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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 13:02

 

jésus est dépouillé de ses vêtements.

Pour l’homme il y a aussi une préparation à la mort…

(CHEMIN   DE  LA  CROIX DIXIÈME   STATION)

 Nous vous ado­rons, ô jésus, et nous vous bénissons ;

 Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

« Ils se divisèrent ses vêtements en les tirant au sort. »

jésus est dépouillé et abreuvé de fiel ; de nouvelles tortures et de nouveaux outrages ;

Ils servent à pré­parer la victime pour son dernier supplice.

Réflexion

Et moi, qu'ai-je tant besoin des choses de la terre, puisque je suis sur le point de tout quitter ?

Un chrétien atteignant l'âge d'homme ne meurt pas d'un seul coup ;

Il y a pour lui une mort prépara­toire à la mort, c'est le dépouillement.

Méditation :

Mon Sauveur, qu'à cette même place où l'on vous arrache vos habits,  moi, j’accepte de quitter généreusement tout ce qui surcharge mon cœur. J'ai encore des liens à briser, des attaches à rompre, quelques affec­tions à supprimer ou à rectifier, fai­sons-le humblement sans plus tarder.

La nature a pour habitude d'entasser et de com­pliquer ; mon esprit religieux, au con­traire, doit tout simplifier et tout ramener à l'unique nécessaire.

Rendez-moi libre, ô jésus, pour que je puisse livrer plus sûre­ment mon dernier combat.

 

Notre Père, etc.

Je vous salue, Marie, etc.

Gloire au Père, etc.

Ayez pitié de nous, Seigneur.

Ayez pitié de nous.

Que, par la misé­ricorde de Dieu, les âmes des fidèles tré­passés reposent en paix.

Ainsi soit-il.

O sainte Mère, gra­vez profondément dans mon cœur les plaies de jésus cru­cifié.

 

Inspiré de : Le Chemin de la Croix. Extrait de : LE CRUCIFIX par Abbé Chaffanjon. (1925)

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 08:27

LA SAINTE VIERGE, A LA MORT DE SON FILS,

ET ELLE ASSISTE A SES FUNÉRAILLES.

Vous serez remplie du calice de douleur et  d'amertume, et  vous en serez rassasiée en le buvant jusqu'à la lie. (Ezéch., chap 23.)

Il suffit de dire à une mère que son fils est mort, pour exciter tout son amour envers ce fils qu'elle vient de perdre ; les regrets sont quelquefois atté­nués par les chagrins qu'il lui a causés, mais cette triste consolation n'appartenait point à Marie : Jésus fut toujours le plus respectueux, le plus obéissant, le plus aimable de tous les fils. Qui pourrait donc comprendre l'immense douleur de Marie ? «Je   vous présente, ô mon Dieu, dit-elle au Père  éternel, l'âme immaculée de mon Fils et le vôtre, qui vient de vous obéir jusqu'à la mort. Votre justice est entièrement satisfaite, et votre volonté accomplie. Marie contempla le corps de son Fils, et dit : « O plaies causées par l'amour, je vous adore!  C’est par vous que le salut a été accordé au  monde ; vous resterez ouvertes  pour être le refuge de   tous   ceux qui recourront à vous ; oh !  Combien de pécheurs recevront par vous le pardon  de leurs fautes, et s'enflammeront pour le souverain bien ! »

Les   Juifs   voulaient  que  le  corps de Jésus  fût aussitôt enlevé de la croix ; mais comme il n'était pas permis d'en détacher  les   criminels  avant que leur mort fût constatée, les soldats  rompirent les jambes aux   deux   voleurs   qui   avaient  été  crucifiés avec le  Sauveur;  à  cette vue   Marie  frissonna   et   leur dit : « Hélas ! Mon Fils est déjà mort !  Gardez-vous de l'insulter davantage, épargnez-moi ce tourment, à moi  qui suis   sa  Mère ! »  A l'instant un soldat perça d'un coup de lance le cœur de Jésus ;  l'injure de coup de lance fut faite  à  Jésus-Christ, mais la douleur  fut  le  partage    de  la  Mère. Les   saints pères   pensent   que  c'est  là  proprement  le  glaive mentionné dans  les  prédictions  de  saint Siméon à Marie : glaive non de fer mais de douleurs, qui perça  son âme dans le cœur de Jésus, où elle demeurait toujours.

Marie craignant pour son Fils de nouvelles insultes, pria Joseph d'Arimathie d'obtenir de Pilate le  corps de Jésus pour le garder après sa mort et le garantir de tout outrage ; Pilate y consentit, et l'on descendit de la croix le corps du Sauveur. O Vierge Sainte ! Vous avez avec tant d'amour livré au monde votre Fils pour notre salut : le monde vous le rend, en quel état ! Il a perdu toute sa beauté, il est tout défiguré ! Oh ! Combien de glaives, dit saint Bonaventure quand vinrent frapper l'âme de cette divine Mère, quand on lui présenta le corps de son Fils descendu de la croix ! Marie  serre dans ses bras le corps de Jésus, considère ses plaies, et dit : " Ah ! Mon fils, à quel état vous a réduit l'amour que vous avez, eu pour les hommes ! Mais quel mal aviez-vous fait pour qu'ils vous traitassent de la sorte ? Si Marie était encore susceptible de douleurs, que nous dirait-elle ? Quelle peine n'aurait-elle pas, ci: voyant que les hommes, après la mort de son Fils continuent à le déchirer et à le crucifier par leurs péchés !

Quand une mère se trouve présente au supplice et à la mort de son fils, elle ressent et souffre toutes ses peines ; mais quand après sa mort on va l'ense­velir, et que cette mère affligée est sur le point de se séparer de lui, la pensée qu'elle ne le reverra jamais est une douleur qui l'emporte sur toutes les autres : tel était l'état de Marie, quand, après avoir assisté Jésus sur la croix, après l'avoir embrassé lorsqu'il fut mort, elle dut enfin le laisser dans le sépulcre.

« Mon cher Fils, lui dit-elle, toutes vos belles qualités, vos vertus, votre beauté, vos manière aimables, les marques spéciales d'amour que vous m'avez données, les faveurs singulières que j'ai reçues de vous, tout s'est changé en autant de traits de douleur : car plus j'avais été embrasée d'amour pour vous, plus je ressens maintenant la peine de vous avoir perdu ! Ah ! Mon Fils bien-aimé, en vous perdant j'ai tout perdu ! » C'est ainsi que la fait parler saint Bernard.

Marie se consumait de douleur en tenant son Fils entre ses bras ; les disciples craignant que cette pauvre Mère n'expirât, se hâtèrent de le dérober à sa sensibilité pour l'ensevelir ; ils le lui arra­chèrent, et après l'avoir embaumé, ils l'envelop­pèrent dans un linceul où le Seigneur voulu laisser l'impression de son visage, comme on le voit encore à Turin. Les disciples le portent sur leurs épaules, les anges accourent du ciel et se rangent suite, les saintes  femmes l’accompagnent ayant au milieu d'elles la Mère affligée. Quand on fut arrivé près  du  tombeau,   Marie  s'y serait volontiers ensevelie toute vivante avec son Fils ; mais comme la volonté de Dieu n'était  pas   telle, elle suivit le saint corps jusque dans  le sépulcre,  où furent placés, dit Boronius, les clous et la couronne d'épines. Les tourments  de  Marie redoublèrent   quand   elle  dut   en sortir.

On ferma le sépulcre ; mais Marie y avait laissé en cœur enseveli avec Jésus, parce que Jésus était tout son trésor ; avant de s'éloigner du tombeau elle l’avait béni en disant : "O pierre bienheureuse, qui ren­fermes maintenant celui que j'ai porté neuf mois dans mon sein, je te bénis, et j'envie ton sort.  Je te laisse en dépôt ce Fils qui est tout mon bien, tout mon amour ; Père éternel, c'est votre Fils et le mien, je vous le recommande. » Après avoir ainsi donné dernier adieu à son Fils  et au sépulcre, elle s'en retourna si   affligée  qu'elle  faisait  compassion; les disciples pleuraient sur elle  plus  que sur Jésus; les toutes femmes   l'avaient   enveloppée,   comme   une veuve, d'un manteau de deuil qui lui couvrait presque tout le visage.

Marie, en passant devant la croix couverte du sang de Jésus, fut la première à l'adorer : «O croix sainte, s'écria-t-elle, je te baise et t'adore, car tu n'es plus maintenant un bois infâme, mais un tronc  d'amour, et un autel de miséricorde consacré par le sang de  l'Agneau de Dieu, qui vient d'y être sacrifié pour le salut du monde. »  Elle quitte la croix et retourne à son logis ; là, dans son affliction elle retrouve tous les souvenirs de l'admi­rable vie et de la cruelle mort de Jésus ; elle se rappelle les caresses et les soins donnés à son Fils dans l'étable de Bethléem, la réciprocité de son affection, les paroles de vie éternelle sorties de sa bouche divine, les conversations qu'elle avait eues avec lui dans la maison de Nazareth ; elle croit voir encore la scène d'horreur de sa Passion, les clous, les épines, la chair déchirée de son Fils ; elle con­sidère ses plaies profondes, ses os décharnés, sa bouche ouverte, ses yeux fermés et éteints ; ah ! Quelle nuit cruelle ! Marie pleurait sans cesse, et avec elle tous ceux qui étaient présents ; elle persévéra dans cette situation jusqu'à ce qu'elle eût eu le bonheur de revoir son divin Fils ressuscité, glorieux et triom­phant.

exemple.

Ceux qui sont dévots aux douleurs de Marie pendant leur vie, goûtent de grandes douceurs à leur mort.

Le bienheureux Joachim Piccolornini, célèbre par sa tendre dévotion envers Marie, commença dès son enfance à visiter trois fois par jour une image de Notre-Dame des sept douleurs, et le samedi, en son honneur, il ne prenait aucune nourriture ; il se levait à minuit pour méditer sur ses douleurs. La sainte Vierge le récompensa : d'abord elle lui apparat quand il était jeune, et lui dit d'entrer dans l'ordre de ses serviteurs, comme il le fit. Vers la fin de sa vie, elle lui montra deux couronnes, l'une de rubis en récompense de la compassion qu'il avait toujours eue pour ses don leurs, l'autre de perles, pour prix de sa pureté, qu'il lui avait con­sacrée ; enfin, à sa dernière apparition, le bienheureux lui de manda la grâce de mourir le même jour que Jésus-Christ : " Pré­pare-toi, lui dit Marie, parce que demain, vendredi, tu mourra-subitement, comme tu le désires, et dès demain tu seras avec moi en paradis." En effet le lendemain, quand on chantait à l'église de Passion selon saint Jean, à ces mots, Stabat juxta crucem Mater. Joachim s'évanouit, et à cet autre passage, inclinato capite, tradidit spirituam, le bienheureux expira, et l'église fut remplie d'une grande clarté et d'une odeur des plus suaves. (Tiréde sa vie.)

pratique en l'honneur de marie.

(Rapportée par saint Liguori.)

Jésus-Christ a attaché beaucoup de grâces à la dévotion aux douleurs de Marie ; on est fondé à croire que Marie avant de­mandé à son Fils quelque grâce spéciale pour ceux qui honore­raient ses douleurs, Jésus lui en promit pour eux quatre princi­pales :

1. Qu'ils feraient avant leur mort une vraie pénitence de leurs péchés.

2. Qu'il les assisterait dans leurs tribulations et surtout à l'heure de leur mort.

3. Qu'il graverait bien avant dans leur cœur la mémoire de sa Passion, pour les récompenser ensuite dans le ciel.

4. Qu'il les confierait à Marie, afin qu'elle disposât d'eux et leur obtînt toutes les grâces qu'elle voudrait.

PRIÈRE A LA SAINTE VIERGE.

(De saint Liguori, Gloires de Marie.)

O Mère affligée, je ne veux pas vous laisser pleurer seule, je

veux unir mes larmes aux vôtres.  Je  vous demande aujourd'hui

de m'obtenir  un  souvenir  continuel  et  tendre de la Passion de

JÉSUS-Christ et de la vôtre, afin   que  tous les jours qui me restent à vivre soient employés à pleurer sur vos douleurs. Ò ma Mère,

Ô Mère du Rédempteur, faites que ces douleurs me donnent assez

de confiance à l'heure de  ma  mort pour ne point me désespérer

a vue de mes péchés, qu'elles m'obtiennent maintenant la persé- vérance, et enfin le paradis où je serai avec vous, pour chanter

miséricordes infinies de mon Dieu et les vôtres. Ainsi soit-il.

Extrait de : L’ANNUAIRE DE MARIE. M. Abbé Menghi-D’Arville (1833)

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:11

LA SAINTE VIERGE   SUR  LE  CALVAIRE…

O mon cher fils, ô mon  cher fils, plût à Dieu qu'il me fût permis de mourir pour vous ! (L. des Rois, chap. 18.)

Aux approches de la Passion de Jésus-Christ, les yeux de Marie étaient toujours pleins de larmes, en pensant au Fils bien-aimé qu'elle était sur le point de perdre en ce monde ; une sueur froide coulait sur tous ses membres, par la crainte qu'elle avait de ce prochain spectacle de douleur. Ce jour étant enfin arrivé, Jésus prit congé de sa mère, pour aller à la mort. Les disciples de Jésus-Christ se rendaient tour à tour auprès de cette mère affligée, pour lui porter des nouvelles de leur maître ; mais ils ne portaient que des nouvelles alarmantes, et Marie ne recevait aucune consolation ; l'un lui annonçait les mauvais traitements que Jésus avait soufferts chez Caïphe, l'autre les mépris qu'il avait essuyés chez Hérode. Saint Jean vint ensuite, et lui apprit que l'inique Pilate avait condamné le Sauveur, dont il avouait l'innocence, à mourir sur la croix. «Ah ! Mère infortunée, lui dit saint Jean, votre fils vient d'être condamné à mort, et déjà il est sorti, en portant lui-même sa croix, pour aller au Calvaire ; hâtez-vous, si vous voulez le voir et lui dire le dernier adieu, sur le chemin où il doit  passer. »

Marie part avec saint Jean, et les traces de sang lui  indiquent  le  chemin qu'a suivi son Fils.  Que de paroles injurieuses elle entend  contre lui ! Que d'insultes contre elle-même ! Mais sa douleur est au comble quand elle voit les clous, les marteaux, les cordes et tous les instruments de la mort la plus ignominieuse : le héraut  qui publiait au son de la trompette la sentence rendue contre Jésus, l'exécuteur de la justice qui le suivait, le peuple accou­rant en foule, tout cet  appareil  déchirait le cœur de Marie.  Elle aperçoit enfin un   homme tout couvert de  sang, et dont le  corps ne présente qu'une plaie depuis les pieds jusqu'à la tête ; il est couronné d'épines, et une lourde croix pèse sur ses épaules ; elle le regarde, et ne le reconnaît presque pas ; les blessures, les meurtrissures, le sang dont il est couvert, le rendent semblable à un lépreux ; son amour seul   peut   lui   faire   retrouver en cette image défigurée et sanglante le plus beau des enfants hommes.   Quels   furent   alors,   dit   saint   Pierre d’Alcantara,   l'amour   et  la   crainte   qu'éprouva   le coeur de Marie ? D'un côté elle désirait bien le voir, l'autre elle n'osait considérer une figure si digne compassion. Jésus écarta de ses   yeux un grumeau de sang qui les  offusquait, il regarda sa Mère, et la Mère regarda son Fils ! Regards  douloureux qui comme  autant   de traits, percèrent ces deux belles âmes si étroitement attachées l'une à l'autre. Lorsque Marguerite, fille de Thomas Morus, rencontra son père que l'on conduisait  à la mort, elle ne lui dire que ces mots : O mon père, mon père ! Et elle s'évanouit à ses pieds.  Marie, à la vue de son Fils qu'on menait sur le Calvaire, ne  s'évanouit point, parce qu'il n'était pas convenable que cette divine Mère perdît l'usage de la raison, dit Suarez ; elle ne mourut point, parce que Dieu, la réservait à une plus grande douleur ; mais, si elle ne mourut point, elle eut une douleur capable de lui donner mille morts.

Marie voulait embrasser Jésus, les soldats la repoussèrent. Vierge sainte ! Où allez-vous ? Au Calvaire ? Aurez-vous la force d'y voir attacher à la croix celui qui est votre vie ? Mais, quoique le spectacle de la mort de Jésus dût causer à sa Mère la plus affreuse des douleurs, Marie ne voulut point l'abandonner ; le Fils précède, et la Mère suit pour être aussi crucifiée avec lui : compatissons à ses douleurs, et tâchons d'accompagner la sainte Vierge et son Fils, en portant avec patience la croix que le Seigneur nous envoie.

Dès que notre divin Sauveur fut arrivé au lieu de son supplice, les bourreaux le dépouillèrent de ses vêtements, et attachèrent à la croix ses pieds et ses mains adorables. Après l'avoir crucifié, ils se retirèrent et l'y laissèrent mourir. Les bourreaux l'abandonnent, mais il n'en est pas ainsi de Marie ; elle s'avance alors plus près de la croix, pour assis­ter à sa mort. Pourquoi, ô ma Reine, lui dit saint Bonaventure, pourquoi aller sur le Calvaire voir mourir ce Fils bien-aimé ? N'auriez-vous pas dû être retenue par la honte, puisque son opprobre était aussi le vôtre ? Voir un Dieu crucifié par ses propres créatures ! L'horreur d'un tel forfait ne devait-elle pas vous arrêter ? Vous oubliez vos propres dou­leurs, pour ne penser qu'à la mort de votre cher Fils, vous voulez y être présente pour compatir à ses maux. Ah ! Véritable Mère, rien, pas même la crainte et les horreurs de la mort, rien n'a pu vous séparer de votre Fils bien-aimé ! Quel spectacle cruel ! Ce Fils si cher à sa Mère, à l'agonie sur la croix ; et sous cette même croix la Mère agonisante qui souffrait les mêmes angoisses que son Fils.

En effet, toutes les peines de Jésus-Christ étaient autant de blessures au cœur de Marie. Il y avait sur le Calvaire, dit saint Jean Chrysostome, deux autels où se consommaient deux grands sacrifices, l'un dans le corps de Jésus-Christ, et l'autre dans le cœur de Marie ; ou plutôt il n'y avait qu'un seul autel, c'est-à-dire la seule croix du Fils, où étaient immolées deux victimes à la fois, le Fils et la Mère.

O Marie! Où êtes-vous donc? Êtes-vous près de la croix ? Ah ! Je dirai avec bien plus de raison que vous êtes sur la croix, pour vous y sacrifier avec votre Fils !

Les mères évitent la présence de leur fils mourant ; mais si jamais une mère est obligée d'assister son fils à ses derniers instants, elle lui fournit tous les soulagements possibles, elle lui offre tout ce qui peut calmer sa douleur ; pour vous, ô la plus affligée de toutes les mères, ô Marie, vous assistez Jésus mourant sans pouvoir même le soulager. Marie entend son Fils indiquer sa soif, et il ne lui est point permis de lui donner un peu d'eau pour l'étancher ! Mon fils, lui dit-elle, je n'ai que l'eau de mes larmes, ainsi que lui fait dire saint Vincent Ferrier.

Elle voyait que, retenu par les clous sur ce lit de dou­leur, son Fils ne pouvait y trouver de repos ; elle aurait voulu l'embrasser, mais elle lui tendait vaine­ment les bras, dit saint Bernard.

La douleur de Marie fut encore augmentée lors­qu'elle entendit Jésus se plaindre sur la croix que le Père éternel même l'avait abandonné ; elle ne pouvait lui offrir aucune consolation, et ses propres tourments ne faisaient qu'ajouter aux souffrances de ce divin Fils. Jésus souffrit plus encore de com­passion pour sa Mère que de toutes ses autres dou­leurs, de sorte que Marie vivait en mourant sans pouvoir mourir.

On s'étonnait qu'il n'échappât à Marie ni paroles ni plaintes. Marie ne parlait point ; mais que d'ex­pression dans son silence ! Son cœur offrait à la divine justice la vie de son Fils pour notre salut : par les mérites de ses douleurs, elle coopéra à nous faire renaître à la vie de la grâce, de sorte que nous sommes les enfants de ses douleurs. Si, dans cette mer de tristesse, il entra dans le cœur de Marie quelque soulagement, ce fut de savoir que par le moyen de ces mêmes douleurs elle procurait notre salut éternel. En effet, ce furent là les der­nières paroles de Jésus, le dernier gage de son amour pour nous ; il nous laissa Marie pour Mère en nous déclarant ses enfants dans la personne ne saint Jean.

Marie commença dès lors à remplir envers nous l'office de Mère ; c'est par ses prières que le bon larron se convertit et se sauva ; depuis cette époque Marie ne cesse et ne cessera jamais de contribuer à notre salut.

EXEMPLE.

La dévotion aux douleurs de Marie est un germe de salut. Un grand seigneur de très mauvaise vie s'était donné au démon, il l’avait servi pendant 60 ans. Aux approches de la mort, Jésus Christ, pour lui faire  miséricorde, ordonna à sainte Brigitte de dire à son confesseur d’aller le visiter et de l’exhorter à se confesser.

Le prêtre y alla, et le malade répondit qu'il n'avait pas besoin de confession. Le confesseur y retourna, et l'esclave du démon con­tinuait à le repousser : le confesseur s'y rendit une troisième fois, lui déclara la révélation faite à la sainte, et lui annonça que le Seigneur voulait lui pardonner. A cette nouvelle le malade s'attendrit et versa des larmes. «Mais, comment puis je être sauvé, s'écria-t-il, moi qui depuis 60 ans ai servi le démon, dont je m'é­tais fait l'esclave, moi qui me suis rendu coupable d'innombra­bles péchés ?

 

Mon fils, lui répondit le prêtre, n'en doutez pas, si vous vous repentez, je vous promets le pardon de la part de Dieu même. Le prince commença alors à prendre confiance, et dit au confesseur : "Mon père, je me croyais damné, et je désespérais de mon salut, mais à présent je sens une douleur de mes péchés qui m'anime à la confiance. Ainsi puisque Dieu ne m'a pas encore abandonné, je veux me confesser.» En effet, ce jour-là même, il se confessa quatre fois avec un grand repentir ; il communia le lendemain, et six jours après il mourut tout content et résigné. Après sa mort, Jésus-Christ déclara à sainte Brigitte que ce pé­cheur était en purgatoire, et qu'il s'était sauvé par l’intercession de Marie sa Mère, parce que, au milieu de ses dérèglements, il avait toujours conservé la dévotion aux douleurs de Marie, et que toutes les fois qu'il y avait pensé il en avait eu compassion. (Œuvres de sainte Brigitte.)

VIIIe PRATIQUE EN L'HONNEUR DE MARIE.

(De saint Bernard.)

Le grand dévot saint Bernard a pratiqué toutes les dévotions envers la sainte Vierge, mais il avait une affection toute particu­lière pour ses douleurs, au souvenir desquelles il ne pouvait rete­nir ses larmes, et c'est cette salutaire pratique qui lui mérita tant de grâces et de faveurs signalées, comme nous le voyons dans sa vie.

PRIÈRE   A  LA   SAINTE   VIERGE.

(De saint Liguori.)

O Mère de douleur ! Reine des martyrs et des souffrances ! Vous avez, tant pleuré votre Fils mort pour mon salut! Mais à quoi me serviront vos larmes, si je viens à me damner? Par les mérites de vos douleurs, obtenez-moi donc un véritable repentir de mes péchés, et un vrai changement de vie, avec une tendre compassion des souffrances de Jésus-Christ et des vôtres, Puisque Jésus et vous, quoique innocents, avez tant souffert pour moi, faites que je souffre aussi quelque chose pour votre amour, moi qui par mes péchés ai mérité l'enfer.

O ma divine Mère, je vous supplie par l'affliction que vous éprouvâtes en voyant votre Fils baisser la tête et expirer sur la croix, de m'obtenir une bonne mort. Ah ! Ne manquez pas d'assister mon âme affligée et combattue à ce grand passage !

Je ne pourrai peut-être pas alors invoquer de ma bouche Jésus et Marie, je les invoque d'avance, et je vous conjure, ô saint objet de mon espérance, de me secourir au dernier moment. Ainsi soit-il.

Extrait de : L’ANNUAIRE DE MARIE. M. Abbé Menghi-D’Arville (1833)

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 05:44

LES  SOUFFRANCES  DE   LA SAINTE   VIERGE   PENDANT   LA   PASSION   DE JÉSUS-CHRIST.

Ne me nommez plus Noémie, c'est-à-dire belle, mais appelez-moi Marie, c'est-à-dire affligée, parce que le Tout-Puissant m'a remplie de grandes afflictions. (Ruth, chap. I.)

Quelque douces que fussent la consolation et la joie de la sainte Vierge en voyant les merveilles qu'opérait le Sauveur dans la Galilée et la Judée, la pensée de sa Passion et l'image de la mort qu'il devait endurer pour la rédemption du genre humain étaient continuellement présentes à son esprit, et noyaient son cœur dans une   mer   d'amertumes, comme parlent les saints Pères; plus elle voyait sa sagesse admirée, ses miracles publiés et applaudis ; plus elle apprenait quelle était la réputation de ce Divin Fils dans toute la Syrie, et plus aussi son coeur était affligé, en pensant que ce cher Fils, les délices du Père éternel et les siennes, devait un jour être rassasié d'opprobres, et mourir ignomi­nieusement sur la croix. C'est que, bien instruite de tous les mystères de la Rédemption, elle voyait avec une amère douleur, par avance, le temps déter­miné de ce sanglant sacrifice ; et, comme chaque jour en approchait le terme, son cœur souffrait aussi chaque jour ; chaque jour en présentait à son esprit jusqu'aux moindres circonstances, chaque jour portait à son cœur un nouveau supplice.

Le temps de la Passion de son Fils étant venu, Marie se rendit à Jérusalem presque en même temps que lui, c'est-à-dire, six ou sept jours avant la fête de Pâque ; elle se retira chez Marie, mère de Marthe, sa parente, d'où elle fut témoin de ce triomphe superficiel et passager, avec lequel le Sauveur fut reçu à Jérusalem; la plus triste tragédie devait bientôt suivre l'enthousiasme que le peuple témoi­gnait à l'arrivée de Jésus-Christ. Aussi le cri d'Hosanna dont toute la ville retentissait, augmentait l'Amertume de son cœur, bien loin de l'adoucir ; elle savait qu'il serait bientôt changé en des cris l'exécration.

On peut comprendre quel fut son désespoir, quand elle apprit que Jésus-Christ était arrêté, et qu'on le traînait de tribunal en tribunal avec la dernière infamie ! Jamais mère ne ressentit plus douloureu­sement les traitements cruels qu'on fit éprouver à son Fils bien-aimé : toute l'Eglise convient qu'il n'y eut jamais une mère plus affligée ; tous les saints Pères s'accordent à dire qu'elle seule a plus souffert que tous les martyrs ensemble, ce qui l'en a fait désigner à si juste titre la Reine, Regina Martyrum, et que sans un miracle elle n'eût jamais pu survivre à la douloureuse et ignominieuse Passion de cet adorable Fils. Elle ne fit point de démarches pour réclamer contre cet assemblage inouï d'injustices, de calomnies, d'opprobres et de tourments intentés contre le Sauveur, parce qu'en l'offrant elle-même au Père éternel, en qualité de victime, le jour de sa Présentation, elle avait, pour ainsi dire, consenti à sa mort, pour le salut des hommes, et voilà pour­quoi elle garda un silence absolu durant tout le cours de sa Passion. Elle résolut même, par un courage surnaturel et bien au-dessus de son sexe, de l'accompagner sur le Calvaire et d'assister à sa mort au pied de la croix, selon les desseins impénétrables de la divine Providence. Jugez combien ce sacrifice lui dut coûter. Tout ce que la cruauté des bour­reaux a fait souffrir aux corps des martyrs, a été peu de chose, et doit être même compté pour rien, s'écrie saint Anselme, si on le compare, Vierge sainte, à ce que vous avez souffert à la mort de votre Fils sur le Calvaire. Ceux-là, dit saint Jérôme, ont été martyrs parce qu'ils sont morts pour Jésus-Christ, mais Marie l'a été bien plus douloureusement en mourant avec Jésus-Christ, ou pour mieux dire, en survivant à Jésus-Christ ; parce qu'elle a plus aimé son Fils que tous les autres, continue le même saint Jérôme, elle a aussi ressenti plus de douleur en le voyant souffrir, jusque-là que son âme tout entière en était pénétrée. Dans les autres martyrs, dit saint Bernard, le grand amour qu'ils avaient pour Dieu adoucissait la douleur que leur cau­saient leurs tourments; mais l'amour extrême que la sainte Vierge avait pour son cher Fils faisait son martyre, et la passion douloureuse du Fils a été dans toutes les circonstances la passion douloureuse de la Mère.

La seule vue de Jésus-Christ en  croix faisait la consolation de tous les martyrs; mais à l'égard de la sainte Vierge, ce triste  objet faisait  son plus cruel supplice. Jésus-Christ consolait, comblait même de joie intérieure tous les martyrs au milieu des plus grands tourments, suspendait même souvent en leur faveur, l'activité du feu dans les chaudières de plomb fondu et dans les fournaises ardentes; à l'égard de la sainte Vierge, Jésus-Christ souffrant et mourant ne détourne point de sa Mère le calice d'amertume qu'il lui fait au  contraire partager,  en  lui faisant sentir la vue de ses souf­frances. Il est pour elle, dit saint Bernard, une mer d'amertume, dans laquelle son cœur est noyé.

«Jugez delà grandeur de sa douleur, dit ce saint Docteur, par la grandeur de son amour ! elle seule a plus souffert dans son âme, que  tous les  martyrs  ensemble n'ont souf­fert dans leur corps, et certainement, dit saint Bernardin de Sienne, la douleur de la sainte Vierge, en voyant  expirer son  cher  Fils sur la croix, fut si vive, si extraordinaire, que si elle eût été partagée entre toutes les créatures capables de sentiment, pas  une qui ne fût morte  par la seule portion de celle que  Marie  souffrait  à  elle seule. 

L'amour   tendre   et  compatissant faisait dans l'âme de Marie, dit Arnaud de Chartres, ce que les clous, les  fouets, les  épines  et la  lance luisaient sur le corps adorable du Fils.

Votre Fils, Vierge sainte, à souffert en son corps, et vous en votre âme,  s'écrie saint  Bonaventure ; mais  toutes  ses plaies  divisées en chaque  membre de son  corps, se trouvaient réunies  ensemble dans votre cœur.

Il est donc vrai, bienheureuse Vierge, conclut saint Bernard, que votre âme a été véritablement transpercée de douleur.

Comme c'est pour l'amour du salut des hommes que la sainte Vierge a souffert ce douloureux martyre, auquel on a donné avec raison le nom de Passion, tous les fidèles ont toujours eu une dévotion parti­culière pour honorer cette Passion de la sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame de Pitié, ou sous celui de la compassion de la sainte Vierge, ou de Notre-Dame des sept douleurs ; le Saint-Siège en a approuvé l'of­fice et la fête.

Voici l’exemple d’un ssacrifice héroïque d'une mère en faveur de l'assassin de son fils, dans la vue d'honorer les souffrances de Marie.

Une dame qui n'avait qu'un fils, apprit qu'il avait été tué, et que l'assassin s'était réfugié par hasard chez elle, dans son propre palais. Cette mère affligée, se rappelant que Marie avait pardonné aux bourreaux de Jésus, voulut aussi pardonner à ce malheureux,  en mémoire des douleurs de Marie ; et non seulement elle lui pardonna, mais elle le munit d'un cheval, d'argent et d'habits, afin qu'il pût s'échapper plus aisément.

Après ces actes généreux, son fils lui apparat, lui dit qu'il était sauvé, et qu'en considération de la conduite qu'elle avait tenue envers son ennemi, la Mère de Dieu l'avait délivré du purgatoire, où sans cela il aurait dû souf­frir longtemps. (Tiré d'un livre intitulé : Secret pour obtenir toutes sortes de grâces?)

PRATIQUE  EN  L'HONNEUR  DE  MARIE. (De Ste Colette.)

Compatissez à la sainte Vierge dans les douleurs qu'elle a souffertes à la Passion de son Fils ; comment pourrait-il se faire qu'un cœur qui aime Marie ne compatît point à ses douleurs ? La sainte Vierge parlant à sainte Brigitte, se plaignait de ce qu'il y avait si peu de chrétiens qui l'aimassent cordialement, puisque si peu compatissaient à ses douleurs. (Sainte Colette était très fidèle à cette pieuse pratique.)

PRIÈRE A LA  SAINTE VIERGE. (De saint Bernard.)

Vous êtes vraiment, ô Marie, cette femme forte en qui le Sei­gneur a trouvé son repos, et qu'il a faite dépositaire de tous ses trésors. L'univers honore votre chaste sein, comme le véritable temple de Dieu, où le salut du monde a commencé, où s'est faite la réconciliation entre Dieu et l'homme ; vous êtes ce verger où le pécheur n'a pas pu pénétrer pour le dévaster ; vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Eglise, entre autres, la violette de votre humilité et la rose de votre  charité.

O Mère de grâce et de bonté ! À qui pourrons-nous vous comparer ? Vous êtes le paradis de Dieu ; de vous sort la fontaine d'eau vive qui arrose la terre ; mais surtout que de bienfaits n'a pas reçus le monde, quand par vos souffrances vous avez mérité sur le Calvaire d'être l'aqueduc salutaire de tout le genre humain !

Faites que nous en éprouvions les heureux effets, afin que, lavés dans ses eaux pures, nous puissions être introduits un jour dans le royaume éternel, où rien de souillé ne peut entrer. Ainsi soit-il.

Extrait de L’ANNUAIRE DE MARIE. Abbé Menghi-D’Arville (1833)

Disponible sur :https://books.google.ca/books

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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 04:26

 

L'ÉTAT DE LA QUESTION…

Si vous me demandez de quelle question il s'agit ? Voici ma réponse : Il n'y a qu'une question.

Cette question, de laquelle dépendent tous les hommes, mais qui, elle aussi, dépend en partie des hommes, c'est la question qui se pose quand on confie une semence à la terre :

Que deviendra cette semence?

C'est la ques­tion du grain de sénevé.

Toute chose qui commence, si elle doit devenir grande, commence par être petite, ou, si vous voulez, par paraître petite.

La vérité n'aime pas le fracas.

Quand elle (La VÉRITÉ) s'est faite homme, rappelez-vous ses procédés, et si vous ne vous les rappelez pas bien, regardez ce qui se passe quand une pauvre petite graine est posée dans la terre.

Si faible en apparence, et si menacée, chargée de per­cer la terre et de devenir un grand arbre, obligée de s'enfouir d'abord, de se cacher et de mourir, abandonnée, dit-on, de Dieu et des hommes, pauvre petite, à quoi ressemble-t-elle ?

A  rien, si  ce  n'est au  royaume des  Cieux.   Nous l'avons vu naître  et fleurir,  le   Royaume des Cieux…

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

«Et vous, voulez vous devenir grand dans le royaume de Dieu dans la vraie vie, la vie éternelle ? Soyez petit en cette vie, car vous n’avez qu’une seule chance et c’est aujourd’hui, car demain ce sera peut-être jamais…  G.G.»

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 09:37

Hymne à la victoire

Psaume de David  # 143

Seigneur,  écoutez ma prière, soyez attentif  à mes supplications, puisque vous êtes à la fois fidèle et juste.

 

Je suis votre serviteur, n'entrez pas en jugement contre moi, car personne sur cette terre n'est sans reproche devant vous Seigneur.

 

Il m'est impossible de payer sur cette terre tout ce que je vous dois, je vous prie d'effacer ma dette par les mérites de N.S.J.-C votre fils bien aimé.

 

Des ennemis rodent autour de moi et veulent me faire tomber et m’ entraîner dans les ténèbres avec ceux qui n'ont pas su résis­ter et qui sont morts faute de ne pas avoir réclamé votre aide.

 

Tout seul, sans votre aide je perds courage et je n'ai plus la force de réagir; cependant si je réfléchis sur mon passé et si je pense à tout ce que vous avez faite pour moi, je ne peux m'empêcher de voir toutes vos œuvres.

 

Devant vous Seigneur, je me sens comme une terre sans eau, c'est pourquoi, je tends les mains vers vous en suppliant.

Seigneur, je n'en peux plus, venez vite à mon secours, ne me

rejetez  pas, car je serai un homme fini.

 

Dès le matin, Vous me poursui­vez de votre miséricorde. Comment ne pas réaliser que vous êtes ma lumière dans la nuit ! Faites moi connaître le chemin que je dois suivre.

 

Seigneur délivrez-moi de mes ennemis. Près de vous je me sens comme dans un havre de paix et en sécurité.

 

Apprenez-moi à faire votre volon­té, vous mon Seigneur et mon Dieu, que votre Esprit me guide avec bienveillance vers une route sans obstacle.

 

Puisque vous êtes mon Seigneur et que vous êtes fidèle à vos pro­messes, rendez-moi la vie et ra­vivez ma foi.

 

Parce que je suis votre serviteur et que vous veillez toujours sur moi, j'implore votre infinie bonté Seigneur, afin que vous réduisiez au silence mes ennemis ainsi que tous ceux qui veulent me faire perdre ma récompense éternelle.

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 08:49

LE  PROBLÈME  DE  LA  SOUFFRANCE

« Ne fallait-il pas que  le Christ souffrit!  » (Lc. XXIV, 26)

Sous les huées de la foule, bousculé, frappé par les gardes et les soldats, courbés en deux, haletant, l'Homme des douleurs vient enfin d'arriver au Calvaire.

En abordant le plateau rocailleux, à bout de forces et de sang, une dernière fois, Il trébuche et tombe sous sa Croix qui L'étouffe.

Approchons-nous, regardons-Le, étendu à terre, anéanti, broyé.

A grands coups de cordes et de gourdins, on Le re­lève en ricanant.

Essayez de rencontrer sous les épines et les cheveux souillés, les pauvres yeux noyés d'angoisse, où perlent, comme au Jardin de l'Agonie, deux larmes de sang.

Et maintenant, on arrache d'un brutal effort la robe collée aux blessures. Pauvre corps, aux longs sillons rouges avec des lambeaux de chair, et par endroits les côtes à nu.

Ne regardez pas, si le sang vous fait mal. Lui n'en a pas eu peur pour vous!

C'est ici qu'il faut venir pour comprendre quelque chose à l'esprit d'enfance, à l'abandon total du Fils uni­que, livré au bon plaisir de son Père.

Père, Je Vous aime, tout ce que Vous voudrez!

— Tout ?... Étends-Toi sur cette croix.

Voilà ! Mon Père.

— Donne ta main droite. Ouvre-la bien pour le clou. C'est cela!

Père, que votre Volonté soit faite!

— Ta main gauche !

La voici. Père, Je Vous aime!

— Tes pieds maintenant,... oui, l'un sur l'autre : un clou suffira.

Père, mon Père,... comme Vous voudrez, mais ayez pitié des pauvres hommes, mes frères!

C'est  fait,  les  trois  clous ne  lâcheront  pas  leur proie.

Alors, des valets saisissent la Croix sanglante, la sou­lèvent et, lourdement, la laissent retomber de tout son poids dans le trou qui l'attend. Au choc, le sang jaillit des blessures béantes.

Et l'agonie, l'atroce agonie de trois heures est commencée.

 

***

Mais, mon Dieu, pourquoi tant de souffrances ? Encore maintenant, après vingt siècles, un frisson passe sur nos cœurs de chair au seul souvenir de ces heures terribles, de tortures physiques et d'épouvanté morale.

C'est que tout en nous se révolte contre la souffrance : nos corps qui veulent vivre et qui se débattent contre cha­que amoindrissement de la vie : nos âmes assoiffées de lumière et qui s'arrachent éperdument à la nuit de la douleur et de la mort.

 

Oui, pourquoi la souffrance ?...

Il faut avouer qu'à la scruter du simple point de vue des philosophes, elle demeure une terrible énigme : elle nous révolte, nous la fuyons, comme une incompréhensi­ble diminution de notre moi.

Mais, au Calvaire, un rayon tombé de la Croix, sur le Larron, va, si nous le voulons, illuminer le troublant mystère et nous montrer par un exemple saisissant, pris en pleine expérience, les fruits admirables de la bonne souffrance unie à celle du Rédempteur.

Approchez-vous de Marie, de saint Jean et des Saintes Femmes et, tout en vous mettant à l'unisson de leur douleur, écoutez l'ardent appel du malheureux :

Seigneur, souvenez-Vous de moi quand Vous serez dans votre Royaume!

« Seigneur! » Alors, il croit en Lui ?

Oui, c'est inouï, mais c'est ainsi !...

Quelques semaines plus tôt, ce détrousseur de grand chemin, orgueilleux et libre dans son repaire de mon­tagnes, défiait le ciel et la terre.

Dieu ? Quel besoin avait-il de Lui ?...

Mais voici que la souffrance est tombée sur ce bandit. D'abord, révolté comme son compagnon, l'autre larron, il a peu à peu senti son cœur s'émouvoir en regardant souffrir le Condamné du milieu, si patient, qu'il ne se plaint de rien, si bon qu'il vient de dire :

Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font !

Tout un mystérieux et lent travail s'opère dans l'âme du voleur. Du cœur orgueilleux et froid, trop grand pour comprendre et pour aimer, la souffrance, unie à celle de Jésus, commence à faire un « tout-petit »!

« Seigneur! » — quel titre, quelle humble reconnais­sance de la supériorité de Jésus — « Seigneur ! » Il L'ap­pelle, il avoue donc sa faiblesse, il reconnaît qu'il a besoin de secours. « Souvenez-Vous de moi! » C'est une prière, une prière d'enfant qui s'abandonne et qui a con­fiance.

Les Bergers, les Mages avaient été bien humbles devant la Crèche, mais le bon Larron est plus admirable encore.

O bienheureuse souffrance, qui, d'un grand, fait un tout-petit ! Comme dans ces foyers trop heureux, où le Maître, des années, a été oublié. Mais la souffrance vient de toucher un des berceaux. On a eu peur,... on a eu mal, et soudain, des lèvres oublieuses sont montées un cri d'an­goisse, une prière vers le Père tout-puissant et bon, qui est aux Cieux :

— Abba ! Pater !

Oui, bienheureuse souffrance, qui, d'une âme trop grande, refait un enfant de Dieu!

Et un enfant dont les yeux s'ouvrent, qui comprend le pourquoi de cette souffrance expiatrice :

Pour nous, c'est justice! dit le bon Larron à son compagnon qui se révolte.

« Justice ! » N'aurions-nous commis qu'une faute vé­nielle, que l'expiation s'imposerait, car toute faute est orgueil. Or la souffrance physique ou morale contracte, res­serre, humilie, anéantit, et d'un grand, d'un orgueilleux bien portant et hautain, fait une pauvre loque qui se ca­che et se tait jusqu'à l'effacement de la mort! Tel un fils à genoux devant son père offensé : geste réparateur, dont la valeur expiatrice dépend sans doute des sentiments qui l'animent, mais qui n'en est pas moins en lui-même une réparation, comme un symbole de ces sentiments auxquels il nous dispose.

« Père, j'étais trop grand, je Vous ai désobéi. Voyez comme votre enfant s'humilie maintenant, comme il se fait humble d'attitude et de cœur pour réparer. »

Le bon Larron, brisé par la souffrance, l'accepte amou­reusement, en tout-petit, et dès lors, il expie pour lui-même.

Et parce que nous ne sommes pas des étrangers les uns pour les autres, mais des frères intimement unis, en­fants du même Père céleste, la souffrance des uns peut expier pour les autres. Comme, dans une famille, le fils tendrement aimé, délicat, affectueux et fidèle, répare pour ses frères coupables en pleurant pour eux, aux genoux de leur père irrité.

C'est ainsi que Jésus, le pur, l'innocent, le bien-aimé de son Père, offre victorieusement pour nous sa souffrance expiatrice.

C'est encore ainsi qu'une légion de petites âmes victi­mes, continuent, depuis le Calvaire, d'expier pour les cou­pables, en union avec le divin Rédempteur.

O bienheureuse souffrance expiatrice des jeunes mar­tyrs, des Lucie, des Agnès, des Cécile, des Tharcisius !

Et plus proche de nous, bienheureuse l'expiation de ces François d'Assise, de ces Catherine de Sienne, de tant d'autres que l'Eglise offre à notre admiration recon­naissante et dont les mystérieux stigmates au front, aux mains et aux pieds,... au cœur, reproduisent douloureu­sement, sous nos yeux distraits, les blessures de la Passion, si vite oubliées, alors qu'elles sont ouvertes par nous... et pour nous!

O bienheureuses souffrances expiatrices, les plus terribles, comme celles des Saints, ou les plus humbles, comme les nôtres, déjà si lourdes à porter et qui nous de­viendraient plus légères, si nous pensions à les offrir pour tant d'âmes qui en ont plus besoin que du pain quotidien... et qui nous les mendient!

Écoutez donc déferler jusqu'à vous l'appel déchirant, des pauvres âmes, celles qui ont faim et soif de vérité, celles qui se débattent dans leurs fautes et celles qui vou­draient monter : les âmes de boue et les âmes de lumière, toutes ces rachetées du Christ, les entendez-vous qui vous appellent :

— A moi! A moi!

Âmes de la terre, âmes du Purgatoire, âmes ignorées, âmes que vous connaissez peut-être trop bien, — âmes scandalisées, âmes aimées,... quelles voix vous poursuivent et vous enveloppent, qui mendient vos prières et vos souf­frances !...

Oui, vos souffrances, car les âmes coûtent cher : elles ont coûté le sang d'un Dieu, et si nous voulons les payer à leur prix, nous devons, nous aussi, offrir pour elles le sang de notre corps ou le sang de nos cœurs.

Comprenez-vous maintenant la passion de souffrir qui torture les Saints et les Saintes, et les fait se livrer au bon plaisir de Dieu, pour ces mystérieuses immolations ou ces effroyables pénitences qui nous épouvantent ?

Ah! Ne croyez pas qu'ils aiment la souffrance pour elle-même! Comme nous, ils l'ont en horreur et leur pau­vre chair frémit comme la nôtre au cinglement des fouets, à la morsure des pointes d'acier. Mais, plus que nous, ils ont au cœur la soif des âmes : ils les aiment pour le Seigneur Jésus, et quand on aime,... on accomplit des folies.

Et ces folies que le Maître permet, ou que parfois Il exige de certaines âmes généreuses, soyez sûrs qu'elles ravissent le Cœur qui nous a aimés jusqu'aux tortures de sa Passion et de sa Croix, ces folies divines!

Nous n'avons pas, sans doute, à les imiter jusque-là, car, sans un appel divin très spécial et qu'il ne nous appartient pas de devancer, ce serait pour nous imprudent et bien vite dangereux.

Mais rien ne doit nous empêcher d'en prendre au moins l'esprit : ni nos préjugés modernes de confort et de vie épanouie, ni la faiblesse de notre santé, ni nos occu­pations absorbantes, car cet esprit de pénitence est l'esprit de la Crèche, de la Croix, de l'Hostie : l'esprit même de Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu, l'Enfant qui s'humilie et qui aime, qui souffre, pour adorer, pour expier, pour sauver ses frères, selon le bon plaisir de son Père.

Voilà pourquoi l'Eglise nous conseille tant la péni­tence, « cette souffrance que nous nous imposons volon­tairement à nous-mêmes » ou qui nous est demandée, sous forme, par exemple, d'abstinence et de jeûne, pour nous aider, en union avec le Seigneur Jésus, à nous rendre plus humbles, à expier pour les autres et pour nous,... à mé­riter !

***

Car, la bonne souffrance mérite.

Écoutez la réponse de Jésus au bon Larron qui souffre si bien avec Lui :

En vérité, en vérité, aujourd'hui même tu seras avec Moi, en Paradis!

Oui, vous entendez bien : « Aujourd'hui même », le ciel avec Jésus, pour ce voleur de grand chemin, qui deux heures plus tôt insultait à son Dieu!...

Mais la souffrance est passée sur ce cœur et parce qu'il l'accepte humblement, voilà que cette souffrance lui mérite le Ciel :

Aujourd'hui, dans le Jardin où ton Dieu étanchera ta soif :

Aujourd'hui, dans le Royaume, où la gloire divine transformera l'humiliation de ta Croix :

Aujourd'hui même, dans la Maison où le Père accueillera son enfant pour récompenser par un éternel poids de bonheur chacune des douleurs de la terre!

 

N'ayez  donc plus  peur de  la  souffrance,  quelle, que soit sa violence ou sa durée :

Souffrance que nous envoie notre Père, ou qu'il per­met pour ses enfants; souffrances de nos corps épuisés, malades; souffrances de nos esprits qui cherchent, de nos cœurs blessés par l'indifférence ou les ingratitudes; souf­frances de nos entreprises trop lourdes, inquiétudes pour le lendemain, tristesse de nos actes qui nous suivent et que nous voudrions tant effacer; souffrances lentes ou vives de voir nos parents qui vieillissent... et cet enfant qui ne sourit déjà plus quand nous entrons dans sa cham­bre ensoleillée. Oh! Peur folle de voir mourir ceux que nous aimons plus que nous-mêmes!

Souffrances du jour qui se lève et souffrances des in­terminables nuits : souffrances du matin et souffrances du soir!

Légères ou plus sérieuses pénitences que nous demande l'Eglise ou qu'avec l'avis et l'autorisation de notre confes­seur, nous nous imposons à nous-mêmes.

Souffrances qui me rapprochez de mon Dieu, en m'obligeant à me jeter en tout-petit entre ses bras :

souffrances qui m'offrez le moyen d'expier pour moi et pour les âmes;

souffrances qui formez mon trésor du Ciel!

Bienheureuse souffrance, je vous accepte en enfant sûr du secours de son Père, je vous bénis et je vous aime, puisque par vous seulement, je puis ressembler à mon Christ douloureux et souffrant.

Ainsi-soit-il.

Extrait de : La CLEF DU BONHEUR.  R. de la Chevasnerie, s.j. (1938)

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