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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 14:27

Extrait du : Sommaire de théologie dogmatique, de Georges Panneton. Prêtre.  Avec l’approbation du Cardinal Alfred OTTAVIANI

 

A) —   LE CREATEUR

244—Dieu-Trinité a créé le monde de rien, quand il l'a voulu. Cependant, on attribue la Création au Père, par appropriation. DE FOI : Symbole des Apôtres (2) ; Symbole de Nicée (54); Symbole de Nicée-Constantinople (86); S. Denys contre les Tri-théistes et les Sabelliens (48) ; Canons de S. Damase (79); Profession de Foi prescrite aux Vaudois (421); Concile de Latran IV contre les Albigeois (428); Concile de Florence (706); Concile Vatican I (1782, 1801, 1805).

245 --Dieu a créé le monde, non de toute éternité, mais au com­mencement du temps. DE FOI : Profession de Foi du Con­cile de Reims (391) ; Concile de Latran IV contre les Albi­geois (428) ; Jean XXII contre Eckart (501); Concile Vati­can I (1783).

246—Dieu a créé le monde non nécessairement, mais librement, par pure bonté. DE FOI : Concile de Soissons contre Abélard (377) ; Jean XXII contre Eckart (501, 503); Concile de Constance contre Wyclif (607) ; Concile de Florence (706); Pie IX contre Gunther (1655); Concile Vatican I (1783, 1815); Léon XIII contre Rosmini (1908).

247—Dieu n'est pas l'unique cause des véritables effets (il permet aux causes secondes d'agir, en leur laissant la liberté, condi­tion du mérite). CERTAIN : Clément VI contre Nicolas de Ultricuria (559).

248—Des hérétiques ont faussement expliqué la création du mon­de : les Origénistes (203 et suivant) ; Eckard (501) ; les Ontologismes (1665); Rosmini (1905 et suiv.) ; les Panthéistes (1803 et sui.); les Emanentistes (34, 232, 1665, 1804).

 

B) — LES CREATURES

249—Il faut distinguer deux sortes de créatures : les créatures visi­bles ou corporelles, et les créatures invisibles ou spirituelles (purs esprits). DE FOI : Symbole des Apôtres (9); S. Epiphane (13); Profession de Foi de S. Damase: Fides Damasi (19) ; Concile Vatican I (1783, 1802, 1804 et suiv.).

         250 --La nature créée est bonne en soi et muable (sujette au changement) y compris la   matière. DE FOI : Libellus in modum Symboli (37) ;

251—La nature créée n'est pas la même chose que le Verbe de Dieu. Cette nature créée n'est pas un pur rien. CERTAIN:

Léon XIII contre Rosmini (1901, 1909).

NOTA BENE.—Il faut condamner le panthéisme imimanentiste, qui ressort de certains textes de Teilhard de Chardin. Par son immensité, Dieu est présent partout dans la création, et il soutient tous les êtres dans l'existence par son Essence infinie ; saint Paul disait aux Athé­niens: «C'est en Lui (Dieu) que nous avons la vie, le mouvement et l'être» (Actes, 17, 28). Pour ne pas tomber dans l'hérésie du panthéis­me, il faut maintenir la distinction entre Dieu et toute créature. Par la grâce sanctifiante, Dieu nous communique une participation à sa nature et à sa vie divine; au Ciel, nous serons encore plus unis à sa divinité, mais il restera toujours la distinction essentielle et infinie entre Dieu et chacun de nous.

Le Concile Vatican I a défini : «Dieu étant une substance spirituelle, singulière, tout à fait simple et immuable, on doit dire qu'il est distinct du monde par son être et son essence; en lui-même et par lui-même il est parfaitement bienheureux; il est au-dessus de toutes les choses qui sont hors de lui ou qui peuvent être conçues hors de lui, il leur est ineffablement supérieur ou transcendant.» 

 

NOTA BENE.( 446)—Par la grâce sanctifiante nous obtenons ce bienfait inouï de la présence de DIEU EN NOUS, qu'on appelle l'habitation du Saint-Esprit. La Sainte Trinité daigne venir habiter dans notre âme, en nous faisant participer à sa Vie divine (S. Jean, 14, 23). Nous parlons alors d'identification au Christ; mais il faut prendre garde de ne pas tomber dans le panthéisme: il faut toujours distinguer les per­sonnes: Dieu est en moi mais je ne suis pas Dieu (seul Jésus pouvait dire: Je suis Dieu, car il avait la nature divine unie à sa nature humaine par l'union hypostatique.

 

Si Dieu daigne descendre jusqu'à nous, il restera toujours, un abîme entre la Divinité et notre pauvre Humanité, entre la puissance du Créateur et notre infirmité de créature, entre les perfections infinies de L'ETRE divin et les misères de notre nature bornée, entre la Sainteté de Dieu et notre déchéance de pécheurs. De nos jours, les Athées répandent le culte de l'Homme sans-Dieu: c'est la révolte d'orgueil de Lucifer.

Crions avec Saint Michel: "Qui est comme Dieu ? " — Si Dieu nous relève de notre poussière pour nous élever jusqu'à Lui, dans sa miséri­corde (Ps. 112, 7), inclinons-nous humblement devant sa Majesté dans l'adoration reconnaissante.

                                                              

 LES ANGES

252—Les Anges existent; ils sont de purs esprits (sans corps). DE FOI : Concile de Latran IV contre les Albigeois (428); etc. plus Concile Vatican I (1783, 1802, 1804).

253—Les Anges ne se propagent pas ou ne s'engendrent pas. CERTAIN: Benoît XII contre les Arméniens (533).

254—Les Mauvais Anges (démons), avec leur chef Lucifer (Satan) avaient été créés bons; ils sont devenus méchants lorsqu'ils se sont révoltés contre Dieu, et ils ont alors été précipités en Enfer pour toute l'éternité. DE FOI: Canons de Jean III (237 ); Concile de Latran IV (428 ); Evangile S. Matthieu, 25, 41.

255—Dieu a créé les Anges individuellement: chacun constitue une espèce. La Tradition de l'Eglise distingue les neuf chœurs des Anges: d'après Isaïe, 6, 2-6 et 37, 16; Daniel, 10, 13; S. Jean, Apoc., 12, 7; S. Paul, I Thess, 4, 15, Ephés., 1, 21, Coloss., 1, 16; S. Irénée, S. Ignace d'Antioche, S. Thomas d'Aquin, S. Grégoire pape (Bréviaire romain, 29 sept.). Cependant, ce classement en neuf chœurs n'est pas un dogme de foi. L'Ecriture Sainte nomme les grands Archanges: S. Michel (Daniel, 12, 1); S. Raphaël (Tobie, 12, 15), S. Gabriel (Daniel 8 et 9; Évang. S. Luc, 1, 19 et 26). Dans toute la Bible, souvent Dieu fait intervenir les Anges person­nellement Au Ciel, les Anges sont innombrables Pour apparaître sur la terre, Dieu leur permet d'emprunter un corps.

 

                                          C) —L'HOMME

256—L'homme n'est pas la substance de Dieu. CERTAIN: Pie IX dans le Syllabus (1701).

257—L'homme est une créature de Dieu; il se compose de deux substances: une âme spirituelle, un corps de chair qui est matériel. DE FOI: Canons de Jean III (243); Profession de Foi des Conciles de Tolède XIe et XVe (285, 295); Con­cile Vatican I (1783, 1801, 1806).

NOTA.—Le Transformisme ou Evolutionnisme enseigné par Teilhard de Chardin (à la suite de Darwin, Haeckel, etc.) est une hypothèse non démontrée scientifiquement. Ce système n'est pas totalement con­damné par l'Eglise, pourvu que l'on maintienne trois vérités incontes­tables: création par Dieu de la matière première (qui a pu évoluer ensuite dans les espèces animales pour arriver au corps de l'homme); 2° infusion directe par Dieu, dans chaque homme dès sa conception, d'une âme spirituelle (cette âme ne peut pas venir de la matière, com­me le prétend faussement Teilhard: erreur philosophique); 3° unité de l'espèce humaine, qui est en connexion étroite avec l’universalité du péché originel et de la Rédemption. Cf. Concile de Latran IV; Concile Vatican I; Pie XII dans l'encyclique Humani generis (1950), contre les matérialistes, les panthéistes et les polygénistes.

258—L'homme est donc une chair intellectuellement animée par l'âme spirituelle. DE FOI: Concile de Latran (255).

259—L'AME HUMAINE n'est pas une partie de la substance divi­ne; elle ne forme pas une seule chose avec le Verbe de Dieu. DE FOI : Libellus in forma Symboli (20, 31); Canons de Jean III (235); Décret de Nicolas I (333) ; Jean XXII contre Eckard (511, 527).

260—L'âme humaine est créée par Dieu de rien; elle ne préexister pas. DE FOI: Libellus in forma Symboli (20) ; Décret de S. Anastase II (170); Canons du pape Vigile contre Origène (203) ; Canons du pape Jean III (236); Nicolas I (333, 527).

NOTA.—Cette proposition de foi condamne comme hérétique la théorie de la réincarnation ou métempsychose, enseignée surtout chez les Indous et les Spirites.

261—L'âme humaine n'est pas engendrée par les parents. Le père et la mère produisent ou procréent le corps de l'enfant; mais c'est Dieu qui crée chaque âme humaine au moment de la conception. CERTAIN: Benoît XII contre les Arméniens (533); Léon XIII contre Rosmini (1910   "

262—L'âme humaine n'a pas d'abord été une âme sensitive (comme celle des animaux) qui aurait ensuite évolué en âme intellec­tive. CERTAIN: Léon XIII contre Rosmini (1910).

263—L'âme humaine est une substance qui n'est pas unique en tous; chaque homme a son âme propre et personnelle. DE FOI: Symbole de Foi des Conciles de Tolède XI et XV (285, 295).

264—L'âme humaine n'est pas, de par sa nature, ou bonne, ou mauvaise. DE FOI: Canons de Jean III (236, 243); Concile de Constance contre Jean Huss (642).

265—L'âme humaine est rationnelle et intellectuelle. DE FOI: Concile de Chalcédoine (148) ; Conciles de Constantinople II et IV (216, 290, 338); Concile de Latran (255); Symbole de Foi de S. Léon IX (344); Décret d'Alexandre III (393; Profession de Foi prescrite aux Vaudois (422) ; Concile de Latran IV (429) ; Clément V contre Jean Olivi (480); Con­cile de Latran V (738).

266—L'âme humaine n'est pas elle-même l'unique objet de la connaissance évidente. CERTAIN: Clément VI contre Ni­colas Ultricuria (557).

267—L'âme humaine est immortelle. DE FOI: Symbole des Apôtres (2); Profession de Foi de S. Damase: Fides Damasi (16) ; Symbole de S. Athanase (40); Symbole de Nicée-Constantinople (86); Concile de Latran V (738).

268—L'âme humaine n'est pas unie au corps accidentellement. CERTAIN : Léon XIII contre Rosmini (1911, 1914).

269—L'âme humaine est par elle-même et épouse essentiellement  la forme du corps (le mot FORME dans le sens philosophi­que). DE FOI: Clément V contre Jean Olivi (480); Conci­le de Latran V (738); Pie IX contre Gunther (1655).

NOTA BENE. Cette proposition de foi réfute l'opinion qui prétend que l'âme n'informe le corps que par l'intermédiaire du CORPS ASTRAL.

270—L'âme humaine est douée de liberté. DE FOI: Décret de S. Célestin I (129, 133, 140); Concile D'Orange II, confirmé par Boniface II (174, 181, 186); Concile de Kiersy I (316 et suiv.); Concile de Valence III contre Jean Scot (322, 325); Symbole de Foi de S. Léon IX (348); Concile de Soissons contre Abélard (376); Léon X contre Luther (776); Concile de Trente (793, 797); S. Pie V contre Baïus (1027, 1039, 1065) ; Innocent X contre Jansénius (1093 et suiv.); Décret d'Alexandre VIII (1291) ; Clément XI contre Quesnel (1360).

NOTA BENE. L'âme humaine est donc responsable de ses actes, sauf dans le cas de folie, de délire, d'hypnose, etc.

271—Cette liberté de l'âme humaine, on peut la prouver et par l'Ecriture Sainte et par la Raison. CERTAIN: Pie V contre Baïus (1027); Pie IX contre Bonnetty (1650).

—L'homme est de sa nature un être social (1856). Tous les hommes ne peuvent être égaux (1849, 1851). L'homme n'est pas indépendant de Dieu (1789). Il ne peut se soustraire à la Loi divine, mais il doit toujours se soumettre à Dieu (1509).

D)—FIN DE LA CREATION ET PROVIDENCE DE DIEU

272—La fin que Dieu s'est proposée en créant, n'est pas sa propre béatitude, mais sa gloire externe, par la manifestation de sa bonté. DE FOI: Concile Vatican I (1783, 1805).

273—L'homme ne peut trouver en cette vie sa béatitude finale. DE FOI : Concile de Vienne contre les Béguards et leÊ Béguins (474 et suiv.).

         274 --- L'homme ne peut pas rester indifférent ou passif par rapport à la Béatitude éternelle. CERTAIN : Innocent XII conte le quiétisme selon Fénelon (1334).

275—L'homme ne peut pas non plus parvenir de lui-même à la Béatitude infinie, par un progrès constant. DE FOI: Concilo de Vienne contre les Béguards et les Béguins (471 et suiv.)

NOTA BENE.—Ceci condamne implicitement l'une des conséquences de la doctrine de Teilhard de Chardin: la montée de l'humanité par le Christ évoluteur (?).

276—Par sa PROVIDENCE, Dieu gouverne les choses visibles et invisibles. DE FOI : Profession de foi prescrite aux Vaudois (421) ; Concile Vatican I (1784).

277—Dieu gouverne en agissant vraiment dans le monde et dans les hommes, à titre de Cause première. CERTAIN : Pie IX dans le Syllabus (1702).

278Dieu pourrait empêcher tous les maux. CERTAIN: Concile de Sens (378).

NOTA BENE.—S. Augustin écrit: "Dieu a jugé plus sage de tirer le bien du mal, plutôt que d'empêcher tous les maux". Dieu permet le mal physique: il est dû à la condition de la nature, faite d'éléments périssables, ou causé par les gaucheries des hommes; car Dieu laisse agir les causes secondes, puis il tire du bien de ces maux physiques: incendies, inondations, accidents, etc. — Dieu permet le mal moral (péchés, crimes, persécutions) pour 4 raisons : a) la liberté est la con­dition du mérite; b) pour éprouver les bons et leur faire mériter une magnifique récompense (pas de persécuteurs, pas de martyrs); c) Dieu est assez puissant pour tirer sa gloire de tout mal (même en enfer, démons et damnés glorifient la Justice et la Sagesse de Dieu); d) Dieu est patient parce qu'il est éternel (S. Augustin): il attend le Jugement dernier pour proclamer sa victoire finale. --- S. Paul dit: "Tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom., 8, 28), et S. Augustin ajoute: "même les péchés".

279—Dieu ne veut pas les maux de la même manière que les biens. CERTAIN: Jean XXII contre Eckart (514).

280—Dieu ne fait que PERMETTRE les péchés ou le mal moral (il ne les veut pas). DE FOI: Concile de Trente (816).

281—Dieu ne doit pas obéir au diable. DE FOI: Concile de Cons­tance contre Wiclef (586). (Voir Evangile de la Tentation de Jésus au désert, Matt, ch. 4).

282—Dieu ne ° nous communique pas et ne nous soumet pas sa toute-puissance. CERTAIN: (1217, 1218).

NOTA BENE.Cependant Dieu se sert des Saints pour montrer sa toute-puissance, en leur faisant accomplir des miracles.

283—L'homme n'est pas sous la direction des astres, ni régi par le hasard. DE FOI: Libellus in forma Symboli (35); Canons de Jean III (239).

 

NOTA BENE.—Mais on peut accepter l'adage ancien repris par Saint Thomas d'Aquin: "Les astres inclinent, mais ne déterminent pas' (les actes de l'homme); ou encore: "Le Sage régit son étoile; l'Ignorant est régi par elle" (par Ignorant, on entend ici celui qui se laisse mené par ses instincts et par l'animalité qui est en lui). Les lunatiques peu­vent subir une certaine influence physique des phases de la lune, selon des savants. Dans l'Evangile, on voit que Jésus guérit "un enfant luna­tique, ou épileptique et possédé du démon (Matt., 17, 14); il avait déjà guéri plusieurs autres lunatiques (Matt., 4, 24).

Extrait du : Sommaire de théologie dogmatique, de Georges Panneton. Prêtre.  Avec l’approbation du Cardinal Alfred OTTAVIANI.

Elogofioupiou.com

22 janvier 2023

 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 13:47

De la vigilance dans les conversations.

 

Demandons-nous par quels moyens nous pouvons corriger les fautes qu’il nous arrive si souvent de commettre par la langue. « Si quelqu’un ne pèche pas en paroles, dit saint Jacques, c’est un homme parfait. »

 

 Le premier, sans contredit, est de « mettre une garde, une à nos lèvres selon l'expression des Livres Saints, et de réprimer notre intempérance de langage. Donc, évitons les entretiens inutiles : il y a pour cela une raison plus grave, c’est que Jésus-Christ nous prévient que nous devrons rendre compte, même d’une parole oiseuse. Et, dans les entretiens utiles et nécessaires, modérons-nous, ne parlons ni trop, ni trop longtemps, toujours bien persuadées qu'autrement nous offensons Dieu, ce qui reste, en toute manière, le mal suprême et unique à éviter.

 

Réformons notre cœur. « La bouche parle de l'abondance du cœur, dit encore le divin Maître; comment pourriez-vous dire de bonnes choses, n'étant pas bonnes vous-Mêmes ? »

 

Si nous devenons humbles et pieux, nos conversations ne manqueront pas de devenir à leurs tours modestes et édifiantes. Qui nous empêche, avant d'émettre telle opinion, telle réflexion, de prévoir dans notre intérieur s'il n’y a pas d'inconvénient à cette manière de parler ?

 Les pédants disent tout bas leur phrase avant de la dire tout haut, afin de s’assurer qu'elle n'a rien d'incorrect ni de disgracieux : laissons-leur ce soin ridicule, mais ne pourrions-nous pas faire par vertu ce qu'ils font par un sot orgueil ?

Enfin, le principal moyen est une prière humble et fervente même dans le moment de la conversation, ou du moins du cœur vers Jésus, vers Marie. Cette pratique fait bien !  C'est comme un doux rafraîchissement au voyageur qui traverse les plaines brûlantes du désert:

Une chrétienne d'élite, qui a composé un livre pour la direction des femmes du monde, et qui convient aussi à tous ceux qui veulent atteindre le Ciel, elle y donne les conseils suivants concernant les conversations.

De tous les actes de la journée, la conversation est celui où vous devez être le plus sur vos gardes, parce que vous y êtes le plus exposée à offenser Dieu qu'en tous les autres. Pour que vous soyez irréprochable devant Dieu, mettez en pratique ces avis :

 

1°. Ne parlez jamais des défauts d'autrui si vous n'êtes pas obligée de les reprendre ou d'en avertir leur supérieur.

2°. Avant que d'entrer en conversation, recommandez à votre ange gardien votre cœur et votre langue, pour ne rien dire et ne rien approuver de ce qui serait contrai­re à la charité.

3°. Évitez, autant que vous pourrez, la con­versation des personnes qui ne parlent que de parures, de frivolités ; et quand la bienséance ou la nécessité vous oblige­ra d'en entendre de semblables, restez le moins longtemps que vous pourrez, parce qu'on sort toujours de ces entretiens l'esprit bien dissipé, et le cœur beaucoup plus insensible pour les cho­ses de Dieu.

4°. Évitez de parler trop souvent de dévotion, parce qu'ordinairement il y a bien de l'amour-propre à en parler, et qu'il est plus sûr là-dessus d'écouter les autres que de parler soi-même.

5°. Ne laissez néanmoins passer aucune occasion de mêler adroitement quelques bonnes réflexions, et préférez toujours la compagnie des personnes qui aiment à vous entretenir de choses utiles et édifiantes. 6°. Ne parlez ja­mais à votre avantage ; ne parlez pas non plus contre vous ; car souvent c'est une fausse humilité que de se mépriser de­vant les autres, et nous serions affligées qu'ils nous crussent telles que nous nous disons : la vraie vertu consiste à ne pas nous excuser quand on nous reprend ou qu'on nous blâme.

7°. Qu'une jeune fille à l'égard de ses parents, une femme à l'égard de son mari, se souvienne de ne jamais manquer aux convenances qu'elle leur doit, de ne leur jamais rien dire qui les offense, de ne point les contredire, surtout avec opiniâtreté, de ne jamais leur répondre avec froideur, indifférence ou mé­pris.

8°. Bannissez de vos entretiens toute curiosité inutile sur la conduite des autres, toute vanité, toute aigreur, toute médisance, tout excès d'épanchement ; ayez de la gaieté, mais que ce soit sans légèreté.

Mme de Farcy, soeur de Chateaubriand, suggère de son côté à sa fille les recommandations suivantes dans son testament spirituel :

« On se permet souvent dans la conversation un genre de familiarité qui n'est pas vice, mais qui sent une éducation vicieuse. Il faut renoncer à certaines dénominations trop fan­taisistes : donne aux choses dont tu parles une expression juste et délicate, et sache te faire estimer par cette pureté de langage qui est comme une émanation de celle de l'âme. Ce vrai bon ton te préservera des écueils qu'une sorte de mol­lesse de caractère te ferait trouver dans le commerce de tes inférieures...

Évite encore ces longs babillages qui n'ont pour objet que d'alimenter l'amour-propre, en rappelant des cho­ses qui nous sont personnelles, et en occupant les autres de nous.

Tiens pour certain que c'est toujours un échec à l'humi­lité que de parler de soi, soit en bien, soit en mal ; et même une des qualités sociales les plus aimables et les plus ingénieu­ses, c'est de paraître plus occupé des autres que de soi-même.

Ne prends pas non plus pour de la délicatesse ces raffinements de l'amour-propre qui, de peur d'en faire trop, n'en fait pas assez. Pour parler un langage chrétien, est-il une vertu plus essentielle au salut que la pratique de cette divine charité, qui fait que, s'oubliant soi-même, on n'est occupé qu'à faire et à dire, selon Dieu, tout ce qui peut être agréable au pro­chain ? »

Tâchons de nous approprier ces bonnes et si sages leçons. Nous n'aurons qu'à nous féliciter un jour de les avoir mises en pratique, car, en nous préservant d'une multitude de sottises, d'imprudences et de fautes, elles nous auront fait acquérir une ample Moisson de mérites pour le ciel.

 

Extrait des Lectures Médités,avec imprimatur 18 décembre 1933

Elogofiou.com     18 janvier 2023

 

 

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22 décembre 2022 4 22 /12 /décembre /2022 10:24

elogofioupiou (email) le mardi 15 novembre 2022 à 05:43 sur 

Le Sacrifice et le Courroux

Commentaire d'origine - Loiseau
"En dehors des oraisons jaculatoires le chrétien devrait s’exercer à la mortification chrétienne. Se mortifier, c’est sacrifier pour l’amour de Dieu, ce qui plaît et accepter ce qui déplaît au sens ou à l’amour-propre."
 
Catéchisme st Pie X.

"Légères pénitences qu'on peut s'imposer pour expier les fautes de la journée.

1. Ne pas manger entre les repas.

2. Subir sans se plaindre les incommodités de la saison, et se refuser même quelques-unes de ces précautions extraordinaires que recherche la crainte de souffrir.

3. Examiner dans sa tenue ce qui sent le sans-gêne ou l'amour des aises, et s'en corriger.

4. Faire pendant ses repas une légère privation inaperçue.

5. S'arrêter une minute avant de commencer un repas, pour réprimer l'instinct naturel.

6. Se lever le matin plus promptement qu'à l'ordinaire.

7. Veiller sur les regards, et les tenir bien modestes pendant tel trajet, tel espace de temps.

8. Prendre aux repas le morceau qui se présente, quel qu'il soit.

9. Ne se permettre aucun jeu de main, même très innocent, dans l'intention de se mortifier.

10. Réciter une partie de sa prière sans s'appuyer.

11. Parler un peu moins en récréation.

12. Aller exprès auprès d'une compagne avec qui on ne sympathise pas.

13. S'appliquer d'une manière toute particulière à bien faire le devoir écrit.

14. S'imposer rigoureusement le silence pendant telle étude, tel trajet.

15. Se priver d'un regard qui n'aurait pour but que le plaisir quoique innocent... Se priver, par exemple, de regarder un tableau, un livre simplement curieux.

16. S'obliger à répondre doucement à tout ce qui nous sera dit.

17. Pratiquer, depuis telle heure jusqu'à telle autre, une grande obéissance, s'engageant devant Dieu à ne pas raisonner et à ne pas examiner.

18. Réciter, en montant au dortoir, une ou deux dizaines de chapelet.

19. Faire une aumône prise sur l'argent destiné à une fantaisie ou à une gourmandise.

20. Chercher l'occasion de rendre service à une compagne. — Ces occasions se trouvent toujours quand on les cherche de bonne foi.

21. Donner un bon conseil ou au moins empêcher une médisance ou un murmure.

22. Faire un peu à ses dépens l'éloge d'une compagne. — Faire au moins tout ce qu'on pourra pour qu'elle brille plus que nous.

23. Employer bien exactement son temps pendant telle étude.

24. S'appliquer courageusement et en esprit d'expiation à la partie des études et à l'ouvrage manuel qu'on aime moins.

25. Etre remplie de bonté et de complaisance pour les plus petites compagnes.

26. S'interdire toute dispute, toute contestation pendant la récréation.

27. Demander de balayer la chapelle ou au moins s'offrir à aider celles qui sont chargées d'accomplir cet acte de religion.

28. Éviter dans ses vêtements ce qui pourrait sentir la vanité, et ne pas mettre, tel jour, tel ornement qui n'est pas défendu, mais dont on se pare ordinairement avec complaisance.

29. Mettre toutes ses affaires de classe en bon ordre.

30. Donner, par esprit de pénitence et de détachement, quelques-unes de ces futilités auxquelles on ne s'attache que par vanité, et dont la privation ne doit être sensible qu'à notre égoïsme." Livre de piété de la jeune fille au Pensionnat.

  Et les plus courageux : "L’austère austérité consiste à mettre un frein à la nature par les liens d’une mortification rigoureuse, à l’enchaîner comme une criminelle ; contrarie-la en tout : si tu veux manger, bois ; si tu veux boire, mange ; si tu veux parler, tais-toi ; si tu veux te taire, parle… 
  Quand tu te trouves en doute entre deux choses à faire, ne sachant à quoi te résoudre, regarde de quel côté il y a plus de mortification ; " parce que là où il y a plus de mortification, il y a plus de perfection." Jésus à Sr Bénigna.

  "Que tous les hommes sachent que la grâce arrive après la peine, qu’ils sachent que sans avoir porté le fardeau des afflictions, ils ne peuvent atteindre les hauteurs de la Grâce, qu’ils apprennent que les dons de la Grâce augmentent au fur et à mesure que le fardeau s’alourdit.   Que les hommes ne se trompent pas, il n’y a qu’une voie pour rejoindre le Paradis, et la Croix est la seule route pour y accéder." Jésus à Ste Rose de Lima.
   Merci pour ces belles suggestions. Que Dieu vous bénise. 

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 16:33
La polémique "Père Jacques vs Paul Etienne Pierrecourt"

Publié par Jean-Baptiste sur 2 Décembre 2022, 12:23pm

 

Ces derniers jours, certains d'entre vous ont peut-être entendu parler de la polémique entre le dénommé Père Jacques et Frère Arnaud d'une part, Paul Etienne Pierrecourt d'autre part, suite à la divulgation par ce dernier d'une correspondance où les deux clercs évoquent leurs opinions conclavistes.

En vérité cela n'a rien de si surprenant, car Frère Arnaud avait déjà tenu des propos pouvant être interprétés en ce sens, dans certaines des conférences nébuleuses du Père Jacques, qui parle pendant des heures sans apporter aucune solution à la crise de l'Église.

Suite à la polémique, Adrien Abauzit est intervenu pour les défendre ; or, comme je l'explique dans une vidéo qui va bientôt être publiée, je crois me souvenir que lors de mes discussions sur facebook avec l'intéressé, il a tenu des propos ambigüs pouvant là encore s'entendre dans un sens conclaviste.

 

 

Surtout, Adrien Abauzit ne comprend pas ce qu'est la juridiction ordinaire ; donc à partir de là, il est très facile de tomber dans le conclavisme.

Quelques rappels :

- Selon la doctrine catholique, comme l'a expliqué le Père Goupil dans son commentaire de la Constitution Pastor Aeternus, en période de vacance pontificale l'Eglise travaille à élire le prochain pape, comme témoignage de la perpétuité de la succession apostolique ; si ce n'était pas le cas, la perpétuité ne serait plus manifestée, ce qui est impossible.

- Le conclavisme est donc la suite logique du sédévacantisme : à la fois parce qu'en période de vacance pontificale, on est censé élire un pape ; et parce qu'en niant la hiérarchie catholique ainsi que la permanence de la juridiction ordinaire, les sédévacantistes ouvrent la porte à n'importe quelle élection anarchique, en violation du droit divin - je dis bien le droit divin, non seulement le droit ecclésiastique. De droit divin, un pape ne peut être élu par des "électeurs" dépourvus de juridiction ordinaire.

- Conformément à ce que j'ai écrit plus haut, il est certain que nous avons aujourd'hui un pape en vie, car si le Siège était vacant l'Eglise s'efforcerait d'élire un pontife. Ce pape en vie, c'est le dernier à avoir joui d'une reconnaissance réellement pacifique et universelle, comme je l'ai maintes fois expliqué. Cette doctrine de l'acceptation pacifique constitue la clé pour comprendre la crise de l'Eglise, contrairement aux interprétations personnelles, aux allégations fondées sur sa propre appréciation indépendament du jugement de l'Eglise. A cet égard les lefebvristes et les sédévacantistes font une obsession sur Vatican II, en se livrant à des jugements personnels, ce qui ne mène nulle part. Bien que Vatican II représente un problème, on ne peut pas reléguer toute la crise au Concile ni obtenir une solution théologique en passant son temps à émettre des jugements personnels sur les textes conciliaires. Au sein de nos milieux, bien des vieillards qui critiquent le Concile Vatican II, Jean XXIII et Paul VI, vivaient dans la fornication au moment des débats conciliaires ; ils portent donc, comme les autres catholiques, la responsabilité de ce qui s'est passé. La Sainte Vierge, dans ses différentes apparitions prédisant ou décrivant la crise de l'Eglise, ne s'est pas focalisée sur le Concile, elle a parlé des péchés des chrétiens. Nous avons tous une part de responsabilité, l'évacuer en faisant une obsession sur Vatican II ne mène à rien.

- Quelles que soient les circonstances, les caractères de la Constitution Divine de l'Eglise ne peuvent pas être altérés ; ils sont immuables, contrairement à une erreur qu'on entend à la fois chez des prêtres et chez des fidèles de nos milieux.

- Les sédévacantistes n'ont aucune autorité pour décréter ou comme ils disent "constater" la vacance du Saint-Siège : c'est le cardinal camerlingue, en vertu du droit canon, qui la constate à la mort du Pape.

 

Tout est dans mes livres.

Au lieu de regarder les vidéos d'ignorants tels qu'Adrien Abauzit, qui ne sait même pas que selon la doctrine catholique, la hiérarchie de l'Eglise doit toujours exister (même en période de vacance), je vous invite à lire ce que j'ai écrit...

J'insiste également sur le fait que cette obsession stérile vis-à-vis de Vatican II ne mène nulle part : Mgr Fenton avait bien résumé ce qu'il fallait penser du Concile.

Si vous utilisez votre jugement personnel pour dire "Jean XXIII et Paul VI ne peuvent pas être papes parce qu'ils ont convoqué/approuvé Vatican II", alors selon vous toute la hiérarchie de l'Eglise a sombré étant donné que les évêques ont tous signé les textes. Soit dit en passant, je répète qu'il ne s'agit pas seulement d'indéfectibilité mais d'infaillibilité, contrairement à ce qu'écrit l'abbé Ricossa, qui connaît lui aussi bien mal sa doctrine, en allant jusqu'à prétendre que l'Eglise cesse d'être infaillible en période de vacance pontificale, ce qui est faux : les évêques seuls demeurent infaillibles en tant que corps, ils ne peuvent pas enseigner avec quasi-unanimité l'hérésie, or les évêques de Vatican ont signé à 97% les textes du Concile.

 

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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 14:35

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26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 09:21

 

13 janvier 2013

ACCOLADE ENTRE L’ORIENT ET … (SUITE) (PAUL VI)

 Le Pape, l'Église d'Occident, et Athénagoras, l'Église d'Orient, se sont embrassés. Justitia et Pax osculatae sunt !

Cette rencontre exceptionnelle a eu lieu au soir du dimanche 5 janvier sur le mont des Oliviers, à la délégation apostolique; elle s'est renouvelée le lundi 6 janvier au patriarcat gréco orthodoxe, où Paul VI était allé rendre sa visite à Athénagoras.

Toutes les polémiques accumulées en neuf siècles se sont dissoutes à la chaleur de cette accolade, malgré les distinctions de caractère théologique et disciplinaire, qui seront bientôt examinées avec un soin minutieux, au cours du dialogue déjà approuvé, tant par l'Église que par la Conférence panorthodoxe de Rhodes.

Athénagoras   arriva   à   la   délégation   apostolique   vers 21h 30 et fut aussitôt introduit dans la salle d'audience, au rez-de-chaussée. Deux fauteuils identiques étaient préparés, sur le même plan, deux fauteuils recouverts de damas rouge. Au bout de quelques minutes le Pape entra et se dirigea les bras tendus, vers le Patriarche.  Ce fut une accolade chaleureuse et spontanée. En neuf cents ans de séparation entre  chrétiens   orthodoxes   et  chrétiens   catholiques,   des milliards d'hommes ont apparu et disparu sur la terre, des milliers de guerres ont été combattues, la civilisation s'est transformée et la face de la terre a littéralement changé; les individus et les peuples, grâce aux nouveaux moyens de communication  se  sont  rapprochés  :   seuls  les  chrétiens restaient lointains, froidement envieux les uns des autres, en une attitude circonspecte et polémique, parfois même âpre et combative. « On, avait fait plus, en ces cinq dernières années, pour l'unité des chrétiens, qu'on avait fait en cinq siècles » affirmait récemment un prélat qui a de graves responsabilités en ce domaine. Et il ajoutait qu'à la lumière et à la chaleur de ce baiser entre Paul VI et Athénagoras, il parvenait à comprendre une phrase que lui avait dite, quelques semaines plus tôt, un archevêque orthodoxe : « Ce qui nous sépare, ce n'est que neuf siècles de séparation. » Ce n'était pas là un mot suggéré par une courtoisie vide, mais une expression qui renfermait la vérité et reflétait la situation, essentiellement psychologique, à laquelle la séparation est en grande partie liée. « D'abord se connaître, ensuite dialoguer, » disait le pape Jean, qui avait deviné, avec une merveilleuse promptitude, la nécessité de renouer l'unité chrétienne. La première condition s'est réalisée dans la double accolade et dans le baiser de paix échangés entre le Pape et Athénagoras. Et cela est arrivé d'une façon enthousiasmante, supérieure à toute attente. Après ce geste d'affection, Paul VI et le Patriarche conversèrent, sans témoins, pendant vingt-cinq minutes. Ils parlèrent en français. Il n'est évidemment pas possible de savoir ce qu'ils se sont dit, mais on peut supposer qu'ils ont parlé longuement du pape Jean, avec lequel Athénagoras avait entretenu, par lettres et par personnes interposées, des relations amicales et à qui il avait l'habitude d'envoyer des cadeaux à l'occasion des fêtes de Pâques.

Le Souverain Pontife et le Patriarche étaient assis a quelques centimètre l’un de l’autre, fraternellement. Le Pape avait voulu donner la droite à son hôte illustre, et cette délicatesse allait bien au delà de la courtoisie, revêtait une signification de bien plus vaste portée: e  Souverain Pontife entendait manifester ainsi, non seulement son respect envers le Patriarche, mais aussi un sentiment d'égalité. Athénagoras s'adressait au Pape en lui disant « Saint Père », et Paul VI, à son tour, l'appelait « Sainteté ».

 Après l'entretien privé, les personnalités furent admises, et Athénagoras adressa au Pape un discours en grec. Le P. Duprey, sous-secrétaire pour les églises orientales du Secrétariat pour l'union des chrétiens, traduisit en français. Le Patriarche dit, entre autre, qu'il désirait ardemment et priait pour que survînt la rencontre dans le Calice, c'est-à-dire dans la célébration des mystères fondamentaux du christianisme. Et le Pape, lui offrant un splendide calice qu'il avait avec lui, lui répondit que c'était là le symbole de ce désir si élevé.

Personne ne pourra plus oublier ce qui se passa ensuite : le Pape commença le Pater noster en latin, scandé par sa suite, tandis qu'Athénagoras le récitait en grec, avec sa suite de métropolites, d'archevêques et d'archimandrites. Paul VI accompagna le Patriarche jusqu'au seuil, et ce fut, de nouveau, le baiser et la double accolade.

Le lendemain, lundi 6 janvier, quelques heures avant de repartir pour Rome, Paul VI se rendit au siège du Patriarcat orthodoxe, sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, pour rendre sa visite à Athénagoras. Le Patriarche l'accueillit dans le jardin de la villa, où ils échangèrent à nouveau le baiser de la paix. A l'intérieur, il fit part au Pape de sa joie et de son émotion et Paul VI manifesta les mêmes sentiments, rappelant qu'Athénagoras avait désiré cette rencontre, depuis le temps de Jean XXIII. Il ajouta que, de part et d'autre, les chemins qui conduisent à l'union des chrétiens peuvent être longs et semés de difficultés, mais qu'ils convergent l'un vers l'autre et, en définitive, rejoignent les sources de l'Évangile.

Un communiqué officiel, sur la rencontre entre Paul VI et le patriarche Athénagoras, déclare qu'elle ne peut être considérée que comme « un geste fraternel, inspiré par la charité du Christ et, qu'après tant de siècles de silence, les deux Pèlerins se sont rencontrés dans le désir de réaliser la volonté du Seigneur et de proclamer l'antique vérité de son Évangile, confiée à l'Église. » La séparation des deux Églises, si l'on excepte l'infructueuse tentative d'union du Concile de Florence (1439), dure depuis plus de neuf siècles, et ne pourra être effacée d'un seul coup.

Mais un extraordinaire pas en avant a déjà été réalisé, avec cet entretien entre les « deux Saintetés », qui aura des effets positifs, à une échéance pas forcément lointaine. L'allusion à la rencontre dans le calice et l'offre d'un calice, constituent probablement, une indication très valable, et non fortuite, sur la possibilité d'une communication in sacris, c'est-à-dire d'une reconnaissance réciproque : déjà les sacrements, le sacerdoce et la hiérarchie des orthodoxes sont pleinement reconnus par l'Église catholique, en ce qu'ils maintiennent la forme et la nature originales, comme avant la séparation des deux Églises. Et même après la séparation, jusqu'au dix-huitième siècle, les prêtres catholiques pouvaient célébrer dans des églises orthodoxes. La communication in sacris pourrait être la première pierre, sur laquelle on construira, grâce à des contacts théologiques qui, du côté catholique, ne conduiront à aucun compromis en matière doctrinale « le patrimoine n'est pas à nous, il est au Christ; nous n'en sommes que les gardiens, les maîtres, les interprètes. »

 Mais il n'en est pas moins évident que, malgré les difficultés, la route de l'unité est désormais dans la réalité du temps. 

Une journée aussi mémorable, une rencontre aussi prometteuse pour l'union du christianisme, ne pouvaient finir que sur un épisode d'une touchante délicatesse, qui incarne parfaitement la sensibilité et la charité de Paul VI.

Le Pape, déjà terriblement fatigué par son voyage, venait de rentrer à la délégation, après l'entrevue avec le patriarche Athénagoras, quand le délégué, Mgr Lino Zanini, s'approcha; il lui dit qu'un enfant paralytique de cinq ans, un petit arabe, avait exprimé le désir de rencontrer le Pape, de lui parler. Il n'avait pu, comme les autres, le saluer, le voir, et l'acclamer dans les rues de Jérusalem et il osait, timidement mais en confiance, demander cette audience exceptionnelle. Il était déjà tard, plus de 23 heures, mais la famille avait conduit le petit infirme à la délégation. Il s'appelle Samir Najjar et déjà, dans sa très courte vie, il a connu la douleur, la souffrance la tristesse de ne pas être comme les autres enfants. 

Paul VI le fit aussitôt amener près de lui. Quand Samir arriva dans les bras de ses parents, il le regarda et lui sourit; le sourire du Pape voulait certainement cacher son angoisse de se trouver devant un petit paralysé. Il s'approcha, tendant les bras, se pencha vers lui et s'agenouilla, pour se mettre au même niveau, en un geste d'une humilité si spontanée qu'il arracha des larmes aux quelques personnes présentes. Le Pape et l'enfant conversèrent longuement, en un langage fait de regards,  de gestes et de caresses plutôt que de paroles. Autour d'eux régnait un silence absolu, mais chacun pensait à Jésus qui si souvent avait dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » et aux pages de l'Évangile qui racontent ses contacts avec les infirmes. Puis le Pape l'embrassa, l'éleva dans ses bras, et le rendit à ses parents, émus et troublés, les congédiant avec une bénédiction paternelle, non sans avoir chargé son secrétaire de leur remettre une importante somme d'argent.

A suivre…

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

14 janvier 2013

RETOUR A LA SOURCE… PAUL VI suite et FIN

Lorsque Paul VI arriva à la Grotte de la Nativité, dans la Basilique qui l'enferme comme en un écrin, le soleil était déjà haut; les arcs de triomphe, les drapeaux, les manifestes multicolores et les élégants vêtements de fête de cette foule orientale, si généreuse dans l'enthousiasme et si passionnée dans ses manifestations, suscitaient une joyeuse atmosphère.

Bethléem est à environ huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer et, en hiver, il y fait très froid. On comprend la neige autour de la crèche, les feux sur les routes, les gens enveloppés de manteaux. Bethléem signifie Ville du Père et constitue, sans aucun doute, la halte la plus touchante en Terre Sainte.

 Voici, selon la tradition, la Grotte de la Nativité; c'est un rectangle long d'un peu plus de douze mètres et large de trois et demi. On peut voir devant l'autel une étoile d'argent, portant l'inscription Hic de Virgine Maria Jésus Christus natus est. La crypte est éclairée par cinquante-trois lampes, dont dix-neuf appartiennent aux catholiques latins. Jusqu'à un passé très récent, les chrétiens se disputaient la propriété de la grotte et des manifestations regrettables avaient lieu, pour une lampe ou un tapis à ajouter ou à retirer. Il semble maintenant que la paix fraternelle soit revenue et qu'elle doive s'affirmer, après la rencontre du Pape avec Athénagoras, Benedictos et l'arménien Derderian.

L'histoire de cette journée, la dernière passée par le Pape en Terre Sainte, est très rapide. Après avoir célébré la Messe, il prononça un discours programme à l'intention de l'Église catholique, des frères séparés et du monde entier : « Nous avons trois simples mots à dire, un au Christ, un à l'Église, le troisième au monde. »

 Après avoir invité l'Église à vivre sa « profonde et visible unité », le Saint Père s'est adressé aux autres chrétiens : « Il est désormais clair pour tous que l'on ne peut éluder le problème de l'unité : cette volonté du Christ apparaît dans toute son urgence à nos esprits ; elle nous oblige à faire, avec sagesse et amour, ce qui est possible que pour tous les chrétiens puissent jouir du bienfait souverain et du souverain honneur de l'unité de l'Église. Nous devons pourtant, même en cette occasion unique, dire qu'un tel résultat ne peut être obtenu au détriment de la vérité et de la foi. Nous ne pouvons manquer de cohérence envers ce patrimoine du Christ; il ne nous appartient pas, il est à lui; Nous n'en sommes que les gardiens, les enseignants, les interprètes. Mais Nous répéterons encore que nous sommes disposés à considérer toute possibilité raisonnable, pour aplanir les chemins de la compréhension, de la révérence, de la charité, vers une future rencontre, que Dieu veuille proche, avec nos frères chrétiens, encore séparés de nous. La porte de la bergerie est ouverte. L'attente de tous est loyale et cordiale. Le désir est fort et patient. La place disponible est vaste et commode. Nous nous abstiendrons de demander des actes qui ne soient pas libres et convaincus. »

En ce qui concerne le monde, le Pape, après avoir précisé que, par le terme monde, il entendait désigner : « Tous ceux qui regardent le christianisme du dehors, qu'ils lui soient étrangers ou qu'ils se sentent tels, » a poursuivi en disant : « Nous ne demandons que la liberté de professer et d'offrir à qui l'accueille librement cette religion... Nous désirons agir pour le bien du monde. Pour son intérêt, pour son salut. Nous pensons qu'il a besoin du salut que Nous lui offrons... Nous considérons le monde avec une immense sympathie. Que l'on sache comment le Christ, qui vit encore aujourd'hui dans son Église, s'annonce au monde à partir de cet endroit, de ce berceau qui marque son arrivée sur cette terre. »

Enfin, le Pape a adressé un salut particulièrement respectueux à ceux qui professent le monothéisme et, comme nous, rendent leur culte religieux au seul vrai Dieu, souverain et vivant, le Dieu d'Abraham...

Ce salut s'adressait évidemment, aux juifs et aux musulmans, qui reconnaissent en Abraham la souche principale, le prophète du seul vrai Dieu. C'est un salut qui a touché, depuis cette terre justement partagée entre juifs, chrétiens et musulmans, plus d'un demi milliard d'hommes.

 Paul VI, après son mémorable discours de la Grotte, d'où le christianisme tira ses origines, alla en visite chez le Patriarche arméno grégorien, rendit la sienne à Benedictos Ier, pour un dernier remerciement, et, de retour à la délégation apostolique, reçut les chefs des communautés chrétiennes locales, syrienne, éthiopienne, anglicane et luthérienne, et le grand muphti musulman.

 Avant de quitter Jérusalem pour rejoindre Ammam et prendre l'avion pour Rome, Paul VI a voulu envoyer 240 messages de paix et de vœux chrétiens aux églises et associations chrétiennes représentées au Concile, aux Chefs d'États et aux organisations internationales, sans aucune exclusion géographique, politique ou idéologique, confirmant ainsi une nouvelle fois les intentions d'unité et de paix de son pèlerinage et son but généreusement œcuménique.

On ne peut nier que le pèlerinage de Paul VI en Terre Sainte ait eu des  résonances  supérieures à toute attente, tant dans les lieux visités que dans la chrétienté et le monde tout entier. Le Souverain Pontife lui-même affirmait, dans sa première audience après son retour, le jeudi 9 janvier : « Jamais le rapport entre Jérusalem et Rome n'est apparu plus direct et plus lié au sort spirituel de l'Église catholique et de sa mission parmi les hommes... Avec un étonnement et une joie immenses, Nous Nous sommes sentis entourés d'un enthousiasme si général,  en tous lieux et en tous moments de Notre voyage, que Nous devons attribuer de tels effets à des causes supérieures aux causes normales; des motifs nouveaux, étrangers, supérieurs ont véritablement influé sur l'heureux succès de Notre voyage ; il a été le coup de charrue qui a retourné un terrain endurci et inerte; il a soulevé la conscience de pensées et de desseins divins, ensevelis, mais non éteints par une expérience historique séculairequi semble, maintenant s'ouvrir à des voix prophétiques. »

 Il serait facile de rapporter ici les commentaires de personnalités ou les échos de presse qui, bien que provenant des milieux les plus disparates et les plus éloignés, se rejoignent pour souligner l'importance historique de l'événement. Mais les silences et les voix hostiles n'ont pas manqué non plus. Le  monde protestant  a peu  commenté  la  rencontre  de Paul VI et d'Athénagoras, à laquelle il ne se sentait pas directement intéressé.  Sur le pèlerinage en général, il a considéré comme positif le retour aux sources de l'Église catholique, mais a critiqué un certain apparat de grandeur extérieure et certaines paroles du Pape sur le culte de la Vierge et sur l'unité considérée comme un retour à la bergerie unique. Parmi les Églises orthodoxes mêmes, l'intérêt de l'Église russe pour l'événement s'est révélé plutôt limité; l'Église grecque a manifesté, par des discours, des articles et même des prières, sa désapprobation envers une rencontre considérée comme une manœuvre papiste et une menace contre l'orthodoxie. Cette attitude, en grande partie prévue, n'a pourtant pas été partagée de tous. Nous avons vu des théologiens laïcs d'Athènes et de Thessalonique accompagner le patriarche de Constantinople, ce que fit également le métropolite Kallinikos.

Les milieux gouvernementaux grecs se sont montrés favorables à la rencontre, ainsi que plusieurs journaux laïcs, et même certains membres de la hiérarchie, comme le métropolite de Corfou. Un vif échange d'opinions a eu lieu au cours d'une réunion du Saint Synode, pendant laquelle le primat Chrisostomos aurait déclaré : « Je m'oppose non seulement à l'union des Églises, mais encore à un simple contait avec les catholiques. »

Ces réactions, qui n'ont pas fini d'être repensées, ne diminuent en aucune manière l'importance œcuménique de l'événement de Jérusalem. Il a fait clairement apparaître à quel point l'Église catholique et l'Église orthodoxe se sentent proches, sur la base de la même foi, de la participation aux mêmes sacrements, du lien de la même hiérarchie épiscopale; et cela a permis, d'une façon relativement simple, et sans qu'existent de précédents rapports structurés, une rencontre à un niveau élevé, dans un climat de pure fraternité, après des siècles d'éloignement et d'ignorance réciproques.

Évidemment il ne s'est pas agi d'union et toutes les grandes difficultés subsistent. Mais nous sommes devant un nouveau, peut-être l'un des principaux jusqu'à présent, signe des temps : un coup de charrue qui a retourné le terrain durci du passé; une prémisse de l'union totale, encore lointaine, mais plus proche, qui reste le grand but de l'avenir, comme l'a dit le Pape.

 Au fond, ce qui donne sa valeur à l'événement, c'est qu'il semble destiné à ne pas rester un épisode isolé, mais à être le début d'un chemin nouveau. Paul VI et Athénagoras, en se quittant, se sont dits « Au revoir ».

 « Ce qui m'a profondément frappé, a déclaré Athénagoras, après avoir parlé de la bonté, de la culture, de la sagesse et surtout de l'humilité de Paul VI, c'est que le Saint Père a complètement oublié le triste passé, et a permis à une ère nouvelle de s'ouvrir. » Dans cette ère nouvelle, Paul VT et Athénagoras se sentent pleinement engagés : on a pu en avoir plusieurs preuves tout récemment. Athénagoras a communiqué aux Églises orthodoxes l'expérience de ses entrevues avec Paul VI; il a maintenu les contacts avec Rome, où sont venus, le 16 janvier, deux métropolites orthodoxes, Athénagoras de Thiatira et Maximos de Laodicée; il a parlé à nouveau d'une rencontre au sommet de tous les chefs des Églises.

 Paul VI, à son tour, a rappelé la rencontre à plusieurs reprises, dans des discours, des audiences ou dans ses écrits; il a adressé, le 15 janvier, une lettre à tous les évêques, leur demandant de promouvoir la célébration de l'octavaire de l'unité; il a dit aux fidèles réunis sur la place Saint-Pierre, le 19 février, qu'il voulait étendre « son désir de pacification universelle aux grandes familles chrétiennes séparées : anglicans, protestants, vieux catholiques, et ainsi de suite. »

 Le coup de charrue a maintenant été donné et le sillon a été ouvert, vers l'union. On pourra dire, demain, que ce pèlerinage a été la préface du cinquième Évangile, l'Évangile de Unum sint et de la paix fraternelle.

Fin de la série

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 17:09

« Le péché n'est jamais commis que par la volonté, » écrit saint Augustin ; c'est-à-dire, comme l'explique saint Tho­mas, il est commis par la volonté, qui est le premier moteur de nos facultés et de nos sens. Ainsi, je pèche par passion, quand je donne libre cours à une colère coupable, par ce que je n'ai pas assez de force d'âme pour retenir ma passion, tandis que je le pourrais si je le voulais.

Le coup donné par l'arme d'un meurtrier est un péché, parce que sa volonté criminelle l'a dirigé. Je puis pécher par la volonté, même quand les autres puis­sances se trouvent momentanément im­puissantes, comme lorsque j'entretiens le désir de la vengeance, sans être capable d'ailleurs de passer à l'effet, parce que celui à qui j'en veux n'est pas à ma portée.

De même, la vertu réside dans la vo­lonté. Un soldat qui se bat courageuse­ment dans une guerre juste fait un acte vertueux, autant que sa volonté est com­mandée par le patriotisme. S'il gît im­puissant dans un hôpital, sa volonté de servir la patrie est encore un acte de vertu.

Mais elle n'est pas bonne, la volonté qui ne met pas en mouvement les autres facultés, quand elle pourrait le faire et que leur concours serait opportun. Ainsi, c'est le moment de me lever ; je le sais, je suis bien portant, et je de­meure au lit ; il serait absurde de dire que j'ai la bonne volonté de me lever.

La bonne volonté- est « effective ; » - elle met nos puissances en jeu et leur commande. Dans le cas cité plus haut, je n'ai pas une volonté réelle de me lever, mais seulement ce qu'on appelle une « velléité ».  Je vois la raison de me lever, et voudrais lui obéir, mais je me sentais trop confortable dans mon lit.    (Velim, non volo.)

Mais quand mes autres puissances agissent indépendamment de la volonté, il n'y a pas de péché. Ce n'est pas un péché de me sentir de mauvaise humeur, le matin, quand j'ai été privé de la moi­tié du repos de la nuit. Quand j'ai été très blessé par quelque chose qu'on m'a dit, et que, par suite, toutes sortes de pensées désordonnées s'agitent dans mon esprit, il n'y a pas de péché dans toute cette excitation, aussi longtemps que ma volonté n'y a point de part, ou que je puis dire loyalement : » Je ne veux pas ces pensées, et je désirerais ne pas les avoir ».

Cette doctrine de la bonne volonté doit être une grande consolation pour ceux qui s'efforcent d'être bons. Si je ne puis toujours penser comme je voudrais, ou cesser de sentir des choses auxquelles je désirerais être insensible ; encore moins puis-je commander d'une manière absolue les événements du monde qui m'entoure. Je ne puis assurer le succès ; je puis seulement m'efforcer de l’obte­nir ; quelquefois je l'atteindrai, souvent je ne l'atteindrai pas. Mais les événements de ce monde sont passagers : ils arrivent, et déjà ils ne sont plus ; au contraire, la bonne volonté et la mauvaise volonté sont éternelles.

Sans doute, le mal peut être pardonné par le repentir, et la bonne volonté peut être détruite par le péché. C'est un acte de volonté rem­plaçant l'acte précédent. Mais la bonne et la mauvaise volonté sont éternelles, en ce sens qu'au jour du jugement, quand le cours de l'histoire humaine aura pris fin, quand les succès auront passé pour ne plus revenir, quand les échecs se seront évanouis comme s'ils n'avaient jamais eu lieu, la seule chose qui restera debout et subsistera sera la bonne et la mauvaise volonté de l'humanité. La bonne volonté des élus durera pour leur récompense éternelle, et la mauvaise volonté des réprouvés sera la racine maudite de leur éternel malheur. Nous lisons dans les Révélations .de sainte Gertrude que Notre-Seigneur lui dit un jour « Ma fille, quoi que tu fasses, aie toujours de la bonne volonté : tu gagneras plus par-là, que si tu gagnais l'univers entier ».

Je sais que je ne serai pas toujours heureux dans mes entreprises, mais Seigneur Dieu de l’univers, daigne me faire la grâce de rester toujours un homme, ou une femme, de bonne volonté !  

 Ce texte est extrait  du livre VOUS ÊTES A JÉSUS CHRIST, du R. P. RICKABY, S. J. , qui fût publié en 1911.  

Elogofioupiou.over-blog.com   

                                   

 

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