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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 06:50

 

Ce qu'elle souffre, cette âme n'a ni paix ni bonheur : Elle n'a point de paix, car, dit Job : « Qui a résisté à Dieu sans perdre la paix ? »

 

Elle n'a point de bonheur : car, dit Jésus à Saul infidèle, « il est dur et pénible de regimber contre l'aiguillon de la grâce. »

 

Elle souffre d'ê­tre privée des consolations de la piété, car, depuis qu'elle est infidèle, elle se sent froide, languissante, dégoûtée.

 

Comment en effet l'Esprit-Saint prodiguerait-Il ses dou­ceurs et ses consolations à l'âme qui lui résiste, qui ne veut ni l'écouter ni lui obéir, qui ne sait pas lui sacrifier une attache, une volonté, une inclination ?

 

Elle souffre de voir ses espérances frustrées ; elle espérait trouver le bonheur dans la satisfaction de ses goûts et de ses caprices, et Dieu répand l'amertume sur ces faux plaisirs.

 

Elle y trouve des peines plus grandes que celles qu'elle fuyait ; c'est au dedans une sombre tristesse ; au dehors des contradictions, des ennuis, des dé­goûts ; elle se tourne en tous sens pour trouver le repos ; et tous ses mouvements ne font que lui enfoncer plus avant l'é­pine dans le cœur.

 

Elle souffre des reproches de sa conscience, qui, mécontente d'elle-même, lui crie sans cesse qu'elle est une ingrate, une indocile, une insensée, qu'elle ressemble au malade qui, de son lit de douleur, voit le remède propre à le guérir et refuse de le prendre!

 

Tu vois clairement ce que tu dois faire, lui dit sa conscience, et tu ne le fais pas. Tu sens bien que tu es déraisonnable, et tu continues ; la grâce est à la porte de ton cœur, t'exhortant, t'offrant sa main charita­ble pour te conduire, et tu n'en tiens aucun compte, et tu la laisses dire.

 

Où est donc ta religion ? Où est ta raison ? » Elle souffre de la part de Dieu, qui la rend malheureuse pour son bien, de peur que se sentant tranquille et à son aise dans son funeste état, elle n'y persévère.

 

Ce qu'elle perd. Tous les biens d'ici-bas sont passagers et de peu de valeur, tandis que la moindre grâce a des consé­quences d'une valeur infinie, puisqu'elle vaut le sang de Jésus-Christ, au prix duquel elle nous a été achetée. Perdre une grâce, c'est perdre l'élément essentiel de notre vie surnaturelle ; c'est imiter l'insensé qui jetterait dans la boue le pain nécessaire à sa subsistance. Perdre une grâce, c'est perdre à la fois toutes les grâces qui eussent été la conséquence de cet­te première grâce bien mise à profit, puisque la fidélité à une première grâce en attire une seconde, celle-ci une troisième, et ainsi des autres ; c'est perdre par conséquent des trésors dont Dieu seul connaît la portée ; et quel malheur pour nous si pau­vres et si indigents ! Voilà ce que perd l'âme infidèle.

 

Ce qu'elle risque. Elle ne risque rien de moins que son salut éternel. Car, comme il y a dans l'ordre physique certaines cau­ses enchaînées entre elles, de telle sorte qu'on n'arrive à la der­nière qu'en passant par celles qui la précèdent, il y a aussi dans l'ordre surnaturel un enchaînement de grâces liées avec notre persévérance finale par des relations secrètes que nous ignorons.

 

Manquer une de ces grâces, c'est perdre le fil qui nous conduisait ; c'est nous exposer à nous écarter de la voie qui devait nous sauver. Qui nous a dit que la grâce à laquelle nous sommes infidèles n'est pas, dans les desseins de Dieu, une de ces grâces décisives ?

 

Sainte Thérèse vit sa place mar­quée au fond des enfers si elle eût résisté à la grâce qui lui di­sait de combattre une tentation d'amour-propre ; et le jeune homme de l'Évangile qui avait pratiqué tous les commande­ments a laissé en doute son salut, pour avoir résisté à la grâce qui lui disait : « Vendez tous vos biens et donnez-les aux pau­vres. »

 

La soustraction des grâces est la peine ordinaire de l'abus qu'on en fait. « Vous avez rejeté ma grâce, dit le Sei­gneur, c'est pourquoi je vous ai rejeté vous-même. » Et n'est-ce pas juste ?

 

Quand l'Esprit divin vient frapper à la porte d'un cœur, et qu'on refuse de lui ouvrir, il s'en va ; quand il parle, et qu'on ne veut pas l'écouter, il se tait. Quand il fait briller sa lumière et qu'on ferme les yeux, il se retire. Châti­ment terrible !

 

Craignez, dit saint Augustin, de laisser passer la grâce de Jésus qui se présente à vous et qui peut-être ne reviendra pas. Car alors le démon, qui s'en aperçoit, multi­plie ses attaques ; et l'homme qui ne s'en aperçoit pas languit dans l'insouciance de la tiédeur qui le conduit à la mort éternelle.

 

Voilà ce qu'on risque en étant infidèle à la grâce.

Ce sont là des vérités bien graves et auxquelles toutes, plus ou moins, nous avons besoin de réfléchir !

 

Saint Eusèbe, martyr.

Après une jeunesse d'une angélique innocence et une édu­cation des plus brillantes, Eusèbe entra dans un monastère et y fit les vœux de religion. Ses vertus le firent choisir plus tard pour évêque de Verceil et, le premier des évêques d'Ita­lie, il sut, comme saint Martin en France et saint Augustin en Afrique, unir la régularité de la vie monastique à l'accom­plissement des devoirs épiscopaux.

 

L'arianisme s'étendait alors dans tout l'Orient comme une plaie contagieuse qui me­naçait même les églises d'Occident. Le pontife romain, pour conjurer le mal, résolut de tenir un concile à Milan. Il délégua à cet effet saint Eusèbe à l'empereur Constance afin de régler les conditions de cette assemblée.

 

Forts de l'appui de l'em­pereur, les évêques ariens, réunis à Milan, y condamnèrent saint Athanase et la foi de Nicée. L'évêque de Verceil qui re­fusa de s'associer à cette condamnation, fut, par ordre de Constance, exilé à Scythopolis.

 

Dès qu'on lui laissa la liberté, il se rendit à Alexandrie, près de saint Athanase ; de là il re­vint en Italie où le Pape lui donna la mission de visiter les églises ruinées par l'Arianisme. Les hérétiques se saisirent de nouveau de lui et il fut leur victime. Il avait alors quatre-vingts ans.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 01:21

 

 

 

 

    La multiplicité   des   occupations   vous   surcharge   quel­quefois ; eh bien ! C'est un bon moyen pour acquérir les vraies et solides vertus. C'est un martyre continuel que celui de la multiplicité des affaires. Car, comme les mouches font plus de peine et d'ennui à ceux qui voyagent en été que ne fait le voyage même ; ainsi la diversité et la mul­tiplicité des affaires font plus de peine que leur pesanteur même.

 

Vous avez besoin de la patience ; et j'espère que Dieu vous la donnera, si vous la lui demandez soigneusement, et que vous vous efforciez de la pratiquer fidèlement, vous y pré­parant tous les matins par une application spéciale de quel­que point de votre méditation, et vous opiniâtrant à vous mettre en patience le long de la journée, ou autant de fois que vous vous en sentirez distraite.

 

Ne perdez nulle occasion, pour petite qu'elle soit, d'exercer la douceur de cœur envers chacun. Ne comptez pas pouvoir réussir en vos affaires par votre industrie, mais seulement par l'assistance de Dieu ; et, par conséquent, reposez-vous en son sein, croyant qu'il fera ce qui sera le mieux pour vous, pourvu que de votre côté vous usiez d'une douce diligence.

 

Je dis douce diligence, parce que les diligences violentes gâtent le cœur et les affaires, et ne sont pas des diligences, mais des empressements et des troubles. Mon Dieu, nous serons bientôt en l'éternité, et alors nous verrons combien toutes les affaires de ce monde sont peu de chose, et combien il importait peu qu'elles se fissent ou ne se fissent pas ! Main­tenant néanmoins nous nous empressons comme si c'étaient de grandes choses.

 

Quand nous étions petits enfants, avec quel empressement assemblions-nous des morceaux de tuiles, de bois, de la boue pour faire des maisons et de petits bâtiments ! Et si quelqu'un les ruinait, nous en étions bien tristes et nous pleurions : mais maintenant nous connaissons que tout cela importait fort peu. Un jour nous en ferons de même au ciel, lorsque nous ver­rons que nos affections au monde n'étaient que de vraies enfances.

 

Je ne veux pas ôter le soin que nous devons avoir de ces petites bagatelles ; car Dieu nous les a commises en ce monde pour exercices : mais je voudrais bien ôter l'ardeur et la cha­leur de ce soin. Faisons nos enfances, puisque nous somme» enfants ; mais aussi ne nous morfondons pas à les faire : et si quelqu'un ruine nos maisonnettes et petits dessins, ne nous en tourmentons pas beaucoup. Car aussi, quand viendra le soir, auquel il faudra se mettre à couvert, je veux dire la mort, toutes nos maisonnettes ne seront pas à propos. Il faudra se retirer en la maison de notre Père.

 

Soignez fidèlement vos affaires, mais sachez que vous n'a­vez pas de plus dignes affaires que celles de votre salut, et l'acheminement du salut à la vraie et solide dévotion. Ayez patience avec tous, mais principalement avec vous-même ; je veux dire, ne vous troublez point de vos imperfections, et ayez toujours le courage de vous en relever. Faites comme si vous commenciez tous les jours ; il n'y a point de meilleur moyen pour achever la vie spirituelle que de toujours recom­mencer, et ne penser jamais avoir assez fait.

 

Patience donc, et résignons-nous à n'être pas parfaites de si tôt. Il faut, pour bien cheminer, nous appliquer à bien faire le chemin que nous avons plus près de nous, et la première journée ; et non pas s'amuser à désirer de faire la dernière, pendant qu'il faut faire et finir la première.

 

Notre imperfection doit nous accompagner jusqu'au cer­cueil ; nous ne pouvons aller sans toucher à terre. Il ne faut pas s'y coucher ni vautrer ; mais il ne faut pas non plus penser voler : car nous sommes si petites que nous n'avons pas en­core nos ailes. Nous mourons petit à petit ; il faut aussi faire mourir nos imperfections avec nous de jour en jour. Chères imperfections ! Qui nous font reconnaître notre misère, nous exercent au mépris de nous-mêmes, à la patience et dili­gence, et nonobstant lesquelles Dieu considère les bonnes dispositions de notre cœur.

 

Allons terre à terre, puisque la haute mer nous fait tourner la tête et nous donne des convulsions. Tenons-nous aux pieds de Notre-Seigneur avec Marie ; pratiquons certaines petites vertus propres à notre petitesse : ce sont des vertus qui s'exer­cent plus en descendant qu'en montant, et partant elles sont sortables à nos jambes : la patience, le support du pro­chain, le service, l'humilité, la douceur, le courage, l'affabili­té, la tolérance de notre imperfection, et ainsi des autres pe­tites vertus.

 

Ayons un ferme et général propos de vouloir servir Dieu de tout notre cœur et toute notre vie ; au bout de là ne songeons point au lendemain. Pensons seulement à bien faire aujour­d'hui ; et, quand le jour de demain sera arrivé, il s'appellera aussi aujourd'hui, et alors nous y penserons. Il faut faire pro­vision de manne pour chaque jour, et non plus. Et ne doutons point : Dieu en fera pleuvoir demain et après-demain, et tous les jours de notre pèlerinage. ( Saint françois de sales)

 

 

FÊTE  DU   JOUR, le 23 février : Saint Pierre Damien, docteur.

saint Pierre Damien naquit en 988, et perdit de bonne heu­re son père et sa mère. Son frère aîné, à qui il fut confié, le traita si cruellement qu'un autre de ses frères qui était prêtre, ému de compassion, l'envoya à l'Université de Parme, où il acquit une brillante réputation de savoir. Pierre Damien sanctifiait ses études par le jeûne, les veilles et la prière. Trouvant toutefois que ce n'était là que servir Dieu à moitié, il prit la résolution de quitter le monde. Il entra donc au mo­nastère de Pont-Avellin alors en grand renom de sainteté, dont sa prudence et sa piété ne tardèrent pas à le faire nommer supérieur. Les missions les plus délicates et les plus difficiles, furent confiés au saint religieux. Sept Souverains Pontifes le choisirent à la suite pour conseiller ordinaire, et l'un d'eux le créa Gardinal-Évêque d'Ostie. Nommé légat apostolique avec mission de réprimer la simonie, il fut en ou­tre chargé de réconcilier plusieurs évêques et d'apaiser les troubles de l'Église de Ravenne. Il fut saisi, à son retour à Ostie, d'une fièvre pernicieuse qui l'arrêta à Faenza, où il mourut dans un monastère de son ordre, après huit jours de maladie.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 03:50

                        

 

Il n'est pas d'impie si endurci qui ne souhaite néanmoins de bien mourir: Il n'est pas de méchant, si pervers qu'il soit , qui veuille mourir comme il ose vivre, à moins de renier complètement Dieu, de n'avoir aucune notion de l'enfer et de se jouer de l'éternité. Mais comment s'imaginer qu'on puisse recevoir la récompense du mal que l'on a fait ? Comment pré tendre arriver au terme d'une route en lui tournant le dos ? Quis'avisera jamais de planter des ronces pour y recueillir des raisins, de semer de l'ivraie pour en récolter du froment ?

 

La mort est un écho : telle vie, telle fin ; la vie est un et cri jeté à cet écho : la mort sera l'expression fidèle de votre cri, de vos inclinations, de votre conduite. Voulez-vous connaît d'avance quelle mort vous attend ? Voyez ce qu'est votre vie, car la mort bonne ou mauvaise est le fruit d'une bonne ou d'une mauvaise vie : À bon arbre, bon fruit : À sainte vie, sainte mort ; à mauvais arbre, mauvais fruit : à méchante vie, méchante mort.

 

La mort est le véritable miroir de la vie ; si vous lui opposez une vie pure, le reflet en sera pur ; si vous lui présentez une vie criminelle, l'image réfléchie sera hideuse. « Et ce mi­roir, dit saint Augustin, ne flatte personne : il vous montre à vous-même tel que vous êtes réellement. »

 

Il n'est pas en notre pouvoir de vivre ou de mourir ; mais il nous est possible, avec le secours de Dieu, de bien vivre afin de nous assurer une bonne mort ; apprendre à bien vivre, c'est apprendre aussi à bien mourir.

 

« Dans toute l'Écriture, remarque saint Augustin, on ne rencontre qu'un malfaiteur qui ait eu le bonheur de faire une mort après avoir mené une vie de désordre et d'infamie : on en trouve un, pour que personne ne soit tenté de dés­espérer de son salut : mais on ne trouve non plus que celui-là, afin que personne ne se berce d'une vaine espérance. » Ne vous flattez pas d'avoir le même bonheur, mais craignez de mourir en réprouvée si vous voulez vivre en réprouvée.

 

Tout homme esquisse dans sa vie le tableau de sa mort, ta­bleau repoussant ou agréable dont les œuvres de l'homme for­ment en quelque sorte les traits et les contours. Il n'y a d'ail­leurs que les souillures du péché qui rendent la mort hideuse.

 

Si vous voulez ne pas craindre la mort, il vous faut crain­dre le péché qui en fait toute l'horreur. Pour bien finir votre vie, il faut avant tout cesser de mener une vie mauvaise. C'est une triste et funeste erreur que de se proposer de bien vi­vre quand on ne peut plus vivre : qu'une bonne vie précède donc votre mort, afin qu'une mort misérable ne succède pas à une misérable vie.

 

L'arbre tombera du côté où il penche : si vous n'avez pen­ché pendant toute la vie que du côté du mal, de la négligence, de la tiédeur, quelle chute terrible, ou du moins périlleuse, n'a­vez-vous pas lieu d'appréhender à la mort ! Il est temps, grand temps de vous redresser et d'incliner vers le bien, dût-il vous en coûter même une extrême violence.

 

En mourant, le cygne fait entendre le chant du cygne, et le corbeau pousse le désagréable croassement de ses pareils : votre mort bonne ou mauvaise ne sera que l'expression et l'écho des habitudes de votre vie. Comment vous dépouille­riez-vous à cette heure-là des vices auxquels vous vous seriez étroitement attachée ? Adonnée de cœur au monde et à ses vanités, compteriez-vous goûter tout à coup, au moment fa­tal, la douceur des biens célestes ? Pourriez-vous alors haïr sans transition ce que vous auriez constamment aimé ? Se­riez-vous soudainement éprise de ce qui vous aurait toujours répugné ?

 

Un malade ressemble fort à un vaisseau qui fait naufrage : ceux qui s'y trouvent ne savent à quoi se cramponner pour échapper à la mort : l'un saisit une planche, l'autre se jette à la mer, un autre se confie à une chaloupe : tous font retentir l'air de leurs cris et de leurs lamentations.

 

Tel est aussi l'état d'une âme qui voit son corps prêt à se dissoudre : elle est si troublée qu'elle n'a pas même le temps de songer à elle-même: elle ne s'occupe que d'éluder la mort : elle s'attache à tout en qu'elle rencontre pour y parvenir; elle résiste, elle se confond en gémissements et en regrets; puis, lorsqu'elle se voit con­trainte de partir, elle s'écrie avec amertume et désespoir : « O mort ! Je ne vous savais pas si proche! Ô enfer ! Je ne vous croyais pas si épouvantable ! Ô éternité ! Je ne vous avais jamais supposée si horrible ! »

 

Cessez donc de différer la plus importante de toutes vos affaires jusqu'à ce moment décisif où vous serez incapable d'en accomplir la moindre chose ! Est-il temps de fortifier une place déjà assiégée ? D'établir ses comptes au moment où il faut les rendre ? De se préparer à un voyage quand le vaisseau est sous voiles ? Attention ! L'ennemi est à vos portes, l'huissier est à vos trousses, la cloche a sonné le départ du navire qui doit vous déposer sur les rives de l'éternité !

 

En résumé, commencez dès aujourd'hui à vivre comme vous souhaitez mourir : aimez maintenant ce que vous voudrez aimer à la mort ; fuyez ce que vous voudrez alors avoir évité et faites ce que vous voudrez avoir fait ; par-dessus tout, maintenez-vous toujours en état de grâce.

 

«O miséricordieux Jésus, accordez-moi cette grande grâce de devenir telle que je souhaite être trouvée à l'heure de ma mort : donnez-moi la force de fuir le péché, de mépriser la vanité, et de vivre de la vie des élus, afin que je n'aie pas un jour le malheur de mourir en réprouvée. »

(R. P. HILLEGEER)

 

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:20

Sainte Gertrude était doucement pénétrée du souvenir de la Passion du Seigneur, et désirant avec ardeur payer de retour l'amour de son Bien Aimé, Lui dit: « Enseignez-moi, Vous mon unique espérance et vrai salut de mon âme, comment je pourrais au moins Vous remercier un peu, pour toutes ces souffrances qui Vous furent si cruelles et qui me sont à moi si salutaires. »

 

Le Seigneur lui répondit: « Si quelqu'un renonce à sa propre volonté pour suivre la volonté de Dieu, dans celle d’un supérieur légitime, il Me dédommage de la captivité que J'ai subie, des liens et des injures que J'ai supportés au matin de Ma Passion.

 

«Celui qui, avoue humblement ses fautes, Me dédommage de l'accusation portée contre Moi par de faux témoins et de la sentence de mort qui suivit.

 

«Celui qui, s’impose des privations, des sacrifices, compense la flagellation que J'ai endurée à la troisième heure.

 

«Celui qui, se soumet à des supérieurs, même mauvais et exigeants, rend moins acérées les épines de Ma couronne.

              

«Celui qui, après avoir été offensé, fait le premier les démarches pour obtenir la paix, allège le fardeau de Ma Croix.

 

«Celui qui, se livre tout entier aux œuvres de charité, Me dédommage de l'extension violente de Mes membres quand Je fus crucifié à la sixième heure.

 

«Celui qui, ne craint ni le mépris, ni la souffrance lorsqu'il s'agit de retirer le prochain du péché, Me paie la mort que J'ai soufferte à la neuvième heure pour le salut des hommes.

 

   «Celui qui répond avec humilité aux insultes, Me dépose de la Croix.

 

«Enfin, celui qui préfère le prochain a lui même, et le trouve plus digne de recevoir les  avantages et les honneurs, celui-là Me dédommage de Ma sépulture. »

 

   Inspiré de :   http://amdg.over-blog.fr/article-divins-enseignements-suite-112634267.html

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 02:31

 

       

 

Nous proposons aux jeunes filles et aux femmes chrétiennes,   des termes de comparaison qui leur permettront de voir avec bien plus de clarté si elles agissent sagement ou imprudemment dans la gestion de leurs intérêts spirituels. On ne doit jamais oublier la grande parole de Notre-Seigneur: «Les hommes du siècle sont plus sages dans leurs affaires que les fils de la lumière dans celles de Dieu.» Obligeons-nous donc, si nous voyons que nous n'avons pour nous ni le bon sens ni la logique, a changer de vie, a opérer une reforme manifestement indispensable, de façon a pouvoir nous dire, la main sur la conscience : S'il s'agissait de gagner une fortune, je ne ferais pas mieux ! N'est-ce pas le moins qu'on puisse demander a des chrétiennes qui se piquent de gagner le ciel ?

 

Comment se comporte une personne quelconque lorsqu'un petit tison enflamme ou une simple étincelle vient a tomber sur ses vêtements ? S'amuse-t-elle à regarder ce qui va advenir de cette étincelle, et l'effet qu'elle produira ? Attend-elle de sentir l’odeur de roussi, en se disant qu'il est inutile de s'en préoccuper tant qu'il n'y a pas de danger évident de brûlure ou d'incendie ? Assurément non. Une personne qui agirait ainsi passerait pour une folle. Bien loin d'attendre et de se tenir tranquille lorsqu'on voit une étincelle sur ses vêtements, on se seconde en toute hâte et l’on fait disparaître toute trace de noircissure. Eh bien, n'est-ce pas également ce que je dois faire lorsqu'une pensée mauvaise se pressente a mon esprit ? Il ne m'est pas permis de m'amuser a la considérer un peu, sous prétexte que c'est comme rien, que je ne cours ainsi aucun risque ; il faut la rejeter al’instant même, car cette pensée, c'est une étincelle qui tombe sur mon âme et qui peut y allumer un incendie si je ne l'éloigne énergiquement. Quelle leçon, dans ce simple petit fait !

 

 Lorsqu'une chose est prescrite ou défendue par une loi, ne suis-je pas extrêmement attentive a la faire dans le pre­mier cas, a l'éviter dans le second ? Pensez donc ! Si on allait voir arriver chez moi la police ou les gendarmes !... Mais la loi de Dieu, formulée dans le Décalogue, en ai-je le même souci ? Et pourtant, l'enfer avec ses supplices serait-il moins a craindre que les policiers ou les prisons de ce monde ?

 

 Lorsqu'un pauvre ouvrier apprend qu'un de ses parents habitant une ville éloignée vient de mourir et qu'il lui laisse toute sa fortune assez considérable, quelle n'est pas sa joie ! Avec quel empressement il se hâte d'aller cueillir son  héritage! Ne suis-je pas précisément dans le cas de jouir du même bonheur ? Le ciel est cet héritage auquel Jésus-Christ m'a donne des droits, et c'est l'héritage le plus riche, le plus désirable qui se puisse imaginer, puisqu'il doit me procurer une source intarissable de gloire, de plaisirs et de félicite. Et pourtant, combien ma conduite diffère de celle du pauvre ouvrier !  A voir le peu d'empressement et d'ardeur que je manifeste pour re­cueillir cette incomparable succession, on dirait que je n'en fais aucun cas, Ne faut-il pas même m'exhorter à prendre les précautions nécessaires pour ne pas risquer de la perdre ? Ne faut-il pas me menacer ? O raison, ô sagesse humaine, si attentive et si sure quand il s'agit des futiles bagatelles de ce monde, que deviens-tu lorsque tu dois t'exercer sur les affaires capitales et les inserts suprêmes de l'éternité !

 

 Lorsqu'un fleuve menace de déborder dans la campagne, on construit des digues avec une activité fébrile ; on s'impose des travaux inouïs; le temps, les ressources, les matériaux, tout est sacrifie sans hésitation. Lorsqu'il s'agit d'un incendie ou de tout autre flot a conjurer, même empressement, même dévouement. Personne ne se plaint des gènes qu'il éprouve, des privations qu'il endure. On exciterait l'indignation universelle si, au lieu de prêter son concours aux travailleurs, on allait à ses affaires et à ses plaisirs. Et moi, je suis infailliblement menacée du feu de l’enfer, et je reste insouciante, apathique; je ne songe qu'à mes diver­tissements. L'Église a beau me répéter que, si je n'ai pas recours a la pénitence, a la prière ou aux bonnes oeuvres, je serai un jour la proie de ce feu redoutable et inextinguible, je fais la sourde oreille, je me récrie sur tant d'exigences et, lorsque je finis par m'y soumettre, c'est en murmurant et en maugréant. Quelle injustice et quelle aberration ! Les prêtres ou les livres qui m'avertissent n'ont en vue que mon bonheur ; ils veulent m'empêcher de m'endormir dans une funeste sécurité, et je les traite d'importuns ! Encore une fois, ou est le bon sens ? Où est la raison ?

 

Que de rapprochements peut faire naître dans 1'esprit la pensée d'un homme de guerre, si surtout l’on se rappelle les nombreux textes des Livres saints qui comparent notre vie a un combat ! Voila un soldat qui se soumet de bon coeur, ou plutôt avec un empressement remarquable, a toutes les fatigues d'une vie aventureuse et pénible ; il quitte sa famille, il s'expose aux dangers de la guerre, il consent a souffrir de la chaleur et du froid, a faire des marches forcées, a coucher sur la dure ; il court sur les champs de bataille au milieu d'une pluie de balles et d'obus ; il risque a chaque instant de recevoir d'horribles blessures ou même la mort. Et tout cela, pourquoi ? Pour obéir à un chef qui n'est qu'un homme comme lui ; pour obtenir un grade, une médaille, un peu de cette vaine fumée qu'on appelle gloire. Est-ce que je consentirais, moi, a faire et a souffrir la dixième partie, la centième partie de tout ce qu'il fait, non plus pour une autre personne, mais pour moi seule ? Non plus pour une gloire d'un jour, mais pour la gloire éternelle !

 

Et sans aller si loin, combien de pauvres ouvriers, autour de moi, à qui il en coûte plus pour gagner du pain qu'il ne m'en coûterait pour devenir une grande sainte dans l’Église de Dieu ! O inconséquence, de ne pas faire pour mon salut, pour mon âme qui est immortelle, une faible partie, de ce que tant de personnes du monde font journellement pour les plus misérables motifs ! Quand les intérêts de mon âme sont en jeu, je ne suis plus capable de rien souffrir et je me plains que 1'Église en demande trop.

 

 Un employé d'une maison de commerce est charge d'un voyage pour les affaires de son patron, qui lui donne toutes les instructions nécessaires et lui recommande même de ne pas trop se laisser distraire par les choses curieuses et nouvelles qu'il aurait 1'occasion de voir. Le moment venu de rendre compte de sa mission, il cite a son maître maints personnages dont il a fait la connaissance, lui nomme les lieux qu'il a visités, les usages qu'il a observes, les genres de commerce qu'il a étudies sur place, les acquisitions ou transactions dont il estime l'opportunité ; mais de ses affaires pas une seule de terminée ; rien que des renseignements vagues et beaucoup de promesses ! Et que répond-il aux trop justes reproches qu'on lui adresse ? Qu'il n'avait jamais été inoccupé et qu'il lui avait semble que tout ce qu'il faisait ou examinait avait une réelle importance. Allons donc ! Lui réplique le patron : En fait, c’est pour tout cela que je vous avais envoie ? Que m'importe tout ce que vous avez fait, du moment que vous avez néglige l'unique chose dont vous étiez charge, le soin de mes affaires ?

 

Cette réponse est topique pour une chrétienne comme moi! Si Dieu me demandait compte des affaires qu'il m'a confiées, ne serais-je pas vis-à-vis de lui dans la même position que cet employé par rapport a son patron ?

 

J'ai fait de tout sur la terre, excepte de m'occuper sérieusement de mon âme, ce qui était la grande, 1'unique affaire pour laquelle j'ai été placée ici-bas. J'ai acquis des connaissances variées, j'ai un réel talent comme musicienne, je fais bonne figure en société ; mais le salut de mon âme, n’y ai-je jamais sérieusement pensé ?

 

Et Dieu ne pourrait-il pas me dire : « Que m'importent vos entreprises, votre science et vos richesses, si vous avez oublie la seule affaire pour laquelle je vous ai créée et mise au monde ? »

 

O mon Dieu, ne vais-je pas enfin commencer a raisonner de la bonne sorte et, en vraie logicienne, embrasser avec ardeur la pratique des vertus et des oeuvres qui doivent me préparer une place dans votre beau ciel ?  Pour que je le fasse plus sûrement, et aussi plus joyeusement, affermissez ma foi, ô mon Dieu ; pénétrez mon intelligence de ces vives lumières qui dissipent toutes les incertitudes et donnent un nouveau courage pour marcher a la conquête du royaume éternel.

 

Daignez encore, Seigneur, inspirer a ceux qui vivent loin de vous les réflexions auxquelles une sage et droite raison ne peut manquer de souscrire lorsqu'elle médite de sang-­froid sur les mystères de l’autre vie, afin qu'ils aient le bonheur de se convertir !

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 02:52

 

 

Encore quelques comparaisons, pour éprouver notre bon sens…                            

 

Faisons  encore  diverses  comparaisons,  pour  nous  for­mer une idée bien nette de tous les torts spirituels que   nous   nous   causons   a   nous-mêmes,   et   surtout pour reformer de graves abus que condamnent tout a la fois le bon sens et la réflexion chez quiconque a conserve la foi. Le malheur de beaucoup de personnes pieuses, lorsqu'elles méditent, c'est de se perdre dans la sphère des nuages, de rester dans le vague, de se borner à des considérations spéculatives. Il faut descendre au beau milieu du domaine des choses pratiques, et la, voir, examiner, approfondir, comparer, puis se questionner soi-même et s'obliger a répondre.

 

Il m’arrive de critiquer ceux qui mendient continuellement. Mais moi, est-ce que je n'exerce pas chaque jour le vil métier de mendiante en demandant aux créatures des plaisirs, des jouissances qu'elles font difficulté de me donner et qui sont incapables de me rassasier, tandis que si je m'adressais a Dieu, il me donnerait le vrai bonheur en ce monde et me préparerait un riche palais et un océan de délices pour 1'eternite ?

 

 Si, dans un festin, l’un des convives se bornait a exa­miner 1'ordonnance de la table, le choix des mets, et a porter des appréciations, a formuler des critiques sur tout ce qui serait servi, sans cependant rien manger ni boire, je dirais qu'il a perdu 1'esprit. En quoi cependant ma conduite diffère-t-elle de la sienne lorsque je vais écouter la parole de Dieu? La aussi un repas est prépare, c'est mon âme qui doit s'en nourrir. Mais, au lieu de profiter des choses que dit le prédicateur et de les faire servir a mon alimentation spirituelle, je m'arrête a la forme du discours, je remarque s'il est soigne ou négligé, je critique intérieurement les passages faibles ou de mauvais goût, les défauts du style et jusqu'aux imperfections du geste et du débit. Parfois encore j'applique à d'autres tel conseil ou tel reproche, mais je ne prends rien pour moi, je ne tire aucune conclusion pour la réforme de ma vie. Aussi, je sors de ce festin spirituel a jeun comme j'y étais arrivée. Ma conduite est-elle plus sensée que celle de cet idiot qui se met a table et se contente d'examiner, sans toucher à aucun mets ?

 

 Que dirais-je d'un voyageur qui se ferait traiter en prin­ce dans toutes les villes ou il passerait, sans jamais regarder a la dépense, et qui, parvenu au but de son voyage, n'aurait même pas un abri pour la nuit, n'ayant songe ni a se faire préparer un logement, ni a conserver des ressources pour obtenir du moins une chambre dans un hôtel ? Assurément je trouverais que c'est la le comble de 1'extravagance. Mais n'est-ce pas ce que je fais moi-même tous les jours ? Je ne suis qu'une voyageuse sur la terre, en route pour l'éternité.

 

Or, toute mon occupation consiste à rendre plus agréables les diverses étapes par lesquelles je dois passer ; dans cette vie je poursuis avidement les honneurs, les richesses et les plaisirs. Il semble que mon raisonnement soit celui-ci: Pourvu que je sois bien pendant le voyage, qu'importe si je manque de tout en arrivant au terme ? Raisonnement aussi absurde que celui de l'imprudent dont je viens de parler.

 

Ah ! Que les saints étaient plus sensés et plus avises ! Ils ne se souciaient en aucune sorte des gîtes ni des accidents du voyage, comprenant que le tout était de s'assurer un heureux asile lorsqu'ils parviendraient au but de leur pérégrination. Est-ce que je veux désormais, raisonner comme les saints, ou comme les mondains ?

 

 Que dirais-je encore d'un locataire, qui, n'ayant qu'un bail de neuf années, se mettrait a faire dans toutes les chambres de la maison qu'il occupe des embellissements coûteux, et qui couvrirait toutes les murailles de peintures d'une grande valeur et multiplierait les plantations dans son jardin ? Le bail expire, toutes ces dépenses seraient perdues, le propriétaire seul en profiterait. De telles suppositions semblent si extravagantes qu'a peine on ose les exprimer ; et cependant n'est-ce pas la ce que je fais moi-même ?

 

Ne suis-je pas la locataire du bon Dieu pour la vie dont il me permet de jouir ? Cependant la possession de cette vie ne m'est même point garanti pour neuf années ; elle ne m'est pas seulement assurée pour un jour. Et malgré cela, je me préoccupe uniquement de la rendre agréable, commode, délicieuse ; je me fais construire des demeures de pierre et de fer, comme si je devais y vivre des siècles ; je forme des projets immenses quant à leur étendue et à leur durée. Et tout a l'heure, au moment ou j'y penserai le moins, Dieu dira: « Cette vie que je vous ai prêtée, je vous la redemande ; votre temps est fini, il faut quitter le monde».

 

A quoi me serviront alors toutes les belles choses que j'aurai faites …? Les plus solides constructions m'apparaîtront comme des châteaux de cartes que les enfants bâtissent pour s'amuser. Les affaires auxquelles je me serai consacrée avec une sorte de frénésie, au point d'en perdre le sommeil et la santé, me sembleront des bagatelles ridicules.

 

O folie ! Me dirai-je, folie inconcevable ! Est-ce bien moi qui ai été assez stupide pour refuser un quart d'heure de réflexion a la grande, a 1'unique question de savoir quelle sera ma demeure après ces jours fugitifs, passés dans une maison étrangère, tandis que je m'épuisais de soins et d'attention pour des niaiseries et des enfantillages ?

 

 Je puis me comparer très justement aussi au jardinier. Le jardinier est toujours attentif à arracher les mauvaises herbes, à détruire les insectes et à arroser les jeunes plantes. Il surveille avec un soin jaloux les branches des arbres qui doivent donner des fruits, mais il élague sans miséricorde celles qui épuiseraient la sève. Et moi, qui ai aussi un jardin à cultiver, le jardin de mon âme, ne l'ai-je pas presque constamment laisse en friche ?

 

N'ai-je pas néglige d'en extirper les défauts, les mauvaises habitudes, d'en éloigner les tentations, les occasions de péché, les mauvais exemples ; de lui procurer la rosée de la grâce par le moyen de la prière! N'ai-je pas oublié de favoriser en moi le progrès des vertus chrétiennes et tremblé de retrancher par la mortification tout ce qui pouvait nuire a leur épanouissement ?

 

Le jardinier se donne donc beaucoup plus de peine pour la culture d'une terre inerte, destinée à produire des légumes ou des fruits, que je n'en prends pour mon âme appelée a des destinées immortelles !

 

Je veux décidément songer à tout cela et agir, non plus comme une étourdie ou une incroyante, mais comme une personne sensée et une vraie chrétienne.

 

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 17:42

     

 

Personne  au monde ne veut avoir l'honneur de manquer de bon sens et de logique dans ses entreprises ou dans sa conduite. Et cependant, c'est ce qui arrive chaque jour et a chaque instant dans l'ordre spirituel. Lorsqu'on réfléchit un peu sérieusement aux affaires de son âme et qu'on établit un parallèle entre la manière dont on les gère et celle dont on use dans le maniement des affaires humaines, on constate que l’on commet dans les premières des imprudences si énormes, des méprises si lourdes, des bévues si nombreuses que c'est véritablement quelque chose d'inexplicable. D'ou vient cela ? Pourquoi le bon sens semble-t-il nous avoir abandonnée lorsqu'il s'agit de nos intérêts spirituels ? Sont-ils moins importants que ceux de cette misérable vie ? Ne suffit-il pas au contraire d'un instant de réflexion pour nous convaincre qu'ils sont infiniment plus sérieux, plus graves, plus décisifs, qu'ils sont même les seuls sérieux, et que les affaires les plus colossales de ce monde ne sont que des jeux d'enfant en comparaison ?

 

 Ces rapprochements sont d'une grande utilité et disent plus efficacement que les livres la nécessite de se reformer, de faire au moins pour Dieu et pour le ciel ce qu'on fait pour éviter un rhume, pour gagner quelques pièces d'argent ou pour se procurer une jouissance grossière, incertaine et fugitive. Dans cette lecture on trouvera de ces contrastes qui offrent ample matière aux plus salutaires réflexions.

 

Trois fois par jour je prends de la nourriture; je me gar­de bien de laisser jamais mon corps souffrir de la faim ni de la soif. Y a-t-il une ombre de rapport entre ce soin si fréquent et si minutieux de ma réfection corporelle et celui que je prends de ma nourriture spirituelle ? Quand donne ai-je recours à cette dernière, qui consiste principalement dans le pain de la prière, le pain de la parole de Dieu et le pain eucharistique ? Oh ! Que ce mot de David s'appliquerait bien a mon âme : « Je me suis dessèche, j'ai perdu toute ma force, parce que j'ai oublie de manger mon pain ! » Et dire qu'il s'agit par ce pain de nourrir mon âme pour qu'elle vive éternellement, qu'elle soit éternellement bienheureuse, tandis que la nourriture matérielle ne doit servir que pour prolonger de quelques années une vie de travail et de misères! Où est le bon sens dans un tel renversement des choses ? Le moins que je puisse faire n'est-il pas de pourvoir aussi soigneusement à la nourri­ture de mon âme qu'a celle de mon corps ? C'est évident, et c'est ce que je veux faire désormais, aussi bien par raison que par foi.

 

 Lorsqu'il est question de vêtir mon corps, de le parer, je suis encore bien plus attentive qu'en ce qui regarde sa nourriture. Un habit grossier ne me convient pas, quoique rationnellement ce soit toujours trop bon pour un corps de boue destine a rentrer un jour dans la boue. II me faut des étoffes fines, des vêtements à la mode, et je n'y souffre pas la moindre malpropreté. Le soin de ma toilette me prend un temps appréciable et je ne voudrais pas paraître publiquement en néglige. Maintenant, suis-je fidèle à prendre les mêmes soins pour vêtir et orner mon âme ? Suis-je atten­tive a la conserver dans 1'innocence, a la préserver des moindres souillures ? Suis-je exacte a consacrer a cette occupa­tion un moment chaque jour ? Me fais-je scrupule de paraître à 1'eglisc devant Notre-Seigneur Jésus-Christ sans ce vêtement intérieur de I'humilité, de la modestie, de toutes les vertus ? Quelle différence, encore une fois entre ce que je tais pour mon corps et ce que je fais pour mon âme ! Et pourtant!

 

 Lorsque mon corps est atteint d'une maladie, ou qu'il éprouve une simple indisposition, mon attention se porte aussitôt de ce c6te. Je suspends mon travail, j'appelle le médecin, je prends des remèdes, je m'assujettis à un régime, je me prive des choses qui me plaisent le plus. Et quand mon âme est atteinte de la dangereuse maladie du péché, je reste quasi insouciante, je néglige mon mal. Est-ce la raisonner ? Le pis qui puisse arriver a mon corps, c'est de mourir ; et qu'est-ce que cela ? II faut tout de même mourir un jour. Mais mon Sine, des qu'elles est en état de péché mortel, court le péril des plus effroyables malheurs, de malheurs irréparables, inoui's, éternels. N'est-ce pas pour mon corps que devrait être 1'indifference en cas de maladie, et pour mon âme toute la sollicitude, toute 1'inquietude, en cas de péché ?

 

 Si, pour goûter un plaisir coupable, il fallait consentir a 1'amputation d'un de mes membres ou a la mort, jamais je ne voudrais d'un tel plaisir ; je trouverais absurde qu'on me le proposât ; je regarderais même cette offre comme un affront a mon bon sens. Et que devient donc ce bon sens lorsque, pour le même plaisir, je ne crains pas de sacrifier la vie de mon âme en commettant une faute grave ? La sagesse la plus élémentaire ne demande-t-elle pas que je repousse avec horreur,  avec indignation I'offre qui m'est faite de ce plaisir défendu !  La perte d'un de mes bras ou d'une de mes jambes peut-elle jamais entrer en comparaison avec la perte de mon âme ? Tous ces raisonnements peuvent paraître naïfs ; je vois pourtant avec la dernière évidence qu'ils sont d'une parfaite exactitude,  ou plutôt qu'ils restent bien au-dessous de la vérité, puisque mon âme mériterait une estime incomparablement plus grande que mon corps. Les naïfs, ce sont ceux qui se jettent volontairement dans les plus pernicieuses illusions et qui refusent, par orgueil, d'arrêter leur esprit à ces considérations dont la justesse les crispe et les impatiente. Hélas ! Ils auront l'éternité tout entière pour se détromper.

 

 Si je me voyais atteinte de la petite vérole et que je parusse le risque de conserver d'affreuses cicatrices sur ma figure en portant la main aux boutons qui la couvrent, ne serais-je pas des efforts héroïques pour résister aux plus cuisantes démangeaisons ? Mais lorsque 1'esprit mauvais me tourmente par ses tentations importunes, ne m'arrive-t-il pas au contraire de céder au premier assaut et de justifier ma faiblesse par cette banale excuse : « C'est trop difficile de résister ; la passion est plus forte que moi ? » J'ai donc moins de courage pour préserver mon corps et mon âme des feux éternels que pour protéger une beauté fragile qui sans doute n'échappera cependant pas aux ravages de la fatale maladie !

 

Il n'est pas douteux qu'en poursuivant mes comparaisons je ne trouvasse partout et toujours de nouveaux sujets de m'humilier, de me condamner, de me reconnaître illogique et inconséquente avec moi-même. D'ou vient cela ? D'ou vient que, raisonnant d'une manière très satisfaisante dans les choses du temps, je sois si peu intelligente ou plutôt si déraisonnable dans celles de l'éternité ?

 

D'ou vient que j’aie la vue très claire et très perçante pour les premières, et qu'un énorme bandeau offusque mes yeux lorsque j'examine les secondes ? Hélas ! Hélas ! N'est-ce pas que je cherche à me tromper moi-même quand j'agis en dépit de toute sagesse et de toute prudence ? C'est bien la pire des tromperies !

 

Mais, ô mon Dieu, je ne veux plus tomber a 1'avenir en de telles aberrations : daigne votre miséricorde m'aider de la lumière et de la grâce céleste afin que j'aie du moins le bon sens de tenir cette capitale résolution et de n'être plus dupe de moi-même et de mes passions !

 

FETE: Saint Irénée de Sirmium, martyr.   (24 mars)

 

ce Saint fut élevé très jeune sur le siège épiscopal de Sir­mium; néanmoins ses vertus prouvèrent qu'il était digne de cette charge sublime, et sa mort montra que, détache de tout, sauf de ce qui concernait le service de Dieu, il était bien ce serviteur de l’Évangile qui n’a rien a redouter de son maître.

 

Traîné devant le tribunal du lieutenant de l’Empereur en Pannonie, pendant la persécution de Dioclétien, il refusa, de sacrifier aux dieux, et répondit aux menaces de mort proférées contre lui : «Je supporterai avec joie toutes vos tortures, afin de participer a la Passion de mon Dieu. » Ses parents et ses amis s'apitoyaient sur sa jeunesse, et le pressaient de sauver sa vie. Mais Irénée était sourd a leurs instances, il avait hâte d'arriver au ciel, et ni les larmes de l'amitié, ni les tourments ne purent ralentir sa course ou refroidir son désir de mourir pour Jésus-Christ. Le noble martyr excitait les bourreaux.

 

En arrivant sur le pont de Diane d'on il devait être précipite dans le fleuve, Irénée se dépouilla lui-même de ses vêtements, leva les mains vers le Ciel, et adressa a Jésus une fervente prière qui sembla augmenter encore son héroïque courage. Brutalement saisi, il fut décapite et son corps jeté dans les flots. Son martyre eut lieu le 25 mars de Van 304.

 

Extrait de: LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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