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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 15:52

              

 

Depuis le Ve siècle, des artistes, suivant leur fantai­sie ont représenté le Christ en Croix avec un succès sou­vent douteux ; plusieurs même ont produit des Crucifix vraiment indignes.

 

Il leur manquait, sinon le sens artis­tique, du moins le sens religieux, la foi et l'humilité sans lesquels on ne peut faire dignement le portrait du Christ.

 

De nos jours, un vent de folie révolutionnaire passe sur le monde : la littérature et les arts en sont affectés. Des artistes ont voulu s'affranchir des traditions icono­graphiques, même dans l'Art sacré. C'est alors le règne de la fantaisie capricieuse, des inventions désordonnées, du snobisme qui veut faire choc, des abstractions incom­préhensibles, des caricatures bouffonnes; et quand on ose introduire cela dans les églises, les fidèles en sont mal édifiés et l'Église doit protester. Ces excès peuvent al­ler jusqu'au blasphème, au sacrilège, à la profanation (objectivement, sans préjuger des intentions de l'artis­te).

 

Hélas ! les avertissements des Souverains Pontifes, en particulier de Pie XII et de son mandataire le cardi­nal Costantini, qui ont rappelé les directives du Concile de Trente, les prescriptions du Droit Canonique et les décrets du Saint-Office (30 juin 1952), n'ont guère été entendus. Le cardinal Costantini en a enfin exprimé sa tristesse dans la revue italienne Fede ed Arte, sous le ti­tre cinglant « Retour à la fête des Anes et des Fous (Festa Asinorum et Festa Stultorum) ».

 

II faut reprendre ici les fortes paroles du Chanoine A. Croegaert : «Un Crucifix,  on l'oublie trop en cer­tains milieux, est un objet essentiellement religieux, qui doit provoquer, soutenir, alimenter l'adoration, l'a­mour, la confiance, la componction, la prière. Il y a des artistes modernes qui, sous prétexte de réalisme, s'écar­tent très loin de l'art religieux, qui s'évertuent à repré­senter exclusivement et d'une manière suraiguë les souffrances atroces, les humiliations, l'anéantissement du divin Sauveur, réduit à un état infrahumain, aussi caricatural que repoussant, et qui, d'autre part, négligent complète­ment un autre aspect non moins réel du mystère de la Croix, à savoir le triomphe royal du Sauveur du monde et l'oblation sacerdotale et amou­reuse de son Sacrifice. Un Crucifix n'est pas une carica­ture, mais une oeuvre d'art qui doit témoigner de la foi, non seulement dans les humiliations, mais aussi dans LE TRIOMPHE du divin Sauveur, qui meurt en conquérant la Vie divine pour le monde entier. »

 

En certains endroits, l'autorité épiscopale a fait en­lever des Crucifix indignes, par exemple, dans l'église d'Assy, en France (Il s'agit du Crucifix de Germaine Richier, à Notre-Dame d'Issy, en Savoie.) dans des églises de Belgique, de Rome et du Canada. En 1955, un éditeur de Paris a publié des Missels d'Enfants contenant des illustrations ridicules (en particulier la scène du Crucifiement), qui ont été enle­vées dans les éditions suivantes, à la demande des auto­rités romaines. (Illustrations ridicules furent reproduites dans Paris Match, 24 déc. 1955.)

 

Le grand critique Yves Sjoberg écrit: «Raymond Guerrier est préoccupé du mystère de l'Homme de Dou­leur, mais l'abjection du supplice lui fait oublier, comme à Germaine Richier, la divinité du Rédempteur. Ces ar­tistes, et d'autres qui leur ressemblent, sont insuffisam­ment informés de l'essence de la religion chrétienne ; ils la voient trop de l'extérieur. Se complaire dans les tra­ces laissées par le péché dans la nature humaine, oublier l'infusion en elle de la nature divine et la guérison qu'elle lui apporte, c'est mutiler l'esprit du Christianis­me, qui s'exprime essentiellement dans le mystère de Pâques. »  (Yves  Sjoberg,   Mort   et   résurrection   de   l'Art  sacré,  p. 254, Édit. Grasset, 1957.)

 

 

On prétend styliser le Crucifix (le simplifier en l'é­purant). Que les artistes, au moins, restent donc dans les bornes du sens commun ! On ne peut pas tolérer que le Corps sacré du Christ soit représenté en Croix comme une loque sanguinolente, en posture de zigzag, ou avec une tête de singe, ou avec une figure de bouffon ou d’un vieil ivrogne.  

 

Dans cette voie aberrante, un artiste audacieux arri­vera un jour à reproduire le fameux Crucifix blasphé­matoire à tête d'âne de la Rome impériale, ou le sym­bole du Serpent en croix.  Tout cela servira à ridicu­liser la Croix du Christ, au grand amusement des sans-Dieu communistes (S. Paul, Philipp., 3, 18). Vengeance de Satan !

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:01

   

 

Des catéchètes modernes refusent de parler de la Pas­sion du Christ aux enfants, ils n'acceptent dans les écoles que des Croix sans Christ, ou ils refusent totalement la Croix, parce que la représentation ou la vue de Jésus souffrant ou ensanglanté serait trop déprimante pour les enfants, ce qui pourrait les porter au MASOCHISME (joie maladive et parfois érotique, éprouvée dans la souffran­ce).

 

Pour la même raison, des prêtres progressistes refu­sent les images du Chemin de la Croix et les méditations ou les sermons sur la Passion, sur Notre-Dame des Dou­leurs, sur les souffrances des Saints Martyrs.

 

Négli­ger la Passion pour aller directement à la Résurrec­tion : c'est plus facile et plus populaire. Saint Paul les accuserait d'être des « ennemis de la Croix du Christ » (Phil. 3, 18).

 

Contradiction : les cinémas, la télévision, les jour­naux illustrés, sont remplis de films ou d'images d'hor­reurs sadiques, de monstres cruels, de massacres, de vio­lences, de criminels et de bandits.  

 

On y étale avec com­plaisance, le mal, la laideur satanique, les saletés immo­rales. Là, on ne craint pas le Masochisme !

 

Folie mon­daine qui repousse la folie de la Croix, bienfaisante et salutaire, tout comme la pénitence et la mortification, pour courir aux folies malfaisantes et diaboliques. Voilà l'oeuvre de Satan, l'ennemi du Christ qui disait : « Lors­que je serai élevé (sur la Croix) j'attirerai tout à moi (tous les hommes de bonne volonté) » (Jean, 12, 32).

 

Ces pédagogues novateurs qui enlèvent les Crucifix de nos écoles, craignent pour l'équilibre psychologique des jeunes ; voilà pourquoi ils ont changé le mot d'ordre de la Croisade Eucharistique : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre », inventé par le saint abbé Edouard Poppe, car, disaient-ils, il y a assez de détraqués et de fous mystiques lancés dans cette voie, etc.

 

Réponse facile : Il faut distinguer entre une perver­sion sensuelle et l'attitude spirituelle, magnifique d'équi­libre et d'amour, des deux Thérèses et de tant d'autres saints.

 

Il n'est pas possible d'imiter le Christ sans souf­frir avec Lui. « La Croix, dit S. Bernard, prend une voix pour nous révéler son amour ». Le seul chemin qui mène à la perfection est le chemin de la Croix. Nous ne pre­nons pas la souffrance comme une fin, mais comme un moyen de réparation et de salut : elle développe la per­sonnalité, elle épanouit notre nature en l'élevant. Tout comme les athlètes font des exercices et des sacrifices pour gagner une récompense terrestre, voilà comment on formera des chrétiens virils et courageux, pour mar­cher dans le chemin du ciel et pour devenir des apôtres, comme saint Pierre et saint Paul.

 

Citons encore S. S. Paul VI, au Colisée de Rome, après le Chemin de la Croix du Vendredi Saint, 8 avril 1966:

 

« Aujourd'hui, après le Concile, on voit souvent ap­paraître la tentation d'un christianisme facile, con­fortable, n'exigeant aucun sacrifice, un christianisme où l'on cherche à se conformer à la vie du monde, avec tous ses aises.

 

«Non, il n'en est pas ainsi. S'il est vrai que la nouvelle discipline cherche à facili­ter la vie chrétienne et à faire ressortir ses valeurs positives, nous ne devons jamais oublier que le chris­tianisme ne peut pas faire abstraction de la Croix. . .

 

« La vie chrétienne ne peut pas se concevoir sans la grandeur et la force du devoir, sans le mystère pas­cal du sacrifice, le passage...

 

«Quiconque cher­che à supprimer cette réalité de sa vie, se trompe lui-même, il dénature le christianisme qu'il réduit à une interprétation mièvre et commode de la vie. » (Cf. Sem. Rel. Québec, 30 juin 1966, p. 440).

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:28

Nous avons montré que la Croix est le signe du chré­tien; de plus la Croix a marqué notre pays et notre peuple de son caractère religieux. Or nous constatons autour de nous un abandon, presque un reniement de la Croix. De­vant ce triste phénomène, nous devons réagir en bran­dissant fièrement l'étendard du Christ notre Roi, qui a vaincu l'Enfer par sa Croix.

 

La nouvelle Catéchèse est centrée sur le Mystère Pascal, sans nier la Passion et la Mort du Christ ; mais elle prétend « faire éclater cette mort dans la Résurrec­tion ». Elle semble oublier parfois les souffrances et les humiliations du Sauveur, et elle met l'accent sur l'Amour dans la victoire du Christ sur la mort. On peut se de­mander si cela est conforme à l'Évangile et aux Pitres des Apôtres ?

 

L'homme n'aime pas à se considérer comme pécheur et il a horreur de la souffrance. En négligeant la Croix, la Passion du Christ, on flatte son orgueil et sa complai­sance dans la force et le plaisir, où l'entraîne le monde ennemi de la Croix. Religion facile, qui plaît au monde, mais que blâme S. Paul : « Si je veux plaire aux hom­mes, je ne suis plus le serviteur du Christ » (Galat, 1, 10).

 

En certains endroits, on constate des faits déplorables. La maman n'enseigne plus aux petits le Signe de la Croix. Dans les écoles, on enlève les Crucifix des classes, car c'est trop déprimant pour les élèves. On n'ose plus installer le Crucifix dans les foyers chrétiens, car ce serait gênant pour les mondains. A l'église, on relègue le Chemin de la Croix dans un corridor, ou l'on présentera des Stations énigmatiques ou caricaturales. Sur les autels face au peuple la Croix est trop encombrante : on fixe au mur une Croix nue, sans Corps du Christ.

La Croix domine encore le clocher de nos églises ; mais bientôt elle disparaîtra, pour ne pas déplaire à nos Frères séparés, dont les temples n'ont pas de croix. D'ailleurs, Croix et clochers vont s'effacer, car ils sont dépassés par les cheminées d'usines, dans un monde ma­térialiste.

 

Nos Croix du Chemin seront bientôt délaissées. Va-t-on ériger la Croix au carrefour de nos autoroutes ?

 

Dans nos campagnes, on se réunissait à la Croix du Che­min pour faire les Mois de Marie ou des Morts, pour ré­citer le chapelet, chanter des cantiques traditionnels. Cer­taine revue catholique (?) s'est moquée de ces belles coutumes qui vont disparaître. Victoire du laïcisme. 

 

La croix a toujours été une marque d'honneur pour les militaires. A-t-on jamais vu un soldat avoir honte de son drapeau? Les soldats du Christ rougissent de la Croix, drapeau de leur divin Maître. Il y en a encore qui por­tent la Croix sur leur poitrine : les évêques, les religieux(ses), quelques fidèles pieux. Bientôt ce ne sera plus qu'un souvenir d'une chrétienté qui aura démissionné devant la vague de laïcisation, tout comme le costume ecclésiastique ou religieux, les noms de Saints portés na­guère par religieux et religieuses. En France, on a réus­si à effacer beaucoup de noms de Saints attachés aux villes, villages, rues, édifices, rivières, etc. Au Canada, les laïcisateurs s'acharnent à ce lavage diabolique. . .

 

A la fin, on aura une chrétienté sans Croix, sans Saints. Victoire de Satan ! (°)

 

(°)  (Dans notre Province de Québec, le Code de Procédure civile (art. 321) règle ainsi le mode du serment devant les Cours de Justice : « Le témoin peut prêter serment en se tenant en face d'un Crucifix et en levant la main ».

 

En 1929, un juge de Mont­réal (franc-maçon?) voulut faire enlever le Crucifix qui domi­nait son tribunal ; l'autorité majeure refusa.

 

Il y a 60 ans, en France, on avait enlevé les Crucifix de toutes les Cours de justice; le fameux barde Breton Théodore Botrel, ayant à témoigner dans un procès, s'écria: «Il n'y a pas ici de Crucifix sur lequel prêter serment. Mais tout chrétien représente le Christ: les bras en croix, je jure de dire toute la vérité. » Vers le même temps, en Saskatchewan, le premier ministre Andersen ordonna la suppression dans les écoles, du Crucifix et de tout costume religieux. Par contre en 1936, le nouveau Premier Ministre l'Hon. Maurice Duplessis, fit installer un beau Crucifix au-dessus du trône du Président, dans la Chambre de l'Assemblée Nationale du Québec.)

 

Au Concile Vatican II, S. S. Paul VI a placé la IVe session sous le signe de la Croix.

« Le Concile, dit-il, ne connaît que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié» (S. Paul, I Cor., 2, 2).

 

En août 1965, dans son Exhortation apostolique adres­sée aux évêques du monde entier, le Pape écrivait :

 

« Nous avons voulu que l'ouverture de la prochaine session (4e) ait lieu le (14 septembre) jour de la fête liturgique, qui exalte le Mystère de la Croix et la vertu rédemptrice du Sacrifice qui s'est accompli sur elle, afin que les hommes, fixant le regard sur le divin Crucifix, comprennent de plus en plus pro­fondément que le Christ, élevé de terre sur ce bois, est vraiment Celui qui attire tout à Lui et « qu'il n'y a pas ici-bas d'autre Nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés» (Actes, 4, 12).

 

De fait, le Concile se présente au monde entier com­me un témoignage de la valeur salvatrice de la Croix, et il désire attester les droits que le Sau­veur, après les avoir acquis par la Croix, possède sur tout coeur humain. Il veut faire entendre avec plus de force le Message d'espérance, d'amour et de paix que le Christ, avec son autorité divine, peut seul adresser aux hommes. »

 

Pour inaugurer cette IVe session du Concile, il y eut une procession de pénitence, de l'église Sainte-Croix jusqu'à St Jean de Latran, des Pères du Concile ayant à leur tête le Pape portant la Relique de la Vraie Croix.

 

S. S. Paul VI nous donne un enseignement et des exemples frappants, pour réagir contre la démission de ceux qui tournent le dos au Crucifix, symbole de toutes nos capitulations devant le Monde ennemi du Christ.

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:26

LE SECRET DE  SAINT BONAVENTURE… (Dernier) 13ième

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Saint Bonaventure écarte sans effort, comme si tout allait de soi, les difficultés où nombre de savants et de spirituels de son temps s'égarent.

 

Ni les sophismes, ni les scrupules ne le font hési­ter un instant. Il travaille, il ordonne, il décide et prend les respon­sabilités. Il y a en lui, certes, la sérénité, la sécurité d'allure des grands scolastiques, qui n'ont jamais douté des droits et des de­voirs de l'intelligence humaine, ni de la légitimité ou du bon aloi des résultats qu'elle atteint.

 

Il y a plus encore, une grâce particulière au Docteur séraphique et qui, à nos yeux, l'individualise. Saint Bonaventure ne paraît même pas s'être posé pour soi-même le problème qui tour­mentait les spirituels de son temps et qu'ils tranchaient par une condamnation sans appel de la science. Aucune trace de lutte intérieure, de déchirement, à une époque déterminée, dans ses écrits. Rien qui permette de penser que les regards qu'il porte sur la création n'ont pas toujours été assurés et paisibles. Il a reçu dès l'origine ce don de sagesse qu'il définira si bien dans ses derniers jours, par lequel science et piété s'accordent parfaite­ment. C'est pourquoi sans doute, il a pu exprimer les conditions de cet accord en termes clairs et précis et en établir les fonde­ments parmi ses Frères.

 

Sa vie nous livre sans rien dissimuler le secret de sa réussite. Il fut un maître savant, humble, aimable et pieux. Son efface­ment n'est jamais de la mollesse, sa modération n'est jamais de la tiédeur, parce qu'en lui la raison et la science sont toujours illuminées par la charité.

 

Il nomme son savoir une très pauvre toute petite chose,  bien qu'il soit l'un des plus grands doc­teurs de son siècle. « A ceux qui sont peu intelligents, comme moi, je propose, dit-il, à mon exemple, de s'attacher aux opinions les plus communes ». Il applique ce programme dans une mesure qui fait de lui l'un des interprètes les plus sûrs des doctrines de l'Église, mais non pas au point d'étouffer dans ses écrits des sen­timents très personnels, dont on a pu dire qu'ils traduisaient exac­tement sur le plan et dans le langage philosophique la prière de saint François.

 

Mieux vaut se taire, dit-il, que définir témérairement. Il con­seille aux jeunes gens de ne pas mépriser les opinions des an­ciens, « car il ne faut pas croire que de si grands amants et chercheurs de la vérité aient soutenu sans raisons leurs opinions si remarquables ». Il était, rapportent les biographes, gracieux et pacifique, tel qu'on ne pouvait pas le voir sans l'aimer, modéré et modeste dans la polémique, sans arrogance dans l'affirmation, sans nul entêtement dans ses opinions.

 

L'étendue et la profondeur de sa science étonnaient les plus doctes. Les peintres se sont emparés d'une anecdote, peut-être lé­gendaire, mais riche d'enseignement et, dans son esprit, bien con­forme à la vérité.

 

Saint Thomas d'Aquin lui demande où est la splendide bibliothèque qu'il doit avoir à sa disposition pour être si savant ; saint Bonaventure se tourne vers le crucifix et le mon­trant à son ami : « Voilà, dit-il, le livre qui m'instruit ».

 

Un autre jour, saint Thomas surprend dans sa cellule Bonaventure écrivant la vie de saint François, il se retire en silence et dit aux Frères qui l'accompagnent : « Laissons un Saint travailler pour un Saint ».

 

D'après une tradition un peu différente, saint Thomas d'Aquin, discutant avec saint Bonaventure, aperçut au-dessus de la tête de celui-ci un crucifix et des rayons de lumière qui par­taient des plaies sacrées pour aboutir sur les écrits de saint Bo­naventure. Dès lors saint Thomas d'Aquin n'osa plus argumen­ter contre son confrère.

 

Telle est donc la source suprême de son savoir, et aussi du res­pect, de l'amour qu'il porte à l'étude des sciences humâmes ou divines. Telle est sa plus haute et plus constante leçon : « O âme, soit que tu écrives, lises, enseignes ou fasses tout autre chose, que rien n'ait pour toi de saveur, que rien ne te plaise sinon Jésus. Invoque donc Jésus, c'est-à-dire le Sauveur ; qu'il te pré­serve de la vanité du monde qui te livre des assauts, qu il te délivre du mensonge du démon, qui est une infection, qu il te garde de la fragilité de la chair, qui te crucifie ».

 

Fin.   (J’espère que vous avez apprécié…)

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 17:41

  

 

« Cet enfant… est destiné à être un signe de con­tradiction », disait le saint vieillard Siméon à Marie, lors de la Présentation de Jésus au temple (Luc, 2, 35). Tren­te ans plus tard, Jésus dira : « Une fois élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes »; et l'Évangéliste ajou­te : « Il disait cela pour signifier de quelle mort il devait mourir » (Jean, 12, 32). Depuis dix-neuf siècles, du haut de la Croix, le Christ attire les hommes, mais un grand nombre ne comprennent pas, résistent ou s'éloignent de Lui... Signe de victoire, LE CRUCIFIX est aussi un signe de contradiction.

 

« Nous prêchons le Christ crucifié : scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils », disait saint Paul (I Cor., 1, 23) ; ajoutons : pierre d'achoppement pour les artistes.

 

En effet, ce n'est pas facile de représenter un HOMME-DIEU ravalé au rang des scélérats, souffrant et mourant, cloué sur un gibet. . . et pourtant vainqueur de la mort et des enfers ! « Mors et vita duello : La mort et la vie ont engagé un stupéfiant combat : l'Auteur de la vie, étant mort, règne encore vivant » (Séquence de Pâques).

 

Nous assistons à une désaffection de la Croix dans la vie de nos chrétiens, et à la dégradation de la Croix dans le domaine artistique.

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC  (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 17:37

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

L'union à Dieu, poursuit le Docteur séraphique, se réalise par la lecture de quatre livres :

 

Le monde sensible et matériel, qui est le vestige de Dieu, livre écrit au dehors ;

Le monde spirituel, qui est l'image de Dieu dans ses perfections et par conséquent un livre écrit au dedans ;

L’Écriture Sainte, qui est un livre écrit au dehors dans sa partie littérale et matérielle et un livre écrit au dedans par ses mystères ;

Pour bien comprendre ces trois li­vres, il faut connaître le quatrième, qui est Jésus-Christ.

 

C'est en lui que la Création trouve la raison de son existence ; tout a été fait par lui et pour lui ; ce n'est donc qu'avec lui que l'homme peut avoir une connaissance exacte et complète de l'univers. C'est encore lui qui nous enseigne à lire l'Écriture, puisqu'il en est la clé. En un mot « Il est le livre même de la sagesse... mais ce livre n'est ouvert que dans la croix ; c'est ce livre que nous de­vons prendre si nous voulons avoir l'intelligence des secrets de la sagesse de Dieu ».

 

Dans cet itinéraire de l'âme à Dieu, la science, au sens usuel et profane du mot, ne permet donc de faire que les premiers pas, mais son secours ne doit pas être dédaigné : « Quoique toute illu­mination de la connaissance soit intérieure, nous pouvons distinguer une lumière extérieure, qui éclaire les arts mécaniques, une lumière inférieure, qui se réfléchit dans les connaissances acquises  par les  sens,  une  lumière  intérieure,   celle  de  la pensée philosophique,   une  lumière  supérieure,  celle   de   la  théologie   ». Toutes ces lumières convergent et concourent à la même illumination.

 

Retrouver les vestiges de Dieu dans le monde sensible, par ces lumières extérieures, inférieures ou intérieures, est du reste fa­cile : « La splendeur des choses nous le révèle, si nous ne sommes pas aveugles ; elles nous crient Dieu et nous éveilleront si nous ne sommes pas sourds ; il faut être muet, enfin, pour ne pas louer Dieu dans chacun de ses effets, et fou pour ne pas reconnaître le premier principe à tant d'indices ».

 

Saint Bonaventure, loin de fixer des consignes étroites, ne craint pas de multiplier les voies d'accès ; il accepterait la révélation de Dieu au spectacle de la nature de nos écrivains romantiques, dont il est peut-être le loin­tain inspirateur.

 

La Création tout entière, enseigne-t-il, est un temple plein de la majesté du Créateur. « Ceux qui connaissent Dieu dans le monde matériel l'adorent sur le parvis ; ceux qui le découvrent en eux-mêmes l'adorent dans le sanctuaire ; ceux qui le connaissent par la foi et par la contemplation l'adorent dans le Saint des saints... »

 

L'univers, qui procure à l'homme tous les biens nécessaires à la vie, concourt aussi à la perfection de son âme en le conduisant à la sagesse.

 

C'est un livre où l'homme, dans l'état d'innocence, lisait sans effort ; aujourd'hui qu'il est impuissant et aveugle, il a besoin que l'Écriture lui enseigne à bien connaître la nature, à pénétrer à travers les choses créées la manière dont elles sont dirigées vers leur fin et comment elles resplendissent des attributs divins. Dieu se cache dans toutes les choses qui peuvent être senties et con­nues.

 

Mais, « dans l'Écriture seule on goûte la délectation spiri­tuelle et non pas dans les autres sciences. Le Philosophe dit qu'il y a du plaisir à connaître les mathématiques ; nous le lui aban­donnons ; pour nous ce plaisir ne suffit pas ».

 

Car à quoi bon savoir beaucoup de choses, si l'on ne sait rien goûter ?

 

(A suivre)

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 16:52

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Vers la fin de sa vie, dans ses considérations sur l'œuvre des six jours que la mort interrompra, le Saint reprend le même su­jet, développant à loisir les rapports de la science et de la sa­gesse.

 

Déjà les philosophes anciens avaient pressenti qu'il ne suf­fit pas de connaître la vérité mais qu'il faut encore l'aimer et la servir, ou plutôt que, pour bien savoir, il faut s'y disposer par une discipline d'amour et de respect et qu'un équilibre harmonieux est nécessaire entre les puissances intellectuelles et morales, hors duquel il n'est pas de philosophie.

 

Saint Augustin et les Pères de l'Église ont par suite défini cette sagesse, supérieure à la science, et plus précieuse qu'elle, étant nécessaire à la fois pour l'instruc­tion des savants et pour le salut de tous.

 

Saint Bonaventure reprend ces distinctions et les développe. La sagesse est un don de Dieu qui s'obtient à la fois par la science et par la sainteté. C'est « la connaissance des plus hautes causes, connaissance qui n'est pas purement spéculative et intellectuelle, mais encore savourée et expérimentée ».

 

Ces derniers caractères expliquent son efficacité supérieure à celle de la science : « La science ne suffit pas pour arriver à la sagesse... la science lui est inférieure et tend de sa nature à la connaissance et au goût des choses sensibles. Celui qui y reste et qui s'y attache devient vain comme les choses qu'il goûte. Il faut monter jusqu'à la vérité suprême, qui est Dieu, car en lui seul on trouve un plaisir véritable ; il faut donc modérer le plaisir de la science et lui préférer la sagesse ».

 

Le passage de la science à cette sagesse qui seule donnera l'ex­périence intime et comme le goût de la vérité, s'obtiendra par une vie soumise à Dieu, sans tache, religieuse, telle que l'est la vie des Saints.

 

Il existe du reste deux espèces de sagesse, l'une, mondaine, « qui donne connaissance des plus hautes causes d'après les forces de la raison et la pratique des seules vertus naturelles » ; c'était celle que les anciens philosophes pouvaient réaliser ; l'autre, chrétienne, qui ajoute à la lumière de la raison, celle de la foi et aux vertus naturelles les vertus théologales ou surnaturelles. Cette sagesse chrétienne se consomme et se parachève dans la charité.

 

La foi éclaire l'âme par l'intermédiaire de l'Écriture. « La foi, par sa transcendance, sa fermeté et sa dignité, ennoblit l'intelli­gence, car elle dépasse l'investigation de la raison ; elle lui donne une certitude inébranlable, car elle exclut le doute ; elle la rend plus belle et plus lumineuse, car elle lui ouvre de nouveaux hori­zons ».

 

C'est ainsi que l'âme peut atteindre cette sagesse qui est « une très noble manière d'être, élevant l'esprit à la compréhen­sion des choses supérieures, à la considération des mystères, au goût de ce qui est suave, à l'embrassement de ce qui est éternel ».

(A suivre)

 

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