De quoi s'agit-il ? Il s'agit de l'ignorance religieuse des catholiques.
Il s'agit, pour les catholiques, de prendre conscience d'une situation grave, anormale, scandaleuse ; il s'agit que cette prise de conscience soit suffisamment claire, ample et aiguë pour que des remèdes soient apportés qui remédient enfin efficacement à cette situation.
Les expressions les plus fortes, à ce sujet, sont celles des Papes.
Pie XI a dit: « Nous espérons, qu’on aura la joie de voir disparaître cette grande honte des nations catholiques qu'est l'ignorance de la divine religion. »
Pie XII, en 1948, se voyait obligé de « parler de cette ignorance comme d'une plaie ouverte dans le flanc de l'Église ».
Quant à la cause essentielle de cette ignorance, Pie XI parlant de Pie X, l'indiquait ainsi :
« Ce vigilant pontife, après avoir montré les avantages de l'enseignement du catéchisme, avantages qui lui sont absolument spéciaux, estime à bon droit que, si la foi languit de nos jours, si même elle est presque mourante, la seule cause en est que la doctrine chrétienne s'enseigne négligemment ou qu'on se dérobe à l'obligation de cet enseignement. »
La tentation ici serait de rejeter ce diagnostic, et d'en appeler à des influences où nous ne trouverions plus nos responsabilités : école laïque, politique antireligieuse, etc. Ces influences ont existé et existent : elles n'ont jamais été, pour l'ensemble, déterminantes. Il suffit d'avoir essayé, pendant quelques années, d'améliorer l'organisation d'un catéchisme, ou du catéchisme en général, pour avoir éprouvé, avec une évidence douloureuse, que les vrais obstacles, les plus irrésistibles, viennent de nous, catholiques, et que la parole de Pie XI exprime la vérité.
Écoutons d'ailleurs le Pape Pie XII, dans son discours aux membres du premier Congrès Catéchistique international, d'octobre 1950. Le Pape parle des obstacles à la vie chrétienne :
« On a tellement parlé des obstacles, que leur recensement et leur énumération peuvent sembler bien difficiles. Certains sont d'ordre intérieur, d'autres, d'ordre extérieur. De l'intérieur proviennent les mouvements d'une âme troublée, l'orgueil, la débauche, le mépris du travail, la fuite devant la souffrance; du dehors, les sollicitations de l'esprit mauvais, la frivolité et la fascination du monde pécheur et, surtout, aujourd'hui, des erreurs répandues jusqu'à la profession ouverte d'athéisme, pour ne pas parler des organismes qui n'ont pas honte d'inculquer de force des idées fausses à l'enfance elle-même dans son âge le plus tendre. Ces obstacles font naturellement sentir leurs effets, si une base solide, stable et assez étendue, vient à manquer totalement ou demeure insuffisante.
« On dira que ce fondement réside dans les lois, les principes, les usages, les coutumes légitimes. Tout cet ensemble, si bon soit-il, forme les rameaux et non la racine ; et dès lors, il a de par sa nature une grande utilité, si ensuite la doctrine de vérité abonde pour le vivifier, doctrine qui embrasse les dogmes, les lois morales et les règles du culte divin. Si, au contraire, le substratum doctrinal fait défaut, tout le reste demeurera vide de sens et nuageux. Mais si la doctrine est l'objet d'études approfondies et se traduit dans les actes, l'influence des maux que Nous déplorions tout à l'heure, sans peut-être disparaître complètement, sera du moins diminuée et permettra à l'homme de progresser plus facilement. »
Nous n'avons pas l'intention, ici, d'étaler l'ampleur de l'ignorance religieuse : ignorance de bien des enfants qui « quittent » le catéchisme, ignorance des jeunes gens et jeunes filles qui sortent des collèges, même chrétiens, ignorance des adultes, même de milieux par ailleurs cultivés ; ignorance, non pas seulement de tel ou tel point de doctrine, mais surtout ignorance de l'esprit même du christianisme. Chacun de ceux qui, catéchistes d'enfants ou d'adultes, ont le souci d'annoncer l'Évangile, ont rencontré cette ignorance ; les faits que nous citerions seraient à la fois trop peu nombreux et trop exceptionnels; le plus grave est d'ailleurs dans une absence trop générale de culture religieuse profonde.
Il convient donc surtout de jeter un regard sincère sur cette plaie ouverte qui, malgré de grands efforts individuels, et un commencement d'effort collectif, ne se ferme pas. Nous avons dit, il y a quelques années, la misère de notre enseignement religieux et ce qu'il faudrait faire pour que notre catéchisme soit efficace. La plupart des choses qui ont été dites valent encore. Nous ne les redirons pas ici, sinon en passant. Notre propos est, maintenant, de déceler les raisons pour lesquelles nous n'employons pas, ou n'employons pas à la dose voulue, les remèdes proposés. Des obstacles existent qui arrêtent les efforts ; certaine mentalité semble empêcher les chrétiens de comprendre la gravité de la situation. Des habitudes de penser et d'agir détournent d'entreprendre avec la persévérance, l'audace et la ténacité voulue, les réformes de structure absolument nécessaires. Ce sont ces manières de penser qu'il faudrait déceler, analyser, mettre à jour. Elles sont parfois inconscientes, ou bien nous les maintenons, plus ou moins volontairement, à la marge de notre conscience. Elles n'en rendent pas moins en partie inopérants nos efforts. Nous savons autant que quiconque la réalité de ces efforts : nous en sommes témoin, soit au plan national, soit au plan des plus petites paroisses. Nous disons pourtant : « II y a encore une paralysie réelle dans l'Église de France quand il s'agit d'enseignement religieux, et les mouvements accomplis n'ont pas la souplesse et la coordination qu'ils ont dans un organisme en pleine vie».
Extrait de : PLAIE OUVERTE au flanc de l'Église. Joseph COLOMB, P.S.S. 1960
Note : En 2012, la situation est vraiment catastrophique et ne semble pas inquiéter la fausse église Vatican d’eux.
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