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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 05:43

Le Ciel « On ne prêche plus ou pas assez le Bonheur du Ciel »

N.S. J.-C. à Marie Julie C Extrait des trésors de Cornelius a Lapide

(cf unacumpaulosexto Tome 1 page 300

SAINT Thomas demande si Dieu pourrait faire des choses plus grandes, plus parfaites, que tout ce qu'il a fait, et ce saint docteur répond qu'Il le peut.

Mais il excepte trois choses : JÉSUS CHRIST, la Bienheureuse Vierge Marie, et la béatitude des élus.

Car, dit-il, l'Humanité de Jésus -Christ doit être exceptée, parce qu'elle est unie à Dieu d'une manière hypostatique (Union des deux natures en une seule personne); la Bienheureuse Vierge, parce qu'elle est Mère de Dieu ; et la béatitude créée, (LE CIEL) parce qu'elle est la jouissance de Dieu. L'Humanité de Jésus Christ, la sainte Vierge et la béatitude, ou le ciel, tirent du bien infini, qui est Dieu, une certaine perfection infinie. De ce côté, Dieu ne peut rien faire de meilleur qu'eux, comme il ne peut rien exister de meilleur que Dieu (l. p. q. 2. art. 6).

Dans ces trois choses, Dieu, dit Saint Augustin, épuise Sa science, Sa Puissance, Ses richesses et Sa Bonté (Lib. de Civit.)

http://amdg.over-blog.fr/

Nous sommes crée pour le bonheur, mais ce bonheur n’est pas sur la terre. Nous aurons droit à ce grand bonheur seulement si nous faisons la Volonté de Dieu sur terre en suivant scrupuleusement ses Dix Commandements. Avant la faute originelle d’Adam et Ève, il y avait un bonheur sur terre, mais après cette vie sur terre est devenu un chemin de croix qui nous permettra d’avoir une récompense éternelle bien plus grande qu’avant la faute. Union de prières.

elogofioupiou.over-blog.com

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 17:15

« …Notre Seigneur est plus miséricordieux, plus généreux et royal que nous ne saurions jamais nous l'imaginer. C'est l'importance que nous nous donnons à nous-mêmes, qui lui fait obstacle et non pas notre misère. Nous ne saurions assez avoir confiance en lui ».

Le souvenir de nos péchés actuels ou passés ne doit donc jamais resserrer nos cœurs, nous enlever cet entrain joyeux et allègre, qui est si important au service du divin Maître. Jamais, quels qu'ils soient, nos péchés ne doivent créer une atmosphère de doute, un fond de défiance entre Jésus et nous. Jamais ils ne doi­vent rien soustraire à l'aisance de nos rapports avec notre divin ami et à notre familiarité avec lui.

Et si cela est vrai pour les fautes volontaires, rares malgré tout chez les âmes vraiment intérieures, combien plus encore cela est-il vrai pour ces fautes si nombreuses, qui échap­pent au juste lui-même, fautes semi-volontaires, fautes de faiblesse, de fragilité ou même de pure surprise.

Hélas ! Après nos chutes, nous sommes pour­tant si tentés de nous laisser aller un peu à une mélancolie chagrine et maussade. Même après avoir demandé humblement pardon à Dieu, nous sommes comme gênés, nous nous sentons comme mal à l'aise avec lui. Il semble que nous ne puissions agir comme si de rien n'était, que nous devions apporter à Nôtre-Seigneur un front sombre et morose, témoin de nos regrets. Que nous agissions ainsi avec un homme, soit encore. Mais avec Jésus! Rappelons-nous ce que nous avons vu tout à l'heure. Nos fautes, si nous le voulons, donnent à Jésus l'occasion d'exercer sa pitié infinie, son immense miséricorde. Elles lui sont une cause de bonheur bien doux.

On ne pourrait en avoir une plus vive illustra­tion que la jolie histoire de saint Jérôme. Un jour de Noël, l'enfant de Bethléem, qu'il aimait tant, lui dit : « Jérôme, donne-moi quelque chose ». Mais Seigneur, répondit le saint docteur, ne vous ai-je pas tout donné ? Ma vie, mes pauvres vertus, mes écrits, mon apostolat... Prenez tout, Seigneur, tout est à vous. » — « Jérôme, donne-moi quelque chose. » — « Eh, quoi ! Seigneur, y aurait-il dans mon cœur quelque chose qui ne soit pas pour vous? » — « Jérôme, Jérôme, tu gardes quelque chose... tu ne me donnes pas ce que je veux. » — « Que voulez-vous donc, Seigneur? » — « Jérôme, donne-moi tes péchés »...!

Ah! Oui vraiment, le Seigneur a besoin de nos misères et de nos péchés pour donner à son amour miséricordieux le bonheur ineffable de s'épancher en une petite créature. C'est ce que Jésus exprimait par ce mot sublime à Sœur

Bénigne-Consolata : « Tes misères, vends-les à ma miséricorde. »

Après cela comment garder encore une certaine gêne ou méfiance à cause de nos misères? Notre faute peut avoir quelque peu centriste le Sauveur, oh! pas beaucoup si nous sommes généreux, mais notre humble repentir et notre amour confiant le dédommagent très amplement, et lui causent infiniment plus de joie que notre faute ne lui a fait de peine.

Une novice se repentant amèrement d'une faute qu'elle avait commise, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus lui dit : « Prenez votre crucifix et baisez-le ». Elle lui baisa les pieds. — « Est-ce ainsi qu'une enfant embrasse son père ? dit la sainte. Bien vite, passez vos mains autour de son cou et baisez son visage ». Elle obéit. « Ce n'est pas tout, il faut vous faire rendre ses caresses. » Et la novice dut poser le crucifix sur chacune de ses joues ; alors la sainte lui dit : « C'est bien, maintenant tout est pardonné ! »

Voilà comment les saints comprennent la bonté aimante de Dieu. Parmi les conseils et souvenirs de la chère sainte, on trouve aussi ce joli trait : Une de ses compagnes lui ayant fait de la peine alla lui demander pardon. Thérèse parut très émue et dit : « Si vous saviez ce que j'éprouve. Je n'ai jamais aussi bien com­pris avec quel amour Jésus nous reçoit, quand nous lui demandons pardon après une faute. Si moi, sa pauvre petite créature, j'ai senti: tant de tendresse pour vous, au moment où vous êtes revenue à moi, que doit-il se passer dans le cœur du Bon Dieu, quand on revient vers lui ! Oui, certainement plus vite encore que je ne viens de le faire, il oubliera toutes nos iniquités, pour ne jamais plus s'en souvenir.... Il fera même davantage : il nous aimera plus encore "qu'avant notre faute...! »

Ces paroles nous font naturellement songer à la parabole de l'enfant prodigue, où Jésus s'est si bien décrit lui-même et où il met dans un relief si saisissant la joie immense qu'il éprouve à nous voir revenir à lui après nos fautes.

On a très bien fait remarquer que le père de l'enfant prodigue, en voyant revenir son fils bien-aimé, l'embrassa aussitôt avec des effusions de tendresse inexprimable. Le pauvre enfant devait être bien pitoyable à voir dans ces haillons sordides, mais bien dégoûtants aussi. Qu'importe! Sans l'ombre d'un reproche, sans un moment d'hésitation à la vue de ces haillons hideux et malpropres, le père lui saute au cou. Vite on apporte un nouvel habit, on lui met un anneau au doigt et sans plus le voilà réinstallé dans sa position première Dieu ne dit pas à l'enfant prodigue : nous verrons comment vous vous conduirez ; si vous gardez vos bonnes résolutions nous oublierons tout et nous vous rendrons notre faveur première. Non. L'humble aveu de ses fautes est suivi d'une réhabilitation immédiate. On fait tout pour qu'il se sente tout de suite chez lui.

Ah ! Si je pouvais apprendre d'une façon définitive le grand art de me conduire comme il faut à l'égard du Bon Dieu après mes fautes, afin que moi aussi, grâce à une parfaite con­fiance, je retrouve tout l'amour de Jésus, et même plus qu'il ne m'en montrait auparavant ! C'est une grande grâce de pouvoir après nos fautes être avec Jésus aussi ouvert, aussi confiant, aussi familier qu'avant. Cela suppose un grand progrès dans la vertu.

« Quand une personne de vertu ordinaire commet une faute, dit le Père Considine, il lui faut quelque temps avant de se sentir la même avec Dieu qu'auparavant. Elle n'a pas suffisam­ment compris la merveilleuse générosité du cœur de son Dieu. Quand un saint commet une faute, il court de suite à Dieu, comme un petit enfant à sa mère et la confesse humblement, sans excuse ni palliatif, comme un enfant courageux, honnête et confiant. Et le moment d'après il se sent aussi heureux auprès de Dieu qu'avant. Sa faute n'a fait aucune différence. Le saint ne comprend pas moins bien le péché que les autres, au contraire il le comprend mieux. Mais ce qui est beaucoup plus important, il comprend beaucoup mieux Dieu. C'est un des grands signes de progrès dans la vie spirituelle, que ce retour prompt et cette paix de l'âme après sa faute. »

O Jésus, donnez-moi de comprendre, moi aussi, la merveilleuse tendresse de votre cœur. Ne permettez pas que je vous cause plus long­temps cette peine, la plus grande de toutes pour votre cœur si aimant, celle de ne pas me fier à vous après mes chutes. Puissé-je, par votre grâce, à chaque faute vous aimer ardemment et entrer plus avant dans votre cœur ! Je sais maintenant qu'une confiance intacte après mes fautes contient plus d'amour et de repentir que toute autre chose. Quand je serai tombé je ne vous dirai plus, comme Pierre le faisait au début de sa vie d'apôtre : « Seigneur, retirez-vous de moi, par je ne suis qu'un homme pécheur. » Je veux au contraire vous dire avec une immense confian­ce: « Seigneur Jésus, approchez-vous de moi, car vous connaissez mes misères et mes péchés, et l'immense besoin que j'ai de votre compassion. »

Note II. Dieu permet nos fautes à cause de leurs grands avantages. Elles favorisent l'amour, l'humilité, le dégoût de soi, l'amour de notre abjection et l'amour pur de Dieu, notre nouveau moi. — Souvenons-nous du but de Dieu et les fautes nous deviendront douces.

Dieu permet nos fautes à cause de leurs grands avantages. Nous savons sans doute quelque peu compris que nos fautes ne doivent rien enlever à notre confiance et à notre familiarité aimante avec Dieu et que, si nous en profitons pour nous humilier, nous confier en lui et l'aimer d'autant plus, nous ne perdrons rien des grâces qu'il nous destinait.

Mais pour notre consolation il est bon d'exa­miner un peu plus au long les grands avantages que les fautes apportent à ceux qui connaissent le grand art de les réparer.

Tout d'abord, une pensée est bien consolante pour les âmes qui aiment le Bon Dieu de tout leur cœur et font tout leur bonheur de lui plaire en toutes choses. C'est que, pour les âmes vraiment aimantes, qui ne voudraient pour rien au monde offenser Dieu volontairement, leurs imperfections et leurs fautes de surprise, de fragilité ou d'inadvertance ne font guère de vraie peine au Bon Dieu. Nôtre-Seigneur, qui est si bon et connaît si à fond toutes les faiblesses et les impuissances de notre nature, sait très 'bien faire le départ des fautes volontaires ou semi-volontaires et des fautes qui nous échap­pent par fragilité ou par surprise.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus insistait souvent sur cette différence, afin que les âmes aimantes conservassent intacte la joie qu'elles éprouvent à plaire à Dieu. Ces fautes ne lui font pas de peine, ne lui déplaisent pas, se plaisait-elle à répéter. Et s'appliquant la chose à elle-même, elle disait avec une grâce char­mante: « J'aurai le droit, sans offenser le Bon Dieu, de faire de petites sottises jusqu'à ma mort, si je suis humble, si je reste toute petite. Voyez les petits enfants, ils ne cessent de casser, de déchirer, de tomber, tout en aimant beaucoup leurs parents et en étant très aimés d'eux. »

.Elle avait bien raison. Beaucoup de fautes sont compatibles avec un immense amour et un désir très grand de plaire au Bon Dieu. Elles ne l'offensent et ne le contristent guère. Tout au plus contristent-elles notre amour-propre et cela est une excellente chose. Oh ! Qu'il est délicieux, si notre unique bonheur ici-bas est de faire plaisir à Jésus, de pouvoir songer que, malgré tant de petites défaillances, nous pouvons toujours lui plaire beaucoup. Y a-t-il rien de plus réconfortant pour une âme généreuse ?

Une fois cette distinction encourageante faite entre les fautes qui ne font pas de peine au Bon Dieu et celles qui en font, tâchons de décou­vrir les raisons pour lesquelles le Bon Dieu permet que nous retombions et cela parfois si souvent et si longtemps, dans nos fautes volontaires et autres. Il pourrait, s'il le voulait, les diminuer considérablement. S'il les permet, même chez ceux qui le servent de tout leur cœur, c'est qu'il y voit des avantages considé­rables.

Extrait de : CONFIANCE Méditations. Paul De Jaegher S.J.

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 08:17

LA SEPTIÈME PAROLE A LA CROIX…

Lorsque le Christ fut crucifié, le soleil s'obscurcit soudain ; au moment de Sa mort, la terre trembla en signe de deuil.

Lors de ce tremblement de terre, des rochers se fendirent, des tombeaux s'ouvrirent et les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent et, sortant de la tombe, se montrèrent à un grand nombre de gens dans la Cité Sainte.

Si la terre avait marqué sa reconnaissance en séparant les eaux de la mer Rouge, lorsque Dieu avait délivré Son peuple de l'esclavage d'Égypte, à combien plus forte raison devait-elle donner des signes de sa reconnaissance maintenant que le Seigneur libérait l'humanité de l'esclavage du péché. Si les cœurs du peuple n'avaient pas pu être fendus, les rochers l'avaient été.

Le centurion qui commandait les soldats, constatant le tremblement de terre, et voyant la manière dont l'Homme crucifié à la Croix du milieu était mort, se mit à réfléchir.

Puis (Claudia) cet officier de l'armée romaine donna un témoignage, non point venu du royaume des songes, comme celui de l'autre païenne, Claudia, parvenu de la conscience d'un homme honnête et raisonnable : Celui-ci était le Fils de Dieu. (Marc 15, 39.)

Le Christ qui avait été complètement abandonné par Ses disciples, sauf par celui qui se tenait au pied de la Croix; qui n'avait pas entendu une seule voix s'élever pour le défendre, sauf celle d'une femme païenne; et qui n'avait vu s'avancer personne qui eût le courage de Le reconnaître, le Christ était finalement confessé, lors de Sa mort, par un soldat endurci sur les champs de bataille, et qui avait com­mandé et surveillé Son exécution.

Vraisemblablement, le centurion avait déjà crucifié d'autres condamnés, mais il se rendait compte qu'il y avait quelque chose de mystérieux dans ce Supplicié qui priait pour Ses ennemis et en qui restait encore tant de force au moment de Son dernier soupir, qu'il prouvait ainsi qu'il était le Maître de la vie qu'il livrait.

Voyant que toute la nature s'animait et prenait voix, l'es­prit de ce soldat trouvait là une réfutation des odieuses calomnies entendues et une preuve de l'innocence d'un homme juste ; il fit plus encore, il proclama Sa Divinité.

La Croix commençait à produire des fruits: un voleur juif avait déjà demandé et obtenu son salut; maintenant c'était un soldat de César qui adorait le divin Crucifié. Cet étrange mélange de puissance et d'humilité, qui paraissait un peu partout pendant la vie publique, éclatait maintenant sur la Croix. Tandis que d'autres avaient condamné Jésus pour blasphème, le centurion L'adorait comme le Fils de Dieu.

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 08:01

La sixième parole à la Croix vint des soldats qui se moquaient de Lui, et s'approchant, ils Lui présentèrent du vinaigre, en disant : « Si Tu es le Roi des Juifs, sauve-Toi! (Luc 23. 36 et 37) Ces gens n'étaient pas juifs, ni citoyens du pays conquis d'Israël; c'étaient de fiers légionnaires de Rome. Pourquoi donc se moquaient-ils de Lui en L'appelant le Roi des Juifs?

Parce que, en accord avec l'esprit du paganisme, ils pensaient que tous les dieux étaient des dieux nationaux. Babylone avait eu ses dieux, les Mèdes et les Perses avaient eu les leurs, les Grecs aussi, et les Romains avaient également les leurs. L'allusion était que, de tous les dieux nationaux, aucun ne semblait plus pauvre et plus faible que le Dieu d'Israël qui ne pouvait Se sauver Lui-même de l'arbre de la Croix.

Il est vraisemblable aussi que la raillerie des soldats était inspirée par l'inscription qu'ils pouvaient lire, écrite en trois langues, sur la Croix: « Le Roi des Juifs. » (Jean 19, 19.)

D'autres avaient demandé à Jésus de descendre de la Croix, ou de Se sauver Lui-même, mais les soldats, comme le larron de gauche, Le mettaient au défi de Se sauver Lui-même. Eux aussi, ils trouvaient de l'intérêt au salut, mais entendu seulement au sois matériel, et non au sens spirituel. Il se cachait d'ailleurs dans cette parole une certaine gloriole, parce qu'ils pensaient avoir tellement bien fait leur travail de bourreaux, (ils avaient rivés les clous) que le Supplicié ne pourrait pas arriver à Se déta­cher Lui-même de la Croix.

Les soldats avaient déjà jeté les dés pour la tunique sans couture de Jésus. Caïphe avait déchiré ses vêtements sacer­dotaux, mais les vêtements du Grand Prêtre cloué sur la Croix ne furent pas déchirés. Il laissa aux militaires qui L'injuriaient, Sa tunique sans couture et leur idée qu'il ne pouvait pas Se sauver Lui-même. Ils devaient être de faction au sépulcre le matin de Pâques, pour voir à quel point ils s'étaient trompés et pourquoi Il n'avait pas voulu Se sauver Lui-même.

Ces soldats appartenaient à un empire dans lequel un général qui sacrifiait des milliers de soldats pour une gloire passagère était tenu en grande estime, mais ils méprisèrent le Chef de la Rédemption qui mourait Lui-même afin que les autres puissent vivre. C'est un des rares passages du Nou­veau Testament où il soit parlé des soldats d'une manière défavorable. Ils ne virent guère que Son refus de Se sauver Lui-même n'était pas dû à la faiblesse, mais à l'obéissance à la loi du sacrifice.

Leur vie leur faisait un devoir de mourir, si c'était nécessaire, pour sauver leur pays. Mais ce sacrifice-là, bien au-dessus du plan militaire, ils ne pouvaient pas en saisir le sens. Ils ne pouvaient voir les événements qu'à la suite les uns des autres, tandis que le Christ avait tout réglé dès les origines. Il était venu pour « donner Sa vie en rançon pour une multitude ».

Si, pour leur obéir, Il S'était sauvé Lui-même, les hommes seraient restés sans Sauveur.

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:29

La cinquième parole à la Croix, arrive au moment où l'obscurité enveloppait la terre, Nôtre-Seigneur cria: « Élôï, Élôï, lama sabachthani? » (Marc 15 35) ce qui signifiait : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné? »

Lorsqu'ils entendirent cela, ceux qui se trouvaient à proxi­mité dirent : « Voici qu'il appelle Élie...

Voyons si Élie viendra Le détacher! (Marc 15, 35-36.)

Il n'est pas certain que la fausse interprétation qui leur faisait prendre Élôï pour Élie ait été volontaire. Mais il y avait certainement une intention de moquerie, car c'était une croyance des Juifs qu'Élie devait revenir avant la venue du Seigneur, en raison de la prophétie de Malachie.

Leur défi signifiait que Jésus ne pouvait pas à coup sûr être le Christ, puisque Élie n'était pas encore revenu.

Ainsi ils faisaient apparaître le soi-disant Messie comme appelant un homme qui devait précéder Sa venue.

En réalité, Élie était venu en esprit dans la personne de Jean-Baptiste.

Avant la naissance de Jean, l'ange était apparu à son père Zacharie, disant que le fils qui devait naître de lui convertirait un grand nombre des enfants d'Israël au Sei­gneur leur Dieu, et marcherait devant Lui dans l'esprit et la puissance d'Élie. (Luc 1, 16.)

Il était évident que l'esprit d'Élie reposait sur Jean, car la première prédication du Baptiste s'appliquait au « Repentir ».

Malachie avait prophétisé que c'était de cette manière que le Précurseur annoncerait le Seigneur.

En outre, le genre de vie et le vêtement de Jean manifestaient sa ressemblance spi­rituelle avec le grand Élie.

Le Seigneur était sur la Croix; Élie était venu en esprit.

Les railleurs rappelaient certaine­ment des allusions que Nôtre-Seigneur avait faites à Élie pendant Sa vie publique.

N'avait-Il pas dit aux messagers du Baptiste que l'acceptation de toute vérité qu'il enseignait dépendait de l'état de la volonté de chacun? Ainsi, accepter Jean comme Élie signifiait qu'on acceptait la pénitence que Jean avait eu mission d'apporter aux âmes.

« En vérité, Je vous le dis, si vous voulez comprendre, c'est lui Élie dont le retour a été annoncé. » (Matthieu 11, 14.)

Si leurs consciences avaient été droites, leur avait dit Jésus, ils auraient accepté Jean dans l'esprit d'Élie.

Deux ans avaient passé et les dispositions de leurs consciences se révélaient, alors que Jésus était suspendu à la Croix.

Ils avaient reproché à Jean son ascétisme et son renoncement; maintenant, ils reprochaient à Jésus d'être attaché à la Croix.

De même que ces gens avaient attendu un Élie différent du Précurseur, ils avaient espéré un Messie tout différent de ce qu'il était.

Ceux qui adressaient ce mot à la Croix, parce qu'ils avaient mal compris une parole, sont le type de beau­coup de ceux qui pensent que la religion signifie toujours autre chose que ce qu'elle signifie réellement.

A propos du Crucifiement, la seule remarque qui mettait tout le monde d'accord était celle-ci: « Descends de la Croix. »

Satan n'au­rait pas voulu qu'il y monte; Pierre s'était scandalisé de la simple allusion qui y avait été faite.

Même ceux qui croient que le Christ était une personne humaine ne veulent pas de Sa Croix.

Le monde reste en attente d'Élie pour L'en des­cendre.

Le Christ sans Sa Croix est le désir des mondains.

Le reproche d'avoir refusé de descendre de la Croix sera toujours fait par ceux qui veulent un Christ doucereux, avec des mains bien blanches et sans stigmates.

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 09:43

Cette quatrième parole vint de la gent intellectuelle de l'époque, les grands prêtres, les scribes et les pharisiens.

Il en a sauvé d'autres. Il ne peut Se sauver Lui-même!

S'il est le Roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en Lui. Il a mis Sa confiance en Dieu: que Dieu Le délivre maintenant, s'il L'aime; car Il a dit : « Je suis le Fils de Dieu. » (Matthieu 27, 42-43.)

La gent intellectuelle en sait toujours assez sur la religion pour la dénaturer. C'est ainsi qu'ils prirent chacun des trois titres revendiqués par le Christ, « Sauveur », « Roi d'Is­raël », et « Fils de Dieu », pour les tourner en ridicule.

« Sauveur » : Il avait été appelé ainsi par les Samaritains. Les scribes reconnaissaient maintenant qu'il avait sauvé des gens, probablement la fille de Jaïre, le fils de la veuve de Naïm et Lazare. Ils pouvaient se permettre de le reconnaître en ce moment où le Sauveur Lui-même avait besoin d'être sauvé.

Il en a sauvé d'autres, Il ne peut pas «Se sauver Lui-même. » Le miracle, concluant pour eux, manquait encore.

Bien sûr, Il ne pouvait pas Se sauver Lui-même! La pluie ne peut pas se sauver elle-même, si elle est destinée à faire pousser la végétation. Le soleil ne peut pas se sauver lui-même, s'il doit éclairer le monde; le soldat ne peut pas se sauver lui-même, si son devoir est de sauver sa patrie. Et le Christ ne peut pas Se sauver Lui-même, s'il doit sauver Ses créatures !

« Roi d'Israël » : ce titre Lui avait été donné par la foule après qu'il eut nourri une grande quantité de gens, mais Il s'était retiré seul dans la montagne. Ils avaient repris ce titre dans leurs acclamations du jour des Rameaux, alors qu'ils jetaient des jonchées de branchages sous Ses pas. Maintenant, ce titre était une occasion de sarcasmes et ils ricanaient : « S'il est le Roi d'Israël, qu'il descende donc de la Croix. »

Est-ce que tous les rois de la terre sont obligés de siéger sur un trône d'or? Ne peut-on supposer que le Roi d'Israël ait décidé de gouverner du haut d'une Croix, pour être roi des cœurs par amour, au lieu d'être roi des corps par l'exer­cice du pouvoir? La littérature même des Juifs suggérait l'idée d'un Roi qui arriverait à la gloire en passant par l'hu­miliation. Il était donc bien ridicule de se moquer d'un Roi parce qu'il refusait de descendre de Son trône. Et s'il en était descendu, ils auraient été les premiers à dire, comme ils l'avaient déjà fait, qu'il agissait ainsi par la puissance de Beelzéboul. Les forces d'irréligion ont leurs beaux jours dans les moments de grandes catastrophes. En temps de guerre elles demandent : « Où donc est Dieu à présent? » Comment se fait-il qu'en temps de trouble on accuse toujours Dieu, et non l'homme? Faudrait-il qu'en temps de guerre le juge prenne la place du coupable lorsque l'homme demande : « Pourquoi Dieu n'arrête-t-Il pas la guerre? »

Ainsi donc le Christ entendit les moqueries qu'on Lui adressait! Ceux qui les faisaient ne se doutaient pas qu'ils étaient déjà perdus. Ils pensaient que c'était Jésus qui était perdu. C'est pourquoi eux, les vrais condamnés, se moquaient de Celui qu'ils croyaient perdu. L'enfer triomphait sur ce qui était humain en Lui ! C'était vraiment l'heure de la puissance des démons de l'enfer.

Les insulteurs prétendaient qu'ils croiraient en Jésus s'il descendait de la Croix. Mais ils n'avaient pas cru quand ils L'avaient vu ressusciter Lazare. Ils ne croiraient pas non plus quand Il ressusciterait d'entre les morts. Ils interdi­raient alors aux Apôtres de prêcher la Résurrection, qu'ils savaient pourtant être un fait. Aucune descente de la Croix n'aurait gagné les hommes. C'eût été humain de descendre : c'était divin de rester suspendu à la Croix !

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:32

La troisième parole à la Croix vint du larron de gauche : «Sauve-Toi Toi-même, et nous avec Toi, si Tu es le Christ.» (Luc 23, 39.)

L'égoïste type, qui n'a jamais conscience d'avoir mal agi, demande : « Pourquoi Dieu m'a-t-Il fait cela? » Il juge le pouvoir de salut de Dieu d'après la suppression des épreuves. C'est en quelque sorte comme si le mauvais larron avait dit, bien avant Karl Marx : « La religion est l'opium du peuple. A quoi sert-elle, si elle ne peut délivrer de l'épreuve? »

Une religion qui pense aux âmes lorsque meurent les hommes, qui les invite à regarder vers Dieu lorsque des tribunaux leur infligent l'injustice, qui parle du Paradis ou du bonheur futur lorsque les estomacs crient la faim ou lorsque les corps sont torturés par la douleur, qui discourt sur le pardon alors que des hommes rejetés par la société, deux voleurs et un charpentier de village, sont en train de mourir sur le gibet, une telle religion est bien « l'opium du peuple ».

Le seul salut que pouvait comprendre le larron de gauche, n'était ni d'ordre spirituel, ni d'ordre moral, il était d'ordre physique : « Sauve-Toi, et nous avec Toi! »

Sauver quoi? Les âmes? Non! L'homme n'a pas d'âme! Sauve nos corps! Quel bien apporte la religion, si elle ne peut pas arrêter la souffrance? Descends du gibet! Le christianisme, s'il n'est pas un évangile social, n'est qu'une drogue. Voilà ce que signifiait le cri du mauvais larron.

Des hommes peuvent se trouver dans des circonstances semblables et réagir de manières totalement différentes. Les deux larrons étaient semblables par la dépravation de leurs cœurs, et cependant ils eurent des réactions différentes par rapport à l'Homme qui était entre eux deux.

Il n'y a pas de moyens extérieurs, pas de bons exemples qui, d'eux-mêmes, soient suffisants pour amener une conversion, tant que le cœur lui-même n'est pas changé. Ce larron était certainement juif, puisqu'il fondait son acceptation du Messie ou Christ uniquement sur le pouvoir qu'il aurait de le faire descendre de la Croix.

Mais, supposé que le Christ ait arraché les clous, qu'il eût arrêté le sang qui coulait de ses mains et de ses pieds, qu'il lui eût rendu une fraîcheur et un renou­veau de vie, est-ce que le reste de la vie terrestre de cet homme eût été un témoignage de foi dans le Christ, ou simplement la continuation de sa vie de voleur? Si Nôtre-Seigneur n'avait été qu'un homme ordinaire, tenu de main­tenir sa réputation, Il aurait dû montrer sa puissance sur le champ ; mais parce qu'il était Dieu, connaissant les secrets de tous les cœurs, Il garda le silence.

Dieu ne répond pas à la prière de l'homme uniquement pour manifester Son pouvoir.

Extrait de: LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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