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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 01:46

Naissance de Jésus-Christ…                   

Auguste César ayant ordonné un dénombrement de tous les habitants de l'empire, Joseph et Marie se rendirent de Nazareth à Bethléem, d'où leur famille était originaire. C'est là que, l'an de la création 4,004, le Fils de Dieu vint, au monde, au milieu de la nuit, dans une pauvre étable, la pauvreté de Joseph ne lui ayant pas permis do trouver place dans les hôtelleries.    Sa naissance fut aussitôt an­noncée par des anges à des bergers qui veillaient tour à tour sur leurs troupeaux.  Gloire à Dieu, disaient  ces esprits célestes en annonçant cette heureuse  nouvelle, gloire à Dieu au plus haut   des   deux   et   paix   sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Huit jours  après sa  naissance, il  fut   circoncis   et  ce même jour la très sainte  Vierge et saint Joseph, selon l’ordre qu’ils avaient reçu de  Dieu par  un ange, lui donnèrent le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, parce qu'il était venu pour sauver tous les hommes et les délivrer du péché et de l'enfer.

On a ajouté au nom de jésus celui de christ, qui signifie oint ou sacré, non pas qu'il ait été sacré d'une manière sensible, mais à cause de son union hypostatique avec la nature divine.

Nous nommons aussi Jésus-Christ notre-seigneur, parce qu'il a un droit particulier sur tous les chrétiens, qu'il a rachetés par le prix de son sang.

Peu de jours après que Jésus eût été circoncis, il fut re­connu pour Dieu et pour roi par trois mages qui, conduits par une étoile, vinrent de l'Orient pour l'adorer. Arrivés à Jérusalem et ne voyant plus d'étoile, ils demandèrent en quel lieu était né le roi des Juifs ; les docteurs de la loi, interrogés par Hérode, roi de la Judée, répondirent que le Messie de­vait naître à Bethléem. Hérode, alarmé et méditant déjà la mort de ce Dieu enfant, engagea les mages à lui donner avis du lieu où ils le trouveraient, feignant de vouloir l'ado­rer. Les mages, continuant leur course, trouvèrent l'enfant et lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe ; mais, avertis par un ange qu'Hérode voulait faire mourir l'enfant, ils s'en retournèrent par un autre chemin.

Quarante jours après la naissance de Jésus, la très sainte Vierge et saint Joseph le portèrent au Temple pour le pré­senter à Dieu, selon qu'il était ordonné par la loi des Juifs, parce qu'il était un premier-né. La sainte Vierge accomplit en même temps la loi de la purification et offrit, suivant cette loi, deux tourterelles : c'étaient les présents que les pauvres offraient en pareille occasion. Quel exemple d'hu­milité et de fidélité à la loi.

Hérode, voyant que les mages ne revenaient pas, conçut le dessein de faire mourir tous les enfants au-dessous de deux ans qu'il pourrait trouver à Bethléem et aux environs, afin d'envelopper le Sauveur dans ce massacre ; mais saint Joseph averti de tout par un ange, s'était enfui en Egypte avec Jésus et Marie, où il y demeura jusqu'après la mort de ce prince barbare. Alors il revint en Judée et alla demeurer à Nazareth, en Galilée.

L'Evangile nous apprend qu'à l'âge de douze ans Jésus-Christ fut mené à Jérusalem pour célébrer la fête de Pâques, selon la coutume des Juifs, et qu'il demeura dans le Temple sans que ses parents s'en aperçussent ; voyant en­suite qu'il n'était pas avec eux, ils le cherchèrent pendant tout le jour, mais inutilement, ce qui fut cause qu'ils re­tournèrent à Jérusalem où ils le trouvèrent dans le Temple assis au milieu des docteurs, les écoutant et leur proposant, des questions d'une manière si étonnante, que tous ceux qui l'entendaient étaient surpris de sa sagesse et de ses réponses.

A l'âge de trente ans, Jésus-Christ fut baptisé au fleuve du Jourdain par saint Jean-Baptiste ; en même temps le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe et le Père éternel déclara du haut des cieux que : « Jésus-Christ était son fils bien-aimé

Aussitôt après, le Saint-Esprit conduisit Jésus au désert, où il jeûna pendant quarante jours, sans boire ni manger. C'est sur ce modèle que l'église a établi le jeûne du carême.

Jésus-Christ permit ensuite au démon de le tenter, pour nous apprendre à ne pas craindre les tentations et pour nous enseigner la manière d'y résister et nous en mériter la grâce.

histoire : —Une mère aussi pieuse qu'éclairée dans la foi, re­commandait à ses enfants de ne passer aucun jour sans deman­der à Jésus enfant sa bénédiction.  "Aussitôt que vous avez, fait votre prière du matin et du soir, leur disait-elle, imaginez-vous que la très sainte Vierge paraît devant vous portant, le saint enfant Jésus dans ses bras ; inclinez-vous avec respect et dites avec ferveur : O Marie, daignez étendre sur moi la main de votre divin Fils, afin que béni par lui, j'évite le mal qui lui dé­plaît et que je fasse le bien qui lui est agréable ; que je l'invite dans son obéissance et ses autres vertus et qu'enfin je me rende digne de le posséder avec vous dans le ciel !"

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860) 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 03:06

Noël est la grande révolution bienfaisante…       

Noël, c’est la date qui a coupé en deux la série des événements : le calendrier même qui semble si neutre et l'histoire la plus laïque en témoi­gnent : on répartit le cours des siècles entre les an­nées avant et les années après Jésus-Christ.

C'est que dans toute cette histoire humaine où les véritables révolutions sont plus rares qu'on vou­drait nous le faire croire, Noël est la grande révo­lution, il faudrait dire la seule Révolution ; et à la différence de tant d'autres qui furent brutales et peu fécondes, elle est la grande révolution bienfaisante. Aujourd'hui on parle beaucoup de promotions : promotion de l'ouvrier, promotion de la femme, pro­motion des races sous-développées et des peuples de couleur. Mais Noël marque la vraie promotion de l'humanité, car du moment que Dieu lui-même entre dans cette humanité pour en faire réellement partie, il lui confère un sacre plus que royal.

Déjà l'homme est un être sacré, en dépit de ses faiblesses et de ses tares, par le fait qu'il est créé « à l'image et à la ressemblance de Dieu », c'est-à-dire avec une intelligence, un cœur, une liberté.

Déjà l'homme est un être digne de tout respect parce qu'il est le fils très aimé du Père céleste.

Mais à Noël, il s'agit de bien autre chose ; ou plutôt c'est grâce à l'Incarnation et à Noël que l'homme devient pleinement et dans un sens tout nouveau à l'image et à la ressemblance de Dieu; c'est grâce à l'Incar­nation et à Noël qu'il est vraiment et qu'il se sent lui-même le fils très aimé du Père.

Car à Bethléem, suivant l'expression du prophète qu'il faut prendre dans toute sa signification litté­rale, « un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné ». Comme on l'a dit, il est arrivé à notre terre cette chose extraordinaire qu'elle a germé Dieu. Dieu en personne vient prendre rang au milieu de la foule humaine ; dès lors il est de notre famille, de notre parenté : un homme et une femme de notre race sont ses grands-parents, une femme de notre race nommée Marie est sa maman et lui dit « mon petit ». On parle souvent de l'abaissement, de l'a­néantissement accepté par le Fils de Dieu devenu homme : on a raison, on ne fait que répéter saint Paul. Mais il ne faut pas oublier l'aspect complé­mentaire du dogme, la promotion inouïe, l'exalta­tion invraisemblable de l'humanité. D'ailleurs, la divinité en elle-même n'est jamais abaissée ni humi­liée. Un Dieu qui s'abaisse jusqu'à l'homme, c'est un Dieu qui élève l'homme jusqu'à lui. L'Incarna­tion, qui de la part de Dieu est une condescendance inimaginable, est aussi pour l'humanité une ascen­sion vertigineuse.

D'autant qu'à Noël, Dieu ne vient pas seulement « honorer la terre de sa présence », tel un chef d'État qui, selon l'expression consacrée, honore de sa présence la région où il se rend en visite officielle. Dieu ne vient pas ici-bas pour être seulement à côté de nous, pour mener une vie humaine qui ne serait que semblable à la nôtre, voisine de la nôtre. Il n'y a pas seulement un Homme-Dieu venant habiter parmi nous; il y a un Homme-Dieu venant divi­niser les hommes. Suivant la formule chère aux saints docteurs de l'Église ancienne, « il s'est fait homme pour nous faire dieux ». Il est bien réelle­ment un homme déterminé, Jésus de Nazareth, avec ce corps humain et cette âme humaine et avec cet état civil et dans ce milieu social ; mais il est aussi, d'une manière mystérieuse, tous les hommes, puis­qu'il vient ici-bas pour que tous les hommes devien­nent ses membres. « Eux c'est moi », fait dire au Christ saint Augustin. Et voilà qui projette sur l'hu­manité une lumière toute neuve.

Ceux qui n'admettent d'autre réalité que la ma­tière ne peuvent considérer l'homme que comme un animal : et c'est une insulte à l'homme. Les philo­sophes qui affirment l'existence de l'esprit ensei­gnent que l'homme est un animal raisonnable; et c'est lui reconnaître une noblesse authentique. Mais la foi va plus loin et nous permet de découvrir une définition de l'homme singulièrement plus haute : dans le Christ et par lui, l'humanité est divinisable ; 1''homme se définit comme un être capable de Dieu. Bossuet dit en un énergique raccourci qui accuse le contraste prodigieux : l'homme est un animal divin.

Nous entrevoyons les conséquences de cette vérité extraordinaire. L'humanité est sacrée; l'homme a une valeur, l'homme est sacré.

Qu'on n'ironise plus désormais sur cet être chétif perdu dans l'immensité de l'univers, car l'homme étant frère du Christ créateur de l'univers est lui-même plus grand que cet univers. Qu'on cesse de plaisanter sur l'occupation humaine ridiculement petite et vaine comme l'agitation d'un insecte : l'existence d'un être divinisé n'est jamais petite ni jamais inutile. Qu'on renonce au jeu facile, cher aux satiriques et aux faiseurs de maximes, d'énumérer complaisamment les défauts risibles de l'homme, ses tares, ses insuffisances : un être qui a la vocation d'être frère du Dieu fait homme et membre du Christ n'est jamais méprisable, en dépit de toutes ses faiblesses.

Et voilà qui va fort loin. Si l'humanité elle-même est sacrée, tout homme a une valeur, même celui qui n'a aucune valeur humaine, comme le tout-petit, même celui qui semble avoir perdu toute valeur, comme le dégénéré ; tout homme commande le res­pect, même celui que la société est portée à consi­dérer comme un déchet, un débris ou un parasite sans utilité sociale : le va-nu-pieds, le malade ingué­rissable, le client des maisons de santé ; tout homme a une dignité, même celui qui au point de vue de la civilisation paraît un retardataire : l'être sans éducation, l'homme d'une race primitive. Oui ou non, tous ces êtres font-ils partie de l'humanité? Oui ou non, est-ce l'humanité tout entière que le Christ a consacrée, qu'il a appelée à être divinisée?

Dans le christianisme, aucun dogme ne reste théo­rique et l'Incarnation moins que tout autre. Croire au Dieu fait homme est la condition de notre estime pour l'humanité et de notre amour pour les hommes.

Condition suffisante et d'ailleurs nécessaire. Si l'hu­manisme athée, malgré ses prétentions, devient un antihumanisme, si en adorant cette humanité qu'il a substituée à Dieu, il en arrive à traiter les hom­mes, dans les jours paisibles, comme des bêtes à l'engrais, dans les guerres déchaînées, comme des bêtes à l'abattoir, c'est justement que l'humanisme athée, rejetant Dieu et par le fait même la doctrine du Dieu fait homme, ne peut admettre l'idée de l'homme vraiment et personnellement divinisé. Et si, malgré tout, le monde moderne est plus respec­tueux ou veut être plus respectueux que le paganisme ancien, du tout-petit, de la femme, de l'être sous-évolué, c'est dans la mesure où le monde baptisé, mais en grande partie apostat, a gardé quelque chose de son baptême : grâce à des survivances obscures, une maman et son bébé lui font penser à Marie et à l'Enfant de Bethléem, un pauvre évoque plus ou moins consciemment le grand Pauvre, un blessé et un malade sont pour lui comme l'Ecce homo du vendredi saint.

Puisque le dogme de l'Incarnation n'est pas pour nous une survivance confuse, mais une vérité lumi­neuse pleinement admise par notre foi, que cette vérité soit en nous pleinement efficace et qu'elle nous inspire une belle attitude chrétienne ! En pré­sence de l'homme, nous sommes souvent portés au pessimisme et au mépris, pour des raisons qui nous semblent justes. Mais un certain pessimisme n'est-il pas comme une critique et une condamnation du Créateur, qui décidément semblerait avoir manqué son œuvre ? Une certaine sévérité pour l'homme n'en vient-elle pas à déprécier la valeur de l'Incarnation, à minimiser son efficacité; n'est-elle pas comme une atteinte au Dieu fait homme ?

Ne soyons pas pour l'humanité plus difficile que ne l'est Dieu lui-même. Et si nous éprouvons des répugnances à aimer les hommes à cause de défauts trop réels, souvenons-nous que malgré tous les défauts, Dieu les aime et nous aime.

Que Noël nous inspire assez de perspicacité pour voir en tous les hommes ceux qui sont ou doivent devenir les frères du Christ. Que Noël nous rappelle la parole à la fois pleine de promesses et de mena­ces : « Tout ce que vous faites au moindre des miens, c'est à moi que vous le faites. »

En présence de la crèche, comment ne pas vouloir trouver le moyen de remercier le Dieu fait homme pour le don inestimable qu'il nous a fait en se don­nant lui-même? Mais comment ne pas sentir l'insuf­fisance de notre merci et de tous les dons que nous pouvons lui présenter, que ce soient les agneaux des bergers ou  même les trésors encore bien pauvres des mages?

Nous avons le moyen de remercier le Christ. Estimer l'homme est peut-être le plus bel acte de foi à l'Incarnation, au Dieu fait homme. Aimer l'homme et regarder tous les hommes d'un regard fraternel est l'acte d'amour le plus authentique que nous puis­sions offrir à l'Enfant de Bethléem.

Joyeux Noël

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU.  Gaston Salet S. J.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 03:30

LE DON DIVIN  FONDAMENTAL … 

Dieu est une idée qui vit.

Dieu est spirituel. Il n'a pas de dimensions. Il appartient au même monde que celui des idées. Or les idées, vous le savez bien, jouissent de propriétés qui ne ressemblent guère aux propriétés physiques. Elles ne sont ni oblongues, ni carrées, ni sphériques. Elles ne sont ni rouges, ni bleues. Elles n'ont pas de surface ni de densité. Elles peuvent, en se diffusant dans les esprits, se diviser sans perte, se multiplier sans accroissement. Or Dieu est une idée subsistante, dépouillée de toute imperfection. En conséquence il réside dans les êtres sans entrer en composition avec eux, sans être multiplié par leur multiplicité.

Cette pensée devrait vous être un réconfort et un stimulant. Dieu, présent en vous, vit en vous. Il vous voit, vous connaît. Il vous connaît même mieux que vous-même. Tout homme en effet et vous ne faites pas exception est un mystère à lui-même. « S'il se vante, je l'abaisse, disait Pascal en parlant de l'homme ; s'il s'abaisse, je le vante ; et je le contredis toujours jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompré­hensible ».

Pas besoin de subir le réquisitoire de Pascal pour constater qu'il existe en nous des régions inexplorées, des terres inconnues. Autant dans la direction du bien que dans celle du mal, notre réflexion devine sans difficulté des zones qu'habitent les ombres du mystère. Nous sommes à la fois meilleurs et pires que nous le croyons! Par­fois nous nous livrons à des bassesses, nous com­mettons des lâchetés, des méchancetés dont nous nous serions crus incapables. A d'autres moments, au contraire, nous posons avec une spontanéité et une facilité qui nous étonnent nous-mêmes, des actes quasi héroïques. Quand Alexis Carrel parle de « l'homme cet inconnu », il signale avant tout les impuissances de la science à connaître l'être hu­main. Il aurait pu, avec plus de raison encore, disserter sur cet inconnu que l'homme est pour lui-même, sur les limites et les risques de l'intros­pection.

Ce moi qui nous demeure mystérieux, Dieu le connaît, ce Dieu qui en pénètre spirituellement les moindres replis. Il n'y a rien en nous qui lui échappe. Où pourrions-nous nous réfugier pour nous dérober au regard d'un être présent par­tout ? Où pourrions-nous fuir pour soustraire nos secrètes pensées à quelqu'un qui ne laisse rien hors de son atteinte ?

« Sors-tu de ta maison, note saint Augustin, ru es vu. Tu y rentres ? Tu es vu encore. Que ta lampe soit éteinte ou allumée, Dieu te voit. Te caches-tu dans ton lit ? Te réfugies-tu au fond de ton cœur ? Il te voit, il te voit toujours». (Serments de Scripturis, Sermo CXXXII, PL 38, 736.)

Déjà au temps lointain de l'Ancien Testament, le saint roi David chantait l'heureuse incapacité où se trouve l'homme d'échapper au regard de Dieu.

« Yahvé,  tu me sondes et tu me connais... Tu m'observes quand je suis en marche ou cou­ché, et toutes mes  voies  te  sont familières.  La parole n'est pas encore sur ma langue que déjà, Yahvé, tu la connais entièrement… Où aller loin de ton esprit ? Où fuir loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche dans le séjour des morts, te voilà !

Si je prends les ailes de l'aurore, et que j'aille habiter aux confins de la mer, là encore ta main me conduira et ta droite me saisira.

Et je dis : Au moins les ténèbres me cou­vriront et la nuit sera la seule lumière qui m'entoure ! ... Les ténèbres mêmes n'ont pas pour toi d’obscurité ; pour toi la nuit brille comme le jour, et  les  ténèbres comme la lumière». (Ps.  139, 1-12.)

Aucun   moyen   de   tromper   cet   observateur omniprésent. Aussi de quel ridicule ne nous cou­vrons-nous pas lorsque nous cherchons, dans un examen de conscience par exemple, à dissimuler nos   intentions ?  Nous   sommes  alors  comme le voyageur qui, sous les yeux mêmes du douanier, se mettrait à cacher dans le fond de sa valise une marchandise  taxable. Plus enfantine encore serait notre tentative  de   contrebande   sous   le   regard toujours ouvert, toujours vigilant de Dieu. Vrai­ment, pour peu que nous réfléchissions à cette ubiquité divine, nous devons reconnaître que la seule attitude raisonnable est celle d'une loyauté parfaite, d'une franchise totale. Il y va de notre dignité autant que de notre intérêt.

Ajoutons que Dieu, spirituel, vivant, est aussi actif. On doit même affirmer, à la suite du grand saint Thomas d'Aquin, que, s'il est présent par­tout, c'est principalement parce qu'il agit partout. Il n'habite pas les êtres à la manière d'un étranger qui assisterait passivement à leurs évolutions.  Dieu cause toutes et chacune des créatures et il les cause à tout  instant.  Tout ce qu'elles  ont d'existence, elles le  tiennent de  lui d'une façon directe et sans discontinuité.

Au plus intime de chaque être, Dieu est là, comme la cause qui le soutient dans l'existence, comme le créateur qui donne à chaque instant à son œuvre d'être ce qu'elle est. Car il  y a une «norme différence entre l'ouvrier humain et l'ou­vrier divin. Le premier ne travaille que sur du déjà existant : il ne fait que modifier des appa­rences. Le second opère à partir de rien, il crée les  substances  mêmes qui supportent les appa­rences. De là vient l'universalité et la nécessité permanente de son action. S'il cessait un instant de soutenir ses créatures, celles-ci retomberaient dans le néant. Elles disparaîtraient instantanément, privées de ce soutien indispensable qu'est l'être.

Placez un diamant à la lumière. Il resplendit, il charme l'œil par l'éclat de ses scintillements. Remettez-le brusquement dans les ténèbres. Aus­sitôt ses feux s'éteignent. Il ne se différencie plus guère du banal morceau de charbon. Son éclat était en dépendance étroite de la lumière. Celle-ci supprimée celui-là disparaît. Il en serait de même si Dieu refusait, fût-ce pour un instant son action productrice et conservatrice : les créatures dis­paraîtraient.

Elles disparaîtraient si totalement que la comparaison du diamant et de la lumière n'est pas assez forte. Même une fois son flamboiement éteint le diamant continue d'exister, tandis que dans l'hypothèse où nous nous plaçons les créa­tures cesseraient d'exister. Il vaut donc mieux recourir à des comparaisons moins inadéquates. Peut-être le lien essentiel qui relie des rayons à leur source lumineuse suggérerait davantage la dépendance incessante des êtres créés vis-à-vis de la causalité divine. Ou encore le lien entre l'orateur et les paroles qu'il prononce. A tout moment les paroles dépendent dans leur exis­tence de celui qui les profère. De même les créa­tures sont suspendues au souffle de Dieu. Son influx constant leur est nécessaire. Elles s'abreuvent sans cesse à l'être divin et si cette source devenait inaccessible, elles périraient aussitôt.

Chacun de nous, à titre de créature, dépend ainsi de Dieu. Chacun de nous, même dans l'ordre naturel, est porteur de la divinité. Dieu est pré­sent en nous de cette première présence fonda­mentale et si nous prenons l'habitude de méditer sur ce fait merveilleux nous verrons le monde avec d'autres yeux, des yeux renouvelés et comme doués d'une seconde vue. Nous apercevrons Dieu partout : Dieu dans les choses, et nous les traiterons avec la piété candide d'un saint Fran­çois ; Dieu dans les autres hommes, et nous les considérerons avec respect ; Dieu en nous-mêmes, et nous en éprouverons un légitime orgueil.

Prenons l'habitude de méditer ces vérités élémentaires, ces vérités que notre légèreté incon­cevable nous porte à oublier. Connaissant chaque jour davantage ce don de Dieu, d'ordre naturel, qui est sa présence en nous, à titre de conserva­teur de notre être, nous arriverons à penser à Dieu avec une joie et une satisfaction plus grandes que celles que nous éprouvons à rêver à Blanche Neige et à toutes les autres créations de la fan­taisie humaine.

Extrait de : Catholique d’aujourd’hui Marcel-Marie Desmarais. O.P.

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 06:27

Règle sure et générale pour discerner la vérité…

Quelle est la règle sure et générale pour discerner la vérité de la foi catholique d'avec la fausseté pernicieuse de l'hérésie ?

C'est de s'en tenir, avec la grâce de Dieu, à l'autorité de la loi divine et à la tradition de l'Église catholique.

Aux Écritures, il faut joindre l'interprétation de l'Église, parce que tous ne comprennent pas l'Écriture sainte de la même manière; il y a presque autant d'interprétations que d'hommes. Il est donc extrêmement nécessaire que l'interprétation des prophètes et des Apôtres prenne pour règle le sens catholique, le sens de l'Église. Dans l'Église catholique même, il faut s'en tenir à ce qui a été cru en tout lieu, en tout temps et par tous; car c'est là ce qui est vraiment et proprement catholique, suivant la force du mot, qui signifie universel.

Nous observerons cette règle, si nous suivons l'universalité, l'antiquité, le consentement. Nous suivrons l'universalité, si nous confessons comme seule véritable la foi que l'Église a professée, depuis son origine, dans tout l'univers; nous suivrons l'antiquité, si nous ne nous écartons en rien des sentiments manifestes de nos saints ancêtres et Pères; nous suivrons le consentement, si nous nous attachons aux définitions et aux sentences de tous les pontifes.

Que doit donc faire un catholique, si une portion de l'Église se sépare de la communauté de la foi universelle ? Que doit-il faire, si une contagion s'efforce d'infecter, non seulement une petite partie, mais l'Église entière ? Il doit alors s'attacher à l'antiquité, qui ne peut plus être séduite par les artifices de la nouveauté. Mais si dans l'antiquité même une erreur se découvre dans quelques hommes ou même dans une région plus ou moins importante ? Alors, à la témérité ou à l'ignorance, il préférera les décrets de l'Église universelle, s'il en existe. Mais s'il n'en existe pas, que faire ? Il aura soin de consulter et de comparer entre eux les sentiments des anciens; mais de ceux-là seuls qui ont persévéré dans la communion et dans la foi de l'Église catholique, et y sont considérés comme des docteurs orthodoxes. Ce qui aura été tenu, écrit, enseigné, non par un ou deux seulement, mais par tous ensemble, unanimement, clairement, fréquemment, persévéramment, c'est ce qu'il faudra croire sans aucune hésitation.

Tout cela s'éclaircit par l'exemple des donatistes et des ariens. Les premiers, qui formaient une grande partie de l'Afrique, préférèrent la témérité sacrilège d'un seul homme à l'Église du Christ. Ceux, dans cette partie du monde, qui détestèrent ce schisme profane et restèrent unis à toutes les Églises du monde, purent seuls se sauver dans le sanctuaire de la foi catholique. Ils ont montré à la postérité comment, à l'extravagance d'un seul ou de quelques-uns, il faut préférer la santé de tous. De même, lorsque le venin de l'arianisme eut entaché, non plus une petite portion, mais presque tout l'univers, et que la plupart des évêques ayant joint cette hérésie, on ne voyait presque plus ce qu'il fallait suivre dans cette grande confusion, les vrais adorateurs du Christ se préservèrent de la contagion, en préférant l'antique foi à la perfidie nouvelle.

Mais pourquoi Dieu permet-Il souvent que des personnages recommandés dans l'Église enseignent des nouveautés aux catholiques ? Moïse a déjà répondu à cette question : S'il s'élève un prophète qui dise : Suivons des dieux étrangers, de nouvelles erreurs; les Israélites ne devaient pas l'écouter, parce que Dieu les tentait, pour savoir s'ils L'aimaient de tout leur coeur. De même il a été donné à des hommes de talent extraordinaire de tenter les chrétiens : les hérétiques anciens et modernes, auxquels l'Église dit également anathème. Ces exemples font voir aux catholiques qu'ils doivent recevoir les docteurs avec l'Église, et non abandonner la foi de l'Église avec les docteurs. Sous ce rapport, personne ne peut être comparé à Origène. Ses talents, ses lumières, ses vertus, ses succès, sa renommée étaient tels qu'il y avait un grand nombre de catholiques qui aimèrent mieux se tromper avec lui que d'avoir raison avec les petit nombre des autres. Et ce grand personnage, ce grand docteur, ce grand prophète, est devenu une terrible tentation pour un grand nombre: car, abusant de la grâce de Dieu, en se confiant trop à son esprit, en dédaignant la simplicité antique de la religion catholique, en croyant en savoir plus que tout le monde, en interprétant certains endroits de l'Écriture d'une manière nouvelle, au mépris des traditions de l'Église et de la doctrine des anciens, il a mérité qu'il fut dit de lui à l'Église de Dieu : "S'il s'élève parmi vous..., vous n'écouterez pas les paroles de ce prophète-là, parce que le Seigneur votre Dieu vous tente, si vous L'aimez ou non". C'était non seulement une tentation, mais une grande tentation, de faire passer insensiblement de l'ancienne religion à la nouveauté profane.

D'après cela, celui-là seul est un catholique véritable, qui ne tient et ne croit que ce que l'Église catholique a reçu universellement, et qui se méfie toujours, comme étant une tentation, de toute nouveauté introduite par quelqu'un, sans ou contre tous les saints. Comme, suivant St Paul, il est nécessaire qu'il y ait des hérésies, rien ne sert mieux contre la perplexité, dans ces temps d'épreuves, que l'attachement à la foi ancienne. Quand on réfléchit à tout cela, on ne saurait s'étonner assez, qu'il y ait des hommes si emportés, si aveugles, si impies, si portés à l'erreur, que, non content de la règle de la foi, une fois donnée aux fidèles, et reçue de toute antiquité, ils cherchent tous les jours des nouveautés, et veulent toujours ajouter, changer, ôter quelque chose à la religion, comme si ce n'était pas un dogme céleste, qui, révélé une fois, nous suffit. Il n'y a pas d'institution terrestre qu'on ne puisse amener à sa perfection sans la réformer, ou, à dire vrai, en y remarquant tous les jours quelques défauts; tandis que les oracles divins nous crient : Ne transportez pas les bornes qu'ont posées vos pères; et St Paul dit de son côté : Protégez le dépôt des profanes nouveautés de paroles et des oppositions d'une prétendue science, dont quelques-uns, en faisant profession, se sont égarés de la foi.

Quelqu'un dira peut-être : Dans l'Église du Christ, la religion ne peut-t-elle donc faire aucun progrès ? Elle peut en faire, et un très grand; mais il faut que ce soit un progrès véritable et non un changement. Il est du progrès qu'une chose se développe en elle-même; il est du changement qu'elle en devienne une autre. Il faut donc que l'intelligence, la connaissance, la sagesse de chaque fidèle et de l'Église entière s'augmente avec les siècles; mais dans son genre, à savoir, dans le même dogme, dans le même esprit et dans le même sentiment. Il faut que la religion des âmes imite la condition des corps. Ceux-ci se développent avec l'âge; mais ils restent les mêmes. Ainsi, il faut que le dogme chrétien se consolide avec les années, se dilate avec le temps, s'élève avec l'âge; mais il faut qu'il demeure toujours parfait et sans tache, par la juste proportion de ses parties et les propriétés convenables de ses membres. Nos ancêtres, par exemple, ont semé le froment de la foi dans le champ de l’Église; il serait injuste que, au lieu de la vérité du froment originel, nous voulions récolter l'erreur substituée de l'ivraie. Il est permis de limer et de polir, avec le temps, les dogmes antiques de la philosophie du ciel: mais c'est un crime de les changer, un crime de les tronquer ou de les mutiler. Ils peuvent augmenter en clarté et en précision; mais il faut qu'ils conservent leur plénitude et leur nature incorruptible. S'il était permis une fois de les altérer dans quelques parties, on finirait par les rejeter dans leur totalité. Aussi, l'Église du Christ, fidèle dépositaire de ses dogmes, ne change jamais rien, ne diminue jamais rien, n'ajoute jamais rien, ne perd jamais rien de ce qui lui est propre, et ne reçoit jamais rien de ce qui lui est étranger. Par les décisions de son Magistère universel ordinaire et extraordinaire, l'Église du Christ ne fait rien d'autre que de donner par écrit à la postérité ce que les anciens avaient cru par la seule tradition; que de renfermer en peu de mots le principe et la substance de la foi: Et souvent pour faciliter la compréhension, d'exprimer par quelque terme nouveau, mais propre et précis, la doctrine qui n'avait jamais été nouvelle; en sorte que, en disant quelquefois les choses d'une manière nouvelle, on ne dit néanmoins jamais de nouvelles choses.

St Paul avertit Timothée de fuir les profanes nouveautés de paroles, c'est-à-dire de dogmes, de choses, de sentiments contraires à l'antiquité. Car si l'on vient à les recevoir, la foi des saints Pères sera nécessairement violée ou en totalité ou en partie; il faudra nécessairement conclure que, dans tous les temps, tous les fidèles, tous les saints, tous ceux qui professent la continence, toutes les vierges, tous les clercs, tous les prêtres, tant de milliers de confesseurs, cette foule admirable de martyrs, cette multitude de nations, que l'univers presque entier, incorporé au Christ, son Chef, par la foi catholique, s'est trompé, a blasphémé pendant tant de siècles et n'a pas su ce qu'il croyait. Les innovations ont toujours été le propre des hérétiques. Quelle hérésie est jamais venue à éclore, si ce n'est sous un nom, dans un lieu et dans un temps certain et connu ? Qui jamais institua une hérésie sans se séparer auparavant de l'accord universel et ancien de l'Église catholique ? Par exemple, qui jamais, avant le profane Pelage, attribua au libre arbitre un si grande vertu qu'il ne crut pas la grâce de Dieu nécessaire à chaque bonne action ? Qui, avant le sacrilège Arius, osa diviser l'unité de la Trinité ? Etc.

On demandera peut-être si les hérétiques eux-mêmes ne se servent pas des témoignages des divines Écritures. Sans doute, ils s'en servent, et même beaucoup. Mais il faut les craindre, d'autant plus qu'ils se cachent à l'ombre de la loi divine. Ce sont des loups ravisseurs qui se couvrent de la peau de brebis, mais on les reconnaît bientôt à leurs fruits : à leur amertume, à leur rage, au déchirement du dogme catholique; ce en quoi ils sont semblables à leur maître Satan.

Mais que feront alors les catholiques pour discerner la vérité d'avec la fausseté ? Ils auront soin de faire ce qui a été dit d'abord; Us interpréteront l'Écriture suivant la tradition de l'Église universelle et les règles du dogme catholique. Dans l'Église catholique même, ils suivront l'universalité, l'antiquité, le consentement. Ils rejetèrent ce qui y est contraire. A la témérité d'un seul ou de quelques-uns, ils préféreront les décrets du Magistère universel; et, s'il n'y en a pas, l'accord des docteurs les plus nombreux et les plus illustres. Ils feront ainsi, non pas pour toutes les petites questions, mais pour la règle de la foi.

Suivant St Vincent de Lérins.

Extrait de : BOC No 44.  Éric Tailhardes

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 18:27

Nous pouvons participer à la croix du Sauveur…

Par les épreuves de la vie nous participons à la croix du Sauveur et nous accomplissons notre part personnelle de rédemption…

Imposant les mains sur chacun d'eux il les guérissait.

En guérissant les malades qu'on lui apportait de tous côtés, le Christ affirmait sa souveraine autorité sur les esprits mauvais : « Les démons sortaient de plusieurs, criant et disant : vous êtes le Fils de Dieu » (Luc, 4, 11). La lutte engagée est toujours entre les esprits mauvais et l'Esprit bon. « Le Saint-Esprit, venant dans une âme, y guérit les contraires par les contraires comme un bon et habile médecin, dit saint Thomas. Et il remarque qu'il y a un quadruple esprit mauvais contre lequel, de quatre manières, est envoyé l'Esprit-Saint : « L'esprit d'angoisse, l'esprit immonde, l'esprit de paresse et l'esprit de malice », et comme opposition : « L'Esprit consolateur, le Sanctificateur, le Corroborateur, l'Informateur ».

Le Consolateur. — Trop vite et facilement nous sommes décontenancés quand survient l'adversité, quelles qu'en soient l'origine et la nature ; dépression, état d'an­goisse, d'anxiété, telles en sont les suites. Par là, le démon nous assombrit, nous incline au découragement, s'efforce de nous arrêter et de nous faire choir.

Une réaction vigoureuse s'impose. La tristesse est mau­vaise conseillère. Au lien de nous paralyser, l'épreuve doit nous stimuler. Consolator optime, Consolateur suprême, le Saint-Esprit est à notre porte; implorons-le; il nous redonnera du cœur, il nous fera comprendre la bienfaisance  de nos peines, par lesquelles nous participons à la croix du Sauveur et nous accomplissons notre part personnelle de rédemption. Nous resterons debout et repartirons d'un meilleur pied.

Le Sanctificateur. — Quand tout va bien, que tout nous réussit à souhait, qu'il n'y a, physiquement et moralement, qu'épanouissement, l'esprit mauvais exploite la situation en nous poussant à un dangereux laisser-aller. On se surveille moins étroitement, on fait moins d'efforts, l'imperfection se glisse sournoise, astucieuse ; il y a des risques d'infiltration d'orgueil, de sensualisme ; sollici­teur, le péché peut se dresser à l'horizon.

Prenons garde, justement, parce que tout va bien ; appelons l'Esprit-Saint ; il nous ramènera toujours dans l'atmosphère de la lumière. Il est peut-être plus difficile d'utiliser les succès que les revers, les joies que les peines ; il nous y aidera, et de tout nous fera tirer un principe de sanctification progressive.

Le Corroborateur. — Pusillanimité ou paresse, lâcheté ou crainte, sont des dispositions désastreuses en face d'une tâche qui exige essentiellement l'effort et la confiance. Notre ténébreux ennemi le sait bien, et il s'emploie à nous faire voir la lutte comme impossible, le travail à accomplir comme au-dessus de nos forces.

Invoquons le Saint-Esprit, in labore requies « repos dans le labeur », il nous tonifiera toujours, il nous poussera en avant. Il nous rappellera que « nous sommes les colla­borateurs de Dieu» (1 Cor., 3, 9^, nous ne sommes pas seuls, c'est pour Dieu que nous travaillons, et Dieu est avec nous. Rien ne déborde nos possibilités, et quel que soit le labeur que nous ayons à accomplir, « je puis tout en Celui qui me fortifie » (Philip. 4, 13).

L'Informateur. — Il est toujours là, l'esprit qui pousse au mal ; ce pour quoi il cherche à nous tromper, à nous, pousser dans l'illusion, à troubler notre regard qui aperçoit moins les laideurs du péché, les beautés de la vertu, l'enfer à éviter, le ciel à mériter.

Le danger serait grand si nous n'implorions pas le Saint-Esprit ; mais il est là, Informateur.

Entendons le mot dans son sens philosophique et dans son sens ordinaire. L'Esprit maintient l'âme « en forme » ; il lui rappelle les principes immuables, essentiels ; il la garde ainsi sur la norme de justice qui est son salut.

« O venez, Esprit-Saint… donnez à vos fidèles qui se confient en vous les sept dons sacrés.»

DERNIER SAMEDI APRÈS LA PENTECÔTE

Extrait de : Méditations Quotidiennes  Mgr A. Gonon

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 03:38

La  tentation   des   illusions   et  des   fausses   appa­ritions …   

La  tentation   des   illusions   et  des   fausses   appa­ritions qui nous éprouveront au moment de la mort.

L'opiniâtre ennemi de notre âme ne se lasse point de nous tourmenter : il nous tente par de fausses apparitions, et il se transforme lui-même en ange de lumière.

Quand cette tentation se présente, demeurez ferme et constant dans la con­viction de votre néant, et dites au tentateur : « Malheureux, retourne dans tes ténèbres ; je ne mérite pas de jouir des visions célestes ; je ne désire qu'une chose, la miséricorde de mon Sau­veur Jésus, par l'intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph et des autres bienheureux.»

Si cependant il vous semblait reconnaître, à des signes évidents, que ces visions viennent vraiment du ciel, il ne faudrait pas encore vous y arrêter : éloignez-les de vous autant que vous le pouvez, et ne craignez pas que cette résistance, inspirée par votre humilité, soit désagréable à Dieu. Si c'est lui qui vous envoie ces illuminations célestes, il saura bien vous en donner la preuve, et vous n'y perdrez rien. Celui qui donne la grâce ne la retire pas quand on lui répond par des actes d'humilité.

Voilà les armes dont le démon se sert le plus ordinairement contre nous au moment de la mort. Il emploie l'une ou l'autre de ces tentations, selon les inclinations particulières auxquelles il sait que nous sommes sujets.

Quoi qu'il en soit, avant d'arriver à l'heure de ce terrible combat, c'est un devoir pour nous de nous couvrir d'une forte armure, et d'attaquer énergiquement les passions qui nous dominent avec le plus de violence : c'est le seul moyen de nous faciliter la victoire au jour qui nous enlève tout espoir de l'obtenir plus tard.

Extrait de : LE COMBAT SPIRITUEL. Laurent Scupoli . c.c.-.r. (1946)

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 03:31

 

 

 

La tentation de vaine gloire …                             

La troisième tentation est celle de la vaine gloire et de la présomption. Ne vous laissez aller sous aucun prétexte à la moindre complaisance en vous-même, ni en vos propres œuvres. Que tout votre bon plaisir soit uniquement en Dieu, en sa misé­ricorde, dans les œuvres de sa vie et dans les mérites de la passion de Jésus-Christ.

Abaissez-vous toujours de plus en plus à vos propres yeux. Si le bien que vous avez fait se représente à votre mémoire, reconnaissez que Dieu en est le seul auteur. Demandez-lni son secours, mais ne l'attendez pas, de vos mérites, quelque nombreux et quelque grands que soient les succès que vous auriez obtenus contre vos passions. De­meurez toujours dans une sainte frayeur ; avouez bien sincèrement que tous vos mérites vous servi­raient peu, si Dieu, en la protection duquel vous devez mettre votre unique confiance, ne vous recueillait à l'ombre de ses ailes.

Soyez fidèle à suivre ces avis, et jamais vos enne­mis ne prévaudront contre vous ; et vous aurez trouvé le chemin qui doit vous conduire heureuse­ment à la Jérusalem céleste.

A suivre avec : La tentation des illusions et des fausses appa­ritions…

Extrait de : LE COMBAT SPIRITUEL. Laurent Scupoli. c.c.-.r. (1946)

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