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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 21:10

                               

 « Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

                Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la Divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la Gloire, coéternelle la Majesté.

                     Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais UN incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant Ils ne sont pas trois tout-puissants, mais UN tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais Un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant Ils ne sont pas trois Seigneurs, mais UN Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des Personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

                  Le Père n'a été fait par personne et Il n'est ni créé ni engendré ; le Fils n'est issu que du Père, Il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais Il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit. Et dans cette Trinité il n'est rien qui soit avant ou après, rien qui soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité.

                Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la Substance du Père, engendré avant les siècles, et Il est homme, de la substance de Sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la Divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ; UN, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; UN absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, Il est descendu aux enfers, le troisième jour Il est ressuscité des morts, Il est monté aux cieux, Il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A Sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel.

Telle est la foi catholique : si quelqu'un n'y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. »

2mai 2012

http://amdg.over-blog.fr/article-saint-athanase-glorieux-combattant-de-la-foi-104278127.html

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 19:01

 

De quoi s'agit-il ? Il s'agit de l'ignorance religieuse des catholiques.

Il s'agit, pour les catholiques, de prendre conscience d'une situation grave, anormale, scandaleuse ; il s'agit que cette prise de conscience soit suffisamment claire, ample et aiguë pour que des remèdes soient apportés qui remédient enfin efficacement à cette situa­tion.

Les expressions les plus fortes, à ce sujet, sont celles des Papes.

Pie XI a dit: « Nous espérons, qu’on aura la joie de voir disparaître cette grande honte des nations catholiques qu'est l'ignorance de la divine religion. »

Pie XII, en 1948, se voyait obligé de « parler de cette ignorance comme d'une plaie ouverte dans le flanc de l'Église ».

Quant à la cause essentielle de cette ignorance, Pie XI parlant de Pie X, l'indiquait ainsi :

« Ce vigilant pontife, après avoir montré les avantages de l'enseignement du catéchisme, avantages qui lui sont absolument spéciaux, estime à bon droit que, si la foi languit de nos jours, si même elle est presque mourante, la seule cause en est que la doctrine chrétienne s'enseigne négligemment ou qu'on se dérobe à l'obligation de cet enseignement. »

La tentation ici serait de rejeter ce diagnostic, et d'en appeler à des influences où nous ne trouverions plus nos responsabilités : école laïque, politique antireli­gieuse, etc. Ces influences ont existé et existent : elles n'ont jamais été, pour l'ensemble, déterminantes. Il suffit d'avoir essayé, pendant quelques années, d'améliorer l'organisation d'un catéchisme, ou du catéchisme en général, pour avoir éprouvé, avec une évidence doulou­reuse, que les vrais obstacles, les plus irrésistibles, viennent de nous, catholiques, et que la parole de Pie XI exprime la vérité.

Écoutons d'ailleurs le Pape Pie XII, dans son discours aux membres du premier Congrès Catéchistique inter­national, d'octobre 1950. Le Pape parle des obstacles à la vie chrétienne :

« On a tellement parlé des obstacles, que leur recensement et leur énumération peuvent sembler bien difficiles. Certains sont d'ordre intérieur, d'autres, d'ordre extérieur. De l'in­térieur proviennent les mouvements d'une âme troublée, l'orgueil, la débauche, le mépris du travail, la fuite devant la souffrance; du dehors, les sollicitations de l'esprit mau­vais, la frivolité et la fascination du monde pécheur et, surtout, aujourd'hui, des erreurs répandues jusqu'à la pro­fession ouverte d'athéisme, pour ne pas parler des orga­nismes qui n'ont pas honte d'inculquer de force des idées fausses à l'enfance elle-même dans son âge le plus tendre. Ces obstacles font naturellement sentir leurs effets, si une base solide, stable et assez étendue, vient à manquer totale­ment ou demeure insuffisante.

« On dira que ce fondement réside dans les lois, les principes, les usages, les coutumes légitimes. Tout cet ensemble, si bon soit-il, forme les rameaux et non la racine ; et dès lors, il a de par sa nature une grande utilité, si ensuite la doctrine de vérité abonde pour le vivifier, doctrine qui embrasse les dogmes, les lois morales et les règles du culte divin. Si, au contraire, le substratum doctrinal fait défaut, tout le reste demeurera vide de sens et nua­geux. Mais si la doctrine est l'objet d'études approfondies et se traduit dans les actes, l'influence des maux que Nous déplorions tout à l'heure, sans peut-être disparaître com­plètement, sera du moins diminuée et permettra à l'homme de progresser plus facile­ment. »

Nous n'avons pas l'intention, ici, d'étaler l'ampleur de l'ignorance religieuse : ignorance de bien des enfants qui « quittent » le catéchisme, ignorance des jeunes gens et jeunes filles qui sortent des collèges, même chrétiens, ignorance des adultes, même de milieux par ailleurs cultivés ; ignorance, non pas seulement de tel ou tel point de doctrine, mais surtout ignorance de l'esprit même du christianisme. Chacun de ceux qui, catéchistes d'enfants ou d'adultes, ont le souci d'annoncer l'Évangile, ont rencontré cette ignorance ; les faits que nous citerions seraient à la fois trop peu nombreux et trop exceptionnels; le plus grave est d'ailleurs dans une absence trop générale de culture religieuse profonde.

Il convient donc surtout de jeter un regard sincère sur cette plaie ouverte qui, malgré de grands efforts individuels, et un commencement d'effort collectif, ne se ferme pas. Nous avons dit, il y a quelques années, la misère de notre enseignement religieux et ce qu'il faudrait faire pour que notre catéchisme soit efficace. La plupart des choses qui ont été dites valent encore. Nous ne les redirons pas ici, sinon en passant. Notre propos est, maintenant, de déceler les raisons pour les­quelles nous n'employons pas, ou n'employons pas à la dose voulue, les remèdes proposés. Des obstacles existent qui arrêtent les efforts ; certaine mentalité semble empê­cher les chrétiens de comprendre la gravité de la situation. Des habitudes de penser et d'agir détournent d'entre­prendre avec la persévérance, l'audace et la ténacité voulue, les réformes de structure absolument nécessaires. Ce sont ces manières de penser qu'il faudrait déceler, analyser, mettre à jour. Elles sont parfois inconscientes, ou bien nous les maintenons, plus ou moins volontaire­ment, à la marge de notre conscience. Elles n'en rendent pas moins en partie inopérants nos efforts. Nous savons autant que quiconque la réalité de ces efforts : nous en sommes témoin, soit au plan national, soit au plan des plus petites paroisses. Nous disons pourtant : « II y a encore une paralysie réelle dans l'Église de France quand il s'agit d'enseignement religieux, et les mouvements accomplis n'ont pas la souplesse et la coordination qu'ils ont dans un organisme en pleine vie».

 Extrait de : PLAIE OUVERTE au flanc de l'Église.  Joseph COLOMB, P.S.S.  1960

Note : En 2012, la situation est vraiment catastrophique et ne semble pas inquiéter la fausse église Vatican d’eux.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:39

 


  Me voici donc, pères et mères, prosterné à vos pieds, les mains jointes et les genoux en terre, pour vous supplier d'écarter des dangers si terribles : je voudrais vous y aider, c'est pourquoi je vous le répète : Aimez vos enfants, oui, aimez-les ; mais aimez-les d'un amour saint et réglé ; et pour cela surveillez leur conduite.

 

C'est à vous d'épier toutes leurs paroles ; de régler tous leurs gestes, de connaî­tre tous leurs mouvements. Il ne suffit pas que vous leur donniez une direction, il faut en venir à la pra­tique et suivre leurs démarches non pas seulement au logis, mais partout, dans l'endroit et au dehors, en public et en secret, en société et en particulier.

 

Vous devez observer où ils vont, qui ils voient, de quoi ils parlent, quels sont leurs goûts et leurs inclinations. Vous devez leur procurer des maîtres craignant Dieu, des confesseurs zélés, des emplois convenables. Vous devez régler leurs études, leurs travaux, et surtout leurs dévotions, en vous informant comment ils fréquentent les églises, les associations pieu­ses et les sacrements.

 

C'est là le fruit que vous devez retirer de ce sermon. Rassemblez vos enfants dès ce soir et donnez vos ordres ; usez de l'autorité que vous avez reçue de Dieu, en leur enjoignant d'être rendus à la maison de bonne heure, le soir, de ne point sortir la nuit, de ne point aller avec tels com­pagnons, d'être respectueux envers tout le monde et partout, à la maison, à l'église et en public.

 

Et pour que vous voyiez que je parle du fond du cœur, j'embrasse ce saint crucifix, je pose mes lèvres sur ses plaies sacrées, et abreuvant ma langue du sang de Jésus-Christ, je finis en empruntant ces paroles du grand Chrysostome : « II ne s'agit pas ici de peu de chose, et ce n'est pas pour des bagatelles que je suis en instance auprès de vous : c'est l'âme de votre enfant et son sort éternel qui est en jeu. »

 

Chrétiens, mes bien-aimés frères, si je m'étais épuisé jusqu'ici à vous persuader des vétilles, il importerait peu que cette instruction fût traitée comme toutes les autres, c'est-à-dire qu'en dépit de mes paroles on continuât à vivre dans les mêmes désordres qu'auparavant.

 

Mais s'il s'agit de ceux qui sont la plus noble partie de vous-mêmes, s'il s'agit de faire des anges ou des démons de ces créatures que vous chérissez si tendre­ment, comment donc ne profiteriez-vous pas de mes sueurs ?

 

Ah ! Souvenez-vous bien que vos enfants seront tels que vous les voudrez, bons si vous les voulez bons, méchants si vous les voulez méchants. Souvenez-vous que vous devez, en élevant bien vos enfants, pourvoir la société de ministres intègres, les ateliers d'artisans fidèles, les tribunaux de magistrats équitables, l'Église de prêtres exemplaires, les Ordres religieux d'ouvriers zélés, le paradis de citoyens, d'élus, de saints.

 

Si vous le faites, oh ! Quelle joie, quelle récompense, quels délices vous vous prépa­rez ! Si vous ne le faites pas, ah ! Quels remords, quelle peine, quels tourments !

 

Vous verrez alors d'une manière palpable que l'amour déréglé des parents est une haine véritable, la cause de la perte éternelle des enfants, et que la perte des enfants en revanche est une cause de damnation éternelle pour les parents.

 

Que Dieu vous préserve de ce malheur. Amen.

 

 Fin de cette série

 

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:32


 Si vous ne m'en croyez pas, écoutez l'Apôtre fulminant contre les parents qui négligent l'éduca­tion de leurs enfants, des excommunications plus terribles que contre les Juifs, les païens et les athées (I Tim.5, 8) : un père, une mère qui ne prend pas soin des siens et surtout de ceux de sa maison, a renié sa foi !

Quel coup de tonnerre, écoutez bien : il a renié sa foi et il est pire qu'un infidèle. Quoi ! Quoi ! Pire qu'un infidèle ? Oui, pire qu'un infidèle, c'est l'Apôtre qui le dit ; car un infidèle, s'il induit son fils en erreur, a une excuse dans son propre aveuglement ; tandis qu'un père chrétien, c'est de gaîté de cœur qu'il pousse son pauvre enfant à sa perte et le jette dans l'abîme.

« Pire qu'un infi­dèle, » parce que l'infidèle perd un fils qui était déjà un enfant de perdition, tandis qu'un père chrétien ruine une âme douée des dons précieux de la foi et de la grâce, et élevée pour la gloire.

« Pire qu'un infidèle » parce que l'infidèle n'enlève pas à Dieu une victime qu'il lui eût déjà offerte, tandis qu'un père chrétien lui dérobe par un vol sacrilège, ce cœur qu'il lui avait consacré dans le baptême.

« Pire qu'un infidèle » parce que l'infidèle n'a d'autre fin en vue que d'élever son enfant pour les plaisirs, les richesses, les honneurs temporels ; tandis qu'un père chrétien connaît très bien le tort immense qu'il fait à son fils en l'élevant mal ; il sait qu'il l'élève pour l'enfer ; il connaît le tort considérable qu'il fait à la société, parce qu'il suffit quelquefois des dérègle­ment d'un homme mal élevé pour infecter toute une commune : il connaît la grandeur de l'outrage qui en résulte pour Dieu, qu'il prive d'une âme rachetée au prix de son sang. De sorte qu'un père chrétien qui n'élève pas bien sa famille est un traître à l'égard de son propre sang, traître à l'égard de la société, traître à l'égard de Dieu.

Et c'est avec rai­son que l'Apôtre l'anathémise comme rebelle à la nature, rebelle à la grâce, rebelle à la foi. Oui, oui, il est mille fois pire qu'un infidèle. Ah ! Réveillez-vous ce matin, pères et mères, oncles et ascendants, tuteurs, maîtres et maîtresses, et réfléchissez aux désordres incalculables que vous introduisez dans le monde par la mauvaise éducation des enfants con­fiés à vos soins.

Vous mettez en deuil le ciel et la terre et la sainte Trinité tout entière se plaint de vous : le Père éternel se plaint de vous, parce que, admis à partager avec lui son titre de père, vous en abusez pour la ruine des âmes. Le Fils se plaint de vous, parce que choisis pour coopérateurs du salut de vos enfants, vous en êtes devenus les bourreaux. Le Saint-Esprit se plaint de vous, parce que, choisis pour servir comme de canaux aux inspirations qu'il ménageait en faveur de vos enfants, vous n'avez fait qu'opposer des obstacles à ses desseins miséricor­dieux.

La sainte Vierge se plaint de vous, parce que, désirant voir le ciel se peupler par votre moyen, elle voit que vous ne travaillez qu'à peupler l'enfer. Les anges gardiens se plaignent de vous, parce que vous rendez vaine l'assistance qu'ils prêtent nuit et jour à ces petites créatures.

Les villes se plaignent de vous, les campagnes se plaignent, le pays se plaint, parce que, grâce à la mauvaise éducation de vos enfants, on voit ses espérances trahies, les lois foulées aux pieds, et le monde entier livré au désordre, mais ce sont surtout vos enfants eux-mêmes qui se plaignent de vous, comme le dit l'Esprit Saint (Eccli. 41, 10.): « Les enfants se plaignent d'un père impie, parce qu'à cause de lui ils sont dans l'opprobre, » Ils se trouvent plongés dans cet opprobre éternel, auquel ils n'échapperont jamais plus.

Ils vous attendent au fond des abîmes pour assouvir sur vous leur rage : maudits parents, dira ce pauvre enfant, c'est pour vous avoir vus, pour vous avoir imités que je brûle parmi ces flam­mes. Maudit père, je t'ai vu dans cette chambre, dans ce cabaret, dans cette maison, et pour t'avoir vu, me voilà damné. Mère maudite, je t'ai vue devant le miroir, à la fenêtre, au spectacle, dans les festins, et si je t'ai vue à l'église, Dieu sait comment tu t'y tenais, et pour t'avoir vue, me voici au nom­bre des réprouvés.

Ah ! Maudites les entrailles qui m'ont conçu, maudit le sein qui m'a allaité, maudit le jour qui m'a vu naître !  Oh ! Quel enfer pour un pauvre père de voir brûler un fils sous ses yeux, et surtout d'avoir la conviction qu'il est l'auteur aussi bien que le témoin de son supplice !

Quel enfer pour une pauvre mère de voir brûler sa fille sous ses yeux, de voir que ce corps qu'elle a porté dans son sein n'est plus qu'un tison enflammé, que ces che­veux qu'elle a tant de fois ajusté sur son front pour la rendre plus séduisante, ne sont plus qu'un fais­ceau d'affreux serpents !

Ah ! Pères et mères, vos propres péchés ne vous suffisent donc pas ? Faut-il en outre que vous vous damniez pour ceux de vos enfants ?

Malheureux ! Si vous tombez en enfer, les démons les plus cruels pour vous, ce seront vos enfants, oui, vos enfants ; car les mauvais esprits auront plutôt sujet de vous remercier, attendu que, grâce à ce seul péché de la mauvaise éducation, ils voient confondus dans une commune damnation et le père, et la mère, et les enfants, et les petits-enfants, et des familles entières : en un mot, grâce à un seul péché, ils voient le monde en ruine.

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 16:50

 


Le gardien d'un troupeau est fait prisonnier, enfermé et mis au secret sans savoir pourquoi. Dans sa prison solitaire, il fait son examen. Sans aucun doute, se dit-il, ils m'ont arrêté par erreur. Je ne craindrais pas de tout dire ici, personne ne m'entend ; quel mal ai-je fait ? Tous les jours je disais mon chapelet, est-ce mal ? Je jouais de la musette, je chantais la chansonnette du pays ; y a-t-il quelque mal en cela ? Je tissais des corbeilles de jonc et de genêt, et vers midi je prenais un peu de repos à l'ombre d'un peuplier ; est-ce en cela qu'il y aurait du mal ? Et pourtant on m'a enfermé ici.

 

   Justice, que fais-tu, où es-tu ?  La voici qui entre : Viens, dit-elle, au prisonnier ; et elle le con­duit au tribunal, où il est condamné. Mais vous me prenez sans doute pour un autre ; ou j'ai été calomnié. Méprise! Calomnie! N'es-tu pas le gardien de tel troupeau, et ne t'appelles-tu pas de tel et tel nom ?  C'est vrai.  Eh bien ! Tu es con­damné aux galères.  Mais pourquoi donc, juge ?

 

    Pourquoi, le voici : pendant que tu t'amusais à jouer et à chanter, ou bien même que tu dormais tranquillement, tes chèvres ont rompu la haie, sont entrées dans tel jardin, et y ont tout ravagé. Ce sont des bêtes, elles ne sont pas responsables, c'était à toi de les garder ; tu porteras la peine des dégâts qu'elles ont causés. Tandis que, insensé, tu disais ton chapelet, les grosses bêtes à cornes sont entrées dans ce vignoble et y ont fait un immense dégât ; ces animaux n'ont pas le discernement, c'était à toi d'y veiller, de crier et de faire jouer le bâton. Et bien ! Tu porteras la peine du mal qu'ils ont fait.

 

    Pères et mères, cette allégorie vous concerne : vous comparaîtrez un jour au tribunal de Dieu, et sans en comprendre le pourquoi, vous vous trouve­rez condamnés.  Mais la raison, Seigneur ? La voici : pendant que vous, père et mère de famille, vous alliez à la soirée, à quelque réunion, ou bien que vous dormiez et que vous fermiez les yeux, vos jeunes apprentis, vos enfants, comme des chèvres pétulantes, ont brisé la clôture des divins préceptes, sont entrés dans ce jardin d'innocence, et en ont effeuillé les lis de pureté qui l'ornaient ; c'étaient des têtes sans cervelle ; il était de votre devoir de les surveiller pour les empêcher de mal faire.

 

   Tandis que vous passiez le temps à ce festin ou au specta­cle, vos jeunes gens, comme des taureaux fougueux, ont sauté le fossé, et l'on ne peut dire le mal qu'ils ont fait ; il en est résulté un grand scandale pour tout le pays. C'était à vous, père, mère ou patron, de faire jouer le bâton et de les tenir sous bonne garde : subissez donc la peine du mal qu'ils ont fait.

 

    Cela vous étonne ? Comment ! La justice humaine condamne ce berger pour le tort que font aux champs ses brebis, ses bestiaux ; et la justice divine ne condamnerait pas les parents pour le mal que font dans la maison leurs propres enfants ? Ce pau­vre villageois doit rendre compte du dégât qu'a causé son veau ou sa chèvre dans le jardin de son voisin, et vous, pères et mères, maîtres et maîtresses, vous n'auriez pas à rendre compte des ravages qu'ont faits chez vous et au dehors ce fils libertin, cette fille immodeste, ce garçon sans retenue, cette servante volage, ce serviteur débauché ?

 

    Vous dites quelquefois : J'ai un fils, j'ai une fille qui me dam­neront. Oh ! Que vous dites vrai ! Car je suis d'avis que beaucoup de parents qui vivent bien du reste, seront condamnés à cause de leurs enfants dont ils tolèrent l'inconduite.

 

Par votre amour déréglé pour ces enfants, vous êtes la cause de leur ruine éter­nelle, et la ruine de vos enfants à son tour sera cause de la vôtre. Il vous arrivera comme à cette malheureuse mère en France, laquelle, au rapport d'Orose, poussée au désespoir passa une corde au cou de ses deux petits enfants ; puis ayant lié cette corde à l'extrémité de ses pieds, se laissa tomber d'un nœud coulant qu'elle avait attaché pour elle-même à une poutre, devenant ainsi tout à la fois le bourreau et la potence de ses propres enfants.

 

Cruauté vraiment inouïe, dont on a peine à croire le cœur d'une femme capable ; mais ne voyons-nous pas quelque chose de pis encore de nos jours, de la part de beaucoup de parents pervers et criminels, qui perdent leurs enfants, et en les perdant se préci­pitent avec eux dans les abîmes éternels.

 

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

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31 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 19:32

 


Et cependant, avant de terminer, je suis forcé de découvrir quelque chose de plus horrible encore. Combien de pauvres enfants se mettent à genoux aux pieds de leur père pour en obtenir la permission de se retirer dans un cloître, comme dans un sûr asile, afin de sauver leur âme ?

Et le père, non con­tent de leur opposer un refus net, a recours aux plus étranges procédés, aux plaisanteries, aux railleries, aux reproches, pour traverser leurs desseins et les priver d'un si grand bien. Ah ! Pères cruels, si vous vous trouviez l'un ou l'autre dans une chambre en ruine, envahie par les flammes, avec un de vos enfants à vos côtés, qui vous conjurât en pleurant de le laisser sortir pour échapper à l'incendie, seriez-vous assez inhumain pour l'en empêcher et aimer mieux le voir brûler vif au milieu des flammes ?

Or ce monde n'est-il pas un volcan en éruption ? Ne voyons-nous pas sa lave dévorante envahir les mar­chés, les places publiques, les magasins, les usines, les théâtres, les tribunaux, les villes et les campa­gnes ? Il faudrait être comme la salamandre pour ne pas brûler au milieu des flammes de tant de convoi­tises criminelles. Or que font ces pères qui empê­chent leurs enfants de fuir au fond de quelque cou­vent ? Saint Bernard se charge de vous le dire : « Ils aiment mieux voir leurs enfants périr avec eux que régner sans eux » ; ils préfèrent leur ruine éternelle à leur éternelle sûreté.

 

Que fait, d'autre part, cette mère qui ayant une fille moins avantageusement douée des dons de la nature, l'envoie par force au couvent, et l'y ren­ferme sans craindre ni les excommunications, ni les malédictions de Dieu ?

 

Et si la pauvre enfant résiste, la mère s'impatiente et blasphème. Il faut qu'elle y passe, elle n'a pas le droit de gâter la dot de sa sœur qui est la chérie, pour laquelle on dépense tant d'heures dans la journée, avec le désir impatient, inné, de la produire dans le monde, gracieuse et séduisante, et à qui on n'a pas honte d'enseigner la voie de l'iniquité, en lui disant qu'il faut faire bon accueil à tout le monde, et ne pas se montrer fière ou timide, parce qu'autrement elle ne trouverait per­sonne qui la recherchât. Dira-t-on qu'une mère pareille aime sa fille ?

 

Et si elle en venait jusqu'à trafiquer de l'honneur et de la vertu de sa fille, soit par intérêt dans le but de lui procurer une mise plus éclatante, soit par envie de la placer plus avantageusement ? Ah ! C’est là quelque chose de si révoltant que je n'ai pas le courage d'en parler ici. Je rappel­lerai seulement la sentence formidable que Nôtre Seigneur a fulminée, en déclarant que pour celui qui scandalise une créature innocente, il vaudrait mieux pour lui qu'il fût jeté à la mer avec une meule au cou.

 

Quelle sentence ne mériteront-ils donc pas ces parents qui scandalisent leurs propres enfants, et les arrachent des bras de Dieu pour les précipiter de force en enfer ? Je dis qu'ils méritent d'être jetés à la mer, non avec une meule, mais avec, une monta­gne au cou ; oui, avec une montagne, afin qu'ils apprennent à leurs dépens que la perte des enfants est une cause de damnation éternelle pour les parents, comme je le démontrerai dans la seconde partie. Reposons-nous.

 

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

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29 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 19:51


J'ai dit le mal que les parents font à leurs enfants en négligeant leur éducation ; j'ai dit le mal plus grand encore qu'ils font en leur donnant le mauvais exemple ; mais je n'ai pas encore dit ce qui est le comble du mal, je n'ai pas parlé de ceux qui, par leurs conseils pervers, par leurs doctrines perni­cieuses et par leurs commandements injustes, con­somment la ruine de leurs enfants. Que de pères, matin et soir, font la leçon à leurs enfants et s'asseyent, après dîner et après souper, autour d'une table ou au coin du feu, pour leur enseigner la voie de la perdition.

 

Étudiez, mon fils, leurs disent-ils, (ce n'est pas moi qui vous fais ce reproche, c'est le zélé patriarche de Constantinople, saint Jean Chrysostometome), étudiez bien, mon fils, afin d'arriver un jour à ces postes si honorables que tant d'autres ont obtenus par leur éloquence.

 

Regardez un tel : quelle maison magnifique il a fait construire avec son talent ; quelles brillantes alliances il a contractées ; que de trésors il a accumulés dans l'espace de quelques années ! Des hommes pareils sont dignes d'être imités. Aussi voyez comme il passe  ses jours dans l'abon­dance ; quel équipage, quels honneurs, quelle auto­rité, et comme il est respecté, craint et consulté par tout le monde ! Quand saurez-vous en faire autant ?

 

Or, qui pourrait douter que le cœur encore ten­dre de ce jeune homme ne reçoive promptement l'impression de ces sortes d'enseignements ? Certes, il s'enflamme d'un ardent amour pour les richesses, la grandeur, la gloire, et il se fait un évangile tout différent de celui de Jésus-Christ. Qu'est-ce en effet que tout cela, conclut saint Jean Chrysostome, sinon pousser ses enfants de toutes ses forces vers les cho­ses les plus opposées au salut ?

 

Mais il y a plus encore : que de pères qui font à l'égard de leurs enfants ce que n'osent pas même les esprits infer­naux, qui approuvent leurs désordres et leurs rapi­nes, en applaudissant à leur habileté et à leur indus­trie ! Si cet adolescent se vante d'avoir eu une ren­contre avec un de ses compagnons et de lui avoir meurtri le visage : C'est bien, reprend le père, c'est bien : si quelqu'un te menace, ne sois jamais le second à faire jouer les mains. Quand j'étais jeune comme toi, jamais chien ne m'a mordu sans que je lui aie arraché le poil : je n'ai jamais reculé devant qui que ce soit : sois fils de ton père, et prends bien garde à tels d'une telle famille, je n'entends pas que tu aies rien de commun avec eux : n'aie pas l'audace de leur parler ou de les saluer ; sinon, je ne te recon­nais plus pour mon fils.

 

Ah ! Pères inhumains et indignes d'un pareil titre ! C'est là l'amour que vous professez pour vos enfants ? C'est là les élever pour le gibet, c'est leur procurer des misères, des catastro­phes, des humiliations, des calamités de tout genre en cette vie, et la damnation éternelle dans l'autre.

 

Quel amour monstrueux ! s'écrie saint Augustin : ils prétendent aimer leurs enfants, tandis qu'ils les assassinent et leur préparent la potence ! Pauvres enfants ! Ah ! Qu’il eût bien mieux valu pour vous que votre mère, au lieu de vous envelopper de lan­ges, vous eût mis la corde au cou : elle aurait séparé votre âme du corps, mais elle ne l'eût pas séparée de Dieu, tandis que si vous vous damnez par suite de cette mauvaise éducation, c'en est fait de vous pour toute l'éternité.

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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