Des catéchètes modernes refusent de parler de la Passion du Christ aux enfants, ils n'acceptent dans les écoles que des Croix sans Christ, ou ils refusent totalement la Croix, parce que la représentation ou la vue de Jésus souffrant ou ensanglanté serait trop déprimante pour les enfants, ce qui pourrait les porter au MASOCHISME (joie maladive et parfois érotique, éprouvée dans la souffrance).
Pour la même raison, des prêtres progressistes refusent les images du Chemin de la Croix et les méditations ou les sermons sur la Passion, sur Notre-Dame des Douleurs, sur les souffrances des Saints Martyrs.
Négliger la Passion pour aller directement à la Résurrection : c'est plus facile et plus populaire. Saint Paul les accuserait d'être des « ennemis de la Croix du Christ » (Phil. 3, 18).
Contradiction : les cinémas, la télévision, les journaux illustrés, sont remplis de films ou d'images d'horreurs sadiques, de monstres cruels, de massacres, de violences, de criminels et de bandits.
On y étale avec complaisance, le mal, la laideur satanique, les saletés immorales. Là, on ne craint pas le Masochisme !
Folie mondaine qui repousse la folie de la Croix, bienfaisante et salutaire, tout comme la pénitence et la mortification, pour courir aux folies malfaisantes et diaboliques. Voilà l'oeuvre de Satan, l'ennemi du Christ qui disait : « Lorsque je serai élevé (sur la Croix) j'attirerai tout à moi (tous les hommes de bonne volonté) » (Jean, 12, 32).
Ces pédagogues novateurs qui enlèvent les Crucifix de nos écoles, craignent pour l'équilibre psychologique des jeunes ; voilà pourquoi ils ont changé le mot d'ordre de la Croisade Eucharistique : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre », inventé par le saint abbé Edouard Poppe, car, disaient-ils, il y a assez de détraqués et de fous mystiques lancés dans cette voie, etc.
Réponse facile : Il faut distinguer entre une perversion sensuelle et l'attitude spirituelle, magnifique d'équilibre et d'amour, des deux Thérèses et de tant d'autres saints.
Il n'est pas possible d'imiter le Christ sans souffrir avec Lui. « La Croix, dit S. Bernard, prend une voix pour nous révéler son amour ». Le seul chemin qui mène à la perfection est le chemin de la Croix. Nous ne prenons pas la souffrance comme une fin, mais comme un moyen de réparation et de salut : elle développe la personnalité, elle épanouit notre nature en l'élevant. Tout comme les athlètes font des exercices et des sacrifices pour gagner une récompense terrestre, voilà comment on formera des chrétiens virils et courageux, pour marcher dans le chemin du ciel et pour devenir des apôtres, comme saint Pierre et saint Paul.
Citons encore S. S. Paul VI, au Colisée de Rome, après le Chemin de la Croix du Vendredi Saint, 8 avril 1966:
« Aujourd'hui, après le Concile, on voit souvent apparaître la tentation d'un christianisme facile, confortable, n'exigeant aucun sacrifice, un christianisme où l'on cherche à se conformer à la vie du monde, avec tous ses aises.
«Non, il n'en est pas ainsi. S'il est vrai que la nouvelle discipline cherche à faciliter la vie chrétienne et à faire ressortir ses valeurs positives, nous ne devons jamais oublier que le christianisme ne peut pas faire abstraction de la Croix. . .
« La vie chrétienne ne peut pas se concevoir sans la grandeur et la force du devoir, sans le mystère pascal du sacrifice, le passage...
«Quiconque cherche à supprimer cette réalité de sa vie, se trompe lui-même, il dénature le christianisme qu'il réduit à une interprétation mièvre et commode de la vie. » (Cf. Sem. Rel. Québec, 30 juin 1966, p. 440).
Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton
Édition LE BIEN PUBLIC (1972)
Trois-Rivières, Canada.
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