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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:29

La cinquième parole à la Croix, arrive au moment où l'obscurité enveloppait la terre, Nôtre-Seigneur cria: « Élôï, Élôï, lama sabachthani? » (Marc 15 35) ce qui signifiait : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné? »

Lorsqu'ils entendirent cela, ceux qui se trouvaient à proxi­mité dirent : « Voici qu'il appelle Élie...

Voyons si Élie viendra Le détacher! (Marc 15, 35-36.)

Il n'est pas certain que la fausse interprétation qui leur faisait prendre Élôï pour Élie ait été volontaire. Mais il y avait certainement une intention de moquerie, car c'était une croyance des Juifs qu'Élie devait revenir avant la venue du Seigneur, en raison de la prophétie de Malachie.

Leur défi signifiait que Jésus ne pouvait pas à coup sûr être le Christ, puisque Élie n'était pas encore revenu.

Ainsi ils faisaient apparaître le soi-disant Messie comme appelant un homme qui devait précéder Sa venue.

En réalité, Élie était venu en esprit dans la personne de Jean-Baptiste.

Avant la naissance de Jean, l'ange était apparu à son père Zacharie, disant que le fils qui devait naître de lui convertirait un grand nombre des enfants d'Israël au Sei­gneur leur Dieu, et marcherait devant Lui dans l'esprit et la puissance d'Élie. (Luc 1, 16.)

Il était évident que l'esprit d'Élie reposait sur Jean, car la première prédication du Baptiste s'appliquait au « Repentir ».

Malachie avait prophétisé que c'était de cette manière que le Précurseur annoncerait le Seigneur.

En outre, le genre de vie et le vêtement de Jean manifestaient sa ressemblance spi­rituelle avec le grand Élie.

Le Seigneur était sur la Croix; Élie était venu en esprit.

Les railleurs rappelaient certaine­ment des allusions que Nôtre-Seigneur avait faites à Élie pendant Sa vie publique.

N'avait-Il pas dit aux messagers du Baptiste que l'acceptation de toute vérité qu'il enseignait dépendait de l'état de la volonté de chacun? Ainsi, accepter Jean comme Élie signifiait qu'on acceptait la pénitence que Jean avait eu mission d'apporter aux âmes.

« En vérité, Je vous le dis, si vous voulez comprendre, c'est lui Élie dont le retour a été annoncé. » (Matthieu 11, 14.)

Si leurs consciences avaient été droites, leur avait dit Jésus, ils auraient accepté Jean dans l'esprit d'Élie.

Deux ans avaient passé et les dispositions de leurs consciences se révélaient, alors que Jésus était suspendu à la Croix.

Ils avaient reproché à Jean son ascétisme et son renoncement; maintenant, ils reprochaient à Jésus d'être attaché à la Croix.

De même que ces gens avaient attendu un Élie différent du Précurseur, ils avaient espéré un Messie tout différent de ce qu'il était.

Ceux qui adressaient ce mot à la Croix, parce qu'ils avaient mal compris une parole, sont le type de beau­coup de ceux qui pensent que la religion signifie toujours autre chose que ce qu'elle signifie réellement.

A propos du Crucifiement, la seule remarque qui mettait tout le monde d'accord était celle-ci: « Descends de la Croix. »

Satan n'au­rait pas voulu qu'il y monte; Pierre s'était scandalisé de la simple allusion qui y avait été faite.

Même ceux qui croient que le Christ était une personne humaine ne veulent pas de Sa Croix.

Le monde reste en attente d'Élie pour L'en des­cendre.

Le Christ sans Sa Croix est le désir des mondains.

Le reproche d'avoir refusé de descendre de la Croix sera toujours fait par ceux qui veulent un Christ doucereux, avec des mains bien blanches et sans stigmates.

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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