Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (26)
La défense que fait l'Église de lire les mauvais livres, est un des points sur lesquels ses ennemis ont beaucoup déclamé.
Ceux-ci ne reconnaissant pas en tout le reste l'autorité de l'Église, il n'est pas étonnant qu'ils ne la reconnaissent pas non plus en ce qui concerne la prohibition des mauvais livres, mais ils devraient avouer au moins que l'Église par cette prohibition agit conformément à ses principes, et remplit un devoir que lui impose son institution.
Un père de famille qui voit introduire dans sa maison un livre contenant des doctrines perverses, use d'un droit indéniable en défendant à sa famille de le lire; l'autorité civile défend avec le même droit la circulation des écrits, qui poussent à l'infraction des lois ou à la corruption des mœurs, ou bien encore qui peuvent provoquer des troubles et des séditions ; c'est à dire que c'est un droit reconnu de l'autorité paternelle et civile de veiller sur les livres et les écrits : et il ne saurait en être autrement, puisque l'influence considérable qu'un écrit peut exercer en bien ou eu mal est chose généralement reconnue.
Ces observations préalablement faites, je demanderai à tout homme judicieux s'il ne trouve pas très naturel, très juste, très raisonnable que l'Église chargée de la garde du dépôt sacré de la saine doctrine, qui a reçu de Jésus-Christ la mission de conduire les hommes à la sublime destinée du salut éternel, veille avec un soin assidu sur les livres dangereux qui circulent parmi les fidèles, et défende la lecture de ceux dont elle juge l'influence pernicieuse? Quel plus grand poison qu'un livre qui pervertit les idées, ou corrompt les mœurs?
Gomment peut-on disputer à l'Église le droit de défendre à ses membres de donner par une curiosité indiscrète la mort à leurs âmes?
Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants. Dr Jacques Balmès. (1869)
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