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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:46


 


 

DES AFFECTIONS DÉRÉGLÉES.

 

Dès que l'homme commence à dé­sirer quelque chose désordonnément, aussitôt il devient inquiet en lui-même.

 

Le superbe et l'avare n'ont jamais de repos; mais le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix.

 

L'homme qui n'est pas encore par­faitement mort à lui-même est bien vite tenté, et il succombe dans les pe­tites choses.

 

Celui dont l'esprit est encore in­firme, appesanti par la chair et incliné vers  les  choses  sensibles,  a  grande peine à se détacher entièrement des désirs terrestres.

 

C'est pourquoi, lorsqu'il se refuse à les satisfaire, souvent il éprouve de la tristesse ; et il est disposé à l'impatience quand on lui résiste.

 

2. Que s'il a obtenu ce qu'il convoi­tait, aussitôt le remords de la cons­cience pèse sur lui, parce qu'il a suivi sa passion, qui ne sert de rien pour la paix qu'il cherchait.

C'est en résistant aux passions et non en leur cédant, qu'on trouve la vé­ritable paix du cœur.

Point de paix donc dans le cœur de l'homme charnel, de l'homme livré aux choses extérieures ; la paix est le par­tage de l'homme fervent et spirituel.

 

RÉFLEXION.

 

Un joug pesant accable les enfants d'Adam (ECCL. XI, 1), fatigués sans relâche par les convoitises de la nature corrompue.

Suc­combent-ils, la tristesse, le trouble, l'amer­tume, le remords, s'emparent aussitôt de leur âme.

Superbe encore au fond de l'ignomi­nie, inquiet et las de moi-même, dit saint Augustin, en racontant les désordres de sa jeunesse, je m'en allais loin de vous, ô mon Dieu! À travers des voies toutes semées de stériles douleurs. (Conf. lib. II, chap. XI). Il en coûte plus à l'homme de céder à ses penchants que de les vaincre; et si le combat contre les passions est dur, une paix inef­fable .en est le fruit.

Appelons le Seigneur à notre aide dans ce saint combat, n'en crai­gnons point le travail, il sera court; aujour­d'hui, demain; et puis le repos éternel.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

elogofioupiou.com

 

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