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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:28

         

 

Dans le Psaume 73 de la Bible, le Psalmiste parle en termes très clairs de la ruine du Temple de Jérusalem, brûlé par les Chaldéens, en l'an 586 avant J. C. Il appelle la colère de Dieu sur les païens sacrilèges qui ont détruit ce Temple magnifique, que le Seigneur lui-même avait demandé au roi Salomon.

 

En voyant la désolation dans certaines de nos églises, dépouillées des Crucifix, des Statues, des Stations du Chemin de la Croix, et même des riches Tabernacles et des Autels en marbre, élevés par la piété des fidèles et payés par leurs offrandes au Seigneur. Nous serions tentés de redire les supplications du Psalmiste :

 

Pourquoi, ô Dieu, nous as-tu sans fin rejetée ? Pourquoi fumes-tu de colère contre les brebis de ton pâturage ?

Souviens-toi de ton peuple, que tu as acquis jadis, que tu rachetas pour tribu de ton héritage ; souviens-toi du mont Sion où tu fis ta demeure. . .

 

Porte tes pas aux ruines éternelles : L'ennemi a tout détruit dans le sanctuaire. Tes adversaires ont rugi en plein lieu d'assemblée ; et pour emblèmes, ils ont mis leurs em­blèmes.

 

On les a vus, pareils à qui brandit la hache au milieu d'un hallier, briser à l'envi tes sculptures, à coups de masse et de marteau. Ils ont livré au feu ton Sanctuaire ; ils ont abattu et profané la demeure de ton Nom.

 

Ils ont dit, en leur coeur : « Détruisons-les d'un coup ! Brûlons, dans le pays, les lieux où Dieu convoque ! »

 

Nos Signes (nos Croix), nous ne les voyons plus. . . Il n'est plus de prophète, et personne, chez nous, ne sait jusques à quand. . .

 

Jusqu’à quand, ô Dieu, l'oppresseur blasphémera-t-il, l'ennemi outragera-t-il ton Nom à jamais ?

 

Pourtant, Dieu est mon Roi depuis les temps antiques ; il est l'auteur des délivrances, au milieu du pays. Seigneur, c'est toi qui divisas la mer par ta puissance, qui brisa sur les eaux les têtes du Dragon. . .

 

A toi le jour, à toi aussi la nuit : c'est toi, Seigneur, qui disposas les astres et le soleil. C'est toi qui assignas ses limites à la terre ; l'été comme l'hiver, c'est toi qui les formas.

 

Lève-toi donc, ô Dieu, prends en main ta querelle : sou­viens-toi que l'impie t'outrage chaque jour. N'oublie pas les cris de tes adversaires, la clameur d'ennemis qui va toujours croissant !

 

Cependant, dans les deux Psaumes suivants, 74 et 75, le Seigneur intervient et montre sa puissance en terrassant ses enne­mis et en sauvant son peuple ...

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 17:10

 

 

« Celui qui aura rougi de moi, au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'hom­me aussi rougira de lui, lorsqu'il viendra dans la gloire de son Père avec les saints Anges. » (Marc, 8, 38).

 

En 1949, je visitais la nouvelle Cité Universi­taire de Madrid. Elle sortait à peine des ruines cau­sées par la guerre civile communiste de 1936-1939. Je me suis arrêté au grand pavillon de la Faculté de Philosophie. Partout, à l'intérieur: hall d'entrée, salles de cours, bureaux, etc.  On pouvait voir, suspendu au mur et bien en vue, UN CRUCIFIX, un vrai et beau Crucifix. Et cela dans l'Université de l'État. En Espagne, on n'a pas honte d'afficher qu'on est catholique : le Crucifix n'est pas un objet quelconque ou une pièce de musée. C'est le Signe de la Foi catholique.

 

En 1958, arrivant à Bogota (Colombie), mon compagnon et moi-même, nous étions accueillis dans une belle salle du nouvel aéroport. Sur un mur blanc, un grand CRUCIFIX se détachait nettement. Imaginez : dans un aéroport international, un Crucifix !

 

A Trois-Rivières (Canada), après plus de trois siècles de christianisme, on semble avoir peur de LA CROIX… Dans un édifice, hier encore proprié­té de l'Église et maintenant fréquenté par des mil­liers d'étudiants et des centaines de professeurs, on ne trouve plus de Crucifix. Et même, on a enlevé l'élégante et éloquente CROIX de métal, qui était placée sur le mur extérieur de l'ancienne chapelle.

 

Quelqu'un a dû dire, tout dernièrement : « Des­cends la Croix ! » répétant, avec quelque nuance, l'apostrophe sarcastique criée par les ennemis de Jésus, crucifié entre deux voleurs : « Descends de la Croix et nous croirons en toi ! »

 

N'est-ce pas une nouvelle honte, pour notre po­pulation chrétienne ?

 

Qu'a-t-on fait de cette belle Croix, oeuvre d'ar­tisans de Trois-Rivières ? A-t-elle été dressée quelque part ailleurs ? Ce serait une compensation. Mais, c'est pour le moins douteux... A-t-elle été détruite ? Le malheur serait double !

 

Dans notre société presque totalement compo­sée de baptisés, au sein d'une population héritière de trois siècles de foi et de vie chrétienne, on fait sauter les Croix. . .  Et personne ne semble s'en in­quiéter, personne ne proteste, personne ne réclame le droit du Christ à régner sur nous, au moins par son emblème, LA CROIX.

 

Inconsciemment ou non, on répète insolemment : "Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous » (Luc, 19, 14). Mais Jésus répond : « Celui qui aura rougi de moi, au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'hom­me aussi rougira de lui, lorsqu'il viendra dans la gloire de son Père avec les saints Anges. » (Marc, 8, 38).

 

Ce geste de démission religieuse, cette régres­sion vers le paganisme, cette insulte à un passé fait d'héroïsme et de vertu chrétienne, ce rejet de Dieu, dans certains milieux intellectuels et universitaires, — tout cela est de nature à provoquer les foudres du Ciel sur nous. Et nous ne l'aurons pas volé... A moins que des âmes victimes, qui ont le culte de LA CROIX et du mystère de la Rédemption par la Croix de Jésus, s'immolent pour les scribes, les faux prophètes, les iconoclastes, « qui ne savent pas ce qu'ils font » (parole de Jésus en croix : Luc, 23, 34).

 

Ou bien, faudra-t-il descendre dans le creuset d'une guerre civile purifiante, pour faire redresser les Croix descendues ?

 

Mgr J.-LOUIS BEAUMIER, prêtre. Fête de la Sainte Croix,  14 septembre 1971.

(CARREFOUR  CHRÉTIEN  -  nov.  déc.   1971, Montréal, reproduit avec  la  permission  de  l'auteur.)

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:44

            

 

Au Palatin de la Rome païenne, on voyait un célèbre Crucifix blasphématoire : c'était une cari­cature gravée sur un mur de l'École impériale par un des élèves de l'établissement. Elle était dirigée contre un condisciple chrétien du nom d'Anaximène, qu'elle représente en train d'adorer un Crucifié à tête d'âne.  (Cf. HOLZNER, Paul de Tarse, p. 493)

 

Dans son livre Contre les Juifs, l'auteur païen APION reprochait aux Juifs (chrétiens) de vénérer un dieu à tête d'âne. Le Crucifix blasphématoire du Palatin en est une preuve (idem, p. 542).

 

Ce des­sin mural, découvert en 1856, est conservé au Musée Kircher, à Rome (Cf. Dr PAUL THOBY, Le Cru­cifix, des origines au Concile de Trente, Édit. Bellanger, Nantes, 1959, p. 19).

 

En France, il y a environ 20 ans (en 1972), on a critiqué sévèrement le Crucifix de Germaine Richier, ins­tallé dans l'église Notre-Dame d'Assy, en Savoie : « Étrange caractère totémique (un Crucifix totem!), qui suggère des formes animales ou végétales, à travers la structure humaine... La pourriture a rongé ce corps, qui ne devait pas connaître la dé­composition de la tombe (selon L'Écriture Sainte) » (Cf. MADELEINE OCHSE, La Nouvelle Querelle des Images, p. 106, Édit. Bonne Presse, Paris, 1952)

                                                                                                         

D'ailleurs, en 1951, S.E. Mgr l'Évêque d'Annecy avait fait retirer de l'église d'Assy ce Crucifix indi­gne de Germaine Richier (idem, p. 33).

 

A Rome, les autorités ecclésiastiques avaient déjà condamné et fait enlever des Crucifix indignes, rapporte le Père FERDINAND PRAT dans sa Vie de Jésus-Christ. (Tome II, p. 395, Édit. Beauchesne, 1953)

 

En Belgique, vers 1960, un peintre flamand bon chrétien exécuta, pour une église, un Chemin de Croix où le Christ était représenté dans de telles contorsions, que les fidèles, choqués, réagirent for­tement. Rome fut avisée et le Saint-Office prohiba cette oeuvre, en déclarant : « Le Christ a enduré souffrances et mort humaine, mais il les a endurées volontairement et comme Dieu. » (Cf. A. de BOIS-SIEU, dans la revue La Pensée catholique, Paris, no 69, année 1960, p. 95).

 

En Afrique du Sud, à Johannesburg, en 1962, l'artiste Harold Ruben avait fait une peinture re­présentant un Christ nu à tête d'animal monstrueux, au bas de laquelle il avait écrit : « Je vous pardon­ne, mon Dieu, car vous ne savez pas ce que vous faites » (parodie d'une parole du divin Crucifié con­cernant ses bourreaux). Cette peinture ayant été ex­posée à une galerie d'art, elle fut confisquée par la police et le peintre fut traduit en Cour pour « offense publique et blasphème contre le Christ et contre Dieu». (Cf. L'Action, Québec, 22 nov. 1962).

 

Dans notre Province de Québec, au Canada, vers 1960, une haute autorité ecclésiastique a fait enlever un Crucifix caricatural, installé dans une chapelle… Dans la ville de Québec, un Chemin de Croix incon­venant a été refusé par les paroissiens d'une église importante : devant ses stations peuplées de figures bouffonnes, les fidèles pouffaient de rire et ne pou­vaient prier... On dut remiser au grenier cette prétendue oeuvre d'art qui avait coûté cher.

 

Enfin, le livret Prie avec l'Église, pour les fidèles des Of­fices liturgiques, on a présenté sur sa couverture, pour la Semaine Sainte 1967, un Crucifix ver de terre, qui a scandalisé nombre de fidèles : plusieurs ont crié « Au sacrilège ! »... et ce n'étaient pas des arriérés ou des croulants. Sans doute, l'artiste mal informé avait voulu illustrer le texte du Psaume: « Je n'ai rien d'humain; je suis comme un ver de terre » (Ps. 21).

 

Métaphore qu'il ne faut pas prendre à la lettre, car alors il faudrait approuver les Communis­tes athées qui, sur une caricature, ont insulté le Christ en l'affublant d'une tête de mouton pour re­présenter l'Agneau de Dieu.

 

Laissons aux enne­mis de la Religion, ce qui attire sur nos Images saintes, le mépris, le ridicule, le blasphème ...

 

Même crucifié, Jésus gardait le reflet de sa divinité, qui imposait le respect. Au Calvaire  le centurion (sol­dat romain)qui se tenait en face de Jésus, voyant qu'il avait expiré en jetant un grand cri, dit : « Vrai­ment cet homme était le Fils de Dieu » (Marc, 15, 39).

 

Ce païen avait été impressionné par la majesté de Jésus crucifié... C'était toujours le Christ-Roi qui affirmait sa divinité jusque dans la, mort.

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 16:50

 

       

 

SIGNE DE CONTRADICTION

 

On lit dans la Bible (Nombres, 21, 4-9) qu'en punition de leurs murmures, les Hébreux furent at­taqués par des serpents venimeux. Alors, le Sei­gneur ordonna à Moïse : « Fais-toi un serpent et pends-le à un poteau : quiconque aura été mordu et le regardera, vivra ». Moïse fit donc un serpent d'airain et ceux qui le regardaient étaient guéris. . .

 

Dans la Bible encore, plus loin (IIe Livre des Rois, 18, 4) nous lisons : « Le pieux roi d'Israël Ezéchias fit disparaître les hauts lieux et il brisa les idoles. Il mit en pièces le SERPENT D'AIRAIN que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël lui offraient de l'encens : on l'appelait Nohestan. »

 

Ce Serpent était donc devenu l'objet d'un culte idolâtrique. De mê­me, le culte du Serpent a été constaté en plusieurs cités antiques de la Palestine : Bethsamès, Beisan, Beit Mirsim. (Note de la Bible de Pirot-Clamer, tome III, p. 762.)

 

Dans le Serpent d'airain de Moïse, on peut voir un symbole de la Croix du Christ. Jésus lui-même a dit : « Comme Moïse a élevé dans le désert le Ser­pent d'airain, il faut de même que le Fils de l'Hom­me soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean, 3, 14).

 

Mais attention ! Le serpent est aussi le symbo­le de Satan, au Paradis terrestre(Genèse, ch. 3) et dans l'Apocalypse (12, 15). On ne peut maintenant passer de la figure du Serpent d'airain à la réalité de la Croix, sans embrouiller les fidèles.

 

Cela peut aller jusqu'au culte païen du Serpent, au profit du diable, l'éternel adversaire du Christ. Au temps de saint Paul, il y avait une secte hérétique qui adorait la divinité du Christ sous la forme du Serpent : les OPHITES, forme bizarre du Gnosticisme héréti­que, à Hiérapolis, en Phrygie, province de l'Asie Mineure. (Cf. HOLZNER, Paul de Tarse, p. 333, Edit. Alsatia, 1950).

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:51

 

 

En terminant, il est utile de rappeler quelques textes pontificaux: de saint Pie X, de Pie XII, de Jean XXIII.

 

De saint Pie X : « On ne doit rien trouver dans le temple, qui trouble ou même diminue la piété et la dévotion des fidèles, rien qui donne un juste mo­tif de dégoût ou de scandale, rien surtout qui soit indigne de la maison de prière et de la majesté de Dieu. » (Motu proprio, 1903)

 

De Pie XII : « Les oeuvres modernes... ne doi­vent pas être méprisées et rejetées en bloc, de par­ti pris; mais, tout en évitant avec un sage esprit de mesure, d'une part les excès du réalisme, et de l'au­tre ceux du symbolisme... et tout en tenant comp­te des exigences de la communauté chrétienne plu­tôt que du jugement et du goût personnel des ar­tistes, il importe extrêmement de laisser le champ libre à l'art de notre temps, lorsqu'il se met au ser­vice des édifices et des rites sacrés, avec le respect et l'honneur qui leur sont dus. Ainsi, l'Art moderne pourra unir sa voix à l'admirable cantique chanté, dans les siècles passés, par des hommes de génie, à la gloire de la foi catholique.

 

«Cependant, Nous ne pouvons Nous empêcher, c'est pour Nous un de­voir de conscience, de déplorer et de réprouver ces images et ces statues introduites récemment par quelques-uns, et qui semble bien être une déprava­tion et une déformation de l'art véritable, en ce qu'elles répugnent parfois ouvertement à la beauté, à la réserve et à la piété par le regrettable mépris qu'elles font de l'instinctif sentiment religieux. Il faut absolument bannir ou expulser ces oeuvres de nos églises, comme en général tout ce qui n'est pas en conformité avec la sainteté du lieu (canon 1178). » (Encyclique Mediator Dei, 1947, no 197).

 

Peu de temps après son accession au Souverain Pon­tificat, Jean XXIII a parlé dans le même sens :

Les portes de nos églises sont grandes ouvertes aux artistes, pourvu qu'ils observent les prescrip­tions canoniques ; puis le Pape a fait cette réserve, que certains artistes préfèrent ignorer : « Mais il y à certaines choses auxquelles on ne s'habitue pas : c'est lorsqu'il y a en elles une déformation, un dé­sordre de la nature, ce qui doit être repoussé. » (CGC, 2 janvier 1959)

 

conclusion.

 

Lorsque les artistes suivent les direc­tives de l'Église, leurs oeuvres méritent d'être admises dans le temple, pour glorifier Dieu et sanctifier les fidè­les. Tous les saints, en particulier saint Paul, saint Jérô­me, saint Augustin, saint François d'Assise, saint Domi­nique, saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d'Avila et sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ont trouvé dans le Crucifix, discrètement enluminé du Précieux Sang, une source de sainteté et de zèle apostolique, tout comme, en général, les docteurs, les ascètes, les âmes contemplatives ...

 

Mais leur objet de vénération, c'était le Crucifix traditionnel, conforme à la vérité historique et à la vérité dogmatique, exprimant la souffrance et la mort du Sauveur, mais faisant aussi rayonner sa Majesté royale, son Sacerdoce, son inaccessible divinité et sa victoire sur la mort et les Enfers.

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 19:05

 


Ici, on pose la question : « N'est-il pas bon de pré­senter le Christ en Croix déchiré, broyé, afin de toucher les coeurs et de convertir les pécheurs ? » Nous répon­dons :

 

Dans la primitive Église, on ne représentait en Croix qu'un Christ victorieux (style byzantin). Au XIIIe siècle, saint François d'Assise prêcha la Passion du Christ avec véhémence, il convertit ainsi beaucoup d'âmes et il mérita de recevoir sur son propre corps les Stigmates de Jésus crucifié. Au XVIIIe siècle, saint Alphonse de Liguori fit une peinture représentant le Corps du Crucifié tout déchiqueté, afin d'apitoyer les pécheurs. De nos jours, des Communautés religieuses décorent des Cruci­fix en y répandant avec abondance de grandes taches de sang.  Louables intentions apostoliques! Mais…

 

Nous croyons qu'il y a deux excès à éviter : le joli et l'horrible. ..

 

a) Le joli : un Christ semblable à un Adonis, appuyé confortablement sur la Croix, et dont le corps d'une beauté plastique parfaite ne porte aucune marque de la Passion, par exemple tels Crucifiements de Raphaël, de Guido Reni, de Benvenuto Cellini, trop jolis pour être vrais. Le Christ n'a pas supprimé la souffrance ; il l'a ennoblie et divinisée, pour conduire à la joie céleste.

 

b) L'horrible : le Corps sacré tout déchiré, noir de contusions, aux chairs sanguinolentes, couvert de cra­chats et de grosses mouches, la figure crispée par le pa­roxysme de la douleur. . . Tel il dut apparaître aux re­gards des témoins du Calvaire, dans un état affreux. Si on veut le représenter maintenant dans tout son réalis­me, les fidèles qui le verront en seront tout simplement écoeurés, ils ne seront pas portés à la piété, et les pé­cheurs n'en éprouveront que de la répulsion. Certains tableaux de maîtres tombent dans cet excès, par exemple ceux de Grünewald (XVIe s.), de Georges Desvallières, ou de Rouault (début du XXe siècle) : chefs-d'oeuvre d'expression douloureuse, admirables pour des gens aver­tis, mais qui ne pourraient être exposés dans les églises sans nuire à la piété des fidèles en général. (Sur l'horreur du supplice de la Croix, voir l'étude du Dr PIERRE BARBET, La Passion de N. S. Jésus-Christ selon le chirurgien. Édit. Dillen, Issoundun, France, 1950. )

 

Le Père Ferdinand Prat, s. j. dans sa Vie de Jésus, note ceci : « Les Évangélistes ont jeté un voile discret sur la lente agonie de Jésus en croix, soit parce qu'ils se sen­taient impuissants à la décrire, soit pour garder jusqu'au bout l'attitude impassible de témoins qui étaient dans leur rôle, soit parce que la souffrance physique, portée à un tel excès, inspire encore plus d'horreur que de com­passion. On assure qu'à Rome, l'autorité ecclésiastique a interdit l'exhibition d'une image où le crucifiement était représenté dans tout son effrayant réalisme. »  (R. P. FERDINAND PRAT, s. j., Jésus-Christ sa vie, sa doctrine, son oeuvre. Tome II, p. 395. Édit. Beauchesne, 1953.)

 

Il y a donc une mesure à garder dans le réalisme, lorsqu'on représente ou qu'on décrit, surtout à l'église, la Passion et le Crucifiement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. (Dans son encyclique Mediator Dei et hominum, sur la Sainte Liturgie, Pie XII met en garde contre les deux excès : * Ce serait sortir de la voie droite . . . de faire représenter le divin Rédempteur sur la Croix de telle façon que n'apparaissent point les souffrances aiguës qu'il a endurées » (No 60). — « Les oeuvres modernes (éviteront) avec un sage esprit de mesure, d'une part les excès de réalisme, et de l'autre ceux du symbolis­me, tout en tenant compte des exigences de la communauté chré­tienne plutôt que du jugement et du goût personnel des artistes. » (Id. No 197).

 

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 15:08

 

 

Il faut voir, comme il est important, que les artis­tes restent dans la vérité historique et la vérité dogmati­que, phares de leur sensibilité artistique, dans l'Art sacré.

 

Vérité historique. Le Crucifix doit d'abord être conforme à l'Évangile, quant à la Croix et au Christ sup­plicié.

 

a) La Croix. Une vraie croix, et non pas de légères baguettes ou de simples fils de fer croisés. Pas de ces croix de fantaisie mondaine, dont la forme et la décoration font oublier totalement l'instrument de sup­plice sur lequel le Christ fut immolé. La Croix du Christ comportait deux poutres croisées, pouvant porter son Corps étalé, bois assez large pour qu'on pût y planter les clous du crucifiement, Croix pesante à porter, puisque le Cyrénéen dut aider Jésus tombant écrasé sur le Che­min du Calvaire.

 

b) Le Christ. On doit le représenter souffrant et mourant pour le salut du monde. Les grands maîtres, Giotto, Fra Angelico (souverain modèle), Rembrandt, Van Dyck, Rubens, Vélasquez, nous ont laissé des chefs-d'oeuvre de Crucifix, pas encore dépassés par les mo­dernes, qui montrent le Christ dans les diverses atti­tudes de ses derniers moments en croix : torturé par la souffrance, levant vers le ciel des yeux suppliants, criant sa soif ardente, penchant la tête vers sa Mère et vers son Disciple bien-aimé, ou vers le Bon Larron, lançant son dernier et formidable cri pour remettre son âme entre les mains de son Père céleste, enfin la tête tombante après le dernier soupir... Tout cela est conforme à l'Évangile.

 

Vérité dogmatique. L'artiste doit représenter un HOMME - DIEU : l'Homme souffrant et mourant, mais aussi le Dieu Homme, qui domine la scène du Calvaire de sa Majesté royale. Par son attitude, par l'expression de sa Sainte Face, la divinité de Jésus doit encore resplendir jusque dans la mort. . . Le cadavre suspendu en croix est toujours uni à la divinité du Verbe. Le Crucifix doit donc représenter le Mystère de la Rédemption dans son inté­grité, et non pas un Christ mutilé de sa divinité, ni une Rédemption manquée. Sans doute, David, Isaïe, Jérémie ont prophétisé les humiliations et les souffrances du Messie ; mais leurs descriptions émouvantes se terminent toujours par un chant de victoire, le Seigneur écrasant ses ennemis. Aussi l'Apôtre s'écrie-t-il dans l'Apocalypse (5, 12) : « Il est digne, l'Agneau qui a été immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange ! »

 

On doit regretter que des artistes s'arrêtent de pré­férence aux textes qui représentent la Victime du Cal­vaire dans toute l'horreur de son supplice. Ils en ou­blient la divinité du Christ, sa Majesté royale, son sa­cerdoce, sa victoire, la promesse de sa résurrection et de son ascension. De tels Crucifix auraient satisfait l'héré­tique Arius (IVe s.) qui niait la divinité du Christ, ou le philosophe moderne Nietzsche (+ 1900) qui procla­mait que Dieu est mort (dans le sens athée).

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

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