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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 09:08

La Visitation de très Sainte Vierge, le 2 juillet…

marie, au jour de l'Annonciation, était devenue la Mère du Rédempteur, et bientôt, il lui fallut quitter sa douce retraite de Nazareth pour travailler, elle aussi, au salut du monde. Peu de jours après le message de l'ange Gabriel, Marie, dit l'Évangile, se leva en toute hâte pour aller visiter sa cousine Élisabeth, épouse de Zacharie. C'était plus de tren­te lieues à parcourir à travers les montagnes de la Judée, mais Marie allait pour la première fois porter Jésus aux hom­mes pour les sauver, et sa charité « abaissait les collines et aplanissait les chemins abrupts. » Accompagnée de Joseph, Marie arriva à la demeure de Zacharie, et dans son humilité elle salua la première sa cousine. Dès son entrée dans cette maison, l'Esprit-Saint fit connaître à Élisabeth que Marie était mère du Messie. Elle la proclama aussitôt, dans un trans­port de joie, bénie parmi toutes les femmes ; elle la déclara bienheureuse d'avoir cru à la parole de l'ange, plus heu­reuse encore d'être devenue la mère de son Dieu. Parmi toutes ces louanges, les plus hautes, les plus vraies qui furent ja­mais adressées à une créature, Marie s'humiliait et renvoyait toute cette gloire à Dieu en s'écriant : « Mon âme glorifie le Seigneur ! » Quel admirable exemple d'humilité pour nous !

Extrait de LECTURES MÉDITÉES. (1933)

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 08:08

La sagesse est supérieure à l’intelligence

La Foi et l'Espérance nous maintiennent plus loin de Dieu que la Charité. En effet la Foi porte sur ce qu'on ne voit pas; l'Espérance sur ce qu'on ne pos­sède pas tandis que l'amour de charité a pour objet ce qu'on possède déjà en quelque façon.

Parmi les vertus intellectuelles, la sagesse l'em­porte en excellence puisqu'elle nous attache à la considération des plus hautes causes et nous porte vers Dieu. Son influence peut être prépondérante par la clarté de ses lumières et la sûreté de ses directives.

La prudence vient ensuite. Elle prescrit aux hommes comment ils doivent parvenir à la sagesse.

La sagesse est également supérieure à la simple intelligence; si l'intelligence donne à l'esprit l'intui­tion des premiers principes, la sagesse possède une certaine emprise sur ces principes eux-mêmes parce qu'elle les juge et les défend contre ceux qui les nient.

Parmi les vertus morales c'est la prudence qui a un rang prééminent. Vertu intellectuelle, par son essence, la prudence est vertu morale par sa matière puisqu'elle doit diriger et modérer l'exercice de toutes les autres vertus.

Des vertus morales par leur essence, c'est la jus­tice qui vient en premier lieu parce qu'elle est plus proche de la raison, et par l'intelligence qu'elle est appelée à perfectionner, et par les matières dont elle doit s'occuper en les réglant conformément aux exi­gences du droit.

Viennent ensuite la force qui soumet au contrôle de ta raison les mouvements affectifs dans les diffi­cultés de la vie et devant les craintes de la mort.

Enfin en dernier lieu la tempérance qui règle les appétits inférieurs en matière de plaisirs sensuels.

D'autres vertus peuvent contribuer à améliorer la moralité humaine : vertus morales secondaires : la libéralité, ornement de la justice et ajoutant à la justice; la patience, qui est comme un recueil de plu­sieurs autres vertus acquises et infuses, leur appor­tant une espèce de raffinement. Elles sont fonction de la vertu de force. Il en est de même de la magna­nimité, de l'obéissance, de l'humilité, de la péni­tence, de la virginité, etc.

Dans la pratique de toutes les vertus il y a un juste milieu à observer, notion qui, en fait, ne s'ap­plique rigoureusement qu'aux vertus morales; d'une manière plus stricte en ce qui concerne la justice; d'une façon plus large dans les autres vertus où il y a place pour une certaine interprétation ou mesure humaine. La prudence doit intervenir dans ces autres vertus pour fixer le milieu que doivent proposer comme objet, les vertus chargées de régler les pas­sions.

L'idéal du chrétien doit être de vivre dans l'esprit du Christ, par la grâce du Christ. Le Christ, chef de l'Humanité par la grâce de la Rédemption et qui veut vivre en tout chrétien par l'imitation de ses vertus. On n'est vraiment chrétien qu'en se laissant diriger par l'esprit du Christ mais cet esprit du Christ ne se réalise pas dans l'homme par le seul exercice des vertus naturelles.

Dans l'ordre surnaturel, l'esprit du Christ est d'abord esprit de renoncement, d'humilité, d'obéis­sance qui va jusqu'à l'abnégation de soi-même afin de se substituer aux autres, dans le devoir de l'ex­piation et de la pénitence.

L'esprit du Christ exige qu'on se mette à son école pour en retenir la douceur et l'humanité.

Le Chrétien ne doit pas mépriser les vertus pas­sives, c'est-à-dire d’apparences effacées, pour ne culti­ver que les vertus actives d'un apostolat extérieur.

L'exercice des vertus chrétiennes doit être calqué sur le modèle des vertus du Christ.

L'idéal du chrétien doit être, avec l'aide et par la charité, d'aimer Dieu de tout son cœur (c'est-à-dire orienter vers lui tous ses actes et fuir le péché) ; de tout son esprit (c'est-à-dire soumettre son intelli­gence à Dieu par la foi) ; de toute son âme (c'est-à-dire aimer en Dieu tous ceux et tout ce qu'on aime) ; de toutes ses forces (c'est-à-dire faire en sorte que tous ses actes extérieurs, ses paroles et ses œuvres puisent leur vigueur, à la source du Divin amour). L'amour du chrétien pour Dieu est sans défaut dès lors qu'il ne reste plus rien en ses actes ou ses aspirations qu'il ne rapporte à Dieu. Tout cela n'est possible qu'avec le secours des dons du Saint-Esprit qui nous disposent à recevoir et à suivre sans résis­tance, l'inspiration divine indispensable pour attein­dre la perfection qui est l'idéal du Christ.

Aucun chrétien n'est mis sur les autels, sans avoir eu une vie morale très supérieure à la moyenne. En 1734, le Pape Benoît XIV voulait, qu'en examinant la réputation de sainteté, on arrivât à savoir si le serviteur de Dieu, avait brillé dans les vertus chrétiennes et s'il jouis­sait d'une opinion commune de vie pure et intègre et de vertus non quelconques, mais pratiquées par des actes continuels et d'une manière dépassant celle des honnêtes gens.

Il est nécessaire, pour les causes de béatification, de démontrer l'héroïcité avec laquelle le serviteur de Dieu a pratiqué les vertus.

Le R.P. Jombart, S.J. professeur à l'Institut catho­lique de Toulouse spécifie : « La notion d'héroïcité est affaire de qualité, plus que de quantité; on ne détermine pas mathématiquement où commence l'héroïsme moral et où cet héroïsme est assez habituel pour s'appeler héroïcité. En général les fidèles ne se trompent pas quand ils affirment l'héroïcité d'une personne qu'ils ont vue vivre parmi eux et dont ils admirent l'exemple. Ils en ont le sens. L'Eglise juge de l'héroïcité, non par l'application de règles a priori mais par une vue concrète et aussi complète que possible. En somme, à ses yeux, il importe beaucoup moins d'accomplir, de temps à autre, quelques exploits, tranchant sur une vie médiocre, que d'être, moralement parlant, irréprochable, à longueur de vie. L'héroïcité se manifeste essentiellement par la per­sévérance à pratiquer les vertus. C'est cette cons­tance qui est héroïque. On notera qu'actuellement la S. C. des Rites semble porter, de plus en plus, son attention sur la manière héroïque dont le ser­viteur de Dieu, conformant sa volonté au divin vou­loir, a été fidèle aux devoirs de son état. »

Extrait de : LES MYSTÈRES DU PADRE PIO Éditions France-Empire (1970)

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 07:37

Les grandes Vertus Lumières du monde…

Padre Pio eut une vie qui reste, pour le peuple chrétien, un sujet d'édification… On verra, que sa spiritualité se nourrissait aux sources les plus hautes et l'apparentait à nos grands mystiques. Essayons, ici, d'examiner dans quelles conditions, il a pratiqué, à un degré héroïque, toutes les grandes vertus.

En d'autres termes, pouvons-nous répondre à cette question précise : Les vertus théologales — Foi, Espé­rance, et Charité envers Dieu et le prochain; — les vertus cardinales : — Prudence, Justice, Tempérance et Force;avec les vertus annexes : Chasteté, Crainte de Dieu, Humanité, Miséricorde, Obéissance, Patience, Pénitence, Ascétisme, Reconnaissance, Renoncement, Sagesse, Simplicité, Persévérance ont-elles été pratiquées par le Padre Pio à un degré héroïque ?

Le mot Vertu signifie étymologiquement perfec­tion, valeur, prospérité, bonheur, gloire. Dans l'Ancien Testament ce mot marque déjà une excellence d'ordre moral que le Nouveau Testament accentue en mettant en relief le caractère surnaturel. Les vertus, en effet, n'ont eu leur plein épanouissement que dans le Christianisme.

Le grand précepte de l'Amour, que saint Jean a fortement souligné, et dont l'aboutissement est la sanctification des hommes, doit avoir la Foi comme racine de la Charité. La première communauté chré­tienne pratiquait la vertu de la Charité et l'entraide fraternelle.

Saint Pierre exhorte à la pénitence, à l'obéissance à Dieu de préférence aux hommes; à l'obéissance aux autorités légitimes. Il préconise la Foi, l'Espérance, l'amour fraternel, la véracité, la loyauté, la prudence, la sobriété. Il recommande aux épouses, la soumis­sion à leurs maris, la chasteté, la modestie.

Saint Jacques préconise l'humilité, la charité, la patience, le détachement des biens du monde.

Saint Paul recommande de se laisser diriger par un esprit de force, d'amour et de modération. Pour­suis, dit-il à Timothée, la Justice, la Foi, la charité, la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur...

La vertu, disposition de l'âme, d'après la concep­tion chrétienne est un principe intérieur, stable, per­manent nous, communiquant une réelle fermeté dans le devoir et assurant notre persévérance dans le bien.

Selon le Père de l'Eglise, Théophile d'Antioche, les Chrétiens doivent pratiquer la tempérance, la conti­nence, l'unité du mariage, la chasteté, la justice, l'obéissance aux lois, le culte divin.

Ces vertus qu'Origène appelle les lumières du monde.

Pour Lactance, la vertu consiste non à connaître le Bien et le Mal, mais à faire le Bien et éviter le Mal.

Saint Ambroise fut le premier à parler de vertus cardinales dont la connexion et la compénétration n'empêchent pas que chez les saints, parfois, une vertu soit dominante et entraîne les autres.

Pour Saint Jérôme il faut être éminent en chacune des vertus pour surmonter les défauts apportés en naissant : Dans la chair ne pas vivre charnellement et combattre, chaque jour, contre soi-même en sur­veillant, de cent yeux, l'ennemi enfermé en nous-mêmes.

Pour Saint Augustin le juste doit vivre de sa Foi et c'est parce qu'il sera fidèle qu'il sera également prudent, fort, tempérant et juste. La vertu étant l'art de bien vivre en combattant pour Dieu afin de par­venir à la félicité éternelle. Qualité de l'âme sage, la vertu doit nous conduire à la vie bienheureuse, laquelle est l'amour souverain de Dieu; à la bonté et à la grâce de qui nous les devons, dans cette vallée de larmes qu'est notre vie terrestre.

D'après Saint Fulgena la vertu qui procède du Christ est donnée par Dieu, aux hommes, pour répa­rer les infirmités de la nature.

La théologie des vertus doit beaucoup à l'enseigne­ment de saint Grégoire le Grand. Sans les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité le salut est impossible car, sur elles, repose tout l'édi­fice de la vie spirituelle. Elles ne sont pas des rem­parts mais des retranchements pour l'âme, étant sus­ceptibles d'accroissement jusqu'à la vie éternelle. Quant aux quatre vertus cardinales elles ne peuvent être ni séparées ni dissociées, car elles se soutiennent et se fortifient mutuellement. Mais parmi les vertus annexes c'est l'Humanité qui est à la base; et la sau­vegarde de toute vertu véritable.

D'après saint Thomas d'Aquin les vertus naturelles doivent aider l'homme à se réaliser lui-même au suprême degré, en agissant conformément aux exi­gences de sa fin dernière c'est-à-dire dans le sens du Bien.

Les vertus innées sont en nous à l'état d'aptitude, ou d'ébauche, mais non à l'état de  se rattachent à la nature de l'homme spécifique ou individuelle : tendances de l'intelligence et de la volonté, appétits de la sensibilité, tempérament et caractère etc. Ce ne sont là que des aptitudes et ébauches, et non des vertus à l'état achevé. La vertu doit nous faire développer dans le sens du Bien, nos inclinations naturelles.

A force de travail et d'application, les vertus innées deviennent des vertus acquises. La vertu vient ainsi parfaire l'homme dans le bien, lequel consiste essentiellement dans la mesure, la beauté et l'ordre, conformément à la loi divine.

Mais tout un cortège de vertus surnaturelles sont nécessaires pour rendre l'âme capable de profiter utilement de la grâce sanctifiante.

Comme le dit saint Pierre dans sa IIe Epître : « Apportez tous vos soins pour unir à votre Foi la Vertu, à la Vertu le discernement, au discernement la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. Si ces vertus sont en vous et y abondent, elles ne vous laisseront ni oisifs ni stériles pour la connaissance de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ. Car celui à qui elles font défaut est un homme à la vue courte, un aveugle... »

Saint Paul faisant l'éloge de la charité déclare que les charisme's passent mais non la charité. Tandis que la Foi et l'Espérance demeurent sur la Terre ne faisant que nous préparer à la vision bienheureuse, la charité, seule demeure dans l'autre vie. C'est pourquoi elle est la plus grande des vertus théolo­gales.

Cependant, la vie surnaturelle, possédée dans sa plénitude, forme un tout dont il est impossible de dissocier les éléments. Tous ces éléments (grâce sanc­tifiante, charité, vertus de foi et d'espérance, vertus intellectuelles et morales de toutes sortes, dons du Saint-Esprit) ont entre eux une étroite connexion qui s'affirme d'une manière évidente si on les consi­dère dans leur rapport à la fin dernière surnaturelle. C'est pourquoi ils doivent tous dépendre de la cha­rité qui, seule peut leur donner la perfection requise. Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien, dit saint Paul.

(A  suivre)

Extrait de : LES MYSTÈRES DU PADRE PIO Editions France-Empire (1970)

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 08:08

PREMIÈRES DISPOSITIONS DE L'ÂME…

(La difficulté n'est pas de commencer, c'est de recommencer…)

Après avoir pris conscience du drame de notre existence, après avoir examiné l'attitude des hommes en face des problèmes que pose la vie, après avoir établi un critère pour discerner la vraie solution, disons un mot des dispositions fondamentales dans les­quelles nous devons être pour trouver celle-ci.

1. Chercher la vérité

II faut d'abord vouloir chercher la vérité, avoir une intelligence continuellement en éveil, avide de lumière (effort de recherche), prête à accepter la vérité quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne (effort de sincérité).

Cette disposition d'âme est essentielle : sans cet amour de la vérité, amour qui doit nous pénétrer jusqu'à la moelle, les faux principes qui mènent actuellement le monde auront tôt fait de pro­voquer une déviation et de nous conduire sur le sentier de l'er­reur.

« La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si éta­bli qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la connaître. »

(Pascal)

«Le secret des caractères énergiques, c'est l'énergie des con­victions. Là où les principes ne commandent plus, la volonté tour­ne au gré de l'intérêt. » (E. Caro)

L'interprète répétant les paroles qu'un Maure adresse à An­toine de Saint-Exupéry : « Il dit : tu as des avions, la T.S.F. ; tu as Bonnafous (officier français), mais tu n'as pas la vérité... ». Il dit : « A quoi te servent tes avions, la T.S.F., ton Bonnafous, si tu n'as pas la vérité ? »

(Antoine de Saint-Exupéry,  Terre des hommes, p. 110)

2. Suivre la vérité

II faut, en outre, vouloir suivre la vérité, malgré les sacrifices qu'elle exige et malgré les défaillances que nous subirons.

« La vie chrétienne n'est pas une adhésion de principe ; c'est une vie, et l'adhésion de l'esprit n'en est que la première étape. »

(J. Leclercq)

« Peer Gynt était semblable à un oignon qu'on épluche sans ja­mais arriver à un noyau solide. Sa vie ne fut qu'une succession de mois et d'années : mois et années sont partis au vent, sans mettre à nu le moindre centre résistant. On a pu mettre sur sa tom­be cette épitaphe : « Ici ne repose personne. » (Ibsen)

Pour former en nous cette volonté et la tenir toujours prête à suivre la vérité, il faut la soumettre à un lent et patient exercice, s'habituer à faire des actes de maîtrise de soi ; savoir, à l'occa­sion, se refuser une satisfaction légitime pour la seule raison que l'on veut qu'il en soit ainsi ; à fortiori, faut-il apprendre à se re­fuser, sans discussion possible, toute satisfaction qui ne cadrerait pas avec la loi morale et l'ordre impérieux du devoir.

Une fois par jour, s'imposer une légère privation dans la nourri­ture ou dans l'usage du tabac, remettre à plus tard la lecture d'uns lettre ou d'un journal qu'on vient de recevoir, prolonger de cinq minutes un travail qu'on aurait voulu abandonner, ne pas détour­ner inutilement la tête en rue, ne pas faire usage d'un fauteuil et se contenter d'une chaise, avancer d'un quart d'heure son lever, ne pas communiquer une nouvelle qui attirerait sur nous l'intérêt des auditeurs, mais laisser à un autre le soin de les mettre au cou­rant, et toujours pour cette simple raison que l'on veut être maître chez soi,

c'est là une excellente école d'ascèse qui nous rendra plus apte à découvrir et à suivre la vérité.

« Faites tous les deux jours quelque chose sans autre raison sinon que vous préféreriez ne pas le faire, de sorte que lorsque surviendra l'heure terrible de la détresse, elle ne vous trouve pas sans énergie. » (W. James)

Car, quoi que nous pensions, la vérité exigera de nous des sa­crifices ; il faut être prêt à payer la joie de vivre dans la lumière et dans l'ordre.

« Ce Qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est que parfois on la trouve. » (P. Sertillanges)

« Il y a une sœur et un frère Que Dieu créa inséparables : la vérité et l'inconvénient, et je ne crois pas qu'à cause du frère, il soit bon d'étrangler la sœur. » (Lamennais)

Mais s'il faut de la volonté pour suivre la vérité, il en faut plus encore pour se relever quand on a failli.

Ce serait de la légèreté de se croire immunisé parce qu'on a nourri en son âme un ardent amour de la vérité ; la volonté hu­maine chancelle souvent. Sur la route où nous cheminons, il y a des ornières auxquelles nous n'échapperons pas toujours.

Ce qui importe alors, c'est d'avoir le courage de se relever et de continuer la route, malgré les échecs et les fautes.

« La difficulté n'est pas de commencer, c'est de recommencer ; il n'y a que ceux qui recommencent qui achèvent. » (O. Pirmez)

« N'ayez pas peur des échecs ; le premier est nécessaire, car il exerce la volonté. Le second peut être utile. Si vous vous relevez du troisième, vous êtes un homme. » (R. Bazin)

« Notre sincérité doit consister à renouveler sans cesse notre effort vers la sincérité. » (Abbé Flory)

Conclusion.

Pour aborder le problème de la vie, il nous faut donc établir en nous ces dispositions fondamentales : aimer la vérité et être prêt à la suivre, quoi qu'il en coûte.

Il faut, comme dit saint Thomas, « aller à la vérité de toute son âme » ; c'est l'âme qui doit mener notre existence, et non le corps ; c'est à l'âme, avec ses deux facultés : intelligence et volon­té, qu'il revient d'établir en nous, cette unité de vision, ce dy­namisme irrésistible, cet ordre intérieur, qui font les fortes per­sonnalités et les hommes d'action.

« Le problème de l'ordre est le problème fondamental de la vie de l'homme ... L'homme est partagé entre mille appétits et mille tendances. Toutes ces tendances, il faut les ramener à l'unité, dé­terminer leur importance respective en vertu d'un principe d'unité et les soumettre à la loi d'unité qui est le principe d'ordre... Dou­ble problème, spéculatif et pratique : connaître l'ordre et le réaliser. » (J. Leclercq, La vie en ordre.)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie(F. Lelotte  S.J.)

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 08:43

 

PROPRIÉTÉ ET EXCELLENCE DE LA DÉVOTION…

Ceux qui décourageaient les Israé­lites d'aller a la terre promise leur disaient que c'était un pays qui dévorait les habitants ( Num., XIII, 33, 34), c'est-à-dire, que l'air y était si malin qu'on n'y pouvait vivre longuement, et que réci­proquement les habitants étaient des gens si prodigieux qu'ils mangeaient les autres hommes comme des sauterelles : ainsi le monde, ma chère Philothée, diffame tant qu'il peut la sainte dévo­tion, dépeignant les personnes dévotes avec un visage fâcheux, triste , plein de cha­grin, et publiant que la dévotion donne des humeurs mélancoliques et insupportables.

Mais, comme Josué et Caleb protestaient que non seule­ment la terre promise était bonne et belle, mais aussi que la possession en serait douce et agréable, de même le Saint-Esprit, par la bouche de tous les Saints, et Nôtre-Seigneur par la sienne même nous assure que la vie dévote est une vie douce, heu­reuse et amiable.

Le monde voit que les dévots jeûnent, prient et souffrent les injures, servent les malades, donnent aux pauvres, veillent, contraignent leur colère, étranglent et étouffent leurs passions, se privent des plaisirs sen­suels et font telles et autres sortes d'actions, lesquelles en elles-mêmes et de leur propre substance et qualité sont âpres et rigoureuses ; mais le monde ne voit pas la dévotion inté­rieure et cordiale, laquelle rend toutes ces actions agréables, douces et faciles. Regardez les abeilles sur le thym: elles y trouvent un suc fort amer, mais en le suçant elles le convertissent en miel, parce que telle est leur propriété. O mondains, les âmes dévotes trouvent beaucoup d'amertume en leurs exercices de mortification, il est vrai, mais en les faisant elles les con­vertissent en douceur et suavité. Les feux, les flammes, les roues et les épées semblaient des fleurs et des parfums aux Martyrs, parce qu'ils étaient dévots; que si la dévotion peut donner de la douceur aux plus cruels tourments et à la mort même, qu'est-ce qu'elle fera pour les actions de la vertu ?

Le sucre adoucit les fruits pas assez mûrs et corrige la crudité et ce qu’il y a de nuisible dans ceux qui sont bien mûrs ; or, la dévotion est le vrai sucre spirituel, qui ôte l'amertume aux mortifications et la nuisance aux conso­lations: elle ôte le chagrin aux pauvres et la satisfaction immodérée aux riches, la désolation à l'oppressé et l'insolence au favorisé, la tristesse aux solitaires ; elle sert de feu en hiver et de rosée en été, elle sait être dans l’abondance et souffrir pauvreté, elle rend également utile, l'honneur et le mépris, elle reçoit le plaisir et la douleur avec un cœur presque toujours semblable, et nous remplit d'une sua­vité merveilleuse.

Contemplez l'échelle de Jacob (car c'est le vrai portrait de la vie dévote) : les deux côtés entre lesquels on monte, et auxquels les échelons se tiennent, représentent l'oraison qui obtient l'amour de Dieu et les Sacrements qui le confèrent ; les éche­lons ne sont autre chose que les divers degrés de charité par lesquels l'on va de vertu en vertu, ou descen­dant selon l’intention de nos actions au secours et support du prochain, ou montant par la con­templation à l'union amoureuse de Dieu.

Or, voyez, je vous prie, ceux qui sont sur l'échelle : ce sont des hommes qui ont des cœurs angéliques ou des Anges qui ont des corps hu­mains ; ils ne sont pas jeunes, mais ils le semblent être, parce qu'ils sont pleins de vigueur et agilité spirituelle ; ils ont Vies et ailes pour voler, et s'élancent : en Dieu par la  sainte  oraison,  mais ils ont des pieds aussi pour cheminer avec les hommes  par  une  sainte  et amiable conversation ; leurs visages: sont beaux et gais, d'autant qu'ils reçoivent toutes choses avec douceur et  suavité ;  leurs jambes,  leurs  bras et leurs têtes sont tout à découvert, d'autant que leurs pensées, leurs affec­tions et leurs actions n'ont aucun dessein ni motif que de plaire à Dieu. Le reste  de leurs  corps est  couvert, mais d'une belle et légère robe, parce qu'ils usent la vérité de ce monde et des choses mondaines, mais d'une façon toute pure et   sincère, n'en prenant que légèrement ce qui est requis pour leur condition : telles sont les personnes dévotes.

Croyez-moi, chère Philothée, la dévo­tion est la douceur des douceurs et la reine des vertus, car c'est la per­fection de la charité. Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème ; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur ; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévo­tion en est l'odeur, et l'odeur de sua­vité qui réconforte  les hommes et réjouit les Anges.

Extrait de : Introduction à la VIE DÉVOTE.  St-François De Sales. (1948)

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 13:30

Solution de tous les problèmes importants de la vie

Critère pour découvrir la véritable solution

Ce critérium existe : la solution proposée doit apporter une réponse raisonnable, com­plète et harmonieuse à tous les aspects importants de la vie ; de plus, elle doit être valable pour tous les hommes ; enfin, elle doit rester identique à elle-même, dans toutes les cir­constances d'une vie humaine.

Solution de tous les problèmes importants de la vie d'abord.

Il n'est pas difficile, en effet, d'élaborer une solution très sédui­sante, mais qui n'envisage qu'un aspect de notre existence terrestre.

On peut, par exemple, présenter un nouveau système de répar­tition des biens matériels, mais sans chercher à savoir pourquoi on vit et sans se soucier d'examiner s'il y a, oui ou non, un au-delà.

On peut établir un ordre nouveau qui tienne parfaitement comp­te des exigences sociales des hommes, mais qui passe sous silence le problème épineux de la souffrance.

Et ainsi de suite.

C'est là, avouons-le, une manière un peu trop cavalière d'éluder les difficultés!...

Non, il faut que la doctrine présentée donne un sens, non seu­lement à la vie, mais aussi à la souffrance, à la mort, qu'elle se prononce sur la question de l'au-delà, qu'elle ne néglige ni les pro­blèmes individuels, ni les problèmes sociaux, qu'elle explique le mal, bref, qu'elle ne laisse dans l'ombre aucun des aspects princi­paux de notre vie réelle.

Il faut aussi qu'elle  respecte et exal­te même tout ce qu'il y a de bon et de beau dans notre nature humaine, sans rien oublier.

Une doctrine qui se trouverait dans l'incapacité de nous satis­faire sur ces points, et sur d'autres qui pourraient nous arriver, porterait avec elle sa condamnation.

« Nul ne résoud l'énigme de la vie, s'il n'a résolu le problème dt la souffrance. Et parce que le chrétien est seul à pouvoir le ré­soudre, il est seul à pouvoir comprendre la vie. »

(Chan. Leclercq, De la Providence, de la souffranct et de la vie, p. 7)

Mais, ne nous étonnons pas si la solution cherchée présente une certaine complexité ; car la vie elle-même comporte des aspects très divers. A priori, il faudra se méfier d'une solution simpliste.

Valable pour tous les hommes ensuite.

Car, en ce domaine aussi, il y a place pour des subterfuges. Il n'est pas malaisé, par exemple, de satisfaire ceux qui jouissent de la fortune ou de la santé ; mais la solution ne sera vraie que si elle convient à tous, sans exception, aux riches comme aux pauvres, aux intellectuels comme aux moins doués, aux jeunes et aux vieux, aux bien-portants et aux mal-portants.

Elle doit convenir à une ménagère comme à un roi, pouvoir être présentée avec succès à l'homme d'affaires comme au paralytique.

Identique à elle-même dans toutes les circonstances de la vie.

Elle doit pouvoir être prêchée intégralement en temps de guerre comme en temps de paix, dans la prospérité comme dans l'adver­sité.

Elle doit s'adapter parfaitement aux joies et aux vicissitudes de ma vie, que je sois maître de mes mouvements ou injustement in­carcéré, comblé de biens matériels ou réduit à la misère, que je pêche à la ligne ou que je sois victime d'un bombarde­ment !

Une solution qu'il faudrait abandonner à telle époque de sa vie aux approches de la mort, par exemple, parce qu'elle ne convient plus en cette circonstance, une telle solution signerait, par le fait même, sa condamnation.

Notre but

Nous ne pouvons évidemment pas examiner ici toutes les solu­tions proposées par les hommes et appliquer à chacune d'elles le critérium que nous avons choisi. Cette méthode exhaustive n'est pas possible ; une vie humaine ne suffirait pas, et entretemps, il faut vivre, et donc choisir une solution.

Mais si notre dessein est plus modeste, il n'en est pas moins con­cluant : il consiste à montrer que la solution catholique soutient victo­rieusement l'épreuve. (On parle ici de la vraie religion catholique)

Elle apporte, en effet, une explication de la vie qui coïncide parfaitement avec la réalité, sans méconnaître aucun de ses as­pects importants ; elle peut être présentée à tout homme de bonne volonté, quel que soit son âge ou sa condition ; elle s'adapte parfaitement aux circonstances de toute vie hu­maine et elle n'a pas besoin d'être corrigée pour en suivre les vicis­situdes.

Pour prouver notre assertion, il suffira de faire un exposé clair et loyal de la doctrine catholique.

Et comme il n'y a qu'une solution véritable au problème de la vie, le lecteur ne devra-t-il pas conclure que la solution catholique est la solution cherchée? Nous lui laisserons le soin de tirer cette conclusion.

« Moi, c'est pour comprendre que je suis devenu catholique. »

(J. Rivière)

« Si je n'étais pas catholique de conviction, je voudrais l'être, rien que pour avoir un balcon d'où je pourrais regarder ces idées modernes, malades et anémiées. »

(Bourget ; cité par T. Toth, Le Christ et les Problèmes de notre temps, 1933, p. 327)

Objection est courante... et facile : «Des gens intelligents soutien­nent le contraire de ce qu'affirmé la religion catholique, et ils sont dignes d'attention. »

Réponse : « Mais, certainement oui ! Seulement, cela ne change rien au problème posé. Qui allez-vous croire ? Quelle solution allez-vous choisir ? Quel critère décidera de votre choix ?... Votre objection ne nous embarrasse donc pas ; c'est vous, au contraire, qu'elle met dans l'embarras ; car elle vous oblige à prendre une attitude personnelle, à faire vous-même un choix. »

Marie Carré, a écrit un beau livre à ce sujet : J’AI CHOISI L’UNITÉ.

Que beaucoup d'esprits clairvoyants se soient tournés vers le catholicisme, ce fait seul suffirait à tout homme intelligent pour l'amener à étudier de près le message  évangélique du Christ.

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:55

L’ATTITUDE DES HOMMES qui ne trouvent pas

Ceux qui cherchent et ne trouvent pas…

Nous groupons ici tous ceux qui aiment la vérité, aspirent à la trouver, sont prêts à lui sacrifier ce qu'ils possèdent, mais qui ne l'ont pas encore découverte.

Il existe, nous l'avons déjà dit, de ces âmes foncièrement hon­nêtes, qui, sans accepter ou même connaître la solution catholique, vivent selon les règles les plus strictes de la morale naturelle et donnent autour d'elles les plus beaux exemples de travail, de jus­tice, de charité.

«Il y a beaucoup de protestants qui sont meilleurs que leurs principes et beaucoup de catholiques qui sont moins bons que les leurs.» (Bonald)

«Tous ceux qui font d'eux-mêmes le centre de leur vie, ceux-là sont des sans-Dieu », même s'ils vont à la messe. Tous ceux qui se subordonnent à un idéal, à un absolu auquel ils reconnais­sent le droit de dominer toute leur activité et d'orienter toute leur vie, ceux-là affirment le Souverain Bien et sont du côté des croyants, fussent-ils inscrits à une ligue de sans-Dieu. »

(Abbé Joly, Le beau risque de la foi.)

Sans s'en rendre compte, ces âmes bénéficient souvent de vingt siècles de christianisme.

 « Il est possible, sans adhérer à l'Eglise... de bénéficier de l'in­fluence qu'elle excerce... (Certaines âmes) profitent de la cha­leur d'un foyer dont elles refusent de reconnaître l'existence. »

(Y. de Montcheuil)

«Un fils peut bien renier sa mère ; il ne cesse pas, pour autant, de lui être biologiquement uni. Ainsi, loin de la maison paternelle et devenus pour elle des étrangers, (ces incroyants) entendent en­core, sans s'en rendre compte peut-être, l'écho de cette hérédité chrétienne qui, bien souvent dans leurs résolutions et dans leurs actions, les préserve de se laisser complètement dominer et guider par les idées fausses auxquelles ils adhèrent. »

(S.S- Pie XII, message du 1" septembre 1944)

Inutile de dire que ces âmes méritent tout notre respect et no­tre sympathie entière.

Parfois ce sont les croyants eux-mêmes qui, par leur vie peu conforme à leurs croyances ou par les manifestations intempesti­ves de leur foi, maintiennent ces « chercheurs de la vérité », dans le doute et l'indécision.

A côté de ces âmes qui se sont imposé une loi morale très stricte, nous en rencontrerons d'autres qui cherchent la vérité, elles aussi, mais qui, faute de la saisir, s'abandonnent aux pires déchéances morales.

Un Adolphe Retté, un Charles de Foucauld, eurent une exis­tence très peu digne, durant de longues années ; et pourtant au milieu de leurs débauches, ils aspiraient encore à trouver la vé­rité. Et le jour où ils l'ont rencontrée, ils ont tout sacrifié pour la suivre.

Nous côtoyons sans doute d'autres Retté, d'autres Foucauld, dans leurs années d'impiété et d'immoralité. Condamnons leurs actes, mais sachons reconnaître leur générosité foncière.

Une âme qui cherche, eût-elle les attitudes les plus opposées aux nôtres, est plus attachante que l'âme de celui qui s'est arran­gé, au gré des circonstances, une petite vie honnête qu'il n'aurait même pas la hardiesse de modifier.

L'une est comparable à une eau stagnante; l'autre est une eau en mouvement qui, peut-être, charrie actuellement des flots de boue, mais qui, à la longue, deviendra limpide à force de creuser le sol meuble, à la recherche du roc solide de la vérité

«Je veux aimer d'un amour particulier ceux que leur naissan­ce, leur religion ou leurs idées, éloignent de moi. Ce sont ceux-là surtout que j'ai besoin de comprendre »

(Elisabeth Leseur, Journal intime)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie(F. Lelotte  S.J.)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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