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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 13:00

DIEU AVEC VOUS ;  Dieu se fait homme…           

Tout rendait là, Adam, les prophètes et la maison royale de David, les siècles, les empires et l'unité romaine, l'espérance, d'Israël et l'attente des nations — vers cette mère penchée sur cet enfant. Désormais rien ne fera que Dieu n'ait été « le petit Jésus » qui sourit et qui pleure et qui dort gorgé de lait...

Agenouillons-nous un instant.

Si étonnante que la chose puisse paraître à ce siècle dur, concret, réaliste, « né du croisement de l'homme et de la machine », c'est l'humanité du Sauveur que les premiers hérésiarques ont niée, et non sa divinité. Attirés par la nuit de l'invisible, déroutés par le mystère du mal, ils ont dans leurs vastes élaborations gnostiques, nié qu'il y avait un sens divin à la matière, cachot de l'esprit, objet de honte, principe du mal, anathème. Le Christ, s'il est Dieu, ne saurait avoir de corps réel.

O vérité de la chair du Christ, je vous adore, fait d'une femme, dit saint Paul, Marie, sa mère, précise saint Matthieu, Verbe de vie que nous avons entendu, vu de nos yeux, touché de nos mains, insiste saint Jean. Mais le paradoxe est trop énorme, folie pour tous les diocètes honteux de leur corps.

Deux évangiles, ceux de Matthieu et de Luc, donnent des généalogies qui établissent, quelles que soient les différences d'exégèse, l'appartenance de Jésus à une lignée humaine, voire pécheresse. Marcion les rejette : dans saint Marc, Jésus apparaît brusquement « en ces jours-là », sans qu'il soit né et sans qu'il ait grandi. Valentin soutient que le corps du Christ est d'une autre nature qu'humaine, né par Marie, non de Marie, le sein de la Vierge n'ayant servi que de lieu de passage. Et ainsi de suite ...

Il ne faut pas sourire; l'Eglise ne l'a pas pris si à la légère. Elle a maintenu, avec toute l'énergie d'une épouse indignée, la réalité des faits historiques. Sans vrai corps, Jésus n'a pas eu vrai­ment sommeil dans la barque, vraiment faim au désert, vraiment soif sur la croix. Sans vrai corps, pas d'agonie, pas de mains clouées, pas de côté percé. Pas de rédemption. Bien plus, la chair assumée par le Verbe, le Verbe ne l'a jamais abandonnée même dans la mort : ce corps, enseigne l'Eglise, au risque de faire sou­rire la sagesse de ce siècle, n'est pas un cadavre, mais le corps d'un homme mort; au ciel, revêtu de lumière et de gloire et de majesté, il jouit de toutes les prérogatives qui lui revenaient de droit ici sur terre. Pour toute l'éternité, la seconde Personne de la Sainte Trinité, Dieu de Dieu, est vraiment l'un des nôtres.

Oui, l'un des nôtres. Et pleinement. Si l'incroyable audace de langage le Verbe s'est fait chair a donné le terme dogmatique d'incarnation, c'est pour mieux souligner la profondeur des ané­antissements du Christ, non pour nier que le Christ soit un hom­me complet. Tel est cependant le scandale de l'Incarnation que, la vérité de la chair du Christ une fois affermie, c'est dorénavant la perfection de son humanité que rejetteront les hérétiques.

Apollinaire divise l'homme en trois parties, le corps, l'âme, l'esprit, et refuse de donner au Christ un « intellect humain ». Nestorius veut deux personnes dans le Christ. Ne possède-t-il pas deux natures ? Et comment penser à « un Dieu de deux ou trois mois » ? Eutychès raisonne en sens inverse : puisque le concile d'Éphèse définit que, dans le Christ, seule subsiste la personne du Verbe, il ne saurait y avoir en lui qu'une seule nature, mélange de chair et de divinité, « chose monstrueuse », dira le concile de Chalcédoine. Au fond, c'est toujours la même erreur et le même refus de l'Incarnation totale. Mais qu'on ne se fasse pas d'illusions sur la grandeur de ces luttes : voilà cinq siècles que l'Eglise ba­taille, définit, excommunie.

 

Pour que l'homme devienne dieu

Et pourtant, le vieux rêve de l'humanité, celui qui séduisit nos premiers parents et qui séduisit même les anges, innombra­bles comme leurs essences : Vous serez comme Dieu, le voici réa­lisé par le Verbe incarné.

Cet enfant qui voit le jour d'une vierge et qui s'insère dans l'histoire — puisqu'il naît sous l'empereur César Auguste, pendant que Quirinus commandait la Syriedéborde l'histoire — puisqu'il était au commencement et qu'en lui était la vie. Il est la vie. L'histoire hors de lui n'est que l'écume des faits. Il est l'océan infini. Il vient pour faire couler dans nos âmes des fleu­ves... la vie en abondance.

L'abîme est franchi, le double abîme de notre indignité com­me créature et comme pécheur. Unique en son indépendance, im­pénétrable en son mystère, incomparable en son bras, roi des siècles devant qui toutes les créatures sont comme n'étant pas, Dieu naît de sa créature, grandit, aime sa mère en enfant qui demande d'être aimé. Dieu ne peut rien faire de plus, pour se montrer dans le temps, que de s'anéantir ainsi.

Par la création de l'homme, il a comblé merveilleusement 1’écart entre la matière et l'esprit; par son Incarnation il a comblé plus merveilleusement encore l'écart insondable entre le Créateur et la créature. Il a résumé la création dans l'homme; il la récapi­tule tout entière, visible et invisible, matière et esprit, corps et âme, dans l'unité de la Personne du Verbe incarné. Du même coup, l'œuvre de Dieu reçoit son accomplissement suprême, et le péché sa réparation. Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance.

La vie de Dieu ! La religion comporte plusieurs aspects : dogme, morale, législation, liturgie. Sacrifier une seule de ces valeurs serait impiété; en exagérer une serait pharisaïsme; les dépasser toutes en les orientant vers ce nouvel Être, cette réalité de la vie divine en nous, est christianisme authentique. La re­ligion est plus que dogme, morale, législation, liturgie; elle est Quelqu'un, Quelqu'un d'ineffable que Jean a vu, entendu, touché, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, par qui et en qui nous recevons la vie en abondance dans le baptême qui prolonge sa naissance, en qui et par qui nous sommes nourris et assimilés à la Table de communion qui prolonge la crèche, en qui et par qui sans abolir notre destinée personnelle, il n'y a plus, pour employer le langage si sûr de saint Augustin, qu'un Homme uni­que qui dure jusqu'à la fin des temps. Dieu devient homme pour que l'homme devienne Dieu.

Tout tendait là. Au printemps, à l'Annonciation, la Colombe a frémi des ailes et couvert de son ombre la Rosé toute belle de Saron; l'Amour a veillé sur le lit virginal de son sein où le Verbe s'est uni à une chair d'homme. Voici Noël : au cœur de la nuit, la Lumière du monde naît de l'étoile de Jacob, et au cœur de l'hiver, la tige de Jessé donne sa fleur unique...

Mais que cessent les figures ! Au fond de la grotte, une mère est penchée sur son enfant qu'elle adore. Adorons avec elle la Bonne Nouvelle, l'Em­manuel, Dieu avec nous.

Luigi d'Apollonia, s.j.

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 10:33

BÉNI SOIT LE NOM DE JÉSUS…            

Cet enfant, victime d'amour descendue du ciel pour relever l'homme déchu, comment se nommera-t-il ? Saint Joseph se sou­vint alors du message céleste et lui imposa ce doux nom choisi par Dieu et murmuré à son oreille par des lèvres angéliques : Tu l'appelleras Jésus, lui avait dit l'archange Gabriel. Jésus, c'est-à-dire, la bonté, la douceur, la force, la miséricorde; Jésus, c'est-à-dire, Sauveur !

Il s'attache aux noms que la célébrité a consacrés, une sorte de prestige. A les entendre prononcer, ou à les lire dans les pages de l'histoire, on éprouve un sentiment irrésistible de respect et d'admiration. Derrière le nom, on voit se dresser dans le rayon­nement de sa gloire, le personnage illustre qui l'a porté. Passons en revue tous les noms dont on a gardé le souvenir; nous n'en trouverons pas de plus universellement connu, de plus noble, de plus glorieux que celui de Jésus.

 

Le nom de Jésus

Qu'il est beau et riche de souvenirs, ce grand nom ! Méditons-le pieusement, car il évoque Jésus lui-même et il est pour nous le mémorial de tous ses bienfaits. Il revient sans cesse dans nos priè­res et nos yeux le rencontrent à chaque page de nos livres d'heu­res. Mais si notre prière le redit, est-ce toujours avec cette véné­ration et cette attention qui lui sont dues ? Nous qui avons pro­fondément chéri un père, une mère, un ami intime et qui ne pouvons entendre leur nom sans un sourire ou une larme, com­prenons-nous ce que doit être pour une âme pieuse le nom sacré de Jésus ?

Jésus ! Ce nom me dit toute la laideur du péché, l'horreur que Dieu en a conçue et tout le sang versé pour effacer la tache hi­deuse.

Jésus ! Ce nom me rappelle qu'un jour, victime de mes erreurs et des ruses de Satan, j'ai été arraché par pur dévouement des flammes de l'enfer.

Jésus ! Cela veut dire l'amitié de Dieu recouvrée, le secours assuré et au soir de la vie le bonheur sans fin.

Jésus signifie donc Sauveur, libérateur. Oui, mais ce rôle sup­pose le sacrifice, la souffrance, l'héroïsme. Est-il quelqu'un qui ait souffert plus que Jésus ? Trente-trois ans d'une vie pauvre, humiliée avec l'agonie, le mépris, l'abandon, la croix et la mort désolée. Voilà tout ce que me rappelle le nom de Jésus.

Ah ! Si un jour voguant sur les flots, le vent faisait soudain chavirer ma barque, quelle reconnaissance et quel amour ne té­moignerais-je pas à cet ami dont la main m'aurait sauvé de l'abî­me. Son seul nom serait pour moi en vénération.

De ce nom de Jésus, ne doit-il pas s'échapper comme un par­fum d'amour qui ouvre à ma reconnaissance une source intaris­sable, capable de provoquer la plus grande générosité et le dé­vouement le plus saint. Ce nom est grand au ciel, sur la terre et dans les enfers. Le Christ, nous disent les saintes Écritures, possédant la substance divine, égal en tout à son Père, s'est ané­anti, prenant la condition de l'esclave et se faisant semblable à nous. C'est pourquoi Dieu lui a donné un nom qui est au-dessus de tous les noms et devant lequel tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers.

 

Le culte qui lui est dû

Sous les voûtes splendides du ciel, il est chanté par les anges; il forme la note la plus harmonieuse de leur concert et les bien­heureux l'écoutent dans le ravissement et l'extase. Sur la terre, c'est le sanglot de l'âme repentante; c'est l'hymne des âmes pures, des apôtres, des martyrs et des vierges. Aux enfers, c'est le re­mords et le tremblement des damnés.

Quiconque invoquera le nom de Jésus sera sauvé... Quiconque... il n'exclut personne, il n'excepte aucun cas. Nous pourrons nous éloigner; nous pourrons commettre, hélas ! Des fautes; mais nous revien­drons : ce nom béni nous éclairera et nous ramènera dans le bon chemin.

Jésus est donc un nom d'espérance, il nous dit que la terre n'est qu'un lieu d'exil et qu'au delà du temps il est une vie qui demeure et une patrie où le bonheur est sans fin.

Voilà pourquoi il était toujours sur les lèvres des saints et des âmes pieuses.

Ce beau nom est tout pour moi, disait une âme aimante du Christ. Oh ! Oui, ce nom c'est ma vie. Quand je mis seul, il est sans cesse sur mes lèvres et ma plume est comme forcée de répé­ter : Jésus, Jésus, Jésus ! Toujours Jésus ! À la vie, Jésus ! À la mort, Jésus ! Au ciel, Jésus !

Ah ! Qu'il est consolant de se dire qu'à côté des ingrats qui le blasphèment, Jésus trouve en grand nombre, et dans le cloître et dans le monde, des cœurs délicats, ardents, vaillants, immolés, qui le bénissent, le chantent, l'aiment et n'aspirent qu'à le faire aimer, des cœurs qui vivent et meurent pour lui.

Soyons de ces âmes. Ne prononçons jamais le nom de Jésus avec indifférence. Inclinons la tête et découvrons nos fronts, com­me marque extérieure des sentiments qui nous animent, chaque fois que nous l'entendons.

Que notre cœur surtout en comprenne bien le sens et que, pénétré de respect et d'amour, il s'humilie et adore. Ayons un culte spécial pour le nom de Jésus. L'Eglise a institué une fête en son honneur; célébrons-la dignement pour réparer les blas­phèmes des méchants.

L'aimer et le vénérer, cela ne suffit pas; il faut l'honorer par la dignité de notre vie. Quel outrage de le chanter, de le saluer en courbant le front, si nous crucifions de nouveau Jésus par le péché ! Ne serait-ce pas le baiser de Judas ?

Faisons-le connaître comme un nom révélateur d'amour et de salut. Portez ce nom jusqu'aux confins de la terre, disait un jour Jésus à ses Apôtres. Cette mission n'est pas exclusivement celle du prêtre, elle appartient à toute âme chrétienne; elle peut s'exer­cer par l'exemple aussi bien que par la parole.

Charles Charron, c.s.c.

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956

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1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 11:02

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE …

Une bonne année.

Une année bonne, cela signifie aux yeux de la raison purement terrestre une année exempte de maladies, d'insuccès, de revers, d'épreuves; une année qui apporte avec la plénitude de la santé et le développement de l'activité naturelle, l'acquisition abon­dante des biens terrestres, l'estime plus marquée de ses sembla­bles, le succès encourageant, l'amélioration de sa condition so­ciale. C'est là le sens exclusif que les hommes, en général, et trop de chrétiens aussi, attachent à leurs souhaits du nouvel an. Sans doute, très légitimes peuvent être ces souhaits, mais ils restent incomplets. Pour un chrétien, ils ne sauraient suffire, car ils ne sont que l'envers de la médaille de la vie : c'est de l'autre côté qu'on doit en chercher la vraie signification.

Et cet autre côté porte les traits évangéliques : dans l'Évangile seul nous en trou­verons la vraie signification. Personne n'est bon que Dieu seul : Dieu seul est complètement, définitivement bon, et nous sommes bons à proportion de nos rapports toujours plus intimes avec lui. Il nous apparaît, en ce temps-ci, dans la crèche où Il est descendu, pour nous donner les moyens de nous diriger vers Lui en esprit et en vérité; pour nous indiquer la voie qui nous permet­tra d'entrer en communication avec la Trinité Sainte, pour mettre entre nos mains débiles le prix du royaume des cieux : Ne crai­gnez pas, petit troupeau, il a plu à votre Père de vous donner un Royaume.

C'est vers ce bien promis que doit regarder un chrétien pour comprendre la signification de sa vie, et juger de la bonté de ses années. Laissons les fils des hommes se livrer à une concurrence aveugle, brutale, autour d'une parcelle d'autorité, d'un lambeau de gloire terrestre ou d'un morceau de richesses; nous sommes nés pour quelque chose de plus grand; l'objet de nos désirs et de nos vœux est plus élevé : c'est le Royaume que nous a promis notre Père qui est aux cieux.

Ce Royaume, nous en avons les titres de possession dès ici-bas. Nous sommes réellement par la grâce sanctifiante les fils de ce Père, les cohéritiers de ce royaume. C'est la vie de Dieu com­mencée en nous et qui tend à se développer si nous ne laissons pas la nature entraver son travail.

Celui qui se préoccupe de faire ma volonté, nous viendrons en Lui, nous dit Jésus, et nous établirons en lui notre demeure. L'âme de ce .Royaume intérieur, l'Esprit-Saint, met en nos cœurs ces sentiments d'amour filial qui nous permettent de nous écrier avec une sainte hardiesse, en nous adressant à Dieu : Notre Père.

 

Voilà les éléments essentiels de la véritable bonté.

L'année qui apportera avec elle la fuite du péché — seule ma­ladie qui peut porter atteinte à cette vie divine en nous — l'année qui apportera un accroissement de cette vie; qui fera déborder en nos actes quelque chose de ces richesses divines dont l'Esprit-Saint nous remplit; qui raffermira nos titres à la possession du seul véritable royaume; qui doublera nos actions sur ces valeurs surnaturelles; cette année-là sera bonne.

N'est-ce pas ce que nos pères, guidés par l'instinct d'une foi profonde, avaient compris ? N'est-ce pas là tout ce qu'ils expri­maient dans cette formule simple et sublime à la fois, parce que chrétienne : Bonne et heureuse année et le Paradis à la fin de vos jours. Formule qui, loin de nous faire sourire, devrait mettre dans nos cœurs un sentiment d'admiration profonde pour ces géné­rations dont nous descendons, et qui savaient, dans la vie de cha­que jour, rester en contact intime avec les réalités d'ordre sur­naturel. Demandons pour tous ceux qui nous sont chers que l'an­née soit bonne dans ce plein sens chrétien...

 

Une heureuse année

Et si l'année est bonne dans ce plein sens, chrétien et sacer­dotal, elle sera heureuse. Cette bonté pleine et entière suffirait déjà à nous assurer dans nos préoccupations d'ici-bas, la joie cal­me, la paix, le bonheur que le monde recherche avec ardeur. Cherchez d'abord le Royaume de Dieu, et toutes ces choses vous viendront par surcroit.

Mais elle est surtout la source d'un bonheur plus profond, elle livre le secret d'être heureux, non pas de cette joie bruyante, de ce bonheur tapageur, dont le siège est à la surface de la sensibilité mais d'être heureux de ce bonheur fondé sur la paix et la joie que Dieu donne à ses élus. Cette paix-là, source du vrai bonheur, elle habite les profondeurs de l'âme dans laquelle elle s'épanouit sous l'influence de la Trinité bienheureuse qui établit en nous sa de­meure, en attendant de se donner à nous dans la paix et le bon­heur complet et définitif de la vision et de l'amour béatifiques.

C'est le bonheur de vivre pour Dieu, et en vivant pour lui, de se rapprocher de lui toujours davantage. Ce bonheur ne fuit pas devant le sacrifice, les souffrances, l'épreuve, difficultés néces­saires pour l'approfondissement de la vie spirituelle, difficultés que le monde redoute par-dessus tout, parce qu'il ne voit que la croix et ne sait rien de l'onction qui rend la croix légère. Ou souf­frir ou mourir, disait sainte Thérèse.

N'est-ce pas le sens profond des béatitudes évangéliques qui resteront un éternel paradoxe pour tous ceux qui n'ont pas com­pris l'esprit de l'Évangile, qui resteront une loi abstraite et loin­taine pour ceux qui ne vivent pas de l'Évangile ? Heureux les pauvres en esprit, heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. Voilà le secret du bonheur, de la joie, de la paix chrétienne...

Demandons-nous si nous avons compris ainsi, dans leur sens complet les souhaits du nouvel an, et l'orientation que nous de­vons donner à notre vie pour qu'elle soit réellement bonne et heureuse. Demandons pardon à Dieu de nous être si souvent éloi­gnés, au cours de l'année qui vient de s'écouler, de cet idéal de bonté.

Comme bouquet spirituel, conservons le plein sens de la for­mule traditionnelle des souhaits du nouvel an :

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE et le Paradis à la fin de vos jours !

Mgr Emile Yelle,  év.

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956

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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 09:27

 

AUTOUR   DU   CHRIST   ENFANT…  

Les jours qui suivent l'Épiphanie nous invitent à réfléchir sur une idée que nous suggère l'his­toire des Mages, que nous rappellent d'autres mys­tères de l'enfance du Christ et que nous retrouvons vérifiée aussi dans nos existences. Il semble que Dieu, bien souvent, se complaise à désorganiser nos plans les plus raisonnables, à déranger le bel ordre des vies humaines.

Dès que Jésus apparaît sur la terre, on dirait que c'est pour mettre tout sens dessus dessous.

Voici que l'étoile se montre aux Mages; et c'est pour leur dire mystérieusement, mais d'une manière impérative : « Quittez vos palais confortables et votre existence méthodique ; sellez vos chameaux pour les caravanes interminables et les grandes éten­dues de sable : partez sur l'heure pour aller adorer ce Roi lointain et inconnu. »

Mais Dieu, qui venait déranger ces vies jusque-là tranquilles, avait déjà bouleversé la vie de Marie et Joseph, en se servant de l'édit impérial pour leur signifier un ordre sans réplique : « Quittez Nazareth, où vous aviez tout préparé pour recevoir l'enfant. Allez à Bethléem, à ses privations, à ses incertitudes... »

Et bientôt Dieu bouleverse de nouveau cette existence qui commençait à aménager la pauvreté de Bethléem : un ange viendra dire à Joseph : « Vite ! Fuyez en Égypte, cette nuit même ! » Comme plus tard, lorsque la Sainte Famille s'orga­nisait peu à peu dans son exil, Dieu fera dire encore à Joseph : « C'est le moment maintenant de retour­ner en Palestine. »

Il aurait été pourtant si facile à Dieu de disposer autrement les choses : il lui aurait été si facile, à lui, le Maître de l'espace et du temps, de faire vivre les Mages un peu moins loin du Christ Enfant ; il lui aurait été si facile, à lui qui fait la loi même aux empereurs, d'exempter Marie et Joseph des forma­lités du recensement ; il lui aurait été si facile, à lui le Tout-Puissant, de protéger son Fils des persécu­tions d'Hérode autrement que par cette fuite préci­pitée ; il lui aurait été si facile de faire l'économie pour Marie et Joseph de ces allées et venues épui­santes !

Mais non ! Décidément, c'est pour Dieu un parti pris et une méthode. Comme le dit Bossuet en des expressions audacieuses : « Jésus, cet enfant incom­mode, ne leur permet pas le repos, il ne vient au monde que pour les troubler. »

Et nous serions tentés de dire : « Ce Dieu incom­mode, dès qu'il intervient, nous rend impossible la tranquillité. » De fait, Dieu ne respecte guère nos projets les mieux étudiés, même ceux qui nous sem­blent parfaitement judicieux. Dieu n'a qu'un mé­diocre souci, ou même n'a pas le moindre souci de notre quiétude. Sa Toute-Puissance ne fait pas de miracles pour empêcher la folie des hommes de dé­clencher les guerres avec leurs conséquences illimi­tées. Et ses fidèles ne bénéficient alors d'aucune protection merveilleuse : ils fuient comme les autres, sur les routes, dans les convois de réfugiés et, après les bombardements, comme les autres, ils trouvent, à la place de leur maison autrefois heureuse, un tas de pierres désespérant. Et en dehors même de ces grands cataclysmes collectifs, que de fois Dieu, à travers le jeu des circonstances, Dieu anonyme et caché, est venu déranger brusquement, brutalement nos exis­tences : ce revers de fortune qui du jour au lende­main modifie notre situation et nous déclasse ; ce deuil qui anéantit notre bonheur familial; cette maladie qui, pour un jeune homme, vient au plus mauvais moment interrompre la préparation indis­pensable d'une carrière et l'immobilise dans un sana ; ce mariage manqué, qui semble briser un ave­nir... Seigneur, il vous était pourtant si facile de tout arranger ! Comme vous avez une manière étrange d'aimer ceux que vous aimez et qui vous aiment ! Et comme ces procédés nous semblent dé­concertants et rigoureux !

Et pourtant, Marie, Joseph, les Mages ne s'y trom­pèrent point : c'est leur vrai bien, ils le savaient, que Dieu poursuivait paternellement. Les Mages ne regrettèrent pas leurs déplacements et leurs fati­gues ; leur visite à Bethléem, loin de les décevoir, les combla; l'étoile qui paraissait avoir désorienté leur existence l'avait orientée pour toujours vers la joie du Sauveur. De même Joseph et Marie, dans leurs marches et contremarches, trouvèrent Dieu et aimèrent Jésus plus qu'ils ne l'auraient fait dans une vie de tout repos, cette vie que nous appelons heureuse. Et certainement la Vierge, avec son âme méditative et profonde dont nous parle l'Évangile, faisant retour sur les événements, y lisait un plan de Sagesse divine infiniment plus beau que toutes les combinaisons de la prudence humaine.

Avec la grâce nous arriverons aussi à reconnaître dans nos vies, au moins rétrospectivement, que tout est providentiel et par conséquent, comme disait Léon Bloy, que « tout est adorable ». Si Dieu bien souvent désorganise nos arrangements et déroute nos prévoyances, c'est peut-être qu'il veut nous aider à triompher de cette tentation redoutable dont nous parlions, la tentation de nous installer sur terre. En tout cas, il veut certainement nous don­ner une occasion de pratiquer la confiance. Oui, en vérité, c'est la question de confiance qui nous est posée par Dieu lui-même. En tout temps elle est posée à l'homme par la condition de sa vie humaine, qui ne lui est donnée que minute par minute et dont l'avenir le plus immédiat est toujours imprévisible. Mais elle nous est posée à nous, actuellement, d'une manière plus pressante, à notre époque de tumultes, d'alertes et d'inquiétudes.

Accordons largement à Dieu cette confiance qu'il nous demande et qu'il mérite si bien. Et au lieu de chercher fiévreusement ce que renferme l'avenir impénétrable, fixons notre regard sur le Tout-Puis­sant qui, dans cet avenir, par les méthodes même les plus étranges, dirige tout au bonheur de ceux qui l'aiment; et sachons répéter du fond du cœur, avec l'Apôtre, la parole d'abandon total : « Je sais en qui je me suis confié. »

 

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU.  Gaston Salet S. J.

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 09:23

NOUS   AVONS   VU   L'ÉTOILE…       

L'histoire des Mages, que nous rappelle la fête de l'Épiphanie, cette histoire exotique qui a enchanté nos enfances avec ses caravanes et ses rois enturbannés, doit être pour nous l'occasion de réflexions utiles à notre vie chrétienne. Aussi sou­vent que nous songeons à l'aventure de ces hom­mes traversant le désert pour adorer le Dieu de Bethléem, ce qui nous étonne le plus, c'est que leur aventure ait abouti, c'est qu'ils soient arrivés au Christ. N'est-il pas vrai que toutes les difficultés se coalisaient pour les faire échouer : la distance, l'in­certitude de la route, les rôdeurs prêts à les atta­quer, leur dépaysement en terre étrangère, les intri­gues des politiques au palais d'Hérode, la fatigue conseillère de découragement ? Cependant, contre toute vraisemblance, ils sont arrivés au but ; et la joie qu'ils ressentirent en trouvant Jésus dans les bras de la Vierge leur fit oublier lassitude et sacri­fices et leur montra à l'évidence combien ils avaient eu raison d'obéir à l'appel secret et de suivre l'étoile mystérieuse.

Car ce qu'il y a de plus magnifique dans cette extraordinaire équipée,  c'est la  raison  même  qui la fit réussir : « Nous avons vu l'étoile et nous som­mes venus. » Ce qui affermissait leur marche, ce qui tendait leurs énergies, ce qui, aux heures mau­vaises, relevait leur courage, c'est la lueur amie, mais en apparence si précaire et si peu efficace de l'étoile. Franchement, il y avait là une belle occa­sion d'ironiser pour ceux qui se croient raisonna­bles : « Une étoile, auraient-ils dit, c'est peut-être très joli pour des poètes, des rêveurs, des roman­tiques, autant dire des hurluberlus. Mais ce n'est pas une étoile qui peut diminuer les distances, amé­liorer la piste, rendre le désert confortable. Une carte exacte et une boussole auraient été autrement précieuses pour les guider ; et quant à nous, en pareil cas, nous préférerions certainement à toutes les étoiles une bonne voiture tous terrains et les moyens de la technique moderne. »

Or, ce langage même suffit à montrer que sou­vent les réalistes ne comprennent rien aux problè­mes réels. Car il est bien vrai que l'étoile n'a dis­pensé les Mages d'aucun effort, qu'elle ne leur a épargné aucune fatigue, que, dans leur marche noc­turne, l'étoile ne les empêchait point de heurter contre les pierres, d'enfoncer dans le sable, de pei­ner durement. Et néanmoins, c'est parce qu'ils voyaient devant eux l'étoile qu'ils persévéraient dans leur entreprise : elle était pour eux un signe, le signe que Dieu les appelait et par conséquent le signe que Dieu était avec eux, compagnon invisible de leur route. C'est l'étoile qui excitait en eux la foi et l'espérance. Or, pour ce voyage, il y avait quel­que chose de plus indispensable que les moyens de transports rapides, les provisions, les tentes iso thermiques et le matériel de campement; ce qui était indispensable, c'était la foi et l'espérance.

Telles sont également les grandes forces indispen­sables pour ce voyage qu'est notre vie. Et il est bienfaisant de nous le redire, en méditant l'histoire des Mages, au début de cette nouvelle année. Car l'étape qui commence peut nous paraître redoutable et le cheminement fort incertain. N'y a-t-il pas bien des dangers, bien des malheurs qui nous guettent dans l'ombre, d'autant plus à craindre qu'ils sont imprévisibles et que contre eux nous n'avons aucune parade ? Même si les grandes catastrophes nous sont épargnées et si la paix du monde peut être maintenue tant bien que mal, nous sommes sûrs que les épreuves viendront nous toucher. Mais en ce début d'année il ne faut pas laisser travailler nos imaginations sur les malheurs possibles; nous devons nous interdire sévèrement les peurs anti­datées et les angoisses préalables : ces paniques, ces affolements prématurés seraient indignes d'un homme, plus encore indignes d'un chrétien. Car nous avons, nous aussi, sur nos chemins les plus difficiles ou les plus hasardeux, une étoile qui rayonne. Nous avons, de par notre foi et notre espé­rance, la certitude que Dieu reste Dieu, qu'il est le Tout-Puissant, qu'il demeure notre Père, que rien n'arrivera, rien absolument, qu'il ne le sache, qu'il ne le veuille ou ne le permette. Nous sommes assu­rés qu'il fait tout servir à notre bonheur, y compris l'épreuve, les tentatives de ceux qui nous en veulent ou la souffrance antipathique. Et nous savons, de par notre foi et notre espérance, que le chemin de notre vie qui se déroulera jour après jour, ce chemin ardu peut-être et sinueux jusqu'à en être incompré­hensible, nous mène par la voie la plus directe à ce bonheur que Dieu nous prépare. Nous avons enfin la certitude que le Christ Jésus n'est pas seulement le but, très assuré sans doute mais lointain, vers lequel avançaient les Mages, mais que ce Jésus est notre compagnon, à côté de nous, toujours fidèle sur la route. A la différence de l'étoile de l'Épiphanie, qui à un moment disparut, il dépend de nous seuls que l'étoile de notre foi et de notre espé­rance ne subisse pas d'éclipsé.

Demandons à Dieu cette grâce capitale d'une confiance absolue ; et que cette étoile, à travers les jours de joie ou d'épreuve, nous accompagne de son rayonnement discret et fidèle.

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU.  Gaston Salet S. J.

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 02:51

DIEU   SUR   LA   PAILLE…           

L’enseignement majeur de Bethléem est celui de la pauvreté, la leçon que saint Paul a résumée en cette phrase paradoxale, qui peut sembler un jeu de mots, mais contient une vérité profonde : « De riche qu'il était, il s'est fait pauvre, afin de vous faire riches par sa pauvreté. »

Oui, c'est par sa pauvreté qu'il nous a sauvés.

Cette leçon, il l'a voulue sensationnelle jusqu'à paraître provocante, puisqu'il est né dans une écurie, sur la paille et puisqu'il avait lui-même soi­gneusement tout disposé pour en arriver là. Car il ne faut pas nous y tromper. Lorsque, dans l'Évan­gile, nous lisons le récit sans éclat de voix et la suite des petits phrases calmes, tout paraît s'en­chaîner d'une manière on ne peut plus naturelle : Joseph et Marie vinrent à Bethléem, bien sûr, puis­qu'ils étaient convoqués par le recensement; or il se trouvait que c'était le temps où Marie devait enfan­ter ; puisqu'ils étaient pauvres, naturellement, il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie ; et par conséquent, ils durent se réfugier dans une éta-ble. Tout cela se tient et paraît aller de soi. Mais non, décidément, rien de tout cela ne va de soi, rien de tout cela n'est naturel. Il faut nous rappeler que c'est le Christ lui-même qui, étant Dieu, mène tout silencieusement ; que c'est lui, le Maître du monde et de l'histoire, qui a voulu ce recensement ordonné par l'empereur, ce grand branle-bas administratif et les déplacements inconfortables qui s'ensuivront, afin d'arriver à ce résultat de naître lui-même, non pas dans le berceau modeste et cependant préparé avec amour par sa Mère dans la maison de Nazareth, mais en plein vent, dans la nuit froide, sur la paille, dans le dénuement absolu des réfugiés. Et après cette entrée dans le monde il a voulu con­tinuer sa vie humaine en travaillant comme un ouvrier ; plus tard, à l'époque de ses prédications, il n'avait même pas une pierre où reposer sa tête ; il a voulu enfin terminer sa carrière de pauvre en mourant dans la nudité et le dépouillement absolu de la Croix.

Fallait-il, Seigneur, que cette leçon fût néces­saire et difficile à comprendre, pour que vous ayez tenu à la donner d'une manière si retentissante et si prolongée, pour que votre premier sermon muet de Bethléem ait été continué par le Sermon sur la montagne : « Bienheureux les pauvres... » et tant d'autres enseignements aux formules inoubliables, et pour que vous ayez poursuivi cet enseignement par l'exemple depuis l'aube de la crèche jusqu'au crépuscule du vendredi saint !

Oui, en vérité, leçon d'extrême urgence, car, en tout temps, le grand mal de l'homme a été l'atta­chement forcené à l'argent ; la tentation la plus dangereuse pour l'homme a toujours été de s'ins­taller sur la terre, d'y organiser une sorte de paradis au rabais, dont il se contente ; toujours le grand péril a été, pour l'homme, de se laisser annexer, naturaliser, confisquer par la vie présente. Et qui ne verrait que l'argent décuple et centuple la puissance de cette tentation ? De même que les Hébreux, sortis d'Égypte et en marche vers la Palestine à travers les granits rouges du Sinaï, dès qu'ils apercevaient une touffe de palmiers, ne songeaient qu'à s'arrêter là pour toujours, oublieux de la Terre promise, de même les hommes qui possèdent l'argent et se lais­sent posséder par lui oublient la cité future dont ils sont les citoyens et ne pensent qu'à devenir des sédentaires ici-bas. Sainte Thérèse d'Avila disait que notre vie n'est qu'une nuit à passer dans une mauvaise hôtellerie. Il est clair que, dans la mesure où cette mauvaise hôtellerie espagnole, comme en avait connu la sainte, devient un hôtel tout confort ou un palace, on est moins pressé d'en sortir. Combien de chrétiens seraient disposés, d'un cœur léger, à vendre leur ciel contre une assurance en bonne et due forme de rester sur terre quelques dizaines d'années de plus! Combien de chrétiens sont en réalité des sans-Dieu ou des idolâtres, des adorateurs de l'argent ! Car le Dieu réel, pour un homme, est celui qu'il traite en Dieu, à qui il pense, pour qui il travaille, auquel il consent des sacrifices. Si ce Dieu s'appelle l'argent, les affaires, la for­tune, alors le vrai Dieu, qui réclame le cœur tout entier et veut régner en Maître dans la vie, n'a plus qu'à s'en aller. « Impossible, dit Nôtre-Seigneur, de servir Dieu et l'argent. »

Voilà pourquoi  nous  devons nous pénétrer  des leçons de  la  Crèche et  réfléchir,  à  l'occasion  du mystère de Noël, sur les grandes idées chrétiennes fondamentales : que la terre est dominée par le ciel, que le temps est commandé par l'éternité, que la vie d'aujourd'hui n'est que la préparation de la vraie vie, qu'il existe d'autres valeurs que les valeurs cotées en bourse et l'or, le caoutchouc, le pétrole, que les chrétiens doivent être libres et détachés, étant essentiellement les hommes de l'avenir.

Sans doute Nôtre-Seigneur n'a pas maudit l'ar­gent en lui-même, mais seulement le mauvais usage qu'on en fait. L'argent est une force, comme l'élec­tricité ou l'énergie atomique, capable de beaucoup de bien et de beaucoup de mal. L'argent peut lutter contre les fléaux qui ravagent l'humanité, dépister la tuberculose et traquer le cancer; l'argent peut se mettre au service de la famille et créer du bonheur ; l'argent peut être un auxiliaire du Christ, bâtir des églises, aider les missionnaires, devenir de l'apos­tolat. Nôtre-Seigneur n'a pas interdit aux chrétiens d'en posséder : vous avez une famille, un budget à équilibrer et vous n'avez pas le droit d'être des paresseux ou des écervelés. Le Christ ne demande pas à ses disciples de devenir des va-nu-pieds ou des nomades. Mais à tous, quelle que soit leur situa­tion de fortune, il réclame le détachement. Il nous demande, si nous sommes riches, d'user de l'argent en chrétiens, de ne pas oublier Dieu, de ne pas nous laisser durcir le cœur ; il nous interdit toute collusion avec l'injustice, il nous demande de ne pas prendre notre parti tranquillement de ces inégalités contre nature entre des riches qui mènent une existence super-luxueuse et des miséreux qui litté­ralement meurent de faim et de froid. Et si ce qui est probablement le cas, nous avons une vie modeste, peut-être difficile et resserrée, le Christ nous demande de ne pas jalouser ceux qui gagnent beaucoup et trop et trop vite ; il nous invite à mettre à profit nos privations pour conquérir l'esprit chré­tien, le désintéressement, la liberté du cœur. Fina­lement, c'est de cela qu'il s'agit : avoir le cœur libre pour aimer Dieu.

Car Dieu, qui est la grande richesse et même la seule valeur, ne se prend pas, ne s'achète pas, mais se donne à qui il veut et ne se donne qu'aux déta­chés.

Retournons à cette Crèche et, constatant que nous n'y trouvons que les bergers qui n'ont rien et les Mages qui ne tiennent à rien, essayons de deve­nir les amis du Roi des pauvres en nous faisant des cœurs évangéliques.

O Sauveur sur la paille, donnez-nous le désir et le goût de cette pauvreté qui est une liberté et un amour. Faites que nous vivions plus près de vous ; faites que nous donnions au monde l'exemple de chrétiens vraiment détachés, afin d'amener ce monde au salut qu'il ne peut trouver qu'en vous, le Sauveur de Bethléem!

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU.  Gaston Salet S. J.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 13:48

UNE PRIÈRE SIMPLE à méditer…

Seigneur, faites de moi un instrument de votre Paix !

Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde que je mette l'union.

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

O maître, que je ne cherche pas tant :

A être consolé... qu'à consoler;

A être compris... qu'à comprendre;

À être aimé... qu'à aimer;

Car:

C'est en donnant... qu'on reçoit;

C'est en s'oubliant... qu'on trouve;

C'est en pardonnant... qu'on est pardonné;

C'est en mourant... qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

St-François

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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