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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 02:58

 

N’ayez pas peur, il y aura deux fins du Mondes.

Il y aura la VOTRE et la vraie fin de ce monde.

 

La VOTRE peut arriver n’importe quand.

L’autre ne peut arriver comme ça, GRATUITEMENT.

 

Il doit y avoir d’abord LE GRAND MIRACLE.

Celui de Garabandal EN ESPAGNE.

Aussi le retour d’EXIL  du Pape Légitime…

 

Si cela vous intéresse, pour plus de détails…

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Ou GARABANDAL

 

 

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 02:54

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

La visite de Mgr Montini aux ouvriers de Sesto San Gio­vanni moins de quarante-huit heures après son arrivée dans le diocèse plut et déconcerta en même temps.

 

La réputation d'être un prêtre de gauche l'avait, à tort, précédé à Milan. La manie d'étiqueter les gens dans le domaine politique est pourtant ce qu'il y a de plus mesquin et de plus éloigné de l'action d'un ministre de l'Église et de l'Église elle-même. Mais cette renommée n'en fit pas moins naître le soupçon chez les bien-pensants, qui se refusaient à faire l'effort nécessaire pour comprendre que la première solli­citude d'un évêque s'adresse toujours à ceux dont il semble le plus éloigné. Et c'est aux « frères lointains » séduits par l'idéologie matérialiste, pris dans les filets des manœuvres politiques et syndicales, qui ont abandonné l'Église et la religion que s'adresseront toujours les soins les plus dili­gents et affectueux de Mgr Montini. Certains prélats de la curie milanaise, collaborateurs et amis de l'archevêque, s'em­ployèrent très rapidement à faire comprendre que les visites aux ouvriers étaient parfaitement orthodoxes et conformes à la maxime évangélique de la charité et du salut; mais tout le monde ne comprit pas et il resta des sceptiques.

 

A ce propos on nous a raconté qu'il y a quelques années, quand l'archevêque de Milan alla inaugurer et bénir les nouvelles salles de catéchisme de la paroisse Saint-Antonin à Concesio, on entendit au milieu des ovations, crier avec emphase : « Vive le prêtre de gauche! » Montini fut extrê­mement surpris. Plus tard, s'entretenant à la cure avec l'archiprêtre, don Louis Bosio, il lui dit, repensant à cette étrange exclamation : « Comment, prêtre de gauche ! Prêtre des travailleurs, oui; mais pas de gauche! »

 

L'archevêque de Milan savait bien que dans la foi et l'amour de Dieu et du prochain, il n'y a ni droite ni gauche, mais une ligne verticale de perfection et d'ascension vers le ciel; il ne s'occupait pas le moins du monde de ce qu'on | pouvait dire et penser de son œuvre infatigable en vue de ramener à la religion le monde du travail.

 

Sesto San Giovanni, cœur mécanique de Milan et toutes les autres industries le virent entrer dans leurs usines. Les journaux se contentaient par indolence ou par conformisme de publier au lendemain de chaque visite l'habituel compte-rendu de l'éternel hymne au travail, au progrès et à la civi­lisation que l'archevêque était sensé avoir entonné dans l'usine X ou Y, selon la version que le service de presse de l'usine X ou Y se hâtait de faire parvenir aux différentes rédactions. Mais tout le monde savait, à Sesto et ailleurs (les ouvriers, encore émus, en parlaient jusque dans les réunions de leur syndicat ou de leur parti), que Montini prêchait partout des paroles saintes et brûlantes sur la dignité du travail, sur la prédilection de l'Église pour les pauvres, sur la nécessité pour tous les chrétiens que la justice sociale devînt une réalité.

 

L'archevêque était sincèrement impatient d'écarter« toute équivoque entre l'Église et les travailleurs » en effaçant le soupçon et l'accusation d'une alliance entre la religion et le capital : c'est là qu'est la vérité, simple et complexe à la fois, et non dans la simplification hâtive d'un prétendu gauchisme.

 

Il était étonnamment à son aise dans le monde du travail et se sentait chez lui parmi les humbles. Ses manières n'avaient rien de démagogique et pourtant les ouvriers l'écoutaient avec enthousiasme quand il disait, par exemple : « La religion n'est pas l'alliée du capitalisme oppresseur du peuple. Les premiers à se détacher de la religion n'ont pas été les tra­vailleurs mais les grands entrepreneurs et économistes du siècle dernier, qui rêvaient de fonder un progrès et une civilisation sans Dieu et sans le Christ. Et que l'on ne vienne plus dire que la religion est l'opium du peuple et conspire à éteindre en lui l'énergie et l'espoir de progrès ; la religion est sa lumière et sa gloire; elle est sa force.

 

« Et encore : Un jour viendra, il le faut, où, des usines et des champs, l'hymne du peuple montera vers Dieu, où le vacarme des machines deviendra musique, la fumée des che­minées encens et où le travail humain chantera la prospérité, la paix, le bonheur de la société humaine... »

 

C'est pourquoi tout le monde condamna les sifflets qui l'avaient accueilli dans une grande usine de la banlieue mila­naise. N'accordons pas à cette manifestation plus d'impor­tance qu'il ne lui en accorda lui-même. C'était une usine d'une écrasante laideur. Sous ses énormes structures et ses hautes cheminées qui vomissaient jour et nuit d'acres relents chimiques, elle abritait aussi des « départements spéciaux » pour les ouvriers les plus durs. Qui d'entre nos lecteurs est allé dans une usine de ce genre ? Nous qui y sommes allés nous comprenons le ressentiment et l'hostilité de ces travail­leurs. C'était une usine — dit le chroniqueur d'un journal indépendant de Milan — « où l'homme se sent à peine diffé­rent du boulon et où il semble qu'un message d'amour soit une chose aussi archaïque et fragile qu'une fable pour enfants. » Les gens humiliés et offensés qui y travaillaient, pleins de souffrance et de rancœur, ne connaissaient l'Église qu'à travers le cliché caricatural du vieil anticléricalisme qui montre le capitalisme en haut de forme, donnant le bras au carabinier moustachu et au prélat replet.

 

Ce jour-là, le prélat qui entra dans leur cantine alors qu'ils consommaient le « plat du jour » n'avait vraiment rien de replet; mais le capitaliste était à ses côtés, mieux, tous les dirigeants de l'entreprise l'entouraient, obséquieux. « Qui sait si la Rousse n'est pas dehors aussi » murmura quelqu'un. La bordée de sifflets fut irrépressible.

 

« Alors, raconte le journaliste, témoin oculaire de la scène, l'archevêque Montini s'en alla, tout seul, au fond de l'im­mense labyrinthe de tables et de bancs, les mains levées en un geste de bénédiction, une ride douloureuse entre ses grands yeux cernés de noir. Ils le regardèrent en silence. Puis, brutalement, les applaudissements éclatèrent. »

 

Ce geste, le fait d'affronter seul une hostilité imméritée avaient suffi à lui valoir le respect et les applaudissements, car il n'avait pas encore commencé à leur dire ces choses qu'il avait déjà dites ailleurs et qu'il allait répéter d'usine en usine : « J'espère que mon ministère me donnera la grâce de dissiper l'équivoque que certains veulent voir entre l'Église et la classe laborieuse, entre notre temps, tendu vers la paix et le progrès technique, et l'Église. Pourquoi ne pas voir une convergence d'intérêts ? Nous devons bâtir sous d'heureux augures une société nouvelle, un monde meilleur. Vous, qui vivez le sentiment de l'injustice parmi les hommes, vous devez considérer l'Église comme votre amie, votre interprète et votre mère. »

 

A suivre…

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 09:02

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

II fut très vite possible de se faire une idée précise de la direction qu'il s'apprêtait à donner à son épiscopat milanais. Le lendemain même de son arrivée, après la messe célébrée dans la basilique patriarcale de Saint Ambroise, il alla visiter les malades pauvres de la policlinique.

 

Le jour suivant, il se rendit à l'hôpital des rachitiques et quarante-huit heures après son entrée dans Milan, il était déjà parmi les ouvriers de la Stalingrad d'Italie, à Sestos San Giovanni, la zone la plus rouge de tout le diocèse.

 

A deux cancéreux qui n'avaient pu assister à son arrivée, il dit, en franchissant le seuil de leur pauvre maison : « je suis venu ici pour vous connaître et vous promettre de parler de vous au Seigneur. » Une photo le montre dans le jardin d'enfants d'une usine, un bébé sur les genoux; il regarde en souriant les autres petits qui jouent, essayant vainement de construire un château avec des cubes de bois colorés. Deux ouvriers observent la scène dans un coin. La personnalité de l'archevêque est toute entière résumée dans ces anecdotes significatives.

 

Écoutons encore don Jean Rossi : « Il a toujours ressenti et largement mis en pratique l'impérieux désir d'approcher les familles les plus nécessiteuses, de visiter les infirmes et de s'agenouiller devant leurs lits, de s'intéresser aux cas les plus pitoyables pour répandre sur tous cet amour du prochain qui est le plus puissant témoignage de l'amour de Dieu. »

 

En même temps, il procédait avec tact et délicatesse, à la réorganisation de sa curie milanaise. On lui a attribué à ce propos, le qualificatif de technocrate. Le vocable pourra déplaire, mais il nous semble magnifiquement approprié. Le nouvel archevêque décida qu'on ne pouvait travailler parmi des meubles vénérables, précieux du point de vue de l'anti­quaire mais aussi peu commodes que fonctionnels. Il fit envoyer au musée les vieux fauteuils et les étagères pleines de vers et se rendit lui-même à la fabrique de meubles de Cantù pour commander des fauteuils de Style suédois avec accoudoirs en métal et des tables de travail en teck. De même, quand il fera construire de nouvelles églises dans tous les quartiers de Milan, il ne se laissera jamais séduire par la tentation, si chère au clergé, du monumental au détriment du fonctionnel.

 

La première année, 1955, fut pratiquement absorbée par la prise de conscience des problèmes spirituels, sociaux et humains de son immense troupeau. Après les hôpitaux, il commença à visiter les grandes usines de la métropole lombarde, puis les paroisses (le diocèse qui s'étend sur quatre provinces en compte plus de mille et la ville à elle seule, cent vingt cinq). Il poursuivit avec la visite de toutes les œuvres d'apostolat catholique d'éducation et d'assistance, éparses dans la ville et le diocèse. Il brûlait d'impatience de prendre un contact, humain avec ce troupeau de plus de trois millions et demi d'âmes : tâche immense, écrasante, doulou­reuse surtout. Souvent on l'entendra dire : « Combien de fois, en traversant cette ville absorbée et tendue dans son travail incessant, nous sommes-nous demandé avec angoisse comment faire parvenir une parole amie à tous ces gens qui nous semblent si éloignés du trésor vital de notre vérité et, en même temps, si unis par des liens de sympathie civile et de fraternité chrétienne! »

 

Ainsi commença à germer en son cœur, dès 1955, le grand projet de la Mission Milanaise qui prendra forme en 1956 (avec le programme de rénovation de la vie spirituelle dans la capitale lombarde) et sera annoncée en 1957.

 

En même temps il eut à faire face au problème aigu du développement religieux de la métropole, entouré d'une banlieue à la croissance vertigineuse, avec de graves questions humaines et spirituelles à affronter sans délai. Il avait déjà expérimenté les responsabilités du gouvernement central, il lui  fallait  maintenant  se  mesurer  avec  les  gigantesques difficultés pastorales d'une ville dans laquelle chaque jour naissent cent enfants,  s'installent   cinquante  immigrés  et s'agite  une  masse  ouvrière  de  centaines  de  milliers  des personnes; masse constituée essentiellement de déracinés que les trains ramassent le matin dans l'hinterland et ramènent le soir à la maison. L'archevêque Montini comprit que les visites pastorales, inventées quatre siècles auparavant par Saint Charles Borromée, n'étaient peut-être plus suffisantes et que leur ancien schéma trahissait un formalisme qu'il fallait vivifier.

Il s'engagea alors dans la lourde tâche de constructeur d'églises neuves et de fondateur d'œuvres d'assistance sociale et de nouveaux centres paroissiaux.

 

Aucune grande ville chrétienne moderne n'a construit autant d'églises neuves que Milan en ces années-là sous l'impulsion de Mgr Montini : 12 en 1955; 10 en 1956; 7 en 1957; 12 en 1958; 14 en 1959; 12 en 1960; 10 en 1961 et enfin de 1962 à aujourd'hui les 20 églises du Concile pour rappeler les vingt Conciles Œcuméniques de l'Église catholique.

 

Depuis le dramatique message de 1955 sur les nouveaux temples de la banlieue jusqu'à l'annonce de la construction des églises du Concile en passant par les appels continuels adressés aux fidèles pour leur rappeler leur responsabilité chrétienne, on assista à toute une série d'initiatives visant à donner à la banlieue les édifices sacrés capables de permettre à la popu­lation milanaise de conserver inaltéré le dépôt de la foi.

 

Environ cent paroisses furent ainsi érigées canoniquement : chiffre énorme qui rapproche l'archevêque Montini, de Saint Charles Borromée. Il fut pour les nouvelles églises le crieur public le plus persuadé et le plus persuasif, allant jusqu'à offrir son anneau pastoral et sa croix; il en suivit les dossiers dans leurs pérégrinations bureaucratiques et s'em­ploya à faire ériger des baraques ou des chapelles domestiques partout où il n'était pas possible de construire une église.

 

Un jour qu'il revenait de la zone de Giambellino, il fut frappé par la construction continuelle de nouveaux bâtiments d'habitation, sans aucune présence du sacré. « Est-il possible — se demanda-t-il — que les hommes d'aujourd'hui ne se préoccupent plus de Dieu ? » Rentré à l'Évêché avec ce lourd souci, il convoqua les responsables du Comité des Nouveaux Temples et, en leur compagnie, examina le problème. C'eSt ainsi que fut bâtie l'église du Saint Curé d'Ars, grâce à des dons provenant exclusivement des prêtres diocésains, à commencer par le pape Jean XXIII, qui offrit cinq millions, et par Montini lui-même qui donna le cœur du temple : l'autel.

 

Les milanais de toutes catégories sociales répondirent avec la plus grande générosité au pressant appel de leur arche­vêque et l'on assista à une spectaculaire floraison d'églises et d'œuvres paroissiales.

Mais la construction matérielle d'églises, même fonction­nelles et modernes, ne pouvait à elle seule opérer la péné­tration et la transformation des cœurs et des consciences auxquelles tendait le Pasteur de Milan.

 

C'est pourquoi son zèle apostolique l'amena à créer les organismes modernes et bien équipés, indispensables à une action efficace et opportune. Citons la création d'un Bureau d'Études de l'Archidiocèse destiné à préparer une évangélisation moderne et efficace au moyen d'éditions de catéchèse et de liturgie; l'institution d'un Office Social Pastoral pour l'étude et la résolution des problèmes de l'immigration croissante; l'Office d'Assistance Sociale, très moderne, dans les locaux mêmes de l'Archevêché;  L'Association pour l'assistance immédiate aux libérés de prison, regroupés dans des instituts spéciaux jusqu'au jour de leur réinsertion dans la société grâce à une situation stable et digne; les contacts avec le monde du travail à tous les échelons (dont nous parlerons plus avant); le renforcement de la presse diocésaine à laquelle s'ajouta, sur l'initiative personnelle de l'archevêque, la nouvelle revue Diocèse de Milan ; la collaboration et l'assistance aux œuvres culturelles les plus variées, avec la fondation récente de l'Académie Saint Charles que le pape Jean XXIII loua sur son lit de mort, la considérant comme la réalisation d'un rêve qu'il avait longuement caressé; l'extension des œuvres mission­naires et en particulier la réalisation originale de la mission de Kariba (Rhodésie du Sud), instituée avec des prêtres, des religieuses et des moyens financiers provenant exclusivement des diocèses de Milan et de Lodi; partie pour assister les corporations italiennes engagées dans la construction du grand barrage local, la mission resta sur place pour y pour­suivre une œuvre permanente d'évangélisation; soutenue par l'archevêché, elle obtint des résultats tels que l'initiative fut renouvelée : la seconde mission installée à Chirundu, toujours en Rhodésie du Sud, reçut la visite de Mgr Montini lors d'un mémorable voyage dont nous reparlerons.

 

A suivre

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:18

L’Ave Maria d’or… l’ultime supplication pour Paul VI…

 

Comme la Bienheureuse Mechtilde désirait ardemment saluer de la manière la plus sublime la Bienheureuse Vierge, celle-ci lui apparut portant écrite sur son cœur la salutation angélique et disant : Nulle salutation ne surpasse celle-ci; et jamais personne ne pourra me saluer plus agréablement, qu'en le faisant avec un respect que Dieu le Père m'a témoigné en me saluant, etc., comme suit :

 

"Je vous salue, Marie, en m'unissant à ce respect avec lequel Dieu le Père vous a saluée par l'Ave de l'Ange et vous a délivrée par Sa Toute Puissance de toute malédiction du péché.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

Je vous salue, Marie, m'unissant à cet amour avec lequel le Fils de Dieu vous a éclairée par Sa Sagesse et vous a rendue semblable a un astre éclatant destiné à illuminer le ciel et la terre.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

Je vous salue, Marie, m'unissant à la douceur de l'Esprit-Saint, douceur dont Il vous a inondée, et qui vous a rendue si ravissante de grâce, qu'il n'est personne qui cherche par vous la grâce sans la trouver.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

        Souvenez-vous de cette admirable opération des Trois Adorables Personnes en vous lorsque que l'Auguste Trinité unit la substance tirée de votre chair en une seule Personne avec la nature divine, de sorte que Dieu devint homme et l'homme retrouva ainsi son droit a l’héritage céleste(1) .

 

        La douceur qui pénétra alors votre cœur, O heureuse Mère, la joie qui vous fit tressaillir, nul homme ne pourra jamais la redire ni l’éprouver. Aussi toute créature reconnaît avec transport et confesse que vous êtes bénie et exaltée incomparablement au-dessus de tout ce qui est créé au ciel et sur terre, et que Béni est le Fruit de vos entrailles, Jésus, qui vivifie, sanctifie et bénit tout dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il »

 

Cette prière est inspirée en partie  de l’article de :

http://amdg.over-blog.fr/article-notre-dame-marie-109999474.html

 

(1)    Les parties en italique sont de : elogofioupiou

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 01:38

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

« Est-il certain, Saint-Père, que je sois à la hauteur de la tâche ? » avait demandé Mgr Montini à Pie XII en apprenant qu’il était nommé archevêque du plus grand diocèse d'Italie. Pour toute réponse, le Pape l'avait embrassé.

 

Il avait alors expédié à Milan quatre-vingt-dix caisses de livres et sa très modeste chambre à coucher. Ces livres (des ouvrages de théologie, d'art, de science et de littérature) tapissèrent bientôt toutes les cloisons de l'archevêché, cou­loirs compris; mais, quand le mobilier arriva de Rome, il fut jugé trop franciscain pour la dignité d'un si haut prélat et le lit fut écarté au profit d'un autre, plus solennel, orné de colonnes torses et d'un baldaquin, pourvu en somme d'un style et d'une histoire (mais Mgr Montini fera disparaître dès la première nuit ce lit monstrueusement « artistique » et le remplacera immédiatement par son petit lit franciscain).

 

Le 4 janvier 1955, il quitta le Vatican après avoir célébré la Messe à l'autel de Saint Pie X, dans la basilique Saint-Pierre. A l'issue de sa visite d'adieu à Pie XII, il dit simple­ment, la voix émue : « A partir d'aujourd'hui, je suis orphe­lin. » Il avait écrit au cours de la nuit précédente une lettre au Saint-Père : « Il m'est impossible d'exprimer les sentiments qui m'assaillent au moment où je me détache physiquement de cette demeure bénie. Mais, écartant le tourbillon des sou­venirs, des impressions et des pensées, je sens le violent besoin de dire à Votre Sainteté toute ma très vive et filiale gratitude pour les bienfaits que leur nombre m'empêche d'énumérer et leur importance de mesurer et qui me sont venus de la bonté paternelle, généreuse et toujours renou­velée de Votre Sainteté. »

 

Mgr Montini prit le train à la gare Termini. Un journa­liste qui voyageait avec lui observait de l'œil le fameux pro secrétaire du pape et raconta par la suite que l'habit de prélat fileté de soie et la croix d'or lui donnaient un aspect: d'harmonieuse élégance. La croix était un présent du pape et, sur le porte-bagages, une seule valise en cuir contenait ses objets personnels : une étiquette avec le nom du pro­priétaire pendait de la poignée : Docteur François Montini, frère de l'archevêque, ce qui prouvait que la valise lui avait été prêtée. Sur ses genoux, pour le protéger du froid intense, un vieux châle de laine qui avait une histoire... il lui avait été offert par une vieille dame qu'il avait un jour aidée, en signe d'humble reconnaissance.

 

Son esprit ne pouvait qu'être empli de mille préoccupa­tions, si l'on pense que son éloignement de la Secrétairerie d'État avait été interprété — et Mgr Montini ne pouvait l'ignorer — de façon contradictoire et pas toujours bien­veillante. Les observateurs les plus sensés avaient pourtant apprécié à sa juste valeur, la clairvoyante décision de Pie XII : Envoyer à Milan son collaborateur le plus fidèle et le plus estimé, pour lui permettre d'acquérir l'expérience pastorale indispensable à un futur pape. Et les faits lui ont donné raison.

 

Mgr Montini n'était pas non plus sans savoir que la métropole lombarde elle-même, accoutumée depuis le car­dinal Frédéric Borromée à voir un saint dans son évêque, avait accueilli avec froideur la nomination de son nouveau pasteur. On pensait le plus souvent que cet homme de curie avait passé plus de temps à manier des papiers et à signer des protocoles qu'à s'occuper des âmes; on croyait qu'il n'était pas apte à soutenir le poids de ce diocèse mila­nais, accessible à une œuvre apostolique moderne qui sût toucher les cœurs, malgré de fortes tensions sociales et la primauté des intérêts matériels d'une classe bourgeoise et ouvrière en continuelle ascension. On entendait souvent dire : « Après les mauvais exemples des administrateurs de la chose publique, Rome nous envoie aussi un discutable administra­teur d'âmes, un politicien de l'Église. »

 

Le 3 janvier 1955 à midi, toutes les cloches du diocèse commencèrent à sonner pour annoncer l'arrivée de Mgr Mon­tini, ce prélat du Vatican, soulignait-on, qui venait succéder à Ildefonso Schuster en la Chaire d'Ambroise après trente ans de curie. Elles sonnèrent à nouveau, comme le voulait le cérémonial, à l'Ave Maria, le lendemain et le mercredi, veille de l'Épiphanie et veille aussi de la solennelle entrée du nouvel archevêque.

 

Les Milanais étaient également déçus de ce que le nouveau pasteur, bien qu'en tête des six « Chapeaux découverts » ne fût pas cardinal. Mgr Pierre Gorla, Président du collège des Curés, sensible à cette froideur générale, diffusa un message parmi les catholiques milanais, les invitant à exprimer leur reconnaissance à Pie XII pour avoir donné au diocèse un évêque qui était « presque un autre lui-même » et à prier la Vierge pour que son apostolat donnât des fruits abondants.

 

En attendant, le train roulait, amenant vers sa nouvelle et difficile destination ce prélat frêle et taciturne dans son compartiment. Montini arriva à Lodi au cours du premier après-midi et, de là, partit en voiture avec Mgr Schiavini, Vicaire Général, vers le collège des Oblates de Rho, où il devait passer la nuit et toute la journée du lendemain : il avait désiré disparaître pendant deux jours pour une retraite entièrement passée en prière.

 

Mais Lodi est au sud de Milan, Rho est au nord. Pour rejoindre le collège des Oblates, le nouvel évêque dut contour­ner la banlieue milanaise, sans entrer dans la ville.

 

Ce premier contact avec les quartiers ouvriers de Milan, enfumés et particulièrement lugubres sous un rideau de pluie froide et serrée, avec ces rues sombres et interminables des faubourgs industriels et la foule grise, triste et pressée, fit une impression profonde sur Mgr Montini.

 

« Milan, dira-t-il quelques mois plus tard, m'apparaît quelquefois comme une immense forêt ennemie. » C'est dans cette forêt qu'il allait devoir chercher son troupeau et établir le dialogue avec chacune de ses âmes. Il faudrait dire que dans ce cas le devoir forma l'homme si cet homme n'avait déjà eu, inexplicablement, une préparation secrète et profonde à sa formidable tâche. Il est certain, quoi qu'il en soit, qu'au spectacle fugitif de la ville qui l'attendait, une immense force spirituelle vainquit son trouble passager et si naturel et qu'il eut la claire vision de l'œuvre à accomplir.

 

Et voici l'épisode qui explique si bien Montini et qui, rapporté de bouche en bouche à Milan, eut le pouvoir d'em­porter, en une vague d'émotion et de sympathie, la froideur et l'incertitude de la ville.

 

A travers les vitres de la voiture qui roulait dans la cam­pagne grise et gelée, chaque brin d'herbe était un fil de cristal. Là où la via Emilia franchit le Lambro, juste après Melagnano, à l'endroit où une démarcation dans le dallage de la route indique visiblement la frontière de la province et du diocèse, on lui dit : « Regardez, Monseigneur : ici passe la frontière idéale de votre diocèse. » Il fit alors arrêter la voi­ture et descendit. « Il avait plu —, raconte un des journalistes de sa suite — et un voile de boue rougeâtre recouvrait la route. L'ar­chevêque priait, un photographe le rejoignit : il freina son zèle d'un geste austère de la main; puis il s'agenouilla pour baiser cette boue et ce fut comme s'il voulait charger sur ses épaules toute la misère qui se cache dans une grande ville; toujours à genoux, les mains jointes contre le sol glacé, il pria la Vierge avec ferveur, à haute voix, se signa, se releva et ouvrit les bras comme pour accueillir ou pour se donner à la ville qui l'attendait. » C'était un vieux rite symbolique — note le journaliste qui confesse l'avoir observé « avec une attention impitoyable » — et on pouvait l'accomplir de bien des façons, mais pour Mgr Montini ce n'était pas une for­malité. « Quand le nouvel archevêque releva son mince visage, on put voir une balafre de boue au-dessus de sa lèvre; quel qu'il fût, cet homme qui venait de Rome pour gouverner le plus grand diocèse d'Italie prenait les choses au sérieux; et s'il devait baiser ce qui pouvait lui sembler le plus immonde, il trouvait l'humilité et la force d'âme de le faire. »

 

Le 5 janvier après-midi, Montini quitta Rho pour Milan, C'était une journée grise, froide, pluvieuse, typiquement Milanaise, une de celles qui incitent les gens à s'enfermer chez eux avec un journal, la radio ou un disque ou à jouer avec leurs enfants. Debout, dans la voiture découverte, sous la pluie, il bénit la marée humaine qui se pressait de toutes parts et rejoignit la cathédrale. La place était un carré dense de parapluies luisants, serrés les uns contre les autres. Quelques personnes, sans se soucier de l'eau, s'étaient agenouillées. L'archevêque, droit, maigre, bénissait avec un geste très doux de la main, comme pour dire : « Je suis ici, je resterai, ne craignez rien. »

 

 Son visage — note un chroniqueur de cette mémorable journée — était ruisselant de pluie, et ses vêtements trempés; au moment de gravir les marches de la cathédrale, il dut enlever ses lunettes cerclées d'or pour les essuyer; toutes les cloches de Milan carillonnaient. Les premières paroles de l'archevêque à son peuple furent : « Je prie pour que deviennent musique, le vacarme des machines et encens la fumée des cheminées. »

 

Quelques jours auparavant, il avait reçu les journalistes et leur avait confessé : « Le Milan dont je me souviens a vingt mètres sur dix, un grand arbre au milieu et autour d'une large plate-bande, quelques fleurs différentes selon la saison. C'est le jardin que je voyais par la fenêtre de la maison de mon oncle, durant les rares séjours que j'y fis dans ma jeunesse... » Milan l'accueillit pourtant avec chaleur, certain désormais qu'il connaissait à fond son rythme fébrile, son activité infatigable, les mille problèmes de son impérieuse industria­lisation et les drames infinis de son incessant flot migrateur.

 

Quelques jours après son élection au trône pontifical, Pie XI avait dit à don Jean Rossi, fondateur et animateur de la Pro Civitate Christiana : « Je t'assure qu'il est plus facile « d'être pape qu'archevêque de Milan ! » Même s'il n'était pas au courant de ce jugement, Mgr Montini était plus que convaincu de la gravité et de la difficulté de la tâche que la Providence lui avait confiée.

 

Il se préoccupa par conséquent de réorganiser et de rajeunir l'Église milanaise pour en faire un instrument de grâce dans lequel la spiritualité et le modernisme soient intimement mêlés.

 

A suivre…

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 02:55

                     

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Mgr Montini ne trouva-t-il donc que des roses sur son chemin à la Secrétairerie d'État ? La question se pose spon­tanément après tout ce que nous avons vu. Tant de louanges et de reconnaissance le laisseraient croire. Nous pensons pourtant qu'il n'en a pas été ainsi.

 

Ce que Mgr Montini doit avoir souffert à la Secrétairerie d'État est une page secrète que nous ne nous sentons pas en état de révéler, mais des témoignages sélectionnés et dignes de foi, peuvent nous en confirmer certains aspects. Il serait, en effet, ingénu de penser que, dans ces milieux, où évoluent des hommes, comme partout, et où se traitent des problèmes si graves et si délicats, n'apparaît pas de temps en temps quelque incompréhension.

 

Choses de ce monde; et le mystère de l'Église réside juste­ment en ce que sa réalité divine et immanente est administrée par des hommes faillibles.

 

La sensibilité innée de l'esprit et du cœur a été approfondie chez Mgr Montini (et cela est peu connu) par deux attaques d'une maladie dont la nature clinique a le pouvoir d'aigrir un esprit humain ou de le raffiner dans sa sensibilité. Il se trouvait désarmé et sans défense devant ces escarmouches de corridor, et sa réaction était de se réfugier dans son silence, sa réserve et sa profonde spiritualité intérieure.

 

Nous étonnerons sans doute en disant que des personnes très proches de lui l'ont vu pleurer en certains moments d'intime et humain abandon auquel les hommes les plus forts  peuvent parfois succomber.

 

Quoi qu'il en soit, Pie XII affirma solennellement, au consistoire secret de 1953, peu de temps après avoir élu Mon­tini et Tardini Pro Secrétaires d'État : «... Il y a autre chose que nous ne pouvons passer sous silence : notre intention était d'insérer dans votre Sacré Collège, les deux prélats d'élite qui président, chacun dans sa propre section, aux des­tinées de la Secrétairerie d'État; leurs noms étaient les pre­miers inscrits sur la liste des cardinaux à élire, déjà préparée par nos soins. Toutefois, ces prélats, donnant une insigne preuve de vertu, nous ont demandé avec tant d'insistance de les dispenser d'une si haute dignité, que nous avons cru opportun d'accueillir leurs suppliques répétées et leurs vœux. Ce faisant, nous avons néanmoins voulu, de quelque façon, récompenser leurs vertus et nous leur avons concédé, comme vous le savez, un titre supérieur qui atteste mieux et plus plei­nement le champ de leur activité. »

 

La tranquillité intérieure et extérieure de Mgr Montini, ne subit donc aucune fêlure, et, bien qu'étant déjà une très haute personnalité — et pas seulement à Rome — il mani­feste comme toujours sa proverbiale modestie en mille épi­sodes quotidiens.

 

Un jour qu'il attendait, sous la marquise de la gare Termini, une haute personnalité étrangère, une petite vieille, sur­chargée de paquets et de deux valises de carton attachées tant bien que mal avec une ficelle, le prit pour un prêtre quelconque.

 

« Vous m'donnez un coup d'main pour charger tout ça, Révérend ? » lui demanda-t-elle.

 

Et Mgr Montini, sans se troubler le moins du monde, mais avec son léger sourire incertain et empressé, lui prit des mains valises et fagots et les lui hissa sur le tramway, sous les yeux stupéfaits de deux ou trois prélats. Puis il aida la petite vieille à grimper et quand, du haut du marche pied, elle ne sut exprimer sa reconnaissance qu'en se penchant  pour lui tracer une croix sur le front avec une bénédiction, il ne se départit pas de son habituel sourire.

 

Toute cette expérience à la Curie Romaine aura une heureuse issue. Devenu pape, Montini, dans un très clair et pressant discours planificateur sur « La Curie Romaine et le Concile », prononcé le 21 septembre 1963, rappellera les longues années pendant lesquelles il fit partie du gouver­nement central de l'Église et annoncera, comme l'écrivit Il Quotidiano de Rome (22 septembre 1963) « l'un des projets qui lui étaient chers depuis longtemps : la réforme de la Curie Romaine. Le pape Montini a passé une longue période de sa vie au sein du gouvernement central de l'Église et cette expérience s'est traduite en un texte plein de nouveautés et de perspectives. La décision la plus importante consiste à associer les évêques au pape « dans l'étude et la responsa­bilité du gouvernement ecclésiastique » pour une collabo­ration directe encore plus organique et une vision immé­diate des problèmes de l'Église dans tous les coins du monde. Avec cet appel, dont Paul VI a rendu compte au Concile, est résolu de la façon la plus harmonieuse et permanente, le problème des rapports entre Pontife romain et Épiscopat universel, problème que le Concile débattra dès les pre­mières répliques de la seconde session, quand il devra affron­ter le schéma De Ecclesia. A cette perspective, qui se traduit sur le plan pratique par une sorte de Concile permanent cons­titué par un corps consultatif d'évêques de trente cinq régions du monde, le Pape a joint la décision d'internationa­liser la Curie Romaine, de la simplifier pour la rendre apte à de nouvelles fondions et de lui donner une préparation œcuménique afin d'en faire « une vraie communauté de foi et de charité étroitement unie au Pape ». Enfin, il a annoncé que toute possibilité de frottement entre centre et périphérie serait surmontée puisque la curie doit être un organe « plein de respect et de sollicitude envers ces prélats que l'Esprit-Saint a chargés, en tant qu'évêques, de gouverner l'Église de Dieu.

 

« Nous avons désiré cette rencontre au début de notre Ministère apostolique, dira Paul VI, d'abord pour rendre présent à tous et de façon explicite et collective notre cordial et respectueux salut. Nous avons nous-même, pendant de longues années, eu l'honneur de prêter notre humble concours à la Curie Romaine; nous avons eu dans les rangs qui la composent de très dignes maîtres et supérieurs, d'excellents collègues et collaborateurs, d'inoubliables amis; nous avons partagé les peines, les responsabilités, les études, les  expériences, les joies et les douleurs de ce complexe et singulier organisme; nous avons suivi pendant plus de trente ans le déroulement de sa vie, d'un poste d'observation privilégié, la Secrétairerie d'État, l'excellent, le fidèle organe qui assiste le pape dans son activité personnelle; et nous avons pu ainsi mieux apprécier la savante composition de la Curie Romaine, dérivée d'une tradition cohérente et flexible; nous avons écouté les avis relatifs à ses besoins nouveaux; nous avons recueilli aussi les critiques qui lui sont adressées et nous en avons fait souvent un sujet de réflexion sincère; nous avons enfin connu et apprécié l'efficacité des services que la Curie Romaine rend au Pape et à l'Église. »

 

Un jour de l'automne 1954, le téléphone sonna et Montini accourut car le son caractéristique de la sonnerie indiquait que l'appel était de Pie XII. La conversation fut inhabituel­lement longue, elle dura peut-être plus d'une heure. Quand elle prit fin, le pro secrétaire reparut avec un air absorbé et sévère. Une chose de ce genre n'était jamais arrivée : quelques heures plus tôt était mort le cardinal Schuster, archevêque de Milan, et Pie XII venait d'exprimer pour la première fois à Montini son intention de lui confier la succession du diocèse milanais. Montini s'en montra troublé mais seulement parce qu'il pensait aux graves responsabilités qui lui tombaient sur les épaules.

 

La nomination fit grand bruit; on en parla beaucoup et on l’interpréta de différentes manières; quelques-uns même avec malveillance. La question était : mise à la retraite ou promotion ?

 

Le 12 décembre suivant, le cardinal Tisserant, doyen du lucre Collège, le sacra évêque dans la basilique vaticane. Pape aurait voulu procéder lui-même au sacre de son plus intime et fidèle collaborateur, mais il sortait à peine d’une grave maladie.

 

Le Saint-Père voulut pourtant participer à la cérémonie, face à la radio. On l'entendit sur les ondes dire que, cette consécration lui était réservée, en raison de toute son affection pour le consacré, mais que la divine Providence ne lui avait pas permis de l'accomplir. Le vœu de Pie XII était que le nouvel archevêque de Milan « qui a la connaissance de fait et l'amour sans limites de l'Église, puisse donner au troupeau la forme toujours antique et toujours nouvelle que le Pasteur des pasteurs, et toutes les âmes avec lui, attendent de son action et de sa vie ».

 

Et, quelques semaines plus tard, après avoir surmonté la première attaque violente de la maladie qui devait l'emporter, Pacelli appela à son chevet le nouvel archevêque de Milan, l'embrassa et lui fit don d'une précieuse croix pectorale, répondant ainsi à la question que nous avons rapportée plus haut.

 

Ce fut le dernier souvenir que Mgr Montini emporta de Rome.

 

A SUIVRE

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 03:28

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

Parmi les mille charges de la Secrétairerie d'État, Mgr Mon­tini devait suivre l'organe officiel du Saint-Siège.

 

Le P. jésuite Persico du collège Arici de Brescia nous apprenait que Montini serait devenu un grand journaliste s'il n'avait suivi une autre route. Voici un article du « jour­naliste » Montini que le Cardinal de Milan écrivit en 1961 en digne fils de son père, pour l'Osservatore Romano qui célé­brait en un numéro unique le centenaire de sa fondation.

 

Un article qui éclaire bien des points tant sur le journal du Vatican que sur son auteur et sur la clarté de ses idées.

 

« Chacun sait qu'un journal est toujours difficile à faire; l'Osservatore Romano l'est tout particulièrement ; mais rares sont ceux qui s'en rendent compte. Je me rappelle qu'au temps où je prêtais service à la Secrétairerie d'État, dont le journal du Vatican dépend dans une certaine mesure, il m'arrivait souvent de recueillir des critiques à son propos. Or, ce n'était pas les critiques que tout lecteur se permet à l'encontre de son journal habituel (car si la liberté de la presse est un fait, celle de critiquer la presse existe aussi, à un degré supérieur et jamais contesté). C'était des critiques qui concernaient la disproportion entre le domaine immense que le journal aurait dû refléter, celui du monde catholique, et la relative exiguïté de ses nouvelles. Pour être tout à fait exact, il faut ajouter qu'elles allaient jusqu'à mettre en doute son aptitude même à donner à ce monde une voix et du relief.

 

Et ne parlons pas de celles qui concernaient l'étroitesse de son rayon de diffusion!

 

Manque de moyens, pensais-je; et cela était, car contrai­rement a ce que croient habituellement les gens, Romains compris, le Vatican, depuis la bourrasque napoléonienne, a toujours été très limité dans ses moyens; on peut même dire que de 1870 à la Conciliation, il a été pauvre. Et qui vit d'obole, même de celle de Saint-Pierre, ne peut se permettre de faire du luxe. Sous cet aspect, le Vatican, digne noble ruiné, vit d'économie et porte son manteau royal, un peu usé, sur une honorable indigence.

 

Mais ce n'était pas là la vraie difficulté dont souffrait l'Osservatore Romano car, en fin de compte, il trouvait des moyens suffisants, sinon larges : rédacteurs, correspondants, matériel technique... peu de choses en comparaison de ce dont disposent les grands journaux, mais de bonne qualité, et même excellente sous certains rapports (il suffit de consi­dérer les personnes qui composaient la rédaction et celles, dont le comte dalla Torre, qui l'entouraient). La difficulté, ou plutôt les difficultés, étaient moins apparentes mais plus réelles dans d'autres domaines. Comparez par exemple les sujets auxquels la presse consacre ordinairement des pages et des pages et ceux auxquels ce journal offre sa noble voix.

 

 On notera dès l'abord que l'Osservatore Romano ne parle pas ex professo de théâtre, de sport, de finance, de modes, de pro­cès, de bandes dessinées, de mots croisés... ou de tout ce qui semble attirer, sinon intéresser ce qu'on appelle le grand public. Quant à la publicité, comme elle est justement châ­tiée! Et puis regardez les nouvelles, leurs titres comme leur texte, si tranquilles, si propres, si dignes, incapables de com­muniquer le moindre frisson, le moindre sursaut au lecteur comme si on voulait le former à une calme et bonne éduca­tion mentale. Journal sérieux, journal grave, qui donc le lirait dans le tramway ou au bar, qui donc ferait cercle autour ?

 

Ce n'est pas qu'une feuille d'une si grande importance manque de titres sur sept colonnes et de pages à la compo­sition impressionnante; mais l'œil, avide de découvrir ce qui a bien pu éclater dans le monde, se fait tout de suite scruta­teur, puis se retire sans rien laisser apparaître de sa secrète désillusion : la page, la grande page est en latin! Bien; nous le connaissons tous le latin; mais nous le lirons mieux ce soir, ou demain; comprenez-moi, c'est du bon latin, il faut le prendre au sérieux!

 

Et même quand la page aux grands titres n'est pas en latin, on ne peut toujours pas dire qu'elle soit d'une lecture agréable. Édifiante, oui : mais ce n'est pas faire tort au véné­rable journal que de dire qu'il ne peut servir de passe-temps comme tant d'autres, dispensateurs de repos et d'évasion. Et nous ne disons rien de l'habituelle chronique des événementiels vaticanes, éclatante bien sûr, et qui nous procure le plaisir d'un incomparable spectacle aulique, mais que nous avons un peu l'impression de connaître déjà, toujours égal à lui-même.

 

Cet Osservatore Romano, si important, si soigné, si aimé, comment pourrait-on en faire le « Grand Journal » qu'il a le droit d'être et que nous avons le devoir de publier ? Cette expérience attristée m'instruisit sur un autre chapitre de dif­ficultés auxquelles la feuille vaticane ne peut se soustraire et qui sont toutes à son honneur; elle est un « journal d'idées », et non pas comme tant d’autre un simple organe d'information; elle veut être, avant tout, je crois, formatrice. Elle ne veut pas seulement donner des nouvelles; elle veut créer des idées. Il ne lui suffit pas de rapporter les faits tels qu'ils adviennent, elle veut les commenter pour montrer ce qu'ils auraient dû être. Elle ne s'entretient pas seulement avec ses lecteurs; elle s'adresse au monde : elle commente, elle discute, elle fait de la polémique; et, si cet aspect peut éveiller l'intérêt du lecteur, il exige énormément de celui qui écrit. Il ne suffit pas au rédacteur d'utiliser téléphone, télé­scripteurs, communiqués, agences, ciseaux et colle; il doit aussi juger, évaluer, tirer son message de son expérience et plus encore de sa conscience : un message personnel, vivant, neuf, original. Et surtout vrai, surtout valable. Ici le journa­liste est interprète, guide, maître; il est quelquefois poète et prophète. Art difficile. Sublime, oui; mais difficile. Il faut l'essayer pour y croire. Tout vrai journaliste le connaît, mais à l’ Osservatore Romano cet art est plus que jamais délicat et exigeant.

 

Les ressources subjectives, de celui qui a de l'esprit, sait improviser et donner aux mots l'heureuse étincelle de son intuition et de son humeur, ne suffisent plus; ici, il faut aussi un respect doctrinal, large et solennel, celui de la mentalité catholique, toujours présente, toujours « engageante ». Bien plus, cette objectivité, ce continuel témoignage au pano­rama de vérité morale et religieuse dans lequel chaque chose doit être cadrée, demandent au rédacteur une conviction, un amour, un enthousiasme, personnels et vivaces, toujours vigilants, toujours à l'œuvre. Et, comme si toutes ces diffi­cultés ne suffisaient pas, une autre considération vient encore les aggraver : ce journal n'est pas seulement un journal d'idées (et de quelles idées, près de Saint-Pierre !), c'est aussi un journal de milieu, du milieu Vatican. Il est imprimé au Vatican et cela lui vaut prestige et liberté; mais il est diffusé en Italie et à l'étranger et cela lui impose des limites et des précautions considérables. On l'imprime au Vatican, il est donc en partie officiel, mais en partie seulement : il est, d'une part, responsable comme un oracle de la hiérarchie, de l'autre, discutable comme l'expression de la pensée de celui qui y écrit de sa propre autorité.

 

La distinction est claire mais la réalité est délicate et complexe : L’étole sacrée s'étend sou­vent au-delà de ses limites officielles, ou tout au moins le croit-on, et des questions ou des doutes surgissent à chaque instant sur le poids à donner aux nouvelles et aux articles de l'illustre et vénérable quotidien.

 

C'est cette incertitude qui crée autour de l'Osservatore Romano un halo, de respect pour les uns, de méfiance pour les autres : elle recommande le journal aux experts, aux poli­tiques, aux savants, aux diplomates et aux dévots, elle en éloigne le lecteur ordinaire.

 

Difficultés graves et multiples donc, qui expliquent en grande partie les efforts que nécessitent la composition et la diffusion de ce très singulier journal. Mais à bien y regarder, ce sont justement ces difficultés qui lui confèrent tant de dignité, d'autorité et de force dans la fonction propre de la presse périodique.

 

J'en fis moi-même l'expérience pendant la dramatique période de la dernière guerre, quand la presse italienne était bâillonnée par une censure impitoyable. L'Osservatore Romano eut alors un rôle merveilleux, non qu'il se fût arrogé de nou­veaux et profitables devoirs, mais parce qu'il continua, impa­vide, son office d'informateur honnête et libre.

 

Ce fut comme lorsque toutes les lumières, sauf une, s'éteignent dans une pièce : tous les regards se dirigent vers celle qui est restée allumée. Par chance ce fut la lumière tranquille et flamboyante, la lumière apostolique du Vatican. L'0sservatore apparut alors tel qu'en substance il a toujours été : un phare orienteur.

 

Et l'on vit renaître la confiance dans le journal Vatican : sa foi, sa fonction, son réseau d'informateurs et de collabora­teurs, son autorité et sa liberté, son âge et son expérience même peuvent en faire un organe de presse de tout premier ordre.

 

Car les éléments que nous avons baptisés difficultés peuvent être, s'ils sont évalués avec sagacité et habilement utilisés, considérés comme des particularités et, de ce fait, constituer une très intéressante originalité du journal.

 

Nul autre en effet ne peut disposer d'un champ d'obser­vation, de sources et de thèmes d'information plus riches, plus vastes et plus variés; nul autre ne peut exercer avec un jugement plus autorisé, une fonction plus bienfaisante d'édu­cation à la vérité et à la charité. Ne l'appelle-t-on pas, à juste titre, « le journal du Pape » ?

 

Et c'est certainement cette relative primauté dans la mis­sion journalistique, malgré des moyens modestes, un langage et des rapports fraternels, qui oriente le programme d'un Osservatore Romano toujours jeune et rassemble autour de lui les vœux unanimes au moment du centenaire de sa fidèle et indomptable publication. »

 

Si cela n'est pas « l'article » par excellence, concis, aigu et clair, où pourra-t-on le trouver ?

 

Il est aussi révélateur de certains aspects mystérieux du monde du Vatican et de cette vie intense et toujours mesurée qui se déroule au-delà du portail de bronze.

 

La responsabilité d'un journal comme l'Osservatore Romano, qui, contrairement à tous les autres journaux du monde, ne porte le nom d'aucun directeur ou responsable mais seulement celui de la Typographie vaticane, n'était pas une mince charge pour le substitut de la Secrétairerie d'État...

 

Surtout en ces temps si durs de la guerre et de l'après-guerre, où l’Osservatore était resté, comme l'affirme Montini lui-même, la seule lumière libre et objective, qui brillât encore dans la tourmente.

 

A suivre

 

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