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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 02:06

                       

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

C'est encore Wladimir d'Ormesson qui a découvert le secret de cet homme discret, méthodique, d'une capacité de travail déconcertante, d'une réserve tout apparente.

 

Chargé de transmettre à Mgr Montini, qui quittait Rome pour Milan, l'adieu de tout le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, il lui dit textuellement : « Ce que nous, diplomates, respectons et aimons le plus en vous, c'est que derrière le Ministre du Saint-Siège, nous avons tou­jours senti le prêtre. »

 

Le prêtre : toujours, partout, par-dessus tout et avant toute autre chose.

 

Du cadre de son activité à la F.U.C.I., ressort indubita­blement la figure d'un prêtre fidèle au plus haut point à une vocation vécue dans toute sa plénitude, avec générosité et sans limites. C'eSt la vocation qui le porte à animer les « courtes retraites » de la basilique Saint-Paul et à prêcher pendant des années chaque dimanche dans l'église de Saint Yves de la Sapienza; c'est la vocation qui le mène pour de longues heures au confessionnal de l'Église Neuve, qui le pousse à assister les familles les plus pauvres et abandonnées dans les baraques repoussantes de la Porte Metronia et à réorganiser les Conférences universitaires de Saint-Vincent (qui opèrent encore aujourd'hui à Primavalle).

 

Et c'est la même conception du service de l'Église et des âmes qu'il met dans son activité diplomatique, dans son œuvre à la Secrétairerie d'État pendant la guerre, et dans les organi­sations de conception moderne qu'il fonde, en accord avec les temps troublés de l'après-guerre : l'A.C.L.L, le C.I.F. ou, dans le domaine international, la Commission des Secours ou la W.E.R. de la N.C.W.C. américaine.

 

Prêtre toujours, partout et avant tout.

 

Sa vie privée même, si on peut parler de la vie privée d'un homme en contact avec tant de gens pendant 18-20 heures par jour, dans un bureau aussi centralisé que la Secrétairerie d'État, est un témoignage de sa fidélité au sacerdoce, avant toute autre chose.

 

Quelqu'un qui l'a connu de très près, nous assure que Montini a toujours célébré sa messe à six heures et demi du matin, restant ensuite longuement en prière et en méditation avant d'aller au bureau et d'y rester jusqu'à quatorze et même quinze heures, toujours serein, affable, maître de lui avec tous. Après un repas léger, toujours le même, il était de nouveau au travail à dix-sept heures et y restait jusqu'à deux heures du matin, surtout s'il avait à examiner des documents importants ou à écrire des lettres délicates.

 

Il vivait seul, assisté d'une gouvernante, comme un simple curé de campagne, mais sa maison se trouvait dans l'un des plus beaux et des plus célèbres palais du monde, dont l'anti­chambre est une loggia décorée de fresques de Raphaël. Il n'avait pas de temps à consacrer à ses amis. Et les rares personnes admises à rompre de temps en temps sa solitude étaient des personnalités marquantes comme le P. Bevilacqua ou le poète Ugo Piazza, dont nous avons rapporté un précieux témoignage.

 

Montini avait hérité de son père une confortable fortune, mais après avoir tout dépensé en bienfaisances et vendu jusqu'à sa voiture, il se vit contraint de demander un petit loyer à son neveu pour pouvoir l'accueillir.

 

Ces quelques exemples suffiront à faire comprendre ce qu'était dans le privé le pro secrétaire d'État, l'un des hommes les plus puissants du Vatican.

 

Si, pendant de nombreuses années, il a pu paraître froid et détaché (ce que pouvaient expliquer ses hautes fonctions), il suffisait de le connaître d'un peu plus près pour s'apercevoir qu'il avait une secrète humanité et le goût des choses simples et modestes.

 

Quand il célébrait la messe à Sainte-Anne, près de l'une des entrées secondaires du Vatican, ou dans une chapelle contiguë au siège de Osservatore Romano, il aimait, s'il en avait le temps, se mêler aux ouvriers et aux gens du peuple de Borgo Pio. Souvent, quand aucun travail urgent ne le retenait, il sortait seul, à pied, pour s'occuper de quelque affaire de moindre importance.

 

Sa compréhension et son besoin de communiquer avec les gens simples étaient immenses sous sa grande réserve natu­relle.

 

Un employé du Vatican, Victor Mariani, rencontra un jour Mgr Montini près du Largo Argentina, marchant à côté d'une vieille dame et portant une grosse valise avec une peine visible. Mariani s’approcha et lui demanda avec déférence s’il pouvait faire quelque chose pour lui. «Oui, répondit Montini, accompagnez Madame.»  Celle-ci raconta ensuite à Mariani que « le Monseigneur » s'était offert gentiment à lui donner un coup de main, en lui disant : « La valise est lourde, puis-je vous aider ? » La pauvre femme n'avait aucune idée de la personnalité de son interlocuteur.

 

Mais c'est encore dans sa compréhension et sa compassion pour ses confrères déchus qu'il montre le plus profondément son esprit sacerdotal.

 

Sa charité dans ces occasions peu connues, se réchauffait d'élans émouvants. Un 24 décembre, il s'achemina, seul, vers l'une des plus sordides ruelles romaines.

 

Le froid piquant n'avait aucune prise sur lui non plus que la bruyante allégresse des gens en route pour la Messe de Minuit, tant il était anxieux de porter son cadeau de Noël à un pauvre ami, prêtre défroqué, qui l'attendait dans une lugubre chambre, seul avec son épouvantable souffrance. Le distingué prélat frappa et entra. Ils parlèrent longuement les mains dans les mains, cœur à cœur. Ils avaient été amis et maintenant la crise de conscience de celui qui était tombé constituait le banc d'essai de la profondeur et de la sincérité de cette amitié. Et dans cette pièce sordide, au sein de ce drame de la conscience et de la misère, quand Mgr Montini s'en alla, le miracle de Noël avait fleuri.

 

Mgr Montini a toujours éprouvé cette compassion pour ses confrères déchus et surtout il les a toujours aidés et soulagés en résolvant, avec une délicatesse et un tact infinis, leurs scabreuses situations familiales et économiques. Avec la coopération réservée de personnes qui lui étaient parti­culièrement chères, il les dirigeait vers des endroits discrets et confortables où, loin de toute préoccupation, ils pouvaient méditer dans le calme et la sérénité pour retrouver petit à petit le chemin du retour à Dieu et à leur vocation.

 

La personne très proche de Paul VI qui nous a rapporté ce témoignage, nous a révélé un autre don particulier de Mgr Montini : sa compréhension profonde du cas de certains prêtres de grande valeur, qui n'ont pas réussi à accéder aux poètes de responsabilité et de prestige qu'ils auraient pourtant mérités.

 

Pie XII savait bien qui était Mgr Montini et depuis long­temps il en avait donné la preuve publique avec une lettre qu'il lui adressa en mai 1945 à l'occasion du vingt-cin­quième anniversaire de son ordination :

 

 « Nous savons que ceux qui apprécient vos vertus — et ils sont légion — s'ap­prêtent à fêter cette date et nous voulons les devancer, car nous connaissons de longue date, et mieux que quiconque, votre remarquable caractère, votre intelligence aiguë, votre diligence et votre piété. » Un présent, un calice, accompa­gnait la lettre. Ce jour-là, Mgr Montini célébra la messe dans l'Église Neuve, entouré d'innombrables amis, de toute la Curie Romaine et du corps diplomatique au complet.

 

Une anecdote de 1947 éclaire sa personnalité d'un jour inhabituel, mais très révélateur du style « montinien ».

 

Il fallait rédiger un article sur la charité de Pie XII, la proverbiale charité du Pape, et l'on avait confié ce soin à un jeune écrivain de l'Osservatore Romano. Il en tira un morceau de bravoure, plein de solennité et de sonneries de trompette, majestueux, pompeux et surtout très long.

 

Le substitut Montini fit remarquer que le Pape avait tou­jours aimé la concision et ajouta : « II y a beaucoup trop de barques de Pierre et de pêcheurs d'âmes là-dedans. Les gens ont besoin de quelque chose de plus solide, ils veulent com­prendre et voir clair, sans se donner trop de mal. » Il pria le jeune homme de s'asseoir et lui dicta l'article qui n'occupa qu'une demi-colonne du journal et dans lequel il n'y avait rien d'aulique. Mgr Montini se serait justifié en disant que cet article était « immodérément pompeux » : un jugement sévère mais sincère.

A SUIVRE

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 02:12

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Que nos lecteurs veuillent bien excuser ce long rappel historique : il était indispensable pour comprendre et « cadrer » l'œuvre de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État, auprès des deux grands papes que furent Pie XI et Pie XII. L'Osservatore Romano n'a-t-il pas écrit que « cette œuvre du substitut puis pro secrétaire d'État Montini ne peut être dissociée de celle des pontifes dont il fut l'intime collabo­rateur, dans une période historique, travaillée par les évé­nements de la guerre et par ses terribles conséquences sur l'humanité tout entière » ?

 

La guerre, en effet mit en lumière les grandes qualités de Mgr Montini, en faisant du Vatican le lieu de rencontre des puissances adverses et en donnant au substitut l'occasion de montrer toute son habileté diplomatique, sa grande pru­dence, sa charité et son esprit d'abnégation. Il reçut la dif­ficile mission d'entretenir et de développer les relations diplo­matiques avec les états, belligérants ou non, les organisa­tions de la Croix Rouge et autres organismes internationaux ou directement, avec les gouvernants et les militaires. Cer­taines situations ne laissèrent pas d'être aussi embarrassantes qu'humoristiques pour Mgr Montini : il se trouva un jour assis entre les ambassadeurs d'Allemagne et d'Angleterre et, pendant toute la durée de la rencontre, évita d'adresser la parole à l'un ou à l'autre pour ne pas donner l'impression que le Saint-Siège favorisait une puissance plutôt que l'autre.

 

Le P. Bevilacqua dit très justement en parlant de cette époque que « le Vatican devenant par la volonté de Pie XII le cœur battant de l'humanité crucifiée, Mgr Montini fut le principal artisan de cette magnifique transformation ».

 

Si nous devions parler plus longuement de ce « cœur battant », il nous faudrait écrire un autre livre et peut-être ne serait-ce pas encore suffisant!

 

Rappelons simplement que Mgr Montini fut le réalisateur de cette légendaire « charité du Pape » qui a sauvé Rome et mille autres villes italiennes de la faim et de la destruction. Le mot d'ordre, donné par Pie XII, et qu'il exécuta scrupu­leusement en fondant la Commission Pontificale d'Assistance était « la charité jusqu'au bout ».

 

Le Saint-Père donna d'abord, personnellement, l'ordre de mettre le Cercle Saint-Pierre en état de satisfaire aux premiers besoins des sinistrés des zones dévastées par la guerre qui affluaient à Rome en troupes interminables et apeurées. L'institution mobilisa et agrandit ses cuisines, les fameux « réfectoires du Pape » et, assistée de différentes congréga­tions religieuses, organisa la distribution de soupes chaudes et de vivres dans toute la ville, privée de gaz, d'électricité, de combustibles et de provisions alimentaires.

 

Puis naquit la Commission pour les Secours, qui étendit au monde entier sans exclusion la charité du Pape. Et si l'on considère l'immensité de la tâche à accomplir, on peut aisé­ment imaginer la somme de travail, d'efforts, de tact et de moyens qui fut nécessaire pour en garantir le fonctionnement normal et l'efficacité.

 

Ce fut ensuite la création de l'O.N.A.R.M.O. qui géra des cantines d'urgence, organisa des abris et des centres de secours, distribua des couvertures et vêtements, et, fut par­tout présent pour soulager les victimes des bombardements.

 

Enfin la Secrétairerie d'État organisa l'Office d'Informations, dont nous avons déjà parlé, sous la dépendance directe du substitut. Deux personnes en furent d'abord chargées : elles étaient 885 à la fin de la guerre, sans parler des organes auxiliaires représentés surtout par des Congrégations de religieuses, les militantes de l'Action Catholique dont

ineffaçables si Rome aussi... devait, pour des motifs de consi­dérations ou de difficultés militaires,... tomber victime de la furie dévastatrice de la guerre. »

 

Entre les deux discours, le quartier populaire de San Lorenzo avait été bombardé le 19 juillet 1943, et, la basilique de Saint-Laurent, l'un des temples les plus vénérables, avait été détruite. Il fut le premier à accourir pour réconforter de son auguste et paternelle présence les blessés et les familles sans abri, et réciter le De profundis, agenouillé par terre, pour les victimes restées sous les décombres fumants. Son vêtement immaculé fut taché de sang et l'on vit son substitut, Mgr Montini, qui l'accompagnait, retenir ses larmes à grand-peine devant l'horrible spectacle.

 

Après les terribles années de guerre, vinrent celles, non moins pénibles et difficiles, de l'après-guerre, de la recons­truction et de la recherche d'une paix juste et honorable.

 

Là aussi Mgr Montini fut aux côtés de Pie XII, se donnant pleinement comme toujours à toutes ces initiatives qui sont aujourd'hui célèbres et florissantes.

 

Toujours attentif à suivre les courants de la pensée sociale catholique, il faisait naître l'Association Catholique des Travailleurs Italiens, pour ramener à l'Église d'une façon vivante, pratique et concrète, ce monde du travail à qui la prédication ne suffisait plus et pour qui il ressentait une attraction particulière; il créa en même temps le Groupement des Femmes Catholiques Italiennes, pour donner à la femme italienne et chrétienne une nouvelle conscience et une nouvelle responsabilité, en accord avec les temps.

 

En 1950, il organisa l'Année Sainte et, en 1953, l'Année Mariale. Deux manifestations grandioses, qui ont requis une surprenante somme de travail. En même temps, il n'était pas question de négliger les devoirs normaux de la Secrétairerie d'État, les contacts avec un épiscopat chargé de problèmes immenses et délicats, conséquence de la guerre à peine terminée, et toujours plus international et composite, à la suite des deux Consistoires de 1946 et 1953.

 

C'est donc à juste titre que Wladimir d'Ormesson a pu affirmer : « Pendant la période de la guerre et de l'après-guerre, Mgr Montini n'a pas cessé pour sa part de faire tout ce qui était humainement possible; et la preuve de son extraordinaire réussite — c'est le plus bel éloge que l'on puisse lui faire — est que partout où on l'a vu, et on l'a vu partout à l'œuvre, il s'est fait non seulement respecter mais aimer.

 

Tous ceux qui ont eu affaire a lui, ont su apprécier cette fine compréhension, cette intuition, cette pénétration, cette exquise délicatesse de sentiments, cette hauteur de vue qui le caractérisent.

 

C'est que toujours on sent vibrer son âme évangélique, derrière les responsabilités de l'homme d'État; c'est que toujours on l'a vu chercher en toutes choses, la note juste et la solution sage et humaine des difficultés qui nous assaillent. »

 

A SUIVRE (le secret…être prêtre)

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 04:33

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Cette énergique protestation (22 novembre) termina pra­tiquement la dernière bataille diplomatique de Pie XI. L'at­mosphère entre Église et l’État italien était alors si sombre et si tendue qu'on pouvait logiquement s'attendre à voir éclater un conflit ouvert que personne ne souhaitait : en fait, il put être évité.

 

Dans son message de Noël 1938, entièrement consacré à l'Italie, aux brimades perpétrées contre l'Action Catholique et à la violation du Concile, Pie XI adressait à Dieu de sin­cères remerciements pour les bienfaits de la pacification reli­gieuse italienne, dont il s'apprêtait à célébrer le dixième anni­versaire le 11février 1939, et étendait généreusement sa reconnaissance à tous ceux qui y avaient contribué, au « très noble souverain et à son incomparable ministre ».

 

Pie XI mourut la veille de la célébration, le 10 février 1939, et le discours commémoratif qu'il devait prononcer resta inédit ce qui permit aux imaginations de lui prêter, pendant vingt ans encore, des projets de condamnation du national-socialisme et de ruptures d'accords.

 

Le Conclave qui réunit, au soir du 1er mars, 62 cardinaux (dont 35 italiens et 27 de nationalités diverses) constitue la meilleure preuve possible de la cohésion de l'Église à la veille de la seconde guerre mondiale malgré les difficultés causées par les nationalismes entre 1933 et 1938.

 

Dès la fin du premier jour de vote, le 2 mars, était élu, contre l'habitude, le Secrétaire d'État du défunt Pontife, Eugène Pacelli, qui prit le nom de Pie XII.

 

Pour trouver un Conclave aussi rapide, il faut remonter à l'élection de Paul III et l'événement, bien que le vote n'ait pas été unanime — comme on l'a dit à l'époque —, est sin­gulier pour les temps modernes.

 

L'élu, qui avait joué un rôle important dans tous les grands événements de la politique ecclésiastique de la dernière décennie, semblait avoir été préparé tout exprès pour la tiare.

Au moment de cette élection, le Saint-Siège possédait assurément une grande puissance diplomatique et un vaste réseau de relations avec les pays occidentaux et d'influences en Amérique, en Asie et en Afrique ; mais les rapports entre Vatican, Italie fasciste et Reich nazi s'appuyaient exclusive­ment sur des bases concordataires dans un climat d'hostilité et de méfiance et la situation de l'Église était précaire dans de nombreux pays : en Allemagne, en Espagne, en Russie, au Mexique et en Chine. La tension internationale n'était pas moins préoccupante; Chamberlain et Daladier, revenus de la Conférence de Munich en automne 1938 en annonçant qu'une ère de paix s'ouvrait pour l'Europe, avaient été cha­leureusement applaudis! 1939 fut pourtant fatal à la paix mondiale, plus encore que ne l'avait été 1914; et la seconde guerre mondiale vint diviser en deux temps le Pontificat de Pie XII, dont les six premières années furent presque entiè­rement absorbées par les soucis de guerre. Dans sa première allocution, le nouveau Pape invitait déjà les peuples et les gouvernements à la paix.

 

Entre mars et septembre 1939, les appels et les messages de paix alternèrent avec les interventions diplomatiques de représentations du Saint-Siège auprès du Gouvernement. Mais le secret entoure encore une grande partie de ces ten­tatives et un jugement historique serait prématuré. Le 24 août, après l'accord germano-russe sur le partage de la Pologne, Pie XII déplora ouvertement la violence et rappela que « rien n'est perdu avec la paix et tout peut l'être avec la guerre ».

 

Le 31 août, il adressa aux gouvernements d'Allemagne, de Pologne, d'Italie, d'Angleterre et de France, une note diplo­matique conjurant les chefs d'État de tout faire pour éviter un conflit armé. En cette occasion le Pape chercha évidem­ment à se prévaloir de toute l'autorité morale de l'Église pour éloigner la guerre.

 

Mais l'opposition de l'Allemagne et de l'Italie fit échouer toutes les tentatives de négociation et le 1er septembre 1939 les troupes allemandes entraient en Pologne; le 3, l'Angle­terre et la France déclaraient la guerre à l'Allemagne ; le 6 et le 9,  l'Union Sud-Africaine et le Canada suivaient leur exemple : la seconde guerre mondiale était commencée.

 

Bien que toujours alliée au Reich, l'Italie déclara sa non-belligérance le 1er septembre et Pie XII déploya tous ses efforts pour que le gouvernement italien restât fidèle à ce propos. Il parla en diverses occasions de la paix italienne, sollicita la médiation de l'Italie entre l'Allemagne et la Pologne et, le 28 décembre 1939, s'adressa directement à Victor Emmanuel III. Au début de 1940, il continua d'insis­ter par l'intermédiaire du nonce italien auprès du ministre des Affaires Étrangères et le 24 avril, la participation italienne à la guerre étant décidée, il adressa à Mussolini une lettre autographe faisant appel à son sens des responsabilités. Interventions diplomatiques et appels publics à la paix se multiplièrent en mai malgré les protestations de Mussolini, irrité des répercussions que la parole du Pape avait sur le peuple italien. Mais tous les généreux efforts de Pie XII, auprès de qui Roosevelt garda un envoyé personnel pen­dant toute la durée de la guerre, devaient demeurer vains.

 

Le 10 juin 1940,  l'Italie alliée de l'Allemagne entrait en guerre avec la France et l'Angleterre.

 

Les tentatives diplomatiques de Pie XII pour abréger une guerre due à l'abandon des négociations internationales, et qui pouvait donc être évitée, se révélèrent également vaines ; mais le Saint-Siège ne resta pas plus indifférent au déroule­ment de la nouvelle guerre qu'il ne l'avait été à celui du premier conflit mondial.

 

Après l'écroulement rapide et complet des États occiden­taux du continent sous le talon nazi, la domination terrestre de l'Axe s'étendit rapidement sur la moitié de l'Europe, s'appuyant sur un système qui niait tout principe de droit, de morale et d'humanité, dans un cadre scientifiquement raffiné.

 

Les destructions, les horreurs, les atrocités et la misère causées par cette domination, trouvèrent un écho douloureux dans les allocutions pontificales. Dans sa première encyclique Summï Pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII indiqua les moyens et les fins d'une coexistence pacifique entre les peuples, donnant même les causes des maux et leurs remèdes et se référant de façon significative à la Pologne envahie.

 

Dans son allocution de Noël 1939, il rappela les principes de Droit naturel que les belligérants auraient dû respecter et condamna l'agression des petites nations, les atrocités et l'emploi de moyens de destruction illicites. Au moment de l'invasion de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg (1er mai 1940) il envoya des télégrammes de solidarité à leurs souverains, dénonçant l'agression alle­mande. Après l'invasion et l'occupation d'une partie de la France, il s'adressa à l'Épiscopat français pour lui donner toutes directives sur l'œuvre à accomplir en ce difficile moment.

Au début de son pontificat Pie XII, qui avait séjourné de longues années en Allemagne, en qualité de nonce aposto­lique, chercha à améliorer les relations diplomatiques avec ce pays en faisant preuve de cordialité et de confiance. Mais en vain. Les illégalités nazies dans les différents domaines de la vie ecclésiastique s'accrurent au lieu de diminuer, et le Pon­tife se vit rapidement contraint de dénoncer les nouvelles oppressions (1er juillet 1939).

 

Pendant toute la durée de la guerre le Saint-Siège main­tint, inaltérée, sa neutralité initiale. Et, même au temps de la campagne allemande en Russie, il ne céda pas aux solli­citations de Hitler, approuvé par Franco et Pétain, pour une absurde participation au front moral antibolchevique.

 

Il n'en déplora pas moins les traitements cruels en usage dans les camps de concentration, le martyre de la Pologne et les brimades contre l'Église. Devant certaines aberrations de l'idéologie nazie, le Saint-Office intervint le 24 février et le 2 décembre 1940, pour condamner le principe de l'eutha­nasie appliquée aux individus jugés « non valables pour la vie » et celui de la stérilisation, surtout forcée, parce que portant une très grave atteinte à la liberté et à l'intégrité humaine.

 

A la suite de l'élargissement du conflit, le Pontife continua de proposer le prompt établissement d'une paix juste et honorable entre les peuples et à dénoncer avec insistance la violation des pactes internationaux et les traitements inhumains infligés aux non-combattants et aux villes non défendues. Mais sans grand résultat. La guerre avait pris désormais des aspects atroces et disposait de moyens de destruction d'une puissance incroyable; des peuples entiers étaient soumis à des traitements barbares par le seul fait de leur nationalité et de leur race.

 

Heureusement, les efforts déployés dès septembre 1939 pour alléger les tristes conséquences de la guerre, furent plus profitables : en fait, ils écrivirent un nouveau chapitre de l'histoire de la charité vaticane.

 

Les demandes de nouvelles des prisonniers qui furent très vite adressées au Vatican de tous les coins du monde et l'expérience de ce que le Saint-Siège avait fait en 1918, abou­tirent tout naturellement à la création d'un Office d'Infor­mations, dont l'énorme développement dépassa largement celui de l'Oeuvre des prisonniers de la première guerre mon­diale. 885 employés prêtèrent leurs concours à l'Office Central et une main d'œuvre également nombreuse fut affectée aux filiales. De juin 1940 à septembre 1941 environ 400.000 demandes de renseignements parvinrent au Vati­can.

 

La section réservée aux Juifs persécutés par les Allemands reçut plus de 100.000 demandes. A la fin de son activité (1946), l'Office d'Informations du Vatican avait reçu presque 10 millions de requêtes et transmis n millions de messages, distribués par radio, télégraphe, courriers et services pos­taux. Tout ceci accompagné d'une vaste œuvre d'assistance en faveur des prisonniers et des évacués des zones frappées par la guerre.

 

Dans la triste alternative politique des années 1942-44, Pie XII se montra surtout préoccupé de sauver Rome. Si son intervention pour faire reconnaître « ville ouverte » le centre de la chrétienté ne put éviter les bombardements, elle eut au moins pour effet d'empêcher que la ville ne devînt un champ de bataille entre deux armées; et le 5 juin 1944 le Pape fut à juste titre acclamé Defensor Civitatis par une foule immense réunie sur la place Saint-Pierre. Le Souverain Pontife montra d'ailleurs le même intérêt pour de nombreuses autres villes d'Italie et de l'étranger. Il déploya en particu­lier une intense activité diplomatique en vue de sauver du bombardement l'antique abbaye de Montecassino, qui fut pourtant détruite le 15 février 1944.

(A SUIVRE)

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 06:08

Extrait du volume : PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

L'œuvre capitale de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État et son influence sur l'action diplomatique de l'Église entre les deux guerres apparaissent clairement à la lumière de l'histoire.

 

La multiplication des dictatures totalitaires et le durcissement de l'extrémisme bolchevique après la première guerre mondiale minèrent les positions du libéralisme et des démo­craties parlementaires. La division du monde en blocs et les menaces que les nouvelles doctrines faisaient peser sur la prééminence de la personne humaine donnèrent naturellement à la papauté le poste de défenseur de la société chrétienne.

 

C'est sous cet angle qu'il faut considérer le développement et l'affirmation du mouvement « pan chrétien » tendant à une union de défense et de conquête de toutes les églises chrétiennes (christianisme œcuménique). Le Saint-Siège, resté officiellement étranger à ce mouvement ne manqua pas d'ap­peler tous les chrétiens à un front unique, dans le sein de l'Église catholique, et de faire siennes certaines initiatives de l'autre bord comme la semaine universelle de prières pour l'union des églises du Pasteur Watson.

 

Devant le péril bolchevique Pie XI ne se cantonna pas au domaine purement confessionnel : à plusieurs reprises et de sa propre initiative, il invita toutes les forces conserva­trices à faire bloc et à lutter jusqu'au bout pour la défense de l'Occident chrétien. En ce sens, son attitude sembla parfois trop bienveillante à l'égard du national-socialisme allemand et surtout du fascisme (les rapports entre autorités ecclésias­tiques et civiles s'étant depuis la Conciliation développés en Italie dans un climat de confiance réciproque). Les réserves de la papauté et les moments de résistance ouverte au totali­tarisme ne firent pourtant pas défaut. Ainsi lorsqu'en 1929, peu après le concordat, Mussolini recommença à réclamer pour son parti la formation intégrale des jeunes générations, le Pape lui répondit par l'encyclique « Représentants sur la terre (31 décembre 1929) qui revendiquait pour l'Église le droit d'éduquer chrétiennement cette même jeunesse. Il publia également, contre les conceptions totalitaires de l'État fasciste, l'encyclique « Nous n'avons pas besoin.» qui défendait l'Action Catholique et réclamait le droit à une action organisée de l'Église influant directement sur la vie sociale du peuple italien. Le différend devait être réglé par l'accord du 2 sep­tembre 1931.

 

Si ces conflits n'eurent pas l'importance épique que l'on a quelquefois cherché à leur donner, il est reconnu que Pie XI sut faire preuve de mesure et d'esprit d'à-propos; et le fascisme s'étant présenté depuis le début comme l'ennemi déclaré du communisme et de la maçonnerie, le désir de favoriser, dans les limites du possible, un allié dans la lutte contre les adversaires de l'Église ne dut pas lui être tout à fait étranger.

 

Les conséquences de la révolution communiste commen­çaient en effet à se manifester de la Russie à la Chine et de l'Espagne républicaine au Mexique dans le déchaînement de la persécution religieuse. Un peu partout, l'éclosion de fronts populaires menaçait de l'intérieur la stabilité de l'ordre. Le 3 mai 1932, le Souverain Pontife dénonça en bloc, dans l'encyclique « les ennemis de tout ordre social, qu'ils s'appellent communistes ou de quelque autre nom ». Et c'est dans ce climat d'opposition entre bloc conservateur et bloc bolchevique qu'il faut situer le fameux concordat signé en 1933 entre le Saint-Siège et l'Allemagne nationale-socialiste et dont Pie XI osa espérer, outre des avantages spirituels pour les catholiques allemands, une contribution de poids dans la lutte idéologique antibolche­vique. Un concordat commun avec toute l'Allemagne, sou­haité depuis longtemps d'un côté comme de l'autre, avait déjà fait naufrage après des années de pourparlers prélimi­naires conduits par Eugène Pacelli. En revanche le Saint-Siège avait mené à bonne fin la Stipulation de concordats régionaux.

 

Quand Hitler s'empara du pouvoir central en janvier 1933, il relança la négociation en vue d'un concordat commun, et très vite le vice-chancelier Von Papen et le secrétaire d'État Pacelli se mirent au travail. On assista alors à une course entre l'Autriche et l'Allemagne, à qui toucherait la première le poteau d'arrivée d'un concordat avec le Saint-Siège. Dollfuss, à qui les négociations berlinoises donnaient de vives appréhensions, arriva, bien que parti en retard, avec un mois et demi d'avance sur Hitler, le 5 juin 1933. Le concordat autrichien acceptait avec générosité les postulats de Rome : l'état confessionnel, la lutte contre le socialisme et le commu­nisme et l'adoption du corporatisme chrétien. Mais sa prise de position contre le racisme et le socialisme entraîna la chute de Dollfuss, l'année suivante, pendant le putsch nazi de Vienne (25 juillet 1934).

 

Plus laborieux, le concordat allemand n'arriva à terme que le 20 juillet 1933. En substance il ne différait guère des habi­tuelles conventions Stipulées après la première guerre mon­diale entre le Saint-Siège et les nations de confession mixte. Von Papen n'en parla pas moins aussitôt après la signature de la large complaisance du Pape envers le Reich, dont il espérait un fort appui dans la lutte antibolchevique. L'accord fut pourtant loin de recevoir un accueil fervent en Allemagne, tant chez les catholiques que du côté nazi. Au lendemain même de la signature, des discussions s'élevèrent sur sa valeur politico morale : le national-socialisme avait tendance à le considérer comme une approbation d'ensemble donnée au régime par le Saint-Siège et les contestations de l’Osservatore Romano ne parvenaient pas à le faire changer d'avis. Au début de 1934, nationaux-socialistes et catholiques alle­mands étaient plus que jamais opposés sur le terrain des écoles confessionnelles, des mouvements de jeunesse et de la presse catholique. Le cardinal de Munich Faulhaber n'hésita pas à ouvrir une vive polémique avec Rosenberg, le théoricien du nazisme et l'organisateur de la religion nor-dico-germanique qui s'implantait toujours plus officielle­ment. De 1934 à 36, le Saint-Siège n'envoya pas moins de trente-quatre notes diplomatiques au gouvernement alle­mand, relevant toute l'énormité du totalitarisme d'état, sans obtenir le moindre résultat.

 

En 1936, les divergences entre le Vatican et le Troi­sième Reich s'accrurent et prirent une tournure exception­nellement dramatique; la furieuse campagne anti bolchevique, déchaînée en Europe Centrale, toucha au paroxysme avec le Congrès de Nuremberg (9-14 septembre 1936), au moment même où la guerre civile espagnole, en s'insérant dans le conflit idéologique européen, semblait assumer l'importance internationale d'une croisade. Des contingents militaires quittèrent l'Italie et l'Allemagne à destination des fronts espa­gnols. Le jour même de la clôture du Congrès de Nurem­berg, Pie XI battait le rappel de toutes les forces conserva­trices pour la défense de la civilisation occidentale sous la direction morale de l'Église et parlait de la persécution religieuse déchaînée en Espagne, en Russie, au Mexique et en Chine par des forces de subversion universelle.

 

Le danger était énorme pour l'Église et la lutte contre les totalitarismes se dessinait désormais sur deux fronts, à droite et à gauche. Ce n'est donc pas par hasard que deux des plus célèbres encycliques de Pie XI furent préparées (pendant une grave maladie) à la fin de 1936 et au début de 1937 : La Mit Brennender Sorge (en allemand) du 14 mars et la Divini Redemptoris du 19 mars.

 

La Divini Redemptoris condamnait explicitement le commu­nisme athée et adressait une nouvelle et pressante invitation à constituer un front unique aux catholiques, aux chrétiens, à tous ceux qui croyaient en Dieu. La Mit Brennender Sorge dénonçait l'abus que l'on faisait en Allemagne du Concor­dat de 1933 ainsi qu'une série d'actions dirigées contre l'Église et condamnait en même temps les tendances pan­théistes du nazisme, visant à la divinisation de la race, du peuple et de l'État avec négation de la morale et du droit naturel et offense au judaïsme.

 

Il y eut ensuite entre Reich et Vatican un échange de rudes notes diplomatiques; mais le Reich n'osa pas en venir à la dénonciation du Concordat. Dans son message de Noël de 1937, Pie XI illustra le conflit idéologique avec l'Alle­magne et parla des persécutions religieuses dans ce pays. Quand, du 3 au 8 mai 1938, Hitler fut l'hôte de Mussolini, le Pontife déplora, depuis sa villégiature anticipée à Castelgandolfo, l'érection à Rome d'une croix « qui n'était pas la croix du Christ » et le chancelier allemand quitta l'Italie sans être reçu.

 

A partir de 1938, on assista en Italie à un renouvellement des vexations et des attaques dirigées contre le Concordat et les Organisations Catholiques, attaques qui s'étaient assou­pies après la crise de 1931. Une première violation fut infligée aux clauses de l'accord de 1929 avec l'adoption par le fas­cisme de la théorie nazie sur la différence de race considérée comme obstacle au mariage (la réapparition d'un Empire Italien depuis 1936 était responsable de cette mesure au même titre que l'influence allemande). Le conflit suscité par cette infatuation raciste (octobre novembre 38) vint profon­dément attrister les derniers mois de la vie de Pie XI.

 

Les propositions et contre propositions échangées entre gouvernement italien et Saint-Siège ne réussirent qu'à alour­dir l'atmosphère. Pie XI agit avec l'Italie fasciste comme il avait fait avec l'Allemagne nazie : pour éviter un conflit ouvert dont les conséquences étaient imprévisibles, il jugea que le mieux était de laisser la responsabilité d'une telle situation à ceux qui l'avaient créée, tout en protestant for­mellement contre la violation du Concordat.  (A SUIVRE)

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 21:10

 

Entré à la Secrétairerie d'État en 1924 en qualité d'adjoint, Mgr Montini y fut successivement rapporteur et secrétaire doyen; à partir de 1931 il enseigna l'Histoire de la Diplo­matie pontificale à l'Académie Ecclésiastique et en 1937 il fut nommé substitut de la Secrétairerie d'État : sa prépara­tion était complète.

 

Écoutons le jugement de l'un de ses amis et confidents : « II était déjà à cette époque ce qu'il est aujourd'hui. Son Style fait de mesure, de pudeur, de discrétion et de respect sacré pour les idées et les hommes, était formé. L'anxiété de comprendre avait rendu plus lente sa diction, dans laquelle ne perce jamais une ombre d'ironie subtile ou piquante. Son respect pour tous est parfaitement exempt de la moindre recherche mesquine de popularité, il n'est que le symbole de son sens religieux. »

 

A partir de 1934, Mgr Montini fut pratiquement absorbé par l'action diplomatique au service du Saint-Siège, sous Pie XI d'abord, puis sous Pie XII.

 

Lorsque le docteur Righetti exprima au Pape l'amertume des organisations catholiques devant l’éloignement de leur assistant, Pie XI lui répondit textuellement : « Mgr Montini possède de tels dons qu'il est appelé à rendre à l'Église des services de plus en plus hauts. »

 

En décembre 1937, Pie XI ayant élevé au cardinalat Mgr Pizzardo, secrétaire de la Congrégation des Affaires Ecclésiastiques Extraordinaires, Mgr Tardini, alors substitut à la Secrétairerie d'État, lui succéda dans sa charge et fut lui-même remplacé par Mgr Montini. Le secrétaire d'État était, depuis huit ans, le cardinal Eugène Pacelli qui devait, après son élévation au trône pontifical, continuer à recourir à cette intime et précieuse collaboration. Dans son nouvel office, Mgr Montini eut la fortune de servir la personne de Pie XI et de rester en charge pendant le Conclave.

 

Quand le 2 mars 1939, les cardinaux Pacelli et Maglione furent élevés, le premier au trône pontifical et le second à la dignité de Secrétaire d'État, Mgr Montini fut confirmé dans sa charge par le nouveau pontife et la garda même après la mort du cardinal Maglione survenue le 22 août 1944. Le Pape n'ayant pas cru opportun de nommer un successeur, la Secrétairerie d'État resta ainsi confiée à Mgr Tardini et à Mgr Montini et en 1952 ils furent tous deux nommés Pro Secrétaires d'État : Tardini aux affaires ecclésiastiques extra­ordinaires et Montini aux affaires ecclésiastiques ordinaires.

 

Mgr Montini devint ainsi le plus proche collaborateur de Pie XII, celui par qui passaient toutes les nouvelles du monde, catholique ou non, grâce aux rapports qu'il avait avec les ambassadeurs ou les chargés d'affaires des pays en relation avec le Vatican et à ceux qu'il entretenait avec les délégués apostoliques dans les autres pays.

 

On a écrit, de source autorisée, qu'après la conciliation, les compétences de la section des affaires ordinaires se sont notoirement accrues jusqu'à embrasser des matières d'im­portance très diverse, mais toutes devaient être résolues avec le même soin et la même promptitude. Devant Mgr Montini défilaient donc prélats et diplomates, hommes d'étude et hommes d'action, personnalités de grand renom et simples fidèles, qu'il écoutait avec la même attention, sans jamais montrer de précipitation.

 

« II laissait les gens parler longuement, les écoutait atten­tivement et, même si la question était humble au départ, il l'orientait toujours vers des sphères plus élevées. La com­pétence de Montini, formée sous la direction de maîtres augustes et dans l'étude livresque, s'affirma au cours de ces longs entretiens et reçut au contact des hommes un irrem­plaçable complément. »

 

Gageons qu'il ne lui fut pas facile, surtout les premiers temps, de vivre aux prises avec l'étiquette diplomatique et de tenir tête à de rigides ambassadeurs en chapeau de feutré, après avoir défié ses jeunes amis à la course sur le ponton d'Ostie et mis en scène de frondeuses revues estudiantines pour la fête des bizuths. Mais Mgr Montini accepta le chan­gement sans sourciller; et lui qui était habitué à l'action et au mouvement alla s'enfermer dans les sévères palais apos­toliques et en fit même un lieu de claustration volontaire. Pendant de longues années, jusqu'à son départ pour Milan, son existence se déroula presque entièrement dans quelques dizaines de mètres carrés : du bureau de la Terza Loggia à son appartement privé de l'étage inférieur et au bureau du Pape de l'autre côté du corridor. A l'exception d'un séjour dans la région de Brescia et à Chianciano, Montini ne s'ac­corda jamais de vacances, ni même quelques minutes de repos pendant ses journées de travail intense.

 

Aux yeux experts des journalistes spécialistes du Vatican, il s'affirma de plus en plus comme « l'homme clef », 1' « ins­pirateur », « l'animateur n° 1 » de l'activité diplomatique du Saint-Siège, surtout à l'époque dramatique et bouleversée de la seconde guerre mondiale.

Sous Pie XII, dont il avait l'estime inconditionnée et toute la confiance, il travaillait régulièrement dix-huit heures par jour, jour après jour, année après année. « Les deux der­nières fenêtres à s'éteindre la nuit — disait-on alors au Vati­can — sont celles du Pape et de Mgr Montini et c'eSt quel­quefois la clarté de l'aube qui l'emporte sur la lumière de leurs lampes. »

 

Mgr Dell'Acqua (qu'on a plaisamment défini comme étant l'architrave du Vatican alors que Montini en serait la clef de voûte, en raison de la différence de corpulence) nous parle de la journée du Substitut : « Elle semblait n'avoir pas de fin ; après les audiences de la matinée qui se prolongeaient parfois jusqu'à quatorze ou quinze heures et les entrevues avec ses collaborateurs pour l'étude des questions les plus difficiles, il se retirait chez lui pour accomplir ses devoirs sacerdotaux, puis revenait au bureau vers minuit et y restait jusqu'à deux heures du matin. Cet emploi du temps met en lumière l'abnégation, le dévouement et l'exceptionnelle bonté pour lesquels il avait toute notre admiration et notre affection. Si je voulais manier le paradoxe, je pourrais dire que la diplomatie de Mgr Montini fut la non diplomatie; il parlait ouvertement, son regard limpide fixé sur son inter­locuteur, écoutait, notait dans son esprit et répondait sans réticence mais avec ce sens inné de la mesure que sa charité sacerdotale lui inspirait. Il connaissait ainsi les hommes et les choses; les secondes en fonction du jugement des pre­miers plutôt que de leur apparence. »

 

Mais on ne peut dire qu'au Vatican tout le monde fut d'accord sur la personnalité de Montini.

 

Prenons un exemple : les trente années passées par Paul VI dans les bureaux de la Secrétairerie d'État ont contri­bué, sinon à lui créer une nouvelle personnalité, tout au moins à mettre en évidence certains éléments de son carac­tère et à en émousser d'autres : la diplomatie vaticane en somme a été une longue et subtile école de prudence, une prudence qui, si l'on écoute les critiques, confine parfois, nécessairement à l'irrésolution. Montini aurait les qualités et la sûre vision d'un pasteur, mais il lui manquerait la vigueur de la décision immédiate.

 

Ces critiques n'ont probablement pas considéré les éton­nantes réalisations de Montini pendant la guerre ni sa remarquable œuvre pastorale dans le diocèse de Milan, le plus grand d'Italie.

 

D'autre part, on ne peut nier que les années passées par Mgr Montini à la Secrétairerie d'État aient été les plus difficiles de l'histoire de l'Église et du monde, et que par conséquent la prudence était de rigueur. Cette prudence ne l'empêcha d'ailleurs pas d'être respecté de ses adversaires comme de ses amis.

 

Silvio Negro, subtil observateur des affaires vaticanes, a décrit la finesse de son trait, sa précision, dans l'énoncé des problèmes et la clarté avec laquelle il les résolvait. Nous savons, de très bonne source, que ses collaborateurs ou les exécuteurs de ses directives, qui n'avaient ni sa netteté ni sa précision, causèrent bien des amertumes à Mgr Montini par leur travail trop impulsif et quelquefois bâclé.

 

« Les visiteurs qu'il accueille si simplement, écrit Negro, ignorent qu'il a commencé sa journée à sept heures et qu'à quatorze son repas l'attend toujours. Face à ses interlocuteurs il ne s'enferme pas, comme nous le faisons tous, dans le domaine pourtant très vaste de ses compétences; il s'aven­ture volontiers au dehors et s'intéresse sans discrimination à tout ce qui est du domaine de l'information et de la culture; ses jugements sont toujours personnels et motivés, même quand ils ont trait à une matière étrangère à son énorme activité quotidienne. »

 

Pie XII connaissait bien Montini pour l'avoir eu comme collaborateur quand il était le secrétaire d'État Pacelli et chargé avec Mgr Tardini de tout le poids de la Secrétairerie; quand, peu après son élection, il reçut ses parents en audience particulière, il ouvrit la conversation par ces mots : « Vous avez donné à l'Église un homme qui possède toutes les qualités à un degré éminent. »

 

Le « royaume » de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État tenait en quelques mètres carrés, mais c'était un tillac sur un navire en pleine tempête ou bien encore une tour de contrôle d'où le fidèle collaborateur de Pie XII pouvait suivre le cours de la chrétienté et de l'humanité tout entière. Il se composait d'un salon d'attente, d'une pièce pour les hôtes, tapissé de rouge, et d'un bureau dont les fenêtres s'ouvraient sur une magnifique perspective de la place Saint-Pierre, que Mgr Montini n'avait guère le temps d'admirer!

 

Tel était son petit monde, le champ de ses batailles paci­fiques. Et dans ce petit monde il accomplit un gigantesque travail, nouant des rapports avec de nouveaux pays, orga­nisant des aides internationales, installant un bureau pour la rédaction du courrier du Pape dans toutes les langues vivantes, établissant l'écoute de toutes les radios étrangères et accordant de surcroît un nombre impressionnant d'entre­vues aux hommes d'État, diplomates, cardinaux, prélats et artistes qui remplissaient continuellement son salon d'at­tente.

Diplomate raffiné, un génie, selon le jugement unanime des passionnés de cette science, il parlait à tous sans diplo­matie, sans jamais la moindre réticence, parce que, disait-il, « les réticences sont déplacées chez un prêtre ».

 

Dans cette activité méthodique mais sans repos, sans solu­tion de continuité, réglée comme un mécanisme de précision et que seuls interrompaient de temps en temps quelque appel imprévu du Pape ou une cérémonie à laquelle il ne pouvait absolument pas se soustraire, Montini était aidé par une extraordinaire réceptivité et par une mémoire formidable. Il se souvenait avec une grande précision dans les détails d'événements de tout genre, pouvait citer des auteurs ita­liens et étrangers et même donner des renseignements sur l'activité et les écrits de nombreux journalistes. Car, mysté­rieusement, il trouvait le temps de lire, et beaucoup! Les employés de la bibliothèque vaticane qui s'occupèrent du transport de ses objets personnels de Rome à Milan purent le constater : plus de quatre-vingt-dix caisses furent néces­saires pour les livres!

 

Une montagne de papiers, tous importants et urgents, s'accumulait sur son bureau, c'était sa croix, mais il plaisantait : « Il me faut jouer aux cartes (papiers, documents) toute la journée !... ».

 

Le téléphone était aussi de la partie et sonnait à chaque instant. L'un des trois appareils était relié à la ligne privée du Pape et sa sonnerie se reconnaissait immédiatement car elle avait un son particulier.

 

Sa modestie était pourtant devenue proverbiale. Lui qui, quotidiennement, parlait avec Pie XII, autour de qui gra­vitaient des centaines de hauts prélats et grâce à qui s'arti­culait l'exécution des directives pontificales, ne haussait jamais la voix.

 

On remarquait partout et sans équivoque son action, son impulsion pressante et discrète, mais sans jamais entendre sa voix. Et l'on disait au Vatican qu'il était la pré­sence de Dieu. Son affabilité avec toute, sa finesse, sa noblesse native est si spontanée que l'on ne tarde pas à en découvrir la source dans une profonde spiritualité évangélique.

 

Un prélat de la Curie des années 30, bon connaisseur d'hommes n'a-t-il pas dit de Montini : « D'autres pourront le surpasser en intelligence ou en habileté, mais personne n'est comme lui habité de l'esprit évangélique. »

 

Un humble balayeur du Vatican nous en donne la confir­mation : « Il traite chacun de nous comme le premier des diplomates. »

 

(A suivre, afin de mieux connaître notre Saint Père en exil.)

 

Extrait du livre Paul VI de G. Scantamburlo   MAME  1964

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 19:23

 

L’influence de Mgr Jean Baptiste Montini se fit sentir comme la semence jetée dans le sillon et qui germe au moment opportun : en l'occurrence, quand se consolida le mouvement des Docteurs de l'Université Catholique et quand, à partir de 1936, commencèrent les « Semaines de Camaldoli » où les dirigeants de la future Démocratie Chrétienne purent se préparer au grand saut dans la liberté. Montini n'avait qu'un mot à la bouche : la sociologie. Et, le 25 juillet, jour de la chute de Mussolini, on jetait à Camaldoli les bases d'une organisation sociale chrétienne. Le « Code de Camaldoli » était né.

 

Mais son action fut peut-être encore plus efficace dans le domaine de la formation morale et de la charité. Partisan enthousiaste de l'idée de saint Vincent de Paul, il favorisa, dans la lignée d'Ozanam, l'activité des « Conférences de Saint-Vincent ». Montini savait bien que, lorsque la spiri­tualité ou la piété ne sont pas mises dans le creuset de la charité et n'approchent ni n'assistent le frère le plus misérable, le plus pauvre, le plus souffrant et le plus sale, elles n'ont pas beaucoup de valeur devant Dieu et pourraient bien n'être qu'une forme élégante et recherchée d'égoïsme intellectuel et pharisaïque.

 

L'une des zones les plus désolées de la misère romaine, celle de la porte Metronia — aujourd'hui disparue grâce aux progrès de la construction dans le quartier Appio Metronio — vit Mgr Montini et ses étudiants remplir chaque semaine, en dépit d'un anticléricalisme aveugle et violent, un lourd programme d'assistance et trouver sur leur chemin l'exaspération de l'indigence la plus désolée.

 

Il plongea dans ces sordides bourgades romaines, parmi le sous-prolétariat local et les misérables des premières migrations internes qui affluaient inconsidérément aux portes de la Capitale, à la recherche désespérée d'un Eldorado italien. C'était une terre de mission et il en fut avec ses étu­diants le premier évangélisateur, le premier apôtre.

 

On trouve dans la charité de Mgr Montini un aspect déli­catement humain qu'il ne faut pas négliger, car il éclaire d'un rayon lumineux sa conception du sacerdoce. Sa charité et son assistance ne se limitaient pas, comme c'est trop souvent le cas, aux malheureux reconnus « bons chrétiens » qui vont à la messe et reçoivent les sacrements; elle n'excluait pas les athées, les irréguliers ou les transfuges du mariage et de la morale. Le simple fait qu'ils en avaient besoin, matériel­lement ou moralement, leur était un titre suffisant pour prétendre à sa bonté et à sa compréhension.

 

C'était même plutôt ceux-là qu'il recherchait, qu'il préférait. Il ne pensait pas le moins du monde que la charité et les secours pouvaient les ancrer dans le mal ou les stabiliser dans le péché et l'irré­gularité morale. Il savait que la charité, quand elle est patiente, délicate, humaine, vient à bout tôt ou tard de la méfiance et de la malveillance et vainc tous les obstacles.

 

En 1933, alors qu'officiellement il n'appartenait plus à la F.U.C.I., ( Fédération Universitaire des Catholiques Italien) il réunit autour de lui des volontaires pris parmi ses anciens étudiants, désormais diplômés, et fonda avec eux un nouveau groupe, inspiré de saint Vincent, qui tint ses réunions à Sainte-Anne au Vatican et choisit comme zone de travail la bourgade Primavalle, alors tristement célèbre pour son état d'indigence et d'abandon sordide. Les très

méritantes sœurs polonaises y menaient déjà une œuvre précieuse et presque ignorée quand elles reçurent, autour de leur petite église et de leur jardin d'enfants, la collaboration solidaire des jeunes docteurs, guidés et animés par Mgr Mon­tini.

 

Pendant cette période mémorable d'activité à la F.U.C.I., se forma « autour de lui, écrit le P. Bevilacqua, une véritable aristocratie de la foi et de la culture et sa parole ne se fit pas moins entendre avec le passage du temps et des événements. Sa voix qui savait employer le langage rigoureux de la vérité était aussi pleine de chaleur et capable de dialoguer avec tous ces drames de la profondeur, dans lesquels Dieu ne cesse d'offrir et où l'homme n'abandonne pas sa folle attitude de refus ».

 

Des générations entières de jeunes universitaires se rappellent encore sa silhouette, le charme qui en émanait et la suggestion idéale qu'il exerçait sur les foules juvéniles. « Son secret était qu'il parlait aux jeunes, affirme encore le P. Bevilacqua, avec sa foi nourrie au trésor de l'Évangile et de la liturgie et cette foi divine se manifesta toujours à travers l'homme tout entier... parce que don Baptiste aime l'esprit créateur de l'homme sous tous ses aspects : art, pensée, culture, technique, sciences. Il voyait tout avec les jeunes et les suivait dans la nouveauté de chaque journée avec une fraîcheur et une imagination intactes. »

 

Et Mgr Pignedoli confirme : « Le grand prestige dont il jouissait auprès des jeunes étudiants qui lui exposaient leurs problèmes spirituels et la totale confiance qu'inspirait sa façon de les résoudre, lui venaient de la vision complète et sûre qu'il avait du christianisme. Il le voyait dans sa valeur accomplie et indivisible et dans la formation intérieure de la conscience plutôt que dans ses conclusions extérieures. »

 

Un fait entre mille prouve cette fascination particulière de Montini sur les jeunes. L'un des congrès de la F.U.C.I. eut lieu à Trieste; chaque soir l'Assistant National parlait aux participants dans l'église Saint-Antoine. Mais l'auditoire augmentait continuellement si bien qu'au dernier jour l'église apparut invraisemblablement comble. Le tranchant oratoire de Mgr Montini était proverbial : concepts précis, vocabulaire concis et concret, une clarté qui abhorre les pompes rhétoriques, un langage épuré et moderne et surtout la limpidité d'une foi vécue et la réalité des choses pour lesquelles on a souffert.

Pour que cette réalité imprégnât toujours plus profon­dément l'âme des jeunes et devînt le suc et le sang de leur activité et de leur future présence chrétienne, Mgr Montini organisa ces « courtes retraites » spirituelles de la basilique Saint-Paul où il eut l'occasion de rencontrer le cardinal Schuster, alors abbé de Saint-Paul.

 

En cette période de la F.U.C.I., il se souvenait peut-être de ce bon curé oratorien de Saint-Jean de Brescia, débordé de travail, qui confiait au petit étudiant Montini la rédac­tion de ses prêches, les leçons de catéchisme aux plus petits et la révision des devoirs de l'étude dirigée. Comme s'il avait eu du temps de reste, il aidait les Oratoriens de l'Église Neuve de Rome à dépêcher dans leurs bureaux les dossiers d'assistance matérielle et dans leur confessionnal l'œuvre la plus précieuse de l'assistance spirituelle. Et tout cela sans pavoiser, dans une silencieuse humilité, selon sa conception toute personnelle du travail et du repos appliquée à chaque heure de sa vie « au nom du Seigneur »!

 

Cette admirable période d'activité prit fin le 12 mars 1933 quand une lettre de l'Assistant Central de l'Action Catho­lique, Mgr Pizzardo, communiqua que le saint-père Pie XI, en considération des charges croissantes de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État, avait accepté sa démission du poste d'assistant ecclésiastique de la F.U.C.I., « mission acquittée avec amour et profond dévouement ».

 

C'était une réalité officiellement reconnue.

(A suivre, afin de mieux connaître notre Saint Père en exil.)

 

Extrait du livre Paul VI de G. Scantamburlo   MAME  1964

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 21:26

  "Paul VI vit encore" (exorcismes)  

Les déclarations des démons qui furent faites sur le Pape Paul VI par ordre du Ciel, sont extraordinairement nombreuses. J'en choisis quelques-unes, parmi celles qui sont importantes.

Quand le 6 août 1978, les mass media du monde entier annoncèrent le décès du Pape Paul VI dans sa résidence d'été, les exorcistes et moi-même fûmes très troublés. Une semaine plus tôt, nous avions encore assisté à trois, à une audience générale à Castel Gondolfo. L'homme qui là-bas, au milieu de la plus grande crise de l'Église, ne savait rien dire d'autre que "nous devrions nous réjouir des vacances", dont le visage, d'après les agrandissements fournis sur le champ par le photographe du Vatican montrait toutes les divergences du vrai Pape, connues par nous, n'était pas le Pape Paul VI !

Dès le 7 août 1978, le grand démon ange Beelzéboul fut contraint de faire des déclarations.

Avec une explosion de rage jamais vue, il s'écria, après un long déchaînement de fureur et une longue résistance : "Paul VI vit encore... prisonnier des cardinaux au Vatican !

Oui, il vit encore sur terre (avec des hurlements déchirants et désespérés). Il est enfermé (cris de rage terrible). Le faux pape était à la résidence d'été, c'est là qu'était le faux pape (hurlements effroyables). Le Vrai (le Pape Paul VI) vit encore ! Ah ! Il vit encore (gémissements et hurlements). Mais il faut qu'il soit tué (selon l'avis de l'enfer). On ne doit pas le trouver ! Il faut qu'il soit tué !"

Avec rage, il arracha au prêtre son étole, et lança au loin son rituel. La possédée, tourmentée, était complètement à bout de forces.

Ce drame avait déjà commencé à l'aller. Les démons la tiraillaient de tous côtés dans ma voiture. Elle poussait des cris horribles et s'écriait : "Revenez ! Lucifer est ici ! Aucun exorcisme ne doit avoir lieu, sinon il va arriver quelque chose !" Une pluie torrentielle crépitait sur ma voiture, et la possédée voulait quitter la voiture en pleine vitesse, mais elle put en être empêchée par sa mère et une personne qui l'accompagnait, pendant que le prêtre ne cessait de donner sa bénédiction. En réponse à la menace de Lucifer et au déchaînement furieux des démons, l'exorciste s'écria : "Ce n'est pas toi qui dois commander, ici c'est la Très Sainte Trinité qui ordonne, par la Très Sainte Vierge Marie qui t'a écrasé la tête. Accomplir sa volonté est notre seul désir. Toi, tu dois te taire ! Nous n'avons pas peur de tes menaces ! Les Anges nous accompagneront et nous protègeront !"

La confirmation sans cesse répétée que le Pape Paul VI vivait encore ne manque dans pratiquement pas un seul des nombreux exorcismes qui suivirent.

(Extrait de l'Église en danger, de Bonaventure Meyer)

http://paulvipapemartyr.over-blog.com/article-paul-vi-vit-encore-exorcismes-100679258.html

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