Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.
Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.
Marie, étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Et Marthe, qui s'inquiétait de beaucoup de choses, s'égarait, perdait son temps et ses forces. Dès lors, tout ce qui n'est pas strictement la parole de Dieu n'est-il pas inutile, dangereux, méprisable ? Singulièrement les sciences profanes, qui sont capables de distraire, de séduire, d'absorber l'esprit sans partage, et d'alimenter presque indéfiniment la curiosité et la vanité. Et cela doit s'entendre au sens large, non seulement des sciences mathématiques, physiques ou naturelles, mais aussi des lettres et de la philosophie, en un mot, de la culture générale, comme on dit aujourd'hui, aussi bien que de chaque discipline en particulier. Dans quelle mesure un chrétien doit-il ou peut-il participer à cette culture du siècle ?
Il ne s'agit pas, bien entendu, de connaissances futiles ou nettement orientées vers le mal. Mais comment déterminer les curiosités permises ? Dans le doute ne vaut-il pas mieux rejeter en bloc toutes les études étrangères à la foi et s'en tenir au domaine inexpugnable de la piété connue, en s'imposant au besoin, si l'on ressent un violent désir de savoir, la subtile et rude mortification de l'ignorance ? La science des simples, des enfants et des femmes ne suffit-elle pas pour gagner le paradis ?
(A suivre)
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