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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 17:45

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

L'erreur sur ce point est grave : il y va de l'esprit et par conséquent de l'âme tout entière. Notre intelligence nous a été donnée pour que nous en fassions usage et la parabole des talents nous enseigne que c'est là une condition de notre salut. Quel culte valable peut rendre à Dieu une créature stupide, qui ne le serait pas si elle voulait ; une créature pares­seuse et béatement satisfaite de son abrutissement ?

 

Saint François reprend les termes mêmes de l'Évangile et se réjouit, en compagnie de frère Léon, que bien des choses qui demeurent cachées aux savants soient révélées à de vieilles fem­mes ignorantes. Sans doute ; nous devons nous réjouir de voir la Providence prenant des voies mystérieuses et répandant des grâces spéciales pour éclairer les simples ; nous devons y trouver l'une des preuves les plus émouvantes de la vérité de notre reli­gion. Mais le genre humain n'est pas composé que de vieilles femmes, et il n'a jamais été dit que ceux qui avaient reçu les puissances intellectuelles en partage devaient demeurer dans l'inaction et attendre avec outrecuidance je ne sais quelles grâces d'illumination particulières.

 

Les sceptiques ont coutume de dire que l'intelligence est une toute petite chose à la surface de nous-mêmes ; ce qui ne les empêche pas du reste de se comporter comme s'ils possédaient la science infuse. Néanmoins l'intuition, l'inspiration, dont le rôle est fort important, n'ont jamais été des outils à toutes mains, nous obéissant à volonté ; jamais elles n'ont pu servir de bases à une méthode de travail. Prenons plutôt garde qu'elles ne soient un piège lorsqu'elles ne sont pas le don de Dieu. En tout cas, le moyen le plus court et le plus sûr de s'y disposer consiste à travailler avec persévérance et avec humilité selon les voies communes.

 

N'observons-nous pas que l'inertie intellectuelle porte avec soi son châtiment ? C'est à elle que peuvent s'attribuer nombre d'in­conséquences, de défaillances, d'apostasies. Rien de plus char­mant que la foi naïve des enfants, qui croient ce que les grandes personnes leur enseignent. Mais nous ne saurions garder les mê­mes vues sur le monde quand notre corps et notre esprit se déve­loppent. Si, à vingt ans, nous lisions encore notre catéchisme avec des yeux d'enfants de huit, ans, nous aurions atteint l'âge adulte en tout, sauf en ce qui concerne la religion ; il y aurait là une difformité gênante pour nous-mêmes et du reste un scan­dale pour les incroyants ; notre esprit finirait par se révolter et nous jugerions, sans peut-être oser nous l'avouer clairement, que le contenu de notre foi est puéril. Bien des gens ne se conduisent-ils pas comme s'ils tiraient les conséquences d'un semblable juge­ment ?

 

Rien de plus respectable en un mot que la foi du charbonnier, mais il est dangereux d'en conclure que la foi du savant soit méprisable ou de plus mauvais aloi. Tous les hommes ne peuvent pas vivre dans des loges au fond des forêts et s'y nourrir de racines. Chacun fait ce qu'il peut, où la Providence l'a placé, et reçoit des grâces selon ses mérites. C'est une difficile harmonie intérieure à établir, pour laquelle le conseil et l'exemple des saints doivent nous venir en aide.

(A suivre)

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:09

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Marie, étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Et Marthe, qui s'inquiétait de beaucoup de choses, s'égarait, per­dait son temps et ses forces. Dès lors, tout ce qui n'est pas stric­tement la parole de Dieu n'est-il pas inutile, dangereux, mépri­sable ? Singulièrement les sciences profanes, qui sont capables de distraire, de séduire, d'absorber l'esprit sans partage, et d'ali­menter presque indéfiniment la curiosité et la vanité. Et cela doit s'entendre au sens large, non seulement des sciences mathé­matiques, physiques ou naturelles, mais aussi des lettres et de la philosophie, en un mot, de la culture générale, comme on dit aujourd'hui, aussi bien que de chaque discipline en particulier. Dans quelle mesure un chrétien doit-il ou peut-il participer à cette culture du siècle ?

 

Il ne s'agit pas, bien entendu, de connaissances futiles ou net­tement orientées vers le mal. Mais comment déterminer les cu­riosités permises ? Dans le doute ne vaut-il pas mieux rejeter en bloc toutes les études étrangères à la foi et s'en tenir au do­maine inexpugnable de la piété connue, en s'imposant au besoin, si l'on ressent un violent désir de savoir, la subtile et rude mortifi­cation de l'ignorance ? La science des simples, des enfants et des femmes ne suffit-elle pas pour gagner le paradis ?

 

(A suivre)

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:07

 

 

On entend dire souvent : J'ai prié, j'ai longtemps prié, et pourtant je n'ai pas obtenu la grâce que je demandais. Or, très souvent aussi, on pourrait répondre aux per­sonnes qui parlent ainsi : N'est-ce pas votre faute ?

 

Il y a prière et prière. Il y a une prière qui reste stérile et une prière qui réalise des merveilles ; une prière sans résul­tat et une prière victorieuse.

 

La prière qui obtient, c'est la vraie prière, la bonne prière. Cette vraie et bonne prière est celle qui a les qualités qu'in­diqué le catéchisme : attention, ferveur, humilité, confiance, persévérance.

 

Comment réunir les conditions exigées pour réussir votre prière !

 

Il ne faut pas jeter le manche après la cognée, sans aucun examen et aucun essai. Et puisque c'est le nombre qui vous effraie, écoutez ceci : nous vous demandons seulement de vous appliquer d'abord à avoir, dans vos prières, une de ces cinq qualités requises ; ce n'est pas trop exiger sans doute ? Eh bien, si vous vous efforcez loyalement, sérieusement, d'avoir une de ces qualités, quand vous y serez parvenue, les autres s'ajouteront d'elles-mêmes, ou du moins vous n'aurez aucune peine à les acquérir.

 

Puisque la première qualité est l'attention, ne parlons donc que de celle-là. Tâchons de bien comprendre ce que c'est que l'attention et pourquoi il faut cette attention.

 

Ce que c'est que l'attention, vous le savez déjà assurément. Ce n'est pas un exercice violent des facultés mentales qui expose à des maux de tête ou à des ébranlements du cer­veau ; non, c'est tout simplement une douce vigilance à tenir l'esprit, le cœur, l'imagination occupés de Dieu ou dès choses de Dieu ; une douce vigilance également à écarter les pensées profanes, les distractions dès qu'on s'aperçoit qu'elles se pré­sentent.

 

Cela dit, l'attention est-elle vraiment nécessaire au succès de la prière ?

 

Pour s'en convaincre, il suffit de se poser cette double ques­tion : A qui parlons-nous quand nous prions ? Et qui som­mes-nous ?

 

La réponse à ces deux questions nous révélera sur-le-champ la nécessité indispensable de l'attention.

 

A qui parlons-nous ? N'est-ce pas à Dieu, dont la majesté infinie commande un souverain respect ? Or, est-ce le res­pecter que d'être distraite en sa présence, et de ne pas savoir ce qu'on lui dit ? Comme l'implique la définition de la prière, cet acte doit être sérieux et principalement intérieur. C'est l'esprit, c'est le cœur qui doivent prier, et non les lèvres, et puisque celui à qui nous nous adressons est plus grand, mille fois plus grand que les princes et les rois de ce monde, nous devons nous présenter devant lui avec un respect qui dépasse encore celui que nous aurions pour les plus illustres person­nages, et qui nous tiendra parfaitement attentifs à ce que nous lui dirons.

 

Après cela, qui sommes-nous, nous qui prions ? De pauvres pécheurs, en vérité, des ingrates, des rebelles, qui avons mé­rité les derniers châtiments. N'est-ce pas un nouveau motif de ne paraître devant Dieu qu'avec un extrême réserve et de le prier avec toute la piété possible ? Ne devons-nous pas nous sentir pleines de reconnaissance et de confusion en par­lant à un maître de qui nous avons tant reçu et que nous avons tant offensé ?

 

Supposez un homme du peuple privilégié par son souverain et admis à lui parler dans l'intimité après une faute qu'il aurait commise, ne serait-il pas impardonnable de le faire cavalièrement et sans même prendre garde à qu'il dirait ? Une telle impudence nous paraît tellement admissible que nous n'hésiterions pas à la taxer de folie. Hélas ! N'est-ce pas nous-mêmes que nous condamnons, et ne donnons-nous pas très souvent des exemples d'une pareille conduite ?

 

N'oublions pas non plus ce que nous allons faire auprès de Dieu lorsque nous lui adressons nos prières. N'est-ce pas pour traiter nos affaires et le prier de prendre en main nos intérêts que nous recourons à lui ? Conçoit-on qu'on accom­plisse un tel acte en sommeillant, en bâillant, en parlant à d'autres avec le plus complet sans-gêne ? « Comment : dit saint Cyprien, vous voulez qu'on vous écoute, et vous ne vous écoutez pas vous-même ! » Vous dites : « Mon Dieu, souvenez-vous de moi, pensez à moi, regardez-moi, » et vous l'oubliez, vous pensez à autre chose, vous promenez vos regards sur des frivolités au lieu de les porter vers le ciel ? N'est-ce point juste après cela que Dieu agisse à votre égard comme vous agissez vous-même envers lui ?... »

 

«Avant de prier, est-il dit dans la sainte Écriture, préparez votre âme. » C'est ordinairement parce qu'on oublie ce sage conseil qu'on apporte si peu d'attention à la prière. Dès que nous voulons prier, réprimons toute curiosité, baissons modestement les yeux et figurons-nous que nous nous trouvons en présence de Notre-Seigneur lui-même.

 

On demandait un jour au P. Renault une bonne méthode pour prier, un moyen efficace de chasser les pensées étran­gères et d'éviter toute distraction. « Je vous assure, répondit-il, que je n'en sais pas plus, à l'heure qu'il est, après avoir pu la théologie scolastique et mystique, essayé moi-même et enseigné les autres, je n'en sais pas un mot de plus que je n'en ai appris chez ma mère d'une pauvre mendiante. Ma bonne mère avait les habitudes de nos campagnes chrétiennes ; on ne refusait jamais les pauvres à la porte de la ferme, et c'étaient les petits qu'on envoyait distribuer l'aumône. Un jour, j'avais environ sept ou huit ans, une vieille mendiante me dit en recevant son pain : « Voyons, François, fais-tu bien tes prières ? — Oui, maman me les fait réciter tous les jours. Et à quoi penses-tu pendant ce temps-là ? » Me voilà fort embarrassé, car je ne voulais pas mentir, et je pensais pendant ma prière à bien des choses autres que le bon Dieu, assurément.

 

« Écoute, mon enfant, ajouta-t-elle ; pour le mor­ceau de pain que tu me donnes, je vais te donner une leçon pour bien faire ta prière toute ta vie. Quand tu te mettras à genoux, fais doucement ton signe de croix, et pense que Notre-Seigneur est là devant toi, dans son berceau, sur la croix ; et puis récite ta prière comme si vraiment tu le voyais.

 

Quand ta prière est finie, reste encore à genoux, et dis-lui tout ce qu'il y a dans ton cœur, raconte-lui tes peines et tes projets, enfin tout ce que tu penses. Vois-tu, tu n'auras pas toujours ta mère avec toi, mais tu auras toujours le bon Dieu ; il faut t'habituer à lui ouvrir ton cœur, à lui demander con­seil, à lui dire tes besoins. »

 

« Voilà la meilleure manière de prier, ajoutait le P. Renault ; tous les livres du monde ne m'ont rien appris de plus que cette bonne femme. » Et le petit écolier, devenu maître, n'avait pas oublié la leçon ; en le voyant faire le signe de la croix avec tant de pieuse gravité, en l'entendant prononcer ces mots : Sommes-nous en la présence de Dieu ? D'un ton si profondément recueilli, il avait déjà prêché, et tout son auditoire entrait dans les sen­timents qu'il voulait lui inspirer.

 

Dès aujourd'hui, soyons donc bien fidèles à faire nos prières avec un profond respect, une sérieuse attention. Ne nous contentons pas de bredouiller des formules, mais faisons par­ler notre cœur. Et certainement, si c'est notre cœur qui par­le à Dieu, nous serons exaucées.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Marcel, pape.

 

Le zèle et la charité du pape saint Marcel ne pouvaient pas­ser inaperçus ; ils le désignèrent à la fureur de Maxence, l'un des dépositaires du pouvoir impérial d'alors. Maxence fit comparaître le saint pontife devant un tribunal qui, certain de sa ferme résistance, ne l'exhortait à l'apostasie que pour avoir l'occasion de le condamner solennellement. En effet, le simple et ferme refus de Marcel entraîna la douloureuse peine de la flagellation, précieuse conformité avec le divin Maître ! Puis, ne voulant pas terminer d'un seul coup une vie qu'il se plaisait à torturer, ce juge inique fit arracher le saint pasteur à son troupeau, et pour joindre l'insulte à la souffrance, son église fut remplacée par une étable, et ses brebis fidèles, par les plus vils animaux, auxquels on le contraignit de donner les soins les plus humiliants. Neuf mois passèrent ainsi, pendant lesquels le père des chrétiens veillait, priait, pleurait pour l'Église, écrivait des lettres, des exho­rtations pleines de force et de tendresse, et soutenait de toutes manières le courage et la ferveur de ses nombreux enfants. Les clercs de la ville de Rome voulurent arracher leur pontife à cette mort lente, à laquelle Maxence l'avait fait condamner ; ils le délivrèrent pendant la nuit, et le conduisi­rent secrètement chez une sainte veuve, dont la joie fut extrême en recevant ce précieux dépôt ; sa maison, dans laquelle elle le tint caché, fut consacrée par le pape, et devint le lieu de réunion des fidèles, qui nommèrent eux-mêmes cette nouvelle église : Saint Marcel. Mais on ne pouvait tromper longtemps l'odieuse vigilance des ennemis de Dieu ; la retraite de Marcel fut découverte ; on s'empara pour la seconde fois de sa personne, pour la seconde fois aussi on le jeta dans une étable, plus infecte, plus sombre encore que la première. A peine vêtu, à peine nourri, contraint à de rudes et repous­sants travaux, il succomba, dans l'année 309, à ce martyre d'un genre jusqu'alors inconnu.

 

(Comment ne pas penser ici à notre Saint Père Paul VI, en exil)

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1966)

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 17:50

 

En nos jours de décadence, des chrétiens (même des prêtres) méprisent la Croix, signe de notre Rédemption. Ils laissent nos ennemis chasser la Croix de nos écoles, des hôpitaux, des édifices et des places publiques, tandis que nos ancêtres dressaient fièrement les Croix du che­min ... Désacralisation déplorée par S.S. Paul VI, à la suite de son patron, saint Paul qui pleurait sur les « en­nemis de la Croix » (Phil., 3, 18) et qui « se glorifiait lui-même dans la Croix de N. S. Jésus-Christ » (Galat. 6, 14).

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:23

 

 

Lorsque Salomon monta, sur le trône, âgé seulement de dix-sept ans, Dieu lui demanda ce qu'il souhaitait. « Seigneur, répondit le jeune prince, je ne suis qu'un en­fant, et je dois régner sur un grand peuple. Je ne vous de­mande ni les honneurs ni la fortune, mais une seule chose, la sagesse. » Cette prière plut au Seigneur, et il accorda à Sa­lomon, non seulement la sagesse qu'il demandait, mais les ri­chesses et la gloire qu'il n'avait pas sollicitées.

 

Puissent nos vœux, chers lecteurs ressembler à celui-là ! Oubliant les vanités qui nous font exprimer tant de misérables souhaits et solliciter les petits bonheurs de ce monde, puissions-nous adresser à Dieu la même prière que Salomon : « Seigneur, donnez-nous la sa­gesse ; » et notre Père de là-haut, tout en l'exauçant, y ajou­tera par surcroît, dans toute la mesure où ils nous seront uti­les, les biens de la terre et la bonne renommée.

 

Mais, il y a longtemps qu'on l'a dit, et cette parole reste toujours vraie : Aide-toi, le ciel t'aidera. Si nous voulons ac­quérir la sagesse et, avec elle, tous les biens qui en sont la suite ou la récompense, il faut nous aider un peu nous-mêmes. La grâce de Dieu ne manquera pas, mais un certain travail personnel est nécessaire.

 

Un petit trait vous dira en quoi principalement doit con­sister ce travail, point de départ et condition du succès.

 

Un jour Socrate, passant devant le temple de Delphes, lut sur le frontispice ces mots : Connais-toi toi-même. Ce fut pour lui comme un trait de lumière. Il avait jusqu'alors pour­suivi la sagesse dans mille directions différentes ; il avait lu une multitude de livres; il n'en avait oublié qu'un: c'était son propre cœur. Il avait étudié l'histoire des peuples les plus lointains ; mais il ne connaissait pas son histoire à lui, du moins il n'avait jamais réfléchi sur les événements de sa vie.

 

II avait fatigué ses yeux à l'étude de l'astronomie, et il n'a­vait pas sondé les profondeurs de son âme. Il avait écouté les plus illustres maîtres, et il n'avait pas prêté l'oreille à la voix de sa conscience. Ces simples mots: « Connais-toi toi-même,» lui révélèrent qu'il n'était qu'un ignorant, puisqu'il avait oublié d'apprendre l'a b c de cette grande science de la sagesse. Il se mit à étudier son cœur, et il recueillit de cette élude les plus précieux résultats.

 

A nous aussi, de nous dire : « Connais-toi toi-même. » Peut-être un bon nombre d'entre nous sont aussi dans la situation où était Socrate avant d'avoir médité la fameuse maxime. Nous avons beaucoup de connaissances, mais dans le fond nous ne savons pas trop comment nous sommes et ce qui nous manque au moral. Peut-être encore connaissons-nous mieux la géographie et la statistique de notre pays que celles de notre âme. Si nous sommes de la cam­pagne, peut-être connaissons-nous mieux l'art de cultiver un champ que celui de cultiver cette âme, la nature des ter­rains que celle de nos dispositions et de nos penchants. Enfin, nous savons sans doute mieux ce qui convient, à la santé de notre corps qu'à celle de notre âme.

 

Et pourtant, où est la logique, où la saine raison dans cette immense préférence donnée aux choses temporelles ? Ne faut-il pas s'occuper plutôt de ce qui doit durer éternellement que de ce qui finit après quelques jours ? Si nous négligeons la connaissance de nous-mêmes, n'est-il pas vrai que nous ressemblons à cet homme, qui, une lunette en main, considérait le cours des astres, pendant que, ne regardant pas à ses pieds, il allait choir dans un puits ?

 

Pour dire toute la vérité, nous devons convenir que la connaissance de nous-mêmes n'est pas, au début surtout, une science bien réjouissante ;  elle réserve des humiliations  à notre amour-propre, car on y marche de désenchantement en désenchantement. Une femme qui se croyait belle, et qui est forcée tout à coup de se reconnaître laide dans un miroir, n'est certes pas ravie de la découverte.

 

C'est notre histoire : quand nous nous mettons à nous étudier avec candeur et bon­ne foi, nous nous trouvons passablement laids au moral. Nous disons de bonne foi, parce que souvent on se trompe soi-même : on veut à tout prix se faire illusion ; on imite les gens qui commandent leur portrait à un peintre et qui se fâcheraient s'il reproduisait exactement leurs traits. On peint pour soi-même un portrait de fantaisie qu'on a la naï­veté d'admirer. Cette vanité nous cache nos défauts les plus saillants ou les transforme en qualités aimables.

 

Il n'y a qu'un moyen d'arriver à la connaissance de soi-même: c'est de s'examiner devant Dieu, et, dès que l'on cons­tate certaines imperfections, de leur faire impitoyablement la guerre. Un petit examen de chaque jour y aidera avec beaucoup d'efficacité. N'en doutons pas, dès que nous nous connaîtrons parfaitement nous-mêmes, nous ne serons pas loin de posséder la véritable sagesse.

 

Voici sur cet important sujet quelques réflexions qui ne manquent pas d'à-propos.

 

« II y a, dit un pieux auteur, une connaissance devant la­quelle chacun recule, c'est la connaissance de soi-même.

 

» On ferme les yeux pour ne point se voir, preuve évidente qu'on a peur de se voir tel qu'on est. On ouvre au contraire les oreilles aux complaisants comme pour se rassurer contre son propre jugement.

 

» Cette conduite n'est ni raisonnable, ni chrétienne.

 

» Pour se bien connaître, il faut se recueillir en soi-même.

 

» Dans une eau bien tranquille, on distingue les plus petits grains de sable, et, dans la paix de l'âme, on se rend mieux compte de sa valeur personnelle. Or, s'apprécier à sa juste valeur, c'est surtout reconnaître ses défauts et ses imperfections. Si quelqu'un y contredit, c'est parce qu'il a, en dehors des défauts ordinaires, celui de ne pas vouloir les reconnaître.

 

» C'est un grand défaut, en effet, et la plus grande imper­fection, de ne pas reconnaître qu'on a beaucoup d'imper­fections et de défauts.

 

» Une chose m'a toujours frappé, c'est de voir les saints c'est-à-dire ce qu'il y a de plus grand sur la terre, s'esti­mer les derniers des hommes. Que penser après cela de quelqu'un qui se croit quelque chose, sinon qu'il n'est pas assez clairvoyant ni assez saint pour voir clair au milieu de ses misères ?

 

» Que chacun de nous en vienne à la preuve et ne craigne pas d'entrer dans son intérieur, un flambeau à la main. Ce petit examen fera plus que tous les raisonnements. Exa­minez-vous aussi sévèrement que vous jugez votre semblable; à la liste de vos péchés, ajoutez celle de vos défauts naturels, de vos bévues, de vos maladresses ; si vous vous rendez ainsi souvent compte de l'état de votre intérieur, vous parviendrez  à  acquérir cette  connaissance  de  vous-même, si précieuse et si nécessaire. »

 

FÊTE DU JOUR: Saint Lucien d'Antioche, martyr.

 

Saint Lucien, élevé dès son enfance dans la piété par de vertueux parents, devint orphelin à douze ans. Dans son abandon il recourut à Dieu comme à son véritable Père, donna ses biens aux pauvres et, sous la direction d'un saint maî­tre, nommé Macaire, se livra à l'étude des Saintes Écritures. Après une jeunesse de prière et de sévères austérités, il fut Ordonné prêtre et ouvrit une école à Antioche. Les succès «de son enseignement attirèrent sur lui l'attention des autori­tés païennes et, lorsque la persécution de l'Empereur Maxime sévit en Orient, il fut un des premiers chrétiens qui furent saisis et emmenés à Nicomédie où résidait le tyran. Confié à la garde d'une troupe de soldats apostats, il leur montra l'énormité de leur crime et les décida à confesser de nouveau Jésus-Christ jusqu'au martyre. Dans la prison, Lucien devint le Consolateur des chrétiens persécutés. Fort de sa foi, il refusa les dignités les plus considérables de l'empire et subit des tourments horribles pour le nom de Jésus-Christ. On le laissa quatorze jours sans nourriture ni lumière ; le quinzième il expira en répétant trois fois: «Je suis chrétien. » L'empereur, s'acharnant sur le corps inanimé de Lucien, le fit jeter dans la mer avec une énorme pierre attachée à la main droite.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:47

L'Église, dans la fête de l'Épiphanie, honore le mystère de la manifestation de Notre-Seigneur aux nations.

 

Noël était comme une fête intime où n'étaient conviés que les représen­tants du peuple de Dieu : Marie, Joseph, les bergers ; l'Épiphanie, c'est l'expansion, dans le monde entier, des clartés du soleil de justice encore à son aurore.

 

Les Rois Mages, ve­nus de l'Orient adorer le Sauveur, furent ses premiers apôtres auprès des nations, qui attendaient, assises à l'ombre de la mort, l'annonce d'un jour nouveau.

 

Saints messagers, qui nous prêchent encore, après dix-neuf siècles, la foi, la générosité, la docilité aux inspirations de la grâce.

 

D'après, la tradition, Dieu a permis que les corps de ces saints personnages fussent conservés.

 

Pendant le siège de Milan par l'empereur Frédéric Barberousse, les principaux citoyens de la ville cachèrent ces corps, envoyés autrefois dans cette ville par Eustorgius, évêque de Constantinople.

 

A la suite de l'Empereur se trouvait Reinold, évêque de Cologne, à qui, pour prix d'un service rendu, un noble chevalier indiqua le lieu de ce dépôt précieux. L'évêque demanda à l'Empereur, pour son église, la possession de ce trésor. Frédéric lui ayant accor­dé cette faveur, Reinold fit enlever les saintes reliques, les transporta à Cologne et les plaça solennellement dans la ca­thédrale, où un grand nombre de miracles s'opérèrent par leur intercession.

 

C'est depuis cette époque que la ville de Colo­gne, fière de son trésor, porte trois couronnes dans ses armes, en souvenir des trois rois Mages.

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:58

           

 

Grâce à Dieu, aucune de celles qui lisent cet ouvrage n'est vraisemblablement dans le cas de s'appliquer les terribles pensées que contient ce chapitre.

 

Mais personne ne peut avoir la certitude absolue de persévérer dans le bien ; nous devons toujours craindre de tomber dans le péché et d'être infidèle à Dieu.

 

C'est pourquoi, si zélée que l'on soit pour sa sanctification, il est toujours utile de méditer les grandes vérités, et, notamment, de considérer combien est horrible la mort du pécheur, afin de se précautionner de plus en plus contre un aussi épouvantable malheur.

 

 « La mort du pécheur, est le plus grand de tous les maux. » disait David, « La mort est cruelle, déclare saint Ber­nard, en ce qu'elle arrache l'homme à ce monde, plus cruelle encore par la séparation de l'âme et du corps, mais souverai­nement cruelle lorsqu'elle voue un de nos semblables aux sup­plices de l'enfer, et que l'âme et le corps sont livrés ensemble aux flammes éternelles. »

 

Le péché est un grand mal, mais la mort unie au péché mortel est le plus grand de tous les maux. C'est un mal absolu, éternel, sans remède, et il n'est pas de plus terrible menace dans la bouche de Dieu que celle-ci : «Vous mourrez dans votre péché. »

 

Mourir mal, ce n'est donc point mourir dans la pauvreté, dans les flammes, dans l'eau, dans d'atroces souffrances, abandonné de tous; mais c'est mourir dans l'inimitié de Dieu, dans l'état du péché mortel.

Mourir ainsi, c'est le comble du malheur pour tout homme, fût-il roi ou empereur. « Malheur à vous, dit le Sage, qui avez méprisé la loi de Dieu ! quand vous serez mort, la ma­lédiction sera votre partage ! »

Ce qui fera alors la joie et la consolation des bons, fera le désespoir et l'amertume des méchants : la mort est douce pour le juste, elle est effroyable pour le pécheur. L'un aspire à la vue de Dieu : l'autre ne redoute rien tant que de devoir pa­raître devant ce Dieu qu'il a offensé, devant ce père qu'il a outragé, devant ce juge qu'il a méprisé, devant ce chef qu'il a déserté, devant ce roi dont il a secoué le joug, devant cet ami qu'il a indignement trahi, devant ce Sauveur que ses crimes ont cloué à la croix !...

Tout conspire à accabler le pécheur, tout suscite autour de lui mille terreurs : « Le méchant à l'heure de la mort, dit le Psalmiste, sera assailli de maux. » Au-dessus de lui c'est un ju­ge courroucé qui lui prépare une sentence d'éternelle répro­bation. A ses pieds c'est l'abîme béant où il va bientôt être englouti ; devant lui c'est Jésus-Christ, prêt à venger le sang

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divin qu'il a foulé aux pieds ; derrière lui, c'est le monde dont il a été l'ignoble jouet : dans sa conscience c'est « le ver ron­geur, » c'est le poids écrasant de cette multitude de péchés qui vont tout à l'heure déposer contre lui et lui valoir une expiation éternelle.

Le passé accablera le pécheur du souvenir de tant de grfi-ces dont il a abusé, de tant de moyens de salut qu'il a négli­gés ; de tant de bien qu'il a omis, de tant de mal qu'il a com­mis ; de tant de plaisirs qui l'ont séduit et flatté un instant pour le torturer maintenant sans relâche et sans fin, pareil qu'il a accordé pendant toute sa vie une aveugle préférence à la terre sur le ciel, à la créature sur le Créateur.

Le présent l'accablera de la pensée que le temps de la péni­tence est passé, et qu'il devra dans un moment quitter its biens terrestres dont son cœur est encore l'esclave.

L'avenir l'épouvantera par l'attente de l'arrêt terrible cl des affreux supplices qui sont le châtiment du péché.

Tout ce qui flattait le pécheur pendant sa vie devicndr.i pour lui un objet d'amertume et de chagrin à l'heure de mi mort. L'anxiété le torturera ; il n'y aura personne qui sri-.\ capable ni de le rassurer ni de le consoler : le monde infidèle le délaissera, tout l'abandonnera d'un commun accord : set amis de la terre comme les anges et les saints protecteurs du ciel et jusqu'à Dieu lui-même. Tous les péchés de sa vie vien­dront fondre à la fois sur lui, et avant même qu'il les expie en enfer, ils lui en feront éprouver par anticipation toutes les tortures. O spectacle épouvantable! «Vous le voyez exté­rieurement couché dans son lit, dit saint Augustin, ce malhen reux pécheur : votre foi ne vous le montre-t-elle pas traîné au feu éternel ? »

Rappelez-vous l'effroi qui accompagna la mort de plusieurs insignes pécheurs, Voltaire par exemple, en dépit de toutes les fanfaronnades d'impiété dont leur vie était remplie. A ci-moment suprême, le plus forcené libre penseur perd toute as­surance, et si l'on en voit qui affichent encore une certaine in­différence, c'est le dernier effort de l'orgueil qui les pousse :\ conserver l'attitude du calme et de la paix.

Lectrice chrétienne, rentrez en vous-même et demande/ •vous dans le plus profond de votre cœur :

N'ai-je pas fait de mauvaises confessions ? ai-je eu soin île

les réparer par une bonne confession générale ? Si la réponse est mauvaise, faites-le sans retard.

N'ai-je point nourri de haine contre mon prochain ? Si vous êtes coupable de cette grande faute, pardonnez-lui main­tenant comme vous voulez que Dieu vous pardonne un jour.

N'ai-je pas en ma possession du bien mal acquis ? Si oui, restituez-le, et ne différez pas de le faire, car votre âme vaut mille fois plus que tout l'or du monde.

N'ai-je pas chez moi de mauvais livres ou des images dés-honnêtes ? Si vous en avez, brûlez-les : il vaut mieux que ce soit un vil papier qui brûle que vous-même durant toute l'é­ternité.

Et ainsi de suite...

Renoncez au péché, renoncez aux occasions prochaines du péché ; bannissez de votre maison et de votre cœur tout ce qui pourrait rendre votre mort mauvaise, et ne redoutez rien tant que de mourir en état de péché mortel.

R. P. hillegeer.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Thomas de Cantorbéry, martyr.

saint Thomas Beckct naquit en 1117, dans le comté de Southwark en Angleterre. Dès son enfance, il fut at­taché à la maison de Théobald, archevêque de Cantorbéry, qui l'envoya étudier le droit à Paris et à Bologne. D'abord archidiacre de Cantorbéry, Thomas fut ensuite nommé par le roi Henri II lord chancelier d'Angleterre. Sa science, son habi­leté, les services rendus au royaume lui gagnèrent l'amitié du roi et sa plus entière confiance. L'état de l'Église d'Angleter­re était alors lamentable. Les barons s'emparaient par vio­lence des biens ecclésiastiques ; le roi saisissait les revenus des évêchés et des monastères vacants, les laissant de lon­gues années sans titulaires en empêchant les élections cano­niques. Or, en 1160, l'archevêque Théobald étant venu à mourir, le roi insista pour que Thomas liccket fût consacré à sa place. Le lord chancelier s'y refusa, prévoyant bien que son amitié avec le roi serait à jamais brisée dés qu'il serait évêque. Il céda pourtant et reçut la consécration épiscopale. La lutte ne tarda pas à s'élever entre le roi et l'évêquc. Saint l. m. 7—12

Thomas résista aux coutumes de régale qui violaient les IUj bertés de l'Église et les lois du royaume. Après six années <l| disgrâce, qu'il passa dans l'exil à Sens et à Pontigny, sainlTIic mas, sans illusion sur le sort qui l'attendait, revint comme 1g I bon pasteur au milieu de ses brebis, et le 29 décembre 1170,1 il fut martyrisé dans sa cathédrale, victime   glorieuse de srt fermeté à défendre les droits de l'Église. Ses quatre assassin»] portèrent bientôt les marques de la malédiction divine.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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