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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 17:27

 

 

Deux minutes avant que le soleil du 4 janvier 1964 ne se levât, le Pape était descendu dans la cour de Saint-Damase, au Vatican, et avait pris place dans sa voiture, la Mercedes immatriculée SCV I. En quittant la place Saint-Pierre, il avait demandé au chauffeur de s'arrêter en cours de route, à la prison de Regina Coeli. Ainsi son pèlerinage s'ouvrait-il sur un épisode vraiment évangélique. Comme Jean XXIII l'avait fait à Noël 1958, il parla aux détenus en un langage simple et émouvant.

 

« Je suis venu vous apporter ma bénédiction et vous dire qu'en Terre Sainte je me souviendrai de vous dans ma prière. »

 

Puis, le cortège pontifical, salué par des milliers de per­sonnes malgré l'heure matinale, avait atteint Fiumicino, où les autorités italiennes conduites par le Chef de l'État et les diplomates accrédités auprès du Saint-Siège et du Quirinal, avaient présenté leurs hommages au Pape, avant qu'il ne prît place dans l'avion d'Alitalia. L'appareil, un DC 8 flam­bant neuf, dédié à Léon Pancaldo, était arrivé à Fiumicino le 13 décembre, de l'usine de Long Beach. Avant le départ, Paul VI avait voulu connaître, un par un, tous les membres de l'équipage, depuis le commandant Jean-Marie Zuccarini jusqu'au steward Grégoire Farabegoli; il s'était ensuite rendu dans la cabine de sa suite pour lui souhaiter bon voyage.

 

Puis il s'était retiré dans sa cabine avec ses secrétaires Don Pascal Macchi et don Bruno Rossi. Il avait pris place dans le fauteuil qui lui était réservé, un fauteuil d'avion ordi­naire, et avait attaché sa ceinture de sécurité. A 8h. 30, l'avion commença à rouler pour se mettre en position de vol. Puis il prit sa course et augmenta sa vitesse, tandis que les quatre réacteurs rugissaient. Le Pape regardait par le hublot et suivait la manœuvre avec un extrême intérêt.

 

« Le rêve de ma vie a toujours été de visiter la Terre Sainte » avait-il dit, pendant la première session de Concile, à Mgr Hackim, archevêque de Nazareth. L'avion volait maintenant à 900 km à l'heure, et son rêve, continuellement renvoyé en raison de ses engagements, se réalisait enfin.

 

A bord, le Saint-Père conversa avec les cardinaux Tisse­rand et Cicognani et avec Mgr Dell'Acqua; pour son déjeuner, il demande un bouillon léger, du poulet avec de la purée et une pomme; il ne voulut aucune boisson, sinon un peu d'eau minérale. Au-dessus de Chypre, il y eut un moment d'inquié­tude : d'Ammam parvenait la nouvelle qu'une brume épaisse pesait sur l'aéroport et que, si elle persistait, l'atterrissage serait très problématique, étant donné qu'il n'y avait pas de radar. Que faire ? La décision fut remise au Pape. « Atten­dons,  dit-il,  nous  déciderons plus  tard.   »

 

Pendant cette demi-heure  d'incertitude, les gens vécurent des moments d'enthousiasme à Beyrouth et à Damas, les deux aéroports de dégagement, dans l'espoir que le brouillard augmenterait et que, par conséquent, l'avion du Pape atterrirait sur l'un des deux terrains. Un bimoteur de la ligne aérienne libanaise fut aussitôt préparé à Beyrouth, pour accueillir le souverain pontife et sa suite et les conduire à Ammam, où un appareil plus petit qu'un quadriréacteur peut atterrir sans difficulté, par n'importe quelles conditions atmosphériques. Mais l'espé­rance des Libanais et des Syriens fut d'aussi courte durée que les sombres préoccupations des jordaniens qui attendaient le Pape avec impatience. Le brouillard se dissipa sur Ammam et la visibilité devint meilleure.

 

A l'aéroport, un vent glacé d'hiver ridiculisait les télé­grammes répétés d'un journaliste américain, qui avait demandé quelques jours auparavant au Tourist Office, de lui réserver une « chambre avec salle de bains, et surtout, avec air conditionné ».

 

Avec un quart d'heure de retard, le quadriréacteur du Pape apparut dans le ciel : il était 13-14 h (heure locale) et le départ de Rome avait eu lieu trois heures et vingt-cinq minutes plus tôt. L'atterrissage fut parfait et, quand Paul VI apparut dans l'encadrement de la porte, des applaudisse­ments frénétiques éclatèrent, en même temps que les vivats en italien, en arabe et dans toutes les langues du monde. Les Viva il Papa alternèrent sans interruption avec l'expression arabe équivalente Ya Ya el Baba. Tout en écoutant les hymnes, pontifical et jordanien, sur le podium à côté du roi Hussein, le Souverain Pontife souleva son chapeau et l'agita, en signe de salut. Ce geste provoqua de nouvelles manifestations délirantes. Après une brève conversation avec le roi Hussein, la présentation des personnalités et un échange de discours chaleureux, le Pape commença son voyage vers Jérusalem.

 

Les  rues  d'Ammam  regorgeaient  de  monde,  une  foule misérable dans laquelle se trouvaient des milliers de ces réfugiés palestiniens qui vivent dans des baraques, sur les collines, autour de la capitale. Arcs de triomphe partout, orchestres et ensembles de cornemuses : une fête populaire mais contenue dans les limites de la discipline. Du reste, les ordres d'Hussein étaient précis et sans équivoque : tirer à vue, au moindre signe de troubles. Mais ces dispositions, dictées par une excessive prudence, étaient superflues, et leur caractère radical montrait bien qu'elles constituaient un aver­tissement  plutôt  qu'une  réelle  menace;   autrement,  elles auraient été en opposition évidente avec la signification de la visite du Pape, héraut de la paix.

 

Quoi qu'il en soit, on pouvait voir les mitrailleuses sur les toits, sur les balcons, aux coins des rues et partout des blindés, comme pour un siège. Sur la route carrossable, ouverte en 1958, d'Ammam à Jérusalem, et longue de 94km, le déploiement de forces était également imposant : sur chaque hauteur, un soldat, et, ici et là, des patrouilles motorisées et blindées.

 

Le Pape traversa la Judée, une région si âpre, si sauvage, misérable et triste que la passion, la mort (mais aussi la résurrection) de Jésus, ne pouvaient se dérouler dans un cadre géographique plus approprié.

 

Quelques kilomètres après la dépression de la Mer Morte, on arrive au pont sur le Jourdain, qui, jusqu'à il y a vingt ans, séparait la Palestine de la Transjordanie. Le Jourdain est un tout petit fleuve, à peine plus qu'un ruisseau; son eau est jaunâtre et bourbeuse et pourtant il est sans conteste le fleuve le plus important de l'histoire humaine : le Tibre, le Danube et la Moscova disparaissent devant lui. Ici, Jésus fut baptisé; ici, il fut annoncé par Jean-Baptiste. On peut se demander, en regardant cette eau, comme l'a fait le Pape en une halte pleine de dévotion, ce que serait le monde d'au­jourd'hui si, il y a deux mille ans le Christ n'était pas venu, et ce que serait la civilisation, radicalement transformée par ce misérable Galiléen, qui reçut dans ces eaux un baptême sans pompe et sans solennité.

 

Le Souverain Pontife s'arrêta pour les contempler et, autour de lui, les autorités s'écartèrent, respectant sa brève méditation. On fit de nouveau une courte halte à Béthanie, où Jésus ressuscita Lazare, frère de Marthe et Marie : c'est une pauvre bourgade qui, en arabe, s'appelle El Lazaria, pour rappeler justement le prodige accompli par le Christ. En Palestine, chaque pierre, chaque vallée, chaque colline ramène au Christ et c'est là qu'est la signification, très simple et très profonde, du pèlerinage de Paul VI; signification que notre monde compliqué ne parvient pas à comprendre, cherchant de secrètes raisons, d'autre nature, qui n'existent pas. Et pourtant, quel autre lieu que la Terre Sainte pouvait constituer le but logique, naturel, du voyage d'un Pape ?

 

Enfin, au terme de cet après-midi du samedi 4 janvier, le cortège pontifical arriva à Jérusalem, à la Porte de Damas, dans la vieille ville, juste à l'entrée de la Via Dolorosa. C'est une ruelle tortueuse qui serpente parmi les maisons serrées et si proches qu'on peut les toucher en ouvrant les bras; d'habitude, il y a un marché arabe, l'un de ces souks orientaux où l'on peut trouver de tout, parmi mille odeurs où domine l'acre parfum du rôti de mouton. Dans ce boyau étroit et suffocant se pressait une foule fantastique, incroyable, que la police, pourtant nombreuse et décidée, ne réussissait déjà plus à contenir, une heure avant l'arrivée du Pape. Sur les côtés de la route en lacets qui, de la vallée du Cédron monte à Jérusalem, il y avait des milliers et des milliers de personnes, arabes et européens, musulmans et catholiques,  orthodoxes  et  coptes ;   des  groupes   d'enfants   des  écoles  catholiques   présentaient   des   branches   de   palmiers,   des rameaux d'oliviers et des bouquets de fleurs comme l'avaient fait leurs ancêtres il y a deux mille ans, quand le Christ était entré dans la cité sainte, monté sur une ânesse, symbole de paix et de douceur.

 

C'était maintenant le Pape qui venait, le premier Pape qui posât le pied en Terre Sainte, vingt siècles après le passage de Jésus, et tous se rendaient compte de l'immense privilège qui les avait touchés. A quelques pas de la Porte de Damas, au sommet de Jérusalem, courent des fils de fer barbelés et des chevaux de frise qui forment une nouvelle couronne d'épines, posée cette fois sur la tête de la ville pour séparer la partie jordanienne de l'israélienne. Au milieu, pour bien marquer la division, il y a la « terre de personne », le no man's land, représentation exacte de la haine et de l'abandon.

 

Les maisons sont vides, démolies par les canonnades et tout autour pousse la broussaille, comme dans une jungle. D'un côté les Israéliens, de l'autre les Arabes : ils s'ignorent mais sont pourtant prêts à tirer les uns sur les autres au moindre prétexte. C'est ainsi depuis quinze ans, depuis la guerre de 1948 : la paix, l'armistice plutôt, est très précaire et, en cinq ans, la présence du Pape a apporté le premier souffle de sérénité et de détente. Au cours des journées qui ont précédé son arrivée, Arabes et Israéliens ont travaillé, coude à coude, à mettre les routes en état, à nettoyer les places, à installer les arcs de triomphe et les drapeaux sur leurs hampes. Ce sentiment de sérénité momentanée était presque un soulage­ment pour la longue, l'exaspérante tension, et on le sentait dans le cœur des gens, de ceux qui remplissaient les routes et les places de la Jérusalem jordanienne, comme de ceux qui se pressaient aux fenêtres, sur les murs, les tours et les toits de la Jérusalem israélienne.  

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 06:54

 

 

 

A la mi-août, Paul VI trouva donc dans son courrier le pli provenant de Nazareth. Il le lut attentivement. Il était accompagné d'une lettre signée par Paul Gauthier, et par une quinzaine de prêtres de la congrégation et d'ouvriers chrétiens arabes et juifs. La lettre disait en substance : « Saint Père, pourquoi ne venez-vous pas en Terre Sainte ? Le monde comprendrait un geste de ce genre. » Paul VI dut être frappé par cette invitation qui coïncidait avec sa secrète inspiration. Il demanda au cardinal Lercaro des informations plus détaillées sur les Compagnons et le cardinal lui apporta un petit livre du P. Gauthier, intitulé « Jésus, l'Église et les pauvres ». Il paraît qu'il l'a longuement médité, en cette veille de la reprise du Concile, qui devait débattre de thèmes sociaux en même temps que de grands problèmes théolo­giques. Aux premiers jours de novembre deux ecclésias­tiques partirent pour la Terre Sainte protégés par un secret absolu qui n'a jamais été divulgué; ce n'étaient pas deux quelconques pèlerins mais don Pascal Macchi, secrétaire privé du pape, et Mgr Jacques Martin, de la Secrétairerie d'État. Ils restèrent cinq jours en Palestine et y rencontrèrent de nombreuses personnalités pour préparer le voyage du Souverain Pontife.

 

L'annonce en fut donnée par Paul VI en personne, dans le cadre le plus solennel, à Saint-Pierre, devant 2,200 pères conciliaires, qui assistaient à la cérémonie de clôture de la seconde session, le mercredi 4 décembre. A la fin de l'allocution et après avoir examiné les résultats des travaux, le Pape suspendit un instant sa lecture, releva les yeux et dit : « Permettez-Nous un dernier mot, pour vous communiquer un projet qui depuis longtemps mûrissait dans Notre âme et que Nous Nous sommes décidés aujourd'hui à rendre public, devant une assemblée aussi choisie et aussi significative. La conviction que, pour l'heureuse conclusion du Concile, il faut intensifier les prières et les travaux, est si vive en Nous que Nous avons décidé, après mûre réflexion et de nombreuses prières, de Nous faire Nous-même pèlerin sur la terre de notre Seigneur Jésus-Christ. »

 

Les applaudissements écla­tèrent dans la Basilique, tandis que la nouvelle, transmise par la radio et la télévision, suscitait une heureuse surprise dans le monde. Le Pape poursuivit, expliquant les raisons, l'esprit et les buts de son pèlerinage : « Nous voulons, en effet, si Dieu Nous assiste, Nous rendre en Palestine en janvier prochain,  pour  honorer  personnellement,  sur  les   Saints Lieux où Jésus naquit, vécut, mourut, ressuscita et monta aux cieux, les premiers mystères de notre salut : l'Incarnation et la Rédemption. Nous verrons ce sol béni d'où Pierre partit et où ses successeurs ne revinrent plus; Nous y retour­nerons très humblement et pour très peu de temps, en signe de prière, de pénitence et de rénovation, pour offrir au Christ son Église, pour rappeler à elle, une et sainte, les frères séparés, pour implorer la divine miséricorde en faveur de la paix parmi les hommes, cette paix qui, ces jours-ci encore, montre à quel point elle est faible et tremblante ; pour supplier enfin le Christ Seigneur pour le Salut de l'humanité toute entière. »

 

Les réactions à cette nouvelle exceptionnelle furent partout immédiates et enthousiastes, de la part des hommes poli­tiques comme des personnalités religieuses, si l'on excepte les quelques manifestations de très mauvais goût auxquelles s'est abandonnée la presse égyptienne, contrôlée par le gouverne­ment. Le patriarche de Constantinople, Athénagoras, qui désirait rencontrer le Pape depuis des années, malgré les difficultés soulevées par l'église grecque orthodoxe, fit une déclaration d'une énorme importance : « Ce serait une œuvre de la Divine Providence si, à l'occasion du pèlerinage sacré de Paul VI, les chefs de toutes les églises d'Orient et d'Occident, des trois confessions (catholique, orientale et protes­tante) se réunissaient dans la ville sainte de Sion, afin d'ouvrir une nouvelle et véritable route de l'unité pour la gloire de Notre Seigneur, pour le bien de l'humanité, pour son salut et pour l'accomplissement de la volonté de Jésus.

 

La proposition de réunion des chefs de la chrétienté autour de Paul VI fut ainsi lancée et suscita à Rome des consen­tements immédiats parce qu'elle coïncidait avec l'ardent désir qui était à l'origine du pèlerinage.

 

Pourtant, on ne sait pas grande chose des réponses précises que firent les diverses églises orthodoxes au projet d'Athénagoras. L'Église de Grèce commença par tergiverser, puis se révéla hostile, dans l'ensemble de sa hiérarchie. Le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Benoît Ier, se montra peu favorable au début; puis, devant l'insistance du Gouvernement grec, accepta, à condition que son autorité ne s'en trouvât pas diminuée; il sera donc le premier à rencontrer le Pape et celui-ci rendra sa visite à Athénagoras, au siège du patriarcat. Le patriarche orthodoxe d'Antioche Théodose IV, commu­niqua à une agence qu'il approuvait le dessein d'Athénagoras, dans un esprit de courtoisie chrétienne.

 

Quant au patriarche de Moscou, qui s'était déjà préoccupé de ne pas laisser s'instaurer dans l'orthodoxie, une primauté effective, il se montra réticent au début; quand la rencontre d'Athénagoras avec Paul VI fut décidée, il déclara qu'il considérait la chose comme une initiative personnelle du patriarche de Constantinople, qui n'avait par conséquent rien à voir avec les décisions prises à Rhodes, relatives à la mise en train d'une conversation de toute l'orthodoxie avec l'Église de Rome, sur un pied d'égalité. Dans son message du 28 décembre dernier, Alexis ajoutait qu'il aurait volontiers, lui aussi, effectué un pèlerinage en Terre Sainte, si sa santé le lui avait permis.

 

En attendant, les échanges entre Constantinople et Rome allaient bon train. Le père Duprey, vice secrétaire de la section orientale du Secrétariat pour l'union des chrétiens, apportait le 10 décembre une lettre du cardinal Béa à Athénagoras. Le 27 décembre arrivait à Rome, envoyé officiellement par le patriarche et le Saint Synode de Constantinople, le métro­polite de Thiatira qui s'appelle aussi Athénagoras; il fut reçu le lendemain en audience privée par le Souverain Pontife…  au terme de son entretien avec le souverain pontife, se dit bouleversé par l'émotion et ajouta : «Après des siècles de silence, l'Occident latin et l'Orient grec, mus par un respect, et un amour mutuels, inspirés par l'Évangile et par leurs cœurs chrétiens, s'apprêtent à se rencontrer pour un échange de vues et de salutations fraternelles et pour ouvrir, si possible, un dialogue de compré­hension pour la paix du monde et le progrès de l'Église de Dieu. »

 

II est intéressant de noter que, dans son adresse au Souverain Pontife, le métropolite avait dit : « Votre prédécesseur de bienheureuse mémoire, Jean XXIII, convoqua le second concile Vatican pour un rajeunissement de l'Église Occidental. Peut-être Votre Sainteté est-elle appelée, en qualité : premier évêque de l'Église, avec le consentement des autres patriarches et chefs des Églises d'Occident et d'Orient, convoquer, en une conférence pan chrétienne, tous les représentants des Églises chrétiennes, pour examiner, dans l’amour et dans la compréhension, comment combattre le péché, comment protéger l'Église, la paix, et la liberté du monde, menacées par des ennemis communs : l'athéisme et tyrannie. » On retrouve dans ces expressions les idées chères au patriarche de Constantinople : une réunion de tous les chefs des églises chrétiennes pour une collaboration réciproque et un front commun contre l'athéisme matérialiste communiste. Pour conclure ces échanges, le patriarche Athénagoras annonçait publiquement à ses fidèles, dans son discours du nouvel an, sa rencontre avec Paul VI en Terre Sainte, commentant : « C'est un grand événement que je vous annonce en ce jour de fête. »

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:50

 

 

Cette idée du Pape a vraiment été une idée géniale et qui le définit tout entier.

 

Elle a été aussi la plus merveilleuse des trouvailles pour relancer son pontificat, à un moment particulièrement délicat de l'histoire de l'Église et de l'humanité.

 

Le pape Paul VI a toujours été l'homme des idées excep­tionnelles, marquées d'une très nette empreinte personnelle, de cet irremplaçable style « montinien », qu'il a depuis l'en­fance, comme nous avons pu le voir à maintes reprises au cours de cette biographie. La Grande Mission de Milan en est un exemple clair.

 

Le nouveau Pape avait d'ailleurs fixé sa prédilection apostolique le 21 juin 1963, en choisissant le nom de Paul. Le nom d'une personne est important; il est toujours un programme quand il est choisi dans des circonstances par­ticulières et solennelles, comme la profession religieuse ou l'élévation d'un nouveau pontife à la Chaire de Pierre. Saint Paul fut en effet le plus ardent et infatigable marcheur du Christianisme. Il fut le premier grand guide de la nouvelle religion, le premier scout de la foi.

 

Sa vie ne fut qu'un voyage : il parcourut des milliers de kilomètres et rencontra des millions de personnes. Ses lettres, dans lesquelles le terme voyage est répétées comme une néces­sité de la foi, en sont un vivant témoignage. Indubitablement, le christianisme, mission et témoignage de vérité, naissent en chemin. Aujourd'hui, surtout, que l'Église a entrepris un nouveau chemin vers « des cieux et des terres nouvelles » …

 

Nous avons vu que Paul VI n'en est pas à son premier grand voyage : le 5 juin 1960, archevêque de Milan, il quitta la « Malpensa » à destination de l'Amérique et, en deux semaines, accomplit quator2e vols, qui le conduisirent à New York, Chicago, Philadelphie, Washington, Baltimore, Brasilia, Saô-Paulo, Rio-de-Janeiro.

 

En 1962, du 19 juillet au 10 août, il se rendit en Afrique, où il visita les ouvriers italiens qui travaillent au grand bar­rage de Kariba et de nombreuses villes d'Afrique du Sud.

 

Nous avons rapporté le mot du pape Jean, qui se révèle maintenant comme une authentique prophétie, disant que son successeur « monterait dans les avions ». Et cet avion de la compagnie Alitalia, le premier qu'il ait pris en tant que pape, ne sera certainement pas le dernier.

 

LA  LONGUE PRÉPARATION  SECRÈTE

 

Paul VI va donc en Terre Sainte, là où le Christ a vécu et fondé l'Église : c'est un événement historique dont la portée dépasse la chronique contingente. Pierre est venu d'Antioche à Rome en 42 de notre ère (l'année est incertaine); il y est resté vingt-cinq ans... il a été le premier Pon­tife de Rome et c'est à Rome qu'il est mort martyrisé en 64 ou 67.

 

Depuis lors, en 1930 années environ, aucun pape n'est jamais retourné en Palestine. Paul VI est le premier des 262 successeurs de Pierre qui entreprend un pèlerinage en ces lieux sacrés, qui fasse le voyage du grand retour, qui remonte à la source. Il le fait en un temps de Concile, presque pour signifier un retour au Concile de Jérusalem, celui au cours duquel les Apôtres décidèrent de lancer l'Église à la conquête du monde païen et de permettre à Paul de baptiser les gentils, sans leur imposer de rites, de contraintes ni de lois particulières. Ce fut un concile largement ouvert aux néces­sités de la société du temps… Un concile dans lequel on lança la première codification du Verbe de Jésus, avec le Credo ou Symbole des Apôtres.

 

C'est la première fois qu'un pontife va en Terre Sainte, la première fois depuis 160 ans qu'un pape franchit les fron­tières de la péninsule italienne (si l'on excepte Pie VII qui alla à Paris en 1804 et fut traîné en France cinq ans plus tard, prisonnier de Napoléon); la première fois aussi qu'un pape voyage en avion; ce sont là des faits et des circonstances qui étaient tout simplement impensables jusqu'au 4 octobre 1962, le jour où le pape Jean, souriant et serein, malgré la maladie qui le dévorait déjà, fit son fameux pèlerinage à Lorète et à Assise…

 

Mais si ce pèlerinage en Terre Sainte est déjà sensationnel en lui-même, les perspectives qu'il ouvre sont incalculables pour le moment. Il suffit de songer qu'à Jérusalem, Paul VI rencontrera les patriarches des Églises d'Orient, et surtout Athénagoras de Constantinople, qui est le primus inter pares, c'est-à-dire une sorte de Pape Orthodoxe, qui n'a pas juris­prudence sur les églises autonomes mais jouit d'une pri­mauté d'honneur reconnue.

 

Quand l'inspiration de ce pèlerinage vint-elle à Paul VI ? Il est difficile d'indiquer une date, d'établir un jour précis. On peut dire que Jean-Baptiste Montini désirait, depuis de nombreuses années, se rendre en Terre Sainte, mais qu'il n'avait jamais pu réaliser ce rêve. Élu pape, le 21 juin 1963, il demandait à la Secrétairerie d'État, dès la fin juillet, un rapport détaillé et très secret sur la situation religieuse, sociale et politique de la Palestine.

 

Les très rares prélats au courant de cette requête pensèrent immédiatement que Paul VI projetait un geste d'une impor­tance exceptionnelle. L'idée mûrissait rapidement, et peut-être était-elle déjà définie dans les grandes lignes, quand, à la mi-août, survint un fait singulier. Un matin, le Pape trouva, dans son courrier du jour, un pli provenant de Nazareth, expédié par les « Compagnons de Jésus charpentier ».

 

Rappelons que cette congrégation religieuse fut fondée il y a quelques années par un prêtre français, Paul Gauthier. Professeur au séminaire de Dijon, Gauthier était revenu d'une visite en Terre Sainte avec un poids sur le cœur. C'était sur la terre du Christ qu'il avait vu des milliers d'êtres humains plongés dans la misère la plus sombre ; c'était sur la terre du Christ qu'il avait touché du doigt la scandaleuse opposition entre chrétiens qui se disputaient la propriété du Saint Sépulcre, partagé entre catholiques, orthodoxes grecs et monophysistes d'Antioche. Il avait alors pensé, avec ses confrères, qu'il fallait faire quelque chose.

 

C'est ainsi que naquit la congrégation des « Compagnons de Jésus charpentier »; charpentier, c'est-à-dire travailleur, proche des pauvres et des abandonnés. Ils partirent et s'établirent à Nazareth où s'était déroulée une grande partie de la vie du Christ. Ils voulaient vivre les mêmes souffrances que le peuple, l'aider à se relever, lui témoigner leur fraternité par le sacrifice. En Palestine, la vie s'est arrêtée au temps de Jésus : les gens s'habillent de la même façon, souffrent autant, et, par milliers, habitent encore dans des grottes. Les compagnons choisirent pour chapelle une grotte, où Jésus était peut-être entré, et déposèrent le Saint Sacrement dans la très antique mangeoire creusée dans la roche. L'Église se réunissait en Concile; pouvait-elle trouver meilleure occasion de se prononcer sur la misère, sur l'intolérance raciale et religieuse, sur la division des âmes, sur toutes les plaies de l'humanité, particulièrement douloureuses et exas­pérées en Palestine ?

 

Les Compagnons écrivirent à des cardinaux et à des évêques, demandant que le Concile traitât aussi de thèmes sociaux. Il se constitua une sorte de mouvement de « l'Église des Pauvres » dont font partie les cardinaux Léger et Lercaro, l'évêque chilien, Mgr Larrain, qui a vendu sa croix pectorale pour fonder une école, le colombien Mgr Botero Salazar, qui a quitté son palais pour s'établir dans une petite maison du quartier ouvrier, et l'évêque du Sahara, Mgr Mercier, qui débarqua à Gênes et rejoignit Rome à pied, pauvrement vêtu et mendiant son pain quotidien.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 17:07

    

 

Le projet, repensé pendant les neuf mois d'interruption, est divisé en une introduction suivie de quatre chapitres :

 

I. — Le Mystère de l'Église,

II. — La Constitution hiérarchique, avec une étude par­ticulière du                                                       problème de l'épiscopat,

III. — Le Peuple de Dieu,

IV. — La vocation de l'Église à la Sainteté.

 

Depuis les premières interventions, le schéma a été accepté comme base de discussion par tous les Pères conciliaires y compris ceux qui avaient présenté auparavant des centaines d'amendements. 2,900 Pères ont été convoqués aux réunions générales, alors qu'ils n'étaient que 2.778 à la première ses­sion. Malheureusement, ainsi que le Pape a fait tristement allusion, beaucoup d'évêques des pays d'au-delà du rideau de fer sont absents.

 

Pendant les neuf mois de suspension, 72 Pères conciliaires sont morts, mais 177 nouveaux Pères se sont présentés à leur place, en raison de la nomination de 98 archevêques et évêques, de 4 supérieurs généraux d'Ordres et de Congré­gations et de 75 préfets apostoliques. Dans l'enceinte conci­liaire sont également présents dix laïcs d'illustre réputation, tous dirigeants d'organisations catholiques.

 

Le nombre des observateurs des autres églises chrétiennes est passé de 45 à 64, y compris les hôtes du Secrétariat pour l'Unité.

 

Il pourra être intéressant, avant de passer à l'étude de détail, de faire une chronique rapide, mais fournie, des tra­vaux conciliaires en nous arrêtant plus particulièrement sur certains aspects de cette seconde session, et surtout sur quelques-unes des relations que divers organes de presse ont donné de l'événement.

 

La curiosité qui entoure cette seconde session, nous y avons fait allusion, n'est pas le seul fait des catholiques et des chrétiens des églises séparées de Rome. En décidant de la continuation de Vatican II, dès son premier message après son élévation au Pontificat, Paul VI n'a pas caché à l'opinion publique et à lui-même, le poids de l'héritage qui lui avait été transmis par Jean XXIII; poids si grand qu'il le « décon­certe jusqu'à la souffrance ». A côté de l'événement excep­tionnel qui engage la responsabilité morale et humaine de l'Église romaine, une question se pose tout naturellement, étroitement liée à l'attente universelle des décisions, du nouveau programme de modernisation, et des modifications canoniques qui sortiront de la libre discussion des Pères conci­liaires : « Que définira en somme, se demande-t-on beaucoup dans la presse, le Concile Œcuménique de l'ère atomique ? »

 

La continuation du Concile que Paul VI, s'il l'avait voulu, pouvait aussi bien renvoyer, remettre, suspendre ou même annuler selon les canons 222 et 229 du code de Droit Canon, maintient dans sa fermeté l'essence spirituelle de la pensée de Jean XXIII. La continuation rappelle avec insistance les efforts pour consolider la justice et la paix parmi tous les chrétiens, pour retrouver l'unité, douloureusement brisée dans le passé, et pour réformer en même temps le Droit Canon.

 

Mais, en fait, le Concile Vatican II commence seulement à cette seconde session. La première phase esquissa à peine les grandes lignes et servit surtout, dès le début, à dégager les courants de pensée, les controverses et les méfiances, à l'égard du traditionnel et, si l'on peut dire, séculaire immo­bilisme de la Curie romaine ; d'où le terme de aggiornamento, repris par la rhétorique officielle de Paul VI, en tant que possibilité actuelle de sortir des habitudes « paresseuses et sans générosité » et de ramener l'Église catholique sur le plan de la réalité, au-dessus, ou contre, l'erreur contingente.

 

La préparation de cette seconde session a corrigé les hési­tations de la première période préparatoire. Paul VI a voulu obéir à la synthèse des schémas et tout particulièrement au regroupement mesuré des responsabilités. Cette fois, la direc­tion proprement dite des travaux conciliaires et l'organisa­tion des discussions au sein des congrégations générales ont été confiées à quatre cardinaux seulement. La nationalité de ces princes de l'Église, appelés Modérateurs, reflète déjà la volonté de Paul VI. Deux de ces cardinaux, l'archevêque de Munich, Doepfner, et l'archevêque de Bruxelles, Suenens, appartiennent à deux nations où l'épiscopat est estimé pour son énergie modérée, son indépendance et son « franc-parler » vis-à-vis de la Curie. Les deux autres sont l'arche­vêque de Bologne, le cardinal Lercaro, et l'Arménien Agagianian. Le choix de ce dernier est déjà un hommage rendu aux églises catholiques qui ne suivent pas le rite romain et aux communautés des églises orientales. Tous les Conciles Œcuméniques de l'histoire représentent un procès de clari­fication que l'Église se fait à elle-même. Le « procès uni­versel » de Vatican II sera célébré et mené à bonne fin par Paul VI, après les préliminaires annoncés et dirigés par Jean XXIII. Quelques observateurs étrangers ont, en effet, écrit que le Concile dépendait seulement des directives de Paul VI en tant que protagoniste régulateur de l'assemblée. Per­sonne ne peut dire quelles seront les orientations suggérées par la volonté du nouveau Pape, dont on ne connaît pas encore la pensée réelle.

 

La première session eut ses journées de tempêtes. Les résultats concrets ont été minces par comparaison avec l'es­pérance soulevée par la grande œuvre entreprise. Le premier problème de Vatican II concerne, principalement, la décen­tralisation de la Curie et son internationalisation demandées surtout par le clergé étranger et particulièrement par le clergé français.

 

La Curie se développa dans le contexte historique d'état de siège dans lequel l'Église s'est trouvée au centre du monde moderne. Dans le droit moderne, la Curie sert exclusive­ment à désigner le vaste ensemble des dicastères ecclésias­tiques qui assistent le Souverain Pontife dans le gouverne­ment général de l'Église. Son immobilisme, au fond, date à peu près de l'époque de Sixte Quint qui la réorganisa sur les bases qui, aujourd'hui encore, en constituent le fonde­ment, selon la Constitution Immensa Aeterni Dei du 22 jan­vier 1588.

 

Une tentative limitée de réforme fut accomplie par saint Pie X, pour fixer les pouvoirs des différents dicastères. Plus tard, Benoît XV accepta la réforme du pape Sarto (Pie X), tout en apportant quelques innovations dans la Congréga­tion des Églises orientales, celle des Séminaires, et celle des Universités et en supprimant la Congrégation de l'Index, dont les attributions furent données au Saint-Office.

 

Paul VI, à la veille de la seconde session de Vatican II, a précisé sa pensée sur la réalité moderne de la Curie, en adressant, le 22 septembre 1963, une allocution aux cardi­naux et aux prélats attachés aux différents dicastères de cet organisme. « La Curie Romaine, a-t-il dit, est un instrument dont le Pape a besoin et dont il se sert pour mener à bien son propre mandat divin. »

 

 Mais, dans son allocution, le Pape a souligné le fait que l'on a aussi adressé à la Curie des critiques : « Nous devons accueillir les critiques qui nous entourent avec humilité, avec réflexion et aussi avec recon­naissance. » Enfin, dans les paroles de Paul VI, il y a une précision directe sur le projet de modernisation de la Curie, dans ses Structures juridiques. « C'est de Rome que part aujourd'hui, a conclu le Pontife, l'invitation à se mettre à jour. Mise à jour de la Curie et réforme du Droit Canon sera réalisées grâce au Concile. Bien des années ont passé, a-t-il observé, et l'âge vénérable de la Curie peut expliquer la détérioration de son organisation et le décalage qui s'est créé entre les exigences, les usages des temps nouveaux et les moyens dont elle dispose; il éclaire également son besoin de se simplifier, de se décentraliser et, en même temps, de s'élargir et de s'initier à de nouvelles fondions. »

 

En ce qui concerne la Curie romaine, Vatican II confor­mera donc ses décisions aux demandes d'internationalisation.

 

Le fait le plus surprenant de ce Concile moderne c'est la présence d'observateurs orthodoxes, calvinistes et luthériens, considérés jusqu'à hier comme hérétiques et schismatiques, et appelés, aujourd'hui, « très chers observateurs » et « frères baptisés ». Les observateurs assistent aux discussions en qua­lité de témoins et dans la familiarité d'une hospitalité chré­tienne. Le Concile prouve que l'Église romaine n'a rien à cacher au monde, ami ou ennemi, en offrant aux regards ces schémas que la tradition de la Curie reléguait la plupart du temps dans le secret de ses Congrégations. Avec cette Assem­blée œcuménique, l'Église pourra peut-être se définir elle-même d'une façon moderne, en se hissant au-dessus de l'im­mobilisme de la tradition archaïque, en abandonnant défi­nitivement l'esprit de la contre-réforme et en écoutant les requêtes des protestants relatives à une modernisation de l'interprétation des Saintes Écritures.

 

Un écrivain français, commentant la reprise du Concile, a déclaré que la théologie officielle a perdu son caractère et son esprit de polémique et de défense. Tous les problèmes de notre époque seront passés en revue par le Concile dans la vision universelle de la justice et de la charité chrétiennes : depuis le problème des pays sous-développés et de la répar­tition des richesses jusqu'à l'interprétation des conquêtes scientifiques.

 

Enfin, le point le plus important concerne le dialogue entre Rome et les Églises séparées où réside l'esprit des difficultés d'ordre psychologique et historique qui condi­tionnent le catholicisme dans ses rapports avec l'Orient chré­tien et le monde protestant. L'œcuménisme romain et catho­lique ouvre ses bras au monde pour la seconde fois. En s'adressant aux Églises orientales.

 

Paul VI a dit : « Qui pour­rait nier que ces Églises tirent leur origine de l'unique tronc commun, Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Et qu'elles ont le même baptême, la même foi fondamentale, une hiérarchie valable et des sacrements efficaces ? »

 

La charité catholique semble s'être alliée à la délicatesse évangélique à l'égard de ces malheureux pays où le clergé est, aujourd'hui encore, esclave d'un état athée. Particulière­ment significative est à cet égard l'initiative prise par Paul VI d'envoyer à Moscou, à la veille de la seconde session, l'évêque de Fribourg, Mgr Charrière, pour participer aux cérémonies données en l'honneur du Patriarche Alexis à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

Extrait de : Le Rhin se jette dans le Tibre

 

Il est évident que l'histoire du présent Concile devra être écrite selon les normes que les anciens ont fixées aux historiens, et dont la première est la suivante :

 «Ne rien oser dire de faux, mais aussi ne rien cacher de la vérité. Ne rien écrire qui puisse donner naissance au moindre soupçon de favoritisme ou d'animosité.» (Cicéron, Or. 11. 15.)

 

S. S. PAUL VI, 31 janvier 1966.

 

http://www.a-c-r-f.com/documents/WILTGEN_Le-Rhin-se-Jette-dans-le-Tibre

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 17:46

 

 

Il a été évincé, méprisé et calomnié et ça continue encore après 35 ans d’absence forcée.  Nous vous suggérons de lire cet extrait d’exorcisme.

 

Aveux de l’enfer Édition DFT. Extraits de l’exorcisme du  9 Juin 1989.

En la fête du Chef sacré de Jésus en l’octave de la fête du Sacré-Cœur

 

Attendre dans la foi et la Charité, avec SS Paul VI

 

BELZÉBUTH : Suivez votre chemin sans vous égarer, le chemin de la Foi et de l’Amour. LE PAPE PAUL VI VIT, je dois encore le dire pour terminer, pour votre consolation. Il n’est pas mort! Il vit, il est vivant, ET LUI AUSSI DOIT VIVRE DANS UNE TRES GRANDE RETRAITE ET UNE TRES GRANDE PATIENCE. C’est encore beaucoup plus pénible que pour vous, de ne pas pouvoir parler alors qu’il est le Chef et devrait annoncer au monde entier qu’il est le vrai Pape. Le Pape Paul VI est le vrai Chef de l'Église. Mais il ne pourra parler que quand son heure sera venue. Elle est (presque) venue! Elle est très proche ! Il parlera dans très peu de temps ! SES PAROLES DÉPLACERONT PRESQUE DES MONTAGNES d’une certaine façon! En tous cas, ceux qui le suivront et le croiront, et les autres aussi, seront remués. Il fera ce que le Ciel veut. Le Ciel vous donnera des instructions en son temps, quand Il le voudra, et vous dira ce que vous devez faire. Vous recevrez des instructions quand la Sagesse Éternelle, Son Chef Sacré, le Siège de la Divine Sagesse, l’aura décidé pour vous. Que Sa Volonté se fasse, MEME SI JE NE LA COMPRENDS PAS ! Voilà là comment vous devez prier! Que Votre Volonté s’accomplisse, même si elle fait mal ! Que Votre Volonté soit faite, où que j'aille, où que je soie! »  

 

« Accordez, o mon Dieu, que les esprits s’unissent dans la Vérité et tous les cœurs dans la Charité »

 

Cette prière de Saint Pie X a été imprimée sur son image d’ordination par SS Paul VI.

Elle rejoint parfaitement la demande de Notre Seigneur à Térésa Higginson  de joindre dans une même dévotion à Sa Sainte Humanité Son Chef Sacré et Son Sacré -Cœur, car dit-t’Il : le cœur sans l’esprit est incapable de mérite :si un homme est privé de connaissance, que peut bien faire son cœur ? » http://amdg.over-blog.fr/article-aveux-de-l-enfer-suite-l-heure-de-la-sagesse-114072110.html

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 13:02

   

 

Nous connaissons maintenant la considérable influence de l'archevêque de Milan, le cardinal Jean-Baptiste Montini, sur la phase préparatoire et pendant le déroulement plutôt agité et parfois confus de la première session du Concile Œcuménique Vatican II.

 

 Le fait vraiment nouveau (on pourrait presque dire l'épreuve du feu) consistait en la reprise du Concile, sous la direction de la même personne mais dans un rôle absolument différent : celui de chef suprême de l'Église et guide indéfectible du Concile.

 

Le monde entier, catholique ou non, qualifié ou non, guettait le nouveau Pape, d'autant plus qu'au cours du très bref interrègne de l'Église catholique s'étaient déroulés des événements d'ordre international, et d'autres purement italiens, mais également importants du point de vue psy­chologique et moral, qui avaient profondément changé le visage de l'humanité ou en avaient tout au moins tendu l'expression.

 

Il est évident que l'influence de l'Église catholique dans le monde n'est pas seulement spirituelle : Elle se reflète inévi­tablement dans d'autres secteurs de la vie quotidienne de l'humanité, ne serait-ce qu'en raison de l'intégralité de la personne humaine créée par Dieu : intégralité qu'elle défend vaillamment comme le fondement de tout droit et de tout devoir, de toute liberté et de toute action de l'homme.

 

L'attente était donc plus que justifiée en ce qui concerne la réouverture des travaux conciliaires sous le nouveau Pape, et les conjectures, les prévisions, les indiscrétions et même les pressions trouvaient une garantie naturelle, sinon une justification intelligente, en ces jours mémorables et riches d'événements.

 

JOURS DE LUTTE

 

Pour donner une idée de l'atmosphère tendue qui régnait à la veille de la reprise des travaux conciliaires, il suffit de rapporter l'article de fond d'une revue italienne à grand tirage, qui rend clairement compte de la diversité des inter­prétations, des points de vue et des évaluations concernant la principale assise de l'Église catholique.

 

Le titre de cet article est en lui-même significatif : « Pas de compétition entre christianisme et communisme. »  Sous le titre « Seconde Phase », écrit la revue, Mario Alicata a publié dimanche matin dans l’Unità, un article de fond dans lequel sont précisées les conditions auxquelles Sa Sainteté Paul VI devrait se tenir, dans la mise en place et la conduite du Concile Œcuménique, pour être lui aussi accepté par les dirigeants moscovites. »

 

L'exhortation de l'Unità, à l'adresse du Souverain Pontife au moment où il s'apprête à rouvrir les travaux du Concile, se divise en deux parties. Une première partie, où on laisse transparaître tous les doutes, les perplexités et les défiances que le monde communiste nourrit à l'égard du nouveau Pape; celui-ci semble, en effet, d'après les tous premiers actes de son pontificat, s'acheminer sur une route peu convain­cante, aux yeux des communiantes. Avec une intention polé­mique manifeste, Alicata écrit : « Ne pas revenir en arrière, sur la route ouverte par Jean XXIII, mais la parcourir avec prudence, en en corrigeant les excès, et, pourrait-on dire, les erreurs, de direction politique : voilà le devoir que semble s'être assigné Paul VI. »

 

Ceci dit, on passe à la seconde partie de l'avertissement, là où se précisent, d'une manière assez rapide, les initiatives et les décisions que les communistes attendent de ce Pape et de ce Concile. « Les directives que le pape Montini dictera aujourd'hui au Concile et l'encyclique qu'il a annoncée, écrit l'Unità, parleront beaucoup plus clairement que ses attitudes ambiguës, face à certains des problèmes soulevés, avec une extrême vigueur et un immense élan intellectuel et moral, par Jean XXIII devant la conscience du monde catholique. Elles nous diront jusqu'à quel point la correction en cours attaquera ce qui semble avoir été la véritable nouveauté révolutionnaire introduite par son prédécesseur, dans la doctrine et dans la pratique de l'Église de Rome; c'est-à-dire, la conscience que la fonction universelle et unificatrice de l'Église de Rome ne peut s'expliquer qu'en acceptant une confrontation compétitive avec les autres religions, les autres idéologies et les grands courants de pensée du monde contemporain, et renonçant pour toujours à l'intolérance fanatique et à l'esprit de croisade, et en s'opposant ouvertement à la tendance des vieilles classes dominantes de l'Occident à utiliser, dans leurs propre intérêt, son prestige et son autorité. »

 

Étant admis que ni l'Unità, ni Togliatti ne s'intéressent le moins du monde à l'effort œcuménique de Rome, tendu vers la réunification des « frères séparés » de toutes les églises chrétiennes, il est clair que la « confrontation compétitive » si chaleureusement recommandée par Alicata, concerne uni­quement les « autres idéologies » et les « grands courants de pensée du monde contemporain », autrement dit le marxisme-léninisme. C'est désormais une vieille histoire que celle du défi, de la course, que les communistes fait le grand honneur de proposer aux chrétiens, dans le but édifiant de découvrir, à l'épreuve des faits, qui a raison du Christ ou de Marx.

 

L'article d'Alicata, si pauvre en nouveautés, n'aurait pas en lui-même, une bien grande importance, s'il n'avait été suivi, quelques heures après son apparition dans les kiosques, du discours à Saint-Pierre, par lequel Paul VI a effectivement ouvert les travaux de la seconde phase du Concile. Toute la dernière partie de l'allocution papale, adressée aux pères conciliaires, concerne justement « le dialogue de l'Église avec le monde contemporain », ce dialogue pour lequel les commu­nistes montrent tant d'intérêt, dans l'intention déclarée de le voir se transformer en la fameuse confrontation compé­titive.

 

Après avoir rappelé que, dans son action évangélisatrice envers le monde, l'Église s'inspire d'un principe supérieur d'amour, Paul VI a dit : « Nous devons être réalistes et ne pas cacher la blessure qui, de bien des régions, parvient à ce synode universel. Pouvons-nous être aveugles et ne pas nous rendre compte que beaucoup de places, en cette assemblée, sont vides ? Où sont nos frères des nations où l'Église est combattue et dans quelles conditions se trouve-t-elle dans ces pays ? Notre pensée à cette évocation s'assombrit, pour tout ce que nous savons et, plus encore, pour tout ce qu'il ne nous est pas donné de savoir, que ce soit au sujet de la hiérarchie, des religieux et des religieuses, ou de nombreux fils soumis à la crainte, aux vexations, aux privations et aux oppressions en raison de leur fidélité au Christ et à l'Église. Quelle tristesse devant ces souffrances et quelle peine que de voir, en certains pays, la liberté de religion et les autres droits fondamentaux de l'homme opprimés par des méthodes d'intolérance politique, raciale et religieuse! » Plus loin, pour conclure son discours, le Pape a encore dit : « Que le monde le sache : l'Église le regarde avec une profonde com­préhension, avec une sincère admiration et avec l'intention loyale, non pas de le conquérir, mais de le servir, non pas de le mépriser, mais de le valoriser, non pas de le condamner, mais de le réconforter et de le sauver. »

 

Une chose apparaît évidente dans les paroles de Paul VI : il ne parle pas de compétition, ni de défis. L'aspect combatif du dialogue demandé par Moscou, échappe à ce point à l'Église qu'elle repousse toute intention de conquête et que, de toute évidence, avec la même fermeté, elle rejette l'idée d'être conquise à son tour; éventualité qu'aucun concurrent, et tant que tel, ne serait autorisé à exclure a priori.

 

Pas de compétition donc, mais de nombreuses questions angoissantes, posées avec une insistance calme et inflexible par le Pontife aux responsables de la persécution religieuse.

 

En dehors de toute interprétation et de tout jugement intéressé, le discours par lequel Paul VI a ouvert solennelle­ment à Saint-Pierre, le 29 septembre dernier, la seconde ses­sion du Concile Vatican II, a été un discours programme : Il a mentionné chacun des travaux conciliaires qui attendaient les évêques, arrivés à Rome de tous les coins du monde, et on peut le considérer comme un véritable plan d'action du pontificat. Paul VI, toutefois, avait déjà annoncé précédem­ment qu'il promulguerait sa première encyclique dans quelque temps : Elle sera consacrée, pour autant qu'il nous est donné de le savoir, au thème de l'Église dans ses rapports avec le monde contemporain.

 

Après avoir rappelé avec émotion le souvenir de Jean XXIII « voix prophétique pour notre siècle, qui résonne encore dans notre mémoire et notre conscience, pour tracer au Concile le chemin à parcourir », le Pontife a illustré les quatre devoirs qu'il assigne à l'Assemblée Œcuménique et à l'Église :

 

I. — Connaissance ou conscience de l'Église, essentiel­lement par un approfondissement de la doctrine de l'épiscopat, sans toucher aux doctrines dogmatiques de Vati­can I, auquel se relie l’actuel Concile.

 

II. — Réforme de l'Église.

 

III. — Rassemblement de tous les chrétiens dans l'unité.

 

IV. — Colloque de l'Église avec le monde contemporain.

 

En synthétisant, le mot d'ordre du Concile proposé par Paul VI pourrait être : « Le Christ, l'Église et le monde, » et les 2,900 pères effectivement présents, depuis ce lundi 30 septembre 1963, examinent déjà, dans une atmosphère de très grande sérénité, le schéma fondamental de cette XXIe Assemblée Œcuménique : De Ecclesia.

 

  A suivre…

 

   Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 23:59

             

 

Le cardinal Montini revit Jean XXIII pour la signature du décret par lequel le pape mettait personnellement en œuvre la béatification du cardinal Ferrari, autre grande figure d'archevêque milanais et glorieux prédécesseur de Montini.

 

Le 29 mai, le cardinal Cicognani montrait au Pape un message de l'archevêque de Milan. Jean XXIII était couché; il lui restait cinq jours à vivre. Autour de son lit de souffrance le monde entier tremblait d'angoisse et d'amour, comme cela n'était encore jamais arrivé au cours de l'histoire.

 

Le cardinal Montini, dans ce message, lui présentait une sorte de relation des plus récentes initiatives de son diocèse : on venait de poser la première pierre de l'église dédiée à saint Grégoire Barbarigo, dans la banlieue milanaise et de fonder l'académie Saint Charles, dont nous avons déjà parlé. C'était les saints préférés du pape Jean XXIII : « avec Saint Charles je suis chez moi, dit-il, et puis il y a le cardinal Ferrari. Cette académie Saint Charles voilà cinquante ans que je la désire; j'ai un peu insisté; le cardinal Montini a aussitôt compris et ses bons milanais l'ont secondé. Je bénis l'insti­tution et j'en prévois un bien immense. »

 

Le cardinal Montini accourut à son chevet par le premier avion. Mais le pape agonisait déjà.

 

Sa mort a creusé un vide; mais elle a peut-être fait fleurir le plus beau miracle historique de charité, d'émotion, d'affection, d'estime et de sympathie pour l'Église et son pasteur suprême dans une humanité divisée et matérialisée, mais unanime dans sa douleur autour du pape mort, le pape du Concile et de la paix.

 

Nous nous sommes tous sentis orphelins ce jour-là.

 

Mais, « le Pape est mort, vive le Pape ! », l'Église vit dans les siècles.

 

On prépare le Conclave. Commentaires et indiscrétions sont claironnés dans le monde entier par les journaux, les bulletins d'agences et les nouvelles radiotélévisées.

 

Le cardinal Montini arrive à Rome avec tous les autres princes de l'Église, pour s'enfermer dans l'enclos de la chapelle Sixtine.

 

Inutile de revenir sur les événements de cette attente de l'Église et du monde : c'est de l'histoire d'avant-hier.

 

Le cardinal Montini réserva aux élèves de son Séminaire Lombard, provisoirement installé via Aurélia, ses dernières paroles prononcées parmi les hommes avant le Conclave.

 

Il rejoignit le Lombard auquel l'attachent des liens d'affec­tion à la fois anciens et récents, le mercredi précédant son élection à 13 h. 30. Quelques heures plus tard allait com­mencer la claustration des quatre-vingt cardinaux, appelés à élire le successeur de Jean XXIII avec l'assistance du Saint-Esprit. Le cardinal ne fit qu'une courte halte sur le seuil : Quelques minutes suffisantes pour parler aux sémina­ristes et aux prêtres du Lombard avant d'affronter le mémo­rable événement qui allait faire de lui le pasteur universel de l'Église.

 

Un étudiant milanais lui dit : « A bientôt à Milan, Éminence. » Le cardinal ne répondit pas. Il ouvrit les bras et eut un sourire énigmatique. L'étudiant est persuadé qu'il fallait interpréter ce sourire comme un présage de son élec­tion imminente.

 

Le cardinal Montini rappela aux élèves du Séminaire la puissance des tentations démoniaques auxquelles l'humanité succombe parfois. « Ne luttons pas seulement contre la chair et le sang, dit-il, mais aussi contre tout ce qui gouverne ce monde de ténèbres. » Un pressentiment pour le futur Paul VI ?

 

Parlant du Conclave imminent qui polarisait l'attention anxieuse de tous, celle de l'homme de la rue et plus évidem­ment encore celle des hommes d'Église, fussent-ils étudiants, il dit : « C'est un mystère. Tant de forces agissent sur la décision! Mais celle du Saint-Esprit est déterminante. »

 

Parmi les séminaristes qui faisaient cercle autour de lui, nombreux étaient ceux qui se démenaient sans trop d'habileté, avec des appareils photographiques. Le cardinal était mitraillé par les flash, bien que tous les opérateurs en herbe ne fussent pas certains qu'il en sortirait des instantanés historiques et précieux.

 

« Faites, faites, disait-il avec son habituel sourire contenu, si cela témoigne votre affection, c'est une grande consola­tion. Faites, même si cela doit contribuer à grossir le nombre des anecdotes autour de mon humble personne. »

Étaient également présents à la rencontre les cent trente séminaristes du « Pieux Collège d'Amérique Latine » qui accueille temporairement dans ses locaux une partie du Lombard. Tous étaient originaires des différents pays d'Amé­rique Latine et c'est cette union de la foi, cette image de la catholicité de l'Église qui suggéra à l'archevêque un appel à la fraternité universelle qui a frappé et ému tous les assis­tants.

 

Quelques heures plus tard, l'archevêque de Milan entrait dans la claustration du Conclave.

 

Le monde entier attendait et conjecturait. La place Saint-Pierre était, à toute heure du jour, noire de monde, en attente de la fumata blanche.

 

Comme dans la miraculeuse gestation de Marie, œuvre du Saint-Esprit, l'Église de Dieu était en gestation dans le solennel enclos de la Chapelle Sixtine. Et l'humanité attendait l'heureux événement.

 

Les spécialistes du Vatican de tous les journaux, les envoyés spéciaux, les cameramen, les commentateurs, les reporters formaient un essaim de guêpes désordonné, fastidieux, indiscret, dans la ruche de cet impassible et séculaire édifice de l'Église.

 

Un jour et une nuit suffirent, et au matin resplendissant de soleil, la fumata blanche s'effilocha dans le ciel et le nouveau chef de l'Église apparut au balcon de Saint-Pierre : le cardinal Jean-BaptiSte Montini, Paul VI.

 

Quelques heures plus tôt, à Brescia, le fleuriste Cavagnini qui depuis des années a la pieuse habitude de déposer une couronne de fleurs sur la tombe des parents de Jean-Baptiste Montini, avait demandé et obtenu, comme de coutume, la permission de la déposer « sur la tombe des parents du Pape ».

 

Paul VI est maintenant le nouveau pontife.

 

L'Esprit-Saint a bien choisi! Un mot anglais, sur lequel est fondé toute l'antique suprématie britannique dit : « The right man, in the right place, » et nous ajouterons, in the right time : « l'homme juste à la place exacte et au moment opportun. » Toute l'Église, tous les hommes peuvent avoir confiance en lui.

 

La prophétie présumée de Malachie (Saint Malachie, évêque irlandais (1940-1148) à qui est attribuée la Pro­phétie sur l'Histoire des Papes.)

 

est sauve, car le nouveau pape a des fleurs dans son blason, et aussi parce que la Providence a fait choisir par les quatre-vingt cardinaux de la Sainte Église Romaine, la fleur des fleurs en sa personne!

 

Paraphrasant Dante nous dirons :

...  le monde l'aime beaucoup mais s'il savait quel cœur il eut... il l'aime­rait encore plus!

 

Dans le premier discours de son pontificat, Paul VI, avec saint Augustin, a défini son devoir comme « une mission d'amour ». Il y a quelques années il avait révélé le secret de son apostolat : « nous n'oublierons pas que l'attitude fonda­mentale des catholiques qui veulent convertir le monde, c'est de l'aimer. C'est là le génie de l’apostolat : savoir aimer. » Il avait dit aussi, au Congrès de l'Apostolat des Laïcs, en 1957 à Rome : « Nous aimerons notre prochain et nous aimerons nos frères lointains. Nous aimerons notre patrie et nous aimerons celle des autres. Nous aimerons nos amis et nous aimerons nos ennemis. Nous aimerons les catholiques, nous aimerons les schismatiques, les protestants, les anglicans, les indifférents, les musulmans, les païens les athées. Nous aimerons toutes les classes sociales mais plus particuliè­rement celles qui ont le plus grand besoin d'assistance et de promotion. Nous aimerons les enfants et les vieillards, les pauvres et les malades. Nous aimerons ceux qui se moquent de nous, qui nous méprisent, qui nous combattent ou nous persécutent. Nous aimerons ceux qui méritent et ceux qui ne méritent pas d'être aimés. Nous aimerons nos adversaires : comme homme, nous ne voulons aucun ennemi. Nous aime­rons notre temps : notre civilisation, notre technique, notre art, notre sport, notre monde. Nous aimerons, en nous efforçant de comprendre, de compatir, d'estimer, de souffrir, de servir. Nous aimerons avec le cœur du Christ : venez tous à moi... nous aimerons avec la générosité de Dieu... »

 

Saint Père, nous aussi nous t'aimerons.

 

NDLR : Et nous prions pour vous…  en 2013  AMEN

 

   A Suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

 

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