Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 08:08

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. (2) 

Le Seigneur qui a créé toutes choses doit être tout-puissant. Puisque créer c'est tirer du néant, c'est faire que ce qui n'existait pas auparavant existe à l'instant même, il est bien clair qu'il faut pour cela un pouvoir infini, la toute-puissance.

 

Nos œuvres nous les fabriquons, nous les hommes, à grands frais de temps et de travail, et tou­jours à la condition d'en avoir préalablement les matériaux à notre disposition, car le me­nuisier, par exemple, ne construit une table qu'en ayant préalablement à la main le bois nécessaire.

 

Mais là où rien n'existe, dire : sois faite, et produire l'œuvre sur le champ, suppose un pouvoir sans limite. Cela Dieu l’a fait, et non avec des objets de peu de va­leur, mais avec le monde entier.

 

Dieu doit être infiniment sage, car sa sa­gesse resplendit dans ses œuvres au ciel et sur la terre ; éternel, puisque n'ayant point été créé, il ne peut avoir ni commencement ni fin; infini en perfection, puisque existant par lui-même rien n'a pu le limiter, et qu'il possède la plénitude de l'être; par consé­quent immense, juste, saint, bon, miséricor­dieux, récompensant les bons, punissant les méchants ; en un mot, il est un esprit infini­ment par fait, créateur, conservateur et ordon­nateur de toutes choses.

 

Il s'ensuit que Dieu voit tout ce qui se passe dans le monde, tout ce qui s'est passé et tout ce qui se passera, avec autant de clarté que nous voyons, les choses que nous avons devant les yeux au milieu du jour; et il ne peut en être autre­ment, puisque rien n'arrive de bien ou de mal sans que Dieu l'ordonne ou le permette.

 

Quand nous faisons une chose aussi secrète­ment que nous le pouvons, quand nous avons une pensée ou un dessein sans le manifester extérieurement, Dieu voit tout cela, est té­moin de tout cela, comme un homme qui nous examinerait de près et avec beaucoup d'attention. Quel souvenir est aussi propre à rendre notre conduite régulière!

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 08:49

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants (1)

 

La raison naturelle suffît pour connaître qu'il y a un Dieu, créateur du ciel et de la terre.

 

Car à la vue d'un vaste palais, parfai­tement proportionné, rempli de meubles ma­gnifiques, orné avec un goût exquis, ne con­sidérerions-nous point comme un insensé celui qui affirmerait que ce palais, cet ameu­blement, cette ornementation, n'ont eu ni constructeur ni ordonnateur?

 

Eh bien, le monde est ce superbe palais : le soleil l'éclairé pendant le jour, la lune pendant la nuit ; le ciel est peuplé d'étoiles, la terre d'hommes, d'animaux ; la mer et les fleuves de poissons ; l'air d'oiseaux; les saisons se succèdent les unes aux autres avec un ordre admirable; dans les entrailles de la terre gisent l'or, l'argent, tous les métaux, les pierres pré­cieuses.

 

Et un monde si riche, si beau, si merveilleux, ne prouverait pas l'existence d'un maître qui l'a créé et ordonné ?

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:35

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.

Je n'ai point eu l'intention d'écrire un ca­téchisme de la doctrine chrétienne, ni un abrégé de l'histoire de la Religion : il ne manque pas de petits ouvrages de ce genre. Je me suis seulement proposé de combler un vide qui existe dans l'éducation des en­fants.

 

 

On les instruit des éléments de la Re­ligion au moyen du catéchisme, et on leur en fait apprendre l'histoire, mais on n'appelle pas suffisamment leur attention sur les fon­dements des vérités qu'on leur enseigne. Il en résulte qu'au sortir de l'école pour entrer dans une société distraite et dissipée, quand elle n'est pas incrédule ou indifférente, ils ne trouvent point dans leur intelligence les lumières qui pourraient leur servir pour se conserver dans leur foi à notre très sainte Religion.

 

 

Il y a malheureusement aujourd'hui une foule d'hommes superficiels, qui, parlant de ce qu'ils n'entendent point, prennent de préférence pour sujet de leurs discours les attaques contre la Religion. Et quelles armes a-t-on fournies aux enfants dans leur éduca­tion pour pouvoir défendre leurs croyances, sinon dans la conversation, au moins dans le sanctuaire de leur conscience? Et les maîtres eux-mêmes où peuvent-ils recourir pour trouver résumées en de courtes ces leçons les preuves de la Religion ? Et cependant cet enseignement n'est-il pas aussi et même beaucoup plus nécessaire que celui des prin­cipes de l'arithmétique, de la géométrie, du dessin, par lequel on prépare les enfants à entrer plus tard avec honneur et profit dans leurs carrières respectives?

 

 

Voilà le vide que je me suis proposé de combler. Cet opuscule, tout en étant utile aux enfants, ne laissera pas d'être avanta­geux aux adultes. Lamentables sont l'igno­rance et l'incurie qui règnent en cette ma­tière : on donne et on reçoit des leçons sur toute chose ; on ne néglige qu'un seul point, la connaissance des raisons de notre foi. Et c'est là une des causes pour lesquelles cette foi gît en tant de cœurs comme une semence stérile, si tant est, chose plus déplorable mille fois, que le vent de l'incrédulité ne l'enlève pas de son premier souffle.

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 08:13

Vous employez les moyens  conseillés pour progresser dans la vertu, et cependant vous n'avancez pas dans la per­fection aussi vite que vous le voudriez ; vous retombez souvent dans les mêmes fautes ; vos défauts se font aussi vivement sentir et prennent à certains moments une recru­descence qui vous déconcerte.

 

Et vous dites : Pourquoi des fautes ? Pourquoi des imperfections ? Pourquoi ces perpé­tuelles rechutes ?

 

D'abord, soyez juste envers vous-même, comparez ce que vous êtes avec ce que vous étiez avant cette période d'efforts. Vos fautes ne sont-elles pas plus rares et moins vo­lontaires ? N'en sentez-vous pas plus vite le regret ? N'avez-vous pas pour elles une horreur plus grande ? Vous avez ga­gné, si vous constatez quelques-unes de ces améliorations.

 

Vos défauts ! N'est-il pas vrai que vous les remarquez mieux ? Et c'est justement pour cela que vous les croyez plus vivants. N'est-il pas vrai qu'ils vous déplaisent davantage ? Et c'est peut-être ce qui provoque vos tristesses découragées. Mais des défauts que l'on remarque mieux et qui déplaisent d’avantage, sont des défauts en voie de guérison !

 

Au simple point de vue de la raison, l'étude attentive de l’âme humaine montre que là, comme dans la santé, com­me dans la nature matérielle, les progrès sont, dans une certaine mesure, l'œuvre du temps. La vertu est chose trop haute pour dépendre d'un simple vouloir et de quelques efforts.

 

Ne portons-nous pas d'ailleurs cette corruption de na­ture qui est l'essence de notre état déchu ? Saint Paul en ressentait les assauts renaissants. Sommes-nous de meilleure noblesse que le grand Apôtre et présenterons-nous à notre ac­tif les mêmes sacrifices, la même mortification, la même vigi­lance, la même ardeur? L'ange de Satan l'humilie par ses ten­tations ; la convoitise semble l'emporter sur ses résolutions et il s'écrie : Malheureux homme que je suis ! Mais voyez-le bientôt, relevant le front et laissant rayonner sur son mâle visage la sérénité du voyant et la confiance du vainqueur : « Je peux tout en celui qui est ma force ! »

 

Ces imperfections, ces fautes, ces impressions de nos défauts sont nécessaires à notre vertu ; elles assurent sa soli­dité.

 

On peut sans doute supposer un être absolument parfait et qui serait humble ; mais cet être n'est pas l'homme  déchu. Voyant trop peu dans la vertu la part de Dieu, car l'invi­sible action de la grâce lui échappe ; se voyant trop lui-même, surtout dans son action personnelle, il est porté à s'attribuer la résistance au mal, le progrès et la perfection même. Se complaire dans cette persuasion plus ou moins consciente est si facile ! Orienter vers soi l'attention et l'estime des autres serait si tentant! Voilà l'orgueil qui porte le trouble au de­dans et au dehors et qui désorganise la vie morale.

 

Les misères que nous déplorons, Dieu nous les laisse à des­sein ; il en fait cette boue miraculeuse, qui ouvre les yeux de l'aveugle ; et l'aveugle, guéri, distingue dans la lumière de vérité ce qui est de Dieu et ce qui est de lui. Le partage est facile à faire : il ne nous laisse que le mal.

 

Au lieu de vous attrister, relevez vos espérances. De votre grande misère formez cette grande vertu qui met tout en sa place : l'humilité.

 

Bien humble, vous aurez la vraie notion de la confiance, vous serez rassurée et paisible, hardie s'il le faut; mais vous le serez sans trop compter sur vous. Se confier, c'est s'appuyer sur Dieu.

 

Bien humble, vous serez facilement charitable, indulgente, douce, patiente ; vous aimerez comme vous sentez que Dieu vous aime, avec sa tolérance si large qui ne se lasse pas.

 

Bien humble, vous éprouverez le besoin de prier. Vous vous sentez indigente, impuissante, et voilà qu'il vous est permis de tout demander et de tout avoir !

 

Bien humble, vous découvrirez dans la prière tout l'ordre surnaturel : la grâce, agent du progrès, appartenant à Dieu ; la prière, moyen de l'obtenir, mis entre vos mains ; et, par là, le bien, œuvre de Dieu, œuvre de l'homme, donnant à l'un la gloire, laissant à l'autre le mérite.

 

Nous pourrions évoquer l'une après l'autre, toutes les ver­tus, toutes les générosités, tous les sentiments élevés ; nous constaterions, avec un étonnement ravi, que toutes ces gran­des choses doivent leur sève, leur éclat et leur solidité à l'hu­milité dans laquelle elles plongent leurs racines.

 

Tout en détestant nos fautes, et les combattant avec une ardeur chaque jour plus grande, ayons donc soin de ne pas nous décourager et prions Dieu de nous faire trouver dans ces fautes elles-mêmes l'occasion de recourir davantage à lui, de nous mépriser nous-même, de pratiquer la vraie humilité.

 

Rappel : Le 21 septembre c’était la fête de Saint Mathieu, apôtre.

Jésus suivait un jour le rivage du lac de Galilée, lorsqu'il  aperçut, assis à son comptoir, un publicain nommé Ma­thieu, dont la charge était de recueillir le tribut que les Juifs devaient payer à leurs maîtres, les Romains. Jésus lui dit : « Suivez-moi, » et aussitôt Mathieu se leva, quitta tout et le suivit. Les publicains étaient alors abhorrés par les Juifs, qui les considéraient comme des ennemis de leur patrie, des bannis, des pécheurs publics occupés à s'enrichir par l'injustice et la fraude.

 

Nul pharisien n'eût consenti à manger à la même table qu'un publicain ; seul, Notre-Seigneur eut pitié de ces hommes que tous repoussaient.

 

Aussi, Mathieu prépara-t-il un grand festin, auquel il invita Jésus, ses disci­ples et un certain nombre de  publicains, qui dès lors se montrèrent des plus assidus à la prédication du Sauveur. C'est en réponse aux murmures des pharisiens à cette occa­sion que Jésus prononça cette belle parole : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin ; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence. »

 

Après l'Ascension, saint Mathieu demeura quelque temps en Judée, et c'est là qu'il écrivit son évangile, pour prouver à ses compatriotes que Jésus était véritablement le Seigneur, et le roi prédit par les prophètes. Plus tard il porta l'évangile dans différentes contrées, et la tradition rapporte qu'il subit martyre en Nubie, vers l'an 70 de J.-C.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 07:13

Comment pourrait-on, vous disent certaines personnes, approfondir les vérités religieuses ? C'est trop abstrait, trop relevé, il s'y trouve trop de mystères et de vérités impénétrables.

 

C’est une excuse puérile ! Qu'est-ce que les passions, l'ambition, la haine, la curiosité ne font point rechercher, découvrir ou deviner aux hommes les plus vulgaires ?

 

Qu'est-ce que les hommes n'ont pas inventé pour gagner de l'argent par leur commerce ?

 

Qu'est-ce qu'un prisonnier n'imagine pas dans une prison pendant vingt ans, pour tâcher d'en sortir, pour avoir des nouvelles de ses amis, pour leur donner des siennes, pour trom­per la vigilance et la défiance de ceux qui le tiennent en cap­tivité ?

 

Qu'est-ce qu'un homme ne rechercherait point pour dé­couvrir les causes de son état, s'il se trouvait tout à coup à son réveil transporté dans une île déserte et inconnue ?

 

Que ne ferait-il pas pour savoir comment il y aurait été trans­porté pendant son sommeil, pour chercher dans cette île quelque trace d'habitation, quelque vestige d'habitant, pour inventer quelque moyen de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de naviguer et de retourner en son pays ?

 

Voilà les ressources naturelles de l'esprit humain chez les hommes même les moins cultivés. Il n'y a qu'à bien vouloirpour parvenir à toutes les choses qui ne sont pas absolument impossibles. Aimez autant la vérité que vous aimez votre san­té, votre vanité, votre liberté, votre plaisir, votre fantaisie : vous la trouverez. Au lieu de vous amuser aux sottises qu'on nomme fortune, divertissements, spectacles, réputation, po­litique, ne soyez occupée que de vous dire à vous-même : Qui suis-je, où suis-je, d'où viens-je ? Depuis quand suis-je venue ici ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je ici ? Quels sont ces autres êtres qui me ressemblent et qui m'environnent ; d'où viennent-ils ?

 

Je n'ai nulle autre affaire dans ce coin de l'univers, où je suis comme tombée des nues, que celle de songer à mon état, de découvrir mon origine et ma fin. Je n'ai que peu de temps à passer dans cet état : je dois l'employer à découvrir ce qui doit décider de moi. Je ne dois avoir qu'un seul souci : m'étu­dier, m'approfondir, et arriver coûte que coûte à connaître la vérité sur moi-même. Quand il me faudrait passer toute ma vie dans cette recherche, qu'importe ?

 

Cette courte vie n'est que le songe d'une nuit ; si peu que je suive ma raison avec courage, je dois être plus content de la passer dans une si importante occupation, avec la consolation d'agir sérieuse­ment, que de m'abandonner à la folie de mes passions qui se tourneraient en malheur pour moi.

 

Pourquoi les hommes ne feraient-ils pas, pour la décou­verte d'eux-mêmes, ce que fit ce Scythe Anacharsis, qui vint en Grèce chercher la vérité ; et ce que faisaient les Grecs, qui allaient en Égypte, en Asie, et jusque dans les Indes chercher la sagesse ?

 

Il ne faut pas beaucoup de lumière pour aperce­voir qu'on est dans les ténèbres ; il ne faut pas être bien fort pour sentir son impuissance ! Un voyageur va au Monomotapa et au Japon pour apprendre ce qui ne mérite nullement sa curio­sité, et dont la découverte ne le guérira d'aucun de ses maux.

 

Quand trouvera-t-on des hommes qui fassent, non pas le tour du monde, mais le moindre effort pour développer le grand mystère de leur propre état ? On parcourt les mers les plus orageuses pour aller chercher à quatre mille lieues d'ici le poivre et la cannelle ; on surmonte les vents, les flots, les abî­mes et les écueils, pour avoir ce qui n'est presque bon à rien ; et on ne traverserait pas la Manche pour connaître la vérité, pour apprendre à être sage, à être digne d'un bonheur éternel!

 

En faut-il davantage pour confondre l'homme, pour le couvrir de honte sur son ignorance, pour le rendre inexcu­sable d'entretenir une indolence si dénaturée et une stupidi­té si monstrueuse ?

 

On ose dire qu'un villageois n'a pas assez d'esprit pour ap­prendre son catéchisme, pendant qu'il apprend sans peine toutes les chansons malignes et impudentes de son village, pendant qu'il use des déguisements les plus subtils pour ca­cher ses débauches et ses larcins !

 

L'esprit de chacun de nous s'étend ou se raccourcit sui­vant l'application ou l'inapplication où il vit. L'esprit est comme un cuir souple : il s'allonge et s'élargit à proportion de la bonne volonté et de l'exercice.

 

Tournez votre esprit autant vers le bien qu'il l'est d'ordinaire tourné vers le mal, vous trouverez par le seul amour du bien des ressources incroyables d'esprit pour arri­ver à la vérité, chez ceux mêmes qui montrent le moins d'in­telligence.

 

Allez à Dieu, franchement, humblement, priez-le de vous éclairer et vous comprendrez tout autrement les choses de la religion.

 

fénelon

 

EXTRAIT DE : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 11:34

Aimez  véritablement  votre  prochain,   dit  l'Apôtre.   La charité n'est point stérile ; elle se manifeste par des œu­vres de miséricorde, dont les unes appartiennent à l'or­dre temporel, et les autres à l'ordre spirituel. Ces œuvres vous sont connues.

 

 

C'est aux femmes plus encore qu'aux hommes qu'il appartient d'exercer les œuvres de miséricorde. Dieu, en leur don­nant un cœur plus tendre, plus généreux, plus disposé à la compassion, ne semble-t-il pas leur avoir confié la noble mis­sion de soulager les malheureux, de consoler les pauvres, si délaissés dans cette vallée de larmes ?

 

 

Mère, sœur, épouse, fille, la grâce secourable de la femme, dit un philosophe, s'entremêle à tous les âges et à tous les états de la vie humaine pour en faire le charme et le lien ; pour soutenir la faiblesse, tempérer la violence, relever l'abatte­ment, accompagner la destinée ; pour unir les divers membres de la famille, en éviter les frottements, en concilier les oppo­sitions, en constituer l'harmonie ; et, dans la société, pour jeter, comme les lianes des forêts vierges, d'une famille à l'au­tre, d'une branche à l'autre, d'un individu à l'autre, des liens souples et doux dont l'attrait fait la force, dont la faiblesse fait la grâce, et qui composent la flexibilité des relations de la vie humaine.

 

 

Que l'on considère surtout la grande, l'immen­se place que la douleur et la misère occupent dans cette vie : la faiblesse de l'enfance, l'inexpérience de la jeunesse, les déceptions de l'âge mûr, les dégoûts de la vieillesse, tous les maux particuliers qui viennent fondre à chaque instant sur ces maux généraux, et, pour un si grand nombre, le mal con­tinu de l'indigence et de tout le cortège de labeurs, de priva­tions, de maladies, de honte, de désespoir, qu'elle traîne avec elle ; et qu'on observe que si quelque soulagement, quelque miséricordieuse sympathie, quelque soin pieux, quelque rayon discret de consolation et d'espérance sont envoyés du ciel à tous ces besoins et ces maux, c'est la femme chrétienne qui en est ordinairement la messagère.

 

 

Il n'y a pas un coin écarté de pauvreté que la charité des femmes chrétiennes n'explore, pas une plaie hideuse qu'elle ne lave et ne nettoie, pas une douleur mystérieuse qu'elle ne console, pas une faiblesse secrète qu'elle ne relève, pas une pudeur qu'elle ne réveille, pas un repentir qu'elle n'accueille, pas un désespoir qu'elle ne sauve, et pas une âme en peine qui ne se jette entre ses bras.

 

 

Que de combinaisons ingénieu­ses et sans relâche ! Que de refuges ouverts a des existences brisées ! Que de larmes essuyées ! Que de caves et de mansar­des visitées ! Que de corps gisants sur la paille relevés, rani­més, réchauffés, vêtus, nourris, guéris ! La charité chrétienne n'abandonne pas un instant la vie du pauvre ; elle s'occupe de lui avant sa naissance pour lui préparer un berceau et du lait; elle élève son enfance à la garderie, dans l'asile et dans l'école, paie et protège son apprentissage, adopte l'orphelin, délivre le prisonnier, visite le malade, encourage le repentir, aide sans l'humilier la misère qui se cache, et ajoute à l'au­mône la parole qui console et qui fortifie.

 

 

La femme chrétienne est éminemment douée de toutes les qualités qui donnent du prix aux services rendus ; elle a plus de suavité dans le cœur, plus d'affabilité dans les manières, plus de douceur dans le caractère. Aussi, quand elle vient s'as­seoir au chevet du malade dans nos hôpitaux, ou lorsque, dans les prisons, elle paraît à la porte du cachot des condamnés, elle semble un ange descendu du ciel pour les consoler et les plaindre ; quand elle s'introduit dans l'asile du vieillard, on croirait qu'elle est sa propre fille. Quand la sœur de Saint-Vin­cent rassemble autour d'elle les enfants de la misère, du mal­heur ou du crime, on dirait qu'au souffle de la charité de Jésus-Christ son cœur virginal a deviné tous les instincts de la maternité.

 

 

« Les femmes chrétiennes, dit M. de Salvandy, ont un mi­nistère et un rang à part. Elles seules pouvaient montrer au monde le miracle perpétuel et vivant du dévouement des sœurs de charité, qu'admirent et vénèrent nos armées, pour qui elles sont à la fois la religion, la patrie et la famille.

 

 

« Femmes de toutes les conditions, vous ne sentez pas assez combien vous pourriez être utiles et secourables autour de vous, quels maux différents vous pourriez guérir, quelle influence heureuse vous pourriez exercer ! Combien d'âmes inquiètes, oisives, entraînées dans des voies mauvaises, que votre naturel empire, si fatal dans les sociétés faibles et cor­rompues, si bienfaisant dans celles qui sont fortes ou se re­lèvent, pourrait régler et fixer !

 

«Il y a un prosélytisme du de­voir et de l'honneur, de la dignité personnelle, du bon et noble emploi de la vie, de la sollicitude sur les obligations du rang et de la fortune, de la culture sérieuse des intelligences et des âmes, que vous pourriez accomplir avec autant de fruit que l'apostolat de la charité.

 

 

«C'est une œuvre digne de cœurs et d'esprits éclairés par une sainte lumière. Ne la croyez ni au-dessus de vos forces, ni au-dessus de votre mission ; c'est vo­tre mission même. Sœurs de charité de maux que le monde ignore ou dédaigne, et qui le blessent au cœur sans qu'il y prenne garde, soyez secourables au faible qui s'abandonne aussi bien qu'à l'indigence qui se meurt !... »

 

R. P. huouet.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

 

    elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 03:03

Beaucoup de personnes s'excusent d'avoir dénigré le pro­chain en prétendant « qu'elles ont parlé en riant, qu'el­les n'ont dit que des bagatelles, » que « les auditeurs n'y auront sûrement pas fait attention », etc.

 

 

Il suffît de ré­fléchir un instant à ce qui se passe en pareille occurrence pour comprendre combien ces prétextes sont futiles. Vous parlez en riant, mais ce sont justement ces mots lancés sous forme de plaisanterie qui font les blessures les plus sanglan­tes ; peut-être dans le moment même les personnes qui vous écoutent n'y feront-elles pas grande attention, comme vous l'affirmez fort gratuitement ; mais rentrées chez elles, ne re­viendront-elles   pas  sur ces petites méchancetés ?

 

 

Ne vont-elles pas les répéter ? Ne seront-elles pas sous l'influence de vos paroles railleuses et méprisantes lorsqu'elles se rencontre­ront avec les infortunés que vous avez ridiculisés ? Vous ré­pliquez qu'il s'agit de choses légères. Mais êtes-vous bien sûre qu'elles soient si légères? Je suppose qu'on vienne vous dire que dans telle soirée un autre aimable parleur s'est égayé précisément sur le même sujet, mais cette fois à vos dépens; jugerez-vous encore que ce soit des bagatelles ?

 

 

La plainte amère ne jaillira-t-elle pas de votre âme et la colère de vos yeux, et, tandis que tout le monde vous répète :   « Ce n'est rien, » ne direz-vous pas : « C'est très sérieux » ? Aimez donc votre frère comme vous-même !

 

 

Choses légères ! Mais n'y ajoutez-vous jamais rien du vô­tre ? Ne chargez-vous pas un peu les couleurs ? N'y a-t-il pas, en forme de broderie, certaines expressions voilées qui font tout entendre en ne disant rien, certain silence même qui donne plus à penser que les paroles ?

 

 

Ah ! Qu'il est difficile de se tenir dans la vérité quand on n'est plus dans la charité !  Vous vous persuadez que la médisance qui vous est échap­pée n'a que légèrement intéressé le prochain : mais êtes-vous juge compétent ? Avez-vous bien pesé jusqu'où peut aller cet intérêt du prochain ?

 

 

Choses légères ! Mais avez-vous bien fait attention aux personnes ? Votre médisance ne portait-elle pas sur certains points où la tache la plus légère est grave, où toute raillerie est un outrage et peut semer des malheurs affreux, où tout soupçon est une accusation, où n'être pas loué est presque une infamie ? Et avec quelle facilité dans le monde on plai­sante sur ce terrain brûlant !

 

 

Vous prétendez que le bruit commun avait rendu la chose publique. Mais n'est-ce pas, disait Tertullien, ce bruit com­mun qui publie tous les jours les plus noir mensonge et qui les répand dans le monde avec le même succès que les plus constantes vérités ? N'est-ce pas le caractère de ce bruit com­mun de ne subsister que pendant qu'on le colporte, et de s'évanouir du moment qu'on n'en parle plus ?

 

 

Vous n'avez rien dit que de vrai, ajoutez-vous. Mais, pour être vrai, vous est-il permis de le révéler ? N'était-ce pas as­sez qu'il fût secret pour devoir être respecté de vous ? Avez-vous droit sur toutes les vérités ? Consentiriez-vous que tout ce qui est vrai de votre personne fût découvert et manifesté ? Ne compteriez-vous pas cette indiscrétion pour une injure atroce dont vous demanderiez satisfaction ? Pourquoi ne suivez-vous pas les mêmes principes en faveur des autres ?

 

 

« Lorsqu'on est dans le cas de blâmer le vice, remarque un auteur, il faut épargner le plus possible la personne en qui il se trouve. On peut néanmoins parler librement des pécheurs Infâmes, publics et notoires, pourvu que ce soit avec esprit de charité et de compassion, et non avec arrogance et présomp­tion, et en prenant plaisir au mal d'autrui. A plus forte rai­son peut-on et doit-on flétrir les injustices et les impiétés des ennemis de l'Église, les combattre sans relâche, ne pas leur faire de quartier ; mais encore une fois, tout en maudis­sant les doctrines et les actes, il faut respecter les personnes. La charité ne perd jamais ses droits. »

 

 

« Chacun, dit saint François de Sales, se permet de juger et de censurer les princes, et de médire des nations entières, selon les divers sentiments dont on est affecté à leur égard. Ne faites pas cette faute ; car outre l'offense deDieu, vous pourriez vous attirer mille désagréments. »

 

 

« Une faute que l'on commet souvent, remarque encore le même saint, c'est d'entremêler certaines méchancetés de gentillesses et de bons mots : ceux qui se les permettent sont les plus dangereux de tous les médisants. « Je proteste, disent-ils, que j'aime un tel, et qu'au reste c'est un galant homme ; mais cependant il faut dire la vérité : il eut tort de faire cette  perfidie. C'est une personne fort vertueuse, mais elle s'est  laissé entraîner dans une fatale occasion ; » et autres sem­blables tournure. Ne voyez-vous pas l'artifice ? Celui qui veut tirer l'arc attire tant qu'il peut la flèche à soi ; mais ce n'est que pour la lancer plus fortement ; il semble aussi que ceux-ci retirent leur médisance à eux, mais ce n'est que pour la décocher plus roide, afin qu'elle pénètre plus avant dans le cœur des assistants.

 

 

« C'est encore une étrange sorte de médisance que de dire : Un tel est ivrogne, parce que vous l'avez vu ivre, ou, un tel est voleur, parce que vous l'avez surpris une fois à voler ; car un seul acte ne constitue pas une habitude. Noé s'enivra une fois, et Loth une autre fois ; ils ne furent pourtant ivrognes ni l'un ni l'autre, non plus que saint Pierre ne fut sanguinaire pour avoir répandu une lois le sang, et blasphémateur pour avoir une fois blasphémé. Le nom de vicieux ou de vertueux suppose l'habitude du vice ou de la vertu. »

 

 

C'est donc aussi injuste que peu sensé de se prévaloir de telles raisons pour formuler des médisances. De toutes les excuses dont ce péché s'entoure, il n'y en a pas une qui sou­tienne la discussion.

 

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0