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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:46


 


 

DES AFFECTIONS DÉRÉGLÉES.

 

Dès que l'homme commence à dé­sirer quelque chose désordonnément, aussitôt il devient inquiet en lui-même.

 

Le superbe et l'avare n'ont jamais de repos; mais le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix.

 

L'homme qui n'est pas encore par­faitement mort à lui-même est bien vite tenté, et il succombe dans les pe­tites choses.

 

Celui dont l'esprit est encore in­firme, appesanti par la chair et incliné vers  les  choses  sensibles,  a  grande peine à se détacher entièrement des désirs terrestres.

 

C'est pourquoi, lorsqu'il se refuse à les satisfaire, souvent il éprouve de la tristesse ; et il est disposé à l'impatience quand on lui résiste.

 

2. Que s'il a obtenu ce qu'il convoi­tait, aussitôt le remords de la cons­cience pèse sur lui, parce qu'il a suivi sa passion, qui ne sert de rien pour la paix qu'il cherchait.

C'est en résistant aux passions et non en leur cédant, qu'on trouve la vé­ritable paix du cœur.

Point de paix donc dans le cœur de l'homme charnel, de l'homme livré aux choses extérieures ; la paix est le par­tage de l'homme fervent et spirituel.

 

RÉFLEXION.

 

Un joug pesant accable les enfants d'Adam (ECCL. XI, 1), fatigués sans relâche par les convoitises de la nature corrompue.

Suc­combent-ils, la tristesse, le trouble, l'amer­tume, le remords, s'emparent aussitôt de leur âme.

Superbe encore au fond de l'ignomi­nie, inquiet et las de moi-même, dit saint Augustin, en racontant les désordres de sa jeunesse, je m'en allais loin de vous, ô mon Dieu! À travers des voies toutes semées de stériles douleurs. (Conf. lib. II, chap. XI). Il en coûte plus à l'homme de céder à ses penchants que de les vaincre; et si le combat contre les passions est dur, une paix inef­fable .en est le fruit.

Appelons le Seigneur à notre aide dans ce saint combat, n'en crai­gnons point le travail, il sera court; aujour­d'hui, demain; et puis le repos éternel.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:34

 

DE LA DOCTRINE DE LA VÉRITÉ.

1. heureux celui que la Vérité instruit elle-même, non par des figures et des paroles qui passent, mais en se montrant telle qu'elle est.

Notre raison et nos sens voient peu et nous trompent souvent.

A quoi servent ces disputes subtiles sur des choses cachées et obscures qu'au jugement de Dieu on ne nous reprochera point d'avoir ignorées?

C'est une grande folie de négliger ce qui est utile et nécessaire, pour s'appli­quer curieusement à ce qui nuit. Nous, avons des yeux, et nous ne voyons point (Jer. v, 21).

 

2. Que nous importe ce qu'on dit sur les genres et sur les espèces ?

Celui à qui parle le Verbe éternel est délivré de bien des opinions.

Tout vient de ce Verbe unique; de lui procède toute parole, il en est le principe, et c'est lui qui parle en de­dans de vous (Jean. VIII, 25).

Sans lui nulle intelligence; sans lui nul jugement n'est droit.

Celui pour qui une seule chose est tout, qui rappelle tout à cette unique chose, et voit tout en elle, ne sera point ébranlé, et son cœur demeurera dans la paix de Dieu.

0 Vérité, qui êtes Dieu, faites que je sois un avec vous dans un amour éternel !

Souvent j'éprouve un grand ennui à force de lire et d'entendre : en vous est tout ce que je désire, tout ce que je veux.

Que tous les docteurs se taisent, que toutes les créatures soient dans le si­lence devant vous; parlez-moi vous seule.

 

3. Plus un homme est recueilli en lui-même et dégagé des choses extérieures, plus son esprit s'étend et s'élève sans aucun travail, parce qu'il reçoit d'en haut la lumière de l'intelligence.

Une âme pure, simple, ferme dans le bien, n'est jamais dissipée au milieu même des plus nombreuses occupa­tions, parce qu'elle fait tout pour ho­norer Dieu, et que, tranquille en elle-même, elle tâche de ne se rechercher en rien. Qu'est-ce qui vous fatigue et vous trouble, si ce n'est les affections immortifiées de votre cœur?

 

4. L'homme bon et vraiment pieux dispose d'abord, au dedans de lui tout ce qu'il doit faire au dehors : il ne se laisse point entraîner dans ses actions, au désir d'une inclination vicieuse; mais il les soumet à la règle d'une droite raison.

Qui a un plus rude combat à soutenir que celui qui travaille à se vaincre?

C'est là ce qui devrait nous occuper uniquement: combattre contre nous-mêmes, devenir chaque jour plus forts contre nous, chaque jour faire quel­ques progrès dans le bien.

Toute perfection, dans cette vie, est mêlée de quelque imperfection ; et nous ne voyons rien qu'à travers une cer­taine obscurité.

L'humble connaissance de vous-même est une voie plus sûre, pour aller à Dieu, que les recherches profondes de la science.

Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science, ni la simple connaissance d'au­cune chose: car elle est bonne en soi dans l'ordre de Dieu; seulement on doit préférer toujours une conscience pure et une vie sainte.

Mais parce que plusieurs s'occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s'égarent souvent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.

 

5. Oh ! S’ils avaient autant d'ardeur pour extirper leurs vices et pour culti­ver la vertu que pour remuer de vaines questions, on ne verrait pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relâchement dans les monas­tères.

Certes, au jour du jugement, on ne nous demandera point ce que nous ayons lu, mais ce que nous avons fait ; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.

Dites-moi, où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus, lorsqu'ils vivaient encore, et qu'ils florissaient encore dans leur science?

D'autres occupent à présent leurs places, et je ne sais s'ils pensent seule­ment à eux.

Ils semblaient pendant leur vie être quelque chose, et maintenant on n'en parle plus.

Oh! Que la gloire du monde passe vite ! Plût à Dieu que leur vie eût ré­pondu à leur science! Ils auraient lu alors et étudié avec fruit.

Qu'il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l'oubli du service de Dieu !

Et parce qu'ils aiment mieux être grands que d'être humbles ils s'éva­nouissent dans leurs pensées.

Celui-là est vraiment grand, qui a une grande charité.

Celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses propres yeux, et pour qui les honneurs du monde ne sont qu'un pur néant.

Celui-là  est  vraiment  sage,   qui, pour gagner Jésus-Christ, regarde comme de la boue toutes les choses de la terre (PHILIPP. III, 8).

Celui-là possède la vraie science, qui fait la volonté de Dieu et renonce à la sienne.

 

RÉFLEXION.

IL y a deux doctrines, mais il n'y a qu'une vérité. Il y a deux doctrines: l'une de Dieu, immuable comme lui; l'autre de l'hom­me, changeante comme lui.

 

La Sagesse in­créée, le Verbe divin, répand la première dans les âmes préparées à la recevoir; et la lumière qu'elle leur communique est une par­tie de lui-même, de la vérité substantielle et toujours vivante. Offerte à tous, elle est don­née avec plus d'abondance à l'humble de cœur; et, comme elle ne vient pas de lui, qu'elle peut à chaque instant lui être retirée, qu'elle ne dépend en aucune façon de l'intelli­gence qu'elle éclaire, il la possède sans être tenté de vaine complaisance dans sa posses­sion.

 

La doctrine de l'homme, au contraire, flatte son orgueil parce qu'il en est le père. Cette idée m'appartient, j'ai dit cela le pre­mier, on ne savait rien là-dessus avant moi. Esprit superbe, voilà ton langage. Mais bientôt on conteste à cette puissante raison ce qui fait sa joie; on rit de ses idées fausses qu'elle a crues vraies, de ses décou­vertes imaginaires : Le lendemain on n'y pense plus, et le temps emporte jusqu'au nom de l'insensé qui ne vécut que pour être immortel sur la terre.

 

O Jésus ! Daignez mettre en moi votre vérité sainte, et qu'elle me préserve à jamais des égarements de mon propre esprit.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:39

 

Avoir d'humbles sentiments de soi-même.

 

TOUT homme désire naturellement de savoir ; mais la science sans la crainte de Dieu, que vaut-elle?

 

1. Un humble paysan qui sert Dieu est certainement fort au-dessus du philo­sophe superbe qui, se négligeant lui-même, considère le cours des astres.

Celui qui se connaît bien se méprise, et ne se plaît point aux louanges des hommes.

Quand j'aurais toute la science du monde, si je n'ai pas la charité, à quoi cela me servirait-il devant Dieu, qui me jugera sur mes œuvres? (I cor. XIII, 2, 3).

 

2. Modérez le désir trop vif de sa­voir ; on ne trouvera là qu'une grande dissipation et illusion.

Les savants sont bien aises de paraî­tre et de passer pour habiles.

Il y a beaucoup de choses qu'il impor­te peu ou qu'il n'importe point à l'âme de connaître; et celui-là est bien in­sensé qui s'occupe d'autre chose que de ce qui intéresse son salut.

La multitude des paroles ne rassasie point l'âme ; mais une vie sainte et une conscience pure donnent le repos du cœur et une grande confiance près de Dieu.

 

3. Plus et mieux vous savez, plus vous serez sévèrement jugé, si vous n'en vivez pas plus saintement.

Quelque art et quelque science que vous possédiez, n'en tirez donc point de vanité ; craignez plutôt, à cause des lumières qui vous ont été données.

Si vous croyez beaucoup savoir, et savoir bien, souvenez-vous que c'est peu de chose près de ce que vous ignorez.

Ne vous élevez point en vous-même (ROM. xi, 20) : avouez plutôt votre ignorance.

Comment pouvez-vous songer à vous préférer à quelqu'un, tandis qu'il y en a tant de plus doctes que vous, et de plus instruits en la loi de Dieu?

Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve, aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien.

 

4. La science la plus haute et la plus utile est la connaissance exacte et le mépris de soi-même.

Ne rien s'attribuer et penser favo­rablement des autres, c'est une grande sagesse et une grande perfection.

Quand vous verriez votre frère com­mettre ouvertement une faute, même une faute très grave, ne pensez pas cependant être meilleur que lui ; car vous ignorez combien de temps vous persévérez dans le bien.

Nous sommes tous fragiles; mais croyez que personne n'est plus fragile que vous.

 

RÉFLEXION.

L'orgueil a perdu l'homme, l'humilité le relève et le rétablit en grâce avec Dieu. Son mérite n'est pas dans ce qu'il sait, mais dans ce qu'il fait. La science sans les œuvres ne le justifiera point au tribunal suprême; elle aggravera plutôt son jugement. Ce n'est pas que la science n'ait ses avantages, puis­qu'elle vient de Dieu; mais elle cache un grand piège et une grande tentation. Elle enfle, dit l'Apôtre (I Cor. VIII, 1) ; elle nourrit le superbe, elle inspire une secrète préférence de soi, préférence criminelle et folle en même temps; car la science la plus étendue n'est qu'un autre genre d'ignorance, et la vraie per­fection consiste uniquement dans les disposi­tions du cœur. N'oublions jamais que nous ne sommes rien, que nous ne possédons en propre que le péché, que la justice veut que nous nous abaissions au-dessous de toutes les créa­tures, et que, dans le royaume de Jésus-Christ, les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers (MATTH. XIX, 30).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 21:12

SOURCE intarissable de force mo­rale et de consolation spirituelle, l’Imitation de Jésus-Christ devrait être connu de toute âme chrétienne. Ce que cet ouvrage a été pendant cinq siècles, il l'est à plus forte raison aujourd'hui quand le monde a si grand besoin de paix et d'espoir.

 

La voix calme de Thomas à Kempis, tendre et puissante à la fois, nous avertit constamment que l'amour se nourrit d'amour, et la crainte de crainte, et ; nous montre où nous pouvons ranimer   notre   ardeur   et   raviver   nos  forces. En outre, nos tendances déviatrices naturelles, les dangers du dehors comme les peines intérieures, tout s'y trouve analysé avec conci­sion, clarté, simplicité et onction,— véritable arôme d'Écriture Sainte.

 

Mais c'est toujours à l'Hôte Divin du Tabernacle que l'auteur nous con­duit. En effet, tout un livre de l’Imi­tation  se trouve consacré à la Sainte Communion, ce Don Précieux qui est nourriture pour les affamés, remède pour les malades, fontaine où les âmes altérées peuvent étancher leur soif,—en un mot, la plénitude de la vie.

 

Et c'est ainsi que l’Imi­tation se lira, à la lumière qui découle de la Lampe Eucharistique ; car c'est là qu'on apprend que le Christ est amour, et que le seul moyen de l'imi­ter et de lui ressembler c'est de l'aimer.

 

Or ce ne sera pas par de vaines prières, ni par des actes stériles d'adoration, ni par des marques ex­térieures que nous montrerons notre amour pour Dieu; il nous faudra l'aimer dans notre prochain. Le Christ Lui-même nous a dit : "Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez com­me je vous ai aimés. En cela tous connaîtront que vous êtes mes dis­ciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres." (St. Jean, XIII, 34, 35.)

 

Mais si nous devons aimer notre prochain comme le Christ Lui-même nous a aimés, que nous faudra-t-il faire alors? Il a été notre Lumière; soyons-en une pour nos semblables. Il nous a enseigné par ses exemples; parlons-leur par nos actions. Il a été notre propitiation ; soyons pour eux un moyen de réconciliation.

 

Au temps qu'il était chancelier d'Angleterre, Saint Thomas More écrivait à Érasme au sujet de l’Imi­tation de Jésus-Christ: "S'il était lu, ce livre assurerait le bonheur des na­tions."

 

C'est encore notre conviction aujourd'hui : si l’Imi­tation était lu, et compris, et surtout mis en pra­tique, ce serait pour le monde entier le gage certain du bonheur dans la vérité et la justice.

 

rev. J. M. lelen, Ph.D.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 20:42

 

 

      Il faut imiter Jésus-Christ et mépriser toutes les vanités du monde.

 

1. Celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres (Jean. VIII, 12), dit Notre Seigneur.

Ce sont les paroles de Jésus Christ,   par   lesquelles   il   nous exhorte à imiter sa vie et sa conduite, si nous voulons être véritablement éclairés et délivrés de tout aveuglement de cœur. Faisons donc notre principale étude de méditer sur la vie de Jésus-Christ.

 

2. La doctrine du Sauveur est bien plus excellente que celle de tous les saints, et une personne qui en aurait le véritable esprit y trouverait une manne cachée.     

Mais il arrive que la plupart de ceux qui entendent souvent l'Évangile n'en sont pour cela guère plus touchés, parce qu'ils n'ont point l'esprit de Jésus-Christ.

Pour bien comprendre et bien goûter les paroles de Jésus-Christ, il faut chercher à former notre vie sur le modèle de la sienne.

 

3. Que vous sert de parler savamment de la Trinité, si, n'étant pas humble, vous vous rendez désagréable à la Tri­nité !

Non, ce ne sont point les paroles sublimes qui sanctifient l'homme et qui le justifient : c'est la vie vertueuse qui le rend

ami de Dieu.

J'aime bien mieux sentir la componc­tion que de savoir comment on la définit. Quand vous sauriez par cœur toute la Bible et les sentences de tous les philo­sophes, que vous servirait tout cela sans l'amour de Dieu et sans sa grâce ?

Va­nité des vanités, tout n'est que vanité! (Eccl. I, 2.)

Rien n’est plus solide que d'aimer Dieu et de s'attacher a lui seul.

La grande sagesse, c'est de tendre au ciel par la voie du mépris du monde.

 

4. C'est donc une vanité que d'amasser des richesses périssables, et d'y mettre son espérance. C'est une vanité que de rechercher les honneurs, et de s'élever aux premières places.

C'est une vanité que de suivre les dé­sirs de la chair, et d'aimer ce qui nous doit attirer dans la suite de rigoureux châtiments.

C'est une vanité que de souhaiter une longue vie, et de se mettre si peu en peine qu'elle soit bonne.

C'est une vanité de ne penser qu'aux choses présentes, et de ne pas prévoir les futures.

C'est une vanité que d'aimer ce qui passe si vite, et de ne point s'empresser à gagner le ciel, où la joie durera toujours.

 

5. Souvenez-vous souvent de cette pa­role du Sage : L'œil n'est jamais rassasié de ce qu'il voit, ni l'oreille remplie de ce qu'elle entend. (Eccl. I, 8.)

 

Travaillez donc à détacher votre cœur de l'amour des choses visibles, pour ne vous occuper que des choses invisibles. Car ceux qui suivent leur sensualité souillent leur conscience et perdent la grâce de Dieu.

 

PRATIQUE

Pour honorer parfaitement Jésus - Christ, fit, par l'honneur qu'on lui rend, remplir les devoirs d'un véritable Chrétien, il faut s'ap­pliquera le connaître, à l'aimer et à l'imiter; et cela est absolument nécessaire au salut de tous les Chrétiens, qui ne sont Chrétiens que par la connaissance, par l'amour et par l'imitation de Jésus-Christ.

 

Prétendre plaire au Sauveur par les connaissances sublimes qu'on a de sa divinité, sans s'attacher à suivre ses exemples et à vivre comme il a vécu, c'est la plus dangereuse des vanités.

 

PRIÈRE

Que me servirait, mon Jésus, d'étudier et de connaître ce qu'il y a de plus grand dans votre personne et de plus élevé dans vos mystères, si je ne m'en appliquais le mérite et le fruit en entrant dans vos dispositions et en pratiquant vos vertus, puisque je dois, pour me sauver, savoir et faire ce que vous m'avez enseigne et ce que vous avez fait, c'est-à-dire savoir et pratiquer ma religion?

 

C'est la grâce que je vous demande, ô mon Sauveur, et que j'es­père que vous m'accorderez.

 

Ainsi soit-il.

 

Extrait de : Imitation de Jésus-Christ. Édition 1899.  Chapitre I    

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 20:15

 

Prière spéciale pour hâter le retour d’exil de notre Saint Père Paul VI, pape martyr de la fin des temps.

 

«Souvenez-vous, ô très pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire, qu’aucun de ceux qui ont eu ne recours à votre protection, imploré votre secours et demandé vos suffrages, n’ait été abandonné.

 

Animé d’une pareille confiance, ô Vierge des vierges, je recours à vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds.

 

O Mère du Verbe, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez les favorablement et daignez les exaucer. »

 

Ainsi soit-il.

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:39


 

L'amour et l'imitation de Jésus Christ, pratiqués par Saint François de  Borgia.

 

Ce grand saint offre dans sa vie plusieurs exemples bien dignes d'être considérés par les personnes qui vivent au milieu du monde.

 

1. Dès son enfance, il s'étudia à plaire à Dieu par une parfaite innocence de mœurs, par l'application à tous ses devoirs, par une piété remarquable dans tous ses exercices. Il avait ainsi fait de grands progrès dans les vertus, lorsqu'il fut chargé de conduire à Grenade le corps de l'impératrice Isabelle, qu'on devait y enterrer, et d'assister comme té­moin à l'ouverture du cercueil et à la translation de ses restes dans le tombeau qui lui était destiné.

 

 A ce spectacle, qui mon­trait à la place d'une beauté admirée de tous une pourriture hideuse et infecte, il comprit plus que jamais le néant de toutes les choses humaines, et fit vœu de quitter la cour et de renon­cer à tout pour s'attacher uniquement au Roi du ciel. Réa­lisant ce vœu, dès qu'il le put, il entra dans la Compagnie de Jésus ; et là on le vit mener une vie toute d'amour pour Jésus-Christ, toute de progrès dans les plus éminentes vertus. Chaque jour il donnait à la contemplation des choses célestes plusieurs heures consécutives, souvent huit heures, quelque fois dix. Cent fois par jour, il se mettait à genoux pour rendre à Dieu l'hommage de son adoration et de son amour. Son bonheur était de passer devant le Tabernacle le plus de temps qu'il pouvait ; il eût voulu y demeurer toujours ; et quand il offrait le saint Sacrifice, comme quand il annonçait la divine parole, le feu sacré qui était dans son cœur resplendissait sur son visage. De là cette éminente pureté qui lui inspirait une horreur indicible des moindres fautes, des moindres imperfections, comme déplaisant à Dieu, et qui le portait à se con­fesser tous les jours ; de là cette attention à la présence di­vine dont rien ne pouvait le distraire, et à laquelle, au con­traire, tout le rappelait. La vue du ciel et de toutes les mer­veilles de la nature relevait à Dieu.

 

Lors même qu'il était dans le monde et qu'il vaquait à la chasse, la docilité de l'épervier à se laisser apprivoiser par un peu de nourriture qu'on lui donne le faisait gémir sur la dureté des hommes envers Dieu de qui ils reçoivent tout ; et les ruses de cet animal pour saisir sa proie lui rappelaient les artifices du démon pour perdre les âmes; la promptitude du chien à lâcher, à la voix de son maître, la proie qu'il porte, lui mettait également dans la pensée l'attachement des pécheurs aux plaisirs vils et dangereux que Dieu leur ordonne de quitter. Ainsi tout lui servait de moyen de s'élever à Dieu ; et, sous le regard de ce Dieu qu'il aimait, il s'attachait à faire chaque chose de la manière qu'il croyait lui plaire davantage. Il s'attachait surtout à aimer Jésus et Marie dans le prochain : d'où il concluait qu'il de­vait préférer tous les autres à lui-même, leur rendre toutes sortes d'égards et de bons offices, jusqu'à sacrifier pour eux son repos, sa santé, sa vie même, comme il le fit réellement dans la peste qui affligea de son temps plusieurs quartiers de la ville de Rome. Peut-on porter plus loin l'amour de Nôtre Seigneur ?

 

2. Pénétré de cette vérité, que l'imitation de Jésus-Christ est la meilleure preuve qu'on puisse lui donner de son amour, comme la garantie la plus sûre du salut, il s'attachait à se con­former en tout à ce divin modèle des élus. En voyant Jésus-Christ si humble dans sa naissance, dans sa vie, dans sa mort, dans son être eucharistique, il n'aspirait qu'à descendre du haut rang où l'avait placé sa naissance, qu'à se cacher dans: sa cellule du noviciat de la Compagnie de Jésus, qu'à se livrer aux plus bas offices, comme de balayer la maison ou servir à la cuisine, qu'à rechercher partout l'abjection et le mépris. La gloire semblait le poursuivre à proportion qu'il la fuyait : on lui offrit la pourpre romaine ; il la refusa et préféra l'humi­lité à tout le reste. Cette humilité éclatait dans sa conduite, dans sa démarche, dans sa conversation, dans la modestie de ses habits, dans sa déférence à l'avis des autres.

 

Jésus-Christ, roi des humbles, était le modèle qu'il aimait à retra­cer en toute sa conduite. En voyant ce Dieu Homme pauvre à la crèche, à la chaumière de Nazareth, dans sa vie apostoli­que, il prend en dégoût les richesses dont il jouit : il s'en dé­pouille, et se fait pauvre jusqu'à mendier son pain, jusqu'à n'avoir que des habits pauvres et d'autre nourriture que celle des pauvres. En voyant ce divin Sauveur si mortifié, si pé­nitent, il renonce à toutes les jouissances des sens ; il porte un cilice dont la dureté fait frémir ; ses disciplines sont san­glantes et journalières, et il semble n'avoir un corps que pour le faire souffrir. On le presse de se ménager : « Je le ferai, ré­pond-il, quand les délices seront pour moi des tourments et que les tourments me seront des délices : c'est là une grâce que je demande instamment au Seigneur. » Ce lui était une satisfaction d'être exposé soit aux chaleurs brûlantes du so­leil dans l'été, soit aux froids poignants de l'hiver, à tout ce que les frimas, les vents et les pluies ont de plus incommode, comme aux douleurs aiguës de la maladie, que Dieu, disait-il, donne souvent à ceux qui ne les voudraient pas et refuse à ceux qui les voudraient. Ce parfait imitateur de Jésus-Christ, nom­mé à son grand regret supérieur général de sa compagnie, se 'représente le Sauveur gouvernant ses apôtres, et, comme lui, il donne aux siens l'exemple d'un dévouement sans borne aux travaux de l'apostolat; comme lui, il les envoie sur divers points de l'univers, en Pologne, dans les îles de l'Océan, en Amérique, au Pérou et autres contrées ; comme lui enfin, il inspire aux siens le courage de mourir s'il le faut pour l’Évangile, et ses paroles allument dans leur cœur une soif si ardente du martyre, que, pendant son généralat, la Compagnie de Jésus eut la gloire d'envoyer au ciel soixante martyrs. Voilà ce que l'imitation de Jésus-Christ a fait de saint François de Borgia :

 

Qu'a-t-elle fait en moi jusqu'à présent ?

 

Tiré de Lectures Méditées (1933)

 

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