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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:15

IL  FAUT HAIR  L’HÉRÉSIE

 

      Nous aimons les âmes à cause de Jésus, et non Jésus à cause des âmes.     Ainsi, il y a des temps et des lieux où nous passons de cet instinct d'amour divin à un autre, de l'amour des aines à la haine de l'hérésie.   Ce dernier sentiment offense le monde d'une façon toute particulière ; il est tellement contraire à l'esprit du monde, que, même dans des cœurs croyants et  bons, tout ce qui reste de mondanité se soulève en armes contre cette haine de l'hérésie ; c'est un levain qui aigrit les caractères les plus doux, et qui corrompt plus d'une œuvre glorieuse de la grâce.

      Maint converti, dans l'âme duquel Dieu aurait voulu faire de grandes choses, marche vers son tombeau comme un exemple d'avortement spirituel, parce qu'il n'a pas voulu haïr  l'hérésie. Le cœur qui "balance dans sa haine de l'hérésie n'est pas encore converti. Dieu est encore loin d'y régner avec une souveraineté sans partage. Les routes d'une sainteté plus élevée sont fermées devant lui. Suivant le jugement du monde et celui des chrétiens mondains, cette haine à l'hérésie  est exagération, aigreur, indiscrétion, elle est immodérée, déraisonnable exigeante, bigote, intolérante, étroite, stupide, immorale. Que pouvons-nous dire pour la défendre ? Rien qu'ils puissent comprendre, Ce que nous avons de mieux à faire est donc de nous taire. Si nous comprenons Dieu et qu'il nous comprenne, il ne nous est pas si difficile de parcourir la vie soupçonnée, mal compris et impopulaires. L'opinion doucereuse de certaines bonnes gens sans discernement spirituel adopte aussi les vues du monde» et nous condamne; car la timide bonté a une assurance et un semblant de douceur qui est loin de Dieu, et leurs instincts de charité portent de préférence vers ceux qui sont le moins hardis pour Dieu, tandis que leur timidité est assez hardie pour censurer impitoyablement. On ne peut guère, en jouissant du plein usage de ses sens, s'attacher à prouver au monde, à l'ennemi de Dieu, qu'une haine complète et catholique de l'hérésie est le fait d'un esprit droit. Nous pourrions aussi bien chercher à forcer un aveugle à juger d'une question de couleurs. L'amour divin nous place dans un cercle différent de vie, de motifs, de principes, qui non seulement n'est pas celui du monde, mais qui est en inimitié directe avec  lui. 

R.P. PABER (Le Pied de la croix).

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 22:08

LE  SACREMENT  DE   MARIAGE

 

Le mariage a été institué des le commencement du monde, lorsque Dieu donna à l'homme pour compagne la femme qu'il avait formée d'une de ses côtes et que par une bénédiction particulière, il lui accorda la fécondité. Pour rendre cette institution plus sainte encore, Jésus Christ l'a élevée à la dignité de sacrement, y attachant une grâce spéciale pour affermir cette union indissoluble et pour sanctifier ceux qui la contractent ; il l'a rendue l'image et le signe d'un grand mystère, de son union intime et éternelle avec l'Église ; par là le mariage est devenu une source de bénédictions spirituelles pour ceux qui le reçoivent avec les dispositions chrétiennes.

 Le mariage est donc un sacrement qui sanctifie et rend légitime l'union de l'homme et de la femme. C'est une vérité certaine que ceux qui se marient après avoir consulté Dieu et avec des vues chrétiennes, reçoivent par la vertu de ce sacrement des grâces pour se sanctifier en remplissant fidèlement les obligations de leur état. -Avant de se décider à embrasser cet état, il faut donc adresser à Dieu des prières ferventes pour connaître s'il nous y appelle; sans cela on contracterait témérairement et peut-être contre l'ordre de Dieu, un engagement irrévocable qu'il ne bénirait pas et où le salut serait exposé à un grand danger. Dieu ne manque jamais de faire connaître sa volonté à ceux qui l'invoquent de tout leur cœur. On doit aussi prendre conseil de ses parents : ils veulent le meilleur pour leurs enfants et ils savent mieux qu'eux ce qui peut le leur procurer ; on doit suivre leur avis plutôt qu'une inclination aveugle dans une affaire si importante, et d'où dépend le bonheur pour le temps et pour l'éternité.

Il y a trois principales dispositions pour recevoir le sacrement de mariage : le premier est de le recevoir avec une conscience purifiée de tout péché mortel, parce que le mariage est un sacrement des vivants, qui suppose la vie spirituelle de la grâce dans ceux qui le reçoivent. Le concile de Trente exhorte les personnes qui veulent entrer dans cet état de s'approcher de la sainte Eucharistie, pour attirer sur elles les bénédictions du ciel. La seconde disposition est de le recevoir dans l'intention de faire la volonté de Dieu et de le servir dans cet état. C'est un principe que nous devons nous proposer de plaire à Dieu dans toutes nos actions, même les plus communes, à plus forte raison dans un engagement qui va durer toute la vie. " Nous " sommes les enfants des saints, disait le jeune Tobie à " Sara son épouse, et nous ne devons pas nous marier " comme les païens qui ne connaissent point Dieu. "

 Que celui qui se croît appelé à l'état du mariage n'y entre donc que dans la vue de se sanctifier et d'en remplir toutes les obligations. La troisième disposition pour le sacrement de mariage est de le recevoir avec la modestie, la pudeur et les autres vertus convenables à la sainteté de ce sacrement, en évitant avec soin tout ce qui pourrait s'écarter des règles de la plus exacte bienfaisance. Recevoir la bénédiction nuptiale avec un extérieur contraire à la modestie, ce serait offenser Dieu au pied même des autels et profaner un sacrement dont on ne doit s'approcher qu'avec beaucoup de piété et de religion.

Les personnes mariées ont quatre obligations à remplir: elle doivent vivent ensemble dans une sainte société et une parfaite union, se garder réciproquement la foi conjugale qu'elles se sont promise au pied des autels, s'assister mutuellement dans leurs besoins et enfin donner à leurs enfants une éducation chrétienne, en les accoutumant de bonne heure à prier Dieu et à faire avec piété les autres exercices de religion, en leur apprenant et leur répétant souvent les maximes de l'évangile, en leur donnant bon exemple en toutes choses et en veillant sur leur conduite pour les éloigner de tout ce qui pourrait les porter au mal.

Histoire — Un jeune médecin habitant la capitale, y reçut au mois d'octobre 1829 le sacrement de mariage dans des circonstances bien édifiantes.

Un de ses amis l'avait introduit dans une maison recommandable par ses vertus, en lui faisant espérer la main d'une fille unique, aussi pieuse que le reste de la famille. La jeune personne est bientôt promise au docteur, dont l'aimable modestie égale la science.

Bientôt la cérémonie nuptiale allait avoir lieu, lorsque celui-ci vient seul trouver la mère de sa future épouse et lui demande à parler en particulier à mademoiselle Emilie.—Ce n'est pas possible, monsieur, répondit-elle d'une manière obligeante; ma fille n'est pas bien depuis deux jours et elle a besoin de tranquillité.—Mais, madame, il m'est bien pénible de ne pouvoir m'entretenir un instant avec votre fille; à peine ai-je eu la satisfaction de la voir trois ou quatre fois dans la société ; jusqu'ici je n'ai point trouvé l'occasion de lui exprimer à mon aise mes sentiments et de connaître les siens.—Vos instances me font peine, monsieur, mais ma fille n'est pas visible.—J'aurais cependant quelque chose de très important à lui communiquer. -- Je l'appellerai, si vous le désirez, et vous lui parlerez en ma présence ; jamais ma fille ne s'est trouvée en tête à tête avec aucun homme. -- Mais bientôt je dois être son époux! -- Alors, monsieur, ma fille ne m'appartiendra plus ; jusqu'à ce temps je dois remplir à son égard tous les devoirs d'une mère chrétienne et prudente. -- Ah ! Madame, s'écrie le jeune médecin, il faut donc que je vous confie mes intentions. Élevé moi-même par des parents religieux, je suis toujours demeuré fidèle à cette religion sainte qui vous dicte une si belle conduite. L'indifférence qui existe malheureusement parmi certains hommes instruits, a pu vous inspirer quelque défiance : mais loin de la partager, je me fais une gloire et un bonheur de suivre en tout point les pratiques de la foi ; plus je les étudie, plus elles me semblent grandes et respectables. Si j'ai tant insisté pour avoir avec votre fille un entretien particulier, c'est que je voulais sonder ses dispositions à cet égard et la prier de se disposer par une confession générale et la participation à l'adorable Eucharistie, à recevoir avec la bénédiction nuptiale toutes les grâces qui y sont attachées.

A ces mots la mère ne pus retenir ses larmes ! Elle se jette dans les bras du vertueux médecin et lui dit en le tenant serré contre son cœur : " Eh bien, mon fils, nous communierons tous ensemble ; allez voir votre futur épouse et dites-lui bien que je vous ai appelé mon fils. Allez, pieux jeune homme, vos sentiments me garantissent de votre bonheur et de celui de ma fille."

Le pieux docteur ne se borna pas là. Pendant huit jours le saint sacrifice de la messe fut célébré pour attirer l'abondance des bénédictions célestes. Mais ce qu'il y eut de plus beau, de plus attendrissant, ce fut de voir, le jour même du mariage, les doux époux à la table sainte, environnés l'un de son respectable père et de sa mère en pleurs ; l'autre de sa mère et de sa grande mère, qui reçurent tous ensemble la sainte communion des mains du prêtre qui leur donnait la bénédiction nuptiale.

Quel bel exemple pour les jeunes gens ! Quelle leçon pour tant de parents indifférents ou impies ! Ah! Si toutes les unions ressemblaient a celle-ci, que la société serait heureuse et tranquille  !

 

Page  260-263, du volume NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  Édition 1860.  G.G.

 

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 21:08

 

681. Faut-il considérer le baptême comme un sacrement valide qu'on peut accepter?

Le nouveau baptême, même s'il est un sacrement valide, ne peut pas être accepté.

Le nouveau rite du baptême est basé sur une doctrine qui ne prévoit pas la profession de foi par le nouveau-né, même pas par son représentant, le parrain. L'enfant ne peut donc ni croire ni promettre quoique ce soit. L'on ne peut pas non plus, selon ce rite, donner une grâce sur le mode intimatif. Logiquement, la doctrine nouvelle devrait aboutir à la suppression du baptême des enfants. Or, le Concile de Trente a condamné cette opinion en ces termes: »Si quelqu'un dit que les petits enfants, parce qu'ils ne font pas un acte de foi, ne peuvent être rangés parmi les fidèles, après leur baptême ... ou qu'il est préférable de ne pas les baptiser plutôt que de les baptiser dans la foi de l'Eglise, eux qui sont incapables d'un acte de foi personnel, qu'il soit anathème. «

Par ailleurs, certaines décisions dogmatiques dont le rejet est frappé d'anathème s'appuient sur le fait que, dans le baptême, le baptisé professe la foi ou qu'il fasse une promesse (DS 1622, 1627). Par consé­ quent, le nouveau rite du baptême ne correspond plus à la doctrine catholique.

Il faut remarquer que l'intelligence de la foi selon la nouvelle doctrine exprimée dans le nouveau rite est nécessairement différente de la doctrine catholique. Il faut bien reconnaître que le baptême sert alors à fausser la foi catholique et à suggérer aux fidèles cette vision nouvelle des choses. D'où il n'est pas permis de prendre part à une célébration du baptême du type nouveau. S'il y a des enfants qui ont été baptisés dans le rite nouveau, il faudrait les présenter à un prêtre catholique pour que celui-ci puisse accomplir les rites manquants comme les exorcismes par exemple.

 

 

Extrait du Catéchisme de l’Oratoire, traduit par l’abbé Paul Schoonbroodt

Edition SAKA 

 

Notez, que pour la validité d'un sacrement, il faut trois conditions: la matière, la forme et l'intention de faire ce qu'a toujours fait la Sainte Église Catholique. Nous y reviendrons bientôt.  G.G.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 21:06

 

L'indulgence est la rémission de la peine temporelle due devant Dieu aux péchés actuels déjà remis par le sacrement de pénitence. D'où il suit que l'indulgence décharge le pécheur, en tout ou en partie, des peines temporelles  dues aux péchés déjà pardonnes, mais pour lesquels il est encore redevable envers la justices divine et devra subir des peines temporelles en cette vie ou en l'autre, en cette vie par des oeuvres méritoires, ou en l'autre par les peines du purgatoire !

L'indulgence ne remet donc point le péché, ni la peine éternelle qu'il mérite, mais seulement la peine temporelle qui reste ordinairement à souffrir, quoique la tache en ait été effacée par le sacrement do pénitence : elle modère la ri­gueur de cette peine temporelle ou elle en abrège la durée.

Autrefois on imposait pour certains péchés des péniten­ces publiques qui duraient plusieurs années; il fallait prier beaucoup, passer les jours dans le deuil et les nuits dans les veilles et les pleurs, coucher sur la dure, jeûner, faire beaucoup d'aumônes et d'autres bonnes oeuvres. (Quoique cette ancienne discipline ne subsiste plus, cependant) la justice de Dieu est toujours la même ; le péche ne mérite pas moins de peines aujourd'hui que dans les premiers siècles.

C'est pour suppléer à l’insuffisance de nos satisfactions que l'Eglise, toujours animée et conduite par l'Esprit de Dieu, accorde des indulgences. Jésus-Christ a donné ce pouvoir à l'Eglise dans la personne des apôtres lorsqu'il leur a dit : "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." Elle a donc le pouvoir d'imposer des peines pour l'expiation de nos péchés et celui de remettre, ces peines lorsque la vue de la gloires de Dieu et le bien spirituel de ses enfants l’engageant à user d’indulgence à leur égard. L'Eglise, dans les premiers siècles, avait égard à la recom­mandation, des martyrs et à leur prière elle traitait avec

indulgence les pécheurs auxquels ils s'intéressaient. ElIe abrégeait aussi le temps de la pénitence eu faveur de ceux qui l'avaient commencée avec courage, lorsqu'on était me­nacé d'une persécution, afin de les fortifier et de les mettre en état de résister à la violence des persécuteurs.

C'est avec les mérites surabondants de Jésus-Christ, de la très sainte Vierge et des saints, qu’elle acquitte les dettes de ses enfants, en puisant dans ce trésor de mérites de quoi satisfaire pour eux à la justice divine.

Les indulgences ont été appelées par les saints Pères re­laxations, rémissions, absolutions, paix, réconciliations.

Il y en a de deux sortes : les indulgences plénières et les indulgences partielles.

L'indulgence plénière est la rémission générale de toute la peine temporelle qui est due pour tous nos péchés.

L'indulgence partielle n'est que la rémission d'une partie de cette peine.

Le pape, étant le chef de toute l'Église, peut accorder des indulgences à toute l'Eglise, et son pouvoir n'étant point borné, il peut les donner plénières ou non, selon qu'il le juge à propos et utile pour   le bien des fidèles.

Les évêques peuvent aussi accorder diverses indulgences dans leurs diocèses. Cependant leur pouvoir sur ce point est limité. 

Pour gagner les indulgences, plénières, ou partiel­les, il est nécessaire de remplir fidèlement les conditions auxquelles elles sont attachées.

Les indulgences n'exemptent, du reste, nullement de l’obligation de faire pénitence, car 1° la pénitence est com­mandée à tous les hommes sans exception ; 2° nous devons imiter Jésus-Christ et les saints, dont la vie à été une pé­nitence continuelle ; 3° l'indulgence ne s'accorde que sous des conditions onéreuses qui sont elles-mêmes, dans un sens, des œuvres de pénitence. L'indulgence est donc un moyen  d'aider le pécheur dans les satisfactions qu'il doit à Dieu, en suppléant à son insuffisance, et non de le décharger de cette obligation.

Histoire : Une personne pieuse qui avait commis de grandes fautes dans sa jeunesse, faisait exactement les différentes prières auxquelles les souverains pontifes ont attaché des indulgences.  Chaque jour elle  se condamnait à quelques mortifications, faisait l’aumône selon son pouvoir et répétait souvent ces belles paroles : ‘’Seigneur, ayez pitié de moi maintenant, à tous les instants de ma vie et surtout à l’heure de ma mort ; je vous en conjure par les mérites de Jésus Christ et par l’intercession de Marie, des anges et des saints.  Je vous offre en esprit de pénitence tout ce que j’aurai à souffrir et je ne veux me satisfaire en quoi que ce soit.’’  Lorsqu’on lui disait que la vie mortifiée qu’elle menait abrégeait ses jours, elle répondait : ‘’Il faut souffrir un peu dans cette vie pour ne pas souffrir beaucoup dans l’autre.’’

 

Page  238-239, du volume NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  Édition 1860.    G.G.

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 21:30


 
Le but de la vie
Dans le monde contemporain, le mot le plus souvent employé est sans doute celui de liberté. Si les malades parlent surtout de leur santé parce qu'elle est compromise, se peut-il que les modernes parlent tant de la liberté parce qu'ils risquent de la perdre ? Il est possible en effet que, pendant que nous luttons pour empêcher nos ennemis d'enchaîner notre corps, nous devenions notre propre ennemi en enchaînant notre âme.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a deux sortes de libertés, car on peut être libre de quelque chose et être libre pour quelque chose ; liberté extérieure de toutes les entraves, et liberté intérieure de la perfection ; liberté de choisir le mal et liberté de posséder le bien.
Cette liberté intérieure n'est pas désirée par l'homme moderne, car elle implique la responsabilité et est, de ce fait, une charge, la lourde charge de répondre à cette terrible question : quel est le but de votre vie ? C'est pour cela que de nos jours, des théories qui nient la liberté intérieure de l'homme sont si populaires ; par exemple le marxisme qui détruit la liberté sous couvert de déterminisme historique ; le freudisme, qui fait disparaître la liberté dans le déterminisme du subconscient et de l'érotisme ; le totalitarisme qui noie la liberté individuelle dans la masse.
La racine de tous nos maux est que la liberté pour Dieu et en Dieu a été interprétée comme une liberté contre Dieu, un affranchissement de Dieu. La liberté nous appartient pour en faire don. Chacun d'entre nous révèle ce qu'il croit être le but de la vie par l'emploi qu'il fait de cette liberté. Que tous ceux qui voudraient connaître le but suprême de la liberté se tournent vers la vie de Nôtre Seigneur et de Notre-Dame.
La première parole de Nôtre Seigneur, rapportée par l'Écriture, fut prononcée alors qu'il avait douze ans : « II me faut être dans les choses de mon Père. » (S. Luc II, 49.) Durant sa vie publique, il affirme encore son obéissance à son Père : « Je fais toujours ce qui lui plaît. » (S. Jean VIII, 29.) Et maintenant sur la Croix, quand il va faire face à la mort, et librement donner sa vie, ses dernières paroles sont : « Père, je remets mon esprit entre vos mains. » (S. Luc XXIII, 46.) Les dernières paroles des autres hommes ne sont qu'un murmure, mais lui parla d'une voix forte.
Aussi ce n'est pas la mort qui vint vers lui, mais lui qui alla à elle. Nul ne lui ôta la vie ; il la déposa de lui-même. Il mourut par un acte de volonté. L'accent n'était pas mis sur la mort, mais sur l'affirmation de l'éternité de la vie divine. C'était le début de son retour à cette gloire qu'il partageait avec le Père avant que ne fussent posées les fondations du monde.
« Père » — Remarquez ce seul mot qu'il prononce et qui indique sa filiation. Il ne dit pas : « Notre Père », comme nous, car le Père n'était pas de la même façon le sien et le nôtre. Il est le vrai Fils du Père, alors que nous ne sommes que des fils adoptifs.
« Entre vos mains. » — Les mains que le prophète qualifia de « bonnes » ; les mains qui guidèrent Israël jusqu'à son accomplissement dans l'histoire ; les mains qui procurent ce qui est bon, même aux oiseaux de l'air et à l'herbe des champs.
« Je remets mon esprit. » — Remettre ! C'est la consécration. La vie est un cycle. Nous venons de Dieu et nous retournons à Dieu. C'est pourquoi le but de la vie est de faire la volonté de Dieu.
Quand notre Mère vit Jésus incliner la tête et rendre l'esprit, elle se souvint de cette dernière parole que l'on rapporte d'elle dans l'Écriture. Elle s'adressait au maître d'hôtel aux noces de Cana : « Ce qu'il vous dira, faites-le. » (S. Jean II. 5.) Quel beau discours d'adieu ! Ce sont les plus sublimes paroles qui franchirent jamais les lèvres d'une femme : « Ce qu'il vous dira, faites-le. » A la Transfiguration, le Père céleste se fit entendre des Cieux et dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé... Écoutez-le. » (S. Matt. XVII, 5.) Maintenant notre Mère nous parle et nous dit : « Faites sa volonté. »
La douce intimité de trente années passées à Nazareth approche de la fin, Marie va nous donner à tous l'Emmanuel, et elle le fait en nous indiquant la seule et unique voie du salut : la consécration totale à son divin Fils. Nulle part dans l'Évangile on ne dit que Marie aimait son Fils, car l'amour ne se prouve pas par des mots. Mais son amour est caché sous la soumission de son esprit à Jésus, et dans le dernier ordre qu'elle nous donne : « Ce qu'il vous dira, faites-le. »
Les dernières paroles de Jésus et de Marie qui nous soient rapportées furent des paroles de soumission : Jésus se remettait au Père ; Marie nous demandait de nous remettre au Fils. C'est là la loi de l'univers. « Car tout est à vous : mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » (I Cor. III, 22-23.)
Et maintenant regardez le problème en face : Que faites-vous de votre liberté ?
Vous pouvez en faire trois choses :
1° La garder pour vos désirs égoïstes ;
2° La fractionner en minuscules parcelles pour des  plaisirs  sans       valeur, ou des fantaisies éphémères ;
3° La remettre à Dieu.
1° Si vous gardez pour vous votre liberté, alors parce qu'elle est arbitraire et sans règle ni mesure, vous vous apercevrez qu'elle dégénère en une affirmation insolente de votre moi. Une fois que toutes les choses vous sont permises, simplement parce que vous les désirez, vous devenez l'esclave de votre choix. Si vous vous obstinez à boire autant que vous voulez, vous comprendrez bientôt non seulement que vous n'êtes plus libre de ne pas boire, mais que la boisson est devenue votre maître. La liberté illimitée, c'est la tyrannie illimitée. C'est ce que Nôtre Seigneur voulait dire par ces mots : « Quiconque commet le péché est esclave du péché. » (S. Jean VIII, 34.)
2° La seconde alternative est de devenir un dilettante en employant votre liberté comme un oiseau qui gazouille, puis s'envole et se pose d'abord sur une fleur, puis sur une autre, mais ne vit pour aucune et meurt sans aucune. Il n'est rien que vous désiriez de tout votre cœur, car votre cœur est brisé en mille morceaux. Ainsi vous en arrivez à être divisé contre vous-même, la guerre civile fait rage en vous, car vous êtes emporté par des courants contraires.
Vous changez de goûts et de désirs dès que vous êtes lassé, mais vous-même ne changez pas. Vous ressemblez à cet homme qui au petit déjeuner fit remarquer à la cuisinière que son œuf n'était pas frais et lui en demanda un autre. Une minute après, elle lui en apporta un autre, mais à la dernière bouchée il s'aperçut que c'était le premier œuf, qu'elle s'était contentée de retourner. Et vous aussi, vous restez toujours le même ; vous changez de désir, mais non pas d'âme. Dans ce cas, même l'intérêt que vous portez aux autres n'est pas réel.
Dans vos moments de franchise vous reconnaissez que votre comportement envers les autres, était basé sur l'intérêt person¬nel ; vous les laissez parler quand ils sont de votre avis, sinon vous leur imposez silence ; même vos moments d'amour ne sont qu'un échange stérile d'égoïsmes ; vous parlez de vous pendant cinq minutes et l'autre parle de lui pendant cinq minutes, et s'il dépasse ce temps, c'est un fâcheux.
Il n'est pas surprenant que de telles personnes disent souvent : « II faut que je me reprenne. » Elles avouent ainsi qu'elles sont comme des miroirs brisés, dont chaque morceau reflète une image différente. Au fond c'est de la débauche, ou l'incapacité de choisir parmi de nombreux attraits ; l'âme est éparpillée, multiple, ou « légion » comme Satan se nomme lui-même.
3° Finalement, vous pouvez employer votre liberté, comme le fit le Christ sur la Croix, lorsqu'il remit son esprit au Père, et comme Marie nous le dit à Cana, en faisant sa volonté en toutes choses. Voilà la liberté parfaite : le déplacement du moi en tant que centre de la volonté, pour fixer choix, décisions et actions sur l'amour divin. « Que votre volonté soit faite sur la terre comme aux Cieux. »
Nous sommes tous comme ces mollusques qui ne peuvent vivre sans être fixés au rocher. Notre liberté nous oblige à nous accrocher à quelque chose. La liberté ne nous appartient que pour en faire don ; nous sommes libres de choisir notre maître. Se livrer à celui qui est le parfait amour, c'est se vouer au bonheur, et par là être parfaitement libre.
Ainsi, « le servir, c'est régner ». Mais nous avons peur. Comme saint Augustin au début de sa vie, nous disons : « Je veux bien vous aimer, Seigneur, un peu plus tard, mais pas maintenant. » Craignant celui qui vient à nous en robe pourpre et cou¬ronné d'épines, nous demandons : « Les champs de votre moisson doivent-ils être fumés par la pourriture de la mort ? » L'or doit-il être purifié par le feu ? Ces mains qui nous font signe doivent-elles porter les marques sanglantes des clous ? Faut-il que je renonce à ma chandelle si j'ai le soleil ? Faut-il que je cesse de frapper si la porte de l'amour est ouverte ? N'agissons-nous pas envers Dieu et Marie comme un enfant qui s'irrite de l'étreinte affectueuse de ses parents, parce que nous ne sommes pas disposés à aimer ?
Voici les réflexions de Francis Thompson lorsqu'il entendit ces mots de la bouche d'un enfant :
« Pourquoi m'attirez-vous ainsi
Pour me prendre sur vos genoux ?
Voyons, vous m'étouffez !
S'il vous plaît, laissez-moi :
Je veux bien que vous m'aimiez, mais de temps en temps.
Et quand j'en ai envie ! »
Ainsi j'entendis un jeune enfant.
Un enfant rebelle, un jeune enfant
Qui repoussait des bras affectueux
Et qui lançait ce cri hargneux.
Et je me tourne vers le Dieu de bonté :
« Pardon, ô vous qui êtes l'amour suprême !
Car il me semble que ces bras étaient les vôtres,
Et que cet enfant, c'était moi. »
Comme l'a dit Pascal : « II n'y a que deux sortes d'êtres que l'on puisse appeler raisonnables : ceux qui servent Dieu de tout leur cœur parce qu'ils le connaissent, et ceux qui le cherchent de tout leur cœur, parce qu'ils ne le connaissent pas. »
II y a donc de l'espoir pour ceux qui ne sont pas satisfaits de leur choix et qui éprouvent un désir. Si vous ne faites que cela, vous créez un vide. Mieux vaut dire : « Je suis un pécheur » que de dire : « Je n'ai pas besoin de la religion. » Le vide peut être comblé, mais celui qui est imbu de lui-même n'a pas de place pour Dieu. Si seulement nous pouvions nous remettre à Dieu, nous nous exclamerions avec saint Augustin, « O beauté ancienne, je t'ai aimée trop tard », comme nous l'avons découvert dans les paroles du grand poète :
« O trésor qui dans tout trésor reste introuvable, O amour qui dans tout amour nous manque, O cime qui surpasse toutes les autres, O beauté qui laisse toute beauté insatisfaite. Vous qu'on ne peut posséder et qui rendez vaine toute autre possession. »
Extrait de la page 89 à 94. Edition Salvador 1959
Du haut de la Croix,  SEPTIEME PAROLE DU CHRIST  MGR Fulton J. SHEEN   G. G.

 
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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:27

       Pourquoi il faut toujours progresser dans la vertu.

     Quel que soit le degré de vertu où l'on est arrivé, on doit toujours s'estimer bien loin de ce qu'on devrait être. Mes frères, disait saint Paul, je ne crois pas avoir atteint la perfection. Oubliant le bien que j'ai pu faire et m'avançant vers ce qui me reste encore à faire, je m'efforce de parvenir au but. »
      Voilà notre modèle. Nous ne devons jamais croire avoir assez fait pour le salut. Le bien passé, il faut l'oublier, et ne pas plus s'en souvenir que si on ne l'avait jamais fait, parce que son souvenir produirait en nous l'orgueil et le relâchement. Le bien qui nous reste à faire, il faut l'avoir toujours devant les yeux pour y travailler toujours. Le débiteur, tant qu'il n'a pas payé sa dette entière, ne se tranquillise pas sur ce qu'il en a payé une partie. Il songe sans cesse à ce qui lui reste à payer et ne néglige aucun moyen d'y satisfaire. Le voyageur ne s'arrête pas sur son chemin, sous prétexte qu'il en a fait une partie ; il continue sa route jusqu'à ce qu'il soit arrivé au terme. L'athlète, qui sait que le prix de la course n'est qu'au bout de la carrière, se porte toujours en avant jusqu'à ce qu'il ait atteint le but. L'homme qui commerce ne manque pas les occasions de faire du profit, sous prétexte qu'il a déjà beaucoup gagné.
  Ainsi devons-nous raisonner dans l'affaire de notre salut ; et plus la charité sera dans notre cœur, plus nous comprendrons que nous n'avons ni assez aimé ni assez bien servi notre grand Dieu ; plus nous découvrirons en nous de misères à guérir, de défauts à corriger ; plus nous verrons dans les voies intérieures un chemin immense à parcourir ; dans les exemples de Jésus-Christ et des saints, des modèles dont nous sommes loin ; dans nos comptes avec Dieu, des dettes effrayantes à payer pour tant de grâces reçues, pour si peu de pénitence faite.
Est-ce ainsi que nous raisonnons ?
Cesser d'avancer dans la vertu, c'est reculer : telle est la maxime de tous les maîtres de la vie spirituelle : Qui n'avance pas, recule ; cesser de vouloir être meilleur, c'est cesser d'être bon, et ne pas monter dans la vertu, c'est descendre. Un homme placé au milieu d'un fleuve rapide, s'il cesse un seul instant d'agir et de faire effort contre le courant, sera bientôt emporté par la vague. Notre mauvaise nature est ce fleuve qui tend sans cesse à nous entraîner au mal : par conséquent, point de salut pour nous qu'à la condition d'efforts incessants pour avancer en sens contraire. Un  chrétien ne peut donc pas dire : Je veux demeurer tel que je suis, ni meilleure ni pire. C'est là chose impossible : on ne demeure jamais dans le même état: ou l'on fait effort pour devenir meilleure, et chaque effort est un acte de vertu qui nous perfectionne ; ou on languit sans rien faire pour avancer, et cette langueur seule est une défaillance. C'est un abus coupable de la grâce. « La terre, dit saint Paul, qui reçoit la rosée du ciel sans produire aucun fruit, est réprouvée et près d'être maudite. » Cette terre, évidemment, c'est notre âme, sur laquelle les grâces de Dieu ne cessent de pleuvoir ; et n'en pas profiter, c'est attirer sur soi des anathèmes.
Il est donc bien établi que ne pas avancer, c'est reculer ; que ne pas monter, c'est descendre : il n'y a point de milieu. Or combien n'est-ce pas malheureux de retourner en arrière après avoir longtemps cheminé ? Si Nôtre Seigneur déclare impropre au royaume des cieux celui qui jette seulement le regard en arrière, que sera-ce de celui qui recule ?
Interrogeons ici notre conscience: ne reculons-nous pas dans la voie de la vertu, au lieu d'avancer ? Comprenons combien c'est dangereux pour le salut ! Et décidons-nous sérieusement à faire nos actions avec toute la perfection possible, à nous examiner là-dessus après les avoir faites, à nous attrister s'il y a eu faute, négligence, lâcheté.
C'est ici l’occasion de dire un mot aux personnes qui, loin de vouloir progresser, prétendent se contenter du strict nécessaire en alléguant pour raison qu'il n'en faut pas plus pour faire son salut. Un écrivain distingué, Eugène de Margerie, fait à ce sujet de très sages réflexions, que l'on devrait méditer.
« J'ai connu, dit-il, des jeunes gens qui appartenaient à des familles chrétiennes, qui avaient reçu l'éducation la plus irréprochable, qui avaient traversé, sans chavirer, le passage critique de l'adolescence à la jeunesse. A vingt ans, tout à coup, sous une néfaste influence, ils ont abandonné la pratique de la religion. Vous devez comprendre que leur foi manquait d'une base suffisante.
» Croyez-vous que s'ils eussent aimé Dieu de cet amour souverain qui pénètre toutes les actions et semble s'identifier avec notre sang pour remplir toutes nos veines ; croyez-vous que, s'ils avaient eu l'habitude de ne formuler aucun jugement, de n'entreprendre aucune affaire, quelle qu'elle fût, avant de le comparer à la règle suprême et infaillible de la vérité révélée ; que, s'ils eussent été pieux, en un mot, il leur eût été, je ne dis pas facile, mais possible, de mettre ainsi tout d'un coup leur foi de côté ?
» Ils l'ont fait, non seulement parce que les passions aiment toujours à secouer un joug importun, mais parce que Dieu, qui n'occupait qu'une place à part dans leur vie, qui n'y était qu'un accident, n'a pu empêcher d'autres préoccupations de s'implanter chez eux, et, lorsqu'elles y ont eu pris racine, d'en arracher des croyances qui manquaient à la fois de profondeur et de points d'appui. »
Le strict nécessaire est souvent insuffisant, et les pratiques non exigées d'une manière rigoureuse sont parfois une sorte de nécessité.
Ce qui perd une foule d'âmes, c'est cette fausse persuasion qu'on peut se passer des pratiques de là piété chrétienne.
S'en tenir aux devoirs de rigueur, c'est croire que, pour traverser le fleuve de la vie humaine et arriver au ciel qui se voit à l'autre bord, il suffit de mener la barque en droite ligne. C'est compter sans le courant, c'est-à-dire sans les passions, les mauvais exemples, les occasions de péché, les entraînements de toute sorte : or ce courant fatal emporte avec violence la fragile nacelle et la fait descendre beaucoup plus bas qu'au point désiré. Au lieu d'aboutir au ciel, on aboutit à l'enfer !
                FÊTE DU JOUR:(3 août)
   La découverte des reliques de Saint Etienne.
L'AN 415, un prêtre de Jérusalem, nommé Lucien, qui desservait une église à sept lieues de la ville, vit en songe un vieillard auguste qui lui dit être Gamaliel, le docteur célèbre dont il est parlé dans les Actes des Apôtres, et qui lui indiqua le lieu où reposait le corps du saint diacre Etienne, le premier martyr ; il ajoutait que c'était lui-même qui l'avait déposé dans le tombeau où il se trouvait, et le priait d'aller dire à Jean, patriarche de Jérusalem, d'en faire l'ouverture. Le saint prêtre, à son réveil, craignant l'illusion, se met en prières, s'impose des jeûnes, et fait tout ce que commande la prudence pour n'être pas abusé par le tentateur. Mais Gamaliel lui apparut une seconde et une troisième fois, et lui marqua si précisément l'endroit où il trouverait le trésor qu'il lui découvrait, qu'il n'hésita plus. Il alla donc trouver le patriarche, et fut bien surpris en apprenant de la bouche du prélat que la même révélation lui avait été faite. Lucien fut chargé aussitôt de diriger des recherches au lieu prescrit ; et il trouva une tombe sur laquelle était gravé en hébreu le nom d'Etienne. Le patriarche vint avec les évêques de Jéricho et de Sébaste. On ouvre le tombeau, on y trouve les ossements, qui exhalaient la plus suave odeur. La foule accourue poussait des cris d'allégresse. Soixante-treize malades qu'on amena devant les saintes reliques furent guéris sur-le-champ. On transporta à Jérusalem, en grande pompe, ce trésor si miraculeusement retrouvé et on le plaça dans l'église de Sion.

(Extrait des LECTURES MÉDITÉS (1933) par G. G.)

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 20:47

LE   CHEMIN   DU   BONHEUR ,
PAR  LE  TRAVAIL 
De nos jours, bien peu de gens exercent une profession qui soit de leur goût. Au lieu de choisir un métier par vocation, ils sont contraints par les nécessités économiques d'accomplir des besognes qui leur donnent peu de satisfactions. Beaucoup d'entre eux estiment qu'ils devraient avoir des fonctions plus importantes. D'autres disent : « Mon emploi n'a d'intérêt que parce qu'il me permet de gagner ma vie. » Cette manière de voir explique la fréquence du travail inachevé ou mal fait. Seul l'homme qui choisit un métier dont les fins ont son approbation se grandit en travaillant. Seul il a le droit de dire, lorsque la besogne est achevée : « Voilà qui est fait ! »
A notre époque le sens de la vocation fait cruellement défaut. La faute n'en incombe point à la complexité de notre système économique, mais à l'effondrement de nos valeurs spirituelles. N'importe quel travail, pourvu qu'on le situe dans sa véritable perspective, peut contribuer à nous ennoblir. Mais avant d'accéder à cette évidence, il convient de comprendre la philosophie du travail.
Toute tâche a deux aspects : l'idée que nous nous en faisons, et le travail en soi, considéré indépendamment des buts que nous poursuivons. Nous jouons au tennis pour prendre de l'exercice, mais nous nous efforçons de jouer ce jeu aussi bien que possible, simplement pour le plaisir d'accomplir quelque chose de réussi.
 L'homme qui prétendrait prendre tout autant d'exercice en adoptant sur le court une technique extravagante, méconnaîtrait le second aspect de toute activité : l'accomplissement d'une tâche en se conformant à ses propres normes d'excellence. De même, un homme qui travaille dans une usine d'automobiles peut avoir son salaire comme but principal ; mais le but du travail lui-même est la perfection de son exécution. L'ouvrier doit en être perpétuellement conscient, comme l'artiste est conscient d'être à la recherche de la beauté dans son œuvre, la ménagère à la recherche de la propreté lorsqu'elle essuie la poussière.
Aujourd'hui, le premier aspect du travail est devenu primordial et nous avons tendance à ignorer le second, de sorte que beaucoup d'ouvriers vivent une vie diminuée pendant leurs heures de travail. Ils sont comme des jardiniers auxquels on aurait ordonné de faire pousser des choux pour fabriquer de la choucroute et qui ne se préoccuperaient pas de savoir si leurs carrés sont envahis par les mauvaises herbes, si leurs choux sont ou non des légumes sains. C'est là une attitude erronée. Dieu lui-même a travaillé lorsqu'il a créé le monde, et ensuite, en contemplant son œuvre, il a estimé qu'« elle était bonne ».
La fierté légitime que l'on éprouve en faisant du bon travail nous paie d'une grande partie de nos peines. Certaines gens qui ont conservé cette mentalité artisanale trouvent du plaisir à accomplir n'importe quelle sorte de besogne. Qu'il s'agisse de rempailler une chaise, de nettoyer une écurie ou de sculpter une statue pour une cathédrale, ils connaissent la satisfaction du « travail bien fait ». Leur honneur et leur dignité sont rehaussés par les disciplines du travail exécuté avec soin. Ils ont sauvegardé le vieil état d'esprit du Moyen Age, époque où le travail était un événement sacré, une cérémonie, une source de mérite spirituel. Le travail, on ne l'entreprenait pas alors par souci de gain matériel, on y était poussé par une sorte d'élan intérieur, par le désir de projeter la puissance créatrice de Dieu dans nos propres efforts humains.
Aucune tâche ne doit être entreprise sans qu'on se soit bien pénétré de ces deux aspects essentiels du travail. Pour lier les deux choses — la joie, par exemple, de fabriquer une table et la nécessité de la fabriquer pour gagner sa vie — il convient d'avoir présents à l'esprit les principes suivants :
1° Le travail est un devoir moral et non, comme beaucoup de gens l'imaginent, une simple nécessité physique. Saint Paul a dit : « Celui qui refuse de travailler, il faut le laisser mourir de faim. » A partir du moment où l'on considère le travail comme un devoir moral, il devient clair qu'il ne contribue pas seulement au bien social, mais qu'il rend également d'autres services au travailleur : il le préserve de l'oisiveté d'où tant de maux peuvent découler, et il maintient le corps en état de soumission à une volonté raisonnée.
2° Travailler, c'est prier. Une vie bien réglée ne limite pas la prière aux seules heures de loisir : elle transforme le travail lui-même en prière. C'est ce qui se passe lorsque nous nous tournons vers Dieu au commencement et à la fin de chacune de nos tâches et que nous lui offrons notre travail par amour pour lui. Alors, qu'il s'agisse de soigner un enfant ou de fabriquer des carburateurs, d'actionner un tour ou de faire marcher un ascenseur, notre besogne est sanctifiée. Il n'y a pas de dévotion pendant les heures de loisir qui puisse compenser les négligences des heures de travail. En revanche, n'importe quelle besogne honnête peut être transformée en prière.
3° Un économiste médiéval, Antonio de Florence, a résumé dans une formule heureuse les rapports du travail et de la vie : « L'objet que nous poursuivons en gagnant de l'argent est de subvenir à nos besoins et aux besoins de ceux qui dépendent de nous. En subvenant à nos besoins et à ceux des autres, nous avons pour objet de vivre vertueusement. En vivant vertueusement, nous avons pour objet de sauver nos âmes et d'accéder au bonheur éternel. »
En bonne justice, le travail devrait recevoir deux sortes de rétribution, car ce n'est pas seulement un phénomène individuel, c'est un phénomène social. John Jones qui travaille dans une mine est fatigué à la fin de la journée : c'est là son sacrifice individuel. C'est pour cela qu'il reçoit son salaire. Mais au cours de sa journée de travail, John Jones a également contribué socialement au bien-être économique de son pays et du monde. Aujourd'hui, John Jones ne reçoit rien pour cette contribution sociale, bien qu'il ait un droit moral à une part de la richesse sociale que crée son travail. Le besoin se fait sentir de modifier le système du salariat, afin que le travailleur puisse partager les bénéfices, la propriété et la direction de son industrie. Lorsque les chefs syndicalistes et les capitalistes se seront mis d'accord pour donner aux travailleurs un certain capital à défendre, l'industrie cessera d'être divisée en deux blocs rivaux ; les salariés et les employeurs collaboreront comme les deux jambes d'un homme collaborent pour lui permettre de marcher.
Page 57 et suivantes, du livre LE   CHEMIN   DU   BONHEUR, de Mgr J. Fulton Sheen. 1957

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