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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 19:30

 

A quoi bon chercher à me corriger de mes défauts ? dit Mlle Eulalie... Je n'en viendrai jamais à bout. Avant-hier je m'étais impatientée cinq fois. Je me suis bien promis un progrès hier. Tout compte fait, j'ai eu le dépit de cons­tater que je m'étais impatientée douze fois. C'est fini ! A laver un nègre on perd sa peine. Je me résigne à rester telle que je suis.

A quoi bon chercher à rappeler le souvenir du bon Dieu à quelques pauvres âmes qui ne le connaissent plus ?... deman­de Mlle Antoinette. Après bien des efforts je réussirai peut-être auprès d'une ou deux ; mais pendant le même temps un mau­vais petit journal en aura débauché quarante ! Il n'y a rien à faire. Je ne veux plus m'en mêler.

Nous pourrions poursuivre la série des « A quoi bon ! » Chères âmes, vous n'avez pas encore l'expérience de la vie. Il ne faut pas jeter ainsi le manche après la cognée. Vous avez eu de bonnes intentions, mais il vous aurait fallu un résultat rapide et immense. Votre entrain n'était qu'un feu de paille : la déception que vous avez éprouvée a joué le rôle d'un jet d'eau froide : elle a éteint ce feu.

Ne, veuillez pas devenir de petites saintes en un jour, ni con­vertir à vous seules tout voire quartier.

La correction des défauts ne se nomme-t-elle pas une guer­re ? Dans une guerre, on remporte des victoires et on essuie des défaites. Ne vous étonnez donc pas de n'être pas toujours victorieuses.

Les bonnes œuvres ne sont-elles pas une semence ? Mais quand on sême, il y a des graines qui sont emportées par le vent et d'autres qui sont mangées par les oiseaux.

Et puisque nous parlons de semences, regardez un peu ce vieux chêne qui fait aujourd'hui l'orgueil de la forêt. Com­ment a-t-il commencé ? Il a commencé par un gland, gros comme mon petit doigt. Le gland, jeté là par la tempête ou par une main inconnue, a disparu sous la terre. Il y est resté enfoui des mois, des années peut-être, avant de révéler son existence par une légère tige qui s'élevait vers le ciel. Que dis-je ? Cette tige elle-même est restée bien longtemps perdue au milieu des broussailles : nul ne la remarquait. Et cepen­dant elle grandissait peu a peu dans l'ombre et le silence ; elle étendait et multipliait ses rameaux, et la voilà devenue l'ar­bre superbe que nous admirons.

Ainsi de nous, pieuses chrétiennes. Nous travaillons péni­blement et souvent nous ne voyons pas le bien qui sort de notre travail. Insensées ! Nous voudrions à chaque instant produire des miracles, faire pousser des chênes géants en vingt-quatre heures ! Sachons donc attendre : Laissons au bien que nous avons jeté en terre le temps de germer et de fructifier.

Après tout, l'important est de remplir notre rôle. Ce rôle, pour nous, n'est peut-être que de faire avancer d'un pas le rè­gne de Dieu. Eh bien, faisons-le avancer d'un pas. Une autre personne viendra après nous, qui le fera avancer d'un autre pas, et ainsi de suite, et les efforts des unes s'ajoutant aux ef­forts des autres, le résultat final voulu par Dieu sera ob­tenu.

Pourquoi vouloir l'obtenir sur l'heure, comme s'il ne dé­pendait que de nous seules ? Nous ne sommes qu'une cause dans l'enchaînement des causes, un petit rouage dans l'immensité de la machine. Dieu ne nous demande que de produi­re tel minime effet ; produisons-le et ce sera bien.

Voici une petite histoire qui vous montrera le prix de la patience et de la persévérance.

Une pauvre femme, simple et pieuse, éprouvait un vif dé­sir d'aller s'édifier dans une congrégation voisine, où un pré­dicateur rappelait aux mères leurs devoirs avec chaleur et conviction. Elle demanda la permission à son mari qui refu­sa durement. Le jeudi suivant, jour de la réunion, cette fem­me, non découragée, renouvela humblement, sa demande. Mais en vain. Tous les jeudis c'était la même demande et le même refus régulièrement répétés. Résignée et persévéran­te, la malheureuse s'abstenait d'aller à la réunion et se con­tentait de lire un livre de piété chez elle.

Un jour elle commit le crime d'aller faire cette lecture chez sa voisine en compagnie de quelques autres braves femmes. L'une d'entre elles le raconta et le mari le sut. Il rentre furieux chez lui. « Tu m'as désobéi, dit-il avec co­lère à sa femme ; tu es allée à la réunion, je ne veux plus te voir ! » Et alors, violemment, brutalement, il la chassa de la mai­son.

La pauvre femme eu beau protester, elle fut obligée de des­cendre dans la rue, à peine vêtue et couverte de honte. Elle s'assied, en pleurant, sur le seuil de sa porte, d'où elle entendait encore les éclats de la fureur de son mari.

Ce paroxysme de rage porta ses fruits. Le mari, qui sortait de table quand il s'emporta, se sentit souffrant. La digestion de son dîner avait été dérangée et il était tourmenté par de violents tiraillements d'entrailles. Maintenant, ce ne sont plus les cris de la colère, ce sont les plaintes de la douleur qui frap­pent les oreilles de la pauvre femme toujours assise à la por­te de sa maison.

Alors, timidement, elle rentre dans le corridor, elle pousse la porte de la chambre de son mari et sollicite comme une grâ­ce la permission de le soigner. Cette grâce lui est accordée. Elle le soigna si bien, avec tant de cœur, tant d'abnégation, que son mari revenu à la santé fut vaincu par l'humble dou­ceur de sa femme. Il eut honte de lui-même. Il comprit que cette femme qu'il malmenait, valait beaucoup mieux que lui, et que cette piété, qu'il gênait dans ses besoins, était le principe de sa vertu. Le jeudi d'après, il n'attendit pas que la de­mande hebdomadaire fût renouvelée. Il dit spontanément à sa femme : « Tu peux aller à la réunion. » La femme sortit rayonnante. Un peu plus tard il lui dit : « J'irai de mon côté à l'église. » La femme triompha et le mari devint, non pas seulement un mari tolérant, mais un chrétien sérieux.

Je profiterai de ce fait pour faire observer que cette excellente chrétienne, non seulement a donné une bonne leçon à son mari, mais qu'elle en donne aussi une à beaucoup d'autres femmes et jeunes filles moins patientes qu'elle. Il faut se dire qu'on doit se soumettre a quiconque a autorité sur nous, et que cette soumission, accompagnée de patience et de douceur, triomphera des cœurs les plus durs.

D’un auteur anonyme.

FÊTE DU JOUR: Saint Polycarpe, martyr.

SAINT Polycarpe, évêque de Smyrne, était disciple de saint Jean. Nous avons de lui des lettres qu'il adressa aux Philippiens pour les exhorter à l'affection fraternelle. En 107, la persécution éclata à Smyrne. Lorsque Polycarpe ap­prit que les persécuteurs étaient a la porte de sa maison, il s'écria : « Que la volonté de Dieu soit faite ! » et se remit entre leurs mains, leur demandant seulement d'être laissé seul quelques instants. Il les passa à prier pour l'Église catho­lique répandue dans tout le monde.

On l'amena à Smyrne le Samedi Saint au matin, et, comme il entrait dans la ville, une voix se fit entendre qui disait : « Polycarpe, sois coura­geux ! » A la promesse, que lui fit le proconsul, de la liberté s'il renonçait au Christ, Polycarpe répondit : « II y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m'a jamais fait de mal, comment pourrai-je donc blasphémer mon Sauveur et mon Roi ! » Menacé du feu, le grand évêque prononça ces paroles : « Le feu de la terre ne brûle que quelques instants : mais celui de l'enfer brûle éternellement. » Conduit auprès du bûcher, il remercia Dieu à haute voix de ce qu'il daignait l'associer à l'immolation de Jésus-Christ. Le feu fut allumé, mais ne lui fit aucun mal. On dut lui percer le coeur et les flammes ne con­sumèrent que son cadavre.

Tiré de : Lectures méditées. (1933)

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 19:28

« Ayez confiance... j'ai tout réglé avec la Justice de mon Père... »

Ici, il faut s'arrêter et contempler ce verbe avoir, qui est au passé. Il rejoint le : « J'ai vaincu le monde. ». Mais s'il s'adresse aux siens actuels par une messagère de son Sacré-Cœur, c'est qu'il marque une action prophétique dont la réalisation mystérieuse est en marche, qui a donc déjà commencé tandis que les hommes sont encore aveugles et que rien évidemment — puisque c'est Dieu lui-même qui est en action — ne pourra arrêter. Malheur à celui qui se dresse en travers du chemin de Dieu ! Pour avoir voulu s'opposer à l'action de la Toute-Puissance, Pharaon voit son armée anéantie. Les éléments obéissent. La merise fend. Dans le peuple élu, ceux qui pèchent par infidélité sont châtiés ou exterminés. Ceux qui voudraient enjamber sur la Providence sont rappelés à l'ordre. La colonne de nuée marche en tête: Nul ne peut se substituer à elle ou s'attribuer quelque succès personnel ou quelque gloire. Dieu seul est le vrai chef. Tous, contraints ou forcés, ou aimants et attentifs, marchent à son pas. Moïse, zélé, plus que tout autre.

Si une action de Dieu est engagée, ce n'est pas le monde orgueilleux, — fût-il actuellement d'une puissance bien supérieure à celle de Pharaon — qui pourra y faire échec. Il sera confondu et écrasé. 

Ce «J'ai tout réglé » s'accompagne d'ailleurs du mot « Justice » (« J'ai tout réglé avec la Justice de mon Père »). Bien que la Parole soit intime, douce, elle est d'une fermeté intrinsèque, car si Jésus parle de Justice de l'endroit même où II ne parlait que de Pardon, c'est parce que l'Amour a été trop outragé et demande réparation. 

Qu'est-ce que c'est donc que cette action actuelle de Dieu le Père, sinon sa Justice ? C'est vraiment avec tremblement, bien qu'avec confiance, qu'il nous faut considérer cette lettre de Claire à un ami. 

Quoi peut nous dire que l'action de Dieu est vraiment en marche ? Le Christ n'est pas enfermé dans le temps. « J'ai tout réglé » couvre toutes les époques, passées, présentes et futures. Certes, certes. Mais si le Sacré-Cœur s'est donné la peine de dire à sainte Marguerite-Marie, au XVII° siècle : « Je régnerai malgré mes ennemis », en employant un verbe au futur, c'est qu'il tient compte du temps comme il l'a toujours fait. Ne pleurait-il pas ainsi sur Jérusalem : « Il ne restera pas de toi pierre sur pierre parce que tu n'as pas connu le temps où tu étais visitée ». 



A Mme Royer de même, au XIXe siècle, Jésus dit : « Les Français iront jusqu'aux confins du désespoir... Ils ne reprendront courage que contre eux-mêmes... Alors surgira l'élu de Dieu... Et nul ne pourra dire : « C'est moi qui l'ai fait... ». 

Avec sainte Marguerite-Marie et Mme Royer, ce sont autant de futurs qui forment une promesse. Avec Claire FERCHAUD, il semble que ce soit un passé qui marque le début de la réalisation de cette promesse. Dieu est en marche. Alors, les siens doivent avoir confiance.

Mais Dieu qui nous entraîne et nous sauve ne veut rien faire sans nous, c'est-à-dire sans notre acte de foi. Il veut que notre goutte d'eau s'ajoute à son vin. Claire, dans ce style concis qui ne peut être que celui de l'Esprit Saint, lance une directive : « II suffit que vous ajoutiez dans l'aujour-d'hui la pureté de votre foi, la virilité dans l'exécution ». 


(A suivre )

Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:09

Je ne puis vivre avec elle, et je ne puis vivre sans elle. 

"Dieu prit la rondeur de la lune et l'ondulation du serpent, l'enlacement de la plante grimpante et le tremblement du gazon, la sveltesse du roseau et la fraîcheur de la rosé, la légèreté de la feuille et le velouté de la pêche, le tendre regard du chevreuil et l'inconstance de la brise, les pleurs du nuage et la gaieté du rayon de soleil, la timidité du lièvre et la vanité du paon, la douceur du duvet qui garnit la gorge des moineaux, et la dureté du diamant, le goût sucré du miel et la cruauté du tigre, la froideur de la neige et la chaleur du feu, le caquet du geai et le roucoulement de la tourterelle'...

Il mêla toutes ces choses et en forma la FEMME.  

Elle était gracieuse et séduisante. Dieu fier de son œuvre l'admira, puis il en fît présent à l'homme.  

Huit jours après, l'homme, penaud, vint trouver Dieu: "Seigneur, la créature dont tu m'as fait don empoisonne mon existence. Elle bavarde sans trêve, elle se lamente pour rien; elle pleure et rit tout à la fois; elle est inquiète, exigeante, tracassière; elle est toujours près moi; elle ne me laisse pas une minute de repos... Je t'en prie, Seigneur, reprends-la, car je ne puis vivre avec elle."

Et Dieu paternel reprit la femme. Mais au bout de huit jours, l'homme revint vers Dieu: "Seigneur, ma vie est bien solitaire depuis que je t'ai rendu cette créature. Elle chantait en dansant devant moi. Et quelle suavité d'expression quand elle me regardait sans tourner la tête, du coin des y eux! Elle jouait avec moi et il n'y a sur les arbres aucun fruit qui soit aussi bon que ses caresses. Je t'en prie, rends-la-moi, je ne peux vivre sans elle."
Et Dieu lui rendit la femme.
Huit jours s'écoulèrent encore, et Dieu fronça les sourcils en voyant l'homme revenir avec la femme. "Seigneur, je ne sais comment cela se fait, mais je suis bien certain que cette créature me procure plus d'ennui que de plaisir. Reprends-la Seigneur. A ces mots, Dieu se mit en colère. "Homme retourne dans ta hutte avec ta compagne!" Et l'homme se retira...

(Malheureux que je suis! Deux fois malheureux, car je ne puis vivre avec elle, et je ne puis vivre sans elle.)

(Une Légende hindoue)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:06


Alors, vraiment, il n'y a plus qu'une solution pour vivre et revivre : la Sainte Croix !

C'est ici qu'il faut s'arrêter un instant pour tenter de comparer cette mort que l'homme se prépare en se détournant de la Sainte Messe, avec cette vie qui le soulève s'il s'accroche à son unique salut. C'est là le véritable enjeu.

Le reste, tout le reste, la politique, le social, le catéchisme, l'école, la famille, la nourriture, la défense de la nature, le pain complet ou biologique, les principes doctrinaux et la doctrine d'action, sont des combats qu'il faut certes livrer, mais annexes et voués à l'échec, si Dieu sur la Croix ne triomphe pas. On peut même dire que de tels combats seraient absurdes, n'auraient aucune raison d'être, si le Christ n'est pas reconnu seul pour maître. C'est pourquoi, il faut faire passer le Saint Sacrifice de la messe avant tout, prendre conscience qu'il n'y a qu'un Sauveur, éprouver à nouveau — si nous avons eu quelque relâche­ment — le désir ardent du Seul Sacrifice et du Seul Libérateur.

Du reste, votre Sacré-Cœur, Seigneur, a voulu nous montrer qu'il n'y a plus que Vous comme moyen et comme but. Avant même que Satan n'entreprenne son œuvre actuelle de destruction, vous avez promis, à Loublande, en 1917, que « la messe perpétuelle » triomphe­rait. A l'époque, nul ne comprenait ce message confié à Claire FER-CHAUD, non seulement parce que, notamment en raison du jeûne eucharistique, on ne voyait pas comment pouvait s'organiser une messe perpétuellement offerte, mais surtout parce que tout semblait bien aller. Il n'y avait aucun problème d'Ordo Missae et de porte ouverte sur l'auto démolition. Mais Vous, Dieu, éternel présent qui voyez dans le temps, vous connaissez le plan d'envergure du Malin et vous le préveniez.

— Détruire la messe A JAMAIS, disait Satan.

— Messe perpétuelle, annonciez-vous.

Votre Parole, par Sœur Claire, était prophétique, elle dépassait notre courte vue. Vous apportiez déjà la réponse au défi qui allait être lancé. Vous saviez que ce défi était dans l'obscure intention et sur les lèvres du Blasphémateur, c'est pourquoi, dans votre Mansuétude, avant même qu'il n'ait ouvert la bouche, Vous avez parlé, averti les hommes, montré le chemin, réaffirmé le Salut de la Croix et promis, quoi qu'il arrive, la victoire éclatante du Saint Sacrifice. Et comme tout ce que vous faites, Vous, mon Dieu, est toujours sans égal, sans mesure et hors de proportion pour notre faible entendement, nous ne pouvons savoir de quelle magnificence Vous allez consolider, enrichir et développer, dans l'unité parfaite, Votre Sacrifice célébré à la gloire de la Sainte Trinité.



Quand les Juifs, sous votre conduite, traversèrent la Mer Rouge, Vous avez consommé la défaite de Satan d'une manière si totale que pas un Égyptien ni même une monture ne survécut. Et comme cela ne suffisait pas à l'intégralité de Votre Justice, Vous avez ordonné aux flots de rejeter sur la rive les casques, les glaives, les boucliers, le butin complet de cette armée exterminée, afin que lé Peuple élu s'en enrichisse.

Ainsi, que restera-t-il de l'assaut de Satan quand Vous l'aurez réduit à néant ? Toutes ses intentions mauvaises enrichiront l'expérience des hommes comme des dépouilles rendues par la mer. Plus il voulut détruire, combien plus notre Dieu bâtira !

Mais, pour l'heure, nous franchissons, comme un long passage, le désert. Fidèles et accrochés à l'Arche de la Nouvelle Alliance, malgré tous les démons qui rôdent en empoisonnant les puits, nous marchons vers la terre promise. La colonne de nuée, c'est le Christ en Croix. La manne qui tombe, c'est Jésus Hostie. Le rocher qui se fend, c'est le Sacré-Coeur dans la Grâce de l'Amour.

Dans nos âmes déjà résident le désir et la certitude absolus de la victoire de Dieu par l'unique Sacrifice de la messe perpétuelle.

O Croix, c'est Toi Seule qui nous sauveras !

A suivre

Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 19:49

1° C'est une nécessité de nature : Allez où vous vou­drez, dit l'Imitation; cherchez en haut, cherchez en bas ; cherchez à droite, cherchez à gauche : partout vous trouve­rez la croix ; vous ne pouvez y échapper (II Imitation, XII, 3 et 4).

Croix dans votre corps par l'infirmité, croix dans votre âme par l'inquié­tude, la tristesse, le dégoût qui vous rend à charge à vous-même, sans pouvoir vous en rendre compte ; croix dans la contrariété don caractères, des volontés, des in­térêts, des idée de ceux avec qui l'on vit; croix dans la possession, par la crainte de perdre et l'embarras de gérer; croix dans la privation, par la détresse qui en est la suite; croix dans le travail, par la fatigue; croix dans l'oisiveté, par l'ennui de soi-même; croix dans la perte de ses proches ou de ses amis ; croix dans les revers de fortune; croix dans la contradiction des langues, l'amoin­drissement de la réputation, le qu'en dira-t-on? Enfin le monde entier n'est qu'un grand calvaire, où chacun, bon gré mal gré, est attaché à la croix. Or, les choses humai­nes étant ainsi, n'est-ce pas à l'homme une déraison de ne pas vouloir se soumettre à ce qui est inévitable; de perdre le mérite de ce qui, porté chrétiennement, pour­rait lui être si méritoire pour le ciel, et d'aggraver sa peine en la prenant de mauvaise grâce? Combien plus sage est celui qui fait de nécessité vertu, et porte coura­geusement sa croix !

2° Souffrir est une nécessité de sa­lut. Si nous n'avions que des jouissances ici-bas, nous y attacherions notre cœur, nous prendrions la terre pour notre patrie, nous oublierions le ciel. Malheur ramène à Dieu : ce proverbe est fondé sur l'expérience. Frappé par l'adversité, l'homme se dit à lui-même qu'il n'est donc pas ici-bas dans sa patrie ; qu'au sortir de la vie se trouve un monde meilleur, où justice est rendue à tous, aux vrais chrétiens par une éternelle récompense, aux pécheurs par un éternel châtiment (Matt., XXV, 46.) ; qu'après avoir été malheu­reux en ce monde, il faut prendre ses précautions pour ne pas l'être plus encore dans la vie future. Alors il met ordre à sa conscience et commence sa vie chrétienne. Dieu refusa a Salomon la grâce du malheur, et son salut est au moins très douteux ; il l'accorda à David, et cela lui a valu d'être compté au nombre des saints. La croix, nous dit l'auteur de l'Imitation, est la voie royale du ciel : Jésus-Christ lui-même n'y est arrivé que par là; n'espérons pas y arriver par une autre voie. Pour être glorifié dans le ciel avec Jésus-Christ, il faut souffrir avec lui ici-bas. (Rom., VIII, 17.) Comprenons-nous bien cette vérité? Avons-nous bien pris notre parti de souffrir sans murmure et de bonne grâce toutes les croix de la vie?

SECOND POINT

Souffrir est un bonheur.

Sans doute ces deux mots semblent se repousser l'un l'autre, et en dehors de la religion ils se repoussent réellement. Pour qui n'a dans le coeur ni foi ni amour, la souffrance est un mal qui irrite, qui désole, qui souvent jette dans le désespoir.

Mais pour qui croit et aime, il en est tout autrement ; et les paroles de Jésus-Christ sont vé­ritables : Heureux ceux qui souffrent, heureux ceux qui pleurent ! Venez à moi, vous tous qui avez des peines, et je convertirai vos tristesses en joie (Matt., V, 10, 5, et XI, 28.)

C'est que l'âme qui croit et qui aime voit dans toutes ses peines la main de Dieu qui la frappe; et dans cette main de Dieu, la main d'un père infiniment aimant, qui dispose tout pour son plus grand bien. Dès lors, elle aime et baise avec attendrisse­ment cette main, toujours bonne, même quand elle af­flige. C'est l'amour de mon Dieu qui m'envoie cette croix, se dit-elle; comment pourrais-je ne pas l'aimer, ne pas l'estimer par-dessus tous les trônes? L'âme qui croit et aime se souvient qu'il n'y a aucune proportion entre les peines de cette vie et les joies de la gloire. Pour un mo­ment de privations, une éternité de jouissances; pour une goutte d'amertume, un océan de bonheur; pour chaque minute de souffrances chrétiennement suppor­tées, un accroissement de jouissances ineffables et éter­nelles. A ces pensées, on surabonde de joie, au milieu de toutes les épreuves (II, Cor., VII, 4.). L'âme qui croit et aime regarde le crucifix ; et elle comprend que, Jésus innocent ayant souffert pour elle, il est juste qu'elle, coupable, souffre pour lui. Jalouse de rendra, à mesure égale, amour pour amour, elle voudrait souffrir autant que Jésus a souffert; et si le divin crucifié a souffert beaucoup plus qu'elle, au moins accepte-t-elle de bonne grâce des souffrances moindres. Elle baise alors le crucifix, elle y colle ses lè­vres et son cœur se redit avec délices les paroles de saint Pierre : Réjouissez-vous, quand vous avez part aux souffrances de Jésus-Christ (I Petr., IV, 15.), ou celles de Saint André : 0 bonne croix, soyez la bienvenue. Et ainsi, là où les âmes sans foi et sans amour ne trouvent que malheur et dé­sespoir, elle trouve bonheur, et jouissance. Est-ce ainsi que nous envisageons et recevons la souffrance? Prenons à cet égard des sentiments plus chrétiens que ceux qui nous ont guidés jusqu'à présent.

Extrait de : MÉDITATION, Pour tous les jours de l’année. M. HAMON. Curé de Saint Sulpice. (1921)

«Méditez ces vérités, et nourrissez-en votre âme » ( I Tim., V, 15.)

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 19:47

La Croix reste dans son essence le seul bonheur de l'huma­nité, il est normal que Satan veuille l'abattre…

 

Depuis que Nôtre Seigneur Jésus-Christ s'est élevé vers le Ciel sur la Croix, le globe terrestre est suspendu à ses pieds, l'humanité a été réconciliée avec Dieu. Le monde qui tournait sur lui-même à la recherche de l'homme et trompé par le Démon qui ne voulait que barbarie, a brusquement changé de direction. Arrêté dans sa course sans issue, il a été aspiré dans le plan divin de la Rédemption. Les hommes ont eu une autre vision, non seulement de l'univers, mais de leur état. La joie a envahi leur cœur, ils ont trouvé merveilleuses les lois qui régissent les constellations, aussi bien que celles qui propulsent le flux dans leurs veines. De l'infiniment grand à l'infiniment petit, ils ont compris et admiré l'ordonnancement parfait des choses, ils ont pleuré de reconnaissance et d'amour, ils n'ont eu de cesse de louer Dieu et d'essayer de Lui plaire.

Dès lors, toutes les lois humaines, les institutions empreintes de charité et de justice, sont apparues comme un idéal toujours perfectible rattaché à la Croix. Les mystiques ont expliqué les mystères d'amour découlant des cinq plaies du Christ, les Chevaliers sans peur et sans reproche ont mis leur bravoure au service de la veuve et de l'orphelin, les rois se sont appelés lieutenants du Christ et ont aimé rendre la justice, les saints ont porté les pierres d'un édifice toujours plus beau, les martyrs par leur sang versé ont réaffirmé que tout bonheur, ici-bas et veilleurs, venait du sang de l'Agneau.

Oui, les hommes renaissaient et s'émerveillaient dans la grâce d'un monde toujours meilleur et toujours nouveau, régénéré sans cesse, car leur Rédempteur n'avait pas voulu les quitter après s'être offert une fois pour toutes sur la Croix, mais était resté au milieu d'eux par la Sainte Messe, renouvelant en un mystère incomparable jusqu'à la fin des temps son Sacrifice.

— Allez, baptisez toutes les nations !

Désormais, rien ne peut plus arrêter ce déluge d'amour. Pierre dans les catacombes, Paul sur les mers, André sur la roue d'une Croix, Colomb plantant l'emblème du Seigneur sur des rivages inconnus, missionnaires et soldats à la conquête des terres et des âmes lointaines, François Xavier aux Indes et au Japon, partout, dans la clandestinité, dans la magnificence des cathédrales, dans les chapelles ou dans les cases, les hommes vont se rassembler autour de la Croix, s'agenouiller à la Table Sainte. Le Royaume de Jésus va grandir sur la terre.

Ceux qui ne sont pas encore touchés diront, dès l'origine : « Voyez comme ils s'aiment ! », et cet amour les rafraîchira comme une sorte de pluie fine, si bien que, revivifiés malgré eux, ils bénéficieront des retombées de la Grâce.

Sublimité de la foi, Charles de Foucauld, seul dans le désert, le Sacré-Cœur sur la poitrine, fera descendre le Corps du Christ, montrant avec certitude que, même lorsque les missionnaires échoueraient, la Sainte Messe par elle-même pourrait convertir des continents. Qui dira un jour quel miracle nous a préparé cet acte de foi pur et dépouillé, puisé dans l'exemple du Maître qui, abandonné et déserté, ramènera pourtant tous les hommes ?

C'est parce qu'il croyait à la Messe comme unique bien pour les âmes et pour le monde que l'ermite du Hoggar, dans cette solitude où les pierres semblent inutiles, en faisait la pierre d'angle. Et le sable figurait les millions d'âmes qui, un jour, adoreront le Seigneur.

Mais si la Croix reste dans son essence le seul bonheur de l'huma­nité, il est normal que Satan veuille l'abattre et la déraciner à jamais, lui qui n'aspire qu'au malheur des hommes et qui voit sa proie lui échapper. C'est pourquoi, de tout temps, il a multiplié les assauts et les blasphèmes, les hérésies et les schismes. Il a cherché à ôter la joie du cœur des hommes. Il a décuplé les pièges, les occasions de chute, essayé de séduire et d'empoisonner le plus grand nombre, semé la discorde, la haine, le doute, dressé des écrans de fumés, pollué l'environnement de l'âme, crié : « Qu'ils ne s'aiment plus ! », et assiégé la Croix afin de la confisquer, de l'effacer, de faire du Golgotha un crâne chauve comme l'oubli.

Aujourd'hui, plus que jamais, il organise un suprême assaut. Ayant endormi, tué ou mis dans son camp les sentinelles chargées de veiller, il a rampé jusqu'à l'Autel dont il a aussitôt sapé les marches spirituelles afin que l'homme ne s'écrie plus, fou d'amour : « Introïbo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam ».

Il a falsifié les textes sacrés, recréé Babel, employé toutes les roueries pour suggérer que l'homme n'est grand que debout, que la main bonne à tout vaut le respect du cœur, que tout est trop beau pour Dieu, qu'il n'est parmi nous que si nous le voulons et que ce Pain n'est que du pain et ce Vin que du vin. Jésus n'est plus l'Emma­nuel, Dieu parmi nous, ni à plus forte raison pour nous et en nous. L'homme retourne à la désespérance. Le globe n'est plus suspendu aux pieds du Sauveur. Satan veut le replacer sur l'orbite où l'on n'a plus rien à contempler.

Détachés de Dieu que vaut l'univers, que valent les institutions, que vaut ce monde d'où l'Amour est absent ? Les rois rendront-ils la justice ? Les chevaliers seront-ils sans peur et sans reproche ? Que deviendront la veuve et l'orphelin ? Les faibles seront-ils protégés ? Les forts seront-ils charitables ? Le patron sera-t-il bon et l'ouvrier sans jalousie ? L'enfant pourra-t-il naître ? La femme saura-t-elle être mère ? Qui sera le frère de qui ? Vers quel idéal tendre ? Qu'un couple, un jour, se soit détourné de Dieu, ah ! Ce fut un grand malheur, mais quel plus grand malheur encore qu'une humanité se détournant de son Rédempteur ! Que voudrait dire ce second refus, ce terrible affront au Créateur ? Un retour pur et simple à l'immonde barbarie ? NON. Un suicide collectif.

Car on peut se poser la question : « Dieu reviendra-t-il jamais ?... »

Alors, vraiment, il n'y a plus qu'une solution pour vivre et revivre : la Croix !

A suivre

Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 06:34

 

 

Un miracle, c’est simplement une suspension temporaire d’une loi naturelle par CELUI qui en est l’auteur.

 

Le miracle n’est pas plus difficile au Créateur que la création même. Il est même plus facile de modifier la nature que de la sortir du néant. Celui qui a voulu la nature a le même privilège de pouvoir vouloir sa modification. L’impossibilité du miracle présuppose l’impossibilité de la création.

 

Le miracle a, comme valeur principale, d’être un SIGNE INDICATEUR de la vraie religion divine.

 

Mon Dieu, je crois à Vos miracle, surtout parce que Vous êtes capable d’en faire et aussi parce que Vous avez le toute-puissance d’en vouloir, parce qu’ils s’accomplissent dès que Vous les voulez.

 

J’y crois aussi, ô mon Dieu, parce que j’en ai été témoin, objet et bénéficiaire. Il y a, ô mon Père, entre Vous et moi, indigne poussière, des choses que nous sommes seuls à connaître.

 

Vous m’avez gratifié d’aides et de faveurs que seuls des miracles de Votre part pouvaient m’apporter. Vous m’avez comblé de secours qu’il était humainement impossible d’obtenir sans Vous, ô Père paternel qui ne m’avez jamais abandonné.

 

Toujours j’ai été indigne de ces secours, bien souvent j’ai été ingrat après tant de faveurs, j’ai usé la patience de Votre compassion par mes chutes et mes faiblesses mais Vous avez toujours trouvé dans la source inépuisable de Votre bonté des raisons de ne pas me délaisser.

 

Comment Vous quitterais-je ô Bonté sublime et patiente, après tout ce que Vous avez fait pour moi, qui ai si peu fait pour Vous ! Je suis tout à Vous, mon Dieu, mon Père, soutenez-moi de Vos miracles si éclatants, sans lesquels je sais que je ne pourrai rien; continuez-les en moi pour l’amour de votre Amour, pour l’indigne amour que je ressens pour vous, ô bon Père que j’aime, que j’adore et que je veux toujours servir.

 

A.A. 

elogofioupiou.over-blog.com

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