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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 01:13
Ce sont d’abord les hommes qui abusent de l’autorité, dans un ordre quelconque, pour entraîner leurs subordonnés dans le mal, soit par la violence, soit par la séduction. « Un jugement très dur  les attend.»
 Vrais Satan de la terre, c’est à eux que s’adresse, en la personne de leur père, la redoutable parole de l’Écriture ; « O Lucifer, comment es-tu tombé des hauteurs du ciel ? » 
Ce sont tous ceux qui abusent des dons de l’esprit pour détourner du service de DIEU les pauvres gens et pour leur arracher la foi. Ces corrupteurs publics sont les héritiers des pharisiens de l’Évangile, et ils tombent sous cet anathème du Fils de DIEU : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux. Vous-mêmes vous n’y entrez point, et vous empêchez les autres d’y entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous parcourez la terre et les mers pour faire un prosélyte et quand vous l’avez gagné, vous faites de lui un fils de l’enfer, deux fois pire que vous ».
– A cette catégorie appartiennent les publicistes impies, les professeurs d’athéisme et d’hérésie, et cette tourbe d’écrivains sans foi et sans conscience qui, chaque jour, mentent, calomnient, blasphèmentsciemment, et dont le démon, père du mensonge, se sert pour perdre les âmes et insulter JESUS-CHRIST.
Ce sont les orgueilleux, qui, pleins d’eux-mêmes, méprisent les autres et leur jettent impitoyablement la pierre. Hommes durs et sans coeur, ils trouveront, s’ils ne se convertissent au moment de leur mort, un Juge impitoyable, lui aussi.
Ce sont les égoïstes, les mauvais riches, qui, noyés dans les recherches du luxe et de la sensualité, ne pensent qu’à eux-mêmes, et oublient les pauvres. Témoin le mauvais riche de l’Évangile, duquel DIEU lui-même a dit : « Il fut enseveli dans l’enfer ».
Ce sont les avares, qui ne songent qu’à amasser des écus, qui oublient JESUS-CHRIST et l’éternité. Ce sont ces hommes d’argent qui, au moyen d’affaires plus que douteuses, au moyen d’injustices accumulées sourdement et de commerces malhonnêtes, au moyen d’achats de biens d’Église, font ou ont fait leur fortune, grande ou petite, sur des bases que réprouve la loi de DIEU. Il est écrit d’eux « qu’ils ne posséderont point le royaume des cieux ».
Ce sont les voluptueux, qui vivent tranquillement, sans remords, dans leurs habitudes impudiques, qui s’abandonnent à toutes leurs passions, n’ont d’autre Dieu que leur ventre, et finissent par ne plus connaître d’autre bonheur que les jouissances animales et les grossiers plaisirs des sens.
Ce sont les âmes mondaines, frivoles, qui ne pensent qu’à s’amuser, qu’à passer follement le temps, les gens honnêtes selon le monde, qui oublient la prière, le service de DIEU, les sacrements du salut. Ils n’ont aucun souci de la vie chrétienne ; ils ne pensent point à leur âme ; ils vivent en état de péché mortel, et la lampe de leur conscience est éteinte, sans qu’ils s’en inquiètent. Si le Seigneur vient à l’improviste, comme il l’a prédit, ils entendront la terrible réponse qu’il adresse, dans l’Évangile, aux vierges folles : « Je ne vous connais point ». Malheur à l’homme qui n’est point revêtu de la robe nuptiale ! Le souverain Juge ordonnera à ses Anges de saisir, au moment de la mort, « le serviteur inutile », pour le faire jeter, pieds et poings liés, dans l’abîme des ténèbres extérieures, c’est-à-dire dans l’enfer !
Ceux qui vont en enfer, ce sont les consciences faussées et retorses, qui foulent aux pieds, par de mauvaises confessions et des communions sacrilèges, le Corps et le Sang du Seigneur, « mangeant ainsi et buvant leur propre condamnation », selon la terrible parole de saint Paul. Ce sont les gens qui, abusant des grâces de DIEU, trouvent moyen d’être mauvais dans les milieux les plus sanctifiants ; ce sont les coeurs haineux, qui refusent de pardonner.
Ce sont enfin les sectaires de la Franc-maçonnerie et les victimes insensées des sociétés secrètes, qui se vouent, pour ainsi dire, au démon en faisant le serment de vivre et de mourir en dehors de l’Église, sans sacrements, sans JESUS-CHRIST et, par conséquent, contre JESUS-CHRIST.
Je ne dis pas que tous ces pauvres gens-là iront certainement en enfer : je dis qu’ils y vont, c’est-à-dire qu’ils en prennent le chemin. Heureusement pour eux, ils n’y sont point encore arrivés, et j’espère qu’avant la fin du voyage, ils aimeront mieux se convertir humblement que de brûler éternellement.
Hélas ! Le chemin qui conduit à l’enfer est si large, si commode ! Il va toujours en descendant, et il suffit de se laisser aller. Notre Sauveur nous dit en toutes lettres : « La voie qui mène à la perdition est large, et il y en a beaucoup qui s’y engagent ! »
Examinez-vous, lecteur mon ami ; et si, par malheur, vous avez besoin de rebrousser chemin, de grâce, n’hésitez pas, et sortez bravement de la voie de l’enfer tandis qu’il en est temps encore.
Mgr de Ségur – L’Enfer ? (1876)

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/01/09/quels-sont-ceux-qui-prennent-le-chemin-de-lenfer/

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 00:59
Question : Hors l’Église point de salut ! Quelle intolérance ! Je ne puis admettre une règle aussi cruelle.
Réponse : Voilà ce que vous ne pouvez pas admettre dans le sens où vous l’entendez, savoir : quiconque n’est pas catholique est damné. Mais voilà aussi comment on critique la Religion parce qu’on ne la comprend pas, et comment on lui fait dire des choses qui lui font horreur.
Cette parole, en effet, entendue comme l’Église l’enseigne, est la plus simple des vérités, une vérité de bon sens. « Hors l’Église, pas de salut, » c’est dire : Hors la lumière, les ténèbres ; hors le blanc, le noir ; hors le bien, le mal ; hors la vie, la mort ; hors la vérité, l’erreur, etc.
Où est donc le mystère de tout cela ? Où est donc la difficulté ?
« Hors l’Église, pas de salut,» signifie tout bonnement « qu’on est obligé, sous peine de péché grave, de croire et de pratiquer la vraie religion (qui est la religion catholique) lorsqu’on est à même de le faire. »
Cela signifie que « vous péchez, et que par conséquent vous perdez votre âme, si vous rejetez volontairement la vérité, quand elle se montre à vous. » Y a-t-il là quelque chose d’extraordinaire ? Y a-t-il de quoi crier à l’intolérance, à la cruauté ?
Un protestant, un schismatique, n’est pas damné par cela seul qu’il est protestant ou schismatique. S’il est de bonne foi dans son erreur, c’est-à-dire s’il n’a pas pu, pour une raison ou pour une autre, connaître et embrasser la foi catholique, il est considéré par l’Église comme faisant partie de ses enfants : et, s’il a vécu selon ce qu’il a cru être la vraie loi de DIEU, il a droit au bonheur du ciel, comme s’il eût été catholique.
Il y a, DIEU merci ! Un grand nombre de protestants dans cette bonne foi, et, même parmi leurs ministres, il s’en rencontre parfois. M. de Cheverus, Évêque de Boston, en a converti deux, très savants et très pieux ; et, après leur retour à l’Église catholique, ils déclaraient au bon Évêque que, jusqu’à l’époque où ils l’avaient connu, ils n’avaient jamais eu de doutes sur la vérité de leur religion.
Ne nous inquiétons pas, du reste, du jugement que DIEU fera des protestants ou des incrédules. Nous savons d’une part, que DIEU est bon, qu’il veut le salut de tous, et, d’autre part, qu’il est la Justice même. Servons-le de notre mieux, et ne nous inquiétons pas des autres.
Mgr de Ségur Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion (1850)

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/05/11/hors-de-leglise-point-de-salut/

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 02:45
« Voyez comme c’est singulier, dit alors l’abbé d’un ton de plus en plus grave. Vous savez tout ce qui se passera jusque-là, et- vous ne savez pas ce qu’il y aura après. Eh bien, moi je le sais ; et je vais vous le dire. Après, Monsieur, après, vous mourrez. Après votre mort, vous paraîtrez devant DIEU, et vous serez jugé. Et si vous continuez à faire comme vous faites, vous serez damné ; vous irez brûler éternellement en enfer. Voilà ce qui se passera après ! »
Et comme le jeune étourdi, ennuyé de cette fin, paraissait vouloir s’esquiver : « Un instant, Monsieur ! Ajouta l’abbé. J’ai encore un mot à vous dire. Vous avez de l’honneur, n’est-il pas vrai ? Eh bien, moi aussi j’en ai. Vous venez de me manquer gravement ; et vous me devez une réparation. Je vous la demande, et je l’exige, au nom de l’honneur. Elle sera d’ailleurs très simple. Vous allez me donner votre parole que, pendant huit jours, chaque soir avant de vous coucher, vous vous mettrez à genoux, et vous direz tout haut : « Un jour, je mourrai ; mais je m’en moque. Après mon jugement, je serai damné ; mais je m’en moque. J’irai brûler éternellement en enfer ; mais je m’en moque. » Voilà tout. Mais vous allez me donner votre parole d’honneur de n’y pas manquer, n’est-ce pas ?
De plus en plus ennuyé, voulant à tout prix sortir de ce faux pas, le sous-lieutenant avait tout promis, et le bon abbé l’avait congédié avec bonté, ajoutant : « Je n’ai pas besoin, mon cher ami, de vous dire que je vous pardonne de tout mon coeur. Si jamais vous aviez besoin de moi, vous me trouveriez toujours ici, à mon poste. Seulement n’oubliez pas la parole donnée. » Là-dessus, ils s’étaient quittés, comme nous l’avons vu.
Le jeune officier dîna tout seul. Il était manifestement vexé. Le soir, au moment de se coucher, il hésita un peu; mais sa parole était donnée ; et il s’exécuta. 
« Je mourrai ; je serai jugé ; j’irai peut-être en enfer…. » Il n’eut pas le courage d’ajouter : « Je m’en moque. »
Quelques jours se passèrent ainsi. Sa « pénitence » lui revenait sans cesse à l’esprit, et semblait lui tinter aux oreilles. Au fond, comme les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des jeunes gens, il était plus étourdi que mauvais. La huitaine ne s’était pas écoulée, qu’il retournait, seul cette fois, à l’église de l’Assomption, se confessait pour tout de bon, et sortait du confessionnal le visage tout baigné de larmes et la joie dans le cœur.
Il est resté depuis, m’a-t-on assuré, un digne et fervent chrétien.
C’est la pensée sérieuse de l’enfer qui, avec la grâce de DIEU, avait opéré la métamorphose.Or, ce qu’elle a fait sur l’esprit de ce jeune officier, pourquoi ne le ferait-elle pas sur le vôtre, ami lecteur ? Il y faut donc réfléchir une bonne fois.
Il y faut réfléchir ; c’est une question personnelle, s’il en fût, et, avouez-le, profondément redoutable. Elle se dresse devant chacun de nous ; et bon gré mal gré, il y faut une solution positive.
Mgr de Ségur – L’enfer ? (1876)


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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 07:54
C’était en 1837. Deux jeunes sous-lieutenants, récemment sortis de Saint-Cyr, visitaient les monuments et les curiosités de Paris. Ils entrèrent dans l’église de l’Assomption, près des Tuileries, et se mirent à regarder les tableaux, les peintures et les autres détails artistiques de cette belle rotonde. Ils ne songeaient point à prier.
Auprès d’un confessionnal, l’un d’eux aperçut un jeune prêtre en surplis, qui adorait le Saint-Sacrement. « Regarde donc ce curé, dit-il à son camarade ; on dirait qu’il attend quelqu’un. – C’est peut-être toi. Répondit l’autre en riant. – Moi ! Et pourquoi faire ? – Qui sait ? Peut-être pour te confesser. – Pour me confesser ! Eh bien, veux-tu parier que je vais y aller ? – Toi ! Aller te confesser ! Bah ! » Et il se mit à rire, en haussant les épaules.
« Que veux-tu parier ? reprit le jeune officier, d’un air moqueur et décidé. Parions un bon dîner, avec une bouteille de champagne frappé. – Va pour le dîner et le champagne. Je te défie d’aller te mettre dans la boîte. »
A peine avait-il achevé que l’autre, allant droit au jeune prêtre, lui disait un mot à l’oreille ; et celui-ci se levait, entrait au confessionnal, pendant que le pénitent improvisé jetait sur son camarade un regard vainqueur et s’agenouillait comme pour se confesser.
« A-t-il du toupet! » murmura l’autre ; et il s’assit pour voir ce qui allait se passer.
Il attendit cinq minutes, dix minutes, un quart d’heure. « Qu’est-ce qu’il fait ? Se demandait-il avec une curiosité légèrement impatiente. Qu’est-ce qu’il peut dire depuis tout ce temps-là ? »
Enfin, le confessionnal s’ouvrit ; l’abbé en sortit, le visage animé et grave ; et, après avoir savoir salué le jeune militaire, il entra dans la sacristie. L’officier s’était levé de son côté, rouge comme un coq, se tirant la moustache d’un air quelque peu attrapé, et faisant signe à son ami de le suivre pour sortir de l’église.
« Ah ça, dit celui-ci, qu’est-ce qui t’est donc arrivé ? Sais-tu que tu es resté près de vingt minutes avec cet abbé. Ma parole ! J’ai cru un instant que tu te confessais tout de bon. Tu as tout de même gagné ton dîner. Veux-tu pour ce soir ? – Non,répondit l’autre de mauvaise humeur ; non, pas aujourd’hui. Nous verrons un autre jour. J’ai à faire ; il faut que je te quitte. » Et serrant la main de son compagnon, il s’éloigna brusquement, d’un air tout crispé.
Que s’était-il passé, en effet, entre le sous-lieutenant et le confesseur ? Le voici :
A peine le prêtre eut-il ouvert le guichet du confessionnal, qu’il s’aperçut, au ton du jeune homme, qu’il s’agissait là d’une mystification. Celui-ci avait poussé l’impertinence jusqu’à lui dire, en finissant je ne sais quelle phrase : « La religion ! La confession ! Je m’en, moque ! »
Cet abbé était un homme d’esprit. « Tenez, mon cher Monsieur, lui dit-il en l’interrompant avec douceur ; je vois que ce que vous faites là n’est pas sérieux. Laissons de côté la confession, et, si vous le voulez bien, causons un petit instant. J’aime beaucoup les militaires. Et puis, vous m’avez l’air d’un bon et aimable garçon. Quel est, dites-moi, votre grade ? »
L’officier commençait à sentir qu’il avait fait une sottise. Heureux de trouver un moyen de s’en tirer, il répondit assez poliment : « Je ne suis que sous-lieutenant. Je sors de Saint-Cyr. – Sous-lieutenant ? Et resterez-vous longtemps sous-lieutenant ? – Je ne sais pas trop ; deux ans, trois ans, quatre ans peut-être. – Et après ? – Après ? Je passerai lieutenant. – Et après ? – Après ? Je serai capitaine. – Capitaine ? A quel âge peut-on être capitaine ? Si j’ai de la chance, dit l’autre en souriant, je puis être capitaine à vingt-huit ou vingt-neuf ans. – Et après ? – Oh ! Après, c’est difficile ; on reste longtemps capitaine. Puis on passe chef de bataillon ; puis, lieutenant-colonel ; puis, colonel. – Eh bien ! Vous voici colonel, à quarante ou quarante-deux ans. Et après cela ? – Après ? Je deviendrai général de brigade, et puis général de division. – Et après ? Après ? Il n’y a plus que le bâton de maréchal. Mais mes prétentions ne vont pas jusque-là. – Soit ; mais est-ce que vous ne vous marierez pas ? – Si fait, si fait ; quand je serai officier supérieur. – Eh bien, vous voici marié, officier supérieur, général, général de division, peut-être même maréchal de France, qui sait? Et après, Monsieur? Ajouta le prêtre avec autorité. – Après ? Après ? répliqua l’officier un peu interloqué. Oh ! Ma foi, je ne sais pas ce qu’il y aura après. »
A SUIVRE
Mgr de Ségur – L’enfer ? (1876)

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:37
JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. 
JÉSUS-CHRIST est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, entrouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec sa sainte Mère et tous ses Anges. Enfin, JÉSUS-CHRIST, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec Jésus, pour jouir avec lui, dans le sein de DIEU, de la béatitude éternelle.
Nous ne connaissons d’une manière certaine "ni le jour ni l’heure (Ev.Matth., XXV, 13.)" ou se passeront ces grandes choses. Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de DIEU, c’est que "la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples (Ibid., XXIV. 14.)" Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (II ad Thess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Corn. a Lap., in loc.cit.). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera "l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités (Ev.Matth., XXIV, 12)."
Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Ibid., 10, 11.); – puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid., 6, 7.); – qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid., 7.). "Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs (Ibid., 8.)" Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’oeuvre de DIEU. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc., XII, 9, 12.), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’ à la fin sous les influences malfaisantes des mauvaises esprits.
Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en son corps très sacré, à partir de la trahison de Judas. Dans l’Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections; devant l’astuce des persécuteurs et l’horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des Évêques; "les étoiles des cieux tomberont", dit l’Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Ev. Matt., XXIV, 5, 9.).
Alors celui que saint Paul appelle "l’homme du péché et le fils de perdition (II ad Thess., II, 3.)," l’Antéchrist commencera son règne satanique et dominera tout l’univers. Il sera investi de la puissance et de la malice de Satan (Apoc. XIII. 2.). Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de DIEU; il se fera adorer comme DIEU, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (II ad Thess. II, 4.).
L’Antéchrist sera une sorte de César universel, qui étendra son empire sur tous les rois, sur tous les peuples de la terre; ce sera une infâme parodie du royaume universel de JÉSUS-CHRIST. Satan lui suscitera un grand prêtre, parodie sacrilège du Pape; et ce grand prêtre fera prêcher et adorer l’Antéchrist par toute la terre. Par la vertu de Satan, il fera de grands prodigues, jusqu’à faire descendre le feu du ciel en présence des hommes; et, au moyen de ces prestiges, il séduira l’univers. Il fera adorer, sous peine de mort, l’image de l’Antéchrist; et cette image paraîtra vivre et parler; également sous peine de mort, il commandera que tous, sans exception, portent au front ou sur la main droite le signe de la bête, c’est-à-dire le caractère de l’Antéchrist. Quiconque ne portera point ce signe, ne pourra ni vendre ni acheter quoique ce soit (Apoc. XIII, II-17.). Autour des images de l’Antéchrist, les prestiges de Satan seront tels, que presque tout le monde les prendra pour de vrais miracles; et les élus eux-mêmes auraient pu être séduits à la longue; mais, à cause d’eux, le Seigneur abrégera ces jours (Ev. Matt., XXIV, 22, 24.).
"L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint (Ibid., 15.)", pendant "trois ans et demi, pendant quarante-deux mois (Apoc., XIII, 5.)", correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de JÉSUS, le Vendredi Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil.
Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie. Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid., 7, 8, 4.). Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de de Néron n’ont été qu’un pâle symbole? L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur.
Mais en ces temps-là, comme nous l’apprennent et l’Écriture et la Tradition, s’élèveront contre l’Antéchrist "les deux grands témoins (Ibid., XI, 3.)" de JÉSUS-CHRIST, réservés pour ces derniers jours, à savoir le Patriarche Hénoch et le Prophète Élie, qui ne sont pas morts, comme l’enseigne expressément l’Écriture. Ils viendront prêcher les voies du Seigneur. Ils prêcheront JÉSUS-CHRIST et le règne de DIEU pendant douze cent soixante jours, c’est-à-dire pendant la durée presque entière du règne de l’Antéchrist.
La vertu de DIEU les protégera et les gardera. Ils auront le pouvoir de fermer le ciel et d"arrêter la pluie pendant tout le temps de leur mission. Ils auront le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de plaies (Ibid., 3, 4, 5, 6.). Ils feront des miracles sans nombres, semblables à ceux de Moïse et d’Aaron ("On peut en voir le récit prophétique en plusieurs passages de l’Apocalypse, laquelle comme chacun sait, est la grande prophétie des derniers temps de l’Église"), lorsque ceux-ci combattirent en Égypte l’impie Pharaon et préparèrent la délivrance du peuple de DIEU. Comme Moïse et Aaron, les deux témoins de JÉSUS-CHRIST ébranleront l’empire et le prestige du Maudit.
Celui-ci néanmoins parviendra à s’emparer d’eux, et ils subiront le martyre, "là où leur Seigneur a été crucifié (Apoc., XI, 8.)", c’est-à-dire à Jérusalem; ou bien peut-être à Rome, où le dernier Pape aura été crucifié par l’Antéchrist, suivant une tradition immémoriale. Après trois jours et demie, les deux grands précurseurs du Roi de gloire ressusciteront à la face de tout le peuple; et ils monteront au ciel, sur une nuée, pendant qu’un terrible tremblement de terre jettera partout l’épouvante (Ibid., 11, 12, 13.).
Pour relever sa puissance, l’Antéchrist, singeant la triomphale ascension du Fils de DIEU et des deux grands Prophètes, tentera, lui aussi, de monter au ciel, en présence de l’élite de ses adeptes. Et c’est alors que Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, "semblable à la foudre qui de l’orient à l’occident déchire le ciel, apparaîtra tout à coup sur les nuées, dans toute la majesté de sa puissance (Ev. Matt., XXIV, 27, 30.)", frappant de son souffle et l’Antéchrist (II ad Thess., II, 8.) et Satan et les pécheurs. Tout ceci est prédit en termes formels (I ad Thess., IV, 15.). Comme nous l’avons dit, l’Archange Michel, le Prince de la milice céleste, fera retentir toute la terre du cri de triomphe qui ressuscitera tous les élus (Ev. Matt., XXIV. 31.). Ce sera le Consummatum est de l’Église militante, entrant pour toujours dans la joie du Seigneur. 
Cette "voix de l’Archange" sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, JÉSUS-CHRIST doit venir juger le monde par le feu (Rit.Rom.). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera "une nouvelle terre et des nouveaux cieux (Psal., CIII, 30.), (Apoc. XXI, 1.)". Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous.
Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, telle sera la Passion de l’Église; telle sera sa résurrection suivie de son triomphe.
Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais.
Mgr L.G. de Ségur (1820 – 1881) - De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église 

 

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/05/09/du-triomphe-de-jesus-christ-a-la-fin-des-temps/

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 03:43
 [67] Mais il faut encore, Vénérables Frères, mentionner un autre crime extrêmement grave par lequel il est attenté à la vie de l’enfant encore caché dans le sein de sa mère.  
Les uns veulent que ce soit là chose permise, et laissée au bon plaisir de la mère ou du père ; d’autres reconnaissent qu’elle est illicite, à moins de causes exceptionnellement gravesauxquelles ils donnent le nom d’indication médicale, sociale, eugénique.
Pour ce qui regarde les lois pénales de l’État, qui interdisent de tuer l’enfant engendré mais non encore né, tous exigent que les lois de l’État reconnaissent l’indication que chacun d’eux préconise, indication différente, d’ailleurs, selon ses différents défenseurs ; ils réclament qu’elle soit affranchie de toute pénalité. Il s’en trouve même qui font appel, pour ces opérations meurtrières, à la coopération directe des magistrats ; et il est notoire, hélas ! Qu’il y a des endroits où cela arrive très fréquemment.
[68] Quant à « l’indication médicale ou thérapeutique », pour employer leur langage, nous avons déjà dit, Vénérables Frères, combien nous ressentons de pitié pour la mère que l’accomplissement du devoir naturel expose à de graves périls pour sa santé, voire pour sa vie même : mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d’un innocent ? Car c’est de cela qu’il s’agit ici. Que la mort soit donnée à la mère, ou qu’elle soit donnée à l’enfant, on va contre le précepte de Dieu et contre la voix de la nature : « Tu ne tueras pas ! ».
La vie de l’un et de l’autre est chose pareillement sacrée ; personne, pas même les pouvoirs publics, ne pourra jamais avoir le droit d’y attenter. C’est sans l’ombre de raison qu’on fera dériver ce droit du jus gladié, qui ne vaut que contre les coupables ; il est absolument vain aussi d’alléguer ici le droit de se défendre jusqu’au sang contre un injuste agresseur car, qui pourrait donner ce nom d’injuste agresseur à un enfant innocent ?: Il n’y a pas non plus ici ce qu’on appelle le « droit de nécessité extrême », qui puisse arriver jusqu’au meurtre direct d’un innocent.
Pour protéger par conséquent et sauvegarder chacune des deux vies, celle de la mère et celle de l’enfant, les médecins probes et habiles font de louables efforts : par contre, ils se montreraient fort indignes de leur noble profession médicale, ceux qui, sous l’apparence de remèdes, ou poussés par une fausse compassion, se livreraient à des interventions meurtrières.
[69] Ces enseignements concordent pleinement avec les paroles sévères que l’évêque d’Hippone [Saint Augustin] adresse aux époux dépravés, qui s’appliquent à empêcher la venue de l’enfant et qui, s’ils n’y réussissent pas, ne craignent pas de le faire mourir. « Leur cruauté libidineuse, ou leur volupté cruelle, dit-il, en arrive parfois jusqu’au point de procurer des poisons stérilisants, et si rien n’a réussi, de faire périr d’une certaine façon dans les entrailles de la mère l’enfant qui y a été conçu : on veut que l’enfant meure avant de vivre, qu’il soit tué avant de naître. À coup sûr, si les deux conjoints en sont là, ils ne méritent pas le nom d’époux ; et si dès le début ils ont été tels ce n’est pas pour se marier qu’ils se sont réunis, mais bien plutôt pour se livrer à la fornication : s’ils ne sont pas tels tous deux, j’ose dire : ou celle-là est d’une certaine manière la prostituée de son mari, ou celui-ci est l’adultère de sa femme»
[70] Quand aux observations que l’on apporte touchant l’indication sociale et eugénique, on peut et on doit en tenir compte, avec des moyens licites et honnêtes et dans les limites requises ; mais vouloir pourvoir aux nécessités sur lesquelles elles se fondent, en tuant un innocent, c’est chose absurde et contraire au précepte divin, promulgué aussi par ces paroles : « Il ne faut point faire le mal pour procurer le bien ».
[71] Enfin, ceux qui, dans les nations, tiennent le pouvoir ou élaborent les lois n’ont pas le droit d’oublier qu’il appartient aux pouvoirs publics de défendre la vie des innocents par des lois et des pénalités appropriées, et cela d’autant plus que ceux dont la vie est en péril et menacée ne peuvent se défendre eux-mêmes, et c’est assurément le cas, entre tous, des enfants cachés dans le sein de leur mère.
Que si les autorités de l’État n’omettent pas seulement de protéger ces petits, mais que, par leurs lois et leurs décrets, ils les abandonnent et les livrent même aux mains de médecins ou d’autres pour que ceux-ci les tuent, qu’ils se souviennent que Dieu est juge et vengeur du sang innocent qui, de la terre, crie vers le ciel.
Pape Pie XI – Casti Connubii – 1930

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 03:08
« Je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite même pas de porter ce nom » (1Co 15,9)
C'est avec raison, mes frères, que l'Église applique aux saints apôtres Pierre et Paul ces paroles du Sage : « Ce sont des hommes de miséricorde, dont les bienfaits ne tombent pas dans l'oubli ; les biens qu'ils ont laissés à leur postérité subsistent toujours » (Si 44,10-11). Oui, on peut bien les appeler des hommes de miséricorde : parce qu'ils ont obtenu miséricorde pour eux-mêmes, parce qu'ils sont pleins de miséricorde, et que c'est dans sa miséricorde que Dieu nous les a donnés.
Voyez, en effet, quelle miséricorde ils ont obtenue. Si vous interrogez saint Paul sur ce point..., il vous dira de lui-même : « J'ai commencé par être un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur ; mais j'ai obtenu miséricorde de Dieu » (1Tm 1,13). En effet, qui ne sait tout le mal qu'il a fait aux chrétiens de Jérusalem...et même dans la Judée toute entière ?...
Pour ce qui est du bienheureux Pierre, j'ai une autre chose à vous dire, mais une chose d'autant plus sublime qu'elle est unique. En effet, si Paul a péché, il l'a fait sans le savoir, car il n'avait pas la foi ; Pierre au contraire avait les yeux grands ouverts au moment de sa chute (Mt 26, 69).
Mais « là où la faute a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20)... Si saint Pierre a pu s'élever à un tel degré de sainteté après avoir fait une chute si lourde, qui pourra désormais désespérer, pour peu qu'il veuille lui aussi sortir de ses péchés ? Remarquez ce que dit l'Évangile : « Il sortit et pleura amèrement » (v. 75)...
Vous avez entendu quelle miséricorde les apôtres ont obtenue, et désormais personne parmi vous ne sera accablé de ses fautes passées plus qu'il ne faut...
Si tu as péché, Paul n'a-t-il pas péché davantage ? Si tu as fait une chute, Pierre n'en a-t-il pas fait une plus profonde que toi ?
Or, l'un et l'autre, en faisant pénitence, non seulement ont obtenu le salut mais sont devenus de grands saints, sont même devenus les ministres du salut, les maîtres de la sainteté.
Fais donc de même, mon frère, car c'est pour toi que l'Écriture les appelle « des hommes de miséricorde ».
Saint Bernard (1091-1153), abbé cistercien et docteur de l'Église - 3ème sermon pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul

http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/04/28/je-ne-merite-pas-de-porter-le-nom-dapotre/

 

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