? On a de la peine à croire qu'il y ait des hommes qui vivent en un tel aveuglement; le cœur se serre en les voyant marcher distraits vers le bord d'un affreux précipice.

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:43

   Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (8)

Dieu nous a créés, nous conserve, nous dirige ; il est notre principe, il est notre fin ; et notre âme qui ne meurt point avec le corps, qui vivra éternellement, doit se rencontrer un jour en présence du juge suprême, qui demandera compte de toutes ses actions, et lui donnera, conformément à ses mérites, ou la récompense ou le châtiment.

 

 

En cette vie donc nous devons nous préparer pour l'autre, nous devons connaître notre origine, notre destinée et les moyens que la Provi­dence nous a fournis pour atteindre à cette destinée. Ces connaissances et ces moyens sont mis à notre disposition par la Religion, et cela suffit pour démontrer son existence, car si elle n'existait pas, l'homme serait en ce monde comme un orphelin abandonné, de qui personne ne se soucie et qui ne sait ni d'où il vient ni où il va.

 

 

L'homme doit aimer Dieu parce que Dieu est infiniment bon ; et de plus, parce que Dieu l’a comblé de tant de bienfaits, il doit lui en rendre des actions de grâces, il doit l'adorer comme le maître du ciel et de la terre.

 

 

Mais dans tous les actes tant intérieurs qu'exté­rieurs par lesquels il rend son culte à Dieu, il doit se comporter d'une manière agréable à la Divine Majesté, et comme il convient à une créature qui offre ses hommages a son Créateur.

 

 

Par conséquent des règles certaines sont nécessaires à ce culte ; par conséquent ces règles ne peuvent avoir été abandonnées au caprice inconstant des hommes ; par consé­quent il faut qu'il y ait une Religion, la même pour tous les hommes, en laquelle ils puissent vivre avec la certitude qu'en observant ses préceptes ils accomplissent la volonté de Dieu, et suivent le sentier qui conduit à l'éternelle félicité.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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