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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 07:50

        

Nous ne pouvons pas nous dispenser d'entendre et de peser ce mot sévère de l'Évangile : « Malheur à vous, riches ! » Ce n'est pas une malédiction;  c'est l'expression d'une commisération et d'une crainte.

 

Dans son ordre, qui est l'ordre de la matière, l'or à une sorte d'infini pouvoir. La concupiscence, qui appartient au même ordre, inclut un infini de désir. Multipliez ces deux infinis l'un par l'autre, vous risquez la monstruosité et le malheur que vise ici l'Évangile.

 

L'âme du riche, quand elle essaie de prendre essor, est tirée en bas par des préoccupations qui menacent toujours de devenir obsédantes. Le souci d'acquérir, d'administrer, de défendre et de jouir s'interpose entre lui et les hautes pen­sées qui demandent la liberté du cœur et sa quiétude. Son azur ne va-t-il pas se ternir, sa vue se troubler et se perdre dans le sensible ?

 

L'homme et l'argent sont comme ces amis dont on dit que toujours l'un des deux domine l'autre. Si ce n'est pas l'homme qui domine l'argent, c'est l'argent qui domine l'homme, qui le dimi­nue, qui le durcit ou le corrompt, ou bien les deux ensemble.

 

Or, que sert à l'homme, nous dit le Seigneur, de gagner l'univers, si c'est au détriment de sa vie ? Rien ne sert d'avoir une maison ou une auto, si c'est pour y loger, pour y véhiculer un propre à rien ou un indigne.

 

Un riche peut être bon; un homme attaché aux richesses, ne le sera jamais. Et il est difficile d'être riche sans s'agripper aux richesses.

 

Au début, il faut soutenir sa vie; plus tard, son élargissement; ensuite, ses prétentions, par­fois ses folies ou ses frénésies. Le besoin, alors, est indéfini, et plus on est riche apparemment, plus on se sent pauvre, et plus on risque d'accumuler les défauts ou les vices de ces deux états. Un riche peut en venir à n'être plus qu'un accessoire de sa fortune, au lieu d'en être le pos­sesseur, ou à s'en montrer, si sa conscience glisse, l'esclave avili.

 

Misère de ces  « grands » dont la vie réelle, celle du dedans, est si petite! De ces gens « du monde » pour qui le vrai monde, celui de l'âme, est un   inconnu! L'Évangile les a avertis en termes durs; il n'a pas frappé le gong avec un gant, mais avec un marteau de fer. C'est une miséricorde.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 03:03

Ce qu'on appelle des richesses, ce sont des biens dont on jouit, des biens extérieurs; mais ma richesse à moi est en moi-même, et je ne suis vraiment riche que des biens que je possède quand je suis dépouillé et seul.

 

Il importe moins d'avoir quelque chose que d'être quelqu'un. Une tête et un cœur bien meublés font pardonner aisément des mains vides. L'argent et ce qu'il représente ne sont que des serviteurs lointains.

 

Comment peut-on voir une vraie richesse dans ce qui est appelé à s'évanouir et à disparaître, tandis que nous restons? Tels sont Une vraie richesse ne doit-elle pas nous accroître, nous, et nous accom­pagner jusqu'au terme de notre destinée pour l'accroître elle-même? les biens de l'âme; mais tels ne sont pas les biens de la for­tune ou les biens du corps.

 

La vraie richesse est dans le développement de nos facultés et la satisfaction de nos légitimes sentiments, avec le concours des facultés et des sentiments de beaucoup d'autres, mais surtout de ce que Dieu met à la disposition de tous les humains.

 

Oh! Que ma richesse est grande, si je le veux et si je sais en apprécier l'abondance ! Tout l'uni­vers est à Dieu et à moi. Chacun peut le possé­der à lui seul, dans le dénuement comme dans la solitude. Toute la richesse du monde appartient à l'homme qui vit en esprit la vie de l'Esprit créateur et se tient uni à la nature et à l'huma­nité, ses deux filles.

 

Dans le réel, n'a-t-on pas dit bien des fois que les meilleurs biens de ce monde sont ceux qui ne coûtent rien? La nature regorge de biens; la famille, l'amitié, le travail intelligent, la lecture, les spectacles de choix nous en offrent à la mesure de nos capacités et dans toutes leurs formes. Ces biens-là ne demandent qu'à être appréciés pour être donnés. A mesure qu'on les recherche, on les goûte; à mesure qu'on les goûte, on se rend plus capable de les rechercher et de les goûter encore. Telle est la vraie richesse. Mais la vraie richesse sera à jamais impossible au monde tant que les hommes aspireront aux faux biens.

 

Quant à la vraie pauvreté, elle est l'envers de ces authentiques trésors; elle en est la négation ou l'absence, la négligence ou le mépris.

 

L'homme qui ne sait pas admirer un lever de soleil peut-être parce qu'il ne se lève jamais avec le soleil; qui ne lit pas ou ne choisit pas ses lectures; qui est incapable d'amitié; qui trouble sa maison de ses caprices ou de son égoïsme; qui n'a pas de tâche ardente, obligée ou choisie; qui ignore l'art, la réflexion solitaire, prière et le culte en esprit et en vérité: c'est celui-là, le pauvre homme. Donnez-lui de l'ar­gent, c'est de l'argent enfoui et très probablement corrupteur.

 

Donnez-en à l'homme de bien qui mène une haute vie, vous ne faites que por­ter de l'eau à la fontaine ; elle n'en a pas besoin ; mais elle peut s'en accroître, et l'Évangile a dit : « On donnera à celui qui a, et il abondera, et à celui qui n'a pas, même ce qu'il a sera enlevé. »

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 23:17

Enfin j’ai trouvé un chapelet avec le Notre Père qui respecte mieux la tradition et qui n’est pas injurieux a notre Dieu.

 

http://www.youtube.com/watch?v=jomvjiotVWE

 

 

Le nouveau Notre Père est  blasphématoire !

 

Cette traduction, en plus d'être  blasphématoire, elle est fausse et impie. Elle est une injure à Dieu notre Père.  Elle est à éviter…

 

Pourquoi une nouvelle traduction française alors que depuis des siècles les fidèles jouissaient d'un texte clair et enrichissant? 

 

C'est en raison du principe révolutionnaire bien connu:

 

«Briser, le chef d'œuvre et de ses débris construire une horreur», en d'autre terme,  substituer à une traduction catholique un texte œcuménique protestantisé,  composé par un protestant luthérien en 1922.  Et par le biais introduire le tutoiement dans les prières catholiques, donc une familiarité irrespectueuse alignée sur les mœurs démocratiques.

 

Dans le texte hérético-conciliaire «vienne» a été substitué à «arrive».  Or le texte de la Vulgate est correctement et exactement traduit par «arrive», alors que «vienne» est un contresens.  En effet «arrive» est l'aboutissement d'un mouvement qui arrivera certainement au but; tandis que «venir», c'est marcher vers un objectif que l’on n’est pas assuré d'atteindre.  Or, dans le Pater, nous demandons que le «Règne de Dieu» se réalise, non comme une possibilité, mais  comme le dit St Cyprien, «qu'il arrive au point d'être déjà présent».

 

Les conciliaires ont remplacé «pain quotidien» par «pain de ce jour».  Ce changement est contraire au génie de la langue française qui ne permet pas une périphrase sans une raison poétique quand il y a un adjectif adéquat.

 

En ajoutant «aussi» (nous pardonnons aussi)  ces mêmes apprentis réformateurs offensent une nouvelle fois la langue française.  Car cet «aussi»  est mal placé, et là où il est mis, il se rapporte à  «nous»,  et  pas, comme il le devrait, à «pardon».  Si l'ignare qui rédigea ce texte avait quelques notion de syntaxe, il aurait dû écrire: «comme aussi, nous pardonnons». 

 

La sixième demande est à bannir parce qu'elle est un blasphème.  Elle dit : «Ne nous soumets pas à la tentation».  Le mot «soumet» prétend traduire le latin «inducat» (qui signifie : conduire vers).  «Soumettre», c'est étymologiquement «mettre sous le joug», donc priver le sujet de toute liberté pour accomplir en esclave une chose imposée.  De plus, le mot «tentation» est précédé de «in» qui dans le texte latin indique le mouvement.  Ainsi la «soumission» introduite frauduleusement dans le Pater est non seulement un «joug», mais un mouvement vers la tentation ! 

En définitive, la nouvelle église conciliaire demande à Dieu une chose impie et que le Seigneur ne peut satisfaire, à savoir qu'il soit mis sous le joug et livré pieds et poings liés à la tentation qui est le mal…

 

En plus du blasphème, c'est philosophiquement une absurdité, car le mal n'est autre qu'une absence de bien due à l'imperfection d'une action chez un être libre qui use maladroitement de sa liberté.  Or Dieu est l'être infiniment parfait. 

 

Certes Dieu peut permettre l'existence du mal pour un plus grand bien, mais ne peut en rien le favoriser.  C'est ce qu'enseigne St Jacques: «Dieu ne tente personne».

 

Ajoutons afin un argument péremptoire.  Si les hérétiques protestants rejettent la Sainte Tradition, nous les Catholiques, nous la considérons comme une REGLE DE FOI.

 

Or toute la Tradition REJETTE  la version française de ce concile hérétique.   

 

Une bonne version.   http://www.youtube.com/watch?v=jomvjiotVWE

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 23:07

Tout le monde convient que l'amitié exige de part et d'autre le désintéressement et le déta­chement d'une âme libre. Un homme qui tient à son argent n'est jamais un loyal ami. On ne serre pas une main pleine. Comment ce même homme serait-il un ami de Dieu ?

 

On n'utilise chrétiennement la vie que si l'on est prêt à s'en détacher, que si l'esprit la dépasse, et cela est vrai spécialement de la richesse. On ne guide bien que de haut.

 

Ce que représente l'argent, c'est uniquement — à titre direct tout au moins — un moyen d’échange de ce monde. Or, nous ne sommes pas de ce monde. L'état propre du chrétien, même riche, et même s'il n'y a pas lieu pour lui de renoncer à ses biens, mais peut-être de les accroître, c'est donc toujours un état de détachement, un état de pauvreté.

 

Le voyageur ne prend pas sur son dos ce qui pourrait alourdir sa marche; il ne s'encombre pas. L'attachement passionné aux richesses est un des plus graves empêchements que puisse subir le voyageur de ce monde. Il peut finir par vous fixer au sol, vous amener peut-être à vous y vautrer. A plus forte raison ne permet-il pas cette liberté qui use de ce monde comme n'en usant pas, ainsi que le veut l'Apôtre, et qui nous rend disponibles pour le meilleur.

 

Un noble cœur peut avoir des coffres; il ne s'installe pas à côté, et quand du bout des doigts il détache des coupons de rente, son âme est plus haut.

 

Pourquoi courir après ce qui ne rend ni plus heureux ni meilleur quand on le possède, ni moins heureux ni moins bon quand on ne le pos­sède pas? Et comment ne pas craindre, averti par l'Évangile et par l'expérience, de devenir au contraire, par trop d'attachement aux richesses, et moins heureux, et moins bon ?

 

Un tel désir est sans limite, comme nos con­voitises. Il nous livre à un entraînement fatal. Autant la nature pose ses propres frontières, au­tant la passion, qui s'ignore elle-même, ignore où elle butera. J'ai faim : je me nourris, et c'est fini; mais si je veux m'enrichir, de plus en plus ce qui est de soi un instrument de la vie me deviendra la vie même; ce qui est moyen sera élevé à la dignité de fin, au détriment de la fin véritable, qui est notre croissance en la vé­rité et en la beauté, en l'amour mutuel et en l'amour commun des choses éternelles.

 

« Ne cherchez pas le pain qui périt, dit le Seigneur, mais celui qui demeure pour la vie éternelle. » La richesse nous procure le pain qui périt : c'est son rôle; mais le nôtre est de chercher, par son moyen ou sans elle, un autre pain dont l'hostie mince et blanche est le sym­bole, dont le Seigneur même, avec la plénitude des biens qu'il renferme, est la réalité.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 23:14

Employer de l'argent, c'est s'employer soi-même, et la hiérarchie à établir entre nos dé­penses ou nos mesures d'épargne est donc cal­quée sur celle de nos facultés et de nos valeurs de vie. La richesse est pour l'esprit, comme le corps est pour l'âme, comme tous deux sont pour Dieu.

 

Quand je dépense, ce doit être pour accroître la vie, surtout en ce qu'elle a de meilleur : la santé à la base, et, au-dessus, l'activité, la pensée, les nobles sentiments, les affections droites, les liens familiaux et les liens sociaux. Si j'épargne, ce sera en vue de favoriser cela encore, bien que ce soit pour demain.

 

Demain! Il y a un piège dans ce propos, et beaucoup y tombent. L'avarice pourrait là s'em­busquer, au minimum la timidité, la crainte de voir le sol manquer sous vos pieds, ou bien un conformisme absurde.

 

Il y a des maximes toutes faites au service de ces défauts-là, comme de ne jamais toucher à son capital   et,   par   exemple, fût-on   riche, de constituer peu à peu la dot de ses filles unique­ment avec son revenu.  Ce sont là des sottises. Il est des cas où il faut entamer le capital; il est des cas où il faut ménager même les rentes. Ce qui en décide, c'est la vie en ce qu'elle a d'es­sentiel, en ce qu'elle a de plus pressant et de plus haut.

 

L'épargne est bonne à cette condition qu'elle représente la modération   vertueuse et la prévoyance. Léonard de Vinci disait : « Le gaspillage ne profite à rien ni à personne, ne pas prévoir c'est déjà gémir ».   Mais l'entassement des biens profite encore moins, et il avilît davantage. La dilapidation est légère; l'avarice est affreuse.

 

Le vigneron est sot, qui se refuse une grappe en faveur d'une vendange qu'il ne verra peut-être pas, et il est coupable en la refusant à son enfant qui a soif ou au passant fatigué.

 

Remplir un coffre n'est honorable qu'à la condition de le remplir comme un réservoir, en vue  d'arrosages  qui ne  seront  pas  toujours  et toujours différés.

 

Les biens que le Seigneur nous octroie, il les destine à ses fils — à l'instar des biens spirituels et sous leur gouverne — « afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance. »

 

Il s'ensuit que la richesse ne doit pas être employée à nous épargner le travail, tout au plus à en modifier la forme, et plus que tout à en assurer l'efficacité.

 

Le travail, c'est la vie en acte : si la richesse est pour la vie, elle est aussi pour cette manifes­tation de la vie qui doit la préserver et l'ac­croître, multiplier ses effets au bénéfice du tra­vailleur et au bénéfice de tous.

 

La richesse de l'oisif est une espèce de vol. Celle du travailleur est un don, étant une force conjointe à ce qu'il donne et un adjuvant pour la tâche commune.

 

L'argent est mortel à la vertu quand il prétend en dispenser ou qu'il la domine.

 

Et l'argent do­mine toujours la vertu, s'il ne la sert pas.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 09:05

Il ne faut pas dire trop de mal de la richesse. En elle-même, elle mérite louange comme tout ce que Dieu a fait. Les richesses naturelles : ma­tières, produits du sol, objets d'utilité ou de beauté qu'on en tire ne peuvent être bons sans communiquer de leur valeur à l'argent, qui les représente et qui en permet l'échange.

 

Le but de la richesse est de forcer la nature et d'aider l'homme à entrer dans les vues de l'esprit, à réaliser les projets de l'esprit, et ainsi de mener toutes choses à leur fin terrestre, qui est l'accroissement spirituel des personnes.

 

Quand je mange du pain, je prends de la force : si je puis nourrir mon activité avec de la richesse, mon activité en toutes ses formes : sagesse, vertu aussi bien que réalisations exté­rieures, en aura le profit.

 

L'indépendance, qui est à l'ordinaire une condition précieuse de cette activité, sera spécialement favorisée par un peu de richesse.

 

L'indépendance permet les initia­tives, et elle rend la vertu plus facile.

 

Un homme de grande valeur morale s'accommode de tout; mais une dépendance trop dure à l'égard d'autrui, à l'égard des événements, fait que beaucoup n'arriveront pas à une grande valeur morale.

 

Le jugement est toutefois, en cette matière, d'une grande ambiguïté. Au point de vue de l'origine, il y a un argent fils d'iniquité, et un autre qui est fils de notre intelligence, de notre expérience, de notre modération, de notre appli­cation au travail. L'argent qui est bon dans son origine doit le rester jusqu'à son emploi : or, ici, la même ambiguïté se retrouve.

 

La pauvreté a ses tentations : en elle-même, elle est une impuis­sance extérieure et une aide morale. La richesse a ses ressources morales : en elle-même, elle est une force extérieure et un danger spirituel. Dans une situation si incertaine et si étroitement dé­pendante de nos libertés, l'événement seul déci­dera.

 

A plus forte raison y aura-t-il ambiguïté et incertitude, si l'on compare la richesse non plus avec la pauvreté, mais avec la misère.

 

La misère est la région de l'impuissance totale et du décou­ragement — ou bien de l'héroïsme. La richesse est la région de l'orgueil et de toutes les tentations — ou bien de l'héroïsme aussi, bien que cet hé­roïsme ne ressemble pas à l'autre. Il lui res­semble en ce que tous deux attachent leur sort aux seules valeurs immatérielles.

 

Mais là où le premier exerce le détachement par rapport à ce qui lui manque, l'autre doit se détacher en esprit de ce qu'il a et pratiquer en outre l'hé­roïsme du don.

 

Tout ce qu'on peut dire, c'est que la richesse de l'homme bon est bonne et la richesse de l'homme mauvais mauvaise; que la pauvreté de l'homme bon est bonne et la pauvreté de l'homme mauvais mauvaise. Mais il arrive que la richesse de l'homme bon le rende mauvais et le devienne avec lui, alors que la pauvreté de l'homme bon tend à le confirmer dans le bien. Et c'est ce qui fait sa supériorité   spirituelle, que l'Évangile consacre.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 07:45

En regardant d'un peu haut et sans rien mé­connaître, on peut avancer que la richesse ou la pauvreté sont indifférentes à la vie. On n'en dirait pas autant de la misère, qui frise, si elle ne l'atteint, la totale impuissance.

 

Encore reste-t-il à l'homme misérable la possibilité merveil­leuse d'être un héros, parfois un martyr. Mais la pauvreté est compatible avec une vie nor­male et haute; la richesse aussi; chacune a ses avantages et chacune ses pièges; dans notre vie complexe, on ne peut assurer laquelle réussira, laquelle échouera. La seule ressource est d'op­poser à la complexité du dehors la simplicité élevée du dedans. Alors, elles s'égalent.

 

La richesse est de ne manquer de rien; mais il y a deux façons de satisfaire cette requête : ou courir après ce qui manque, ou se contenter de ce que l'on a.

 

Les faibles pensent à ce qu'il leur faille pour agir et pour vivre; les forts pensent à vivre et à agir avec ce qu'ils ont. Les premiers mau­dissent le sort; les seconds le dédaignent ou se vengent de lui. « Les grands hommes ont de petits lits », dit M. Henri Lavedan.

 

Quand on ne sait pas se contenter de ce qu'on a, c'est en vain qu'on désire ce qu'on n'a pas; on ne saurait en user avec sagesse.

 

Qui n'est pas prêt à la patience est tout prêt pour l'abus.

 

L'humanité a besoin de la richesse, qui repré­sente pour elle un supplément d'existence et de pouvoir; mais chaque humain, pour peu qu'il sache s'adapter à son cas et s'assimiler ce qui est à sa disposition dans la richesse commune, peut être riche avec peu d'argent.

 

Le bon riche a le droit de dire : tant mieux! Mais c'est à la condition, s'il devient pauvre, de savoir dire : tant pis!

 

C'est que, quand on a de l'argent, on a « de quoi vivre »; mais après cela, il faut vivre, et quand on sait le « prix » des choses, il reste à en découvrir la valeur.

 

Le pauvre qui est à plaindre n'est pas celui qui manque d'argent; c'est celui dont l'âme est dépourvue et les ambitions spirituelles petites.

 

On dira de celui-ci : quel pauvre homme! On ne le dira pas de celui qui vit petitement et montre un grand cœur.

 

On peut trouver le moyen de s'enrichir de sa pauvreté, comme des riches trouvent le moyen de s'appauvrir du fait de leur argent. Si les riches sont privilégiés en quelque chose, c'est parce qu'ils peuvent dire avec Septime Sévère : « J'ai eu tout, et j'ai vu que tout n'est rien. »

 

Ceux qui détiennent la vérité définitive au sujet de la richesse, ce sont les enfants, et c'est pourquoi l'Évangile veut qu'on leur ressemble. Les gens sérieux, qui regardent avec un sourire d’indulgence les jeux des enfants, ce sont eux qui bâtissent des châteaux de sable.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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