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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 11:56

Croire à l'existence de Dieu, à l'immortalité de l'âme, aux récompenses et aux châtiments dans l'autre monde et vivre, néanmoins, comme si l'on était persuadé du contraire, est une inconséquence dont le principe ne peut se trouver que dans l'ignorance ou le libertinage.

Aussi la Religion Catholique n'a-t-elle pas d'ennemis plus à craindre que l'aveuglement de l'esprit et la dépravation du cœur. Il y aurait moins d'incrédules si la Religion était mieux con­nue et il n'y en aurait pas un seul si les hommes étaient sans passions. Mais ni la coupable négligence des uns, ni la corruption des autres, ne feront jamais que ce qui est ne soit pas.

Or, le consentement unanime des peuples, le sens intime de chaque homme, l'univers et tout ce qu'il contient, sont autant de témoins qui attestent l'existence de Dieu. La pensée, la volonté, l'intelligence de l'âme sont autant de preuves de sa spiritualité et, par conséquent, de son immortalité.

Cela étant, comment expliquer la stupide indifférence de celui qui, sans précaution et sans crainte, ose s'avancer vers le terme fatal qui doit décider de son .éternité ! Je ne sais, dit-il, ce que je deviendrai un jour : tout ce que je puis dire, c'est que je mourrai et qu'en sor­tant de ce monde, je tomberai ou dans le néant comme la brute, ou entre les mains de Dieu pour être jugé. Je sais que, s'il y a un Dieu, il doit punir ceux qui, comme moi, ne se mettent nullement en peine de le servir ; tout me dit que ce Dieu existe, mais, parce que cette croyance gênerait mes inclinations, je préfère ne rien croire jusqu'à ce que je le voie. Peut-être qu'il ne sera plus temps alors de me repentir ; le témoignage de la foi, celui de l'univers et celui de ma propre conscience me l'assurent même: mais n'im­porte, et malgré l'évidence, j'espère qu'il n'en sera rien.

Peut-on se rendre compte de l'aveuglement de celui qui se joue ainsi de son sort éternel ? Car peut-il croire de bon­ne foi que le sort de l'homme pervers puisse être le même que 'celui de l'homme vertueux ? Le Dieu de toute justice regarde-t-il du même œil le vice et la vertu, l'impie qui le blasphème et le juste qui l'adore dans un saint trem­blement !

De toutes les connaissances, la véritable Religion est donc la plus importante pour l'homme ; c'est elle qui le modère dans la prospérité et le soutient dans l'adversité, lui apprenant que le temps n'est rien, mais que l'éternité est tout ; c'est elle qui assure la tranquillité des États, en apprenant à obéir aux puissances établies de Dieu, non seulement par la crainte du châtiment, mais par une obligation de cons­cience ; c'est elle qui forme le prince clément et le sujet fidèle, le maître juste et le serviteur probe, le magistrat intègre et l'ami véritable. Non seulement elle défend l'u­surpation du bien d'autrui, elle en interdit même le désir ; elle va plus loin encore, elle veut qu'on partage son pain avec celui qui est dans le besoin ; elle condamne non seu­lement le meurtre et la vengeance, mais elle ordonne le pardon des injures et l'amour des ennemis ; elle veut que nous fassions du bien à ceux qui nous font du mal et que nous priions pour ceux qui nous persécutent. "Chose étonnante ! dit Montesquieu, frappé de ces vérités, la Religion qui paraît n'être que pour l'autre vie, fait encore le bonheur de l'homme en ce monde. La société sans religion, dit le trop fameux Voltaire, ne serait qu'un repaire de bêtes féroces."

Concluons donc et disons que rien n'est plus important pour l'homme que l'étude de la Religion ; elle-même lui en fait une obligation : le premier devoir qu'elle impose est l'étude de ses préceptes et si elle demande la croyance de ses mystères, elle veut aussi qu'on reconnaisse les raisons qui en prouvent l'existence. Malheur donc à l'impie qui, blasphémant ce qu'il ignore, ose traiter avec mépris et re­garder comme préjugés populaires les vérités les plus cer­taines et les plus respectables ! Vérités que les plus grands génies ont reconnues après les avoir examinées avec soin, et qui, par suite d'une entière conviction, leur ont sacrifié leurs affections les plus tendres.

Jeunes gens, qui allez entrer dans le monde, n'oubliez jamais les préceptes de l'église ; soyez fidèles à vos devoirs ; ne vous laissez entraîner ni par les railleries ni par les exemples de ceux qui ont lâchement abandonné le sentier de la vertu.

Ne lisez que de bons livres, afin de vous instruire de plus en plus des vérités de la Religion ; plus vous serez instruits, plus vous serez fermes dans la foi ; plus vous étu­dierez la Religion Catholique, plus vous y trouverez des caractères de divinité. Ne vous laissez jamais éblouir par les vaines subtilités de l'irréligion ; ne prenez jamais des blasphèmes pour des raisons, ni des plaisanteries pour des preuves. Fuyez les mauvaises compagnies ; elles corrompent les bon­nes mœurs. Fuyez le vice et vous conserverez la foi.

Si, cependant, vous aviez le malheur de vous égarer, re­venez à Celui qui vous tend les bras et qui ne rejette ja­mais celui qui implore sa clémence : Ne sacrifiez pas votre éternité à un vil et méprisable respect humain.

histoire : Un de ces Chrétiens, qui n'ont du Christianisme que le Baptême, et qui n'avait jamais su son Catéchisme ou qui l'avait entièrement oublié, voulut (sans doute après une conversion sincère et dans les sentiments d'une profonde hu­milité) qu'on gravât sur sa tombe cette épitaphe : " Ci-gît l'insensé qui est sorti de ce monde sans presque se demander à "lui-même pourquoi il y était venu."

Note du rédacteur du blog : Il est évident que l’on parle ici de la véritable Église Catholique et de son enseignement d’avant le fameux concile hérétique de Vatican II.

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 09:24

L'existence de l'univers et l'ordre qui y règne suppose nécessairement une cause puissante et sage.

Cette cause est Dieu ; c'est lui qui a créé toutes choses et qui règle tout selon les lois éternelles de sa divine sa­gesse. Parmi les créatures que nous voyons, l'homme seul est doué d'intelligence et de liberté ; il est seul capable de connaître, de vouloir et d'aimer ; mais Dieu, étant la sa­gesse même, n'a pu donner ces facultés à l'homme qu'afin qu'il les employât à sa gloire.

Ces vérités, que personne ne peut révoquer en doute, prouvent invinciblement la nécessité d'une religion, c'est-à-dire de ce rapport d'obéissance et d'amour de la créature intelligente envers son Créateur. Vainement dira-t on que Dieu est trop grand, trop élevé au-dessus de nous pour s'intéresser a l'honneur que nous lui rendons. Sans doute, Dieu n'a pas besoin de nos hommages, mais il est juste, et ainsi il doit vouloir ce qui est conforme à la raison et à l'ordre : or, il est dans l'ordre que la créature honore son Créateur et qu'elle lui témoigne son amour et sa reconnaissance

Est-il au pouvoir d'un père de dispenser ses enfants do l'amour et du respect qu'ils lui doivent ?

Dieu est notre père, nous devons l'aimer ; il est infini­ment bon, nous devons nous attacher à lui ; il est juste et tout puissant, nous devons le craindre et le respecter. C'est lui qui nous a créés, c'est lui qui nous conserve l'être et la vie ; tous les avantages dont nous jouissons, nous les te­nons de sa main libérale et il nous prépare des biens infi­niment plus précieux que ceux qu'il nous a déjà donnés : c'est donc avec raison qu'il exige de nous un culte reli­gieux.

Ce culte doit être intérieur et comprendre toutes les fa­cultés de notre âme ; il doit être extérieur, afin que notre corps puisse concourir en sa manière à l'honneur que l'homme rend à Dieu ; il doit aussi être public, parce que les hommes, étant destinés à vivre en société, doivent se réunir pour bénir et adorer ensemble Celui qui les a tous créés.

Sans un culte fixe et invariable, la Religion ne pourrait subsister longtemps parmi les hommes : ils ont besoin de s'édifier mutuellement et de s'exciter les uns les autres à la pratique de leurs devoirs. Aussi, dès l'origine du monde, les hommes se sont-ils réunis pour rendre ensemble leurs hommages au Seigneur ; partout on trouve un culte public rendu à la divinité. La même lumière qui découvre à l'homme l'existence d'un être de qui il dépend, lui fait aus­si l'obligation de l'honorer. Ce culte, alors même qu'il est égaré chez les nations infidèles, a toujours eu la même ori­gine, c'est-à-dire le besoin d'honorer une puissance suprê­me, un Dieu créateur et conservateur, une Providence qui règle tout. Tant il est vrai que l'homme entend sans cesse une voix intérieure qui crie : Hommage au maître de la vie.

Extrait du: NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 14:09

Tu ne feras pas de moi un renégat

Je serais fou, si je voulais échanger l'or de la pure doctrine de l'Évangile contre le plomb de l'Islam… Expérience de Vincent de Paul comme esclave… Par la barbe du Prophète, affirma le pêcheur, l'aspect est trompeur. En tout cas, mon esclave est extraordinairement robuste, c'est un véritable géant par la force.

— Tu ne saurais me tromper, ce garçon (Vincent) est malade et aura besoin de longs soins avant de pouvoir se rendre utile. Je suis médecin et je m'y connais. Qu'est-ce que c'est que ce chiffon à sa jambe ? Est-ce qu'il est blessé ?

— Une simple écorchure, ce n'est pas la peine d'en parler.

— Je vais m'en rendre compte. Le Hekim défit le pansement, examina la blessure et en pressant fit sortir du pus. Voilà quelque chose qui n'est pas beau. Non, garde ton esclave, je n'en veux pas. »

Le pêcheur leva les bras au ciel, s'arracha la barbe et jura que la blessure serait complètement guérie en peu de jours.

Vincent, qui n'avait appris encore auprès de son maître que quelques mots d'arabe, ne comprenait pas grand-chose à la discussion. Toutefois il remarqua bientôt qu'il ne déplaisait pas au Hekim. Le médecin en effet avait vite reconnu qu'il avait devant lui un homme intelligent et cultivé qui paraissait convenir à ses projets.

Finalement on tomba d'accord, bien que le pêcheur jurât avec force lamentations qu'il avait payé beaucoup plus cher son esclave qu'il ne le vendait à présent et qu'il ne retrouverait jamais un valet aussi adroit. C'était par pure complaisance qu'il s'en débarrassait.

Une bourse changea de mains et Vincent, portant la corbeille de maquereaux, marcha clopin-clopant derrière son nouveau maître.

Il remarqua bientôt qu'il n'avait pas perdu au change. Son nouveau propriétaire était au fond un homme bienveillant et humain. Il lui accordait le repos nécessaire et par une bonne nourriture le remit bientôt sur pied en guérissant sa blessure.

Elle ne lui faisait mal désormais qu'au changement de temps.

Mais comme sans doute un nerf avait été atteint, il boita dès lors toute sa vie.

« C'est bien fait pour moi », soupirait Vincent avec contrition, en se rappelant que jadis il avait eu honte de son père à cause de la même infirmité.

Le Hekim le conduisit dans une cave où il avait installé un laboratoire. Sur une douzaine de foyers cuisaient et bouillaient d'innombrables cornues et creusets. Vincent reconnut vite qu'il se trouvait dans l'officine d'un alchimiste.

Il eut pour tâche d'entretenir constamment le feu dans les foyers et d'attiser sans cesse la flamme avec un soufflet. Le plus pénible était de supporter cette chaleur continuelle et de respirer ces vapeurs sulfureuses et méphitiques.

Comme le médecin parlait couramment latin, il était facile de se comprendre. Bientôt Vincent apprit assez d'arabe pour pouvoir s'entretenir aussi en cette langue avec son maître.

Le Hekim lui expliqua qu'il cherchait depuis cinquante ans la pierre philosophale, à l'aide de laquelle il pourrait aisément transformer en métaux précieux les matières viles. Il montra à son esclave une quantité de livres latins et arabes, d'épais volumes aux titres étranges. Il y avait des ouvrages attribués au roi de l'ancienne Égypte, Hermès Trismégiste. Il y avait également le Liber de Alchimia - Livre sur l'Alchimie, provenant soi-disant d'Albert le Grand.

Bientôt le médecin s'attacha à son esclave devenu son homme de confiance, comme s'il était son propre fils. Mais il était d'autant plus peiné que Vincent appartenait aux infidèles et se refusait opiniâtrement à prier Allah et son Prophète.

Lui-même était un homme pieux et il interrompait immédia­tement son travail, chaque fois que, du haut du minaret de la mosquée voisine, le muezzin faisait entendre son appel à la prière. Alors il se prosternait sur un tapis et récitait les invocations prescrites.

Sur sa demande instante, Vincent lut le Coran, mais il refermait toujours le livre avec un sourire attristé et comme l'Arabe lui demandait s'il ne reconnaissait pas dans les sourates du Prophète la plus pure vérité, i1 répondit :

« Si tu avais de l'or, Effendi, le transformerais-tu en plomb ?

Comment pourrais-je être aussi insensé ? répliqua le Hekim en secouant la tête.

— Eh bien! Je serais aussi fou, si je voulais échanger l'or de la pure doctrine de l'Évangile contre le plomb de l'Islam ; lui répondit Vincent.

C'est avec un tel mépris que tu juges les révélations du Prophète ? demanda l'alchimiste douloureusement ému.

— Je ne méprise aucunement le Coran, je trouve même en lui quelques traces de l'or que Mahomet a tiré d'une connaissance extrêmement superficielle de la Bible. »

Avec zèle, Vincent cherchait de son côté à convertir son bien­faiteur à la vraie foi. Le médecin l'écoutait patiemment, mais hochait la tête en signe d'incompréhension et disait :

« Ne te donne pas cette peine, mon ami. Tu ne feras pas de moi un renégat.

Alors ne demande pas cela de moi non plus », répondit Vincent.

Souvent quand il était auprès de ses cornues et ses creusets, il se disait que Dieu l'avait jeté dans les flammes de la souffrance pour purifier son âme et changer en or fin ses scories.

Il ne cessait jamais de demander au ciel sa liberté et il était fermement persuadé que la Sainte Vierge le délivrerait un jour de son esclavage et le ramènerait dans sa patrie.

Vincent servait son maître depuis presque un an, lorsque celui-ci, par une journée brûlante d'août, lui annonça avec ennui que le sultan Ahmed I, l'appelait à sa cour à cause de ses connais­sances médicales. S'il refusait, on l'emmènerait de force à Constantinople. Toutefois il espérait pouvoir revenir à Tunis dans quelque temps. En attendant, Vincent s'occuperait de sa maison et surveillerait son laboratoire.

Ils se dirent adieu en pleurant. Mais au bout de quelques semaines, un neveu du médecin lui apprit que son oncle était mort pendant le voyage et l'avait institué son héritier. Comme il ne voulait absolument pas s'occuper de son laboratoire, il n'avait plus d'emploi pour un esclave alchimiste.

Quelques jours après, il vendit Vincent à un Savoyard nommé Guillaume Gautier qui avait renié la foi chrétienne et en récom­pense avait obtenu une ferme du Grand Turc quelque part sur les pentes de l'Atlas à la limite du désert.

Son caravanier assura le transport de Vincent qui, après d'effroyables fatigues, arriva, complètement épuisé, chez son nouveau maître.

A suivre

Extrait de : LE PÈRE DES PAUVRES, Saint Vincent de Paul. (Casterman 1959)

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 10:05

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné…

Jésus a-t-il assez souffert ? Couvert d'ignominies, épuisé dans son corps par la perte de son sang qui coule de toutes ses plaies, torturé dans son coeur par tous les déchirements de l'amour, a-t-il atteint le degré suprême de la douleur, et la passion de son âme est-elle complète ? Oh non, loin de là. Il doit vider le calice jusqu'à la lie. Cette lie ne viendra pas des créatures. Elle sera ver­sée par la justice infinie d'un Dieu qui exige le châtiment absolu de Celui qui seul peut l'offrir dans toute sa perfection.

Au moment de mourir dans les affres de la plus cruelle des agonies, Jésus adresse à son Père le cri déchirant de la désolation : Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? Dans les épreuves les plus douloureuses, alors que l'homme troublé, bouleversé jusque dans le fond de son être, ne voit autour de lui que ténè­bres et tristesses, quand tout le monde le repousse avec dédain et sans pitié, il lui reste quand même la ressource d'une cons­cience qui le console par le calme de sa sécurité, ou le soutient même par la satisfaction du remords. Et surtout il peut, privé de toute consolation humaine, se tourner vers Dieu et jeter en lui une espérance qui ne trompe jamais.

Mais pour le Sauveur sur la croix, il est devenu l'iniquité elle-même, puisqu'il porte tous les péchés, toutes les offenses de l'hu­manité; et devant son Père il disparaît avec sa sainteté et son amour, pour ne laisser voir que le crime et la peine à subir. Il n'a donc rien à attendre que justice implacable et délaissement cruel.

Et pourtant c'est le Père qui jadis mettait ses complaisances dans le Fils bien-aimé, c'est lui dont Jésus a voulu en toute chose faire la volonté, c'est lui dont le Sauveur avait enseigné à tous les bontés prévoyantes, et vers qui il avait ramené la confiance humaine par la prière filiale. C'est à lui que tout à l'heure au cénacle il adressait un chant d'amour, et pour qui il voulait con­quérir l'humanité. A l'instant même, il vient de supplier son Père, et de demander le pardon pour les bourreaux qui le tourmentent. Et maintenant tout est changé; tout semble évanoui des tendres­ses divines.

Le Fils ne voit pas s'ouvrir les bras paternels, il faudra qu'il meure sans avoir senti les douceurs du pardon, ni les joies de la réconciliation, puisque c'est l'acte même de la mort qui la fera s'opérer : Mon Dieu pourquoi m'avez-vous donc abandonné.

Tout est consommé

Cherchons s'il s'est jamais trouvé quelque chose dans l'histoire des douleurs humaines, et jusque dans la passion de Jésus qui les résume toutes, qui puisse être comparée à cet état de l'âme de Jésus, ainsi privée de la seule consolation qui lui apporterait quelque soulagement.

Que sont les peines, les tourments de toute nature qui peuvent lui venir des êtres qui l'entourent, et sur lesquels il lui suffirait d'un regard pour les terrasser et les anéantir.

De ces afflictions extérieures ou même intimes qui sont l'effet de la haine ou de l'amour des hommes, il a pu lui-même fixer librement la mesure. Il est vrai que cette mesure dépasse tout ce qu'une âme humaine n’aurait jamais pu concevoir. Mais pour i'affliction qui lui vient de son Père, exerçant sur lui sa pleine justice pour le châtiment de l'humanité, dont il porte tous les crimes et par conséquent, dont il porte aussi toutes les douleurs qu'elle a méritées, cette affliction l'enveloppe comme un vêtement dont il ne peut se dégager et qui, par le caractère épouvantable de son action sur le cœur de Jésus, a pu être prédite par les prophètes comme une malédiction. Et c'est là le dernier mot de la passion de l'âme de Jésus, qu'il remet ainsi broyée entre les mains de son Père.

Mgr Joseph-Médard Emard, év. (92)

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 01:18

Pourquoi le Pape, Évêque de Rome, est-il le chef visible de l'Église?

— Le Pape, l'évêque de Rome, est le chef visible de l'Église, parce qu'il est le successeur de saint Pierre, que Jésus-Christ a établi chef des apôtres et chef visible de l'Église.

Quels sont les successeurs des autres apôtres?

— Les successeurs des autres apôtres sont les évêques de la sainte Église catho­lique.

Jésus-Christ a-t-il établi plusieurs Égli­ses?

— Jésus-Christ n'a établi qu'une seule Église à laquelle il a donné pour chefs saint Pierre et ses successeurs.

Pourquoi Jésus-Christ a-t-il fondé son Église?

— Jésus a fondé son église pour enseigner, gouverner, sanctifier et sauver tous les hom­mes.

Tous les hommes sont-ils obligés d'ap­partenir à cette Église unique de Jésus-Christ?

— Oui, tous les hommes sont obligés d'appartenir à cette Église unique fondée par Jésus-Christ, et quiconque sait que l'Église catholique est la vraie Église et refuse d'y appartenir, ne peut pas être sauvé.

Quels sont les attributs de l'Église?

— Les attributs de l'Église sont : l'au­torité, l'infaillibilité et l'indéfectibilité.

Qu'entendez-vous par l'autorité de l'Église?

— Par l'autorité de l'Église, j'entends la mission, le droit et le pouvoir qu'ont reçus de Jésus-Christ le Pape et les évêques, successeurs des apôtres, de prêcher l'Évan­gile et de gouverner les fidèles.

Qu'entendez-vous par l'infaillibilité de l'Église?

Par l'infaillibilité de l'Église, j'entends le privilège que Jésus-Christ a donné à son Église de ne pas se tromper quand elle en­seigne une vérité de foi ou de morale.

Quand l'enseignement de l'Église est-il infaillible?

— L'enseignement de l'Église est infail­lible quand le Pape avec les évêques, ou le Pape seul, s'adressant à tous les fidèles, définit et proclame une doctrine de foi et de morale.

Qu'entendez-vous par l'indéfectibilité de l'Église?

— Par l'indéfectibilité de l'Église, j'entends que l'Église, telle que fondée par Jésus-Christ durera jusqu'à la fin du monde.

En quelle personne ces trois attributs de l'Église sont-ils réunis?

— Ces trois attributs de l'Église se trou­vent réunis, dans leur plénitude, en la per­sonne du Pape, dont l'autorité et l'infail­libilité dureront jusqu'à la fin des temps.

Quelles sont les marques ou notes par lesquelles on peut reconnaître l'Église?

— L'Église a quatre marques ou notes par lesquelles elle peut être reconnue: elle est une, sainte, catholique et apostolique.

Comment l'Église est-elle une?

— L'Église est une, parce que tous ses membres ont la même foi, sont tous dans une même communion et soumis au même chef.

Pourquoi dites-vous que l'Église est sainte?

— Je dis que l'Église est sainte, parce que Jésus-Christ, son fondateur, est saint, et qu'elle peut nous sanctifier par sa doc­trine et ses sacrements.

Comment l'Église est-elle universelle ou catholique?

— L'Église est universelle ou catholi­que, parce qu'elle ne doit cesser d'exister qu'à la fin du monde, et qu'elle enseigne toutes les nations, et maintient toutes les vérités nécessaires au salut.

Comment l'Église est-elle aposto­lique?

— L'Église est apostolique, parce qu'elle a été fondée par Jésus-Christ sur les apôtres, qu'elle est gouvernée par leurs successeurs légitimes, et a enseigné et enseignera tou­jours leur doctrine.

Ces notes et attributs se trou­vent-ils ailleurs que dans l'Église catholique romaine ?

— Ces notes et attributs ne se trouvent pas ailleurs que dans la sainte Église catho­lique romaine.

Extrait du : CATÉCHISME des Provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa. Québec 1944

Réflexion de la rédaction du blog :

Voir ou revoir :

Le décret perpétuel de Saint Pie V, concernant la Sainte Messe.

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-quo-primum-tempore-1570-98982901.html

Lire la vie du Père W. J. Ciszek, qui a passé 23 ans en milieux hostile à la religion catholique, démontre qu’un vrai missionnaire ne se laisse pas intimider par les épreuves sataniques et sait compter sur la Divine Providence qui est toujours au rendez-vous, si on a foi en Lui. https://www.google.ca/?gfe_rd=cr&ei=fTHeVP3rKIKbhQSa9YCwCA&gws_rd=ssl#q=l%27espion+du+vatican+-+w.+j.+ciszek

Lorsque l’on a appris que l’Église catholique est le seul moyen de salut, faut-il se surprendre que les ennemis aient tout fait, depuis le fameux concile hérétique dit Vatican 2, pour nous faire croire que salut était par prédestination, réglé d’avance. C’est faux, nous sommes tous destinés à la récompense éternelle, qu’est le CIEL.

Ce qui y fait obstacle, c’est notre libre arbitre. Nous sommes libre de travailler à gagner la récompense ou de profiter de ce que le démon vous donne comme plaisir temporel.

Si vous choisissez le temporel, il est évident que vous n’aurez pas cette éternité de bonheur.

Pensez y bien…

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 11:52

« SOUVIENS-TOI, HOMME QUE TU ES...»

La Sainte Église, en marquant de cendres le front de ses enfants, leur adressait ces graves et austères paroles : «Souviens-toi, homme que tu es poussière et que tu retourneras en poussière».

Il y avait de la part de l'Église, dans cette cérémonie symbolique de l'imposition des cendres, une éloquente prédication et une pres­sante invitation. Elle prêchait la certitude de la mort et elle invitait à la pénitence.

Méditation sur la mort

La cendre et la poussière sont des signes de destruction et de mort. Souvenez-vous que vous êtes poussière. En effet, Dieu a formé le premier homme de la poussière, du limon de la terre. N'êtes-vous pas tous ses descendants ? Vous venez donc de la poussière. Vous êtes les enfants de la poussière, ou encore comme dit Tertullien un peu de boue édifiée en homme.

Il n'y a vraiment pas de quoi vous enorgueillir, ni vous enfler de vanité.

D'ailleurs, non seulement vous êtes poussière, mais vous re­tournerez en poussière. Votre corps, tiré de la terre, y retournera pour y être livré à la pourriture. Et lorsque les vers auront rongé votre chair, vos ossements seront brisés, broyés, écrasés, réduits en poussière. Vous mourrez un jour, ne l'oubliez surtout pas. Vous venez de commencer une nouvelle année, peut-être n'en verrez-vous pas la fin. Qui que vous soyez, il vous faudra mourir. La mort n'épargne personne. Nul ne peut lui échapper. C'est Dieu lui-même qui l'a décrété : nous mourrons tous un jour. Personne ne pourra jamais réviser ou casser cet arrêt.

Et cependant, cette mort si certaine, elle vous surprendra. Nô­tre Seigneur lui-même l'a déclaré formellement dans le Saint Évangile : Le Fils de l’homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas. Mais, consolez-vous, il nous a aussi appris en deux mots à nous mettre en garde contre les surprises de la mort.

Soyez prêts, a-t-il dit.

L'êtes-vous en ce moment ?

Invitation à la pénitence

La cendre et la poussière ne sont pas seulement le signe de la destruction et de la mort, ils sont encore la marque de la douleur et de la pénitence. Il y en a de nombreux exemples dans l'ancienne loi.

Job disait : Seigneur, je m'accuse de ma faute et je vais faire pénitence en me couvrant la tête de cendres. Judith, Esther, Mardochée, les Ninivites firent également pénitence dans le cilice et la cendre.

L'Église a conservé cet ancien usage. Elle impose de la cendre sur la tête de ses enfants pour leur rappeler l'obligation où ils sont de faire pénitence. Ne l'oubliez pas, votre vie n'ira pas s'étein­dre et finir dans le fond d'un tombeau.

La mort transforme, elle ne détruit pas. Il est vrai, vous serez réduits en poussière. Mais cette poussière n'est pas une poussière comme une autre. C'est, je dirais, une poussière à part, qui a été considérée comme sacrée dans tous les temps et chez tous les peuples. Car un jour, vous vous lèverez de cette poussière pour vous revêtir d'immortalité.

S'il est certain que vous mourrez, il ne l'est pas moins que vous ressusciterez.

Quelle sera votre résurrection ?

Ressusciterez-vous pour être glorieux avec les élus ou pour être éternellement malheureux avec les réprouvés ?

Tout dépendra de votre pénitence.

Car la parole du Maître est là, et elle s'adresse à tous : Si vous ne faites pénitence vous périrez tous. Voilà pourquoi l'Église profite de cette période du carême pour inviter instamment ses enfants à la pénitence.

La cérémonie de l'imposition des cendres doit vous rappeler deux grandes vérités :

Il faut mourir...

Étés-vous prêts à entreprendre le mystérieux passage du temps à l'éternité ?

Sans la pénitence, pas de salut possible... Quelle pénitence avez-vous faite de vos fautes passées ?

Voulez-vous vous préparer à faire une bonne et une sainte mort !

Vivez dans la pénitence à l'exemple des saints.

J.-S. Garant, c.ss.r. (69)

Note de la rédaction du blog : On parle ici de la véritable Église, celle qui a précédé le concile hérétique de Vatican II

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956 Fréchet & Bertrand

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:55

Paroles de lumière

«Servez-vous de votre Ange Gardien, ne le laissez pas inactif, envoyez-le à tous. Envoyez-le à ces innocents qui meurent de faim, afin qu'ils soient réconfortés» (19 février 1966).

«Priez, intercédez, envoyez votre Ange gardien jusqu'aux confins de la terre, afin que tous puissent recevoir Jésus dans la Sainte Eucharistie, que tous puissent avoir le baiser de Jésus, que tous puissent se sauver, car tant d'âmes vont à la perdition». (Poésie d'amour : le baiser de l'Ange, baiser de Jésus : qui fait échec au baiser de Judas.)

«Envoyez-le aux consacrés, afin qu'ils puissent s'approcher des malades, qu'ils puissent les réconforter, leur donner paix et amour» (8 avril 1966). (Les malades de l'âme, bien entendu, par priorité. Mais aussi, les malades du corps... et de l'esprit.)

«Envoyez-le jusqu'aux extrémités de la terre, là-bas, dans les missions, dans les terres étrangères, auprès des missionnaires et des religieuses» ! (15 avril 1966). (L'Ange, messager de Dieu et messager de l'homme, apôtre du Christ Jésus.)

«Envoyez-le au Saint-Père, afin qu'il aille le consoler, car il est au milieu d'une grande épreuve, d'une grande lutte. Il est là, sur la Croix lui aussi, avec Jésus» (27 mai 1966). (Paul VI, martyr de l'âme.)

«Appelez souvent vos Anges gardiens ; ils vous guideront sur le chemin de la vertu» (5 août 1966).

«Servez-vous de votre Ange gardien, pour qu'il aille partout, spécialement auprès des malades qui, en ce moment, sont à l'agonie (15 août 1966).

«Envoyez-le dans les maisons, pour qu'elles puissent avoir cette même foi que vous, afin que tous puissent être sauvés (22 août 1966).

«Le long du chemin, votre Ange gardien vous suivra pas à pas, vous gardera de tout danger» (23 septembre 1966).

«Envoyez ma parole jusqu'aux extrémités de la terre, par vos Anges gardiens, par des lettres et autres manières...

Enfin : «Écrivez, parlez, annoncez que la Maman céleste vient pour vous sauver» (27 octo­bre 1967).

Conclusion

Raphaël est un ange puissant, le seul ange auquel la Bible consacre un livre entier, le Livre de Tobie, où il tient le rôle principal du commence­ment à la fin.

La Tradition nous apprend que les événements racontés dans l'Ancien Testament figurent d'autres événements qui viendront dans le Nouveau Testament. De nombreux patriarches annoncent le Messie. Des scènes ou des épisodes préparent son enseignement et la fondation de son Église. L'histoire du Peuple de Dieu préfigure l'histoire de l'Église, et même en quelque sorte le cheminement spirituel de chaque chrétien.

Le Livre de Tobie en particulier annonce et prophétise aussi certaines réalités de la Nouvelle Alliance. Tobie père envoie son fils Tobie au loin pour réclamer une somme d'argent de Gabelus. Le jeune voyageur qui se cherche un guide rencontre providentiellement Raphaël, dont il ignore l'identité mais grâce à qui le voyage s'avère très fructueux. Sur le conseil de son guide, Tobie prend une épouse dans la personne de Sara, après qu'elle a été délivrée, par miracle, du démon qui faisait mourir ses1 fiancés précé­dents... Le fils rapporte aussi le fiel d'un poisson pour redonner la vue à un père aveugle...

Si Tobie père représente le chrétien vertueux, juste et patient dans l'épreuve, le jeune Tobie n'est-il pas la figure de tout homme, voyageur en marche vers la patrie céleste sur des chemins difficiles, infestés d'ennemis --les démons. On peut penser que le ministère de Raphaël en faveur de Tobie illustre bien l'assistance de l'ange gardien qui accompagne chacun de nous. Ne sommes-nous pas tous plus ou moins aveugles lorsqu'il s'agit de distinguer les biens spirituels des biens matériels? Et ce que Raphaël a fait pour les deux Tobie, pourquoi ne le ferait-il pas encore pour chacun de nous, les "Tobie" de la Nouvelle Alliance?

Il est d'autres fondements à la confiance aux anges qui animent les Mili­tants de Saint-Raphaël. On lit dans l'Évangile qu'un démoniaque était possédé de plusieurs démons: "Mon nom est légion!..." déclarent-ils. (Marc, 5,9). Pourquoi, a l'inverse, ne serait-il pas possible qu'une légion d'anges assiste occasionnellement les chrétiens qui les invoquent? Après tout, les anges fidèles sont plus nombreux et plus puissants que les anges déchus.

L'auteur de la présente brochure fait un raisonnement analogue à partir du message de la Salette, au sujet des démons puissants, qui ont eu la per­mission de sortir de l'enfer, depuis 1864(1964), pour persécuter l'Église dans les derniers temps. Ne convient-il pas que des anges puissants vien­nent en même temps au secours des fidèles de l'Église militante dans le but d'équilibrer les forces et de vaincre ces démons?

Le culte des anges a été bien négligé depuis quelques temps par leurs frères les hommes. Nous tenons à faire notre modeste part, afin de réparer cette négligence et intensifier la dévotion aux saints anges.

FIN de la série

Extrait de : LES ANGES dans le combat de la Vie. Jean Marty

Elogofioupiou.over-blog.com

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