Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 15:51

LE   CHEMIN   DU   BONHEUR…   (2)

ÊTRE  CONTENT DE SON SORT

Être satisfait  de   son   sort   n'est   pas   une   vertu innée.   On  n'y parvient  qu'en  déployant beaucoup de volonté et d'application pour refréner des désirs illicites ;  aussi est-ce un art que bien peu de gens prennent la peine d'étudier. Comme il y a dans le monde d'aujourd'hui des millions d'êtres insatisfaits,  pourrait être très utile  d'analyser à  leur intention les quatre causes principales de l'insatisfaction et de suggérer des moyens d'y remédier.

La cause fondamentale de l'insatisfaction est l'égotisme — ou l'égoïsme — qui érige le moi en cellule primordiale autour de laquelle tout le reste de l'univers doit pivoter.

La deuxième cause de l'insatisfaction est l'envie qui nous amène à considérer les biens ou les talents d'autrui comme s'ils nous avaient été dérobés.

La troisième cause est la cupidité, soit un besoin désordonné de posséder davantage pour compenser le vide de notre cœur.

La quatrième cause l'insatisfaction est la jalousie, provoquée parfois par la mélancolie et la tristesse, parfois aussi par la haine de ceux qui ont ce que nous désirerions pour nous-mêmes.

Une des plus grandes erreurs que l'on puisse commette est de s'imaginer que la satisfaction de nos aspirations puisse venir de quelque chose qui nous soit extérieur plutôt que de la qualité de l'âme.

Il y avait une fois un petit garçon qui désirait seulement une bille ; lorsqu'il eut la bille, il ne désira plus qu'un ballon; lorsqu'il eut le ballon, il ne voulut plus qu'une tou­pie ; lorsqu'il eut la toupie, il ne convoita plus qu'un cerf-volant ; et lorsqu'il eut la bille, le ballon, la toupie et le cerf-volant, il n'en fut pas heureux pour autant.

Essayer de rendre heureuse une personne insatisfaite équivaut à tenter de remplir d'eau un tamis. Quelle que soit la quantité d'eau que vous versez, elle s'écoule plus vite que vous ne pouvez y pourvoir.

Et la satisfaction ne peut dépendre non plus d'un changement de résidence. Il y a des gens qui s'ima­ginent que s'ils se trouvaient dans un autre endroit du globe, ils y rencontreraient une plus grande paix de l'esprit. Un jour qu'il faisait très chaud, un poisson rouge dans son bocal et un canari dans sa cage se mirent à parler.

— Comme je voudrais, dit le poisson rouge, m'ébattre comme ce canari. Ah ! Si seulement je pouvais être dans sa cage...

— Comme ça serait agréable, dit le canari, d'évoluer dans cette eau fraîche où nage le poisson rouge... Soudain, une voix se fit entendre :

— Canari, tu peux descendre dans l'eau. Et toi, poisson, monte dans la cage !

Immédiatement, les deux animaux permutèrent. Mais ni l'un ni l'autre n'en trouvèrent pour autant le bonheur, car, à l'origine, Dieu avait assigné à chacun d'eux la place qui convenait à ses aptitudes, qui était la mieux adaptée à sa nature.

Pour accéder à un sentiment de satisfaction, la condition essentielle est de demeurer en deçà de limites bien déterminées. Tout ce qui n'excède pas ces limites a de fortes chances d'être paisible. Quoi de plus tranquille, par exemple, qu'un jardin entouré de murs ? On y est coupé du reste de l'univers, et en contemplant le monde par les portails, on éprouve une impression d'éloignement qui donne à cette vision un caractère enchanteur. De même, si l'âme humaine est maintenue en deçà de certaines limites (c'est-à-dire si elle n'est ni avare, ni cupide, ni présomptueuse, ni égoïste), elle se trouve, elle aussi, enfermée dans un contentement paisible et ensoleillé. L'homme satis­fait, limité et bridé par les circonstances, transforme ces contraintes mêmes en remède à son effervescence. Et peu importe que le jardin ait un hectare ou trois, qu'il soit ou non ceint de murs. Ce qui compte, c'est que nous vivions en deçà de ses limites, petites ou grandes, pour avoir l'esprit en repos et le cœur en joie.

On parvient donc partiellement à ce sentiment de contentement de soi grâce à la foi, c'est-à-dire en connaissant le sens de la vie et en étant assuré que, quelles que soient les épreuves, elles viennent d'un Père qui est Amour. En deuxième lieu, pour accéder au contentement, il faut également avoir bonne conscience. Si le moi intérieur est malheureux par suite d'échecs moraux et de fautes qui n'ont point été expiées, rien de ce qui vient de l'extérieur ne peut apporter de repos à l'esprit. La troisième et dernière condition consiste à refréner nos désirs et à limiter nos plaisirs. Ce que nous aimons avec excès nous apporte souvent un excès d'afflictions. Le contente­ment de soi accroît nos satisfactions et diminue nos misères. Tous les maux deviennent plus légers si nous les endurons patiemment, alors que les plus grands bienfaits peuvent être empoisonnés par l'insa­tisfaction. Les misères de l'existence sont déjà assez grandes et profondes pour que nous n'y en ajoutions pas de notre chef, sans nécessité.

Être satisfait de notre condition terrestre n'est point incompatible avec le désir d'améliorer notre sort. A l'homme le plus pauvre, le Christianisme n'enseigne pas seulement d'être content de son sort, il lui dit aussi de « s'appliquer à son travail ». Le con­tentement ordonné, c'est pour le temps présent. Aujourd'hui, l'homme est pauvre, et, pour ce jour-là, la foi lui enjoint de s'en satisfaire ; mais il se peut que pour demain, il soit préférable de se libérer de la pauvreté, et l'homme pauvre travaille, en consé­quence, en vue d'une prospérité accrue. Il peut très bien ne pas réussir. Si sa pauvreté dure encore le lendemain, il l'accepte, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le soulagement se produise. Le contentement est donc relatif à notre état présent et non point absolu par rapport aux exigences d'ensemble de notre nature. Un homme satisfait n'est jamais pauvre, même si ses ressources sont extrêmement réduites. L'homme insatisfait n'est jamais riche, quels que soient les biens dont on puisse le combler. 

A suivre

Extrait de : LE CHEMIN DU BONHEUR  (Mgr fulton J. sheen)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 09:44

LE CHEMIN DU BONHEUR

introduction

Ces chapitres ont été écrits dans un but parti­culier, avec une méthode spéciale et un esprit bien déterminé. Leur dessein est d'apporter aux cœurs la consolation, le soulagement et l'espérance, aux âmes la vérité et la lumière, aux volontés le bien, la force et la fermeté. La méthode consiste à appliquer des principes éternels de morale et de spiritualité aux problèmes fondamentaux de la vie contemporaine de l'individu et de la société. L'esprit de ce livre est l'esprit de charité : amour de Dieu et amour du prochain.

Quant à cette préface, elle se propose d'exposer les postulats de base sur lesquels se fonde cet ouvrage :

Le fait qu'on accorde de nos jours une place exces­sive à la politique indique qu'au lieu de gouverner, le peuple est gouverné. La complexité de notre civilisation nous contraint à nous incorporer dans des ensembles de plus en plus vastes ; nous sommes devenus si anxieux de diriger ce qui nous est extérieur que nous négligeons de diriger nos propres personnes. Pourtant, la clef du progrès social, on la trouve toujours dans l'amélioration de l'individu. Refaites l'homme et vous referez son univers. Nous avons terriblement besoin de restaurer la dignité de l'homme, de lui rendre le sens de l'honneur. Cela le préservera de s'aplatir lâchement devant ceux qui menacent de le réduire en esclavage, lui donnera le courage de défendre ce qui est juste, seul, s'il le faut, seul contre le reste du monde, si c'est le reste du monde qui a tort.

De même que la société est façonnée par l'homme, de même, de son côté, l'homme est façonné par ses pen­sées, par ses décisions, par ses choix. Rien n'arrive jamais dans ce monde qui n'ait déjà pris naissance dans le cerveau d'un homme: les matériaux du gratte-ciel ne font que parachever le rêve de l'architecte. Même la matière dont est faite notre personne physique est asser­vie a nos pensées: les psychologues reconnaissent que notre corps peut éprouver de la fatigue simplement parce que notre esprit est fatigué. Les soucis, l'anxiété, la peur, la lassitude, tout cela se ressent physiquement, la fatigue de l'esprit nous apparaît comme une fatigue corporelle.

Une des raisons fondamentales de la lassitude de l’esprit est ce conflit que l'on constate chez chacun de nous entre notre idéal et notre réalité, entre ce que nous devrions être et ce que nous sommes, entre nos aspira­tions et ce que nous possédons, entre notre capacité de compréhension et les mystères incompréhensibles de l’univers. Une maison qui est divisée contre elle-même ne peut subsister; cette perpétuelle tension que l'on constate chez l'homme ne peut être acceptée et rendue supportable que si l'on s'abandonne à Dieu. Alors, quoi qu'il puisse arriver, on l'accueille comme un don d’amour: impossible de se sentir frustré puisqu'on n’est plus animé de tumultueux désirs égoïstes.

La société ne peut être sauvée que si l'homme est délivré de ses insupportables conflits, et l'homme ne peut en être débarrassé que si son âme est sauvée. Il n’y a pas très longtemps, les hommes avaient mis tous leurs espoirs de bonheur dans le progrès matériel; cette lubie d'optimisme superficiel a maintenant pris fin; le lourd fardeau des soucis et des angoisses que nous inspire l'avenir de la race humaine et des individus a rendu aux hommes la conscience de leur âme.

Notre bonheur consiste à satisfaire les aspirations de notre être. Chaque homme sait, et il le sait par expé­rience personnelle, parce qu'il ne parvient pas à apaiser sa propre fringale, qu'il est prédisposé, par sa nature, à désirer trois choses qu'il n'arrive jamais à avoir en quantité suffisante. Il veut vivre, non point pendant les quelques minutes qui suivent, mais toujours, et sans que la vie soit menacée par la vieillesse et la maladie. Il veut aussi accéder à la vérité, mais sans être forcé de faire un choix entre les vérités des mathématiques ou de la géographie, ce qu'il veut, c'est toute la vérité. Enfin, il a besoin d'amour, mais point avec une limite de temps, point un amour accompagné de satiété et de déceptions, il veut un amour qui soit une éternelle extase.

Ces trois choses, on ne les trouve pas ici-bas dans leur intégrité: notre vie terrestre est assombrie par la mort, la vérité se mélange à l'erreur, l'amour à la haine. Mais les hommes savent qu'ils n'aspireraient pas à ces choses dans toute leur pureté s'il n'y avait aucune pos­sibilité de jamais y accéder. Alors, comme ils sont doués de raison, ils recherchent la source d'où découlent ces fragments confus et imparfaits de vie, de vérité et d'amour.

C'est exactement comme si l'on recherchait dans une chambre la source de la lumière : elle ne peut pas venir de dessous une chaise où la lumière est mêlée d'ombres et d'obscurité. Mais elle peut venir du soleil où la lumière est pure, sans ombres ni obscurité pour l'assombrir. Pour rechercher la source de l'amour, de la lumière, de la vérité, il nous faut aller au-delà des limites de ce monde enténébré, jusqu'à une Vérité qui ne soit pas mêlée à son ombre, l'erreur, jusqu'à une Vie qui ne soit pas mêlée à son ombre, la mort, jusqu'à un Amour qui ne soit pas mêlé à son ombre, la haine. Nous devons chercher la Vie Pure, la Vérité Pure, l'Amour Pur, et c'est là la définition même de Dieu.

La Vie  de DIEU est suffi­samment personnelle pour qu'il puisse être un Père; Sa Vérité est assez personnelle et compréhensive pour qu'il soit un Fils ; Son Amour est si profond et si plein de spiritualité qu'il est un Esprit.

Quand il y aura assez d'hommes qui, par ce chemin, auront accédé au bonheur, ils trouveront un autre che­min qui mène à la fraternité. Et la paix sociale  sera au rendez-vous.

Extrait de : LE CHEMIN DU BONHEUR  (Mgr fulton J. sheen)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:04

Ouvriers  de la dernière heure…      (2-2)

Le maitre  sortit vers la troisième.... la sixième et la neu­vième heure.

Il a sans cesse besoin d'ouvriers, aussi, ne se contente-t-il pas des premiers, et il passe, repasse sur la  place où, à toute heure, il trouve des activités à employer. Ainsi sont symbolisées les intermittences possibles au ser­vice de Dieu, à quoi il faut remédier.

1° Intermittences. — Dieu nous a appelés et nous avons répondu.  Malheureusement la  persévérance  dans l'effort est pénible et, de ce fait, subit des interruptions. Il nous arrive, après avoir travaillé quelque temps, de nous retrouver « sur la place, désœuvrés ». Lorsque nous nous examinons au moment d'une bonne retraite, nous constatons peut-être ici ou là quelque progrès, plus sou­vent des reculs et des stagnations.

Cela tient à deux causes : atténuation de la lumière, attiédissement de la chaleur. Ce qui lance, en effet, la volonté en avant, c'est la conviction acquise sous l'in­fluence d'une bonne méditation, d'une forte lecture, d'une bienfaisante parole. Ces causes n'agissent pas à jet continu, et si nous négligeons de reprendre un contact fréquent avec la vérité que nous avons, par elles, entrevue, sous un angle plus impressionnant, cette vérité s'estompe à l'ho­rizon et perd de sa force d'impression. Comme la volonté suit l'intelligence, celle-ci étant moins claire, celle-là devient plus lâche. Facilement alors, on cède aux appels d'une vie moins tendue vers l'idéal, moins généreuse, moins fidèle.

Regardons la route parcourue. Nous devions être ouvriers de la première heure ; la troisième est passée, la sixième, la neuvième, et nous en sommes toujours au même point, ni plus surnaturels, ni plus vertueux, ni plus zélés.

J'ai, ô Jésus, de grands motifs de m'humilier devant vous. Même si j'avais fait tout ce que je devais, je n'aurais pas à être fier. Vous m'avez appris que, chaque soir, je n'ai qu'à dire : « Nous avons fait ce que nous devions faire ; •nous sommes des serviteurs inutiles. » (Luc., 17, 10). Que dois-je dire en constatant que je suis inconstant, hésitant, jamais définitivement fixé sur la voie montante ? Ayez pitié de moi.

2° Constance. — Si nous ne sommes pas fermes dans notre labeur spirituel, Dieu l'est dans l'appel par quoi il nous convie à nous y appliquer. « Voici que je suis à la porte et je frappe. » (Apoc., 3, 20) ; comme le maître revient à chaque instant voir ce qui se passe sur la place, ainsi des avances divines. Jamais la grâce ne se lasse ; infinie est la patience de Celui qui i la dispense. Aussi bien, serons-nous sages de ne pas rester là sur la route, mais dès que nous constatons que nous nous sommes arrêtés, de recom­mencer à marcher.

Parce que le laboureur n'est allé qu'au quart, qu'au tiers de son sillon, cela n'empêche pas que les trois quarts, les deux tiers restent à tracer et doivent l'être.

L'existence est faite de reprises sans fin des mêmes activités. C'est la loi des choses ; le soleil se lève, il se couche, pour se lever et se coucher encore indéfiniment. C'est la loi des personnes, l'artisan va à sa tâche et pour lui, les jours se suivent et se ressemblent.

Reprenons-nous donc sans fin, ni étonnés, ni lassés d'avoir à le faire. Nous savons que la couronne est pro­mise aux obstinés. Pour nous la donner, le Maître n'exige pas de nous trouver victorieux, mais, de nous voir, au moment où il nous appellera, les armes à la main.

Seigneur, c'est bien souvent que j'ai entendu votre voix, jamais moins bonne, moins aimante. Je veux tâcher d'y mieux répondre. Au fait, il est bon que je pense que, dans l'existence, à une heure mystérieuse, il y a un effort maître à accomplir, triomphateur, définitif, entraîneur de tous les autres. Je serai attentif à ne le point manquer et je m'établirai ainsi, autant que possible, dans la constance à votre service.

Il sortit... vers la onzième heure.

Il n'y a plus qu'une heure avant la fin du jour, et cependant, il se trouve encore des ouvriers inemployés. Il faut croire que le travail est bien abondant, puisque, même ceux-là, le maître n'hésite pas à les engager à sou service.

1° Ouvriers de la dernière heure. — Nous les con­naissons trop ces baptisés qui, une fois la première com­munion faite, ne mettent plus les pieds à l'église, et qui, cependant, récompense du bien qu'ils ont pu faire au cours de leur vie, reçoivent à la fin la grâce insigne des derniers sacrements. Dieu les a appelés jusqu'au bout, ils ont fini par l'entendre.

Est-ce bien rassurant cette réconciliation in extremis, à la suite d'une longue existence d'oubli ou d'offenses ? Y a-t-il réconciliation réelle ? Si grandes sont les difficultés de penser, d'agir, pour un mourant, surtout, dans un ordre d'idées où, non seulement il manque d'entraînement, mais que tout son passé contredit ! Angoissante question qui nous incite à un grand zèle pour la conversion des pécheurs.

Mais risquons-nous d'être ouvriers de la onzième heure ? Hélas ! Oui ! Éloignons la supposition, pourtant faisable, d'une âme qui ne fut pas à son devoir, et qui voit la mort s'approcher, alors qu'elle est dans un état ne laissant aucun doute sur la place qu'elle aurait dans l'éternité, si elle ne faisait pas volte-face.

Une autre supposition, qu'on ne peut guère méconnaître, c'est celle d'un homme qui a reçu les mêmes lumières que ses amis, mais qui, alors que ceux-ci progressaient en vertu, est resté plus qu'imparfait. Visibles sont ses défauts, non édifiantes ses allures, et les années, les mois qu'il a devant lui sont plus que mesurés. Que va-t-il faire ? Rester comme il est, et attendre stupidement la fin ; ou, opérer coûte que coûte un redressement généreux et total ? S'il a bien la foi, il n'hésitera pas et, ouvrier de la dernière heure, il répondra à l'appel du Maître : « J'ai dit, je com­mence », tant qu'on a un souffle de vie, c'est toujours temps.

Trois formes de morts sont devant moi, ô mon "Dieu, mort affreuse, mort douteuse, mort heureuse. J'élimine les deux premières, je choisis la troisième ; mais il faut pour cela que je me hâte ; ce n'est pas au dernier moment qu'on improvise un coup de maître, et il s'agit d'en faire un, pour bien mourir. Convertissez-moi tout de suite, et main­tenez-moi sur la voie.

2° Bonté du Maître. — Inépuisables sont les trésors de la miséricorde de Dieu, et, où que nous en soyons, quoi que nous ayons derrière nous, il ne nous est pas permis de mettre en doute sa bonté : « Je ne veux pas la mort de l'impie, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. » (Ez., 33, 11).

La vision est attendrissante de Jésus-Christ sur la croix, ouvrant les portes du paradis au larron pénitent, juste avant son dernier soupir. Il faut relire dans les prophètes, les appels du Seigneur aux pécheurs ; adorable est la paternelle clémence dont il les assure : « Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront comme neige ; s'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront blancs comme la laine. » (Isai., 1, 18). .Nulle place, donc, pour la déses­pérance, le découragement, même simplement la tristesse. Dieu veut notre salut, c'est absolument sûr ; sa grâce est toute-puissante, c'est non moins sûr ; que faut-il de plus ? Rien que notre confiance et notre amour. Un acte sincère et ardent de charité, donc plein de filial abandon, donne plus de gloire à Dieu que ne lui en ont enlevé de nombreux péchés mortels. Hâtons-nous, quelque heure qu'il soit, serait-ce l'avant dernière ou la dernière, n'hésitons pas à aller au Père ; c'est plus que temps, mais c'est toujours temps.

Mon Dieu, je viens à vous, je veux être à vous. Si, à une heure de folie je m'écartais de vous, ramenez-moi toujours à vous, n'aurais-je plus que quelques minutes, à vivre.

Ils reçurent chacun un denier.

La journée finie, chacun reçoit son salaire ; comme il avait été convenu, il est le même pour tous. En dépit de cette entente préalable, il y a des mécontents. A la fin de notre existence nous recevrons chacun selon nos mérites.

1° Récompense identique. — Vie, vie éternelle, royaume des cieux, telles sont les expressions employées par Nôtre-Seigneur pour désigner la récompense de nos efforts de perfection. Nous savons de quoi il s'agit : « La vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, mon Dieu et celui, que vous avez envoyé : Jésus-Christ. » (Joan., 17, 3). Malgré les divergences d'écoles relativement à l'essence de la béatitude formelle, nous sommes d'accord avec la philosophie et l'Écriture en admettant, comme le fait saint Thomas, qu'elle consiste dans la vision : « Nous le verront comme il est, face à face. » C'est ainsi pour tous les élus : il n'y a pas deux gloires, à tous le ciel réserve la connais­sance claire et intuitive, sans effort de raisonnements, de Dieu comme il est en lui-même. Il y a des saints qui, ici-bas furent des illettrés, d'autres qui furent des génies, il n'y a pas un Dieu pour ceux-ci, un Dieu pour ceux-là, chacun d'eux est rempli de la même lumière à la mesure de ses capacités réceptives, et chacun est satisfait.

Il est bienfaisant de vivre de cette pensée du « denier céleste » qui récompensera nos travaux ; il est bon de songer à la disproportion entre ce que nous donnons et ce que nous recevrons : encouragement et soutien. Qu'on ne tire pas de là cette conséquence que notre religion est insuffisamment pure parce que intéressée. Sans discussion théologique, réfléchissons que tout amour est intéressé nécessairement, essentiellement, et que Jésus nous veut dans la joie : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. » (Joan., 15, 11).

Mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance que vous me donnerez votre gloire dans l'autre monde. Cette dis­position vous agrée ; « les bienheureux me disent : nous avons l'espoir d'être sauvés. » ; je vous supplie de me faire grossir leur nombre.

2° Récompense différente. — Elle est pittoresque la comparaison qu'emploie saint Paul : « Autre est la clarté du soleil, autre la clarté de la lune, autre la clarté des étoiles ; une étoile diffère d'une autre en clarté. » (1 Cor., 15, 41). Et cependant, il n'y a qu'une seule lumière essentielle. De même qu'ici-bas il y a différents degrés de grâce, eu égard aux multiples façons de correspondre aux exigences divines, de même dans l'éternité, il y a différents degrés de gloire, selon les mérites variés des élus. Multiples sont les couronnes : celle de l'évangéliste n'est pas celle du patriarche ; celle de l'apôtre n'est pas celle de la vierge ; celle du martyr n'est pas celle du confesseur ; et cepen­dant, « le même Seigneur de tous est riche envers tous ceux qui l'invoquent. » (Rom., 10, 12).

Et parce que chacun possède autant qu'il le peut ce Seigneur d'infinie bonté et d'éternelle gloire, il n'y a qu'harmonie et joie, charité et bonheur ; tous les désirs sont satisfaits, nul n'envie ce qu'a son voisin ; c'est la quiétude, la paix parfaites.

Il serait excellent que, dès ici-bas, on s'exerçât à vivre ainsi d'unité, chacun à sa place et content d'y être, parce que comprenant qu'il est dans la volonté de Dieu, qui veut le meilleur pour chacun de nous. Dans une forêt il y a des arbres de tailles bien distantes les unes des autres ; le roseau ne jalouse pas le chêne, le chêne ne méprise pas le roseau, et la forêt est belle, le même soleil la pénètre, les mêmes zéphires la rafraîchissent.

O Jésus, vous avez demandé pour nous à votre Père l'union en vous ; de tout mon cœur je vous adresse moi-même cette prière, afin de commencer sur cette terre la vie du ciel.

Est-ce que votre œil est mauvais parce que je suis bon ?

La fin de la parabole en renferme tout le sens. Dieu parle, il s'agit de son royaume; il y a d'abord appelé les Juifs, puis, vers la fin des temps, les Gentils, auxquels, par son Christ, il a donné autant qu'aux premiers. Tous seront admis, et au même titre, dans l'Eglise chrétienne. La Synagogue n'a pas voulu l'admettre ; elle s'est ainsi exclue du royaume. De cet enseignement ressort l'affir­mation :

1° Justice. — Nombreux sont les problèmes de Provi­dence que notre pauvre esprit n'arrive pas à résoudre. Ce n'est pas étonnant ; nous sommes étroits et petits ; ne voyant pas de très haut, nous ne voyons pas très loin ; aussi, nos jugements, parce qu'insuffisamment éclairés, sont fatalement exposés à être erronés. , Sages serions-nous de nous abstenir d'en porter en certains cas, surtout de les formuler. Admettons l'incompréhensible et atten­dons l'heure du grand jour.

D'après nos  manières  d'apprécier,  nous  souscririons volontiers à la plainte des ouvriers de la première heure, pas plus payés que ceux de la dernière. Pourtant, en stricte justice, nous aurions tort : « Mon ami, je ne te fais point d'injustice n'es-tu pas convenu avec moi d'un denier ? » Si des droits avaient été lésés, la réclamation eût été fondée ; il n'en était pas ainsi ; ce qui avait été convenu, promis, accepté, était consciencieusement donné. Reste au maître le droit d'être plus généreux pour l'un que pour l'autre ; nul ne peut le lui refuser, et s'il en use, il ne commet nulle injustice.

En présence de certains événements, nous restons son­geurs. N'essayons pas de trouver une réponse satisfai­sante aux questions de notre petit esprit ; la vraie lumière le déborde. Dieu est juste, il est libre ; taisons-nous et adorons en paix. Pourquoi ceci et pas cela, pourquoi lui et pas moi, pourquoi le triomphe des mauvais et l'humi­liation des bons ? Impossible de savoir. Nous sommes ici-bas, bien bas, Celui qui est en-haut, très-haut, sait, et cela suffit à notre foi, à notre amour. Justice de Dieu, liberté de Dieu, amour de Dieu, c'est tout un en lui, c'est tout lui-même.

Mon Dieu, je suis souvent étonné, attristé, inquiet devant les événements ; c'est que je manque de confiance. Pardonnez-moi ; vous êtes la 'Sagesse infinie ; je m'aban­donne à vous.

2° Bonté. — En soldant le salaire promis et accepté, le maître était juste ; le mécontent ne l'était pas, qui voyait du mal, là précisément où il y avait une touchante lar­gesse.

Dieu n'est que bon, et sous les jeux de sa Providence il y a une miséricorde infinie. Quelles que soient les secousses qui bouleversent l'humanité, quelles que soient nos épreuves personnelles, si nous songeons à la multiplicité, à la gravité des péchés qui se commettent sans cesse, ne dirons-nous pas avec le prophète : « C'est grâce, à la misé­ricorde de Dieu que nous ne sommes pas anéantis. » (Tess., 3, 22). En fait, et essentiellement, Dieu ne doit rien à personne, et il donne tout. Au lieu de nous étonner, de chercher des explications à notre mesure et que nous croirions raisonnables, nous ferions mieux de nous appliquer à discerner la bienveillance, la bienfaisance, la libé­ralité, la patience, la longanimité, la clémence divines par rapport à tout ce qui se passe en nous et autour de nous. Ainsi, nous éliminerions de notre âme rancunes, amertumes, jalousies, préoccupations anxieuses.

Mon Dieu, je ne veux pas mériter le reproche d'avoir « l'œil mauvais ». Je me reposerai, les yeux fermés, sur votre bonté, persuadé que vous voulez le bien de tous, et qu'à l'heure suprême, j'admirerai la condescendance de vos desseins.

Extrait de : STELLA MATUTINA, Méditations quotidiennes. Mgr A. Gonon. (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 10:00

Ouvriers  de la dernière heure…            (1-2)

Le royaume des deux est semblable à un homme qui sortit pour engager des ouvriers pour sa vigne.

Vous êtes, ô mon Dieu, le Souverain du royaume des cieux. Les paraboles qui en parlent mettent en relief les aspects sous lesquels nous pouvons vous adorer. C'est votre bonté surtout que nous admirerons en ces méditations :

1° Le Père de famille. — Cet homme qui possède une propriété où il veut employer des ouvriers, c'est Dieu. Sa création est le domaine où les anges et les hommes ont une tâche à remplir. Pourquoi l'a-t-il organisée, réalisée comme elle est, avec d'immenses richesses à exploiter ?

Nous pouvons nous poser la question, car rien  ne  lui manque en son éternité, il se suffit éternellement, infiniment à lui-même. Simple, et cependant sublime, est la réponse que nous fournit l'adage scolastique : « L'œuvre suit l’être » « Dieu est amour » (Jean., 4, 16), il crée donc par amour. Subsiste un grand mystère, mais la lumière est certaine et sûre ; seul l'amour explique la création, et dans son point pouvant agir que pour lui, c'est pour l'amour qu'il a créé; cet amour est la cause première et la cause finale de tout.

Envisagé sous cet angle, le monde nous paraît dans un magnifique horizon et donne à nos vues une élévation, une largeur qui influeront sur nos intentions et sur nos actes. Compris dans l'économie générale de cette création, entraînés dans l'immense mouvement des êtres, nous devons éliminer tout ce qui relèverait du banal ou du vulgaire, et nous tenir toujours très haut.

O mon Dieu, je me .sens à la fois et bien petit et bien, grand dans ce vaste univers. Afin que je m'y tienne à ma place, faites que je ne vous y perde jamais de vue, et que j'entende un perpétuel Sursum corda retentir à l'oreille de mon âme.

2° Les ouvriers. — C'est nous. Dieu a voulu nous associer à son œuvre ; tout homme est son collaborateur. « Nous sommes les adjuvants de Dieu. » (I Cor., 3, 9). En quoi apparaît une merveilleuse condescendance. Remar­quons, en effet, que les richesses créées doivent être exploitées pour être richesses. La terre est féconde, le soleil et la rosée en développent les germes, mais il faut que l'homme la travaille. Laissée à elle-même, ou elle produira une folle et inutile germination, ou elle demeurera stérile ; l'industrie humaine intervient pour l'utiliser. Ainsi en est-il en tout ordre d'idées.

Le vrai, le beau, le bien sont des produits d'activités, des résultats d'efforts. Riches terres, que notre  intelligence et notre volonté ;  le Créateur ne fera pas  de la première un foyer de lumière, de la seconde un centre d'énergie, si nous ne nous en mêlons pas. On ne se laisse pas vivre, on vit, c'est-à-dire qu'on coopère à l'action de Dieu. Même dans le paradis terrestre, il en devait être ainsi. Adam y avait été mis « pour qu'il le travaille et le conservât. » (Gen., 2, 15). Ainsi donc, tout être intelli­gent est un ouvrier du Seigneur, chargé, selon le plan providentiel tracé, d'utiliser les autres êtres par la raison et par la foi.

De nouveau, ô mon Dieu, je me sens petit et grand ; petit en me mesurant à l'œuvre à accomplir, grand, en me voyant, dans cette œuvre qui est la vôtre, associé à vous-même.

Que je vous sois docile afin de vous être utile ouvrier pour travailler sa vigne.

Isaïe a écrit : « La vigne du Seigneur c'est la maison d'Israël ».  Ainsi nous invite-t-il à regarder le monde des âmes comme la vigne où le Maître envoie ses ouvriers.

1° Travail à accomplir. — Le labeur des âmes c'est d'atteindre leur fin. Engendrées à la vie surnaturelle, elles doivent travailler à son développement, la conduire à sa perfection selon les desseins du Créateur. Vivre pour sa gloire, la réaliser par notre sanctification, voilà l'œuvre proposée, l'œuvre nécessaire. Car, ne l'oublions pas, Dieu ne veut, ne peut vouloir en tout ce qu'il fait, que sa gloire. Il écrase tout ce qui s'y opposerait ; l'enfer s'explique par son nécessaire et adorable absolutisme. Il a pris soin d'instruire largement et lumineusement son peuple sur ce point si important : « Si tu obéis exactement à la voix de ton Dieu... il s’élèvera au-dessus de toutes les nations de la terre... Tu seras béni dans la ville et dans les champs... ». (Deut., 28, 1). Par son prophète il souligne le but de ses dons : « Tout homme qui invoque mon nom. Je l'ai créé, formé, façonné pour ma gloire. » (Isai., 43, 7). Il ne supportera pas les contradictions, il répète à plusieurs reprises : « Je ne donnerai pas ma gloire à un autre. »  M., 42, 8).

Notre  tâche  est  donc  ainsi  bien  tracée,  et  donnant son extension à la recommandation de saint Paul, « faites tout pour la gloire de Dieu » (I Cor., 10, 81), nous concluons que préoccupations, occupations, tout en nous doit  converger vers ce point.  Et ce n'est pas banal, si  nombreux et absorbants peuvent être nos autres motifs l'activité.

O  mon  Dieu,   gardez-moi  sur  cette   ligne  de  justice, Jésus disait : « J'honore mon Père... Pour moi je ne cherche ma  gloire » (Jean.,  8,   49) ;  ne  permettez  pas   que  exposé à me replier sur moi-même, je fasse autrement que lui.

2° Comment l'accomplir ? — II s'agit de la gloire de Dieu extérieure. Elle ne peut que s'harmoniser sur sa gloire intérieure. L'honneur réclamé par Dieu tient à sa nature, ici ou là il est identique à lui-même. Or, le mystère de sa vie intime, en ce qu'il est connu par la révélation, nous montre, en lui une connaissance et un amour infinis, éternels. Le Père se connaît ; la connais­sance qu'il a de lui-même c'est son Verbe. De l'un à l'autre existe un amour qui leur est consubstantiel, l'Esprit ; et cette activité est ineffable bonheur, adorable félicité.

A l'extérieur, le prolongement de cette gloire intime sera ce que définit saint Augustin : « une grande science accompagnée de louange ». Nous appliquer, donc, à connaî­tre et à aimer le Seigneur, telle est notre sublime labeur du temps. Nous l'accomplissons dans la nuit de la foi ; à l'heure de l'éternité, il s'épanouira dans la lumière: «Dans ta lumière, nous verrons la lumière. » (Ps. 35, 10).

Étudions donc Dieu, méditons, lisons, réfléchissons, nous ne saurons jamais assez. Aimons Dieu, servons-le avec une fidélité attentive, grandissante. Ainsi nous le glorifierons.

Vous avez dit, bon Maître : « C'est la vie éternelle qu'ils te connaissent, ô mon Dieu, ainsi que celui que tu as envoyé, le Christ (Jean., 17, 3), aidez-moi à acquérir cette notion vivifiante de Dieu, base d'un amour que je demande à votre Cœur d'intensifier sans cesse.

Il sortit de bon matin.  Ayant souci de son exploitation, le maître sort de bonne heure afin d'avoir d'utiles ouvriers qui feront bonne besogne, car la tâche est considérable. Dans le champ du Père des cieux, il y a aussi les ouvriers de la première heure.

1° Du point de vue éternel. — Tous les hommes, par là, sont ouvriers de la première heure, car, en principe, leur vocation date de l'éternité. « Au commencement était le Verbe... tout a été fait par Lui. » Comme un artisan, avant de réaliser son œuvre, la conçoit, la porte dans son esprit, ainsi Dieu, avant de les créer, a conçu, porté les êtres en sa pensée, en son Verbe. Dire qu'il les a conçus, portés, est en soi inexact ; il n'y a pas en lui de passé ; nulle secousse, nulle survenance en son immutabilité. Ce qu'il est, il l'est depuis toujours, ce qu'il fait, il le fait depuis toujours. Avant que le monde fût, Dieu nous voyait, nous créait, nous appelait à la vie, nous traçait notre route, nous mesurait notre tâche. La «Première heure « remonte à l'éternité. «Il nous a choisis en Lui, avant la constitution du monde » et l'apôtre précise la raison pour laquelle il nous a conviés ainsi à aller travailler à sa vigne : « pour que nous soyons saints et sans tâche devant lui dans la charité. »

J'éprouve, ô mon Dieu, en pensant à ces magnifiques réalités, le besoin de m'écrier avec votre apôtre : O profondeur inépuisable de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incom­préhensibles ! De lui, par lui et pour lui sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les Siècles. Amen (Rom., 11, 33).

2° Du point de vue temporel. — Nous sommes dans le temps, et normalement nous jugeons à la mesure du temps. Il y a, de ce point de vue, vocation et vocation. Depuis combien d'années sommes-nous appelés à tra­vailler dans le champ du Père ? Pour quelques-uns, plutôt peu nombreux, l'appel fut entendu un peu tard ; mais, pour le grand nombre, il fut perçu « à la première heure », dès la plus tendre enfance. Perçu, mais, peut-être, fut-il 'donné bien avant. Comme toute grâce, la vocation est gratuite. Toutefois, nul ne doutera que certaines influences ne seraient-ce que celles de la prière, peuvent intervenir près de Dieu. A la prière se joignent, et combien efficaces, le sacrifice et la sainteté. Or, s'il y a de lourds atavismes, il y a d'admirables hérédités. Nos parents immédiats ont pu être des saints, quelque aïeul, possédait une âme incan­descente de charité, un autre était un émouvant martyr du devoir ; il y a, dans l'histoire des vocations, des secrets qui nous seront révélés dans l'éternité, et qui nous mon­treront que l'appel miséricordieux, l'appel privilégié que nous avons entendu à tel moment de nos plus jeunes ans, date de bien plus haut ; il remonte à la mère, à la grand-mère, à une autre, dont la haute vertu a incliné sur nous le regard de Dieu, et ce regard fut celui du Christ pour le jeune homme de l'Évangile : « il le regarda et l'aima ». Ne soyons pas infidèles, et parce que la parole de l'amour a toujours retenti à nos oreilles, répondons avec une inviolable constance.

Je puis, ô mon Dieu, m'écrier avec saint  Augustin : «D'où me vient, ô Seigneur très aimant, Dieu Très-Haut, père très miséricordieux, créateur tout-puissant et très doux qu'il ait plu à votre infini Majesté de me créer ? » Mon âme déborde d'actions de grâces !  (A suivre)

Extrait de : STELLA MATUTINA, Méditations quotidiennes. Mgr A. Gonon. (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:21

 

Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église (III.)

Dans ce traité on y trouve l'ensemble de la doctrine du Saint Docteur sur la nécessité, la primauté, l'infaillibilité, les droits et les prérogatives du suprême Pontificat, et sur son autorité envisagée dans ses rapports avec le Concile œcuménique. On pourrait donc résumer ces traités sous ce titre géné­ral : Du Pape et du Concile, ou doctrine complète de Saint Alphonse sur ce double sujet. Nous les avons en effet édités sous ce titre à une époque mémorable qui leur attribuait une actualité toute spéciale, c'est-à-dire à l'époque de la tenue du Concile du Vatican I …

De plus, pour éviter des redites trop fréquentes ou des citations trop étendues, nous avons placé en tête du volume la Constitution Pastor œternus de ce même Concile.

Constitution qui embrasse la plupart des sujets traités par Saint Alphonse: nous en avons également donné une ana­lyse succincte dans la Préface du 1er traité. Cette Consti­tution est reproduite d'après le texte authentique transmis de Rome et certifié conforme à l'original. Le lecteur pourra sans peine faire l'application de ces infaillibles Décrets aux différents passages de Saint Alphonse et rapprocher les paroles du Saint Auteur de celles du Concile, comme nous l'avons fait nous-mêmes dans différentes occasions. Il pourra constater aussi la parfaite harmonie de la doctrine de l'un et de l'autre, de sorte que, si le Saint Docteur avait à rééditer aujourd'hui son travail, il ne devrait rien y modifier et n'aurait qu'à citer comme autorité nouvelle les paroles du dix neuvième et dernier Concile œcuménique.

Chose frap­pante que, dans des questions si longtemps et si ardemment débattues, mais restées libres jusque-là, un saint auteur ait prévu avec une telle précision et une telle sûreté les défini­tions dogmatiques de l'Eglise infaillible! La merveille de cette parfaite orthodoxie et de cette espèce d'intuition s'est également manifestée dans le Saint Docteur à l'occasion des doctrines controversées sur l'Immaculée Conception de Marie.

Ce précieux volume doit être envisagé, selon nous, comme un des plus beaux fleurons de cette couronne de Docteur qui ceint le front de Saint Alphonse ; c'est par là, du reste, qu'il accomplit une partie de la mission providentielle qui lui était assignée d'en haut.

Quant à notre travail personnel, nous avouerons que nous ne nous sommes point refusés à la peine pour conserver leur caractère propre et distinctif à ces différents traités, que nous avons complétés d'après les décisions récentes de Pie IX et du dernier Concile.

Il ne nous reste plus qu'à rappeler en terminant ces belles paroles de notre Saint :

« En terminant, je conjure tous ceux qui sont animés de zèle pour le bien de l'Eglise, d'adresser pour elle de ferventes et continuelles prières au Seigneur, qui a promis d'assister son Eglise jusqu'à la fin des siècles, et de ne jamais per­mettre que les portes de l'enfer prévalent contre elle ; prions-le d'affermir et d'accroître dans le cœur de tous les fidèles le respect et l'obéissance envers le Souverain Pontife, (Note Du Blogue : Paul VI est toujours vivant) que Nôtre-Seigneur, dans sa bonté, a établi sur la terre pour détruire toutes les erreurs qui s'élèvent contre la foi. »

Oui, prions, et prions comme savait le faire Saint Al­phonse, ce zélé défenseur de l'Eglise et de son Chef suprême ; prions du moins, si nous ne sommes pas disposés comme lui à porter notre zèle jusqu'à l'effusion de notre sang pour défendre les prérogatives de la Chaire de Pierre et du Vicaire de Jésus-Christ. Devenons, nous aussi, les intré­pides zélateurs de l'infaillibilité pontificale, de l'autorité et des droits du Siège Apostolique. Ces dispositions sont d'autant plus essentielles, qu'il n'est peut-être pas, de nos jours, de pierre de touche plus infaillible pour apprécier les sentiments chrétiens, que l'affection et le dévouement envers le successeur et le représentant de Jésus-Christ sur la terre, comme les dispositions contraires seront un jour un des caractères distinctifs des disciples de l'antéchrist.

0 glorieux Alphonse ! Grand amant de l'Eglise et de son Chef, nous voudrions aujourd'hui  vous voir sortir de votre tombeau pour venir faire la leçon à des enfants dénaturés, et leur apprendre comment on doit aimer cette Eglise et ce Chef.

Ah! Si le beau séjour où vous brillez à présent, était compatible avec les larmes, quelle abondance n'en verseriez-vous pas à la vue des amertumes dont on abreuve l'Épouse et le Vicaire du Christ sur la terre ! Mais du moins, eu entendant les accents convaincus de votre voix, qui vous survivent ici-bas, nous apprendrons à compter avec plus de confiance sur les immortelles promesses faites au Père com­mun et à la Mère commune des fidèles; nous apprendrons a les aimer d'un amour à la fois tendre et dévoué;  nous apprendrons à adresser au Ciel les plus ferventes suppli­cations pour leur triomphe et leur prospérité ; nous appren­drons à être de vrais enfants de  l'Eglise militante, dans l'espoir de devenir un jour les immortels enfants de l'Eglise triomphante.   (fin)

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 09:38

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (2-3)              

Œuvre de Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

L'infail­libilité du Pontife Romain et de sa supériorité sur le Concile, notre Saint Docteur se prononce d'une manière formelle sur l'une et l'autre de ces deux questions fonda­mentales.

Quant à la première, il présente invariablement la pré­rogative de l'infaillibilité pontificale comme une vérité de foi divine, c'est-à-dire comme manifestement appuyée sur la révélation, nomme réellement contenue dans la parole révélée, soit écrite, soit traditionnelle. Il affirme expressé­ment que son opinion, qui est « le sentiment commun, » comme il l'appelle lui-même, « touche tout au moins à la foi » tandis que l'opinion contraire « paraît tout à, fait erronée et touchant à l'hérésie ».

Et ailleurs il déclare qu'il tient son opinion pour certaine.  Il dit aussi : « Lorsque le Pape parle comme docteur universel définissant ex cathe­dra, c'est-à-dire en vertu du pouvoir suprême transmis à Pierre d'enseigner l'Eglise, nous disons qu'il est absolument infaillible dans la décision des controverses relatives à la foi et aux mœurs; » puis, citant Suarez, il ajoute : « Tel est actuellement l'enseignement de tous les docteurs catho­liques, et je tiens que c'est là un point de foi certain;... le commun consentement de l'Eglise est si constant, et l'opinion des écrivains catholiques si unanime au sujet de cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la révoquer en doute. » Et notons ici que le Saint Auteur s'est exprimé dans un langage aussi catégorique, au cœur même du royaume de Naples, à une époque où le gouvernement de ce pays n'était que trop engoué des idées contraires, incar­nées dans le Jansénisme et le Fébronianisme dont il était le complaisant fauteur.

Cette doctrine, si nettement formulée, a été ratifiée par le Concile du Vatican et élevée à la hauteur d'un dogme défini, comme le constate la définition dogmatique de 1870.

Quant à la seconde question, notre Saint n'est ni moins explicite, ni moins précis : Ji L'opinion, dit-il, à laquelle nous adhérons, tient qu'un Pape non douteux est toujours au-dessus du Concile ou de toutes les Eglises, même prises collectivement. « Et ailleurs il représente cette opinion comme étant la plus commune. Enfin, il conclut en affir­mant qu'elle est plutôt celle de toute l'Eglise que la sienne propre.

Ici encore le Concile du Vatican a donné gain de cause à notre Saint Docteur et confirmé sa doctrine par des déci­sions irréfragables. Il est donc réalisé ce vœu que nous avions exprimé de voir le Concile œcuménique imprimer le sceau d'ure définition dogmatique aux glorieuses prérogatives de l'infaillibilité pontificale et en finir avec toutes les arguties de certains néo-chrétiens et les ingénieuses échappatoires du gallicanisme désormais enterré.

Sentiments de Saint Alphonse. — Une chose digne de remarque, c'est que tous les Saints se sont distingués par une obéissance exceptionnelle, une vénération toute spéciale pour le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre ; nous oserons même affirmer que le degré de leur sainteté est en raison du degré de leur dévouement. Aussi le savant pape Benoît XIV, dans son célèbre ouvrage De la Béatification des Serviteurs de Dieu et de la Canonisation des Bienheureux, compte-t-il parmi les signes sur lesquels on peut fonder un jugement solide touchant l'héroïsme de la foi, cette obéissance et cette soumission spéciales envers le Souverain Pontife. Or, on peut dire que Saint Alphonse était animé de ces sentiments portés à leur suprême degré, et que, sous ce rapport, il s'est même distingué parmi les autres Saints. C'est ce que constate le procès de sa Béatification : Tous les Saints, y lisons-nous, ont professé une grande vénération pour le Souverain Pon­tife ; cependant, de même que les astres diffèrent entre eux par leur éclat, ainsi le saint prélat Alphonse-Marie de Liguori brille, sous ce rapport, d'un éclat particulier parmi les autres Saints.

Aussi attachait-il une importance capitale à tout ce qui se rapporte à l'autorité du Pontife Romain. C'est ce qui lui fit entreprendre, en dépit de ses infirmités et de son grand âge, les différents écrits qui composent le volume que nous publions ; et, comme nous l'avons fait remarquer, il s'y pro­nonce d'une manière catégorique, sans assigner de limite à la puissance du Pontife Romain dans sa primauté d'hon­neur et de juridiction. De plus, non content d'avoir traité les plus importantes questions sur l'autorité pontificale dans des écrits spéciaux de polémique religieuse, il ne craint pas de se détourner de sa route dans la marche régulière de sa Théologie Morale, comme il le dit lui-même, en y insérant une dissertation purement dogmatique; et il allègue pour motif, que c'est l'importance de cette question « si célébre et si vivement agitée de nos jours, » qui l'a déterminé à cette combinaison apparemment irrégulière. Et combien de fois ne répète-t-il pas sous différentes formes cette idée fon­damentale et essentiellement vraie, que, sans un juge infailli­ble, il n'y a plus d'unité de foi possible dans l'Eglise, et que par conséquent sans lui l'œuvre du Sauveur serait fatale­ment compromise et même vouée à une ruine inévitable !

Mais, à un point de vue plus large, Saint Alphonse, comme le remarque un de ses biographes, « défendait avec d'autant plus de zèle l'autorité pontificale, qu'il savait qu'elle est la seule qui s'oppose aux erreurs que l'on cherche à répandre sur le dogme, la morale, le droit canonique et civil, l'histoire ecclésiastique et profane, la philosophie, la politique, la médecine, etc. » Or, l'autorité pontificale est la seule qui comprime et arrête sûrement le flot de ces erreurs, comme on peut le voir par tous les décrets qui émanes du Saint-Siège, par l'Index des ouvrages prohibés, par les allocutions consistoriales, en un mot, par tous les docu­ments pontificaux qui donnent au monde les plus solennelles leçons.

Animé de ces sentiments, Saint Alphonse « ne trouvait aucun repos et ne pouvait contenir son indignation, quand il apprenait qu'on attaquait ou qu'on révoquait en douce l'autorité du Pape sur le Concile et son infaillibilité en matière de foi. Au contraire, il ne se possédait point de joie, quand il voyait que d'autres partageaient ses sentiments sur ce point : Otez au Pape, disait-il, sa qualité de juge suprême pour décider les controverses, et la foi est perdue. Ce juge manque chez les hérétiques; aussi ne trouve-t-on parmi eux que confusion et dissentiment, parce que chacun se donne à lui-même la qualité de Juge.

 Après Dieu, disait-il encore, à l'occasion de la mort de Clément XIII, nous n'avons que le Pape ; sans lui, dans quelle confusion ne serions-nous pas ? C'est le Pape qui nous fait connaître la volonté de Dieu, et qui met la paix dans nos con­sciences.  » Dans la Dédicace de sa Théologie Morale, il appelle le Pape « le Prince suprême de la Théologie, le Modérateur de l'Eglise, le Conservateur et le Vengeur de la vérité divine, le seul Juge des controverses ; » et dans son Homo Apostolicus, il le proclame - le Docteur universel de l'Eglise, l'Interprète suprême de la volonté divine; enfin, il le nomme « le Fondement, la Règle, le Docteur et le Défenseur de !a Foi. »

Ces titres magnifiques révèlent toute la pensée et tous les sentiments de Saint Alphonse sur la personne et l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ en ce monde. Ces sentiments, il a voulu les faire partager à tous les membres de sa famille spirituelle, auxquels il ne cessait de les inculquer; et pour les perpétuer en quelque sorte parmi eux, il a établi comme une règle inviolable dans son Institut, qu'un jour de chaque semaine, on appliquerait « toutes les prières, communions, mortifications, travaux et occupations, pour l'exaltation de la Sainte Eglise et pour le Souverain Pontife. 

On conçoit, après cela, que la trop fameuse Déclaration de 1682 dût être pour lui » comme une épine qui lui perçait le cœur, » d'après l'expression des historiens de sa Vie. Aussi prit-il à coeur de la réfuter ex professa, parce qu'il s'était convaincu que la plus forte opposition que l'on fit, de son temps, à l'infaillibilité pontificale, était basée sur les quatre Articles de la Décla­ration. — Et dès qu'il apprit la publication du livre pernicieux de Fébronius, il ne trouva plus de repos, comme nous le lisons dans les Actes de sa Béatification, qu'il n'eût donné la réfutation de cet insidieux ennemi des prérogatives du Pontife Romain.

Au moment de livrer à l'impression son grand ouvrage intitulé : Triomphe de l'Eglise ou Histoire et Réfutation des Hérésies, il reçut quelques observations du réviseur ecclésiastique touchant sa doctrine sur l'infaillibilité pon­tificale. Le Saint lui répondit : Il y a un temps pour parler et un temps pour obéir : Tempus loquendi et teinpus obediendi. On peut, si l'on veut, changer certaines réflexions auxquelles je ne tiens pas; mais s'il s'agit de la puissance suprême du Pape, je suis prêt à donner ma vie pour la défendre : ôtez cette puissance, et je ne crains pas de dire que l'autorité de l'Eglise est anéantie. Cette dernière phrase suffit à caractériser l'esprit de Saint Alphonse au sujet de l'autorité pontificale, qu'il proteste vouloir défendre jusqu'à l'effusion de son sang. Cette sublime parole est également consignée dans les Actes de sa Canonisation.

Notre Saint s'est donc acquis un titre spécial de gloire par son dévouement envers le Siège Apostolique, il est le premier parmi les saints honorés sur les autels, qui ait défendu solidement l'infaillibilité du Sou­verain Pontife dans la définition des questions de foi, indé­pendamment du consentement de l'Eglise, ainsi que sa supériorité sur la Concile œcuménique, et qui ait vengé ces deux vérités des mensonges et des sophismes contemporains. En un mot, nous pouvons dire, en poursuivant cette citation, que Saint Alphonse a été au-delà de cette vénération et de cette soumission héroïque qui sont com­munes aux autres Saints, quand il s'agit des décrets et des ordres du Pontife Romain.

Nous pourrions ajouter ici quelques réflexions touchant l'autorité avec laquelle Saint Alphonse a traité ces matières, autorité basée sur une science vaste et solide, sur une éminente sainteté, sur l'approbation spéciale de l'Eglise et les plus honorables suffrages des Souverains Pontifes.  

Voici en pour résumer les paroles d'un savant canoniste moderne, parlant précisément des écrits qui font l'objet de ce volume : « L'autorité de Saint Alphonse, dit le docteur Bouix, est immense et décisive, à cause des arguments qu'il fait valoir, à cause de la sainteté qui a brillé en lui, à cause du juge­ment porté par le Siège Apostolique sur les écrits dont nous parlons.

 Ces paroles concises mais bien significatives sont confirmées par un témoignage encore plus éclatant, emprunté à la Bulle de Canonisation du Saint, publiée sous Grégoire XVI, le 26 mai 1839 : Saint Alphonse, y lisons-nous, a écrit plu­sieurs ouvrages pour soutenir les droits de ce Saint-Siège Apostolique; on y admire une vigueur extraordinaire, une science étendue et variée, des preuves éclatantes de son zèle sacerdotal et un rare dévouement pour la religion.

D'où l'on est en droit de conclure avec un écrivain moderne et distingué de la Compagnie de Jésus, que le témoignage de Saint Alphonse en ces matières est très-grave et en ren­ferme bien d'autres, parce que c'est celui du plus saint, du plus modéré, du plus savant, du plus autorisé des Docteurs que Dieu ait donnés à son Eglise dans ces derniers siècle.  Ces fortes paroles acquièrent un surcroît de valeur depuis que, par sa sentence solennelle et irrévocable, le Siège Apostolique a élevé notre pieux Auteur au rang sublime et exceptionnel de Docteur de l'Eglise universelle.

NDLR : S.S. PAUL VI est  en 2917, le véritable vicaire du Christ,  les autres ne sont que des imposteurs.  La Vérité restera toujours la Vérité.  Ave Maria.

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:31

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (1-3)              

Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

Ce neuvième et dernier volume des Œuvras dogmatiques de Saint Alphonse se rapporte tout entier à une des question les plus vitales du christianisme : le pouvoir pontifical. Cette question est doublement importante depuis les suprêmes décisions du Concile du Vatican et les ardentes polémiques qui les ont précédées. Pour en bien saisir toute la portée, il importe de présenter quelques réflexions sommaires et sur le sujet, et sur l'auteur, et sur l'ouvrage, d'autant plus que ces traités constituent une des gloires les plus saillantes de notre Saint Docteur.

Les questions qui concernent le Pape sont toujours fondamentales, toujours actuelles, parce qu'elles ont une importance intrinsèque dans tous les âges du monde. En effet, l'infaillibilité du Pape, par exemple, n'est pas tant la prérogative d'un homme que celle de l'Eglise, et à l'instar de la fameuse parole d'un potentat : « L'Etat, c'est moi, » on peut dire dans une certaine proportion que « l'Eglise, c'est le Pape, » qui en est tout à la fois la tête et le fondement. Saint François de Sales l'a dit dans ces courtes mais expressives paroles:   «  Le Pape et l'Eglise, c'est tout un.» Et c'est là une vérité manifeste, attendu que sans le Pape, il n'y a point de corps épiscopal ou d'Eglise enseignante, non plus qu'il n'y a de collège apostolique sans Pierre.

Aussi le saint évêque de Genève s'est-il adressé en ces termes au Souverain Pontife : « Vous êtes le cœur et le soleil de tout l'état ecclésiastique. » voilà, certes, deux mots bien significatifs. — Bien plus, on peut même dire que « l'Etat, c'est le Pape ;  car, selon la remarque des éditeurs de De Maistre, on ne considère pas assez « l’influence exercée par le Souverain Pontife sur la formation et le maintien de l'ordre social, comme aussi l'importance de ce même pou­voir pour rétablir  la civilisation sur les  véritables  bases, aujourd'hui qu'un génie malfaisant  les a brisées ou dépla­cées... 

La nécessité de son action est si sensible, que tout esprit droit et religieux se voit entraîné à cette conclusion : «Sans le Pape, il n'y a plus de christianisme, et, par une suite inévitable,  l'ordre social est blessé au cœurEn effet, peut-on contester la nécessité d'un chef suprême et infaillible, non-seulement pour maintenir dans l'Eglise l'unité de croyance, mais encore pour déterminer toutes ces ques­tions modernes qui, même abstraction faite  de  leur côté religieux, ont de si graves conséquences dans la pratique? Et cette réflexion trouva-t-elle jamais plus d'à-propos que de nos jours, où nous subissons les conséquences du ter­rible cataclysme qui a ébranlé l'Europe a la fin du siècle dernier, et qui a légué à la génération présente le triste héritage des idées modernes, en faussant avec elles et par elles les vraies notions sur les relations de l'Eglise et de l'Etat, et sur la liberté envisagée dans ses  applications multiples.

Ajoutons qu'aujourd'hui l'erreur ne consiste plus dans la négation isolée d'un dogme ou d'une vérité chrétienne, mais dans la négation générale de toute certitude en matière de foi, négation assez mal déguisée sous les noms trompeurs de rationalisme, de naturalisme, de matérialisme, de liberté de penser et même de libéralisme.

Or, quelle digue plus puissante peut-on opposer à ce flot envahissant d'idées antirationnelles, antichrétiennes et antisociales, que l'ensei­gnement infaillible du VRAI Vicaire de Jésus-Christ, que l'affir­mation solennelle d'une autorité suprême dont les décisions doctrinales sont irréfragables et sans appel ? C'est le Pape qui, armé de cette autorité, maintiendra désormais avec un surcroît de puissance les vérités politiques et religieuses opposées aux quatre-vingts propositions négatives du fameux Syllabus de 1864 ; c'est lui qui détournera de l'Eglise et de la société les désastres que leur préparent ces théories modernes qui tendent à l'émancipation absolue de la raison et de la science, et, par suite, à l'anarchie politique et religieuse.

Mais écoutons le célèbre Joseph de Maistre, homme du. monde et homme de génie, profond politique et chrétien, convaincu : « Il m'est prouvé, dit-il, et je voudrais de tout mon cœur le prouver aux autres, que sans le Souverain, Pontife, il n'y a point de véritable christianisme, et nul honnête homme chrétien, séparé de lui, ne signera sur son honneur (s'il a quelque science,) une profession de foi claire­ment circonscrite.» — « Sans le Souverain Pontife, tout l'édifice du christianisme est miné ;» car « le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. » Et en cela l'illustre défenseur du Pape est d'accord avec Saint Alphonse de Liguori, comme nous le verrons dans la suite de cette Préface et dans le corps même de ce volume; il ne l'est pas moins avec la vénérable cardinal Bellarmin dans ces remarquables paroles : De quoi s'agit-il quand il est question de la primauté du Souverain Pontife? Je réponds en deux mots, qu'il s'agit de tout le christianisme ; car c'est là une question de vie ou de mort pour l'Eglise ; en effet, priver l'édifice de son fondement, le troupeau de son pasteur, l'armée de son général, les astres du soleil, le corps de sa tête, n'est-ce pas renverser l'édifice, disperser le troupeau, mettre l'armée en déroute, obscurcir les astres, tuer le corps ?

De plus, les attaques des ennemis du Saint-Siège donnent au sujet un caractère particulier d'actualité. On peut appli­quer à notre époque ces véridiques paroles du comte de Maistre, que nous citons textuellement en substituant sim­plement le présent au passé : « La rage antireligieuse con­tre toutes les vérités et toutes les institutions chrétiennes s'est tournée surtout contre le Saint-Siège. Les conjurés savent assez, et le savent malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intentionnés, que le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. C'est donc de ce côté qu'ils tournent tous leurs efforts... Ils présentent le Saint-Siège comme l'ennemi naturel de tous les trônes; ils l'environnent de calomnies, de défiances de toute espèce; ils tâchent de le brouiller avec la raison d'Etat; ils n'oublient rien pour attacher l'idée de la dignité à celle de l'indépen­dance. »

Tels sont les ennemis actuels du Saint-Siège, ennemis égarés par l'ignorance et l'indifférence, le préjugé et la mauvaise foi, la malice et l'impiété.

Enfin, on sait quelles discussions ont soulevées les ques­tions concernant l'autorité pontificale, à l'occasion du Concile œcuménique du Vatican, en 1870. L'ardeur de la polémique et la gravité des décisions portées par l'auguste assem­blée nous font encore mieux comprendre l'importance des questions traitées par Saint Alphonse. D'ailleurs, les infailli­bles décrets qui ont définitivement sanctionné les droits du Pontife suprême, n'ont pas encore découragé complètement ses ennemis séculaires, ni détruit sans retour leurs opiniâtres préjugés ; et puis, même après ces décrets irréformables et cette avalanche de livres savants qui ont paru au moment de la lutte engagée à l'occasion du Concile, que d'ignorants encore qui connaissent à peine le premier mot de la ques­tion et les définitions les plus élémentaires !

Notre Saint Auteur aurait donc pu placer en tête du présent volume, s'il l'avait publié dans les mêmes conditions que nous, ces paroles d'un autre défenseur du Siège Apos­tolique : «A cette époque mémorable, il m'a paru utile d'exposer, dans toute sa plénitude, une théorie vaste et importante, et de la débarrasser de tous les nuages dont on s'obstine à l'envelopper depuis si longtemps. »(De Maistre)  (A suivre)

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0