Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 09:04

La première se trouve dans cette véhémente parole adressée aux Pharisiens :

Race de Vipères. Cette apostrophe est sur les lèvres de saint Jean-Baptiste et plus souvent encore sur celles de Notre-Seigneur. (Math., III, 7; XII, 34; XXIII, 33; Luc, III, 7.)

Cette insistance nous invite à en chercher, à en approfondir le sens caché. Dans ce but, méditons successivement : ce qu'est la vipère, ce qu'est sa progéniture et à quel sort elles sont réservées.

1. La Vipère

1. Au sens propre, ce nom désigne un serpent venimeux. Dans le livre de la Genèse (III, I), nous lisons que, de tous les animaux de la création, le serpent est le plus rusé. Il est cer­tain que tout en lui nous trompe.

A le voir au repos, on le croirait forcément condamné à l'inertie. Il n'a ni pattes, ni nageoires, ni ailes, ni membres d'aucune sorte. Comment pourra-t-il bouger ? Néanmoins, grâce à la souplesse de son échine, il se glisse, il court, il bondit, il grimpe et il nage.

A sa taille relativement petite, on le croirait, sinon inoffensif, du moins peu redoutable, mais il est armé d'un poison si subtil et si actif qu'il est à craindre à des animaux cent fois, mille fois plus forts que lui.

Aussi dans les pays infestés de vipères ou autres serpents venimeux, déploie-t-on une vraie vigilance pour en éviter les atteintes.

2. On pourrait se demander : Pourquoi la vipère a-t-elle été créée ? Entre autres raisons, c'est pour nous offrir une image du démon.

Comme la vipère, le démon, vu sa nature, semblerait ne pouvoir exercer aucune action sur nous. Il ne peut, en effet, avoir aucune influence directe sur nos facultés supérieures de l'intelligence et de la volonté. Mais il sait agir sur notre imagination et notre sensibilité, et, par cette voie détournée, égarer notre esprit et porter au mal notre volonté. Il est notre ennemi mortel, acharné ; nous le savons, n'importe, il flatte notre nature et nous nous laissons atteindre; son poison, le péché, est incomparablement plus redoutable que n'importe quel venin : ce n'est pas seulement la vie présente qu'il menace, c'est notre vie éternelle.

Saint Paul : « Je crains, qu'à la suite d'Ève, vous ne vous laissiez surprendre par l'astuce du serpent infernal. » (II Cor., XI, 3.)

Le plus souvent, il s'approche à la sourdine, dissimule la tentation sous l'apparence de quel­que bien et nous rend victime de l'illusion. D'autres fois, choisissant le moment propice, il fascine soudain par la violence de la tentation et l'impression que nous ne pourrons pas résis­ter. C'est ainsi, dit-on, que le serpent fait tomber à ses pieds les petits oiseaux : il les paralyse par la fixité de son regard perçant. Pourquoi l'oiseau ne détourne-t-il pas la tête ? Il vaincrait le charme et prendrait son vol ? Sachons employer ce moyen, détournons notre attention de l'objet qui nous séduit ou nous épouvante, et nous en triompherons facilement.

II. La progéniture de la Vipère.

1. La plupart des reptiles sont ovipares; leurs oeufs sont forcément inoffensifs, au moins jusqu'à leur éclosion. La vipère, comme son nom l'indique, est vivipare, elle donne le jour à des petits vivants, au nombre de douze à vingt-quatre, disent les savants. Cette progéniture ne tarde pas à se disperser, à envahir et infester la région, à multiplier les victimes. Dans les Indes, c'est par milliers qu'il faut compter les gens qui périssent à la suite de morsures de serpents. C'est une image trop vraie des rava­ges de l'enfer parmi les âmes.

2. La progéniture du démon, ce sont les pécheurs. (I Jean, III, 8.) De près ou de loin, c'est toujours lui qui les engendre. En effet, c'est lui qui tout d'abord a tenté notre première mère; nous savons l'histoire de sa chute. Avec Ève, devenue sa progéniture par le péché, le démon s'est attaqué à Adam. Celui-ci aurait peut-être résisté, si le serpent infernal eût été seul; mais il fut vaincu par Ève, et son péché a comme empoisonné toute la race humaine. Depuis lors, l'humanité porte en elle un attrait au mal, une sorte de vitesse acquise qui la porte au péché. Il lui faut lutter constam­ment contre cette concupiscence toujours prête à devenir complice du démon et du monde pervers. Celui-ci se compose de tous ceux qui sont déjà plus ou moins les descendants du serpent infernal par leur alliance avec le péché.

Tout pécheur est donc la progéniture du démon par son origine. Il l'est encore par la ressemblance de ses instincts. Aussi, Notre-Seigneur disait aux Pharisiens : « Vous avez le démon pour père et vous ne songez qu'à accomplir les désirs de votre père. » (Jean, VIII, 44.)

Ces désirs de l'enfer poursuivent sans relâche le mal de l'homme et si possible le mal de Dieu.

Le démon veut le malheur de l'homme. La pensée que celui-ci est appelé à occuper au ciel la place qu'il a perdue, lui inspire une jalousie et une haine implacables. Il ne néglige rien pour nous faire perdre l'héritage céleste, pour nous amener à partager son supplice, après nous avoir fait ici-bas ses esclaves et ses sup­pôts. Tout pécheur concourt à la contagion du péché. Ses suggestions comme ses exemples exercent une influence désastreuse. « Race de vipèresdisait Jésus aux Pharisiens — comment, mauvais comme vous l'êtes, pouvez-vous dire de bonnes paroles ? La bouche parle de l'abondance du coeur. »

Le démon veut également, autant qu'il est en lui, le mal de ce Dieu, dont la justice l'étreint, dont la réprobation et la séparation le torturent; il voudrait s'il était possible, qu'il n'y eût pas de Dieu, ou qu'il ne fût pas le Dieu de toute sain­teté, condamnant la révolte, et le Dieu de toute justice, la poursuivant du châtiment. L'homme, devenu par le péché l'esclave et la progéniture du démon, s'associe au moins implicitement à ses désirs déicides. Ne voulant pas renoncer au péché ni admettre la perspective des châti­ments du péché, il voudrait que Dieu ne connût pas ses désordres, ou s'il doit les con­naître, qu'il ne les condamnât pas, ou tout au moins qu'il ne pût en venir à l'exécution ; en d'autres termes, il voudrait que Dieu ne fut ni l'infinie sagesse ni l'infinie justice, ni l'infinie puissance ; il veut donc, ainsi que le déclare le Sauveur, accomplir le vœu de l'enfer.

III. Voici quel sera le sort de la Vipère et de sa progéniture.

Saint Paul, ayant été jeté par un naufrage sur les rochers de l'île de Malte, y alluma un grand feu pour s'y sécher, lui et ses compa­gnons. Tandis qu'il ramassait du bois pour alimenter le foyer, une vipère se jeta sur sa main et la mordit. L'Apôtre secoua le reptile dans le feu et n'eut aucun mal. La destinée de la vipère et de sa progéniture, c'est d'être tuée sans merci. Dans la plupart des régions, leur tête est mise à prix ; on veut les poursuivre jusqu'à extinction, si possible.

Telle est l'image du sort réservé à Satan et à ses suppôts, les pécheurs. C'est pour Satan et ses complices que l'enfer a été créé, et lorsque Satan eut fait tomber nos premiers parents, Dieu proclama qu'il aurait la tête écrasée par Marie, et que l'inimitié entre sa race et celle de Marie serait éternelle.

Au dernier jour, le souverain Juge dira aux pécheurs : « Allez, maudits, allez au feu inextin­guible qui a été allume pour le démon et sa suite. » Ayant devant les yeux cette horrible destinée des pécheurs, Jean-Baptiste disait à ceux qui ['écoutaient : «, Races de vipères, qui donc vous donnera le moyen d'échapper à la colère divine ? » (Math., III, 7.) Et Notre-Seigneur répétait aux Pharisiens : « Progéniture de vipère, comment pourrez-vous vous soustraire au jugement et à l'enfer? » (Math., XXIII, 33.)

Quand on s'est laissé mordre par le serpent infernal, est-on donc perdu sans ressource ? Non, grâce en soit rendue au bon Maître. Rap­pelons-nous ce qui se passa au désert, quand les Israélites furent victimes du serpent à la morsure brûlante. Moïse, sur l'ordre de Dieu, éleva sur une croix un serpent d'airain. Il suffi­sait de regarder ce serpent pour être guéri de la morsure de ceux qui infestaient le désert. Ce serpent d'airain était la figure du Sauveur. « Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean, III, 14, 15.)

Actuellement le divin crucifié est arboré par­tout, et nous pouvons toujours recourir à lui et assurer notre salut.

Extrait de : PAROLES ÉVANGÉLIQUES expliquées et méditées. (1906) Ch. LACOUTURE

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:30

LES CHARISMATIQUES SE DONNENT UNE MISSION : le chanoine Caffarel suppose qu'elle existe mais n'en fait qu'une hypothèse : « Si le renouveau est une initiative divine... » Ce qui reste à prouver. Même dans cette hypothèse, il estime qu'on ne peut savoir la cause du renouveau. (Caffarel donne au mouvement le « rôle d'éducateur spirituel, de susciter et de former hommes et institutions capables de remplir cette mission »). Il est prudent. Le cardinal Suenens l'est moins et donne une mission au mouvement. « On souhaite s'effacer une fois le but atteint » mais une mission est confiée à quelqu’un par quelqu’un. Qui la leur a donnée ?

JÉSUS-CHRIST A ÉTABLI LA HIÉRARCHIE DE SON ÉGLISE et lui a confié la désignation des mi­nistères et des missions sacrées, comme nous voyons les apôtres s'acquitter de cette tâche. Nous ne voyons nulle part que l'Église ait confié une ou des missions à des charismatiques, en tant que tels. Dans son discours du 21 février 1973, le Pape PAUL VI s’étonne que s'étonne que : « Notre religion ne soit plus capable de se rénover elle-même par les méthodes traditionnelles ».

FAUTE DE MISSION, LE CHARISMATISME S'EST DONNÉ UN BUT :

Le but qu'il veut atteindre, par le « laïcat qui est l’Église » (sic), par les communautés de base, en s'intégrant aussi comme réformateur et animateur dans les « assemblées eucharistiques dominicales », si possible, est très net chez les Ranaghan et le cardinal Suenens :

- Le premier but est de réunir toutes les Églises, sous le manteau de l'oeucuménisme, par «l’Esprit, agent de communion» en une Église fédérale où disparaît, anéantie, l'Église catholique, seule Église du Christ. A cette absorption de l'Église catholique dans « La grande Église » que le Pape appelle «l’auto démolition de l’Église» travail le cardinal. Cela explique son affirmation que le renouveau charismatique est un mouvement et non une institution. Comme il ne veut pas remplacer une Église par une autre de même nature, nous pouvons voir par là le premier pas vers une religion informelle, puis naturelle, mondiale et qui ferait l’affaire de la Franc-Maçonnerie. Nous sommes éclairés par les déclarations du cardinal sur les dangers que font courir la Lex Fundamentalis et le Mysterium Ecclesiae (Card. J.L. Suenens).

- Un deuxième but est la démocratisation de l'Église catholique. C'est ce qu'expriment les Ranaghan en disant : « laïcat est l’Église ». La même idée brille dans le livre du cardinal. Après les synodes romains, il a exprimé son dépit par le mot célèbre : « L'ascenseur est resté à mi-chemin »

- Le troisième but est de changer les structures de l’Église catholique Romaine qui n'est pas assez une Église de l'Esprit : démocratisée. Le Pape a répliqué, le 21 février 1973 : « La structure ordinaire et institutionnelle de l’Église est toujours la voie maîtresse par laquelle l’Esprit Saint nous parvient », et le 12 juin 1974, il a précisé : « La nécessité d'être dûment insérés dans les structures institutionnel­les qui donnent à l'Église sa consistance ».

- Le quatrième but est de remplacer peu à peu les paroisses par les communautés de base.

En bref, le but, à demi avoué et transparent dans les ouvrages des Ranaghan et du cardinal Suenens est d'introduire la Révolution dans l'Église et la Société. Ce n'est pas par hasard que l'idée du

Pentecôtisme « catholique » est née dans les « CURSILLOS » organismes de fermentation intellectuelle révolutionnaire.

CONCLUSION

Le renouveau charismatique est issu directement du pentecôtisme protestant à qui il emprunte : principes, caractères essentiels et certaines expressions, cela en violation du Droit Canon et d'une prescription de Vatican II.

- Contre l'Église et la Tradition :

- Il professe que le catholique n'a pas la plénitude de l'Esprit si, à sa confirmation (ou à la réception d'un autre sacrement, selon le cardinal Suenens), il n'a pas fait une expérience sensible de l'Esprit-Saint et n'a pas reçu quelque charisme du type de ceux de la primitive. Église.

- Il professe tantôt la nécessité, tantôt l'importance de la prière charismatique d'assemblée, du leader, de l'imposition des mains pour obtenir du Saint-Esprit un complément d'effusion, appelé encore : Baptême dans l'Esprit. .

- Contrairement à l'Écriture et à la théologie sacramentelle catholique, il professe l'existence de cette impossible et inutile effusion qui n'a pas sa place dans la vie sacramentelle.

- Contrairement à l'Écriture, à la Tradition et à l'enseignement récent de Paul VI, il professe que l'événement de la Pentecôte vécu par les apôtres doit être personnellement expérimenté par les baptisés.

- Contrairement à la Foi et à l'enseignement du Pape Paul VI, les Théoriciens du mouvement professent que les hérétiques font une expérience authentique de l'Esprit-Saint. Ainsi ils induisent en erreur les adeptes qui participent aux réunions charismatiques protestantes et à des cènes protes­tantes.

- Contrairement aux textes du Concile Vatican II, à la foi catholique, à l'unité et à la vraie notion d'Église, le mouvement professe un faux oecuménisme, périlleux pour la Foi et injurieux pour l'Église de Jésus-Christ. Ils espèrent une union des Églises sans unité de Foi, le Saint-Esprit ser­vant « d'agent de communion » (cardinal Suenens), ce qui est blasphématoire et hérétique.

- Contrairement au dogme porteur de toute saine spiritualité catholique et en dehors duquel elle ne peut se constituer, le mouvement prétend que sa spiritualité est traditionnelle et range faussement son « expérience de Pentecôte » parmi les phénomènes mystiques.

- Contrairement à l'enseignement constant de l'Église, du dernier concile et des saints qui ré­prouvent énergiquement le désir des charismes, le mouvement incite à ce désir, en donne l'espérance certaine et la réalisation immédiate.

Pour ces raisons, et d'autres encore, les diverses formes du Pentecôtisme prétendu, catholique et des renouveaux dits charismatiques sont très gravement nocives, condamnables et con­damnées par le fait même (ipso facto) sans que soit nécessaire un acte particulier du Saint Siège.

Ce texte résume les cinq conférences du Père Eugène de Villeurbanne à NANTES, les 27 et 28 novembre 1974.

Extrait de : Les Mouvements Charismatiques au regard de la Foi et de l’Église. Père Eugène de Villeurbanne. O.F.M.

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 13:39

Le renouveau charismatique a-t-il une mission dans l'Église?

Le renouveau charismatique n’a aucune mission spirituelle.

• Si l'effusion du Saint-Esprit existait, les charismatiques la définiraient pareillement. Le cardinal Suenens (initié à la franc- maçonnerie depuis 1966) croit faire une trouvaille chez les Ranaghan, quand il la définit avec eux comme une réaffirmation et un renouveau adulte des sacrements, une « ouverture de nous-mêmes à toutes leurs grâces. Mais que veut dire réaffirmer un sacrement ? Qui peut réaffirmer un sacrement ? Faire un renouveau adulte d'un sacrement? On ne peut le savoir car cela n'a jamais existé dans la théologie sacramentelle, sauf pour désigner la fidélité à la grâce reçue dans un sacrement, ce qui est un acte personnel. Le définir « ouverture de nous-mêmes à toutes leurs grâces » n'est pas définir une effusion particulière de la Trinité, mais en termes passifs la fidélité à la grâce qui, de notre part, est acti­ve. Nous ; l'avons montré : en dehors des sacrements, il n'y a pas de place pour une effusion active de la Trinité.

L’expérience sensible n'existant pas comme le prouve le Pape, le renouveau charismatique n'a pas de nouvelle mystique a offrir.

• Quant aux merveilleux charismes, nul n'a donné le pouvoir de les communiquer ni de forcer le Christ et l'Esprit à les donner, ni d'en réveiller la source tarie. Le Christ n'a jamais dit qu'il fai­sait don de son Esprit aux conditions fixées par les théoriciens et les leaders. On objecte la parole de Jésus (St Jean, XIV, 21) : « Je l'aimerai et me manifesterai en lui ». Mais Jésus ne dit rien de la manière, de la mesure, des conditions ; il parle de ceux qui, observant ses commandements, seront aimés du Père et du Fils. La prétention des charismatiques a d'autant moins d’objet qu’ils disent réveiller immédiatement l'Esprit et ont la certitude de sa réponse « concrète », c'est-à-dire sensible. Tout cela est subjectif ; ils en ont conscience et nous allons le voir.

Ils n'ont reçu aucune mission spirituelle de l'Église : ce qu’on dit de la vocation des leaders en témoigne : « Partout où se forment des groupes de prière, la réception du don d'animateur en est un des développements spontanés » écrivent les Ranaghan. L'assemblée se forme spontanément et le leader jaillit ! Mais quel est le jaillissement historique de l’inspiration et du mouvement ?

A l'origine, on trouve Keifer et Bourgeois, rebaptisés par des protestants.

• Le mouvement n'est pas né de l’Église catholique, il n’est pas né du Saint-Esprit, il n’a aucune mission spirituelle : ni celle de rénover la dévotion au Saint-Esprit, parfaitement au point dans l'Église catholique, toujours vivante chez les prêtres, les religieux et les fidèles que n'ont point recyclés les meneurs post-conciliaires, ni celle d'enseigner la prière, pratique très en honneur chez les catholiques et qu'enseignent fidèlement prêtres, catéchistes et parents qui n'ont pas adopté le catéchisme moderniste et remplacé la psychologie de la Foi par la psychologie athée.

Le mouvement n'a pas reçu de l'Église mission de suppléer à des carences imaginaires. Le Pape Paul VI écarte clairement cette mission : « La structure ordinaire et institutionnelle de l'Église est toujours la voie maîtresse par laquelle l'Esprit-Saint nous parvient ». D'ailleurs les seules carences sont des carences volontaires et on voudrait être sûr qu'elles n'ont pas la même cause que le mouvement qui prétend y remédier. En tout cas, on ne remédie pas à des carences du sacerdoce en détruisant la foi et en calomniant l'Église de Jésus-Christ.

• Une très curieuse affirmation du cardinal Suenens confirme que le mouvement n’est pas né du Saint-Esprit, mais « de la volonté de la chair » que travaille la démangeaison de « sentir » l'Esprit.

Le cardinal nous apprend que lui-même et les chefs du mouvement charisma­tique, souhaitent la disparition du mouvement quand il aura atteint son but. Ainsi voilà un mouvement qui reproche à l'Église catholique d'avoir perdu le Saint-Esprit, qui se flatte de l'avoir retrouvé, qui professe que le Saint-Esprit souffle où il veut - et même où il ne veut pas - et qui veut disparaître ! Pourquoi, s'il est Vérité et sanctification? On ne comprend pas.

A Suivre

Extrait de : Les Mouvements Charismatiques au regard de la Foi et de l’Église. Père Eugène de Villeurbanne. O.F.M.

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:46

L'un des silences les plus intolérables, est le silence le plus tendancieux, sur les paroles les plus significatives de Paul VI.

LES TEXTES DU SAINT PÈRE DISENT CLAIREMENT SA PENSÉE SUR LE RENOUVEAU CHARISMATIQUE.

Est-ce au nom de la même fidélité que les théoriciens et un cardinal de la Sainte Église avancent un ou deux textes du Pape sans signification particulière et taisent ceux qui s'opposent au renouveau charismatique ? Qu'on en juge par les citations qui suivent :

SUR L'ERREUR DE RECHERCHER L'EXPÉRIENCE SENSIBLE : « Nous voudrions traduire en expérience cette vérité religieuse, cette réalité mystérieuse... Cette doctrine n'est pas la bonne. L’expérience sensible et directe d'une réalité religieuse est en effet impossible ». Ainsi parlait Paul VI, le 16 janvier 1974.

SUR L'ERREUR DE VOULOIR UNE NOUVELLE PENTECOTE ET D’AFFIRMER UNE ACTION DE L’ESPRIT HORS DE L'INSERTION DANS LE CORPS DE L'ÉGLISE : « La Pentecôte est quelque chose qui demeure, une histoire permanente. L'Église vit toujours en vertu de cette prodigieuse infu­sion... » Puis le Pape cite saint Augustin « qui sera toujours notre maître » : «Seule l’Église catholi­que est le corps du Christ. En dehors de ce corps, l'Esprit ne vivifie personne... Ils n'ont pas l'Esprit-Saint ceux qui sont en dehors de l’Église… » Et Paul VI de conclure : « Cela nous conduit à méditer sur la nécessité d’être dûment insérés dans les structures institutionnelles qui donnent à l'Église sa consistance corporelle et sont présentées ici comme la condition pour bénéficier de l'Esprit-Saint » (12 juin 1974).

SUR L’ERREUR DE CROIRE QUE LE RENOUVEAU DE L’ÉGLISE DOIVENT VENIR D’UNE AUTRE INITIATIVE QUE D’ELLE-MÊME : « Notre religion n'est-elle plus capable de s'affirmer, de se maintenir, de se rénover par les méthodes traditionnelles ordinaires ? L'Esprit soufflerait-il uniquement en dehors des structures ordinaires ? L'Église de l'Esprit aurait-elle quitté l'Église institutionnelle? Les charismes de la spiritualité chrétienne authentique et primitive, de la spiritualité de la Pentecôte, ne se rencontreraient-ils plus que dans des groupes spontanés ?... Nous voulons affirmer deux choses : La structure ordinaire et institutionnelle de l'Église est toujours la voie maîtresse par laquelle l’Esprit-Saint nous parvient... Celui qui altère la conception de l’Église, dans l'intention de rénover la religion... entrave par là même la vie de l'Esprit » (21 février 1973). Et Paul VI a fait bien d'autres rectifications, par exemple : les 23-7-71, 23-5-73, 11-10-73.

Note de l’éditeur : Léon-Joseph Suenens, cardinal-archevêque de Malines et grand protecteur de l'hérésie pentecôtiste, francmaçon depuis le 15 juin 1966.

Le 11 octobre le cardinal Suenens eut une « audience privée » avec le Pape sur le mouvement charismatique : tout ce qu'il put dire à ce sujet fut que la rencontre avait été personnel­lement (notez le mot) extrêmement cordiale, mais que leurs vues ne coïncidaient pas toujours. Cela après l'audience des chefs « catholiques pentecôtistes » du 10 octobre, et l'on sait que les chefs du mouvement s'appuient beaucoup sur le congrès de Grottaferrata. Le pape qui marqua son désaccord avec le cardinal aurait-il approuvé le mouvement la veille ? Non pas : il choisit ses mots avec le plus grand soin, parla seulement de « certaines notes communes » pour promouvoir un renouveau spirituel dans l'Église d'aujourd'hui « sous différentes formes et environnements divers ». Il évita les mots pentecôtiste et charismatique et aurait pu faire la même déclaration à un groupe de « Légion de Marie » ou de«l'Opus Dei »... Le baptême dans l'Esprit, le don des langues, les prophéties, les guérisons pentecôtistes ne sont assurément pas des « notes communes » pour tous les rénovateurs spirituels et les paroles du pape n'étaient en aucune façon éloge ou approbation des pentecôtistes catholiques, comme beaucoup eurent tort (1) de le proclamer : toujours la mise en condition ! (1) Cette analyse est faite par le P. Rumble dans une lettre du 4 janvier 1974

Au cours de cette audience, le saint Père PAUL VI, a rappelé que « la vie spirituelle est avant tout l'exercice DES VERTUS DE FOI, D'ESPÉRANCE ET DE CHARITÉ », de Foi catholique évi­demment ! Et maintenant, les théoriciens mettront en avant de splendides discernements des esprits ! Saint Ignace devait l'entendre autrement.

Après les paroles du Pape, est-il besoin de dire que :

LA PRÉTENDUE SPIRITUALITÉ CHARISMATIQUE N'EST PAS CONFORME A LA SPIRI­TUALITÉ TRADITIONNELLE CATHOLIQUE. Rien n'est si opposé à la spiritualité tradition­nelle et à la théologie catholique que l'insertion d'une effusion, surtout constatable, de l'Esprit entre la grâce sanctifiante et ses ramifications d'origine sacramentelle d'une part et d'autre part l'effort de l'âme aidée des grâces actuelles. Est formellement anti-théologique la certitude que le Seigneur veut nous faire expérimenter sensiblement son Esprit et présence. Que l'expérience réponde immé­diatement au désir est contraire à la spiritualité traditionnelle. Contraire à la tradition est l'attente d'une expérience personnelle, hors des étapes de la purification nécessaire, sous prétexte que, Vati­can II a démocratisé la sainteté, que tout le monde est saint sans tendre à la sainteté. Contraire encore cette primauté de louange sur les larmes de regret qui doivent jaillir de nos yeux pécheurs et les larmes de tristesse devant les souffrances passées du Christ vivant et actuel. Cette exaltation de la louange est un facteur émotionnel et une mise en condition. Cette louange affranchie de tristesse ressemble à l'état d'âme du protestant, dont aucun péché ne peut être remis et qui ne pleure plus les souffrances du Christ parce qu'il est ressuscité, L'Église catholique pleure pendant le Carême et le temps de la Passion. Rien n'est plus contraire à la spiritualité traditionnelle que cette insistance à dire qu'avec l'Esprit, le charismatique reçoit la loi gravée dans son cœur, que l'expérience de l'Esprit est expérience de Vérité opposée à la Vérité « abstraite et purement rationnelle » : dangereux Illuminisme autant pour la Religion que pour l'État.

IL N'Y A PAS DE MYSTIQUE CHARISMATIQUE : Une des plus incroyables prétentions mouvement est de vouloir faire passer son expérience pour une expérience mystique. Paul VI a réfuté cette prétention. Cette expérience est souvent mentionnée chez les Ranaghan. Le cardinal Suenens réclame l'expérience pour secouer l'homme moderne. Il dit même que la liturgie nous fait « implorer les manifestations sensibles de Dieu » dans le Veni Sancte Spiritus. Dans la Vie Spi­rituelle de janvier-février 1974, page 85, sous le titre « un renouveau mystique », le père Ghislain Lafont présente l'expérience pentecôtiste comme une expérience mystique. Qu'en est-il ? Le domaine de la mystique, ce sont les sept dons du Saint-Esprit: Sagesse, Intelligence, Force, Conseil, Science, Piété et Crainte de Dieu. La contemplation infuse, connaissance et amour infus sont produits spécia­lement par l'Intelligence et la Sagesse, et l'Amour l'emporte sur les lumières de l'Intelligence :

Saint Bonaventure écrivait : (Hexaem, II, n° 32). «Si l'Intelligence n’entre pas dans l’expérience mystique, à plus forte raison : les sens.» Le simple fidèle comprend facilement. Les dons de l'Esprit- Saint sont une des trois ramifications de la Grâce : Vertus, Dons, Béatitudes, d'où découlent les fruits de l'Esprit. Or la grâce sanctifiante est surnaturelle, im­perceptible sensiblement et Dieu l'est aussi.

Quand on écrit que, dans la prétendue expérience mystique charismatique, le « renon­cement est autrement situé », cela signifie-t-il que l'expérience mystique précède la purification de l'âme et l'exercice des sept vertus théologales et morales ? Leur pratique, avant que l'on parvienne à la contemplation infuse, exige long travail et soumission. Quel Théologien mystique, quel Saint n’a jamais fait l’expérience mystique sans passer par les étapes de la sanctification de l'âme ? Saint Bonaventure, «Prince de la mystique» (Nommé ainsi par Léon XIII). écrivait que la voie directe qui mène à l’union mystique est un très grand amour du Crucifié et, pour lui Amour entraîne Imitation. Or le charismatique - ils le disent assez - porte son regard sur le Ressuscité, non sur le Crucifié.

(St Bonaventure «Itinéraire de l'âme à Dieu » Prologue n° 3. Les théoriciens du mouvement charismatique auraient intérêt à étudier les conditions et les voies de la mystique de St Bonaventure.)

Bien avant le Charismatisme, saint Bonaventure a écrit : « La porte de la Sagesse est le désir de la Sagesse », mais il dit « Sagesse » (42) et non expérience sensible. Il n'y a pas de mystique pentecôtiste ou charismatique.

Extrait de : Les Mouvements Charismatiques au regard de la Foi et de l’Église. Père Eugène de Villeurbanne. O.F.M.

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:30

L'homme charnel (c'est-à-dire l'homme humain) ne perçoit pas la réalité divine…

Ce qui inté­resse et parfois passionne l'homme d'aujourd'hui c'est la science et la technique, ce sont les affaires et le travail, c'est aussi ce que Pascal appelait le diver­tissement : cinéma, nouvelles, sport. Ne disons pas que le monde actuel est sans religion : il pratique la religion de l'argent, la religion du progrès, la religion du stade, les formes variées de la religion du monde humain.

Mais la religion du Dieu vivant ne l'intéresse guère. Même dans des pays qui ne font pas profession d'athéisme, souvent la grande niasse est pratiquement athée, pratiquement, tran­quillement et avec bonne conscience. Et parmi ceux qui sont restés fidèles à Dieu, beaucoup regar­dent la religion comme ennuyeuse, un ennui qu'il faut accepter à certaines heures, après quoi on se hâte de revenir à ce qui présente un intérêt réel.

Ainsi l'homme, éprouve facilement de l'ennui, de l'embarras, de la répugnance et, à proprement parler, une véritable hostilité à l'égard de la prière. Tout le reste lui semble alors plus attirant et plus important. Il dit qu'il n'a pas le temps... Il vaudrait bien mieux dire franchement : « Je ne veux pas prier. »

…Il pa­raît en effet incontestable que l'épaisseur, la den­sité de l'atmosphère matérialiste dans le monde actuel favorise et développe le dégoût des choses de Dieu.

Mais ce dégoût a toujours existé et a des raisons profondes dans l'homme. Il est à la fois, pourrait-on dire, anormal et naturel. Anormal, puisque tous les êtres créés sont orientés vers Dieu par leur être même et leur désir essentiel.

Comme le chantait un poète de l'Église ancienne : « Tous les êtres, ceux qui parlent et ceux qui sont muets, te proclament. Tous les êtres, ceux qui sont muets, ceux qui n'ont point la pensée, te rendent hom­mage. Le désir universel, l'universel gémissement tend vers toi. Tout ce qui est te prie; et vers toi tout être qui pense ton univers fait monter un hymne de silence... »

L'homme, plus que toute autre créature, est fait pour Dieu ; il se définit comme une faim et une soif de Dieu ; dans tout ce qu'il recherche et poursuit, plaisir sensible, joie ar­tistique, ivresse de la connaissance et de la décou­verte, satisfaction profonde de l'amour, c'est tou­jours Dieu qu'il cherche consciemment ou sans le savoir. Il semble donc normal que tous nos désirs soient tendus vers ce qui nous conduit à Dieu et que toute notre activité ait pour objet de nous préparer à ce royaume seul capable de nous béatifier.

Mais tout cela étant dit, ce dégoût des choses divi­nes, qui semble aberrant et monstrueux, peut, à un autre point de vue, paraître normal. Newman a fait un sermon intitulé : « La religion, un ennui pour l'homme naturel. »

…Cela n'insinue absolument rien contre la perfection divine et son amabilité suprême ; par là on ne fait que souligner l'imperfection de l'homme et sa misère.

On peut souvent constater que la vérité n'attire pas l'homme; non point, comme le préten­dait Renan, que la vérité soit triste, mais c'est l'homme qui est encore ténèbres et n'est pas plei­nement accordé à la lumière.

On peut constater, par expérience, que la vie de piété semble souvent en­nuyeuse. Ce n'est pas dire que la piété manque d'intérêt en elle-même, mais seulement, comme le dit saint Paul, que « l'homme charnel (c'est-à-dire l'homme psy­chique, l'homme humain) ne perçoit pas la réalité divine » (1Cor., 2, 14).

D'une manière plus précise, d'où vient que l'homme s'intéresse peu aux choses de Dieu ? C'est d'abord que toute la religion repose sur la foi, laquelle demande une abnégation continuelle aux êtres avides de voir, de toucher, de sentir, aux êtres que nous sommes. Dès lors, les vérités les plus éblouissantes nous paraissent des abstrac­tions. Sans doute nous trouvons bien naïve la ré­flexion de cette femme qu'on essayait de consoler de la mort de son fils en la faisant penser au bonheur qu'il avait de voir Dieu : « Voir Dieu, est-ce une occupation pour un jeune de vingt ans? » Mais n'avons-nous pas les mêmes naïvetés? Dési­rons-nous réellement la vision de Dieu ?

De plus, toute religion sérieuse exige des efforts qui répugnent singulièrement à « l'homme naturel ». Elle demande une vie intérieure et silencieuse. Or, même à des époques moins bruyantes que la nôtre, mieux garanties du brouhaha où nous vivons, si­lence et recueillement ont toujours été difficiles à l'homme.

« Tout le malheur des hommes, remarque Pascal, vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre... De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le re­muement ; de là vient que la prison est un supplice si horrible; de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. »

Enfin le service de Dieu demande un contrôle continuel de soi, car il n'y a pas de repos hebdo­madaire ni de congés payés par rapport aux de­voirs et aux commandements essentiels.

Cet ef­fort soutenu requiert un genre d'activité qui n'a pas le stimulant ni la récompense d'une activité na­turelle humaine, car les résultats sont acquis lente­ment, en général ne sont pas contrôlables et ne peuvent être chiffrés dans des statistiques encoura­geantes.

En face de ce monde surnaturel, le seul vraiment solide, mais qui est impalpable et semble irréel, le monde visible exerce sa séduction ; et nous sommes toujours attirés à lui par les concupiscences qui de­meurent vivaces en nous.

Voilà pourquoi il faut, sans doute, approuver hautement toutes les tentatives faites pour persua­der les chrétiens que la religion n'est pas en elle-même ennuyeuse et maussade, pour les intéresser à la Bible, pour les faire participer activement à la liturgie, bref pour leur faire vivre le christia­nisme.

Mais cet intérêt très réel demeurera tou­jours sur un autre plan que celui du monde hu­main et n'enlèvera pas à la religion son caractère d'austérité. Le catéchisme, même adapté à l'enfant, restera sévère et n'aura pas pour lui le même agré­ment que ses journaux illustrés.

La Bible, saint Jérôme en faisait déjà l'expérience, n'aura pas la séduction de certains chefs-d'œuvre littéraires. Et le drame liturgique, même compris par les fidèles, ne pourra soutenir la concurrence, pour l'imagina­tion et la sensibilité, de certains films ou de cer­taines pièces de théâtre.

Certes, Dieu se fait parfois sensible au cœur ; mais cette grâce ne nous est pas garantie et peut être rare dans une vie chrétienne. Il faut donc ac­cepter courageusement l'ennui, l'impression de mo­notonie qu'à certains moments nous inspirent les choses divines. C'est le poids de la chaleur et du jour que doivent supporter les bons serviteurs.

Dans cette souffrance il y a une valeur de purifica­tion : « Quelle affliction, dit le P. Faber, de trou­ver tant de dégoût dans le service de Dieu ! Plus nous l'aimons et le craignons profondément, plus nous nous sentons misérables d'une telle infir­mité ! »

Ne méritons pas que le Christ nous adresse le reproche qu'il fait aux disciples : « Vous n'avez pu veiller une heure avec moi ! » (Mt., 26, 40). Mais songeons que le Christ lui-même, sans avoir les concupiscences et les faiblesses de « l'homme psy­chique », a voulu librement supporter en ses heures d'agonie le poids de l'ennui et nous a ainsi mérité la grâce de le dominer.

Et par sa Passion le Sauveur nous a mérité de recevoir le Saint-Esprit, l'Esprit qui nous console parce qu'il fait pénétrer les profondeurs de Dieu et nous rend plus réel le monde invisible.

De même que l'homme découvre qu'au delà du plaisir, il y a le bonheur, de même le chrétien découvre qu'au-delà du plaisant, de l'agréable et dans l'aus­térité inévitable du christianisme, il peut y avoir et il y a la joie profonde.

Que l'Esprit-Saint nous fasse réaliser cette découverte qui transformera notre vie !

Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU Volume VI, du Père Gaston Salet S.J.

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 09:25

PSYCHOLOGIE DE LA VIE

Dans la psychologie de la vie, le déve­loppement du caractère, prend naturellement et convenablement sa place... « Cherchez, le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît. »

Il n'y a pas de meilleure méthode pour cette for­mation du caractère que celle qui commence par expliquer à l'enfant pourquoi Dieu l'a fait : c'est pour être heureux. Heureux en connaissant la Vérité, en aimant la Bonté, en cherchant à vivre la Vie véritable; bref, il deviendra un être équilibré se préparant à partir dans l'existence comme un voyageur prépare ses bagages avec discernement. Plus tard, il apprendra que la raison humaine ne suffit pas, et la Révélation complétera son instruc­tion.

Puis, si le courage lui manque parfois, il recevra la Force qui nous vient d'en haut et que nous trou­vons, entière, dans la personne du Christ.

Le biologique a trouvé sa place. L'enfant grandi sait que Dieu a mis en lui certains instincts vitaux qui demandent leur accomplissement et que, par conséquent, ils ne sont pas mauvais. Pas plus que de boire, de manger. Certes il est loisible d'en abuser — comme du feu qui réchauffe et peut brûler, comme l'eau étanche la soif et peut vous noyer.

Parmi les grandes nécessités qu'exige la bonne marche de l'univers, le maintien de la vie indivi­duelle et celui de la vie sociale sont des plus importants. La vie individuelle est maintenue par l'ins­tinct de la faim et de la soif; l'autre, par le mariage de l'homme et de la femme.

Rien n'a plus déséquilibré la psychologie de la jeunesse que la vulgarisation des principes freu­diens où l'individu est considéré avant tout sous le rapport sexuel au lieu de l'être comme homme, homme total. Le désir qui est à la base de la vie sexuelle n'est pas confiné au seul fait physique; il fait partie de la personnalité dans son ensemble; on ne peut pas plus isoler l'un de l'autre que le fait de se nourrir ne doive être isolé de notre santé. C'est l'harmonie de l'être humain tout entier qui est en jeu. Son harmonie dans l'amour.

* * * *

LE SACRIFICE CHEZ LES JEUNES

Deux choses militent en faveur de la jeunesse.

Il y a d'abord chez elle une puissance de sacrifice presque toujours inutilisée. Éducateurs ou parents négligent trop ce besoin de discipline, de solida­rité dans l'effort qui laisse les jeunes comme des soldats prêts à la bataille... sans capitaine pour les conduire. On a vu à quel point le fascisme et le communisme ont entraîné toute une génération qui avait soif d'absolu. Les faux absolus prennent la place des vrais quand on n'offre rien d'autre. Les protestations de jeunes esprits plus ou moins révolutionnaires ne prouvent pas qu'ils soient anti-sociaux. Ils protestent simplement contre la faillite des générations précédentes qui n'ont pas su résoudre pour eux le problème de l'existence.

Et puis, on juge trop souvent la jeunesse par les pires exemples qu'on en voit ça et là. C'est que le crime s'étale au grand jour, plus que la vertu.

(En 1959) Jugeons-la également sur ses plus belles, ses plus hautes expressions. On parle beaucoup de délinquance. Si nous parlions des âmes héroïques qui donnent leur vie, leur chair et leur sang, pour servir Dieu, chez nous ou dans les pays de missions..., des dizaines de milliers qui, chaque année, quittent le confort, le luxe du monde pour l'ombre de la croix où se font les saints. Ces jeunes-là ont fait le sacrifice d'un foyer, d'une route où l'on marche à deux, pour la compagnie du divin.

Il ne faut pas désespérer d'un monde où tant de jeunes se donnent à la Beauté suprême, consacrent leurs forces vitales à l'apostolat, à la contempla­tion, placent leur volonté libre dans la « liberté glorieuse des enfants de Dieu » et toute leur vie — instinctive, biologique, mentale, sociale — dans l'Amour qui ne finit pas. Et cela, non par dégoût du monde, mais au contraire parce qu'ils aiment le monde au point de se sacrifier pour lui.

Extrait de : NOTRE VIE A UN SENS, il faut le choisir. (1959) Mgr FULTON J. SHEEN

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:35

Tu devrais avoir honte d'avoir renié une si belle religion…

« Du fond de l'abîme, je crie vers Vous, Seigneur. Seigneur, exaucez ma prière! »

Le travail, auquel il fut contraint jour après jour avec ses compagnons d'infortune, était réellement à peine supportable. Du grand matin jusqu’à la tombée de la nuit, Vincent dut creuser des fossés d'écoulement d'eau.

Le soir il rassemblait ses dernières forces pour se traîner jusque dans sa cabane.

Il fut bientôt atteint par la malaria. Durant des jours, il demeura étendu sur sa paillasse, torturé par la fièvre et la soif.

Son compatriote le soignait aussi bien qu'il le pouvait. Puis ce fut au tour de Vincent encore malade de s'occuper de son compagnon pris d'un accès de fièvre.

En octobre seulement la terrible chaleur diminua un peu. Comme les fossés étaient terminés, l'effroyable corvée prit fin. Dès les premières chutes de pluie, Vincent manœuvra la noria d'un puits servant à l'irrigation des champs. C'était un travail relativement facile qui laissait beaucoup de temps pour réfléchir.

Il savait que dans sa triste situation il ne pouvait rien faire de mieux que s'abandonner à la volonté de Dieu. Il retrouva ainsi l'équilibre de son âme et souvent pendant son travail il chantait les psaumes qui avaient jadis consolé David dans ses plus pénibles épreuves.

Un jour Fatma, une des trois femmes de son maître, le surprit en train de chanter. Elle l'écouta un moment avec plaisir, puis elle s'approcha et demanda à son esclave de lui expliquer le sens de ces paroles étrangères.

Vincent lui traduisit les versets latins :

« C'est le Seigneur qui me mène et rien ne me manquera. Quand même je marcherais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car vous êtes avec moi.

— Crois-tu ce que tu dis ? demanda la musulmane.

— J'y crois plus fermement qu'à l'existence de ma main et de mon œil.

— Tu as donc une belle et consolante croyance. Parle-moi de ta religion. Pendant que la femme demeurait assise au bord du puits, Vincent lui expliqua les mystères de la foi chrétienne. Il lui parla du Fils de Dieu qui était né dans une crèche pour devenir notre frère et qui était mort sur une croix pour nous racheter.

« Nous aussi, les femmes ?

— Assurément. Le Christ est mort pour tous, afin de nous ouvrir les portes du paradis.

— Le Prophète aussi parle du paradis. Mais il est réservé aux hommes.

— Le ciel est ouvert à tous, aussi aux femmes.

Ta foi est donc plus belle que la nôtre, s'écria la musul­mane en battant des mains avec enthousiasme. Tu m'en reparleras souvent. Mais à présent, chante encore un des beaux cantiques !…

« Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. Ceux qui nous avaient emmenés captifs nous demandaient de chanter des cantiques : Chantez-nous quelqu'une des hymnes de Sion! Comment chanterions-nous le cantique du Seigneur sur une terre étrangère?... »

Lorsque Vincent lui eut expliqué la signification de ce psaume, les yeux de la femme se remplirent de larmes et elle regagna en silence sa maison.

Le soir elle raconta à son époux ce qu'elle avait entendu.

« Qui t'a parlé de la religion des chrétiens ? demanda Gautier en tremblant de colère. C'est sans doute ce curé français. Je vais lui faire découper la peau en lanières à coups de fouet, pour avoir osé jeter son regard sur toi.

« Tu ne lui feras rien ou bien je t'arrache les yeux, dit Fatma. Du reste, tu devrais avoir honte d'avoir renié une si belle religion. » Sur ces mots, elle sortit de la chambre laissant son mari tout seul.

Comme c'était la femme préférée du renégat, il n'osa pas punir son esclave. Quant à Fatma, chaque jour elle venait voir le prêtre et se faisait enseigner par lui la religion chrétienne. Lorsqu'il en vint à lui parler de la Sainte Vierge et lui décrivit en termes enflammés sa puissance et sa bonté, l'enthousiasme de la musulmane ne connut plus de bornes.

« Il faut que mon mari retourne à cette foi magnifique qu'il a abandonnée », déclara-t-elle d'un ton résolu.

Le même jour, elle lui parla de nouveau et le renégat eut beau s'insurger, il sentit que se réveillait au-dedans de lui quelque chose qu'il croyait définitivement disparu. Et lorsqu'il entendit dans la bouche de son épouse bien-aimée le message de la Reine du ciel, il garda un silence ému.

Cette nuit-là, il ne trouva pas le sommeil. Il se rappelait le temps où il allumait des cierges devant l'image de Notre-Dame et chantait de tout son cœur des cantiques. Il revoyait la statue de la Vierge sur l'autel de l'église paroissiale, il se revoyait à genoux devant elle et demandant la grâce de mourir plutôt que de perdre la foi.

Il y avait bien longtemps de cela et il n'aurait jamais cru que ce souvenir pourrait revenir un jour. Or il était là, s'enfonçant comme une flèche de feu dans son âme et ne le laissant plus en repos.

Au cours de cette nuit, il se rappelait ses vœux de se consacrer au service de Dieu et aussi le jour où, pour sauver sa vie, il avait renié la foi.

Bien des années étaient passées depuis et il s'était efforcé de bannir de ses pensées tout souvenir de cette époque-là. Mais depuis l'heure où ce prêtre Vincent l'avait regardé de ses yeux étrangement perçants, la pensée du temps jadis était revenue et ne le quittait plus.

Le vent du désert hurlait autour de la maison. L'air était comme du plomb fondu et faisait de chaque respiration un supplice. Et dans les gémissements de la tempête, il entendait sans cesse le même cri qui le remplissait de crainte et d'épouvanté : « Judas! Judas! »

II avait le front trempé de sueur. Il se leva en gémissant, serrant les poings sur ses oreilles, il courut comme un fou à travers les corridors et les pièces de sa maison. Il trouverait bien quelque part un coin où il n'entendrait pas ce cri d'épouvante. Mais partout se faisait entendre la voix accusatrice qui surgissait des profondeurs de son âme tourmentée : « Judas! Judas! »

« Je le ferai déchirer sous le fouet, ce prêtre maudit, dit-il, en retombant enfin sur son lit. Oui, je le ferai périr sous le fouet. C'est seulement quand il sera mort que je trouverai le repos. »

Mais, dans les ténèbres, la même voix disait : « Non, tu ne trouveras jamais, jamais plus le repos, même si tu le fais tuer. Judas est allé se pendre. Fais attention, fais attention! A toi aussi, il ne reste que la corde. »

« Je n'y tiens plus, gémit le renégat. Non, je ne le tuerai pas, je lui dirai tout. Oui, je lui dirai tout. Peut-être... peut-être pourra-t-il me venir en aide. Peut-être, peut-être! »

Sur le matin seulement, il sombra dans un sommeil de plomb.

Une fois réveillé, il fit venir Vincent. Assis sur un fauteuil, les mains crispées sur les bras de son siège, il regarda longtemps en silence le prêtre qui venait d'entrer.

« Vous m'avez fait appeler, maître, dit Vincent. Est-ce que vous n'êtes pas bien ?

Je viens de passer une nuit terrible, bégaya Gautier.

— Oui, la nuit a été mauvaise. Mais elle a été aussi une nuit de salut. Le commerçant de Nîmes qui couchait près de moi a été enfin libéré, dit Vincent.

Libéré ? Libéré ? Comment a-t-il été libéré ?

Il est mort sur le matin dans mes bras. Je l'ai réconcilié avec Dieu.

Oui, oui, tu es prêtre. Tu peux réconcilier et sauver, n'est-ce pas? Tu le peux?... Dis-moi donc, y a-t-il un abîme tellement profond que le pouvoir du prêtre ne l'atteint pas ?

— Si bas que puisse tomber un homme, le bras du prêtre peut toujours l'atteindre, dit gravement Vincent.

— Si cet homme était un Judas, s'il était celui dont la Bible dit qu'il vaudrait mieux qu'il ne fût pas né ?

— S'il lève seulement un doigt, le prêtre le retirera de l'abîme.

— Assieds-toi, assieds-toi et écoute-moi! Je t'ai dit que dans ma jeunesse j'ai servi à l'autel. Mais j'étais plus, beaucoup plus qu'un enfant de chœur. Je portais l'habit de saint François. Oui, j'étais religieux. Je m'étais donné à Dieu par les saints vœux de religion. J'étais moine et prêtre, prêtre comme toi

Je le soupçonnais, maître.

— Tu le soupçonnais ? Comment pouvais-tu t'en douter ?

Vous n'auriez pas pu autrement avoir une haine aussi enflammée. Et vous haïssiez, parce que vous ne pouviez pas entièrement étouffer l'amour.

Guillaume Gautier demeura un moment comme pétrifié, puis il se remit à parler d'une voix oppressée.

Je vais tout te raconter. Il y a bien des années, j'ai subi le même sort que toi. Au cours d'un voyage sur mer, pour me rendre dans un couvent d'Espagne où m'avait envoyé la volonté de mes Supérieurs, je suis tombé aux mains des pirates. Ils me vendirent à l'homme qui, avant moi, exploitait ce domaine. J'ai logé dans le même trou que toi. Moi aussi, j'ai creusé des fossés et j'ai été attaché comme une bête à la charrue. Quand je tombais de fatigue, le surveillant me frappait avec son fouet. J'ai supporté cette vie pendant des années. J'ai enduré tout ce qu'un homme peut endurer. Ensuite, je me suis effondré. Je n'en pouvais plus. Je suis allé trouver mon maître et devant lui j'ai renié ma foi, j'ai maudit le Christ et tous les saints pour sauver ma vie. Dès lors, mon maître me regarda comme son propre fils et quand il mourut peu de temps après, il fit de moi son héritier. Et maintenant, juge-moi ! Dis-moi que tu condamnes celui qui est devenu un Judas devant son Sauveur.

Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, répondit Vincent profondément ému.

— Je suis alors devenu le maître d'un domaine immense et d'innombrables esclaves. J'étais riche, très riche. Je pris trois femmes, croyant pouvoir oublier dans leurs bras ce que j'avais laissé derrière moi. Et je crois que j'y aurais réussi. Mais tu es venu et j'ai reconnu que tout avait été inutile, que ma vie se dressait contre moi et que ce que j'avais été jadis se levait chaque jour devant moi, pour finalement me pousser au désespoir. Oui, je suis un Judas et je reconnais que depuis des semaines je cache chaque corde devant moi.

Comme vous avez dû souffrir, mon frère, mon malheureux frère! dit Vincent tout bouleversé. Mais vous devez savoir que chaque jour j'ai prié pour vous. Et maintenant, le miracle est arrivé. La nuit est passée et s'est changée en lumière.

Aidez-moi à atteindre la lumière, frère! Aidez-moi! Gémit le renégat d'une voix à peine perceptible. Dites-moi ce que je dois faire!

— Retournez en Europe et priez l'Église de recevoir dans ses bras l'enfant prodigue!

— Il me faudrait laisser tout ce que je possède. Mon domaine, ma maison, tout mon avoir, mes femmes. Oui, je ne pourrais pas rester ici. La colère du sultan m'écraserait, s'il apprenait ma conversion.

Que pèse la colère du sultan contre l'amour du Père éternel ?

— Vous avez raison. Je veux me convertir et retourner dans la maison de mon Père. Mais d'abord, je vais vous affranchir. Oui, je vous rends la liberté. Je vous ferai reconduire à Tunis avec une caravane et vous pourrez y trouver un vaisseau pour l'Europe.

Je ne partirai pas sans vous, répliqua Vincent d'un ton résolu.

Bon. J'y réfléchirai, dit Gautier en poussant un grand soupir de soulagement.

Mais il fallut encore plusieurs mois avant qu'il trouvât la force de tout abandonner et de fuir avec son esclave. Un jour de juin de 1607, tous deux montèrent en cachette dans une barque de pêcheurs qui les amena au port d'Aiguës Mortes, près de Nîmes.

Ils se rendirent ensemble à Avignon où le vice-légat du Pape, Mgr Montorio, réintroduisit solennellement le renégat dans la communion des fidèles, au cours d'une cérémonie dans l'église Saint-Pierre.

Pleurant de bonheur, le converti serra son ancien esclave dans ses bras et lui demanda pardon pour tous les maux qu'il lui avait infligés jadis.

Peu de temps après, il entra chez les Frères de saint Jean de Dieu pour servir dorénavant Dieu et les malades et faire pénitence pour sa trahison.

Vincent demeura d'abord au service du vice-légat.

Mgr Montorio ne se lassait pas d'entendre les aventures de son protégé. Il était surtout fasciné par les rares connaissances que Vincent avait acquises dans la maison du médecin turc…

Finalement il ne voulut plus se séparer de lui, et lorsque ses fonctions prirent fin à Avignon, il l'emmena avec lui à Rome vers la fin de l'automne de l'an 1607.

A suivre…

Extrait de : LE PÈRE DES PAUVRES, Saint Vincent de Paul. (Casterman 1959)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0